Les derniers avis (39455 avis)

Par Cacal69
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Apocalypse selon Lola (Lola Cordova)
Apocalypse selon Lola (Lola Cordova)

Un one shot qui va vous retourner dans tous les sens, c'est complètement "barge". De nos jours, Lola, pute et droguée, veut sauver la Terre d'une invasion d'extraterrestres. Je ne peux en dire plus. Un début de lecture qui m'a un peu perdu du fait des flash-back entre le présent et le passé mais tout s'éclaircit rapidement. On découvre une Lola Cordova qui pour se procurer sa dope se prostitue sur Terre. Elle fera de même lorsqu'elle aura quitté notre planète mais sa came sera d'une toute autre nature. Surprise. Arthur Qwak nous distille quelques planches représentant des couvertures d'une bd "Galaxie l'aventure dans l'anticipation" datant de la fin des années 1960 avec sur chaque couverture.... notre catin. Un récit qui part dans tous les sens mais retombera sur ses pieds. Quel plaisir d'être trimbalé ainsi sans connaître la destination finale. Et elle surprendra. Pour accompagner ce délirant scénario, Qwak a réalisé des prouesses. Un rendu graphique époustouflant, il s'en dégage une énergie folle et que dire de la mise en page plus qu'audacieuse. Quel dynamisme. La sensualité féline de Lola illumine chaque case. Une colorisation en mode feu d'artifice, éblouissant. Un diamant ciselé. Une bd explosif qui ne plaira pas à tout le monde, mais si vous êtes prêt à vivre une expérience où sexe, drogue et action sont rois, alors jetez-vous dessus.

16/02/2022 (modifier)
Par Solo
Note: 4/5
Couverture de la série Un maillot pour l'Algérie
Un maillot pour l'Algérie

