Je suis fan de l'ami Goossens depuis la première heure. Il est un des rares auteurs à provoquer chez moi des crampes d'estomac au point qu'il m'est impossible de lire ses BD au lit parce j'empêche ma compagne de dormir.
j'ai par conséquent acheté La porte de l'univers les yeux fermés. Et là, c'est le drame.
Serait-ce "la fin des haricots péteurs" ?*
Je n'ose y croire...
* Cf page 1 du récit (page 6 selon la pagination), case 4, la seule qui soit parvenue à m'arracher un sourire. Ça partait pas si mal...
Je signale que j'ai lu l'édition d'origine de cet album, celui paru en 1982 dans la collection Pied Jaloux des Humanos, avec une couverture beaucoup plus attractive ; celle-ci est une réédition qui n'incite pas tellement à la lecture.
De toute façon, ça ne change rien au contenu qui ne m'a absolument pas passionné, il est question de récits courts parus en 1980 et 1981 dans Métal Hurlant, et qui ont pour point commun un vague ton policier et cruel. On retrouve toujours un mode de narration pénible auquel les auteurs sont habitués, sans dialogues mais avec des textes récitatifs, et le dessin de Loustal est encore plus vilain par rapport aux autres Bd que j'ai pu lire de cet auteur, avec un trait épais sans charme, des décors approximatifs et des têtes assez laides. C'est plat, fade et sans aucun intérêt. Bref, j'ai refermé cet album en me disant que je l'oublierai très vite.
Cette BD me laisse un sentiment étrange : commençons par le positif : les dessins sont assez beaux, et la palette de couleurs est vraiment magnifique.
Le problème vient du scenario, qui s'efface quasi complètement au profit du dessin.
Or ce qui fait une BD réussie, c'est la symbiose entre dessin et histoire. Sans l'un ou l'autre, ce n'est plus vraiment une BD. Ici on a le sentiment de voir une exposition artistique d’un peintre new-âge sous acides qui nous décrit par l'image ses multiples trips. C'est beau, mais cela lasse. On dirait du Jodorowski dans tout ce qu'il a de plus caricatural et extrême.
Et on a cela sur plus de 100 pages. L'auteur aurait pour nous raconter la même chose en à peine 20 pages, ce qui sert d'intrigue avance assez peu.
Accessoirement, les personnages sont à peine esquissés : on apprend beaucoup sur les trips du héros, mais on ne sait toujours quasiment rien de lui à la fin du premier tome, si ce n'est qu'il aime fumer de la drogue et jouer sur un synthétiseur. Pour ses mentors c'est pire, on ne sait vraiment rien d'eux, mais ce sont comme par hasard des experts en magie qui vont le former parce qu'ils ont le cœur sur la main....
Bref je ne suis pas jouasse.
MAJ 20/12/2022
Tome 2 : Dans ma critique du tome 1, j'évoquais Jodorowsky. Pour ce second opus on peut ajouter Froideval, le scénario (ou plutôt le ticket de métro sur lequel a été griffonné quelques lignes) se dirige vers une apocalypse qui rappelle fortement les délires les plus gonzos de 666 et 6666 mais sans être drôles, c'est même un plutôt consternant (le bad guy qui souhaite servir l'antéchrist fait manger ses excréments à sa complice pour la punir de ses échecs...). Les défauts que j'ai relevé sont toujours présents, beaucoup d'esbrouffe visuelle et très peu d'avancées dans l'intrigue. On note en plus une certaine volonté un peu nauséabonde de régler des comptes personnels à travers des références "subtiles" : par exemple un personnage d'avocat maléfique, obèse, zoophile et pédophile directement inspiré d'Eric Dupond-Moretti.....
Alors cette fois, je ne comprends même pas que cette bande dessinée ait pu paraître puisqu'elle me semble relever factuellement de la pédopornographie et que, jusqu'à preuve du contraire, la pédopornographie est bel et bien punie par la loi en France. Ou bien est-ce que j'ai raté un truc ?
Maintenant, est-il nécessaire d'en faire tout un débat ? On sait bien que créer une polémique à tout-va ne sert souvent qu'à faire davantage de publicité à la chose qu'on veut dénoncer, et le simple fait que j'ai lu les deux "œuvres" litigieuses de cet obsédé en mal de visibilité le prouve.
