J'ai apprécié certaines bds de Bilal quand il oeuvrait avec Christin (Les Phalanges de l'ordre noir). Mais là je dois avouer que ormis le plaisir que me procure le graphisme, il ne reste pas grand chose de ma lecture. Le premier tome était plutôt bon, quoique tout de même déjà très étrange, mais bon au moins c'est du jamais vu et je me suis assez facilement ouvert à "l'univers Bilal".
J'ai attendu au moins 5 ou 6 ans avant de me procurer la suite. Ai-je bien fait ? La femme piège est une icône de la bd, il fallait bien s'y mettre. Etait-il indispensable de reprendre les personnages de Nikopol et de Horus pour raconter l'histoire de Jill, je ne pense pas. De plus faire une histoire uniquement sur cette femme aurait sans doute permis de mieux développer certaines zones d'ombre comme son ami extra-terrestre ou cette guerre incompréhensible qu'elle couvre très rapidement à Berlin.
Une fois qu'on a mélangé tout ça, il faut bien en finir. Eh bah, il faut bien l'admettre, c'est du grand n'importe quoi ce troisième tome, avec des animaux qui prennent le train, le descendant d'Elvis qui fait de la boxéchec et des personnages qui ne se posent aucune questions concernant toutes ces situations invraisemblables.
Alors j'accepte que pour certains cette série soit culte, mais pas pour moi c'est certain.
Bof, rien à faire, je trouve qu’il est impossible de développer ce genre d’histoire un peu noire en une 20aine de pages petit format. Là le propos se veut touchant, mais moi un truc qui se lit en quelques minutes, ca ne me touche pas du tout. Je ne m’attache pas aux personnages, je n’ai pas le temps de rentrer dans l’histoire que c’est déjà fini. A la limite je trouve que cette collection est plus adaptée aux œuvres loufoques ou drôles.
Reste le dessin de David B., que j’ai connu plus inspiré. Il est joli, mais pas toujours en adéquation avec le texte je trouve… ou alors je rate quelque chose. C’est peut-être trop abstrait pour moi.
Bref, bof :(
Dans la famille "Bamboo sports", après le football, le rugby, et même le tuning (sic!), je demande le cyclisme!
Ah le cyclisme, sport romantique par excellence, où le tragique se mêle souvent au romanesque, la sueur à l'effort et la poussière. Voilà pour le cyclisme professionnel, tel qu'on peut le voir dans le Tour de France, ou de grandes classiques comme le Paris-Roubaix.
Mais à la base, il ne faudrait pas oublier tous ces petits clubs amateurs qui font parfois la fierté d'un quartier ou d'un village. C'est donc une bonne idée que nous faire découvrir ce petit microcosme sous l'angle facétieux de l'humour.
C'est ce que nous proposent les éditions Bamboo avec "les vélos maniacs". On suit les péripéties du Guidon's club, petit club du Sud de la France, qui enchaînent les compétitions avec les clubs des bourgades voisines.
L'intérêt de la BD réside en premier lieu dans les personnalités hautes en couleur du club : l'entraîneur blasé, l'étalon italien (énorme celui-là), celui qui ne sait pas prendre un virage, le frimeur fils-à-papa...
La qualité des gags est inégale : on alterne souvent le très bon et le médiocre, voire l'insipide, mais la facture scénaristique globale reste correcte.
En tout cas, les auteurs font dans l'ensemble preuve de suffisamment de culture cycliste pour que les situations restent crédibles, sans pour autant être intéressantes ou éviter de tomber parfois dans le caricatural grotesque.
Là où le bât blesse vraiment, c'est le dessin, que je trouve bâclé, et désagréable à la lecture. Les polices d'écriture sont biscornues, ce qui peut rendre la lecture parfois pénible. Un comble pour une BD censée distraire!
