Le label "Aire Libre" apposé sur une bd est généralement un gage de qualité... ce qui ne veut pas dire qu’on est à l’abri d’un flop. Ce one shot en est un bel exemple.
Tout comme Ro et Spooky, j’ai été déçu par cette bd. En fait, c’est surtout l’ennui et l’indifférence qui m’ont rapidement gagné. Je n’ai pas accroché au parcours de ces trois artistes dont le passé respectif sera "exorcisé" par une journaliste enquêtant sur eux. Malgré une couverture intéressante, le contenu se révèle aussi d’un niveau graphique faible avec de graves lacunes comme souligné par Ro. Enfin, la mise en couleurs, qui donne pourtant un cachet tout personnel, n’arrange pas vraiment les choses.
One shot pas fondamentalement mauvais. Ce n’est pas mon genre tout simplement.
Les deux avis précédents sont complets et complémentaires, mon texte n'apportera rien de bien substantiel je pense.
Je suis un fan de Garth Ennis, en tant que tel je souffre moi aussi de le voir cachetonner ainsi. Que ce soit sur le Punisher, le "Ghost Rider" ou ce "Fury" qui obtient la palme de la médiocrité. La plus mauvaise BD qu'ai scénarisée l'auteur à mes yeux à ce jour !
Fury est à la base un soldat, un héros américain patriote, un simple baroudeur qui au fil du temps est devenu agent du S.H.i.E.L.D, le commandant du shield. Un personnage secondaire enclin à représenter les différentes idées propagandistes selon les époques, un porte-drapeau idéal pour une idéologie qui se révèle finalement assez puante.
Un personnage plutôt vide, un prétexte pour critiquer vivement le nazisme, le communisme (parfois même en apparentant différents courants...) ou d'autres menaces anti-américaines. Ce phénomène est courant dans les comics, même si cet aspect "réactionnaire" tend à s'atténuer depuis quelques décennies, il existe toujours.
Captain America et Iron Man sont d'excellents exemples de ce phénomène. Cap souvent pour le meilleur (contrairement à bien des idées reçues et à ce qu'il est dans les Ultimates) et Iron Man pour le pire (les scénaristes actuels n'hésitent pas à le malmener... serait-ce un lien de cause à effet ?).
A la différence de ces deux personnages emblématiques, Fury est un second rôle qui n'a guère brillé qu'à ses débuts et qui apparaît désormais de façon épisodique dans des séries comme Les Vengeurs ou Iron Man. Le seul avantage du super agent est d'avoir une "Gueule cassée", un profil caractéristique qui n'a pas manqué d'inspirer plus ou moins vaguement une multitude de personnages officiant en eaux troubles.
De là à écrire une mini-série lui étant dédiée... il ne faut pas exagérer. Soit les exécutifs de chez Marvel ont expérimenté une voie nouvelle, ce dont on est en droit de douter... Soit ils ont été frileux avec Garth Ennis et lui ont refilé un projet de commande sans prendre trop de risque, en déterrant un personnage de seconde zone pour l'occasion, ce qui me paraît plus plausible.
Cela expliquerait pourquoi Garth Ennis fait preuve de si peu d'imagination et de finesse. Cet habile scénariste se contente de recycler quelques-unes de ses idées, et les aligner sans trop se fatiguer. Il présente Fury comme un vieux guerrier désabusé (un thème qu'il exploitera bien mieux dans 303), dépassé par le système, pourri par certains côtés et croyant tout pouvoir résoudre par la force brute. Je ne me souviens même plus s'il y a un sens scénaristique ou la moindre amorce de tension, à peu près tous les personnages vus dans les pages de cette BD sont caricaturaux et inintéressants. C'est bourrin, mais c'est loin d'être fun, on est loin d'atteindre le niveau de Goddess et ses scènes de défourraillage d'anthologie.