Quoiqu'il en soit, il appartiendra à la justice de décider du caractère illégal ou non de ces deux bandes dessinées.
La question soulevée par cette polémique, qui me paraît bien plus intéressante, c'est la question des limites posées à l'art. L'art peut-il tout représenter, et le doit-il ? Est-ce le rôle d'un artiste de transgresser ? La provocation doit-elle nécessairement dépasser les limites ?
Vaste réflexion philosophique à laquelle je n'entends pas répondre en quelques lignes ici. Néanmoins, je trouve que l'art est souvent devenu aujourd'hui le paravent à certaines personnes plus ou moins talentueuses, plus ou moins créatives, pour faire n'importe quoi. On peut dire que l'art n'obéit à aucun code, mais dans ce cas, tout est (ou peut être) art. Du gribouillage fait par ma nièce en 1 minute à la Joconde de Léonard de Vinci. Si on ne considère pas que les deux relèvent de l'art, alors où doit-on poser la limite ?
Pour ma part - et c'est une conception très personnelle que je ne demande à personne de partager -, j'estime qu'un des rôles de l'art devrait être d'élever le lecteur/spectateur. Si l'on en revient à Petit Paul, alors on se heurte à nouveau au problème : qui peut sortir grandi de cette lecture ?
Je ferai appel - une fois n'est pas coutume - à mon auteur fétiche, Oscar Wilde, et à sa définition de l'art dans Le Portrait de Dorian Gray : "L'artiste est un créateur de beauté. Révéler l'art et cacher l'artiste, tel est le but de l'art."
Dans la sinistre polémique qui agite aujourd'hui le monde de la bande dessinée, parle-t-on véritablement des œuvres ? Ne parle-t-on pas plutôt en long, en large, en travers, des obsessions d'un nommé Bastien Vivès qui a utilisé un médium parmi d'autres pour les exprimer ?
Ce que cette longue digression cherche à faire ressortir, c'est tout simplement le fait qu'il me semble que l'auteur de Petit Paul a oublié un élément essentiel : l'art peut être provocateur, ça oui. Mais la provocation n'est pas nécessairement art. Et la provocation sans l'art, c'est le néant...
Là où je vois tout-à-fait le geste provocateur dans cette bande dessinée, j'ai beaucoup de mal à y voir le moindre geste artistique. Et si la bande dessinée ne sert plus à véhiculer un art, et par là même, à élever (ou essayer, c'est déjà pas mal) l'âme de son lecteur, alors elle est vaine et sans avenir. Ce que l'auteur (et malheureusement dessinateur) de Petit Paul met en avant au travers de ce qu'il convient bien d'appeler son œuvre, c'est lui, lui, lui et seulement lui.
Et bien au-delà du débat "pédopornographique ou pas ?" se pose la question qui, pour moi, est essentielle : où se trouve la beauté, dans Petit Paul ? S'il y en a, qu'on me la montre. S'il n'y en a pas, alors où est l'art ? Et s'il n'est pas un artiste, qui est Bastien Vivès ?
La réponse risque de faire très mal...
Bon, j'ai voulu lire cette bande dessinée qui, aujourd'hui, fait tant polémique, pour me rendre compte de l'étendue des dégâts et savoir un peu plus si ce dont on accuse l'auteur est justifié ou non...
Le fait est que je ne crois pas être client de BD érotiques. Je ne lis clairement pas une BD pour ressentir quoi que ce soit dans le slibard, et quand bien même ce serait le cas, Les Melons de la colère vise apparemment un autre but. Le problème, c'est que je ne sais absolument pas quel but vise l'auteur de ce machin... Qui va trouver un quelconque intérêt au fait de voir une grande sœur branler son petit frère ? Est-on vraiment censé trouver cela drôle ?
En ce qui me concerne, c'est bien le problème principal : non seulement je n'ai trouvé ça drôle, mais je n'ai même pas compris ce en quoi ça devrait nous faire rire. C'est d'une platitude aberrante, même pas rehaussée par un dessin sans génie et sans beauté.