Dommage car "les vélos maniacs" auraient pu constituer une BD d'humour appréciable, mais l'on préférera Les Cyclistes, certes moins audacieux et plus mielleux, mais au moins beaucoup plus lisibles.
"Tous mes vrais amis", sortie en 2001, poursuivant la collaboration entamée en 1994 par Jim le scénariste et Fredman le dessinateur avec Tous les défauts des mecs, s'avère malheureusement être un album d'assez médiocre facture, comparée à la qualité de Tout ce qui fait râââler les nanas ou Nos pires fêtes foireuses.
Pourtant, cette étape dans la collaboration entre nos deux auteurs comporte des nouveautés.
Tout d'abord, comparée au dernier album commun sorti en 1999, le style graphique de Fredman connaît une évolution singulière. Le dessin se fait plus rond, plus "élastique". Il tend à se rapprocher du style de Jim (L'Amour, La honte...), et même les couleurs se font moins pastelles, plus criardes.
Ensuite, on voit pour la première fois apparaître une bande de copains caractéristiques et récurrents, qu'on retrouvera dans Putain de vacances.
Malgré tout, tout cela ne suffit pas à rendre cette BD attrayante. La faute à des gags moins bons que dans les autres productions du duo. Les situations sont moins prêteuses au rire. Ce n'est pourtant pas la faute du thème choisi : il aurait été aisé de trouver l'étincelle sarcastique dans des situations qui auraient pu être autre chose que convenues, le thème de l'amitié se prêtant assez bien pour tirer parti de clichés.
La volonté de bien faire était là, bien que la qualité espérée ne soit pas au rendez-vous. On ne jettera pas la pierre à un album qui reste correct, mais on préférera, pour l'achat et pour offrir, d'autres oeuvres de Fredman et Jim.
Hiver 1634. Un commerçant Hollandais, Van den Bogaert, sillonne l’île de Manhattan pour convaincre les Mohawk de vendre leurs peaux de Castor aux Hollandais plutôt qu’aux Français. On suit Van de Bogeart et ses deux compagnons de voyage dans leurs pérégrinations. La mission est répétitive : le groupe arrive dans un village, mange de la viande d’ours ou de saumon, reçoit des peaux de castors, donne de la ferraille et de la verroterie pour remercier de l’hospitalité, tire trois coups de feux pour amuser la galerie, et repart pour le village suivant.
Le dessin est humoristique et essaye d’égayer un texte morne et monotone en introduisant certaines surprises en décalage avec les descriptions ennuyeuses. J’ai trouvé ce mélange incongru, le fossé étant bien trop grand entre le but de Van den Bogaert en écrivant son carnet de voyage et celui de O’Connor en faisant de l’humour sur son dos pour essayer de faire passer une pilule amère. Dommage, car il est assez rare d’avoir l’occasion de lire un ancien témoignage des premiers contacts occidentaux avec les Amérindiens.
Ce texte a une grande valeur historique puisqu’on en apprend beaucoup sur leur mode de vie, leurs rituels, leur générosité, et qu’un lecteur du 20e siècle peut y lire en filigrane la fin annoncée de ces peuples décimés par les épidémies de variole importée d’Europe, entraînés dans l’exploitation à outrance de leurs ressources naturelles pour tenter de gagner une place marginale dans le commerce mondial, et finalement spoliés par la compagnie de Van den Bogaert pour faire place à la mégapole de New York. C’est aussi en regard de tout cela que j’ai trouvé l’humour potache du dessinateur plutôt déplacé.
Ouais, bof…
L’histoire est nombriliste au possible, et racontée sur un ton monotone et décousu qui m’a ennuyé. La vie du narrateur n’est pas passionnante, à l’image des longs passages basés sur son journal intime (franchement, ca vous intéresserait que je vous raconte les banalités de mon journal intime écrit quand j’étais gosse ? Oui ? Je n’en ai pas écrit de toute façon :)) L’ensemble ressemble finalement plus à une analyse psychologique d’une situation familiale qui ne me regarde pas et ne m’intéresse pas.
