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Jusqu'au dernier

Note: 4/5
(4/5 pour 7 avis)

Un western crépusculaire et magistral à l’heure des derniers cowboys.


1872 - 1899 : de la IIIe république à la fin du XIXe siècle Le Meilleur de Bamboo Les prix lecteurs BDTheque 2019 [USA] - Middle West

L’époque des cow-boys tire à sa fin. Bientôt, ce sont les trains qui mèneront les vaches jusqu'aux abattoirs de Chicago. Accompagné de Benett, un jeune simplet de 20 ans, Russell a décidé de raccrocher ses éperons pour devenir fermier dans le Montana. En route, ils font halte à Sundance. Au petit matin, on retrouve Benett mort. Le maire préfère penser à un accident plutôt qu’à l'éventualité d'avoir un assassin parmi ses concitoyens et chasse Russell de son village. Mais le vieux cow-boy revient à la tête d'une bande d'Outlaws pour exiger la vérité sur la mort de Benett…

Scénariste
Dessinateur
Coloriste
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution 30 Octobre 2019
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série Jusqu'au dernier
Les notes (7)
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22/10/2019 | Ro
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Par Josq
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
L'avatar du posteur Josq

Assez peu familier du western en BD, en tous cas du western récent (dans le genre, ma culture s'arrête, je crois, à Lucky Luke, Comanche, quelques tomes de Blueberry et Les Tuniques Bleues), j'ai découvert l'existence de ce tome très récemment, quand notre cher Agecanonix en a parlé sur les forums, et après avoir consulté les quelques pages disponibles sur internet et été séduit par leur beauté incroyable, j'ai foncé en librairie me procurer cet attirant one-shot. Bien m'en a pris... Jusqu'au dernier est formidable à bien des égards. Le scénario de Jérôme Félix est très soigné. Rien de révolutionnaire, mais son intrigue fonctionne bien, quoique finalement, elle est plus celle d'un polar atemporel que d'un western proprement dit. Je veux dire par là qu'on aurait pu situer presque exactement la même intrigue dans les années 30, 50, 80 voire aujourd'hui sans changer d'élément scénaristique majeur (peut-être le motif du maire de la ville). Qu'on ne s'y trompe pas, cela ne signifie pas que le cadre du western est usurpé ou mal employé. Non, il est parfaitement valorisé ; simplement, il aurait peut-être pu se trouver davantage enraciné dans les fondements même de l'intrigue. Quoiqu'il en soit, on prend un immense plaisir à se plonger dans cette ambiance de western sombre, évidemment inspirée par le chef-d'oeuvre incontournable de Sergio Leone Il était une fois dans l'Ouest. Dans la droite ligne de Comanche, Jérôme Félix nous propose une histoire où le western est propice à nous faire réfléchir sur l'homme en général, sa brutalité, mais aussi ses tourments intérieurs et les déchirements de son âme. En cela, les personnages imaginés par Félix sont excellents : facilement caractérisés en peu de mots, ils sont extrêmement attachants, et jouent tous un rôle dans l'intrigue et dans sa dimension réflexive, illustrant chacun un aspect différent de l'âme humaine. Le duo Russell/Kirby incarne deux facettes d'une même figure paternelle, protégeant le faible Bennett, touchant simple d'esprit en proie à un monde qui ne veut pas de lui. Admirablement tempérés par le doux personnage de l'institutrice, ces deux hommes droits, mais soumis aux codes de cet Ouest violent, émeuvent par leurs dilemmes et leur conduite imparfaite dont ils sont les premiers à souffrir. Face à eux, une bande lâches et de salauds, mais pas jusqu'au bout : Jérôme Félix a l'intelligence de leur donner une âme également. Pas forcément excusables, les hommes qui en veulent nos deux héros ne sont guère plus que des êtres poussés à bout, qui ne cherchent qu'à s'en sortir. Ils font de mauvais choix, s'orientant délibérément du côté du mal, mais finalement, on