Je ne ferai pas le procès à l'auteur de faire l'apologie du viol collectif car ce n'est clairement pas son but, et on voit bien, quand on lit la scène concernée, qu'il ne cherche nullement à en donner une image positive, bien au contraire. Pour la question de l'inceste, humour ou pas humour, je ne sais pas si l'auteur en fait l'apologie ou non, j'ignore s'il laisse libre cours à ses fantasmes ou quoi, mais si c'est le cas, cela relève probablement plus de la psychiatrie que de la justice. S'il ne cherche ni à en faire l'apologie, ni à libérer des fantasmes mal placés, alors je comprends encore moins pourquoi il "s'amuse" (si tant est que cela amuse quelqu'un) à mettre cela en scène.
Tout ce que cette bande dessinée met en avant à mes yeux, c'est juste la piètre étendue de ce que certains appellent "provocation", mais qui ne rime pour moi qu'avec "bêtise" et "nullité". A mon avis, Les Melons de la colère est bête, Les Melons de la colère est nul, Les Melons de la colère est peut-être dégueulasse, obscène, odieux, tout ce que vous voulez qui ne l'encense pas. Mais pour être provocatrice, une œuvre doit encore avoir quelque chose à dire.
Et c'est là que le bât blesse réellement : Les Melons de la colère est envers et contre tout désespérément, complètement, salement vide. Et si l'auteur de cette pénible guignolerie avait profité d'un minimum d'éducation, il aurait su que, quand on a rien à dire, on se tait. Tout simplement.
Aie ! Je risque d’être encore plus sévère que les aviseurs précédents. Ma lecture a été presque laborieuse, heureusement que c’est un one shot, j’aurais craqué sinon.
On suit un personnage solitaire errant, dont on ne sait rien, sinon qu’à la fois il fuit et recherche la compagnie de ses semblables et surtout qu’il semble avoir une haute opinion de lui-même ! Il se sent investi d’une mission (laquelle?), ne supporte pas de côtoyer un serviteur qu’il trouve moche, et une fois la belle séduite, il fuit avant de risquer de devoir torcher des mômes.
Qu’on essaie de glorifier un héros antipathique soit, mais que ce soit bien raconté au moins.
Le récitatif qui décrit chaque vignette est redondant. Et je trouve le style employé particulièrement ampoulé et grandiloquent.
Le dessin est certainement le meilleur de cette bd, quoique…
J’ai aimé les décors et les animaux. En revanche la représentation des humains est nettement moins bonne, surtout dans les visages. Certaines vignettes montrent des problèmes (page 4 en particulier, cet œil de face sur un profil rend le visage bizarre). Je préfère cet auteur dans un style moins réaliste (je pense à Les Aventures de Rififi).
Je ne sais si cette histoire est un condensé de légendes germaniques, mais pour moi, je n’en vois pas l’intérêt, autant puiser directement aux sources.
Ah, dernier détail, à l’époque, on ne mesurait pas les distances en centimètres. Même si c’est dans la voix off, c’est incongru.
J'ai beaucoup de mal avec la plupart des séries qui mettent en jeu des officiers japonais souvent sympas pendant la guerre sino-japonaise ou la WWII.
Je n'ai lu que le premier tome mais je pense m'arrêter là car je ne comprends pas du tout le scénario de Marazano. À mes yeux le conte fantastique (assez succinct) du tome 1 ne sert que d'introduction au côté historique de l'histoire.
Marazano nous présente un débarquement japonais dans une ville paisible sans aucune destruction où la population chinoise fait benoîtement son marché de poissons. Suit une petite fille et un grand-père capables d'argumenter paisiblement (en japonais ?) avec une patrouille assez cool.
Le must étant le bel officier "idéaliste" qui protège contre ses propres soldats le gentil pêcheur ! Pour moi on ne peut pas faire plus guimauve ! La réalité historique fut tout autre. Shangaï fut durement bombardée pendant 10 jours avant le débarquement, les combats dans la ville y furent très violents au début (Il y avait déjà une garnison japonaise dans leur concession).
Tout conte est porteur d'une morale et ici je ne comprends pas ce que l'auteur essaye de nous faire passer comme message.
Le graphisme est très bon même si je retrouve des attitudes manga dans les personnages, ce que je ne goûte guère. Le dragon est sympa mais donne l'impression d'un animal de compagnie cajolé par la petite Yin.
Une très belle mise en couleur n'arrivera pas à me faire continuer cette série.
Alors, avec Baldazzini, j'en prends j'en laisse, et même j'en laisse plus que je n'en prends, ses Bd ne m'attirent absolument pas, c'est dommage qu'il verse dans une telle perversion car son dessin est de qualité.
