En ces temps troublés mais surtout normalement dévolus à une certaine campagne électorale, cet ouvrage apparait comme LE coup d'oeil dans le rétro nécessaire pour embrasser toute l'ampleur du "projet" de Macron appliqué depuis bientôt cinq ans (néologisme néolibéral pour main mise sur l'argent public au profit du privé et la casse sociale qui va avec).
Ce pavé de plus de 320 pages (qu'il serait dommage d'utilisé en manif) vous donnera pourtant envie d'empaler ce triste sire qui, derrière ses beaux discours et sa tête de gendre idéal, applique une politique néolibérale redoutable qui détricote le service public français au nom de la rentabilité en faisant payer l'addition aux plus démunis d'entre nous. Vous me direz que tout cela est bien partial, certes. Mais cet album s'il dénonce cet état de fait s'appuie sur des chiffres, des citations des intéressés eux même, des articles, des interviews et autres rapports d'organismes nationaux ou internationaux. David Chauvel nous livre ici le résultat d'un travail de recherche titanesque mais sans appel. Après un rappel de ce qu'est le néolibéralisme et son histoire, il nous retrace l’ascension et l'ambition de notre président actuel, la mise en place de sa politique et son bilan. C'est plutôt édifiant quand on met effectivement bout à bout tout ces événements qui auront plongé la France dans un mouvement de contestation sociale tel qu'elle n'en avait pas connu depuis 1968 et qui aura été réprimé par une violence policière sans précédent. Oups, non, "les violences policières" n'existent pas... (L'ignorance c'est la force, la guerre c'est la paix, blablabla...).
Que ce soit la crise des gilets jaunes, celle du covid, tout est passé au crible et couché de façon quasi chirurgicale par le trait réaliste et froid de Malo Kerfriden. Son coup de crayon quasi photographique tout en noir et blanc, juste rehaussé de jaune pour bien mettre en valeur certains contrastes ou "détails" fait mouche et joue pleinement son rôle.
Voilà un album qui demande de l'attention et que vous ne risquez pas d'avaler en dix minutes (il m'aura fallu quelques jours pour en venir à bout) mais qui en ces temps où notre très cher Macron se présente en "sauveur" se révèle indispensable pour ne pas oublier SON "projet" pour la France (ou plutôt pour les premiers de cordée) et les risques encourus s'il enchaîne un deuxième quinquennat.
Perso je trouve cette série magnifique. Je triche car je suis un amoureux du théâtre de Shakespeare ( sauf Shylock) et particulièrement de la pièce de "Mac Beth". La pièce maudite du répertoire anglais "The scottish play".
Tout d'abord, les auteurs s'affranchissent d'un suivi à la virgule de la pièce de Shakespeare. C'est bienvenue car cela leur laisse une marge de liberté et donne beaucoup de cohérence au récit. En outre cela amplifie la personnalité de la scottish Lady, Lady Mac Beth.
Inutile de jouer au jeu des différences, elles sont nombreuses mais Shakespeare avait fait de même quand il s'était approprié la légende des époux Mac Beth. Pour moi le plus important est que l'esprit de la légende soit respecté de très belle façon.
Je trouve le travail effectué par Thomas Day époustouflant. Prendre le texte de Shakespeare, le brasser de mille façons, le couper pour nous le restituer compréhensible dans cet espace si restreint est un exploit digne d'éloge.
Thomas Day ne se contente pas de le restituer, il fait chanter le texte avec des tournures certes difficiles mais qui correspondent si bien à l'esprit de l'oeuvre originale.
Un texte de théâtre s'écoute plus qu'il ne se lit, et c'est au lecteur de trouver le rythme du phrasé pour rentrer dans l'oeuvre
. Evidemment le théâtre Elisabéthain n'a pas grand chose à voir avec notre théâtre classique. Chez Shakespeare ,et donc chez les auteurs de la série, pas de règles d'unités ni de bienséance. On tue, on écorche, on s'aime et on se bat.
Les mystères, les sorcières ou les fantômes font parties de tout ce que l'on ne comprend pas. Je trouve même que Day magnifie le personnage puissant de Lady Mac Beth comme le duo Peña-Le Callet l'avait fait avec l'excellent Médée.