les comprend. Acculés, où peuvent-ils se réfugier ailleurs que dans la violence ? Jérôme Félix met ici en scène une violence dénuée de haine, fait suffisamment rare pour être souligné, et qui suscite une réflexion plus profonde que la première lecture ne semble en soulever. A méditer... Du côté du dessin, il est difficile de trouver les mots pour qualifier le travail de Paul Gastine, tant les plus beaux mots qui nous viennent à l'esprit semblent bien trop infimes. C'est d'une splendeur hallucinante, tout bonnement ! Ne basculant pas dans les pièges de l'hyperréalisme, Gastine effectue un travail graphique véritablement incroyable, toujours très réaliste tout en sachant garder le style dessiné. Bénéficiant de couleurs chatoyantes plus qu'agréables à l'oeil, Jusqu'au dernier est une odyssée graphique captivante. L'ambiance est grandiose et puissante, et l'on ne se lasse pas d'enchaîner les cases, tant le dessin nous transporte dans un autre monde qui, pourtant, est - était - le nôtre. Puisqu'il est difficile d'accéder à la totale perfection, il faut bien accorder quelques reproches à cette oeuvre. Ceux-ci sont très légers mais malheureusement bien présents : tout va un peu vite. Certains éléments scénaristiques semblent un peu expédiés, ce qui est sans doute dû au format one-shot du récit, obligeant Félix et Gastine à des coupes légèrement dommageables. Reproche complémentaire : la mise en scène manque parfois d'ampleur. La scène clé de la découverte du corps de Bennett, par exemple, manque de puissance émotionnelle. On aurait aimé être vraiment bouleversé par cette séquence touchante, mais il lui manque la petite étincelle qui le lui aurait permis (ce qui ne l'empêche pas d'être réussie malgré tout). Enfin, dernier (tout petit) défaut, directement issu des qualités soulignées ci-dessus : le dessin et les couleurs sont un peu trop propres pour un western aussi noir. Tout ça manque de la saleté qu'on aurait imaginé dans un récit pareil. Les images sont chaleureuses, brillantes et colorées, et ce finalement même dans les scènes les plus dramatiques. Rien de grave, c'est dépendant de la somptuosité de l'ensemble, mais un peu plus de saleté aurait contribué à mieux rendre l'aspect crépusculaire de l'histoire qui nous est contée. Enfin, ces reproches sont vraiment minimes, tant il serait profondément injuste de bouder son plaisir face à une oeuvre généreuse qui, si elle ne bouleverse pas l'histoire de la bande dessinée, nous propose quand même quelque chose de remarquable. Tout est là pour faire de ce récit un grand récit : la qualité graphique s'allie à des dialogues simples mais efficaces et à des personnages nuancés et bien écrits pour nous toucher au plus profond de nous-même. Et en cela, je suis plus que satisfait par le final, plein de sens et réellement émouvant. Je me suis senti muet face à cette conclusion qui, enfin, apporte une lueur d'espoir et de rédemption dans une histoire très noire, et conclut sur une note optimiste une bande dessinée qui méritera une seconde lecture très rapidement...

05/02/2020 (modifier)
Par Mosath
Note: 4/5
L'avatar du posteur Mosath

Les grands espaces, la fin d’une ère, les gueules dures, le huis-clos d’une petite communauté, le vice et la mort qui rôdent à chaque coin de page, tout est en place pour un parfait western, brutal et pur. J’avoue qu’après la belle couverture et l’introduction de 3 pages « pré-générique » à la Leone, j’étais ferré. Par la suite l’intrigue bien menée, est superbement servie par le dessin et le découpage, parfaits à mon goût et tellement adaptés au genre. On peut regretter que les événements de la dernière partie s’enchaînent si vite, nous privant de personnages plus profonds et développés. Cependant la fin où se noient le bien, le mal, la fin d’un monde, le progrès... nous laisse sur notre faim comme souvent celle d’un excellent western. Bref, il ne manque que la musique. Un immanquable pour les fans du genre.