On m'a mis cet album dans les mains, j'étais réticent et je l'ai plus regardé que lu parce que ce que j'y vois visuellement, ne m'excite absolument pas, ce n'est pas ce que j'aime dans la BD érotique. Baldazzini a toujours son obsession des transexuels, j'ai déja dit tout ce que j'en pensais sur son immonde Casa HowHard, et ici, c'est sans doute encore pire, on est dans du porno de bas étage, je préférais carrément les pocket Elvifrance, là au moins il y avait de quoi s'émoustiller, aussi je n'arrive pas à comprendre le succès de cet auteur avec de telles Bd, mais je suppose qu'il y a un public pour ce genre de bande, en tout cas je n'en fais pas partie et n'en ferai jamais partie.
Encore une série dédiée exclusivement aux ados (plutôt filles).
Dans un univers très américanisé on retrouve le classique mille fois vu de la nouvelle qui bouleverse la vie bien réglée du lycée.
Cela part dans une histoire de changement de personnalité à la demande de l'héroïne avec une bande de copines/ains superficielle au possible.
J'y ai retrouvé tous les clichés usés jusqu'à la corde comme la peinture des profs sympas/ antipathiques.
Le graphisme très enfantin à mon goût ne rattrape pas le scénario. Des extérieurs style maisons de constructions en plastique pour enfants, des ados tous sur le même modèle de poupées à la mode.
Une série vraiment pas faite pour moi. Je me suis ennuyé dès les premières pages.
Les récits courts de Moebius dans Métal Hurlant, je n'y ai que rarement adhéré, je ne suis pas friand de ses récits oniriques et de SF où il balance des personnages dans des univers bizarres ou des lieux de nulle part, où il n'y a rien à comprendre et qui ne présentent pas un intérêt narratif ou qualitatif pour moi.
Or ici, ce recueil est à peu près comme les autres, avec peut-être des récits moins zarb que d'habitude, mais aux propos quand même abscons parfois, et surtout n'ayant pas d'attractivité ; ça ne me détend pas, ça ne m'amuse pas, ça me laisse complètement indifférent. De toute façon, j'ai toujours préféré la facette Giraud à celle de Moebius. D'autre part, ces récits parus dans Métal Hurlant entre 1977 et 1980 ne sont pas vraiment des récits de jeunesse, vu qu'avant cette période, il avait déja fait Arzach et "Major Fatal", où il avait déja imposé son style graphique et scénaristique, il n'est donc pas excusable sur le plan d'une Bd immature, c'est tout simplement pas intéressant.
Certains de ces récits comme la Citadelle aveugle, sont déja parus dans d'autres recueils, c'est donc un album à vocation commerciale qui ne présente rien de bien nouveau et rien de surprenant ou d'agréable pour me faire aimer Moebius, dont le dessin est typique de son auteur, c'est à dire trop simplifié, trop épuré, bah c'est pas que c'est vilain, au contraire, mais décidément, pour moi, Moebius est bien meilleur quand il fait du Giraud sur Blueberry.
En France, les livres sont au même prix partout. C'est la loi !
Avec BDfugue, vous payez donc le même prix qu'avec les géants de la vente en ligne mais pour un meilleur service :
des promotions et des goodies en permanence
des réceptions en super état grâce à des cartons super robustes
une équipe joignable en cas de besoin
2. C'est plus avantageux pour nous
Si BDthèque est gratuit, il a un coût.
Pour financer le service et le faire évoluer, nous dépendons notamment des achats que vous effectuez depuis le site. En effet, à chaque fois que vous commencez vos achats depuis BDthèque, nous touchons une commission. Or, BDfugue est plus généreux que les géants de la vente en ligne !
3. C'est plus avantageux pour votre communauté
En choisissant BDfugue plutôt que de grandes plateformes de vente en ligne, vous faites la promotion du commerce local, spécialisé, éthique et indépendant.
Meilleur pour les emplois, meilleur pour les impôts, la librairie indépendante promeut l'émergence des nouvelles séries et donc nos futurs coups de cœur.
Chaque commande effectuée génère aussi un don à l'association Enfance & Partage qui défend et protège les enfants maltraités. Plus d'informations sur bdfugue.com
Pourquoi Cultura ?
Indépendante depuis sa création en 1998, Cultura se donne pour mission de faire vivre et aimer la culture.