Je pense sincèrement que Garth Ennis force grandement sur les traits et enfonce le clou jusqu'à se parodier lui-même. Quand on connaît le cynisme dont sait faire preuve l'auteur, il n'est pas interdit de le penser en tout cas.
Ceci bien sûr ne change rien au fait que Garth Ennis se fourvoie complètement, qu'il le fasse volontairement ou non, c'est beaucoup trop facile de sa part.
C'est Darrick Robertson, un illustrateur talentueux qui use ses crayons sur les cigares de Fury, qu'est-il venu faire dans cette galère ? Certainement un acte de solidarité envers un autre britannique si vous voulez mon avis... Ou un petit peu de fric...
Si vous ne connaissez pas Garth Ennis, laissez tomber "Fury". Lire cette BD pourrait graver en vous d'irrémédiables préjugés envers cet auteur.
Si vous êtes un fan, mon avis ne sert pas à grand chose car vous aurez certainement eu la chance de déjà goûter à la saveur si particulière de cette oeuvre (ne vous inquiétez pas, avec le temps tout finit par s'arranger).
Enfin, si vous connaissez Preacher la lecture de Fury risque d'être déroutante pour vous... Vous vous demanderez immanquablement comment un homme peut écrire une des BD les plus marquantes de la fin du siècle dernier... pour ensuite commettre une purge pareille ? Comment un tel grand écart est-il possible ?
Fuyez !
JJJ
Oula, grosse grosse déception.
Pourtant le titre laissait entrevoir quelque chose de fameux. Imaginez plutôt : des monuments et des immeubles se volatilisent comme par enchantement aux 4 coins du globe. Deux journalistes enquêtent... mais les résultats de leurs investigations se révèlent bien en deçà de ce qu’on pouvait espérer. Comme le souligne Ro, la résolution finale du mystère est aberrante de facilité. J’ai envie d’ajouter "tout ça pour ça". Restent les dessins de Philippe Aymond de très bonne tenue. Mais c’est bien peu de choses et surtout largement insuffisant pour faire passer l'arrière-goût d’amertume que laisse cette lecture.
80 pages dont le synopsis tient sur une feuille de papier à cigarettes, 'faut oser quand même !
Voici une intrigante petite bd au titre bien singulier.
J’ai de suite accroché au trait stylisé de type ligne claire. La bichromie participe grandement à l’atmosphère ensorcelante qui plane sur les hommes-cerfs. Il se dégage en effet un envoûtement trouble issu du mélange de rites et de croyances autour du cerf. Cela étant, si le graphisme et l’entrée en la matière sont plutôt bons, le dénouement laisse le lecteur sur sa faim. Cela se résume à un récit anti-cynégétique primaire assez décevant. Il est aussi dommage de ne pas en savoir davantage sur ces hommes-cerfs.
Bref, une bd qui ne marque pas les esprits si ce n’est par son format d’édition et son graphisme légèrement suranné.
On est loin du meilleur de Yuu Watase, c'est clair.
Le style graphique très réussi dans Fushigi Yugi - Un Jeu étrange par exemple est ici minimaliste (pas le moindre décor, mise en page simplissime...) il faut vraiment savoir que c'est du Watase pour ne pas se dire que la mangaka est une débutante lambda...
Mais bon les shôjo, c'est avant tout l'histoire qui prime... Et là aussi grosse déception ! L'histoire sentimentale de ce "triangle amoureux" est si simple et sans rebondissements qu'elle pourrait être résumée en 2 phrases... Ridicule et sans intérêt.
Reste les scènes d'action car, à l'instar de Fushigi Yugi - Un Jeu étrange et Fushigi Yugi - La légende de Gembu, Alice 19th est un shôjo mi action mi fantastique avant d'être une histoire d'amour. Là, enfin, on aurait pu trouver un intérêt à cette oeuvre... Si les combats ne se faisaient pas à coups de "mots". Mais attention, je ne parle pas de joute verbale, je parle de "mots" prononcés et qui, possédant un pouvoir, blessent les méchants démons cachés dans le coeur des gens (tiens, prend mon "Lotis" dans la tronche !!) ....