Ces deux disciples d'Hécate me permettent de relier les deux oeuvres qui reprennent les deux grandes figures du mal chez une femme. Représentation véhiculée par des hommes qui n'hésitent pas à faire bien pire au nom de la raison d'Etat.
Si je ne me suis pas ennuyé une seconde à découvrir ce magnifique texte ; j'en ai pris aussi plein les yeux. Sorel peint la lande écossaise, les brumes, les sorcières et leurs maléfices , les fêtes, les batailles d'une manière à couper le souffle.
Mais surtout le paroxysme est atteint avec ces face-à-face entre les deux époux maudits unis dans ce tourbillon de vies et de morts.
Pas forcément une oeuvre d'un abord facile mais elle mérite qu'on s'y accroche. J'ai une préférence pour le tome 1 mais le 2 est de très bonne facture.
La rencontre de deux auteurs de talent, Philippe Pélaez et Tiburce Oger.
Paris, 1903. Des notables de la ville sont exécutés et on retrouve sur chaque scène de crime, un louis d'or. Les soupçons se portent sur un homme au chapeau avec une écharpe rouge.
Pélaez nous transporte dans le Paris du début du vingtième siècle, trente ans après la Commune. On se promène sur le chantier du métro, au cimetière du Père Lachaise, les catacombes et des grands magasins Dufayel.
Il a comme dans Maudit sois-tu ce savoir-faire pour mélanger fiction et réalité comme l'incendie du métro le dix août. C'est une vraie plus value au récit. Il distille quelques indices sur les raisons de ces assassinats grâce à cet inspecteur qui sort des standards.
La description réaliste de Paris est vraiment soignée, on y côtoye les apaches, des brigands de la belle époque, identifiables à leur ceinture rouge, souvent des anciens communards.
Une narration fluide où les voix off des protagonistes donnent la cadence et où chaque chapitre est séparé par une Une pleine page du Petit Journal, quotidien de la capitale.
J'ai été happé par cette intrigue dont une partie du voile sera révélée.
Oger dont j'ai déjà apprécié le travail sur Gorn, La Forêt et Ghost Kid est au sommet de son art. Ici, son style est toujours reconnaissable mais légèrement différent, plus aboutit. Toujours aussi fluide et une colorisation monochrome qui met en valeur la multitude de détails. Juste le rouge tranche dans ce monde de chaos.
Une merveille.
Si le second tome est du même niveau, alors cet Enfer pour Aube fera partie des immanquables.
Un cahier graphique explicatif sous forme de revue de presse des plus intéressants en fin d'album.
Will Eisner continue son oeuvre autobiographique qu'il mèle à des épisodes fictifs. Ici il nous livre les difficultés d'accueil d'une famille juive dans un quartier non juif.
Les difficultés qu'il rencontre et les bagarres qui s'en suivent permettent des mises en perspectives avec les récits de ses parents.
Eisner nous conte la venue de sa mère puis celle de son père sous forme d'un hommage à leur résilience face aux coups du sort et aux préjugés antisémites.
Eisner montre que le combat contre la bêtise raciste n'est jamais gagné et que le vocabulaire haineux peut détruire en un instant des années d'amitié.
Une histoire assez simple et linéaire avec moins d'émotion que dans les épisodes de Dropsie Avenue.
Le dessin est toujours ce qui se fait de mieux à mon avis. Lignes fluides et vivantes, enchaînements dynamiques et éclairages travailllés montrent l'immense maîtrise graphique du maître.
J'ai beaucoup aimé le passage sur Vienne qui montre l'apport extraordinnaire des artistes Juifs avant la première guerre.
Encore un très bon opus ,sans surprise.
Depuis 2010, je suis de près le travail du duo Brugeas/Toulhoat notamment avec leur série emblématique Block 109 et ses dérivés sur laquelle je m'étais enthousiasmé. J'avoue, par la suite, avoir été moins réceptif à Ira Dei.
Mais là, avec "la République du crâne" je retrouve toute mon âme d'enfance, même si ce one shot s'adresse à un public plus adulte, lorsque je découvrais les films de pirates à la télé.
Hasard de mes les lectures, je viens de relire Le Testament du Capitaine Crown et l'incontournable Long John Silver de Dorison et Lauffray est toujours dans mon esprit.