La création de Cultura repose sur une vision de la culture, accessible et contributive. Nous avons ainsi considéré depuis toujours notre responsabilité sociétale, et par conviction, développé les pratiques durables et sociales. C’est maintenant au sein de notre stratégie de création de valeur et en accord avec les Objectifs de Développement Durable que nous déployons nos actions. Nous traitons avec lucidité l’impact de nos activités, avec une vision de long terme. Mais agir en responsabilité implique d’aller bien plus loin, en contribuant positivement à trois grands enjeux de développement durable.
Nos enjeux environnementaux
Nous sommes résolument engagés dans la réduction de notre empreinte carbone, pour prendre notre part dans la lutte contre le réchauffement climatique et la préservation de la planète.
Nos enjeux culturels et sociétaux
La mission de Cultura est de faire vivre et aimer la culture. Pour cela, nous souhaitons stimuler la diversité des pratiques culturelles, sources d’éveil et d’émancipation.
Nos enjeux sociaux
Nous accordons une attention particulière au bien-être de nos collaborateurs à la diversité, l’inclusion et l’égalité des chances, mais aussi à leur épanouissement, en encourageant l’expression des talents artistiques.
Votre vote
La Porte de l'univers
Je suis fan de l'ami Goossens depuis la première heure. Il est un des rares auteurs à provoquer chez moi des crampes d'estomac au point qu'il m'est impossible de lire ses BD au lit parce j'empêche ma compagne de dormir. j'ai par conséquent acheté La porte de l'univers les yeux fermés. Et là, c'est le drame. Serait-ce "la fin des haricots péteurs" ?* Je n'ose y croire... * Cf page 1 du récit (page 6 selon la pagination), case 4, la seule qui soit parvenue à m'arracher un sourire. Ça partait pas si mal...
Clichés d'amour
Je signale que j'ai lu l'édition d'origine de cet album, celui paru en 1982 dans la collection Pied Jaloux des Humanos, avec une couverture beaucoup plus attractive ; celle-ci est une réédition qui n'incite pas tellement à la lecture. De toute façon, ça ne change rien au contenu qui ne m'a absolument pas passionné, il est question de récits courts parus en 1980 et 1981 dans Métal Hurlant, et qui ont pour point commun un vague ton policier et cruel. On retrouve toujours un mode de narration pénible auquel les auteurs sont habitués, sans dialogues mais avec des textes récitatifs, et le dessin de Loustal est encore plus vilain par rapport aux autres Bd que j'ai pu lire de cet auteur, avec un trait épais sans charme, des décors approximatifs et des têtes assez laides. C'est plat, fade et sans aucun intérêt. Bref, j'ai refermé cet album en me disant que je l'oublierai très vite.
Le Troisième Oeil
Cette BD me laisse un sentiment étrange : commençons par le positif : les dessins sont assez beaux, et la palette de couleurs est vraiment magnifique. Le problème vient du scenario, qui s'efface quasi complètement au profit du dessin. Or ce qui fait une BD réussie, c'est la symbiose entre dessin et histoire. Sans l'un ou l'autre, ce n'est plus vraiment une BD. Ici on a le sentiment de voir une exposition artistique d’un peintre new-âge sous acides qui nous décrit par l'image ses multiples trips. C'est beau, mais cela lasse. On dirait du Jodorowski dans tout ce qu'il a de plus caricatural et extrême. Et on a cela sur plus de 100 pages. L'auteur aurait pour nous raconter la même chose en à peine 20 pages, ce qui sert d'intrigue avance assez peu. Accessoirement, les personnages sont à peine esquissés : on apprend beaucoup sur les trips du héros, mais on ne sait toujours quasiment rien de lui à la fin du premier tome, si ce n'est qu'il aime fumer de la drogue et jouer sur un synthétiseur. Pour ses mentors c'est pire, on ne sait vraiment rien d'eux, mais ce sont comme par hasard des experts en magie qui vont le former parce qu'ils ont le cœur sur la main.... Bref je ne suis pas jouasse. MAJ 20/12/2022 Tome 2 : Dans ma critique du tome 1, j'évoquais Jodorowsky. Pour ce second opus on peut ajouter Froideval, le scénario (ou plutôt le ticket de métro sur lequel a été griffonné quelques lignes) se dirige vers une apocalypse qui rappelle fortement les délires les plus gonzos de 666 et 6666 mais sans être drôles, c'est même un plutôt consternant (le bad guy qui souhaite servir l'antéchrist fait manger ses excréments à sa complice pour la punir de ses échecs...). Les défauts que j'ai relevé sont toujours présents, beaucoup d'esbrouffe visuelle et très peu d'avancées dans l'intrigue. On note en plus une certaine volonté un peu nauséabonde de régler des comptes personnels à travers des références "subtiles" : par exemple un personnage d'avocat maléfique, obèse, zoophile et pédophile directement inspiré d'Eric Dupond-Moretti.....