26/01/2020 (modifier)
L'avatar du posteur Noirdésir

Western crépusculaire. Oui, la formule, souvent galvaudée, semble ici bien choisie, tant l’intrigue (assez squelettique au demeurant) tourne autour de la fin du monde des cow-boys, le chemin de fer remplaçant les grands convoyages à travers les immenses espaces. Le héros en prend conscience, et l’on peut un temps croire qu’il va s’en accommoder, mais en fait il n’en est rien, et c’est bien son refus de vivre hors de ses repères – lorsque la seule chose qui l’attache à la vie aura disparu – qui le pousse « à en finir ». Quelques petits bémols toutefois. Je trouve que l’histoire manque parfois de profondeur, et aurait en grande partie pu se dérouler dans un autre cadre que le « western ». Mais cela se laisse lire, il y a du rythme. J’ai trouvé assez surprenante la rapidité et la violence avec lesquelles les deux amis se déchirent après le basculement de l’intrigue à Sundance. Pour le reste, c’est du classique (y compris pour la couverture, qui m’a vaguement fait penser à celle de Colt Walker). Du classique, mais traité sur le ton de l’amertume, du désespoir : malgré les couleurs plutôt vives, c’est bien la noirceur qui prédomine ! Même si la lumière irradie l’épilogue, lorsque la ville et la « civilisation » fleurit, nous savons alors sur quel terreau d’immondices elle s’est bâtie, quelle lâcheté a permis à Sundance de « monter en grade ». J’ai parlé de couleurs, je voudrais enchaîner et finir par le dessin, qui lui ne souffre pas vraiment de critiques. Je l’ai trouvé excellent, chouette à regarder – que ce soit pour les grands espaces ou pour les personnages (corps, visages, rien à redire). Le dessin de Gastine contrebalance en grande partie les défauts pointés dans le scénario concocté par Félix. Note réelle 3,5/5

04/01/2020 (modifier)
L'avatar du posteur angelus4340

J'ai beaucoup apprécié cette histoire. Les dessins aussi, mais malheureusement je reste sur ma faim concernant la fin de l'album. Il me manque quelque chose, la fin est trop ouverte pour un one-shot.

20/12/2019 (modifier)
Par pol
Note: 3/5
L'avatar du posteur pol

Voilà un western qui grâce à un scénario bien mené nous offre un moment de lecture agréable. Dessin, cadrages et couleurs sont au diapason pour nous mettre dans l'ambiance. L'idée originale est de situer cette histoire sur la toute fin de la période des cow boys tels qu'on les voit habituellement dans les westerns. Ça lance bien le récit qui tourne autour de la dernière mission d'accompagnement de troupeau avant de devoir penser reconversion. Et bien sûr les péripéties qui vont arriver vont chambouler ces projets. Et nous tenir en haleine une bonne partie de l'histoire. J'ai un peu moins aimé la fin, ce combat - sacrifice ne m'a pas convaincu. Ou plutôt j'aurais espéré un autre dénouement, plus optimiste. Peut être parce que je m'étais attaché aux personnages. En tout cas, cette lecture est très sympa et je ne manquerais pas d'offrir cet album très prochainement.

10/12/2019 (modifier)
Par Hervé
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
L'avatar du posteur Hervé

Ces deux auteurs nous avaient livré il y a quelques années L'Héritage du Diable, une série sympathique mêlant ésotérisme avec la grande Histoire, série que j'avais beaucoup appréciée. Cette fois-ci le tandem nous revient avec un western, et quel western! Derrière une magnifique couverture, que l'on ait opté pour le tirage de luxe ou le tirage normal, nous découvrons une histoire assez inattendue. Outre un scénario qui n'est pas avare en surprises, et qui défie tout ce que l'on attendait d'un western classique, il faut souligner la qualité exceptionnelle du dessin de Paul Gastine. Quels progrès depuis L'Héritage du Diable. Avec des plans très cinématographiques (jetez un coup d’œil à la troisième case de la page 49), Gastine nous offre des planches somptueuses. Il est très à l'aise dans les scènes nocturnes, assez nombreuses dans cette histoire. J'avoue avoir choisi l'édition grand format, en tirage de luxe pour admirer le dessin. J'attendais depuis plusieurs mois la sortie de cet album, après avoir découvert quelques planches sur certains sites, et mon attente a été à la hauteur de ce que j'espérais. Car ce one shot, il faut souligner qu'il s'agit d'un one-shot, est sublime. Jérôme Félix a l'habileté de nous offrir, derrière un début de scénario somme toute assez classique, souvent traité au cinéma (le déclin des cow-boys et l'émergence du chemin de fer) une histoire d'amitié, d'engagement qui va virer au cauchemar. J'ai déjà relu cet album deux fois tant cette histoire m'a enthousiasmé, et je vous invite à découvrir ce one-shot, qui, avec Les Indes fourbes sera à mon avis, un des meilleurs albums de cette année.

