Les derniers avis (20775 avis)

Par Solo
Note: 2/5
Couverture de la série Blankets - Manteau de neige
Blankets - Manteau de neige

C’est après une 3ème lecture que j’en viens à aviser Blankets et j’arrive de moins en moins à accrocher. C’est toujours problématique l’autobiographie à vendre, on ne sait pas quand l’auteur dit le vrai du faux et parfois je me dis qu’on devrait s’en foutre, surtout quand ça risque de déborder sur l’égocentrisme… Ici, je me laisse à peu près porter par l’intimité de l’auteur, ses pensées et le contexte générale. Cet ado est né dans une famille catholique fondamentaliste dans un coin perdu du Michigan, dont les parents n’hésitent pas à serrer les boulons sur leur progéniture… Tous les ingrédients sont réunis pour limiter la liberté de développement d’un adolescent. Heureusement, Craig est un gamin qui réfléchit beaucoup et il remet en cause pas mal de choses, notamment grâce à son premier amour qui lui permettra de s’évader et de se construire. Le dessin est globalement agréable et je peux souvent trouver un vrai plaisir à (re)découvrir certains passages, notamment lorsque l’auteur s’inspire d’un moment rêveur, amoureux ou imaginatif… Je crois préférer «Habibi», qui contient encore plus de dessins de ce style. J’ai aussi pas mal apprécié son approche religieuse, la dualité avec ses sentiments, en soi c’est vraiment bien construit. On entre facilement dans la réflexion et le questionnement de l’auteur. L’autre point qui sort du lot bien sûr, c’est d’avoir réussi à mettre en texte et en image ce premier amour, factuellement banal mais qui nous ramène à une douce nostalgie. J’imagine que c’est ce rendu sobre, naïf et simple qui permet à beaucoup de lecteurs de s’y retrouver et de se souvenir, et je fais partie de ces lecteurs. Mais les nouvelles lectures ne me font plus le même effet. Peut-être que mes goûts ont changé. C’est quand même un pavé baigné de sentimentalisme, où tout se veut larmoyant : divorce avec un père qui regrette et une mère qui prend des cachets, enfants retardés, premier love, attouchement sur mineur, maltraitance, victimisation, solitude… Ca n'est pas violent, c'est émouvant. Une affaire de genre, mais ça n'est plus vraiment le mien. Enfin l’autre point où je ne suis plus du tout convaincu, c’est sur l’humilité prétendue du récit et de l'auteur. Craig et ses réflexions sont au centre de l’histoire, donc il se met à nu au sens propre comme au sens figuré. Jusque là c'est logique, sauf que je ressors avec l’impression qu’il est le seul et unique à réfléchir « intelligemment ». Il rencontre une copine qui se pose les mêmes questions existentielles. Et cette position d’adulte à 16/17 ans, j'a trouvé ça triste à mourir. Inversement, tout ce qui entoure Craig serait stupidité : rednecks, grunge à la mode, futurs sportifs universitaires sans cervelle, boire ou fumer, faire la fête… Il ne comprend pas leur mode de vie, il est incompris et c’est barbant. Les ruraux du Wisconsin seraient des violents fanatiques ou cas soc’ perdus d'avance, incapables de remettre en cause leur propre vie. Peut-être que c'est sa vie hein, mais je trouve le rendu malheureusement réducteur et condescendant. Enfin, il a pitié d’à peu près tout : les parents, le petit frère, les enfants retardés… Bref, c'est trop pour moi cette manière qu'a Craig Thompson de se placer sur un piédestal par rapport au reste du monde. J’ai préféré « Portugal » de Cyril Pedrosa, dans le genre introspection « banale » et méditative. Je vire de Pas mal à Bof après lecture d'autres récits autobiographiques qui me font remarquer à quel point j'attends autre chose que ce que propose Blankets. Je pense que ces 600 pages prennent trop de place dans ma bdthèque. Je comprends aussi bien les avis positifs que ceux plus mitigés … A lire pour ceux qui apprécient le genre!

11/04/2021 (modifier)
Couverture de la série La Variante du dragon
La Variante du dragon

L’intrigue met un peu de temps à se lancer – d’autant plus que c’est très bavard. Du coup, je suis entré un peu à reculons dans l’histoire. Et je n’ai en fait jamais pu réussir à m’y mettre complètement. En effet, même si je reconnais une certaine originalité (des personnages dont on use presque comme des pièces d’un jeu d’échec – un des personnages principaux étant d’ailleurs un très bon joueur), j’ai trouvé l’ensemble un peu trop fouillis pour accrocher. Plein de personnage, des dialogues surabondants (avec commentaires en off en sus), et une intrigue pas toujours limpide, je ressors de ma lecture quelque peu frustré. Quant au dessin, il est un peu brouillon – un peu influencé par Tardi je trouve. Mais il est lisible et efficace. En tout cas, s’il est un peu daté, je n’ai pas de reproche à lui faire. Bref, une curiosité, récemment remise sous les projecteurs par les éditions Revival (je l’ai lue dans sa version d’origine chez Casterman), mais qui m’a laissé sur ma faim. Note réelle 2,5/5.

