J'aime bien les histoires qui dissimulent le mystère et cachent des secrets enfouis, ce douloureux récit évoque des heures sombres autour d'une plantation en Louisiane au XIXème siècle peu avant la guerre de Sécession, avec un parfum d'Autant en emporte le vent, roman qui est évoqué surtout au début. Tout s'articule autour de l'esclavagisme qui constitue le sujet principal, même si d'autres thématiques viennent se greffer dessus, ainsi que la condition des esclaves par leurs propriétaires.
Des sujets comme ça sentent le déjà vu, mais les auteurs ont la manière de revisiter ce thème de façon intéressante, en prenant une allure de saga familiale qui suit les générations, avec une petite incursion fantastique liée à la pratique du vaudou et des morts violentes que ça entraine. J'ai encore en mémoire, parce que je l'ai vu assez jeune, le méga feuilleton télévisé Racines, d'après le livre d'Alex Haley que j'ai lu étant ado et qui racontait la façon impitoyable qu'avaient certains Blancs de traiter leurs esclaves ; je l'ai vu de façon encore plus effroyable dans le film Mandingo de Richard Fleischer qui donnait une vision très âpre et probablement la plus authentique sur la condition des esclaves dans les plantations, avec en plus une mixité très audacieuse entre maîtres et esclaves un peu comme dans cette Bd qui m'a beaucoup rappelé ce film édifiant. Depuis, il y a eu Django unchained de Tarantino, et Twelve years a slave en 2013 qui embrayent sur les mêmes thématiques, de même qu'on pense aussi à la Couleur pourpre de Spielberg ; comme on le voit, les références cinématographiques sont nombreuses.
Il fallait donc que les auteurs ne se laissent pas intimider par toutes ces références et parviennent à captiver le lecteur tout en s'étant sans aucun doute nourri de toutes ces références. Le scénario est bien ficelé et s'aventure au coeur d'une société raciste, violente et très dure, où les hommes ont tous les droits y compris sur leurs propres femmes, la narration est fluide et très habile, le récit est passionnant et se plait à distiller révélations et rebondissements dans une ambiance générale d'une grande puissance. Le seul détail qui m'a surpris, c'est le changement de caractère de Joséphine d'un album à l'autre, mais ce n'est pas bien grave. Et quand c'est servi par un dessin de qualité, ça aide à rentrer dans cette histoire ; en effet, le dessin de Gontran Toussaint rend à merveille tous les cheminements de ce drame, de même qu'il réussit à bien faire vieillir ses personnages au fil du temps qui passe, détail assez rare. C'est un dessin soigné qui lorgne vers le style de Steve Cuzor sur O'Boys ou celui de Michel Rouge, 2 dessinateurs que j'apprécie... pour moi c'est donc une excellente Bd.
Aaah une bonne surprise et découverte!
Attirée par la couverture et par son synopsis, je l’ai acheté un peu sur un coup de tête! Je n’ai pas du tout regretté cet argent dépensé.
Pilu des bois , nous raconte l’histoire d’une jeune enfant du nom de Willow. Elle a malheureusement perdu sa mère pour une raison inconnue dans le livre. Elle est maintenant avec sa sœur et son père , après s’être défendue suite à une intimidation à l’école , elle se dispute violemment avec sa grande sœur. La jeune fille va donc s’enfuir dans la forêt et y rencontrer une habitante de cette dernière. Toutes les deux partagent plein de point communs ! Elles sont toutes les deux , des monstres en elles qui sont une métaphore des émotions qu’on cache et qu’on ne montre pas.
On y apprendra au fil de cet ouvrage plein de choses sur la forêt et même des recettes !
Le dessin est vraiment mais alors vraiment réussi ! Cela fait très japonais et je suis totalement fan , le personnage principal ainsi que Pilu sont extrêmement mignons avec un design réussi. Les décors ont aussi un certain charme !
Une belle morale sur le fait de ne pas avoir honte de cacher ses émotions mais aussi sur le deuil . Une belle réussite ! J’ai beaucoup aimé cette BD ! Je vous la conseille.
J'ai découvert Lucien il y a peu de temps, en lisant un lot du défunt magazine"Metal Hurlant" où il tenait (entre autres) la vedette.
La curiosité l'a emporté, et j'ai lu les tomes 1 à 8.
C'est donc sur la série originale, et non la suite sortie une décennie plus tard sous le label métal hurlant, mettant en scène nos héros âgés et sacrément vieillis, que je donne mon opinion.