Non, je suis pas ivre.
Oui, c'est aussi bizarre que ça en a l'air.
Même pour les fans de la mangaka, l'intérêt de ce manga me semble limité.
Un peu curieux, ce western de la catégorie "l'ouest glauque et violent", bien loin du ton naïf ou héroïque que connaissait le genre voici bien des années pour ce style pessimiste apparu ces dernières années.
Le récit se rattache donc à un courant actuel du western crépusculaire, sans y imprimer une réelle originalité, mais plutôt en en exploitant les aspects avec outrances, ce qui conjugué à de nombreuses invraisemblances finit de rendre bancal un récit assez artificiel plus proche d'un western spaghetti que des oeuvres de Sam Peckinpah.
Les personnages, du prophète fou à l'aventurier sur le retour jusqu'au chasseur de prime sans scrupules, sont de vulgaires clichés tout comme la relation de l'enfant muet avec le vieil homme.
Le dessin de Berthet est bien loin de la démesure, et c'est d'un trait élégant et clair qu'il illustre un climat morbide qu'il a du mal à saisir, malgré quelques belles compositions. De la mise en page à la reconstitution, tout est trop sage pour donner une histoire au ton sauvage et sanglant.
Même si le métier des deux auteurs permet d'obtenir un album qui se laisse lire, il parait vraiment trop inégal pour être réussi. Leurs ambitions sont trop obscures, et le manque d'humour ou de recul finissent par donner une oeuvre sinistre qui abuse de trop de lieux communs pour donner un résultat marquant. Dommage.
Je pense comme Erik pour le scénario : Yslaire est parti dans des délires et je ne le suis plus du tout.
Pourquoi cette note si basse, alors que les dessins sont merveilleux ? Parce que tant de savoir faire pour un coming out à mon sens parfaitement ridicule, c'est du gâchis... Le pire c'est que les dessins des repreneurs sont mieux que ceux de Yslaire. Mais non, l'ésotérisme de pacotille à la Da Vinci Code, je ne m'attendais pas à ça. J'ai la nette impression qu'on crée du mystère qui n'aboutit à rien et que nous apprendre les origines des Sambre ça fait un peu Scoubidou : Aaah Aaaah ! VOICI LE PERE DE SAMBRE ! J'VOUS AI BIEN EU, HEIN ?...
Tout ce travail aurait pu servir à terminer la saga originale, mais non, on en commence une deuxième qui sera finie dans 20 ans peut-être. Eh bien moi je dis "Ciao"!
Je conseille toujours l'achat pour les amateurs de dessins.
Je n'ai lu que les premiers tomes de Shaman king mais ayant lu que la suite devenait moins bien encore, je ne la lirai pas.
Quand je connaissais assez peu les mangas, j'assimilais cette série à Naruto. J'imaginais un shonen du même niveau qui plaisait à beaucoup de monde donc qui pouvait me plaire aussi. Ayant lu et relativement apprécié Naruto, j'ai voulu essayer Shaman king.
Premier constat, autant Naruto, comme pas mal de shonen style Dragon Ball ou Hunter X Hunter, est destiné à un lectorat adolescent mais peut aussi se lire par un adulte, autant Shaman king est plutôt destiné aux pré-adolescents et du coup sa lecture est assez ennuyeuse pour un adulte. Trop de super-deformed, des intrigues trop clichés, des personnages caricaturaux, un humour trop ras-de-terre.