Petit Paul
Alors cette fois, je ne comprends même pas que cette bande dessinée ait pu paraître puisqu'elle me semble relever factuellement de la pédopornographie et que, jusqu'à preuve du contraire, la pédopornographie est bel et bien punie par la loi en France. Ou bien est-ce que j'ai raté un truc ? Maintenant, est-il nécessaire d'en faire tout un débat ? On sait bien que créer une polémique à tout-va ne sert souvent qu'à faire davantage de publicité à la chose qu'on veut dénoncer, et le simple fait que j'ai lu les deux "œuvres" litigieuses de cet obsédé en mal de visibilité le prouve. Quoiqu'il en soit, il appartiendra à la justice de décider du caractère illégal ou non de ces deux bandes dessinées. La question soulevée par cette polémique, qui me paraît bien plus intéressante, c'est la question des limites posées à l'art. L'art peut-il tout représenter, et le doit-il ? Est-ce le rôle d'un artiste de transgresser ? La provocation doit-elle nécessairement dépasser les limites ? Vaste réflexion philosophique à laquelle je n'entends pas répondre en quelques lignes ici. Néanmoins, je trouve que l'art est souvent devenu aujourd'hui le paravent à certaines personnes plus ou moins talentueuses, plus ou moins créatives, pour faire n'importe quoi. On peut dire que l'art n'obéit à aucun code, mais dans ce cas, tout est (ou peut être) art. Du gribouillage fait par ma nièce en 1 minute à la Joconde de Léonard de Vinci. Si on ne considère pas que les deux relèvent de l'art, alors où doit-on poser la limite ? Pour ma part - et c'est une conception très personnelle que je ne demande à personne de partager -, j'estime qu'un des rôles de l'art devrait être d'élever le lecteur/spectateur. Si l'on en revient à Petit Paul, alors on se heurte à nouveau au problème : qui peut sortir grandi de cette lecture ? Je ferai appel - une fois n'est pas coutume - à mon auteur fétiche, Oscar Wilde, et à sa définition de l'art dans Le Portrait de Dorian Gray : "L'artiste est un créateur de beauté. Révéler l'art et cacher l'artiste, tel est le but de l'art." Dans la sinistre polémique qui agite aujourd'hui le monde de la bande dessinée, parle-t-on véritablement des œuvres ? Ne parle-t-on pas plutôt en long, en large, en travers, des obsessions d'un nommé Bastien Vivès qui a utilisé un médium parmi d'autres pour les exprimer ? Ce que cette longue digression cherche à faire ressortir, c'est tout simplement le fait qu'il me semble que l'auteur de Petit Paul a oublié un élément essentiel : l'art peut être provocateur, ça oui. Mais la provocation n'est pas nécessairement art. Et la provocation sans l'art, c'est le néant... Là où je vois tout-à-fait le geste provocateur dans cette bande dessinée, j'ai beaucoup de mal à y voir le moindre geste artistique. Et si la bande dessinée ne sert plus à véhiculer un art, et par là même, à élever (ou essayer, c'est déjà pas mal) l'âme de son lecteur, alors elle est vaine et sans avenir. Ce que l'auteur (et malheureusement dessinateur) de Petit Paul met en avant au travers de ce qu'il convient bien d'appeler son œuvre, c'est lui, lui, lui et seulement lui. Et bien au-delà du débat "pédopornographique ou pas ?" se pose la question qui, pour moi, est essentielle : où se trouve la beauté, dans Petit Paul ? S'il y en a, qu'on me la montre. S'il n'y en a pas, alors où est l'art ? Et s'il n'est pas un artiste, qui est Bastien Vivès ? La réponse risque de faire très mal...