12/11/2019 (modifier)
Par Ro
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
L'avatar du posteur Ro

Depuis le succès de Undertaker et Sykes notamment, il y a un vrai renouveau du western dans la BD ces dernières années, avec pas mal de vraiment bons albums et bonnes séries. Et "Jusqu'au dernier" vient s'y ajouter, en bonne place parmi les meilleurs à mes yeux. L'histoire se déroule à la fin du 19e siècle, alors que l'Ouest est en plein bouleversement avec l'arrivée du chemin de fer qui va conduire à la fin de l'ère des cow-boys, ces hommes dont la mission consistait à faire traverser les états à des troupeaux de bovins en direction des abattoirs de Chicago notamment. Russell est l'un de ces cow-boys, un vieux de la vieille qui sent le vent tourner pour lui. Accompagné de Kirby, un jeune cow-boy débrouillard en qui il place toute sa confiance, et de Bennett, l'enfant un peu simplet qu'il a recueilli, il décide de prendre sa retraite et de monter un petit ranch bien à lui. Mais la mort de Bennett, à qui il tenait tant sans le montrer clairement, va changer la donne et l'entraîner dans une fuite en avant sans retour possible. D'emblée, j'ai été épaté par le dessin. Paul Gastine a mis trois ans à dessiner cet album et, pfiou, ça en valait la peine. Chaque planche est superbe, à la toute petite exception de la planche titre dont la colorisation trop orangée m'a un peu dérangé. Mais hormis celle-là, il n'y a pas une page que je n'ai pas trouvée époustouflante. La mise en scène est très cinématographique, avec des prises de vue en plans éloignés sur des paysages grandioses, réalistes et détaillés. Les personnages sont réalistes eux aussi et en même temps plein de vie, d'expressivité et de dynamisme. Et la colorisation est aussi particulièrement maîtrisée. Par plusieurs aspects et même si le trait est ici plus fin, j'ai retrouvé dans ce dessin des touches me rappelant le style de Ralph Meyer et comme j'adore cet auteur et son graphisme, c'est un vrai compliment que je fais là. L'histoire n'est pas en reste. Elle est très bonne et offre un one-shot dense, qui sort des sentiers battus. Le contexte est intéressant, celui d'un pays en plein bouleversement où le cow-boy classique ne trouve plus sa place. Les personnages sont très bons, avec un trio original qui fonctionne bien. Et les protagonistes secondaires sont également bien trouvés. L'intrigue, quant à elle, se révèle pleine de surprises, avec quelques passages, retournements de situations et décisions des personnages plutôt inattendus. On n'y trouvera finalement pas vraiment de bons ni de méchants et pourtant le déroulé se révélera tragique. Je note qu'on aura droit à un passage rappelant un peu l'intrigue du Rige, le troisième tome de La Quête de l'Oiseau du Temps, et là encore c'est pour moi un compliment manifeste. La conclusion du récit est forte car elle laissera le lecteur sur un sentiment mi-figue mi-raisin, à la fois triste et désabusé mais aussi finalement optimiste pour la relève qui se présente. La fin d'une ère laisse la place à un nouveau monde, avec sa lumière et son obscurité. Indéniablement un chouette one-shot ! Bravo aux auteurs.

22/10/2019 (modifier)