Rupture est une de ces BD bizarroïdes mélangeant art et psychologie. Nous suivons un artiste isolé, Lazare Vincent, dont l'esprit est totalement tortueux entre masque et miroir brisé. Sa petite amie l'a laissé tomber et il divague totalement telle une épave qui s'échoue dans les endroits les plus louches d'une cité urbaine.
Il y a quelques réflexions intéressantes comme par exemple sur les signes extérieurs de la respectabilité. L'establishment n'aime guère les transfuges. C'est comme si l'auteur réglait ses comptes avec un milieu artistique très fermé dans lequel il serait difficile de s'intégrer pour être reconnu. Bref, on sent quelque chose d'autobiographique.
L'auteure, Chantal Montellier crée tout de même une atmosphère assez particulière. La compréhension de son oeuvre n'est pas facile. Le lecteur pourra vite se retrouver un peu perdu au milieu de ces pages en noir, blanc et rouge. Cela ne m'a pas inspiré plus que cela.
Le Scorpion, une bd de toute beauté esthétiquement parlant mais qui cache un scénario très tape à l'oeil.
J'ai été séduite par le dessin et la colorisation. Ces paysages tout en couleurs chaleureuses et chatoyantes, dignes de dépliants touristiques, sont très agréables à regarder ! La mise en page est assez classique, mais très jolie. Il y a de très belles perspectives, des angles de vue parfois impressionnants, des scènes tout en mouvements du plus bel effet et des arrière-plans très soignés.
Le contexte historique également est plutôt intéressant : les guerres de religion, la résistance au christianisme, une lutte de pouvoir entre d'antiques familles italiennes pour renverser l'Eglise en place et assurer par la peur et l'autorité la soumission des hommes à leurs propres lois "de Dieu". Et pour nous sauver de tout ça, une quête pour retrouver la croix de Saint Pierre afin de destituer le méchant Pape en place.
Malheureusement, les ingrédients de ce remake des Aventuriers de l'Arche perdue sont attendus et prévisibles : une recherche de la vérité sur un passé obscur, des secrets historiques mal gardés (enfin, pour nos archéologues de pacotille, parce que pour ceux qui cherchent depuis des années voire des siècles en se refilant la patate de génération en génération, c'était mission impossible jusque là semble-t-il...), une haine qui ne trompe personne entre un scorpion et une vipère égyptienne qui passent leur temps au fil des albums à jouer au chat et à la souris (et que je te hais, mais que je t'aide quand même, mais que je te refais un coup de vache, mais que je ruse pour que tu t'en sortes quand même, et que je t'allume et que je te repousse, etc, etc), des gentils indestructibles et des méchants qui visent mal, des complots, des trahisons, des ennemis qui se retrouvent systématiquement aux mêmes endroits comme par miracle, etc, etc. Mais bon, c'est de la fiction après tout, pourquoi pas ?
En fin de compte ce qui me gène le plus c'est que cela me laisse le même genre de sentiment d'agacement que pour James Bond, l'histoire pourrait être très prenante, tant par son rythme soutenu que par son contexte et malgré ses clichés, si seulement le héros n'était pas si macho et séducteur. Mais cet espèce de beau gosse tatoué, avec son drame personnel qui va bien, qui tombe les filles comme des mouches, qui se relève de toutes la attaques sans une égratignure ou presque, sûr de lui et de son épée, mais également doté d'un humour irrésistible et incroyablement cultivé et calé en archéologie, cet hidalgo né d'un improbable croisement entre Indiana Jones et Zorro m'exaspère ! Et je ne m'étend pas plus que ça sur les décolletés plongeants des protagonistes de sexe féminin qui sont toutes fort bien gâtées par dame nature et également toutes expertes en technique de séduction.
Et puis au bout du compte, je ne suis pas sure d'être vraiment intéressée par l'issue de cette course poursuite...
Recueil d'histoires courtes publiées à la fin des années 70 et au début des années 80, Katsuhiro Otomo Anthology est très très très très inégal tant au niveau des idées que de la manière dont elles sont développées. J'avoue que dans l'ensemble je suis plutôt déçue par ma lecture, même si 3-4 histoires sont des petits bijoux.