Ajoutons à cela une utilisation de mots super compliqués complètement artificielle (dans la VO tout du moins) qui donne un faux coté intello à l’ensemble qui m’a beaucoup énervé. Que la BD s’élève au dessus des histoires trollesques remplies de filles aux gros seins, je suis d’accord, mais attention à ne pas trop en faire quand même.
Bref, il y a beaucoup mieux dans le genre : L'Ascension du Haut Mal, Blankets - Manteau de neige, Persepolis… Voir aussi notre thème Autobiographie.
J’ai découvert Tony Sandoval avec Vieille Amérique. Il a un style bien à lui qui le rend facilement reconnaissable. Le dessin donne l’impression d’être réalisé à main levée. Moi j’aime beaucoup ! De plus, ce one shot alterne des planches colorées avec des planches en bichromie. Bref, graphiquement, cet album est un chaudron expérimental dont le résultat tient plutôt bien la route.
Si le graphisme est singulier, l’histoire est quant à elle assez déconcertante : le petit Polo rencontre l'énigmatique Sophie au moment où son copain Christian a disparu. Il y règne une atmosphère malsaine où meurtre, amour de pré-ados, vampirisme se mêlent et s’emmêlent, de sorte qu’il est difficile de voir où l’auteur veut nous emmener.
Je reste donc partagé sur cet album : autant les audaces graphiques me plaisent, autant la sordidité de cette histoire de gamins et leur relative indifférence me gênent.
Alors que le premier tome était véritablement original et dépeignait des femmes fortes, à la fois physiquement et psychologiquement, dont le caractère sortait renforcé d'années de moqueries et d'humiliations et leur permettait de remettre à leur place hommes vaniteux et fausses amies, le deuxième tome a totalement lâché ce filon et se contente de raconter des histoires banales, avec des femmes qui auraient tout aussi bien pu être minces. Bien qu'amusants, les différents épisodes sont relativement quelconques car ils n'ont plus rien à voir avec ce qui faisait l'intérêt de la série.
Les avis sont assez tranchés et c’est logique finalement. Quant à moi, je fais partie de ceux pour qui l’album n’a pas été une révélation.
On ne peut pas dire que le scénario soit inexistant ou encore que le récit soit mal charpenté. Au contraire, les relations complexes entre un magicien oppresseur, une mère soumise et sa fille influençable sont plutôt bien exploitées. Mais voilà, je n’ai pas accroché, tout simplement. De plus, le final est assez bizarre. Je ne comprends pas la réaction de la fille devenue femme qui revient sur les lieux de son enfance . . . Peut-être pour exorciser ses vieux démons ? Les dessins de Boucq seraient à rapprocher de ceux d’Hermann qui a le don de magnifier la laideur (comme le souligne justement ArzaK). Mais le rendu des planches ne me plaît pas, la faute à une mise en couleur qui parait délavée. Ceci dit, cela colle bien avec l’ambiance voulue par les auteurs.
Cet album peut-il vous plaire ? Vous êtes seul juge . . .
Ouais, bof tout juste. Je trouve que ça n'a rien d'original dans le fond comme dans la forme. L'histoire est pompée à mort, les personnages n'ont aucun charisme. Je ne regrette pas de l'avoir lue étant un grand fan de UW1, mais disons qu'étant donné le manque d'originalité du trait de Bajram, je préfère quand je sais que c'est lui qui est aux commandes du scenario.
Après, c'est vrai que c'est une série qui n'a pas plus de prétention que de divertir les fans de SF. Mais bon, tant qu'à lire de l'action futuriste avec des mecs bodybuildés, je préfère Travis.
A lire une fois donc, mais je pense qu'il y a d'autres séries plus surprenantes à acheter dans le même genre.