Alors que l'Algérie est un territoire légalement français, onze joueurs de football d'origine algérienne décident, avec l'aide d'un membre du FLN, de former l'équipe du Front de libération nationale algérien du football, avec son propre drapeau et son propre hymne. Le problème, c'est que ces joueurs sont majoritairement joueurs professionnels. Dans des clubs français, évidemment. Il n'y aurait pas besoin de raconter la suite du scénario, vous voyez l'aventure! Cette fine équipe se donne à cœur joie (à travers la BD en tout cas) pour rester unie et pour organiser une "tournée mondiale" de rencontres à travers le monde afin de diffuser ses revendications indépendantistes, tandis que l'organisation officielle du football mondial, la FIFA, sous pression (je crois) finit par choisir logiquement le camp français (rappelons que la FIFA a été créé à Paris en 1904. Acronyme resté français d'ailleurs. CQFD pour l'époque.) et refuse donc d'homologuer cette association de joueurs comme équipe nationale à part entière. L'Algérie ne peut pas participer à la coupe du monde de football, mais l'Algérie attire l'attention malgré tout. Ralalaaa mais qu'est ce que ça peut être beau et puissant le football ! Sans transition, je n'avais même pas fait attention d'avoir emprunté 2 récits écrits (co-écrits ici) par Kris. Et après lecture d'Un maillot pour l'Algérie, je continue à trouver cet auteur intéressant. Par deux fois donc, et même si un "Sac de billes" doit certainement venir de l'âme du roman originel, l'auteur raconte une histoire sans chercher à la rendre grandiloquente. Bien au contraire, sur des sujets aussi dramatiques que l'Occupation (pour Un sac de billes) et la lutte pour l'indépendance de l'Algérie (ici), Kris apporte une atmosphère douce, amicale... Je dirais presque "gentille", dans le sens où on se retrouve avec une bande de copains qui se chamaillent et qui s'adorent, profondément réunis pour un même but. Je trouve le ton du récit extrêmement agréable, sans jamais tomber dans la niaiserie. Sur le scénar', pas mal de scènes sont purement footballistiques. Faut aimer. Moi j'adore le football donc je lis notamment les discours de motivation de l'entraîner comme ceux que j'ai pu entendre jusqu'à mes 18 piges. Bon, l'entraîneur ne nous criait pas non plus: "Faites le pour la France bordel de dieu!!", mais le délire reste le même. Le blocage arrivera peut-être aux lecteurs qui s'intéressent au foot de loin ou qui ont une idée toute faite de ce sport. Là, je pense que ce récit peut subir quelques pénalités. Moi-même il y a certains moments où j'aurais aimé que l'auteur apporte plus de faits historiques. Par exemple : la première rencontre de l'Algérie s'est déroulée contre le Maroc. Et le Maroc, pour avoir joué un match face à une équipe que la FIFA n'a pas voulu reconnaître, a été suspendu d'un an par la FIFA elle-même, l'empêchant de jouer la CAN, Coupe d'Afrique des Nations. Une première! Et c'est vraiment dommage de ne pas laisser une moindre trace de cela dans le récit alors que tout me semblait réuni pour le préciser. Au niveau du dessin, ça n'est pas celui qui m'emporte vraiment, mais il maintient cette atmosphère enthousiaste et euphorique, bien à l'image des différents personnages. J'ai tout de même un peu galéré à savoir qui est qui, il faut jouer entre la moustache et les tifs pour s'y retrouver, parce-que je trouve les traits du visage insuffisamment différenciés. Parenthèse : je retiens la première phrase de l'avis de Erik. C'est vraiment fou à quel point l'histoire de la politique étrangère française aborde si peu et si mal la relation entre la France et l'Algérie. Non pas que l'Algérie soit plus importante à aborder que tout autre pays colonisé par la France, mais il y a quand même une très très grande particularité qui semble montrer tous les travers que peut avoir un pays impérialiste prêt à régner injustement sur les autres états. Pour cela, je ne remercie toujours pas l'école républicaine française et sa vision très politisée de l'Histoire (comprendre: totalement bridée et biaisée), et je remercie bien fort ces auteurs qui ont fourni une synthèse détaillée en postface plus qu'intéressante, en plus d'une histoire cherchant à montrer le point de vue "De l'autre côté de la barrière". Fin de la parenthèse. En synthèse, j'avais beaucoup d'enthousiasme à lire ce récit et j'ai globalement était séduit. La postface fait un sacré boulot pour "rattraper" le récit que je trouve trop "fictif", faussement intimiste peut-être. D'un autre côté, il faut dire que l'histoire permet de dégager de belles idées sur ce qu'est l'humanité: on peut tous s'apprécier et s'entre-aider, mais il faut aussi comprendre qu'on n'a pas tous la même culture. Dernière parenthèse: pour les curieux, lisez "Une histoire populaire du football" écrit par Mickael Correia. Petite pépite qui retrace les grands épisodes de ce que le football a pu apporter pour soutenir une cause et s'opposer à tout dictat. Très instructif, cela peut vous donner une perception plus nuancée de ce sport. Fin de la dernière parenthèse.

16/02/2022 (modifier)
Couverture de la série Locke & Key
Locke & Key

C’est après avoir été mordu par l’adaptation sur Netflix et les 2 premières saisons que j’ai décidé de me lancer dans le média d’origine, et ainsi approfondir mes connaissances de l’univers Locke & Key. Aussi je ferai dans le message court. Le comics ayant reçu une pléiade d’avis dithyrambiques, je ne fais que rajouter ma pierre à l’édifice. Oui, c’est super bien écrit, après une lecture marathon sur 2 jours, je ressors de l’intégrale littéralement lessivé. On passe par tout un spectre d’émotions : la peur, l’angoisse, la surprise, la stupeur, etc. Je note surtout que le comics est plus adulte et violent que la série live qui pour le coup est elle davantage destinée aux « teenagers ». J’adore les 2, chacune a ses qualités et ses défauts. Et si par moment j’ai trouvé la série Netflix mieux écrite, j’ai quand même préféré le ton du comics. On est clairement dans une filiation à la Stephen King, et pas seulement pour la référence Carrie dans le tome 6, ou l’histoire qui se déroule sur deux générations dans une petite ville américaine comme dans Ça. Joe Hill est le fils de Stephen King ! (Voyez-vous ça ! ) Les références y sont nombreuses et j’ai beaucoup apprécié le mélange d’horrifique et de fantastique. Les graphismes de Gabriel Rodriguez et Jay Fotos ne sont clairement pas ma tasse de thé, mais en y regardant de plus près je leurs trouve des qualités, notamment dans la « mise en scène ». Ils sont doués c’est sûr, sans que j’accroche plus que ça au style. Une histoire remarquable, à ranger parmi les futurs classiques du genre.