Comme l'ont si bien indiqués les précédents avis, les albums mettent en scène une bande de potes de banlieue, un (petit) peu roublards, mais ayant toujours bon fond, dans la banlieue parisienne de Malakoff.
Les albums sont un mélange entre gags courts, gags semi-longs (4-8 pages), et histoires complètes.
Ce qui est le plus fascinant dans ces albums, c'est qu'ils dépeignent un univers extrêmement réaliste, et offrent un côté un peu archéologique au-delà des gags , qui rend déjà l'ensemble bougrement sympathique, car on découvre un monde qui a totalement disparu, à tous les niveaux : automobile, technologique, architectural...Par exemple on découvre que les salons de BD / Fanzines se tenaient dans une gare désaffectée à Paris, depuis rasée pour faire place à l'Opéra Bastille. A travers les (més)aventures et les rêves de nos anti-héros, c'est véritablement une fenêtre sur le passé qui s'ouvre à nous.
Niveau gag et graphique, les deux premiers albums sont franchement inégaux, on sent que l'auteur se cherchait encore, la série ne s'appelait d'ailleurs pas encore Lucien, mais Rickie Banlieue.
Ensuite à partir du tome 3, tout se met en place, et cela va crescendo : tout n'est pas hilarant, mais on sourit beaucoup. Certains gags sont même très osés pour l'époque (un gag semi-long sur des potes de Lucien qui font un mini-traffic de cocaine avec une chute extraordinaire qui vaut son pesant de poudre). Les deux derniers tomes, les 7 et 8, sont les plus aboutis, car s'agissant d'histoires complètes : le 7 nous montre nos banlieusards découvrant les USA, blindé d'anecdotes plutôt touchantes, le 8 use comme prétexte la visite d'une course de motos pour faire un festival de gags tous plus hilarants les uns que les autres (là on fait plus que sourire).
Je ne peux que recommander
Chihuahua, c'est l'histoire de trois enfants qui font leur rentrée des classes. La particularité, c'est qu'un seul de ces enfants est un humain normal et que l'école en question est une école de monstres en tous genres. Aussi, quand le petit Paul découvre cela avec horreur, il est obligé de se faire passer pour un loup-garou incognito s'il ne veut pas se faire dévorer par ses nouveaux camarades de classe.
Cette série est une réalisation commune de quatre auteurs : Trondheim, Nob, Obion et Pascal Jousselin. Ces quatre là ont participé à L'Atelier Mastodonte et reprennent ici le même principe d'un ouvrage commun, une sorte de cadavre exquis où chaque auteur alterne une page et reprend les idées avancées par les autres sur les pages précédentes.
Et le résultat est très réjouissant. Les graphismes de chacun se marient bien, que ce soit le style humoristique de Trondheim, le style pince-sans-rire de Jousselin, ou les styles à la fois beaux et drôles d'Obion et de Nob. Ce sont des planches qui donnent envie d'être lues.
Les personnages sont bons et offrent pas mal de possibilités d'évolution du récit. Ce n'est pas aussi drôle que L'Atelier Mastodonte et le concept d'une école de monstres est un peu déjà vu, mais c'est très amusant quand même. J'aime quand les auteurs répondent aux idées des autres en apportant leurs propres idées et blagues supplémentaires.
On sent qu'ils se font plaisir et ça donne un résultat certes pas hilarant mais qu'on suit avec grand plaisir, qu'on soit adulte ou plus jeune. S'il y a une suite, je serais ravi de la lire.
Tout comme j'avais adoré Nymphéas noirs adapté d'un roman de Michel Bussi par Fred Duval, j'ai également beaucoup aimé "Un avion sans elle" dont le titre original inspiré d'une chanson de Charlélie Couture attisait déjà ma curiosité.
Ce polar se déroule fin 1998, au 18e anniversaire de Lylie dont le détective Crédule doit livrer les conclusions de son enquête aux familles sur l'identité de cette jeune fille ayant atteint sa majorité, seule rescapée du crash de 1980.
L'histoire alterne le présent et les différentes étapes chronologiques de son enquête traversant les montagnes Jurassiennes ou les plages Dieppoises, ainsi que quelques événements historiques (Mitterrand arrivant au pouvoir en mai 81 ou le 1/4 de finale de la Coupe du Monde de foot France-Brésil en juin 86...) en semant des indices et des rebondissements chers à tout thriller qui se respecte !
Le tout m'a tenu en haleine jusqu'à la révélation finale où tout s'explique, sous le charme de la beauté graphique aux superbes couleurs des personnages et décors du jeune auteur talentueux brésilien Nicolaï Pinheiro.