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La Trilogie Nikopol
J'ai apprécié certaines bds de Bilal quand il oeuvrait avec Christin (Les Phalanges de l'ordre noir). Mais là je dois avouer que ormis le plaisir que me procure le graphisme, il ne reste pas grand chose de ma lecture. Le premier tome était plutôt bon, quoique tout de même déjà très étrange, mais bon au moins c'est du jamais vu et je me suis assez facilement ouvert à "l'univers Bilal". J'ai attendu au moins 5 ou 6 ans avant de me procurer la suite. Ai-je bien fait ? La femme piège est une icône de la bd, il fallait bien s'y mettre. Etait-il indispensable de reprendre les personnages de Nikopol et de Horus pour raconter l'histoire de Jill, je ne pense pas. De plus faire une histoire uniquement sur cette femme aurait sans doute permis de mieux développer certaines zones d'ombre comme son ami extra-terrestre ou cette guerre incompréhensible qu'elle couvre très rapidement à Berlin. Une fois qu'on a mélangé tout ça, il faut bien en finir. Eh bah, il faut bien l'admettre, c'est du grand n'importe quoi ce troisième tome, avec des animaux qui prennent le train, le descendant d'Elvis qui fait de la boxéchec et des personnages qui ne se posent aucune questions concernant toutes ces situations invraisemblables. Alors j'accepte que pour certains cette série soit culte, mais pas pour moi c'est certain.
Maman a des problèmes
Bof, rien à faire, je trouve qu’il est impossible de développer ce genre d’histoire un peu noire en une 20aine de pages petit format. Là le propos se veut touchant, mais moi un truc qui se lit en quelques minutes, ca ne me touche pas du tout. Je ne m’attache pas aux personnages, je n’ai pas le temps de rentrer dans l’histoire que c’est déjà fini. A la limite je trouve que cette collection est plus adaptée aux œuvres loufoques ou drôles. Reste le dessin de David B., que j’ai connu plus inspiré. Il est joli, mais pas toujours en adéquation avec le texte je trouve… ou alors je rate quelque chose. C’est peut-être trop abstrait pour moi. Bref, bof :(
Les vélo maniacs
Dans la famille "Bamboo sports", après le football, le rugby, et même le tuning (sic!), je demande le cyclisme! Ah le cyclisme, sport romantique par excellence, où le tragique se mêle souvent au romanesque, la sueur à l'effort et la poussière. Voilà pour le cyclisme professionnel, tel qu'on peut le voir dans le Tour de France, ou de grandes classiques comme le Paris-Roubaix. Mais à la base, il ne faudrait pas oublier tous ces petits clubs amateurs qui font parfois la fierté d'un quartier ou d'un village. C'est donc une bonne idée que nous faire découvrir ce petit microcosme sous l'angle facétieux de l'humour. C'est ce que nous proposent les éditions Bamboo avec "les vélos maniacs". On suit les péripéties du Guidon's club, petit club du Sud de la France, qui enchaînent les compétitions avec les clubs des bourgades voisines. L'intérêt de la BD réside en premier lieu dans les personnalités hautes en couleur du club : l'entraîneur blasé, l'étalon italien (énorme celui-là), celui qui ne sait pas prendre un virage, le frimeur fils-à-papa... La qualité des gags est inégale : on alterne souvent le très bon et le médiocre, voire l'insipide, mais la facture scénaristique globale reste correcte. En tout cas, les auteurs font dans l'ensemble preuve de suffisamment de culture cycliste pour que les situations restent crédibles, sans pour autant être intéressantes ou éviter de tomber parfois dans le caricatural grotesque. Là où le bât blesse vraiment, c'est le dessin, que je trouve bâclé, et désagréable à la lecture. Les polices d'écriture sont biscornues, ce qui peut rendre la lecture parfois pénible. Un comble pour une BD censée distraire! Dommage car "les vélos maniacs" auraient pu constituer une BD d'humour appréciable, mais l'on préférera Les Cyclistes, certes moins audacieux et plus mielleux, mais au moins beaucoup plus lisibles.