Les "Chroniques de la planète Tako" sont, comment dire sans être désobligeante, archi nulles... ! Là on touche vraiment le niveau zéro de ce recueil. Et que dire du "vieil homme et la mer", à part que "un verre (de sake) ça va, trois verres (de sake) : bonjour les dégâts ! ".
A côté de ça, on a tout un tas d'histoires moyennes, partant toutefois souvent de bonnes idées mais qui se terminent bizarrement ou qui tout simplement ne semblent pas abouties. J'ai parfois eu l'impression d'être devant ce genre de courts-métrages qui témoignent d'un potentiel certain et d'une imagination remarquable, mais qui sont mal ou pas finis. Cela provoque une certaine frustration, sentiment relativement désagréable quand on voit la mention "the end" et qu'on se dit "ah, bon, heu, et alors ?". "Hair", "Memories", "Les Chevaliers de la Table Ronde" (la palme de l'histoire qui démarrait franchement bien, avec une bonne dose d'humour et qui finit comme... comme un film de 2 heures enregistré sur une VHS de 180 minutes tiens !).
On a dans "Sound of Sand" une bonne base pour un récit de science-fiction spatiale, qui aurait mérité d'être exploitée dans une histoire plus longue et plus développée, mais là, en 8 pages, c'est beaucoup trop peu pour être vraiment prenant.
Pour finir sur une note positive : j'ai adoré "La Fiole Magique d'Aladin" (très courte histoire mais percutante et sans appel), "Farewell to weapons" (ou comment illustrer à merveille le ridicule de la logique militaire) ou encore "Fire-Ball". Et puis le dessin est tout de même de très très bonne qualité, l'auteur se risque à la mise en couleur dans deux récits : "Flowers" et "Farewell to Weapons" et pour ce dernier, elle est intéressante culturellement parlant car l'auteur s'est "amusé" à l'époque avec le premier système de videocoloriage au Japon. Mais en dehors de ça, le dessin en noir et blanc se suffit largement à lui-même. Si je devais conseiller une oeuvre du même auteur, ce serait sans hésitation Dômu - rêves d'enfants, pas ce présent recueil, plus destiné aux aficionados avérés, à mon avis.
Voilà le prologue d'une saga post-atomique française qui paraitra un an plus tard et sera nommée Armalite 16. Au vu de ce seul album préliminaire que j'ai lu, elle ne m'a pas l'air très originale. Sa seule particularité, son décor bien du Sud de la France et des Alpes, avec une ambiance un peu écolo-retour à la nature.
Pour le reste, ce sont de banals conflits armés entre résistants et militaires oppresseurs.
Le dessin n'est pas mauvais du tout au niveau technique et pour la beauté des compositions. Malheureusement, il n'est pas exempt de défauts à mes yeux. Le premier est la finesse de son encrage qui le rend parfois un peu trop diffus, comme inachevé. Le second concerne les visages des personnages qui sont parfois difficiles à différencier, d'autant qu'il y en a un certain nombre dans ce récit et que les héros ne sont pas les mêmes au cours de l'album. Mais comme leurs traits et leurs comportements se ressemblent, je les ai trop souvent confondus. Et le dernier reproche tient dans la colorisation qui est apparue au bout de quelques rééditions et qui écrase complètement le dessin et lui plaquant des couleurs sans naturel et qui ne tiennent strictement pas compte du graphisme lui-même, tous les objets, personnages et décors étant colorés de la même manière.
Mais cela ne serait pas grave si le scénario était plaisant. Hélas, je l'ai trouvé très confus, jamais prenant, souvent trop verbeux et surtout sans rythme. L'intrigue n'est pas originale, les personnages pas attachants, le déroulement assez ennuyeux. J'ai décroché aux deux tiers de l'album et j'ai dû me forcer pour le lire jusqu'au bout.
Une petite série d’Arleston qui casse pas des briques. A part peut-être pour la présence d’Alary. Son dessin dynamique est toujours assez agréable quoiqu’un manque de détails se fait parfois ressentir.
C’est tout juste divertissant mais tellement vite oublié, il sera sans doute indispensable de relire le premier tome lors de la sortie du second. Enfin, le scénario est tellement bateau pour le moment que ce sera finalement dispensable.
Je n'ai pas accroché à cette BD. C'est bien dommage car j'apprécie beaucoup le dessin que je trouve maîtrisé, détaillé et doté de couleurs plaisantes. Mais les histoires m'ont ennuyé.