11/04/2021 (modifier)
Par cac
Note: 2/5
Couverture de la série Doctors
Doctors

L'histoire m'a rappelé Le Long des ruines que j'ai lu récemment car c'est aussi autour de voyages dans l'esprit humain. Ici il s'agit de docteurs, plus ou moins officiels et reconnus, qui arrivent avec une machine de leur invention à faire revivre des gens qui viennent juste de mourir. Des gens riches et importants la plupart du temps. Malheureusement ces ressuscités supportent mal d'un point de vue métaphysique ce retour au réel et finissent bien souvent par se suicider pour de bon quelques semaines plus tard. Autant l'idée de scénario est assez originale et attirante, autant la réalisation m'a gâché la chose. La narration n'est pas claire, le dessin est assez moyen et puis cette façon d'avoir des pages qui changent tout le temps de couleur de fond, et bien criardes en plus, je n'ai pas trop compris. En quoi cela sert le discours ? De plus cela rend parfois illisible le texte des phylactères notamment pour les pages bleues. Je veux bien qu'on fasse des trucs stylés d'auteur indé mais je n'ai pas vu la finalité. J'ai commencé une première fois où j'ai du lire 20 pages, j'étais un peu perdu et j'ai laissé de côté quelques semaines avant de reprendre à zéro. En fait c'est à peu près aussi joyeux que Virginia du même auteur que j'avais oublié avoir lu. Bof bof.

09/04/2021 (modifier)
Par cac
Note: 2/5
Couverture de la série Baby boom
Baby boom

J'avais déjà lu La Salle de la Mappemonde du même auteur et j'étais resté assez hermétique. Très conceptuel cet auteur japonais. Il le prouve à nouveau ici chez le même éditeur avec cet album qui n'a rien à voir graphiquement. Pour le dire péjorativement c'est presque comme si un enfant en était l'auteur avec une alternance de traits au feutre de différentes couleurs. En bien plus maîtrisé bien sûr, un enfant ne dessinera jamais aussi bien. Et il y a une certaine virtuosité pour faire passer l'idée de mouvement. De plus le choix des couleurs de feutre n'est pas anodin. Pour autant il m'a fallu lire (en partie) les notes très détaillées de la fin dans lesquelles l'auteur explique case par case pour quasiment toutes les planches ce qu'il a voulu montrer pour comprendre que l'homme à la tête noire, le 'papa', qu'on voit dans tout l'album est un oiseau. Pour qu'il y ait besoin d'expliciter à ce point tout ce qui a été dessiné, c'est quand même que ça ne s'appréhende pas facilement. Il y a des cases où on comprend bien ce qui se passe et l'auteur ne fait que confirmer ce qu'on a vu. Il faut dire aussi que je n'ai pas passé 5 minutes par planche à analyser le détail de l'action tant le dessin ne me fait pas rêver. De plus le rythme est plutôt vif donc je tourne les pages rapidement. Au-delà de son dessin, cet album partait déjà mal pour moi car il est muet, ce qui n'est généralement pas trop ma tasse de thé. On a juste le droit à quelques onomatopées illustrant les actions. Le style graphique est peut-être aussi en résonance avec l'histoire qui consiste en plusieurs scènes avec un père et un enfant, un oiseau donc, qu'on devine plutôt bébé dans les premières pages et qui semble un peu plus vieux dans d'autres car on le voit à l'école ou faire la cuisine tout seul. On a un bel éventail d'activités, le repas, le bain, à la mer pour pêcher, à la campagne, à la piscine, au parc etc. Et même en discothèque, ce qui n'est pas vraiment le lieu propice à un enfant. J'ai cru y déceler un peu d'humour, mais vraiment une fine couche, du saupoudrage. Je l'ai lu en entier tout de même, mais je suis à la frontière du 1/5 en terme de plaisir de lecture. Comme je n'ai toujours pas compris pourquoi cet éditeur adore cet auteur, j'en lirai peut-être d'autres...