Second constat, ce qui fait la force des shonen de baston ne fonctionne pas pour moi ici. Dès le second tome, on nous annonce le très classique "tournoi" qu'on retrouve dans tous les shonens d'action. Mais rien dans l'intrigue ne m'a motivé à assister à ce tournoi et à y voir gagner le héros. En outre, les combats ne sont pas passionnants. On y retrouve le code ultra-classique de ces combats consistant en une suite de changements de valeurs positives puis négatives (le méchant est le plus fort, le gentil reprend le dessus, le méchant sort une botte secrète, le gentil reprend quand même le dessus, etc.). Mais au lieu de rendre les scènes d'action palpitantes, j'y ai davantage ressenti une impression de répétition : "oh, là, elle veut vraiment le tuer" puis quelques pages plus tard "oh, là, là, elle veut vraiment le tuer encore plus"... Et ces combats manquent d'une crédibilité qui les rendrait prenants car dès le premier tome, le héros peut soudainement devenir beaucoup plus fort ou invoquer pile poil le super fantôme qui va contrer le fantôme ennemi qui se disait ou que son propriétaire disait pourtant bien sûr invulnérable.
Trop de facilités dans le scénario donc, à mes yeux, pour avoir l'indispensable envie de poursuivre la lecture à tout prix qui caractérise les bons shonens.
Malgré un dessin tout à fait correct quoique sans originalité, je me suis donc plutôt ennuyé à la lecture de ce manga que je juge trop prévisible et enfantin pour moi. Je comprendrais par contre qu'un pré-adolescent entre 10 et 14 ans puisse l'apprécier car il n'a rien de vraiment mauvais et peut plaire quand on n'est pas encore blasé par ce type de ficelles narratives.
Mais comment font-ils chez Bamboo pour publier autant, d'une part, et d'autre part pour être aussi pas drôle !?
Cette série est en fait une réédition sous un nouveau nom ("Les Musicos") de la série anciennement nommée "Rob, Wed & Co". Le sujet, autrement dit le segment de marché abordé : cette fois, ce sont les jeunes qui veulent se lancer dans la musique.
Au dessin, Janvier, qui fait dans le dessin plutôt jeunesse, me rappelant des airs de Pif et Hercule (ou alors ça tient aux sourcils de Wed qui me font penser à ceux de Krapulax ?). Rien à déclarer, dessin efficace même si parfaitement insipide et sans esthétisme.
Au scénario Jenfèvre (et Erroc pour le premier tome) qui aligne les gags à la pelle dans cette série comme dans beaucoup (trop ?) d'autres. Ces gags là sont potaches, très premier degré, et... et personnellement, cela ne me fait pas rire du tout.
Voilà. Rien de plus à en dire.
Un album de 64 pages sans grande prétention où s'enchaînent une trentaine d'artistes. Certains n'auront réalisé qu'un dessin sur une page, lorsque d'autres réaliseront une historiette de une à quelques courtes pages.
L'ensemble malgré tout reste sans grand intérêt. Les histoires sont souvent trop courtes pour être efficaces. Rares sont celles que j'ai trouvé vraiment sympathiques.
Quelques scénaristes néanmoins réussiront de brillantes adaptations, réussissant un exploit en intégrant non pas leur univers dans celui d'Astérix machinalement et banalement, mais en créant une symbiose surprenante, notamment avec une adaptation de la banlieue en village fortifié face aux CRS…
L'intérêt trouvé peut être de tenir entre ses mains un ouvrage permettant d'un seul coup d'œil de comparer plusieurs dessinateurs et techniques.
L'hommage cependant est réussi. Mais c'est mon opinion, je ne vois pas plus d'intérêt que cela pour acheter cet ouvrage.
Pour les fans absolus d'Astérix, les collectionneurs et autres fans de BD désirant un témoignage d'une époque.
En fait, si, il y a une autre raison d'acheter cet album. Les bénéfices de la vente de ce livre financeront le kit que l'association de défense des droits des enfants (www.defenseurdesenfants.fr) diffusera dans les écoles en septembre prochain.