Tous mes "vrais" amis
"Tous mes vrais amis", sortie en 2001, poursuivant la collaboration entamée en 1994 par Jim le scénariste et Fredman le dessinateur avec Tous les défauts des mecs, s'avère malheureusement être un album d'assez médiocre facture, comparée à la qualité de Tout ce qui fait râââler les nanas ou Nos pires fêtes foireuses. Pourtant, cette étape dans la collaboration entre nos deux auteurs comporte des nouveautés. Tout d'abord, comparée au dernier album commun sorti en 1999, le style graphique de Fredman connaît une évolution singulière. Le dessin se fait plus rond, plus "élastique". Il tend à se rapprocher du style de Jim (L'Amour, La honte...), et même les couleurs se font moins pastelles, plus criardes. Ensuite, on voit pour la première fois apparaître une bande de copains caractéristiques et récurrents, qu'on retrouvera dans Putain de vacances. Malgré tout, tout cela ne suffit pas à rendre cette BD attrayante. La faute à des gags moins bons que dans les autres productions du duo. Les situations sont moins prêteuses au rire. Ce n'est pourtant pas la faute du thème choisi : il aurait été aisé de trouver l'étincelle sarcastique dans des situations qui auraient pu être autre chose que convenues, le thème de l'amitié se prêtant assez bien pour tirer parti de clichés. La volonté de bien faire était là, bien que la qualité espérée ne soit pas au rendez-vous. On ne jettera pas la pierre à un album qui reste correct, mais on préférera, pour l'achat et pour offrir, d'autres oeuvres de Fredman et Jim.
Voyage en pays Mohawk
Hiver 1634. Un commerçant Hollandais, Van den Bogaert, sillonne l’île de Manhattan pour convaincre les Mohawk de vendre leurs peaux de Castor aux Hollandais plutôt qu’aux Français. On suit Van de Bogeart et ses deux compagnons de voyage dans leurs pérégrinations. La mission est répétitive : le groupe arrive dans un village, mange de la viande d’ours ou de saumon, reçoit des peaux de castors, donne de la ferraille et de la verroterie pour remercier de l’hospitalité, tire trois coups de feux pour amuser la galerie, et repart pour le village suivant. Le dessin est humoristique et essaye d’égayer un texte morne et monotone en introduisant certaines surprises en décalage avec les descriptions ennuyeuses. J’ai trouvé ce mélange incongru, le fossé étant bien trop grand entre le but de Van den Bogaert en écrivant son carnet de voyage et celui de O’Connor en faisant de l’humour sur son dos pour essayer de faire passer une pilule amère. Dommage, car il est assez rare d’avoir l’occasion de lire un ancien témoignage des premiers contacts occidentaux avec les Amérindiens. Ce texte a une grande valeur historique puisqu’on en apprend beaucoup sur leur mode de vie, leurs rituels, leur générosité, et qu’un lecteur du 20e siècle peut y lire en filigrane la fin annoncée de ces peuples décimés par les épidémies de variole importée d’Europe, entraînés dans l’exploitation à outrance de leurs ressources naturelles pour tenter de gagner une place marginale dans le commerce mondial, et finalement spoliés par la compagnie de Van den Bogaert pour faire place à la mégapole de New York. C’est aussi en regard de tout cela que j’ai trouvé l’humour potache du dessinateur plutôt déplacé.