Certaines sont simples à comprendre, quoique verbeuses, mais se terminent avant même qu'il s'y instaure quelque chose d'intéressant à mon goût. La majorité des autres sont trop absurdes, oniriques ou poétiques pour être vraiment compréhensibles et elles n'ont vraiment pas su me toucher. Ni humour ni poésie n'ont su m'atteindre par le biais de ces histoires courtes. Et j'ai fini par décrocher avant la fin...
Le début est superbe et franchement déjanté, un style que j'apprécie grandement. Seulement voilà, l'histoire tire en longueur et j'ai fini par m'en désintéresser. Il y a même eu un moment où je ne savais plus très bien ce qui se passait, alors plutôt que de revenir en arrière (je n'en ai pas eu le courage) j'ai préféré laisser tomber, même si je m'étais attachée aux personnages de Liv et de Moorad. L'humour devient vite répétitif et du coup moins percutant. Autant parfois certaines séries peuvent paraître trop courtes, autant ici elle aurait gagné à ne s'étaler que sur deux voire trois tomes maximum.
Le dessin est bien adapté à l'histoire, tout ces dégradés de gris sont agréables à regarder, Efix va à l'essentiel et c'est très bien, dommage que question scénario il n'ait pas fait pareil.
Après la lecture des 2 premiers tomes.
Une bonne entame, surtout due au dessin original mais plaisant pour les yeux, qui s'est trouvée mise à mal au fur et à mesure que les pages défilaient.
Le scénario m'a paru décousu, comme si il manquait des pages !!!
Il y a trop de références à la série initiale Le Moine fou que je n'ai pas lu : peut être que certaines incompréhensions viennent de là...
Le dessin est beau dans l'ensemble avec quelques cases superbes mais d'autres moyennes en raison d'une colorisation parfois étrange.
Cet emprunt ne se transformera pas en achat. J'en resterai même là pour la lecture de la série, à moins de lire au préalable la série Le Moine fou.
Un pan de l’histoire de France abordé de manière intéressante, vu par les yeux d’un juif roumain. Bon pour les détails sur l’époque on repassera, les auteurs abordent de loin les épisodes de cette période, se centrant davantage sur le héros, son ascension fulgurante en tant que ferrailleur, ses relations avec sa famille, ses intrigues avec les hautes instances, bref son parcours qui le fera devenir un des hommes les plus riches de France.
La déception vient en grande partie du personnage principal justement, antipathique au possible, amoral, protégeant ses intérêts propres (il sauve une partie de ses ouvriers, mais c’est pour mieux servir ses affaires, waouh super le résistant). C’est un mafieux et c’est tout, usant de méthodes franchement limites par moment. Présenté comme un personnage aux multiples facettes, je le trouve plat, calculateur et franchement niais par moment. Avec une psychologie au-dessous de 0, son leitmotiv est simple : faire du fric, plus de fric et encore du fric, quitte à mettre sa famille en danger, à se fourvoyer avec des mafieux ou à utiliser des moyens expéditifs… Je ne parle même pas de son fidèle toutou Lucie-Fer, qui a pour le coup complètement oublié le mode *on* de son cerveau.
Et bien voilà où se limite l’intérêt de cette bande dessinée, passé ce point fixe sur le personnage, on a un contexte historique rapidement brossé et de multiples flashbacks intéressants mais parfois amenés de manière peu pertinente. J’ai vraiment trouvé les deux tomes peu passionnants, brouillons, avec un sentiment de déjà-vu ou lu.
Cette série me laisse une impression assez mitigée. Objectivement elle est pas mal, mais comme dans Du Grunge en Génétique je trouve qu'elle manque cruellement d'humour, le style graphique de Zalozabal s'y prête parfaitement et cette carence nuit à l'histoire en la rendant moins attrayante. Du coup on ne s'attache pas vraiment aux personnages, qui ne sont pas désagréables mais que ce défaut scénaristique rend forcément moins sympathiques.
Le premier tome est assez bon, avec la découverte de ce monde post-apocalyptique, une mystérieuse maladie qui touche les enfants, des jeux vidéos pour le moins étonnants, des magouilles et de l'action. Le second tome fait encore plus la part belle à l'action et n'a pas su retenir toute mon attention.