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Trois artistes à Paris
Le label "Aire Libre" apposé sur une bd est généralement un gage de qualité... ce qui ne veut pas dire qu’on est à l’abri d’un flop. Ce one shot en est un bel exemple. Tout comme Ro et Spooky, j’ai été déçu par cette bd. En fait, c’est surtout l’ennui et l’indifférence qui m’ont rapidement gagné. Je n’ai pas accroché au parcours de ces trois artistes dont le passé respectif sera "exorcisé" par une journaliste enquêtant sur eux. Malgré une couverture intéressante, le contenu se révèle aussi d’un niveau graphique faible avec de graves lacunes comme souligné par Ro. Enfin, la mise en couleurs, qui donne pourtant un cachet tout personnel, n’arrange pas vraiment les choses. One shot pas fondamentalement mauvais. Ce n’est pas mon genre tout simplement.
Fury - Lève-toi et marche (La Guerre lui va si Bien)
Les deux avis précédents sont complets et complémentaires, mon texte n'apportera rien de bien substantiel je pense. Je suis un fan de Garth Ennis, en tant que tel je souffre moi aussi de le voir cachetonner ainsi. Que ce soit sur le Punisher, le "Ghost Rider" ou ce "Fury" qui obtient la palme de la médiocrité. La plus mauvaise BD qu'ai scénarisée l'auteur à mes yeux à ce jour ! Fury est à la base un soldat, un héros américain patriote, un simple baroudeur qui au fil du temps est devenu agent du S.H.i.E.L.D, le commandant du shield. Un personnage secondaire enclin à représenter les différentes idées propagandistes selon les époques, un porte-drapeau idéal pour une idéologie qui se révèle finalement assez puante. Un personnage plutôt vide, un prétexte pour critiquer vivement le nazisme, le communisme (parfois même en apparentant différents courants...) ou d'autres menaces anti-américaines. Ce phénomène est courant dans les comics, même si cet aspect "réactionnaire" tend à s'atténuer depuis quelques décennies, il existe toujours. Captain America et Iron Man sont d'excellents exemples de ce phénomène. Cap souvent pour le meilleur (contrairement à bien des idées reçues et à ce qu'il est dans les Ultimates) et Iron Man pour le pire (les scénaristes actuels n'hésitent pas à le malmener... serait-ce un lien de cause à effet ?). A la différence de ces deux personnages emblématiques, Fury est un second rôle qui n'a guère brillé qu'à ses débuts et qui apparaît désormais de façon épisodique dans des séries comme Les Vengeurs ou Iron Man. Le seul avantage du super agent est d'avoir une "Gueule cassée", un profil caractéristique qui n'a pas manqué d'inspirer plus ou moins vaguement une multitude de personnages officiant en eaux troubles. De là à écrire une mini-série lui étant dédiée... il ne faut pas exagérer. Soit les exécutifs de chez Marvel ont expérimenté une voie nouvelle, ce dont on est en droit de douter... Soit ils ont été frileux avec Garth Ennis et lui ont refilé un projet de commande sans prendre trop de risque, en déterrant un personnage de seconde zone pour l'occasion, ce qui me paraît plus plausible. Cela expliquerait pourquoi Garth Ennis fait preuve de si peu d'imagination et de finesse. Cet habile scénariste se contente de recycler quelques-unes de ses idées, et les aligner sans trop se fatiguer. Il présente Fury comme un vieux guerrier désabusé (un thème qu'il exploitera bien mieux dans 303), dépassé par le système, pourri par certains côtés et croyant tout pouvoir résoudre par la force brute. Je ne me souviens même plus s'il y a un sens scénaristique ou la moindre amorce de tension, à peu près tous les personnages vus dans les pages de cette BD sont caricaturaux et inintéressants. C'est bourrin, mais c'est loin d'être fun, on est loin d'atteindre le niveau de Goddess et ses scènes de défourraillage d'anthologie. Je pense sincèrement que Garth Ennis force grandement sur les traits et enfonce le clou jusqu'à se parodier lui-même. Quand on connaît le cynisme