09/04/2021 (modifier)
Par Ro
Note: 2/5
Couverture de la série Le Voisin
Le Voisin

El Vecino est une BD espagnole datant des années 2000 qui s'approprie le thème du super-héros pour en faire un pur roman graphique où l'action laisse la place aux relations intimes entre les personnages, à leur vie urbaine et à leurs soucis du quotidien. En 2019, elle a d'été adaptée en série télévisée par Netflix. C'est l'histoire de José Ramon, brave étudiant en littérature un peu coincé et préparant sa thèse, qui découvre un jour que son voisin de palier est le fameux super-héros Titan. Ce dernier comprend qu'il peut lui faire confiance et devient du jour au lendemain son ami, s'incrustant chez lui dès qu'il a besoin de soutien moral, d'une bière, ou quand il a besoin d'aide pour cacher son identité secrète ou pour l'aider avec la jolie journaliste qui se doute qu'il cache une identité secrète. Car en réalité Javier, celui qui se transforme en Titan quand il avale une pilule magique, est un gars un peu paumé, faussement sûr de lui quand il joue le rôle du grand super-héros mais accumulant les faux pas et gâchant sa vie dans la réalité. Il peut même se révéler franchement minable par moment. L'album publié chez Dargaud est en réalité une intégrale comportant les 3 tomes parus en Espagne. Les deux premiers sont en couleurs tandis que le dernier est en noir et blanc, avec juste un peu de rouge par-ci par-là. Le graphisme est dans la veine nouvelle BD des années 2000, Pepo Pérez étant issu du monde des fanzines. Les couleurs ses deux premiers tomes sont assez bariolées, pas très engageantes, hormis sur la fin du second tome où soudain j'ai trouvé les planches plus esthétiques et aérées. Et le style change encore avec le dernier tome où le noir et blanc laisse apparaitre un trait moins anguleux et plus doux, mais aussi une mise en page différente avec davantage de cases par page. Les tomes sont chacun différent dans leur ton, donnant même l'impression que le personnage de Javier y a une nouvelle personnalité à chaque fois. Le premier tome est celui qui se rapproche le plus de l'univers des super-héros même si on ne verra aucun combat, à peine en entendrons-nous parler en toile de fond. C'est la découverte rocambolesque de ce que peut être la vie intime d'un super-héros assez gauche et sa relation avec son voisin. Très vite, on va réaliser que les thèmes principaux sont éloignés de ceux des récits de super-héros : ce sont plutôt des thématiques de roman graphique, relations compliquées entre personnes, tentatives d'amourettes et autres prises de tête du quotidien. Il y a un soupçon d'humour dans l'aspect un peu ringard du héros, et il y a même un passage qui m'a fait rire, quand le grand ennemi du super-héros Titan s'invite à son anniversaire raté en croyant pouvoir tuer tous ses proches mais qu'ils se retrouvent finalement avec Javier et son voisin comme trois paumés à parler de choses futiles sur un canapé en picorant des toasts. Le second tome se déroule quelques temps plus tard. Javier/Titan a disparu et son voisin et la journaliste le recherchent partout dans la ville. On découvre bien assez tôt qu'en réalité, il est tombé en pleine dépression et a décidé de vivre dans un tunnel avec un groupe de clochards. Et tout l'album va se concentrer sur l'état de délabrement du personnage et sur ceux qui gravitent autour de lui. Le troisième et dernier tome se déroule encore plus tard. Javier y a remonté la pente et vit avec sa copine journaliste, mais par contre il s'est fâché avec son voisin sans qu'on comprenne bien pourquoi. Du coup, les deux ne se parlent plus et mènent leurs vies personnelles et de couple chacun de leur côté, avec leurs boires et déboires, notamment le cousin envahissant de José Ramon qui drague sa copine. Aussi originale que soit l'idée de base et le désir de le traiter ensuite sous la forme d'un roman graphique, j'avoue m'être ennuyé à la lecture de cette BD. Il s'y passe plein de choses mais en même temps rien de vraiment palpitant. L'album Dargaud est très dense avec ses plus de 200 pages et j'avais hâte d'en venir à bout car j'avais l'impression que l'intrigue ne décollait jamais. D'autant que le personnage de Javier est régulièrement assez détestable, ou du moins minable. En plus son caractère semble différent sur chaque des trois tome, comme s'il s'agissait d'un autre personnage à chaque fois, mais aucun de ces trois aspects ne me l'a rendu attachant. Quant à son voisin, José Ramon, il est plus sympathique mais lui non plus pas exempt de défauts et la façon si peu expansive dont il est mis en scène maintient une certaine distance entre le lecteur et lui, empêchant là encore de ressentir suffisamment d'empathie pour s'y intéresser pour de bon. Il est possible que cette série charme davantage les amateurs de romans graphiques intimistes que moi. En ce qui me concerne, elle ne marquera pas ma mémoire.