Bref, un vrai régal que je recommande chaudement aux amateurs !
Note 3,7/5
Voici une série de Léo indépendante des mondes d’Aldébaran mais explorant la même thématique, à savoir la colonisation et la surexploitation des ressources d’une planète par les terriens.
Le parallèle est donc intéressant à faire avec les mondes d’Aldébaran.
Il y a toujours en arrière-plan l’invention d’une faune et d’une flore extra-terrestres ainsi qu’une intrigue futuriste avec des espèces spatiales plus évoluées que les humains.
Je trouve qu’il y a moins de proximité avec les protagonistes, ceux-ci sont moins attachants que Kim et ses compagnons. Je prends alors conscience que le dessin de Léo, pourtant techniquement moins virtuose que celui d’Icar, et malgré une relative fixité dans le trait, dégage paradoxalement beaucoup de chaleur. Le dessin de Terres Lointaines, certes réussi et précis, est plus froid. Autre défaut, les quatre femmes au début de l'histoire semblent avoir toutes le même âge alors qu'il s'agit de deux mères et de leurs filles.
Ces réserves étant faites, et même si les mondes d’Aldébaran sont clairement un cran au-dessus, je me suis encore laissé emporter par une bonne histoire de Léo, du début jusqu’à la fin, c’est pour ça que je lui mets 4.
La puissante créature Stepanerk pourrait passer pour une facilité scénaristique par son côté joker quand les choses tournent mal mais je trouve que l’écueil est évité. Cela fonctionne même plutôt bien, d’une part parce qu’elle n’est pas toujours présente, et d’autre part de par la personnalité attachante que lui a conférée Léo, son regard sur les humains et sa façon de penser décalée très sagesse premier degré.
Jusqu’à maintenant, à chaque fois que je termine une série de Léo (Les mondes d’Aldébaran, Terres Lointaines, Centaurus et Mermaid Project), j’ai passé un bon moment et j’ai du baume au cœur, j’ai vraiment une affection particulière pour ses bd.
Je précise que j'ai lu l'album de l'édition d'origine de 2020 ; je trouve d'ailleurs curieux que Dupuis ait déjà réédité cette Bd un an après la parution. Je vois que cette Bd n'est pas tellement appréciée, je vais donc remonter le niveau.
On dirait que Denis Lapière a écrit cette histoire calquée sur les thèmatiques habituelles traitées par Dany, en exploitant l'aspect sexy qui sévit dans toutes ses créations, et ce depuis Olivier Rameau, rappelez-vous de Colombe Tiredaile, elle faisait fantasmer le pré-ado que j'étais lorsqu'elle est apparue dans le journal Tintin en 1968. On reconnait donc ici le goût de Dany pour dessiner de belles jeunes femmes, parfois peu vêtues. Mais Lapière inclue un élément supplémentaire avec cet homme mature, un photographe de renom qui a sillonné la planète dans des endroits de rêve et qui a séduit une ribambelle de beautés féminines.
On dirait qu'on est à priori face à un énorme cliché, en somme le fantasme masculin dont on rêve tous, puisque toutes ces femmes sont des bombasses aux poitrines triomphantes, on n'y voit aucun thon, ni une femme ordinaire ou naturelle ; bah il faut bien faire rêver le lecteur, c'est comme au cinéma ! On peut penser aussi que cette intrigue est cousue de fil blanc et qu'elle n'innove en rien, il me semble avoir vu déjà ça dans des films, le mec à femmes qui emballe facile et qui vit de belles histoires, il raconte son parcours à quelqu'un etc... mais d'un autre côté, il a raison de se défendre d'être un prédateur égoïste, car toutes ces meufs ont été consentantes et ont bien cherché à se faire dorloter, elles ont autant utilisé le héros charmeur que lui a profité de leurs corps. Je ne le défend pas, je constate les faits.
Oui, tout ceci peut paraitre ennuyeux au premier abord ou sans grande originalité, mais allez savoir pourquoi, ce récit m'a plu.
L'album est construit selon un récit en flashbacks, un peu comme une succession d'anecdotes sur les filles rencontrées et aimées. Je peux encore concevoir qu'à ce stade, cette succession a quelque chose de répétitif, et on peut se dire que Lapière aurait pu se creuser un peu plus la tête pour offrir un récit plus costaud pour le crayon sublime de Dany ; mais cette narration n'est au final pas si désagréable à suivre, et devient même assez prenante, j'y ai succombé sans problème.