dont sait faire preuve l'auteur, il n'est pas interdit de le penser en tout cas. Ceci bien sûr ne change rien au fait que Garth Ennis se fourvoie complètement, qu'il le fasse volontairement ou non, c'est beaucoup trop facile de sa part. C'est Darrick Robertson, un illustrateur talentueux qui use ses crayons sur les cigares de Fury, qu'est-il venu faire dans cette galère ? Certainement un acte de solidarité envers un autre britannique si vous voulez mon avis... Ou un petit peu de fric... Si vous ne connaissez pas Garth Ennis, laissez tomber "Fury". Lire cette BD pourrait graver en vous d'irrémédiables préjugés envers cet auteur. Si vous êtes un fan, mon avis ne sert pas à grand chose car vous aurez certainement eu la chance de déjà goûter à la saveur si particulière de cette oeuvre (ne vous inquiétez pas, avec le temps tout finit par s'arranger). Enfin, si vous connaissez Preacher la lecture de Fury risque d'être déroutante pour vous... Vous vous demanderez immanquablement comment un homme peut écrire une des BD les plus marquantes de la fin du siècle dernier... pour ensuite commettre une purge pareille ? Comment un tel grand écart est-il possible ? Fuyez ! JJJ
Les Voleurs de villes
Oula, grosse grosse déception. Pourtant le titre laissait entrevoir quelque chose de fameux. Imaginez plutôt : des monuments et des immeubles se volatilisent comme par enchantement aux 4 coins du globe. Deux journalistes enquêtent... mais les résultats de leurs investigations se révèlent bien en deçà de ce qu’on pouvait espérer. Comme le souligne Ro, la résolution finale du mystère est aberrante de facilité. J’ai envie d’ajouter "tout ça pour ça". Restent les dessins de Philippe Aymond de très bonne tenue. Mais c’est bien peu de choses et surtout largement insuffisant pour faire passer l'arrière-goût d’amertume que laisse cette lecture. 80 pages dont le synopsis tient sur une feuille de papier à cigarettes, 'faut oser quand même !
Le Carnaval des Cerfs
Voici une intrigante petite bd au titre bien singulier. J’ai de suite accroché au trait stylisé de type ligne claire. La bichromie participe grandement à l’atmosphère ensorcelante qui plane sur les hommes-cerfs. Il se dégage en effet un envoûtement trouble issu du mélange de rites et de croyances autour du cerf. Cela étant, si le graphisme et l’entrée en la matière sont plutôt bons, le dénouement laisse le lecteur sur sa faim. Cela se résume à un récit anti-cynégétique primaire assez décevant. Il est aussi dommage de ne pas en savoir davantage sur ces hommes-cerfs. Bref, une bd qui ne marque pas les esprits si ce n’est par son format d’édition et son graphisme légèrement suranné.
Alice 19th
On est loin du meilleur de Yuu Watase, c'est clair. Le style graphique très réussi dans Fushigi Yugi - Un Jeu étrange par exemple est ici minimaliste (pas le moindre décor, mise en page simplissime...) il faut vraiment savoir que c'est du Watase pour ne pas se dire que la mangaka est une débutante lambda... Mais bon les shôjo, c'est avant tout l'histoire qui prime... Et là aussi grosse déception ! L'histoire sentimentale de ce "triangle amoureux" est si simple et sans rebondissements qu'elle pourrait être résumée en 2 phrases... Ridicule et sans intérêt. Reste les scènes d'action car, à l'instar de Fushigi Yugi - Un Jeu étrange et Fushigi Yugi - La légende de Gembu, Alice 19th est un shôjo mi action mi fantastique avant d'être une histoire d'amour. Là, enfin, on aurait pu trouver un intérêt à cette oeuvre... Si les combats ne se faisaient pas à coups de "mots". Mais attention, je ne parle pas de joute verbale, je parle de "mots" prononcés et qui, possédant un pouvoir, blessent les méchants démons cachés dans le coeur des gens (tiens, prend mon "Lotis" dans la tronche !!) .... Non, je suis pas ivre. Oui, c'est aussi bizarre que ça en a l'air. Même pour les fans de la mangaka, l'intérêt de ce manga me semble limité.