16/02/2022 (modifier)
Couverture de la série Un Pacte avec Dieu (Un bail avec Dieu / Le Contrat)
Un Pacte avec Dieu (Un bail avec Dieu / Le Contrat)

L'Art comme forme de catharsis. Après un long silence du à ses activités militaires, Eisner revient bouleverser le monde du Comics assis sur ses lauriers jaunissants . Bouleversant! Ce formidable dessin de Frimme Hersh gravissant péniblement l'escalier sous une pluie diluvienne, c'est Will Eisner qui pleure toutes les larmes de son corps la mort de sa fille Alice. Peut il y avoir d'oeuvre plus intime que ce "Pacte avec Dieu" ? " les plus desespérés sont les chants les plus beaux" avais-je déjà emprunté. Ce récit en est l'illustration la plus visible. Le scénario est bâti sur la révolte et le combat intime d'un homme touché dans ce qu'il a de plus précieux à la fois en extérieur à lui, son enfant, et à l'intérieur de lui-même, sa croyance. Eisner n'a peut-être pas inventé le terme de roman graphique mais cette oeuvre me renvoie tellement aux romanciers français de la fin du XIXeme siècle que pour la première fois je le comprends pleinement. Il y a du Balzac,du Maupassant et surtout du Zola chez Eisner. Cette comédie humaine est d'un cynisme et d'une cruauté que l'on rencontre quand il s'agit de survie. Le chanteur de rue pourrait sortir de "L'Assomoir" et Maralyn de Madame Bovary. Que dire du dessin? Eisner est un maître qui peint la rue et ses habitants comme nul autre. Quelle universalité! Car ces ambiances à la"Clochemerle" ont toujours existées et existent toujours dans ces immeubles-villages où un secret n'est jamais longtemps un secret. Dans cette oeuvre Eisner allie le graphisme très haut de gamme à l'observation lucide et chirurgicale de son environnement y ajoutant une émotion interne extraordinaire. Du grand art.

16/02/2022 (modifier)
Par Ro
Note: 4/5
Couverture de la série Brigade Verhoeven
Brigade Verhoeven

J'ai vraiment accroché à cette série policière. J'ai aimé sa structure en une histoire par tome avec une évolution d'album en album. J'ai aimé la fluidité de son graphisme et de sa mise en scène. J'ai aimé l'originalité de ses intrigues qui titillent à chaque fois les méninges et la curiosité du lecteur. Et j'ai beaucoup aimé surtout ses personnages, le Commandant Verhoeven avant tout, avec son intelligence très instinctive, sa personnalité si spéciale faite d'un peu de complexe d'infériorité du fait de sa très petite taille, d'un esprit artistique et d'un léger traumatisme du fait de l'écrasante personnalité de sa mère. Mais j'aime aussi son équipe, notamment l'idée surprenante d'y avoir intégré un ancien élève de l'ENA, très intello et un peu snob, mais qui se mêle bien au reste de l'équipe. Chaque tome est vraiment prenant. J'ai été séduit par le premier et je me suis dit que chacun allait se lire plus ou moins comme une histoire indépendante où ça se recommence à zéro au début de chaque album. Autant dire du coup que j'ai été assez surpris, presque choqué, par la fin terrible du second tome. Le scénariste n'hésite pas à casser les codes et à prendre le lecteur au dépourvu. Chouette série !

15/02/2022 (modifier)
Par iannick
Note: 4/5
Couverture de la série Payer la terre
Payer la terre