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Rupture
Rupture est une de ces BD bizarroïdes mélangeant art et psychologie. Nous suivons un artiste isolé, Lazare Vincent, dont l'esprit est totalement tortueux entre masque et miroir brisé. Sa petite amie l'a laissé tomber et il divague totalement telle une épave qui s'échoue dans les endroits les plus louches d'une cité urbaine. Il y a quelques réflexions intéressantes comme par exemple sur les signes extérieurs de la respectabilité. L'establishment n'aime guère les transfuges. C'est comme si l'auteur réglait ses comptes avec un milieu artistique très fermé dans lequel il serait difficile de s'intégrer pour être reconnu. Bref, on sent quelque chose d'autobiographique. L'auteure, Chantal Montellier crée tout de même une atmosphère assez particulière. La compréhension de son oeuvre n'est pas facile. Le lecteur pourra vite se retrouver un peu perdu au milieu de ces pages en noir, blanc et rouge. Cela ne m'a pas inspiré plus que cela.
Le Scorpion
Le Scorpion, une bd de toute beauté esthétiquement parlant mais qui cache un scénario très tape à l'oeil. J'ai été séduite par le dessin et la colorisation. Ces paysages tout en couleurs chaleureuses et chatoyantes, dignes de dépliants touristiques, sont très agréables à regarder ! La mise en page est assez classique, mais très jolie. Il y a de très belles perspectives, des angles de vue parfois impressionnants, des scènes tout en mouvements du plus bel effet et des arrière-plans très soignés. Le contexte historique également est plutôt intéressant : les guerres de religion, la résistance au christianisme, une lutte de pouvoir entre d'antiques familles italiennes pour renverser l'Eglise en place et assurer par la peur et l'autorité la soumission des hommes à leurs propres lois "de Dieu". Et pour nous sauver de tout ça, une quête pour retrouver la croix de Saint Pierre afin de destituer le méchant Pape en place. Malheureusement, les ingrédients de ce remake des Aventuriers de l'Arche perdue sont attendus et prévisibles : une recherche de la vérité sur un passé obscur, des secrets historiques mal gardés (enfin, pour nos archéologues de pacotille, parce que pour ceux qui cherchent depuis des années voire des siècles en se refilant la patate de génération en génération, c'était mission impossible jusque là semble-t-il...), une haine qui ne trompe personne entre un scorpion et une vipère égyptienne qui passent leur temps au fil des albums à jouer au chat et à la souris (et que je te hais, mais que je t'aide quand même, mais que je te refais un coup de vache, mais que je ruse pour que tu t'en sortes quand même, et que je t'allume et que je te repousse, etc, etc), des gentils indestructibles et des méchants qui visent mal, des complots, des trahisons, des ennemis qui se retrouvent systématiquement aux mêmes endroits comme par miracle, etc, etc. Mais bon, c'est de la fiction après tout, pourquoi pas ? En fin de compte ce qui me gène le plus c'est que cela me laisse le même genre de sentiment d'agacement que pour James Bond, l'histoire pourrait être très prenante, tant par son rythme soutenu que par son contexte et malgré ses clichés, si seulement le héros n'était pas si macho et séducteur. Mais cet espèce de beau gosse tatoué, avec son drame personnel qui va bien, qui tombe les filles comme des mouches, qui se relève de toutes la attaques sans une égratignure ou presque, sûr de lui et de son épée, mais également doté d'un humour irrésistible et incroyablement cultivé et calé en archéologie, cet hidalgo né d'un improbable croisement entre Indiana Jones et Zorro m'exaspère ! Et je ne m'étend pas plus que ça sur les décolletés plongeants des protagonistes de sexe féminin qui sont toutes fort bien gâtées par dame nature et également toutes expertes en technique de séduction. Et puis au bout du compte, je ne suis pas sure d'être vraiment intéressée par l'issue de cette course poursuite...