Fun Home - Une tragicomédie familiale
Ouais, bof… L’histoire est nombriliste au possible, et racontée sur un ton monotone et décousu qui m’a ennuyé. La vie du narrateur n’est pas passionnante, à l’image des longs passages basés sur son journal intime (franchement, ca vous intéresserait que je vous raconte les banalités de mon journal intime écrit quand j’étais gosse ? Oui ? Je n’en ai pas écrit de toute façon :)) L’ensemble ressemble finalement plus à une analyse psychologique d’une situation familiale qui ne me regarde pas et ne m’intéresse pas. Ajoutons à cela une utilisation de mots super compliqués complètement artificielle (dans la VO tout du moins) qui donne un faux coté intello à l’ensemble qui m’a beaucoup énervé. Que la BD s’élève au dessus des histoires trollesques remplies de filles aux gros seins, je suis d’accord, mais attention à ne pas trop en faire quand même. Bref, il y a beaucoup mieux dans le genre : L'Ascension du Haut Mal, Blankets - Manteau de neige, Persepolis… Voir aussi notre thème Autobiographie.
Le Cadavre et le Sofa
J’ai découvert Tony Sandoval avec Vieille Amérique. Il a un style bien à lui qui le rend facilement reconnaissable. Le dessin donne l’impression d’être réalisé à main levée. Moi j’aime beaucoup ! De plus, ce one shot alterne des planches colorées avec des planches en bichromie. Bref, graphiquement, cet album est un chaudron expérimental dont le résultat tient plutôt bien la route. Si le graphisme est singulier, l’histoire est quant à elle assez déconcertante : le petit Polo rencontre l'énigmatique Sophie au moment où son copain Christian a disparu. Il y règne une atmosphère malsaine où meurtre, amour de pré-ados, vampirisme se mêlent et s’emmêlent, de sorte qu’il est difficile de voir où l’auteur veut nous emmener. Je reste donc partagé sur cet album : autant les audaces graphiques me plaisent, autant la sordidité de cette histoire de gamins et leur relative indifférence me gênent.
Les Coeurs boudinés
Alors que le premier tome était véritablement original et dépeignait des femmes fortes, à la fois physiquement et psychologiquement, dont le caractère sortait renforcé d'années de moqueries et d'humiliations et leur permettait de remettre à leur place hommes vaniteux et fausses amies, le deuxième tome a totalement lâché ce filon et se contente de raconter des histoires banales, avec des femmes qui auraient tout aussi bien pu être minces. Bien qu'amusants, les différents épisodes sont relativement quelconques car ils n'ont plus rien à voir avec ce qui faisait l'intérêt de la série.
La Femme du magicien
Les avis sont assez tranchés et c’est logique finalement. Quant à moi, je fais partie de ceux pour qui l’album n’a pas été une révélation. On ne peut pas dire que le scénario soit inexistant ou encore que le récit soit mal charpenté. Au contraire, les relations complexes entre un magicien oppresseur, une mère soumise et sa fille influençable sont plutôt bien exploitées. Mais voilà, je n’ai pas accroché, tout simplement. De plus, le final est assez bizarre. Je ne comprends pas la réaction de la fille devenue femme qui revient sur les lieux de son enfance . . . Peut-être pour exorciser ses vieux démons ? Les dessins de Boucq seraient à rapprocher de ceux d’Hermann qui a le don de magnifier la laideur (comme le souligne justement ArzaK). Mais le rendu des planches ne me plaît pas, la faute à une mise en couleur qui parait délavée. Ceci dit, cela colle bien avec l’ambiance voulue par les auteurs. Cet album peut-il vous plaire ? Vous êtes seul juge . . .
Cryozone
Ouais, bof tout juste. Je trouve que ça n'a rien d'original dans le fond comme dans la forme. L'histoire est pompée à mort, les personnages n'ont aucun charisme. Je ne regrette pas de l'avoir lue étant un grand fan de UW1, mais disons qu'étant donné le manque d'originalité du trait de Bajram, je préfère quand je sais que c'est lui qui est aux commandes du scenario. Après, c'est vrai que c'est une série qui n'a pas plus de prétention que de divertir les fans de SF. Mais bon, tant qu'à lire de l'action futuriste avec des mecs bodybuildés, je préfère Travis. A lire une fois donc, mais je pense qu'il y a d'autres séries plus surprenantes à acheter dans le même genre.