Il m’a fallu plusieurs jours pour que je finisse de lire « Payer la terre ». En effet, ce dernier album de Joe Sacco contient plus de 250 pages bien chargées de textes. Et il a fallu quatre ans à Joe Sacco pour réaliser ce one-shot. A l’origine, « Payer la terre » était un documentaire commandé par la revue « XXI », pour sa parution chez l’éditeur Futuropolis, il a ensuite été complété par d’autres petits récits afin de présenter un reportage plus fourni et plus explicatif sur la situation des autochtones du Canada, en particulier les Dene. Pourquoi un reportage sur le nord-ouest de ce vaste pays ? Parce que Joe Sacco avait envie d’approfondir les conséquences de la colonisation européenne sur les amérindiens du Canada et aussi, parce qu’il voulait « mesurer » les conséquences de l’exploitation du minerai, du pétrole et du gaz (en particulier, le procédé controversé du fractionnement hydraulique afin d’exploiter le gaz de schiste) sur la population locale. Le résultat est que tout cela fait quand même froid au dos notamment sur la méthode utilisée par des occidentaux pour que les autochtones aient accès à l’école. Dès 1850, le procédé a consisté à forcer, arracher les jeunes Dene de leurs familles pour les envoyer étudier dans des pensionnats gérés par l’église loin de leurs proches. Si ce moyen a été efficace pour ce qui est d’enseigner l’anglais aux Dene et de les « convertir » à la culture occidentale, ce fut en revanche un vrai désastre social pour des générations d’amérindiens qui ont perdu leurs repères, leurs cultures et la confiance en soi au point de se réfugier dans l’alcool et les addictions. Et je ne parle pas de la problématique des frontières territoriales et de l’implantation de l’industrie minière dans le nord-ouest du Canada… Joe Sacco, en compagnie d’une descendante des Dene, est donc allé à la rencontre de ces amérindiens où il a réuni des tonnes et des tonnes de témoignages. Ainsi, on apprend comment ils vivaient avant et pendant l’arrivée des colons. L’auteur restera généralement neutre sur ces sujets, se contentant de noter leurs dires même si, de temps en temps, de manière ironique, il lancera quelques « piques » sur certains protagonistes. Alors pourquoi ce temps pris pour lire ce recueil ? Non seulement à cause de sa pagination mais aussi par la redondance de nombreux témoignages et un texte envahissant qui m’ont souvent fait lâcher prise à cette lecture… Un besoin irrésistible de me poser afin de « digérer » toutes ces informations et aussi de réfléchir tranquillement aux problématiques de ces amérindiens. J’ai failli ne mettre que 3 étoiles sur 5 pour ce nouvel ouvrage de Joe Sacco à cause de la répétition des nombreux témoignages des Dene et la nécessité de bien rester concentré sur les tonnes d’informations recueillies par l’auteur. Mais, quelques jours après avoir fini cette lecture, je me suis aperçu que « Payer la terre » est une bande dessinée qui m’a marqué, qui me fait encore réfléchir sur ce que j’ai découvert. Je me suis aperçu aussi que ces témoignages, sa mise en images par l’auteur (des planches où on découvre la vie de ces autochtones dans leur milieu naturel ont été validées et corrigées par des amérindiens eux-mêmes) et autres auront une valeur inestimable pour les générations futures d’amérindiens. Une lecture indispensable !

15/02/2022 (modifier)
Couverture de la série Partie de chasse
Partie de chasse

Si je devais partir sur une île déserte et ne prendre que 10 BD, je pense que j'emménerais "Partie de Chasse" de Bilal et Christin. Certains passages me font penser aux chasses du "Roi des Aulnes" de Michel Tournier et le thème de l'ogre qui dévore ses enfants n'est pas si loin. Le scénario est extraordinaire pour une personne qui est née avec la construction du Mur de Berlin et qui s'intéresse à ce tournant historique des années 80. En 1983, écrire sur la désagrégation interne de l'URSS avec comme point de départ la révolte Polonaise de Solidarnosc, il fallait un sacré don de visionnaire. Car c'est de cela qu'il s'agit dans l'album. Alors que nombre d'auteurs imaginent des mondes post atomiques suite au mouvement polonais (voir "V comme Vendetta" par exemple), Bilal et Christin parient sur une transformation interne et pacifique. Avec une Armée Rouge surpuissante (croyait-on) aux portes de la Pologne et engagée en Afghanistan, le scénario était osé. Pourtant, l'élimination des jeunes faucons soviétiques au profit d'Hommes d'Etats écrivant l'Histoire d'une manière enfin pacifique est exactement ce qui est arrivé cinq ans plus tard ! La réalité a dépassé la fiction déjà bien improbable. En bon Slave, Bilal était probablement le plus apte à réaliser cet album. Le récit peut paraître complexe mais en réalité il est très fluide pour un amateur d'Histoire. Il y ajoute des scènes de chasse époustouflantes, des couleurs (eh oui !), le train bleu, couleur du drapeau Européen, qui porte l'espoir du futur contraste avec le rouge (drapeau soviétique) des massacres du passé. Idée géniale que cette réunion des satellites incarnés autour d'un astre muet, vieillissant mais encore maître du jeu. Le Français comme point commun à la fois intérieur et extérieur. Bilal rend graphiquement à la perfection la psychologie de ces hiérarques désabusés mais qui ne regrettent pas une minute de leurs parcours .Le regret est ailleurs... Que l'on ne se trompe pas, ce qui est arrivé en ce temps a toujours un impact fort sur notre vie d'aujourd'hui en Europe.