Alors évidemment, le plus, c'est le dessin de Dany, ça m'a immédiatement tapé dans l'oeil dès l'ouverture de l'album, quand on pense que ce gars a près de 80 ans et qu'il est capable de dessiner encore de cette façon, c'est proprement du génie graphique, il a conservé toute sa fraîcheur et toute sa dextérité, non seulement dans les représentations de ces filles certes un peu trop belles, trop gravures de mode (mais je pense que c'est dû aussi au milieu que fréquentait ce photographe), mais aussi dans certaines images pleines de force, mélangées à l'exotisme des décors et au côté sauvage normand des îles Chausey (la première page de tempête est vraiment superbe).
Un très bel album qui au-dela de son intrigue un peu convenue j'en conviens, affiche un petit côté mélancolique, n'oublions pas que le héros au début était parti pour se suicider face à la mer déchainée. Et d'ailleurs le seul truc qui me gêne un peu, c'est la fin, j'aurais préféré que le héros meurt d'une balle comme il le souhaitait au lieu de finir comme un légume dans un ehpad, mais bon ça reste quand même une belle histoire, bien contée et surtout magnifiquement illustrée par un des derniers grands dessinateurs de cette génération.
S’il était plus facile à dénicher, ce serait un bon album pour découvrir cet auteur que j’aime beaucoup. En effet, on y trouve rassemblées toutes les facettes du travail de Barbe.
Un peu de poésie, une touche plus ou moins prononcée d’humour, et une bonne dose d’érotisme, pour un cocktail que j’ai bien apprécié.
Il faut dire qu’une fois encore je suis sous le charme du coup de crayon de Barbe, qui a un talent fou pour croquer en quelques traits un personnage, mais aussi pour jouer à transformer image par image un dessin pour le faire devenir autre chose (il reprendra souvent ce procédé, et avec bonheur, entre autres dans Cinéma).
L’album est vite lu (très peu de texte, la majorité des dessins ou histoire sont muets), mais cette lecture est très agréable, je vous la recommande !
Je suis étonné par les notes relativement faibles de ce polar du duo Brubaker / Phillips.
L’histoire est plus longue que le format d’un album de Criminal (12 fascicules comics, contre 4 ou 5 habituellement). Le rythme est donc beaucoup plus lent, les auteurs prennent le temps de planter le décor (le monde du cinéma Hollywoodien d’après-guerre) avec un réalisme impressionnant. Ils introduisent également une galerie de personnages assez conséquente. Ce dernier point rend la lecture un peu plus ardue, même si un trombinoscope en début d’album est là pour nous rafraîchir la mémoire… un album à lire au calme, bien concentré, c’est sûr.
L’intrigue est prenante et remarquablement construite. L’ambiance est très noire : protagoniste vétéran soufrant du trouble de stress post-traumatique, chasse aux communistes, place de la femme objet dans le monde du cinéma de l’époque, magouilles et étouffages d’affaires sordides pour protéger la réputation du studio… et au milieu de tout ça, une starlette assassinée et un scénariste qui refuse d’accepter la version officielle des évènements. Le dénouement est logique et bien amené, mais sans surprise… A ce titre il fait plus l’effet d’un « fondu au noir » réaliste que d’une fin hollywoodienne alambiquée et remplie de révélations fracassantes.
Une histoire qui m’a beaucoup marqué. Sa longueur a fait que je me suis intéressé et attaché aux personnages, et l’univers décrit m’a fasciné. Un coup de cœur !
3.5
J'espère que Hubert a pu écrire la fin de cette série avant de nous quitter trop tôt parce j'ai bien envie de savoir comment cela va finir !
On peu reprocher un scénario avec des personnages stéréotypés: le gentil apprenti qui se fait exploiter par son patron, le patron bien méchant et sa fille qui est gentille avec l'apprenti et dont on devine qu'elle est amoureuse de lui. Il manquerait plus que le paternel la fiance à un jeune riche bien méchant qui va la forcer à vivre une vie très traditionnel et on a le tableau complet je pense.
Et ben le manque d'originalité par moment ne m'a pas dérangé parce que le récit est plutôt captivant. La poésie de l'œuvre m'a touché et j'ai trouvé le personnage principal attachant. Le dessin est bon et la narration est fluide. J'aurais bien aimé savoir ce qui se passe ensuite, prions qu'on va le savoir un jour !