Chiens de prairie
Un peu curieux, ce western de la catégorie "l'ouest glauque et violent", bien loin du ton naïf ou héroïque que connaissait le genre voici bien des années pour ce style pessimiste apparu ces dernières années. Le récit se rattache donc à un courant actuel du western crépusculaire, sans y imprimer une réelle originalité, mais plutôt en en exploitant les aspects avec outrances, ce qui conjugué à de nombreuses invraisemblances finit de rendre bancal un récit assez artificiel plus proche d'un western spaghetti que des oeuvres de Sam Peckinpah. Les personnages, du prophète fou à l'aventurier sur le retour jusqu'au chasseur de prime sans scrupules, sont de vulgaires clichés tout comme la relation de l'enfant muet avec le vieil homme. Le dessin de Berthet est bien loin de la démesure, et c'est d'un trait élégant et clair qu'il illustre un climat morbide qu'il a du mal à saisir, malgré quelques belles compositions. De la mise en page à la reconstitution, tout est trop sage pour donner une histoire au ton sauvage et sanglant. Même si le métier des deux auteurs permet d'obtenir un album qui se laisse lire, il parait vraiment trop inégal pour être réussi. Leurs ambitions sont trop obscures, et le manque d'humour ou de recul finissent par donner une oeuvre sinistre qui abuse de trop de lieux communs pour donner un résultat marquant. Dommage.
La Guerre des Sambre - Hugo & Iris
Je pense comme Erik pour le scénario : Yslaire est parti dans des délires et je ne le suis plus du tout. Pourquoi cette note si basse, alors que les dessins sont merveilleux ? Parce que tant de savoir faire pour un coming out à mon sens parfaitement ridicule, c'est du gâchis... Le pire c'est que les dessins des repreneurs sont mieux que ceux de Yslaire. Mais non, l'ésotérisme de pacotille à la Da Vinci Code, je ne m'attendais pas à ça. J'ai la nette impression qu'on crée du mystère qui n'aboutit à rien et que nous apprendre les origines des Sambre ça fait un peu Scoubidou : Aaah Aaaah ! VOICI LE PERE DE SAMBRE ! J'VOUS AI BIEN EU, HEIN ?... Tout ce travail aurait pu servir à terminer la saga originale, mais non, on en commence une deuxième qui sera finie dans 20 ans peut-être. Eh bien moi je dis "Ciao"! Je conseille toujours l'achat pour les amateurs de dessins.