Mais c'est sous un regard neuf et nouveau, que Brugeas & Toulhoat nous présentent cette histoire de pirates, loin des trésors enfouis dans des îles inaccessibles, mais plus proches des valeurs humanistes, le tout magnifié par le dessin parfaitement maitrisé de Ronan Toulhoat. Il restitue parfaitement aussi bien les combats navals, que les scènes nocturnes qui sont d'une beauté renversante. Son dessin est tout nettement flamboyant.
Mais le point fort de cette bande dessinée réside sans hésiter dans son scénario. Autour de 4 personnages, Olivier de Vannes, la mystérieuse et intrigante Maryam, le flamboyant Sylla et l'insaisissable Abyeda, se retrouvent aussi bien la démocratie, le courage,la fierté, la loyauté et l'humanisme, des qualités souvent très éloignées du monde de la piraterie.
En outre, le choix du livre de bord pour nous raconter ce récit est assez audacieux et un pari risqué mais très payant.
Cet album de près de 210 pages se lit avec plaisir et envie, et on regrette d'arriver à la chute finale, abrupte et dure .
Il faut noter que l'album est suivi d'un dossier assez bien foutu sur l'histoire des pirates, qui m'a appris pas mal de choses.
Ce one shot constitue pour moi une des meilleures lectures de cette année, et je suis sûr que je vais le relire souvent.
Bref un incontournable que tout amateur de bd se doit de lire.
J'avais vraiment beaucoup aimé son Médée premier ouvrage de Nancy Peña que je lisais. Je continue avec sa "Tea Party' et je ne suis pas déçu même si je le trouve un ton en dessous.
L'histoire de ce pari ridicule, teintée de fantastique à la sauce Conan Doyle, est vraiment originale par son sujet culinaire. Nancy Peña nous emmène dans le Londres de la reine Victoria , celui des clubs huppés mais aussi celui des rue pleines de mystères et de dangers.
Entre une aristocratie imbue de son paraître et un petit peuple qui aspire à la survie, l'autrice mène son récit tambour battant comme une enquête de Sherlock. C'est un véritable jeu de pistes brouillées qui m'a tenu en haleine avec une chute à la Conan Doyle.
Pour soutenir ce récit Nancy Peña propose un trait fluide en noir et blanc. Le rouge vif souligne les parties inquiétantes entre rêve et réalité.
Madame Peña a choisi comme maître à dessiner will Eisner et quelques-unes de ses planches m'y font penser par sa fluidité des mouvements et l'expression des regards.
Une belle réussite et une lecture agréable.
Anaïs Nin est une femme intrigante, à la fois tourmentée et libérée. Peut-être devrait-on plutôt dire une femme toujours en lutte pour sa libération. Pour se libérer en tant que femme, sexuellement (socialement, elle y parvient plus facilement). Mais aussi pour se libérer de ses questionnements, de ses démons, de ses envies et de ses angoisses.
Léonie Bischoff réussit très bien à montrer ces questionnements intérieurs, la force et la fragilité de cette femme qui se révèle à elle-même en même temps qu’elle se révèle à ses amants. Et qu’elle se révèle à ses lecteurs (je me rappelle avoir lu et apprécié il y a longtemps certains extraits de son journal – ici évoqué -, dont « Venus Erotica », « Les petits oiseaux »).
Cet album n’éclaire pas toute la part d’ombre de Nin, mais en montre la grande fraicheur, l’extrême fragilité. En partie grâce à un dessin au trait léger, au rendu proche de crayonnés rehaussés de couleurs discrètes.
Ce qui a choqué et choque peut-être encore certains lecteurs de Nin est ce mélange de force et de faiblesse, cette aptitude à s’affranchir des carcans sociaux et moraux. Sa liberté qui n’est pas exempte de douleurs. Sa vérité qu’elle pare de mensonges. Bischoff en a fait un beau portrait en tout cas.
Gibrat nous propose un récit sous l'Occupation avec un angle fort original.
La guerre semble lointaine dans ce coin d'Aveyron et il faut écouter radio-Londres pour se dire que cela bouge quelque part en Europe.
Cela ressemble plus à un théâtre où chacun y joue son rôle. Serge en milicien abruti ou Paul en résistant communiste.