Les Melons de la colère
Bon, j'ai voulu lire cette bande dessinée qui, aujourd'hui, fait tant polémique, pour me rendre compte de l'étendue des dégâts et savoir un peu plus si ce dont on accuse l'auteur est justifié ou non... Le fait est que je ne crois pas être client de BD érotiques. Je ne lis clairement pas une BD pour ressentir quoi que ce soit dans le slibard, et quand bien même ce serait le cas, Les Melons de la colère vise apparemment un autre but. Le problème, c'est que je ne sais absolument pas quel but vise l'auteur de ce machin... Qui va trouver un quelconque intérêt au fait de voir une grande sœur branler son petit frère ? Est-on vraiment censé trouver cela drôle ? En ce qui me concerne, c'est bien le problème principal : non seulement je n'ai trouvé ça drôle, mais je n'ai même pas compris ce en quoi ça devrait nous faire rire. C'est d'une platitude aberrante, même pas rehaussée par un dessin sans génie et sans beauté. Je ne ferai pas le procès à l'auteur de faire l'apologie du viol collectif car ce n'est clairement pas son but, et on voit bien, quand on lit la scène concernée, qu'il ne cherche nullement à en donner une image positive, bien au contraire. Pour la question de l'inceste, humour ou pas humour, je ne sais pas si l'auteur en fait l'apologie ou non, j'ignore s'il laisse libre cours à ses fantasmes ou quoi, mais si c'est le cas, cela relève probablement plus de la psychiatrie que de la justice. S'il ne cherche ni à en faire l'apologie, ni à libérer des fantasmes mal placés, alors je comprends encore moins pourquoi il "s'amuse" (si tant est que cela amuse quelqu'un) à mettre cela en scène. Tout ce que cette bande dessinée met en avant à mes yeux, c'est juste la piètre étendue de ce que certains appellent "provocation", mais qui ne rime pour moi qu'avec "bêtise" et "nullité". A mon avis, Les Melons de la colère est bête, Les Melons de la colère est nul, Les Melons de la colère est peut-être dégueulasse, obscène, odieux, tout ce que vous voulez qui ne l'encense pas. Mais pour être provocatrice, une œuvre doit encore avoir quelque chose à dire. Et c'est là que le bât blesse réellement : Les Melons de la colère est envers et contre tout désespérément, complètement, salement vide. Et si l'auteur de cette pénible guignolerie avait profité d'un minimum d'éducation, il aurait su que, quand on a rien à dire, on se tait. Tout simplement.
L'Hymne à la forêt
Aie ! Je risque d’être encore plus sévère que les aviseurs précédents. Ma lecture a été presque laborieuse, heureusement que c’est un one shot, j’aurais craqué sinon. On suit un personnage solitaire errant, dont on ne sait rien, sinon qu’à la fois il fuit et recherche la compagnie de ses semblables et surtout qu’il semble avoir une haute opinion de lui-même ! Il se sent investi d’une mission (laquelle?), ne supporte pas de côtoyer un serviteur qu’il trouve moche, et une fois la belle séduite, il fuit avant de risquer de devoir torcher des mômes. Qu’on essaie de glorifier un héros antipathique soit, mais que ce soit bien raconté au moins. Le récitatif qui décrit chaque vignette est redondant. Et je trouve le style employé particulièrement ampoulé et grandiloquent. Le dessin est certainement le meilleur de cette bd, quoique… J’ai aimé les décors et les animaux. En revanche la représentation des humains est nettement moins bonne, surtout dans les visages. Certaines vignettes montrent des problèmes (page 4 en particulier, cet œil de face sur un profil rend le visage bizarre). Je préfère cet auteur dans un style moins réaliste (je pense à Les Aventures de Rififi). Je ne sais si cette histoire est un condensé de légendes germaniques, mais pour moi, je n’en vois pas l’intérêt, autant puiser directement aux sources. Ah, dernier détail, à l’époque, on ne mesurait pas les distances en centimètres. Même si c’est dans la voix off, c’est incongru.