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Louisiana - La Couleur du sang
J'aime bien les histoires qui dissimulent le mystère et cachent des secrets enfouis, ce douloureux récit évoque des heures sombres autour d'une plantation en Louisiane au XIXème siècle peu avant la guerre de Sécession, avec un parfum d'Autant en emporte le vent, roman qui est évoqué surtout au début. Tout s'articule autour de l'esclavagisme qui constitue le sujet principal, même si d'autres thématiques viennent se greffer dessus, ainsi que la condition des esclaves par leurs propriétaires. Des sujets comme ça sentent le déjà vu, mais les auteurs ont la manière de revisiter ce thème de façon intéressante, en prenant une allure de saga familiale qui suit les générations, avec une petite incursion fantastique liée à la pratique du vaudou et des morts violentes que ça entraine. J'ai encore en mémoire, parce que je l'ai vu assez jeune, le méga feuilleton télévisé Racines, d'après le livre d'Alex Haley que j'ai lu étant ado et qui racontait la façon impitoyable qu'avaient certains Blancs de traiter leurs esclaves ; je l'ai vu de façon encore plus effroyable dans le film Mandingo de Richard Fleischer qui donnait une vision très âpre et probablement la plus authentique sur la condition des esclaves dans les plantations, avec en plus une mixité très audacieuse entre maîtres et esclaves un peu comme dans cette Bd qui m'a beaucoup rappelé ce film édifiant. Depuis, il y a eu Django unchained de Tarantino, et Twelve years a slave en 2013 qui embrayent sur les mêmes thématiques, de même qu'on pense aussi à la Couleur pourpre de Spielberg ; comme on le voit, les références cinématographiques sont nombreuses. Il fallait donc que les auteurs ne se laissent pas intimider par toutes ces références et parviennent à captiver le lecteur tout en s'étant sans aucun doute nourri de toutes ces références. Le scénario est bien ficelé et s'aventure au coeur d'une société raciste, violente et très dure, où les hommes ont tous les droits y compris sur leurs propres femmes, la narration est fluide et très habile, le récit est passionnant et se plait à distiller révélations et rebondissements dans une ambiance générale d'une grande puissance. Le seul détail qui m'a surpris, c'est le changement de caractère de Joséphine d'un album à l'autre, mais ce n'est pas bien grave. Et quand c'est servi par un dessin de qualité, ça aide à rentrer dans cette histoire ; en effet, le dessin de Gontran Toussaint rend à merveille tous les cheminements de ce drame, de même qu'il réussit à bien faire vieillir ses personnages au fil du temps qui passe, détail assez rare. C'est un dessin soigné qui lorgne vers le style de Steve Cuzor sur O'Boys ou celui de Michel Rouge, 2 dessinateurs que j'apprécie... pour moi c'est donc une excellente Bd.
Pilu des bois
Aaah une bonne surprise et découverte! Attirée par la couverture et par son synopsis, je l’ai acheté un peu sur un coup de tête! Je n’ai pas du tout regretté cet argent dépensé. Pilu des bois , nous raconte l’histoire d’une jeune enfant du nom de Willow. Elle a malheureusement perdu sa mère pour une raison inconnue dans le livre. Elle est maintenant avec sa sœur et son père , après s’être défendue suite à une intimidation à l’école , elle se dispute violemment avec sa grande sœur. La jeune fille va donc s’enfuir dans la forêt et y rencontrer une habitante de cette dernière. Toutes les deux partagent plein de point communs ! Elles sont toutes les deux , des monstres en elles qui sont une métaphore des émotions qu’on cache et qu’on ne montre pas. On y apprendra au fil de cet ouvrage plein de choses sur la forêt et même des recettes ! Le dessin est vraiment mais alors vraiment réussi ! Cela fait très japonais et je suis totalement fan , le personnage principal ainsi que Pilu sont extrêmement mignons avec un design réussi. Les décors ont aussi un certain charme ! Une belle morale sur le fait de ne pas avoir honte de cacher ses émotions mais aussi sur le deuil . Une belle réussite ! J’ai beaucoup aimé cette BD ! Je vous la conseille.