09/04/2021 (modifier)
Par Battle
Note: 2/5
Couverture de la série Bienvenue en Chine
Bienvenue en Chine

Le titre est accrocheur et je me suis laissé séduire par cette œuvre originale qui semblait dépeindre l'Empire du Milieu sous de multiples facettes humoristiques. De l'humour, il y en a tant les anecdotes d'une culture tellement en décalage avec la nôtre est évidente. La BD se lit assez agréablement tant les situations cocasses peuvent prêter à sourire en tant qu'Européen. Le dessin minimaliste prête tout de même à une lecture aisée qui permet de se reposer les méninges tout en se concentrant sur le contenu. Du contenu, il y en a et cela peut prêter parfois à s'interroger assez simplement sur les bases grammaticales d'une culture assez complexe. Dans un premier temps, on peut apprécier facilement la lecture de ce récit vécu et savoureux par ses anecdotes cocasses. Mais à partir d'un drame qui survient au 2/3 de l'album, la narration devient beaucoup moins amusante. On a affaire à un chef d'entreprise dans son quotidien et pour le dénouement on reste sur un happy end qui frise la banalité pour ne pas dire l'ennui profond. Je reste personnellement sur ma faim d'un récit qui partait vraiment bien. Il doit manquer un peu de tendresse (le sexe ne semble pas très important pour du vécu, étonnant pour un français mais un peu iranien tout de même...) mais surtout de critique constructive. A croire que s'empêcher de critiquer le régime ou qu'on doit effectuer une censure de son mode de pensée est obligatoire pour ce type de récit. Cela manque donc en ce qui me concerne d'ouverture qui me laisse sur ma faim...

08/04/2021 (modifier)
Par Gaston
Note: 2/5
Couverture de la série Sept macchabées
Sept macchabées

Le dernier album 'Sept' paru à ce jour et j'espère qu'il y aura pas de saison 4 un jour. Bon, c'est pas le pire album de la série, il est juste très dispensable. Il faut dire que le pitch fait très série B. Cela aurait pu donner un bon truc déconnant, mais le scénariste se prends très au sérieux et a pondu un truc franchement ennuyeux. Il faut dire que cet album a un défaut récurrent qui a plombé le concept de Sept personnages à mon avis: c'est dur de rendre 7 personnages mémorables lorsqu'on a qu'un one-shot et du coup la plupart des personnages sont oubliables et seulement 2-3 ressortent du lot, or ici même les personnages qui se démarquaient des autres m'ont semblé peu intéressants et pas du tout attachant. Il reste la fin qui est bien trouvé et mémorable, mais le reste est facilement oubliable. Dommage parce que j'avais bien aimé le dessin. Au final, je trouve que les trois saisons Sept ont pondu des albums de qualités variables et malheureusement la grande majorité des albums étaient au mieux moyen. Je pense que je pourrais facilement choisir 7 albums parmi les 21 parus pour en faire une unique saison et jeter le reste.

07/04/2021 (modifier)
Couverture de la série Labyrinthus
Labyrinthus

Je ne sais pas pourquoi Bec prend la peine de mettre son nom sur la couverture d’une nouvelle série, tant un simple coup d’œil sur les couvertures et un rapide feuilletage permet de reconnaitre sa production. En tout cas, cette série est clairement à réserver à ses fans, et particulièrement à ceux qui ne souhaitent pas sortir de schémas déjà vus et revus chez lui. Dès le début en effet on sent le Bec, avec cette série d’événements se déroulant sur des lieux différents, à des époques différentes, qui entretiennent un certain mystère, et qui semblent liés à une activité extra-terrestre (sauf qu’ici ce n’est pas sur Mars, comme Olympus Mons, mais sur un de ses satellites, Phobos, que l’intrigue va se focaliser). Quant au deuxième album, il se déroule dans un huis-clos souterrain et oppressant, qui rappelle souvent Sanctuaire ou Carthago par exemple. Bref du déjà-vu assaisonné d’une nouvelle sauce. Bec mène ensuite sa barque de façon classique, la narration est globalement fluide. Mais, outre que je me lasse facilement des redites de Bec, plusieurs choses m’ont franchement gêné. D’abord c’est très verbeux, avec une police de caractère souvent trop petite, la lecture est à certains endroits laborieuse (et le dessin de Neaud, globalement bon – avec même de très belles planches, joue sur les ombres, l’obscurité des décors, ce qui accentue donc les difficultés de lecture). Mais c’est l’histoire elle-même qui pose problème. Au milieu des militaires envoyés sur Phobos, un autiste, recruté pour certaines de ses facultés : cette équipe doit détruire l’entité extra-terrestre, qu’on soupçonne installée ici (depuis des semaines, des créatures/vaisseaux diffusent sur Terre des cendres mortelles, un virus faisant périr les ¾ de l’humanité !). Si l’action sur Phobos dans le deuxième tome singe Sanctuaire ou d’autres récits du même type (avec divers artifices fantastiques), la deuxième moitié de ce deuxième tome prend un tour délirant et tout à fait improbable : l’autiste saisit brusquement les vues extra-terrestres (extrapolant une théorie incroyable à partir de rien), arrive à convaincre les dirigeants du monde entier réunis en conseil (avec une présidente des USA aux airs d’Angela Merkel) que finalement ces extra-terrestres sont plutôt cools de nous avoir ouvert les yeux sur les catastrophes engendrées par l’expansion humaine, et que donc leur virus malthusien permet de repartir sur de bonnes bases… Improbable, et en plus un prêchi-précha dans lequel Bec essaye de glisser à peu près tout et n’importe quoi dans une grande naïveté. Bref, si j’étais prêt à mettre trois étoiles pour ne pas décourager les complétistes de Bec, cette dernière partie m’a définitivement rebuté.