Yin et le dragon
J'ai beaucoup de mal avec la plupart des séries qui mettent en jeu des officiers japonais souvent sympas pendant la guerre sino-japonaise ou la WWII. Je n'ai lu que le premier tome mais je pense m'arrêter là car je ne comprends pas du tout le scénario de Marazano. À mes yeux le conte fantastique (assez succinct) du tome 1 ne sert que d'introduction au côté historique de l'histoire. Marazano nous présente un débarquement japonais dans une ville paisible sans aucune destruction où la population chinoise fait benoîtement son marché de poissons. Suit une petite fille et un grand-père capables d'argumenter paisiblement (en japonais ?) avec une patrouille assez cool. Le must étant le bel officier "idéaliste" qui protège contre ses propres soldats le gentil pêcheur ! Pour moi on ne peut pas faire plus guimauve ! La réalité historique fut tout autre. Shangaï fut durement bombardée pendant 10 jours avant le débarquement, les combats dans la ville y furent très violents au début (Il y avait déjà une garnison japonaise dans leur concession). Tout conte est porteur d'une morale et ici je ne comprends pas ce que l'auteur essaye de nous faire passer comme message. Le graphisme est très bon même si je retrouve des attitudes manga dans les personnages, ce que je ne goûte guère. Le dragon est sympa mais donne l'impression d'un animal de compagnie cajolé par la petite Yin. Une très belle mise en couleur n'arrivera pas à me faire continuer cette série.
Beba
Alors, avec Baldazzini, j'en prends j'en laisse, et même j'en laisse plus que je n'en prends, ses Bd ne m'attirent absolument pas, c'est dommage qu'il verse dans une telle perversion car son dessin est de qualité. On m'a mis cet album dans les mains, j'étais réticent et je l'ai plus regardé que lu parce que ce que j'y vois visuellement, ne m'excite absolument pas, ce n'est pas ce que j'aime dans la BD érotique. Baldazzini a toujours son obsession des transexuels, j'ai déja dit tout ce que j'en pensais sur son immonde Casa HowHard, et ici, c'est sans doute encore pire, on est dans du porno de bas étage, je préférais carrément les pocket Elvifrance, là au moins il y avait de quoi s'émoustiller, aussi je n'arrive pas à comprendre le succès de cet auteur avec de telles Bd, mais je suppose qu'il y a un public pour ce genre de bande, en tout cas je n'en fais pas partie et n'en ferai jamais partie.
Elles (Le Lombard)
Encore une série dédiée exclusivement aux ados (plutôt filles). Dans un univers très américanisé on retrouve le classique mille fois vu de la nouvelle qui bouleverse la vie bien réglée du lycée. Cela part dans une histoire de changement de personnalité à la demande de l'héroïne avec une bande de copines/ains superficielle au possible. J'y ai retrouvé tous les clichés usés jusqu'à la corde comme la peinture des profs sympas/ antipathiques. Le graphisme très enfantin à mon goût ne rattrape pas le scénario. Des extérieurs style maisons de constructions en plastique pour enfants, des ados tous sur le même modèle de poupées à la mode. Une série vraiment pas faite pour moi. Je me suis ennuyé dès les premières pages.
La Citadelle Aveugle
Les récits courts de Moebius dans Métal Hurlant, je n'y ai que rarement adhéré, je ne suis pas friand de ses récits oniriques et de SF où il balance des personnages dans des univers bizarres ou des lieux de nulle part, où il n'y a rien à comprendre et qui ne présentent pas un intérêt narratif ou qualitatif pour moi. Or ici, ce recueil est à peu près comme les autres, avec peut-être des récits moins zarb que d'habitude, mais aux propos quand même abscons parfois, et surtout n'ayant pas d'attractivité ; ça ne me détend pas, ça ne m'amuse pas, ça me laisse complètement indifférent. De toute façon, j'ai toujours préféré la facette Giraud à celle de Moebius. D'autre part, ces récits parus dans Métal Hurlant entre 1977 et 1980 ne sont pas vraiment des récits de jeunesse, vu qu'avant cette période, il avait déja fait Arzach et "Major Fatal", où il avait déja imposé son style graphique et scénaristique, il n'est donc pas excusable sur le plan d'une Bd immature, c'est tout simplement pas intéressant. Certains de ces récits comme la Citadelle aveugle, sont déja parus dans d'autres recueils, c'est donc un album à vocation commerciale qui ne présente rien de bien nouveau et rien de surprenant ou d'agréable pour me faire aimer Moebius, dont le dessin est typique de son auteur, c'est à dire trop simplifié, trop épuré, bah c'est pas que c'est vilain, au contraire, mais décidément, pour moi, Moebius est bien meilleur quand il fait du Giraud sur Blueberry.