Lucien
J'ai découvert Lucien il y a peu de temps, en lisant un lot du défunt magazine"Metal Hurlant" où il tenait (entre autres) la vedette. La curiosité l'a emporté, et j'ai lu les tomes 1 à 8. C'est donc sur la série originale, et non la suite sortie une décennie plus tard sous le label métal hurlant, mettant en scène nos héros âgés et sacrément vieillis, que je donne mon opinion. Comme l'ont si bien indiqués les précédents avis, les albums mettent en scène une bande de potes de banlieue, un (petit) peu roublards, mais ayant toujours bon fond, dans la banlieue parisienne de Malakoff. Les albums sont un mélange entre gags courts, gags semi-longs (4-8 pages), et histoires complètes. Ce qui est le plus fascinant dans ces albums, c'est qu'ils dépeignent un univers extrêmement réaliste, et offrent un côté un peu archéologique au-delà des gags , qui rend déjà l'ensemble bougrement sympathique, car on découvre un monde qui a totalement disparu, à tous les niveaux : automobile, technologique, architectural...Par exemple on découvre que les salons de BD / Fanzines se tenaient dans une gare désaffectée à Paris, depuis rasée pour faire place à l'Opéra Bastille. A travers les (més)aventures et les rêves de nos anti-héros, c'est véritablement une fenêtre sur le passé qui s'ouvre à nous. Niveau gag et graphique, les deux premiers albums sont franchement inégaux, on sent que l'auteur se cherchait encore, la série ne s'appelait d'ailleurs pas encore Lucien, mais Rickie Banlieue. Ensuite à partir du tome 3, tout se met en place, et cela va crescendo : tout n'est pas hilarant, mais on sourit beaucoup. Certains gags sont même très osés pour l'époque (un gag semi-long sur des potes de Lucien qui font un mini-traffic de cocaine avec une chute extraordinaire qui vaut son pesant de poudre). Les deux derniers tomes, les 7 et 8, sont les plus aboutis, car s'agissant d'histoires complètes : le 7 nous montre nos banlieusards découvrant les USA, blindé d'anecdotes plutôt touchantes, le 8 use comme prétexte la visite d'une course de motos pour faire un festival de gags tous plus hilarants les uns que les autres (là on fait plus que sourire). Je ne peux que recommander
Chihuahua
Chihuahua, c'est l'histoire de trois enfants qui font leur rentrée des classes. La particularité, c'est qu'un seul de ces enfants est un humain normal et que l'école en question est une école de monstres en tous genres. Aussi, quand le petit Paul découvre cela avec horreur, il est obligé de se faire passer pour un loup-garou incognito s'il ne veut pas se faire dévorer par ses nouveaux camarades de classe. Cette série est une réalisation commune de quatre auteurs : Trondheim, Nob, Obion et Pascal Jousselin. Ces quatre là ont participé à L'Atelier Mastodonte et reprennent ici le même principe d'un ouvrage commun, une sorte de cadavre exquis où chaque auteur alterne une page et reprend les idées avancées par les autres sur les pages précédentes. Et le résultat est très réjouissant. Les graphismes de chacun se marient bien, que ce soit le style humoristique de Trondheim, le style pince-sans-rire de Jousselin, ou les styles à la fois beaux et drôles d'Obion et de Nob. Ce sont des planches qui donnent envie d'être lues. Les personnages sont bons et offrent pas mal de possibilités d'évolution du récit. Ce n'est pas aussi drôle que L'Atelier Mastodonte et le concept d'une école de monstres est un peu déjà vu, mais c'est très amusant quand même. J'aime quand les auteurs répondent aux idées des autres en apportant leurs propres idées et blagues supplémentaires. On sent qu'ils se font plaisir et ça donne un résultat certes pas hilarant mais qu'on suit avec grand plaisir, qu'on soit adulte ou plus jeune. S'il y a une suite, je serais ravi de la lire.
Un avion sans elle
Tout comme j'avais adoré Nymphéas noirs adapté d'un roman de Michel Bussi par Fred Duval, j'ai également beaucoup aimé "Un avion sans elle" dont le titre original inspiré d'une chanson de Charlélie Couture attisait déjà ma curiosité. Ce polar se déroule fin 1998, au 18e anniversaire de Lylie dont le détective Crédule doit livrer les conclusions de son enquête aux familles sur l'identité de cette jeune fille ayant atteint sa majorité, seule rescapée du crash de 1980. L'histoire alterne le présent et les différentes étapes chronologiques de son enquête traversant les montagnes Jurassiennes ou les plages Dieppoises, ainsi que quelques événements historiques (Mitterrand arrivant au pouvoir en mai 81 ou le 1/4 de finale de la Coupe du Monde de foot France-Brésil en juin 86...) en semant des indices et des rebondissements chers à tout thriller qui se respecte ! Le tout m'a tenu en haleine jusqu'à la révélation finale où tout s'explique, sous le charme de la beauté graphique aux superbes couleurs des personnages et décors du jeune auteur talentueux brésilien Nicolaï Pinheiro. Bref, un vrai régal que je recommande chaudement aux amateurs !