Shaman King
Je n'ai lu que les premiers tomes de Shaman king mais ayant lu que la suite devenait moins bien encore, je ne la lirai pas. Quand je connaissais assez peu les mangas, j'assimilais cette série à Naruto. J'imaginais un shonen du même niveau qui plaisait à beaucoup de monde donc qui pouvait me plaire aussi. Ayant lu et relativement apprécié Naruto, j'ai voulu essayer Shaman king. Premier constat, autant Naruto, comme pas mal de shonen style Dragon Ball ou Hunter X Hunter, est destiné à un lectorat adolescent mais peut aussi se lire par un adulte, autant Shaman king est plutôt destiné aux pré-adolescents et du coup sa lecture est assez ennuyeuse pour un adulte. Trop de super-deformed, des intrigues trop clichés, des personnages caricaturaux, un humour trop ras-de-terre. Second constat, ce qui fait la force des shonen de baston ne fonctionne pas pour moi ici. Dès le second tome, on nous annonce le très classique "tournoi" qu'on retrouve dans tous les shonens d'action. Mais rien dans l'intrigue ne m'a motivé à assister à ce tournoi et à y voir gagner le héros. En outre, les combats ne sont pas passionnants. On y retrouve le code ultra-classique de ces combats consistant en une suite de changements de valeurs positives puis négatives (le méchant est le plus fort, le gentil reprend le dessus, le méchant sort une botte secrète, le gentil reprend quand même le dessus, etc.). Mais au lieu de rendre les scènes d'action palpitantes, j'y ai davantage ressenti une impression de répétition : "oh, là, elle veut vraiment le tuer" puis quelques pages plus tard "oh, là, là, elle veut vraiment le tuer encore plus"... Et ces combats manquent d'une crédibilité qui les rendrait prenants car dès le premier tome, le héros peut soudainement devenir beaucoup plus fort ou invoquer pile poil le super fantôme qui va contrer le fantôme ennemi qui se disait ou que son propriétaire disait pourtant bien sûr invulnérable. Trop de facilités dans le scénario donc, à mes yeux, pour avoir l'indispensable envie de poursuivre la lecture à tout prix qui caractérise les bons shonens. Malgré un dessin tout à fait correct quoique sans originalité, je me suis donc plutôt ennuyé à la lecture de ce manga que je juge trop prévisible et enfantin pour moi. Je comprendrais par contre qu'un pré-adolescent entre 10 et 14 ans puisse l'apprécier car il n'a rien de vraiment mauvais et peut plaire quand on n'est pas encore blasé par ce type de ficelles narratives.
Les Musicos (Rob, Wed & c°)
Mais comment font-ils chez Bamboo pour publier autant, d'une part, et d'autre part pour être aussi pas drôle !? Cette série est en fait une réédition sous un nouveau nom ("Les Musicos") de la série anciennement nommée "Rob, Wed & Co". Le sujet, autrement dit le segment de marché abordé : cette fois, ce sont les jeunes qui veulent se lancer dans la musique. Au dessin, Janvier, qui fait dans le dessin plutôt jeunesse, me rappelant des airs de Pif et Hercule (ou alors ça tient aux sourcils de Wed qui me font penser à ceux de Krapulax ?). Rien à déclarer, dessin efficace même si parfaitement insipide et sans esthétisme. Au scénario Jenfèvre (et Erroc pour le premier tome) qui aligne les gags à la pelle dans cette série comme dans beaucoup (trop ?) d'autres. Ces gags là sont potaches, très premier degré, et... et personnellement, cela ne me fait pas rire du tout. Voilà. Rien de plus à en dire.
Astérix et ses amis
Un album de 64 pages sans grande prétention où s'enchaînent une trentaine d'artistes. Certains n'auront réalisé qu'un dessin sur une page, lorsque d'autres réaliseront une historiette de une à quelques courtes pages. L'ensemble malgré tout reste sans grand intérêt. Les histoires sont souvent trop courtes pour être efficaces. Rares sont celles que j'ai trouvé vraiment sympathiques. Quelques scénaristes néanmoins réussiront de brillantes adaptations, réussissant un exploit en intégrant non pas leur univers dans celui d'Astérix machinalement et banalement, mais en créant une symbiose surprenante, notamment avec une adaptation de la banlieue en village fortifié face aux CRS… L'intérêt trouvé peut être de tenir entre ses mains un ouvrage permettant d'un seul coup d'œil de comparer plusieurs dessinateurs et techniques. L'hommage cependant est réussi. Mais c'est mon opinion, je ne vois pas plus d'intérêt que cela pour acheter cet ouvrage. Pour les fans absolus d'Astérix, les collectionneurs et autres fans de BD désirant un témoignage d'une époque. En fait, si, il y a une autre raison d'acheter cet album. Les bénéfices de la vente de ce livre financeront le kit que l'association de défense des droits des enfants (www.defenseurdesenfants.fr) diffusera dans les écoles en septembre prochain.