15/02/2022 (modifier)
Par Solo
Note: 4/5
Couverture de la série Un sac de billes
Un sac de billes

Une nouvelle fois sans le savoir au moment d'emprunter ces 3 tomes, je découvre (encore et encore) l'existence d'un roman à travers la BD. Je ne pourrais donc pas dire si l'adaptation est fidèle, mais en ce qui me concerne j'ai beaucoup apprécié cette lecture. Le dessin m'avait déjà sauté aux yeux. Ce crayonné donnant des figures esquissées s'accompagne bigrement bien avec la couleurs réalisées à l'aquarelle et au ton chaud. Les "surcouches" à la colorisation plus foncée donnent beaucoup de vies aux scènes et aux personnages, l'auteur joue ainsi pour faire apparaître les ombres ou les réactions émotionnelles des personnages à travers leur peau. J'aime vraiment beaucoup et je regarderai de près les autres travaux de ce dessinateur. Un petit bonheur. L'histoire qui l'accompagne est aussi belle et douce, alors que le contexte de l'intrigue est un drame humain. Le premier cycle (T1 + T2) démarre sous l'Occupation au moment où, à Paris, l'Allemagne Nazie impose aux juifs de porter l'Etoile jaune. Grâce aux discours de parents circonspects et habiles, les 2 jeunes garçons (possédant les mêmes qualités) comprennent qu'il faut quitter Paris au plus vite pour se rendre à Nice dans les meilleurs délais, pour rejoindre les 2 autres frérots, plus grands, qui y vivent. Ils sont très jeunes et apprendront donc à devenir des hommes, débrouillards et plus malins que leurs ennemis. On peut ressentir peut-être le caractère autobiographique de l'œuvre originale par son originalité et sa simplicité. En effet, c'est avec beaucoup de recul et d'humilité que l'auteur (ne pas oublier son écrivain fantôme) raconte ses aventures. Pourtant, notre imaginaire collectif tend à penser qu'il a dû en baver bien plus que ça. La Chance avait tout d'une situation rarissime et aléatoire pour les juifs sous l'Occupation. Or, dans ce récit, désolé mais il semble que ces deux p'tits malins ont eu le cul bordé de nouilles! C'est peut-être aussi ce que voulait transmettre le scénariste (auteur), s'ils s'en sont à peu près sortis, c'est parce-qu'ils ont eu de la chance, ou qu'ils l'ont provoqué parce-que, encore une fois, ils savent se débrouiller, ils cherchent à tirer les ficelles, ils sont entreprenants et ils semblent naturellement appréciés de beaucoup, et de tout bord. Petite parenthèse: une histoire fictive à ce sujet peut avoir tendance à dépasser le réalisme, et ça peut très bien finir (Inglorious Bastards). Il peut aussi y avoir un sentiment de rabâchage (ce nombre de films sortis pour relater l'histoire d'Anne Frank, combien sortent du lot ?). Et le pire pour moi, c'est les réalisations qui viennent ajouter des couches et des surcouches de sentimentalisme pour faire pleurer les chaumières. Je pense à la Rafle, réalisé par Roselyne Bosch. La comparaison au film m'apparaît opportun car la présence centrale de personnages juvéniles m'y a fait penser. Le film recherche le drame par la séquestration, tandis que la BD recherche une certaine victoire par la fuite. Forcément, ces 2 lignes de conduite influencent les péripéties mais honnêtement, je suis davantage intéressé par le déroulé historique qui se dégagent de ce récit plutôt que de celui de la Rafle. Derrière les scènes, le témoignage m'apparaît plus sincère, factuel et personnel. Fin de la parenthèse. J'ai également lu le T3, je comprends qu'on continue l'adaptation du roman. L'Allemagne Nazie chute et les Alliés sont encore parsemés sur le territoire français. Cette fois, on suivra exclusivement Joseph Joffo puisque son grand frère s'est rangé. Mais Jo a bien appris des débrouillardises passées du frérot, alors il aime toujours autant fouiner dans les combines pour gagner de l'argent en dehors de l'école et pour se faire respecter. L'évolution du personnage est réussie, on sent qu'il a appris à "être un homme" alors qu'il était encore tout chétif au 1er tome. Cela paraît logique pour le lecteur, c'est tout ce dont on peut s'attendre après qu'il ait réussi à échapper aux nazis et aux soldats de Vichy... Mais la retranscription de sa personnalité apparaît brillante. J'ai tout de même préféré le premier cycle pour son caractère justement moins autobiographique. Car ici on perd le contexte de l'Occupation, ce qui m'a fait perdre un tout petit peu d'intérêt pour l'intrigue. Je chipote. La prudence et la malice comme armes pour contourner les rafles, et l'insouciance pour nous rappeler qu'au fond de ces personnages se cachent toujours une âme de gamin. Beaucoup de poésie derrière ce récit aux apparences simples, je vous invite à découvrir cette histoire. J'ajouter que le tome 3 peut déjà se lire même si le T4 n'est pas encore sorti puisque l'épilogue conclut clairement l'épisode.