Terres Lointaines
Note 3,7/5 Voici une série de Léo indépendante des mondes d’Aldébaran mais explorant la même thématique, à savoir la colonisation et la surexploitation des ressources d’une planète par les terriens. Le parallèle est donc intéressant à faire avec les mondes d’Aldébaran. Il y a toujours en arrière-plan l’invention d’une faune et d’une flore extra-terrestres ainsi qu’une intrigue futuriste avec des espèces spatiales plus évoluées que les humains. Je trouve qu’il y a moins de proximité avec les protagonistes, ceux-ci sont moins attachants que Kim et ses compagnons. Je prends alors conscience que le dessin de Léo, pourtant techniquement moins virtuose que celui d’Icar, et malgré une relative fixité dans le trait, dégage paradoxalement beaucoup de chaleur. Le dessin de Terres Lointaines, certes réussi et précis, est plus froid. Autre défaut, les quatre femmes au début de l'histoire semblent avoir toutes le même âge alors qu'il s'agit de deux mères et de leurs filles. Ces réserves étant faites, et même si les mondes d’Aldébaran sont clairement un cran au-dessus, je me suis encore laissé emporter par une bonne histoire de Léo, du début jusqu’à la fin, c’est pour ça que je lui mets 4. La puissante créature Stepanerk pourrait passer pour une facilité scénaristique par son côté joker quand les choses tournent mal mais je trouve que l’écueil est évité. Cela fonctionne même plutôt bien, d’une part parce qu’elle n’est pas toujours présente, et d’autre part de par la personnalité attachante que lui a conférée Léo, son regard sur les humains et sa façon de penser décalée très sagesse premier degré. Jusqu’à maintenant, à chaque fois que je termine une série de Léo (Les mondes d’Aldébaran, Terres Lointaines, Centaurus et Mermaid Project), j’ai passé un bon moment et j’ai du baume au cœur, j’ai vraiment une affection particulière pour ses bd.
Un homme qui passe
Je précise que j'ai lu l'album de l'édition d'origine de 2020 ; je trouve d'ailleurs curieux que Dupuis ait déjà réédité cette Bd un an après la parution. Je vois que cette Bd n'est pas tellement appréciée, je vais donc remonter le niveau. On dirait que Denis Lapière a écrit cette histoire calquée sur les thèmatiques habituelles traitées par Dany, en exploitant l'aspect sexy qui sévit dans toutes ses créations, et ce depuis Olivier Rameau, rappelez-vous de Colombe Tiredaile, elle faisait fantasmer le pré-ado que j'étais lorsqu'elle est apparue dans le journal Tintin en 1968. On reconnait donc ici le goût de Dany pour dessiner de belles jeunes femmes, parfois peu vêtues. Mais Lapière inclue un élément supplémentaire avec cet homme mature, un photographe de renom qui a sillonné la planète dans des endroits de rêve et qui a séduit une ribambelle de beautés féminines. On dirait qu'on est à priori face à un énorme cliché, en somme le fantasme masculin dont on rêve tous, puisque toutes ces femmes sont des bombasses aux poitrines triomphantes, on n'y voit aucun thon, ni une femme ordinaire ou naturelle ; bah il faut bien faire rêver le lecteur, c'est comme au cinéma ! On peut penser aussi que cette intrigue est cousue de fil blanc et qu'elle n'innove en rien, il me semble avoir vu déjà ça dans des films, le mec à femmes qui emballe facile et qui vit de belles histoires, il raconte son parcours à quelqu'un etc... mais d'un autre côté, il a raison de se défendre d'être un prédateur égoïste, car toutes ces meufs ont été consentantes et ont bien cherché à se faire dorloter, elles ont autant utilisé le héros charmeur que lui a profité de leurs corps. Je ne le défend pas, je constate les faits. Oui, tout ceci peut paraitre ennuyeux au premier abord ou sans grande originalité, mais allez savoir pourquoi, ce récit m'a plu. L'album est construit selon un récit en flashbacks, un peu comme une succession d'anecdotes sur les filles rencontrées et aimées. Je peux encore concevoir qu'à ce stade, cette succession a quelque chose de répétitif, et on peut se dire que Lapière aurait pu se creuser un peu plus la tête pour offrir un récit plus costaud pour le crayon sublime de Dany ; mais cette narration n'est au final pas si désagréable à suivre, et devient même assez prenante, j'y ai succombé sans problème. Alors évidemment, le plus, c'est le dessin de Dany, ça m'a immédiatement tapé dans l'oeil dès l'ouverture de l'album, quand on pense que ce gars a près de 80 ans et qu'il est capable de dessiner encore de cette façon, c'est proprement du génie graphique, il a conservé toute sa fraîcheur et toute sa dextérité, non seulement dans les représentations de ces filles certes un peu trop belles, trop gravures de mode (mais je pense que c'est dû aussi au milieu que fréquentait ce photographe), mais aussi dans certaines images pleines de force, mélangées à l'exotisme des décors et au côté sauvage normand des îles Chausey (la première page de tempête est vraiment superbe). Un très bel album qui au-dela de son intrigue un peu convenue j'en conviens, affiche un petit côté mélancolique, n'oublions pas que le héros au début était parti pour se suicider face à la mer déchainée. Et d'ailleurs le seul truc qui me gêne un peu, c'est la fin, j'aurais préféré que le héros meurt d'une balle comme il le souhaitait au lieu de finir comme un légume dans un ehpad, mais bon ça reste quand même une belle histoire, bien contée et surtout magnifiquement illustrée par un des derniers grands dessinateurs de cette génération.