Katsuhiro Otomo Anthology
Recueil d'histoires courtes publiées à la fin des années 70 et au début des années 80, Katsuhiro Otomo Anthology est très très très très inégal tant au niveau des idées que de la manière dont elles sont développées. J'avoue que dans l'ensemble je suis plutôt déçue par ma lecture, même si 3-4 histoires sont des petits bijoux. Les "Chroniques de la planète Tako" sont, comment dire sans être désobligeante, archi nulles... ! Là on touche vraiment le niveau zéro de ce recueil. Et que dire du "vieil homme et la mer", à part que "un verre (de sake) ça va, trois verres (de sake) : bonjour les dégâts ! ". A côté de ça, on a tout un tas d'histoires moyennes, partant toutefois souvent de bonnes idées mais qui se terminent bizarrement ou qui tout simplement ne semblent pas abouties. J'ai parfois eu l'impression d'être devant ce genre de courts-métrages qui témoignent d'un potentiel certain et d'une imagination remarquable, mais qui sont mal ou pas finis. Cela provoque une certaine frustration, sentiment relativement désagréable quand on voit la mention "the end" et qu'on se dit "ah, bon, heu, et alors ?". "Hair", "Memories", "Les Chevaliers de la Table Ronde" (la palme de l'histoire qui démarrait franchement bien, avec une bonne dose d'humour et qui finit comme... comme un film de 2 heures enregistré sur une VHS de 180 minutes tiens !). On a dans "Sound of Sand" une bonne base pour un récit de science-fiction spatiale, qui aurait mérité d'être exploitée dans une histoire plus longue et plus développée, mais là, en 8 pages, c'est beaucoup trop peu pour être vraiment prenant. Pour finir sur une note positive : j'ai adoré "La Fiole Magique d'Aladin" (très courte histoire mais percutante et sans appel), "Farewell to weapons" (ou comment illustrer à merveille le ridicule de la logique militaire) ou encore "Fire-Ball". Et puis le dessin est tout de même de très très bonne qualité, l'auteur se risque à la mise en couleur dans deux récits : "Flowers" et "Farewell to Weapons" et pour ce dernier, elle est intéressante culturellement parlant car l'auteur s'est "amusé" à l'époque avec le premier système de videocoloriage au Japon. Mais en dehors de ça, le dessin en noir et blanc se suffit largement à lui-même. Si je devais conseiller une oeuvre du même auteur, ce serait sans hésitation Dômu - rêves d'enfants, pas ce présent recueil, plus destiné aux aficionados avérés, à mon avis.
Marseil
Voilà le prologue d'une saga post-atomique française qui paraitra un an plus tard et sera nommée Armalite 16. Au vu de ce seul album préliminaire que j'ai lu, elle ne m'a pas l'air très originale. Sa seule particularité, son décor bien du Sud de la France et des Alpes, avec une ambiance un peu écolo-retour à la nature. Pour le reste, ce sont de banals conflits armés entre résistants et militaires oppresseurs. Le dessin n'est pas mauvais du tout au niveau technique et pour la beauté des compositions. Malheureusement, il n'est pas exempt de défauts à mes yeux. Le premier est la finesse de son encrage qui le rend parfois un peu trop diffus, comme inachevé. Le second concerne les visages des personnages qui sont parfois difficiles à différencier, d'autant qu'il y en a un certain nombre dans ce récit et que les héros ne sont pas les mêmes au cours de l'album. Mais comme leurs traits et leurs comportements se ressemblent, je les ai trop souvent confondus. Et le dernier reproche tient dans la colorisation qui est apparue au bout de quelques rééditions et qui écrase complètement le dessin et lui plaquant des couleurs sans naturel et qui ne tiennent strictement pas compte du graphisme lui-même, tous les objets, personnages et décors étant colorés de la même manière. Mais cela ne serait pas grave si le scénario était plaisant. Hélas, je l'ai trouvé très confus, jamais prenant, souvent trop verbeux et surtout sans rythme. L'intrigue n'est pas originale, les personnages pas attachants, le déroulement assez ennuyeux. J'ai décroché aux deux tiers de l'album et j'ai dû me forcer pour le lire jusqu'au bout.
SinBad
Une petite série d’Arleston qui casse pas des briques. A part peut-être pour la présence d’Alary. Son dessin dynamique est toujours assez agréable quoiqu’un manque de détails se fait parfois ressentir. C’est tout juste divertissant mais tellement vite oublié, il sera sans doute indispensable de relire le premier tome lors de la sortie du second. Enfin, le scénario est tellement bateau pour le moment que ce sera finalement dispensable.