07/04/2021 (modifier)
Par Yann135
Note: 2/5
Couverture de la série 20 ans ferme
20 ans ferme

Je vais sans doute recevoir une volée de bois vert de la part des lecteurs de BDthèque mais avec cet album qui dénonce les conditions de détention de nos prisonniers au sein des établissements pénitentiaires français, les auteurs ont choisi délibérément de ne présenter que le regard des prisonniers. Ce parti pris m’horripile. Voilà donc le récit du gentil prisonnier Milan – qui se prend quand même 20 ans aux assises – et les méchants gardiens aux pratiques douteuses. Je ne nie pas la surpopulation chronique, la vétusté, l’insalubrité des établissements, l’hygiène défaillante, l’absence d’intimité générant violences et tensions, les carences d’activités… D’ailleurs je crois que la cour européenne des droits de l’homme a dénoncé certaines situations et a invité les établissements épinglés à prendre des mesures radicales. Cela me gène ce témoignage sur des conditions du siècle dernier avec la volonté de mettre en avant ce « pauvre » prisonnier sans se préoccuper d’expliquer pourquoi il a pris 20 ans. Ce n’est pas un enfant de cœur. Il est là parce que la justice des hommes l’a condamné pour ses fautes. Et il n’est pas envoyé au club Med. Oui la vie est difficile derrière les barreaux. Oui il est pénible d’être privé de liberté. Et alors ? Les prisons françaises ne sont pas des lieux complétement déshumanisés comme le laisse entendre Sylvain Ricard et Nicoby. Ces hommes derrière les barreaux ne sont pas des bêtes et leurs conditions doivent être dignes mais là s’arrête ma mansuétude. Je m’égare. Revenons à cet album. Le trait est dur et un peu gras, sans fioriture. Visuellement ce n’est pas génial mais curieusement cela ne m’a pas déplu. La colorisation un peu blafarde permet de créer une atmosphère glauque et sordide du milieu carcéral. Plutôt pas mal. Globalement cette BD se lit bien et rapidement. Je n’ai pas accroché au prisme utilisé mais cela va plaire très certainement aux lecteurs contestataires de notre système carcéral.

07/04/2021 (modifier)
Par Yann135
Note: 2/5
Couverture de la série Nous ne serons jamais des héros
Nous ne serons jamais des héros

Rien de bien dingue dans cet opus de la collection signé. Même un peu déçu par cette histoire qui se traine en longueur. C’est quoi le pitch ? C’est un père au seuil de sa mort et son fils qui nous entrainent dans un road movies autour du monde ! Ils ne se supportent pas mais bon, ils vont faire des efforts pour que ce dernier voyage ne soit pas un calvaire de bout en bout. Pour les émotions, ce n’est pas transcendant. J’admets avoir été hermétique aux situations décrites qui se voulaient sans doute émouvantes et pathétiques. Le duo père fils qui se retrouve mais que tout sépare ne fonctionne pas. Je ne me sens pas un témoin privilégié de cette escapade autour de la planète. Le graphisme est quelconque. Là encore rien d’original pour irradier mes pupilles délicates. Les décors ne sont pas assez travaillés à mon goût pourtant il y avait de la matière. Je suis sorti de ma zone de confort avec ce album et sur ce coup là, je n’aurais pas dû. Je referme l’album sans avoir éprouvé de la satisfaction.

06/04/2021 (modifier)