Ys

Note: 3.5/5
(3.5/5 pour 2 avis)

Dahud, fille unique du roi Gradlon, tente de préserver Ys, cité libre et progressiste, de la religion chrétienne. Une vision contemporaine et graphiquement sublime du célèbre mythe de la cité engloutie…


Mirages Mythologie celtique

Parti combattre, le roi Gradlon s’éprend d’une reine guerrière qui meurt en accouchant de leur fille. Inconsolable, il se désintéresse de tout, jusqu’à sa rencontre avec un ermite chrétien qui le convainc d’embrasser sa foi. Hostile à cette religion patriarcale, sa fille Dahud s’exile à Ys, la cité que son père a bâti pour elle. Mais les ambitions de vie alternative que la jeune femme y développe rencontrent rapidement l’hostilité de l’homme d’église...

Scénariste
Dessinateur
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution 19 Septembre 2018
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série Ys
Les notes (2)
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14/11/2018 | PAco
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Par Erik
Note: 4/5
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Ys, c’est l’histoire d’une ville bretonne qui a été jadis engloutie par la mer dans les légendes celtiques. On a jamais su si elle avait réellement existé. Il faut dire que les mythes liés à l’engloutissement de brillantes civilisations ont eu la cote par le passé si on se réfère à l’Atlantide ou encore à Mû. J’ai bien aimé ce récit rythmé même s’il a pris une tournure pour le moins inattendue où le père veuf laisse le flambeau à sa fille. L’originalité est d’avoir introduit la religion chrétienne qui combat l’ensemble des divinités celtiques à une époque barbare où les vikings font des ravages. Il est vrai que ce n’est pas la première fois qu’une telle thématique s’impose dans les mythes arthuriens mais c’est plutôt bien pensé avec une construction logique. A la fin, je n’ai pas vraiment tout à fait compris l’histoire de cette clé mystérieuse, ni l’identité de l’homme faussement amoureux qui conduit tout ce monde à sa perte à moins que cela ne soit le diable lui-même. Comme dit, j’ai beaucoup aimé. Je retiens surtout une véritable légende bretonne avec une réelle patte de modernité qui fait du bien car cela dépoussière un peu. Vivement la nouvelle bd loin de ses vieux schnocks !

21/01/2019 (modifier)
Par PAco
Note: 3/5
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Annaïg et Loïc Sécheresse nous proposent de revisiter une des légendes bretonne les plus populaire : Ys. A l'origine, cette légende met surtout en valeur le rôle des évangélisateurs bretons face aux péchés commis par les habitants de la ville qui sera engloutie pour toute punition. Et c'est là toute l'habileté du scénario d'Annaïg que de nous proposer une lecture très contemporaine de ce mythe à travers des personnages très réussis. Que ce soit Gradlon, ce père mortifié par le décès de celle qui donna naissance à leur enfant, Dahut, sa fille fervente défenseure des croyances ancestrales mais également fer de lance de l'émancipation des femmes dans sa ville et enfin Corentin, ce moine qui sortira Gradlon de sa torpeur morbide mais au prix d'une évangélisation rigide de sa ville. Mais revenons à l'histoire avant tout. Le roi Gradlon est parti avec son armée guerroyer dans le nord. Son armée se fait décimer et c'est en combattant leur reine qu'il finit par tomber amoureux de celle-ci. Ils fuient ensemble avec son bateau. Malgwenn tombe enceinte et mourra des suites de l'accouchement en mer. Gradlon inconsolable rentre en son royaume grâce au cheval magique Morvark, capable de marcher sur l'eau. Mais malgré la joie de son peuple d'avoir retrouvé son roi Gradlon n'a plus goût à la vie et délaisse les affaires de son royaume. C'est finalement en croisant le chemin du moine Corentin et de son étrange nouvelle religion monothéiste qu'il va petit à petit reprendre goût à la vie. Sauf que ce Corentin va commencer à prendre de plus en plus de place dans la vie de la cité et d'emprise sur le roi pour imposer sa religion. Dahut qui a bien grandit ne l'entend pas de cette oreille. Pour répondre à ses remarques Gradlon lui offre Ys, ville qu'il a fait construire en cachette. Dahut est ravie et devient la souveraine de cette citée restée fidèle aux anciennes croyances et à la magie. Mais cela ne va forcément pas plaire à Corentin qui va tout faire pour faire revenir la jeunesse qui a pris fait et cause pour Dahut dans le giron du christianisme. La lutte entre les deux cités, l'une symbole de liberté et l'autre de rigidité va monter en puissance jusqu'au drame final... Malgré une histoire des plus connue Annaïg a su trouver un fil narratif vivifiant porté par ses personnages en lui redonnant un coup de neuf des plus intéressant. Que ce soit le poids des croyances ou du pouvoir, la place des femmes ainsi que la relation filiale, on aborde des sujets universels et toujours d'actualité et c'est sans doute le tour de force de cet album que d'y parvenir si justement. Le tout est porté par le dessin très marqué et personnel de Loïc Sécheresse qui pourra je l'accorde ne pas plaire à tout le monde. Son coup de crayon énergique, tout en courbes et lignes de force, rehaussé de couleurs saturées est pourtant d'une grande expressivité et sert parfaitement le récit. Une adaptation intelligente et originale à découvrir !

14/11/2018 (modifier)