13/02/2022 (modifier)
Couverture de la série Aldobrando
Aldobrando

L’album est relativement récent et n’avait pas retenu mon attention au moment de sa sortie, noyé dans la masse des nouveautés. Et sans le prix des lecteurs 2020 des aficionados du site, je ne me serais sans doute jamais penché dessus ... ce qui aurait été dommageable, c’est vraiment un très chouette moment de lecture. Gipi (au scénario) ne m'est pas inconnu mais c’est ici sa 1ère œuvre que je lis. L’histoire, sous la forme d’un conte moyenâgeux, est très plaisante à suivre. On suit Aldobrando, jeune orphelin candide, parti à la recherche d’une plante médicinale « l’herbe du loup », afin de soigner son maître. Peu d’action « pure » mais de nombreuses péripéties en chemin, avec quelques personnages savoureux, rendent le tout très rafraîchissant. Au dessin, on retrouve Luigi Critone (7 missionnaires), son trait est bien moins précis mais garde toute sa beauté et sa force narrative. La réussite graphique doit également énormément au duo de coloristes, ils magnifient le dessin et proposent de superbes ambiances. Vraiment du tout bon !! Une belle réalisation et une bonne surprise. Nota (spolier ?) : il y a juste un petit détail qui m’a chiffonné à la fin de ma lecture, mais qui ne gâche en rien cette dernière. Et si ça se trouve c’est moi qui suis passé à côté, ou alors c’est une volonté des auteurs de laisser ça flou. Mais je n’ai pas vraiment saisi si il y avait un rapport avéré ou non, entre la bague léguée par son père à notre héros et la recherche de la princesse pour son frère.

13/02/2022 (modifier)
Par cac
Note: 4/5
Couverture de la série Saint-Elme
Saint-Elme

Je n'ai lu que le premier tome, le tome 2 venant de sortir. Au moins j'apprécie qu'il ne faille pas attendre des années avant d'avoir la suite. Cette introduction est très réussie, un rythme haletant mettant en place les personnages dans les montagnes. D'un côté des malfrats et une mystérieuse petite fille kidnappée. De l'autre un village, Saint-Elme, faisant la fête et un accident malheureux conduisant à un barbecue vivant. Le thème de la brûlure est partagé par plusieurs personnages. Le titre de Saint-Elme est lui-même une référence au feu. Un enquêteur sur la trace d'un fugueur débarque au milieu de tout ça. Le dessin est bien et les couleurs majoritairement sombres sont superbes. Un polar qui commence bien. Maj nov 2022. J'ai visiblement fait l'impasse sur le tome 2. Cela explique que j'ai eu l'impression de manquer des événements et eu un peu de mal à raccrocher les wagons sur les premières pages... Une bonne intrigue avec pas mal de personnages donc il faut bien suivre. Le frère de l'enquêteur qu'on pensait hors service rentre dans la partie pour démêler cet écheveau. Le graphisme avec cette colorisation bariolée reste très bon.

13/02/2022 (modifier)