Au fil du rasoir
Je n'ai pas accroché à cette BD. C'est bien dommage car j'apprécie beaucoup le dessin que je trouve maîtrisé, détaillé et doté de couleurs plaisantes. Mais les histoires m'ont ennuyé. Certaines sont simples à comprendre, quoique verbeuses, mais se terminent avant même qu'il s'y instaure quelque chose d'intéressant à mon goût. La majorité des autres sont trop absurdes, oniriques ou poétiques pour être vraiment compréhensibles et elles n'ont vraiment pas su me toucher. Ni humour ni poésie n'ont su m'atteindre par le biais de ces histoires courtes. Et j'ai fini par décrocher avant la fin...
Mon Amie la Poof
Le début est superbe et franchement déjanté, un style que j'apprécie grandement. Seulement voilà, l'histoire tire en longueur et j'ai fini par m'en désintéresser. Il y a même eu un moment où je ne savais plus très bien ce qui se passait, alors plutôt que de revenir en arrière (je n'en ai pas eu le courage) j'ai préféré laisser tomber, même si je m'étais attachée aux personnages de Liv et de Moorad. L'humour devient vite répétitif et du coup moins percutant. Autant parfois certaines séries peuvent paraître trop courtes, autant ici elle aurait gagné à ne s'étaler que sur deux voire trois tomes maximum. Le dessin est bien adapté à l'histoire, tout ces dégradés de gris sont agréables à regarder, Efix va à l'essentiel et c'est très bien, dommage que question scénario il n'ait pas fait pareil.
Les voyages de He Pao
Après la lecture des 2 premiers tomes. Une bonne entame, surtout due au dessin original mais plaisant pour les yeux, qui s'est trouvée mise à mal au fur et à mesure que les pages défilaient. Le scénario m'a paru décousu, comme si il manquait des pages !!! Il y a trop de références à la série initiale Le Moine fou que je n'ai pas lu : peut être que certaines incompréhensions viennent de là... Le dessin est beau dans l'ensemble avec quelques cases superbes mais d'autres moyennes en raison d'une colorisation parfois étrange. Cet emprunt ne se transformera pas en achat. J'en resterai même là pour la lecture de la série, à moins de lire au préalable la série Le Moine fou.
Il était une fois en France
Un pan de l’histoire de France abordé de manière intéressante, vu par les yeux d’un juif roumain. Bon pour les détails sur l’époque on repassera, les auteurs abordent de loin les épisodes de cette période, se centrant davantage sur le héros, son ascension fulgurante en tant que ferrailleur, ses relations avec sa famille, ses intrigues avec les hautes instances, bref son parcours qui le fera devenir un des hommes les plus riches de France. La déception vient en grande partie du personnage principal justement, antipathique au possible, amoral, protégeant ses intérêts propres (il sauve une partie de ses ouvriers, mais c’est pour mieux servir ses affaires, waouh super le résistant). C’est un mafieux et c’est tout, usant de méthodes franchement limites par moment. Présenté comme un personnage aux multiples facettes, je le trouve plat, calculateur et franchement niais par moment. Avec une psychologie au-dessous de 0, son leitmotiv est simple : faire du fric, plus de fric et encore du fric, quitte à mettre sa famille en danger, à se fourvoyer avec des mafieux ou à utiliser des moyens expéditifs… Je ne parle même pas de son fidèle toutou Lucie-Fer, qui a pour le coup complètement oublié le mode *on* de son cerveau. Et bien voilà où se limite l’intérêt de cette bande dessinée, passé ce point fixe sur le personnage, on a un contexte historique rapidement brossé et de multiples flashbacks intéressants mais parfois amenés de manière peu pertinente. J’ai vraiment trouvé les deux tomes peu passionnants, brouillons, avec un sentiment de déjà-vu ou lu.
Zone sinistrée
Cette série me laisse une impression assez mitigée. Objectivement elle est pas mal, mais comme dans Du Grunge en Génétique je trouve qu'elle manque cruellement d'humour, le style graphique de Zalozabal s'y prête parfaitement et cette carence nuit à l'histoire en la rendant moins attrayante. Du coup on ne s'attache pas vraiment aux personnages, qui ne sont pas désagréables mais que ce défaut scénaristique rend forcément moins sympathiques. Le premier tome est assez bon, avec la découverte de ce monde post-apocalyptique, une mystérieuse maladie qui touche les enfants, des jeux vidéos pour le moins étonnants, des magouilles et de l'action. Le second tome fait encore plus la part belle à l'action et n'a pas su retenir toute mon attention.