Vous cherchez quelque chose ?
S’il était plus facile à dénicher, ce serait un bon album pour découvrir cet auteur que j’aime beaucoup. En effet, on y trouve rassemblées toutes les facettes du travail de Barbe. Un peu de poésie, une touche plus ou moins prononcée d’humour, et une bonne dose d’érotisme, pour un cocktail que j’ai bien apprécié. Il faut dire qu’une fois encore je suis sous le charme du coup de crayon de Barbe, qui a un talent fou pour croquer en quelques traits un personnage, mais aussi pour jouer à transformer image par image un dessin pour le faire devenir autre chose (il reprendra souvent ce procédé, et avec bonheur, entre autres dans Cinéma). L’album est vite lu (très peu de texte, la majorité des dessins ou histoire sont muets), mais cette lecture est très agréable, je vous la recommande !
Fondu au noir
Je suis étonné par les notes relativement faibles de ce polar du duo Brubaker / Phillips. L’histoire est plus longue que le format d’un album de Criminal (12 fascicules comics, contre 4 ou 5 habituellement). Le rythme est donc beaucoup plus lent, les auteurs prennent le temps de planter le décor (le monde du cinéma Hollywoodien d’après-guerre) avec un réalisme impressionnant. Ils introduisent également une galerie de personnages assez conséquente. Ce dernier point rend la lecture un peu plus ardue, même si un trombinoscope en début d’album est là pour nous rafraîchir la mémoire… un album à lire au calme, bien concentré, c’est sûr. L’intrigue est prenante et remarquablement construite. L’ambiance est très noire : protagoniste vétéran soufrant du trouble de stress post-traumatique, chasse aux communistes, place de la femme objet dans le monde du cinéma de l’époque, magouilles et étouffages d’affaires sordides pour protéger la réputation du studio… et au milieu de tout ça, une starlette assassinée et un scénariste qui refuse d’accepter la version officielle des évènements. Le dénouement est logique et bien amené, mais sans surprise… A ce titre il fait plus l’effet d’un « fondu au noir » réaliste que d’une fin hollywoodienne alambiquée et remplie de révélations fracassantes. Une histoire qui m’a beaucoup marqué. Sa longueur a fait que je me suis intéressé et attaché aux personnages, et l’univers décrit m’a fasciné. Un coup de cœur !
Le Boiseleur
3.5 J'espère que Hubert a pu écrire la fin de cette série avant de nous quitter trop tôt parce j'ai bien envie de savoir comment cela va finir ! On peu reprocher un scénario avec des personnages stéréotypés: le gentil apprenti qui se fait exploiter par son patron, le patron bien méchant et sa fille qui est gentille avec l'apprenti et dont on devine qu'elle est amoureuse de lui. Il manquerait plus que le paternel la fiance à un jeune riche bien méchant qui va la forcer à vivre une vie très traditionnel et on a le tableau complet je pense. Et ben le manque d'originalité par moment ne m'a pas dérangé parce que le récit est plutôt captivant. La poésie de l'œuvre m'a touché et j'ai trouvé le personnage principal attachant. Le dessin est bon et la narration est fluide. J'aurais bien aimé savoir ce qui se passe ensuite, prions qu'on va le savoir un jour !