Mais on continue à se parler ou à jouer aux cartes ensemble puisqu'on est tous presque de la même enfance dans ce petit village. C'est l'apparition tardive des uniformes allemands qui ramènera la froide réalité dans le village.
Julien est-il un héros comme Paul ? Un lâche ? Un salaud ? Profite-t-il d'une situation qui le favorise au balcon de son théâtre où il voit sans être vu ? Il pourrait écrire son journal mais il n'est pas Anne Franck. D'ailleurs a-t-il la perception du danger étouffé par ses soucis sentimentaux ?
Cet abandon et cette contemplation ne sont pas si désagréables si ce n'est cette jalousie qui le ronge. Actif ou passif ? Peut-être a-t-il besoin de matérialiser les enjeux pour se décider ? Comme le jour où il est parti pour le STO ou quand Paul lui apporte les caisses.
C'est le génie de Gibrat qui joue avec notre empathie pour Julien au fil du récit en plus et en moins. Ne nous y trompons pas : garder des armes valait déjà une séance de torture et un peloton en bonne et due forme.
J'aime la similitude avec le Spirou d'Emile Bravo, même époque, même trains du destin, même interrogation sur quoi faire. Quand on se croit sur des rails ira-t-on jusqu'au bout ?
D'ailleurs la belle Cécile qui dévore Zola préfigure le dénouement de La Bête humaine. Tous ces destins qui se croisent !
Le dessin de l'auteur magnifie son excellent scénario. Les décors sont superbes et le village est un personnage en lui-même. Tous ces gestes du quotidien dans la cuisine, dans la chambre sont une exquise capture de moments intimes et uniques.
Cette touche de sensualité apportée par la grâce et les robes de Cécile sont un printemps perpétuel.
Un vrai régal
Les éditions Soleil ont trouvé leur nouvelle poule aux œufs d’or avec le monde d’Arran, en moins d’une décennie plus de 70 albums parus !!
Sur le même principe que pour la maison des idées, on retrouve à la baguette un noyau dur d’auteurs qui décline l’univers.
Après les elfes et les nains, voici la 3ème série : Orcs et Gobelins, où on s’attache à suivre nos amis à peau verte, toujours dans des récits indépendants (15 à ce jour).
Forcement sur l’ensemble, scénarii comme dessins sont versatiles, on aura ses préférences.
Un programme homogène : assassin, voleur, mercenaire, guerrier, ça triche, ça hurle, ça jure, ça tue, ça meurt ... un rien redondant mais le tout reste toujours plaisant et distrayant, avec quelques bonnes surprises.
C’est du bon blockbuster fait par des passionnés, je ne possède pas (trop de tomes et j’ai senti l’arnaque ;) mais j’adhère et je lis avec intérêt dès que je peux, mine de rien l’univers créé devient une petite référence dans le genre (attention à l’overdose toutefois).
Lecture vivement conseillée pour tout amateur de hf.
3,5+
Je m’aperçois que je n’ai pas avisé cette bd que j’avais découverte grâce au site et lue il y a maintenant presque deux ans. J’étais persuadé de l’avoir fait, et je répare cet oubli de ce pas.
“La Fille dans l’écran” est une très belle histoire, d’amour et d’acceptation de soi et de l’autre. Nous suivons l’histoire de Coline, jeune illustratrice qui est en France et qui cherche à se faire publier ,et de Marley, qui habite au Québec avec son mec, travaille dans un café et, occasionnellement, fait de la photo, sa première passion qu’elle a fini par délaisser. Les deux voient leur chemin se croiser, et, petit à petit, vont se lier et se pousser l’une et l’autre à se surpasser et à retrouver le moral, et à vivre de ce qui leur plaît.
J’ai beaucoup aimé cette histoire pour deux raisons principales :
1° Cette histoire d’amour n’est pas niaise pour un sou, est plutôt mignonne et, surtout, n’est pas “que” une histoire d’amour. C’est aussi une ode à la confiance en soi, à l’acceptation de ses sentiments et au droit que l’on a à faire ce qui nous rend heureux. Car on se rend compte que les deux sont au final assez malheureuses dans leur vie et arrivent à s’en sortir en acceptant les conseils de l’autre. On les voit aller de mieux en mieux au fur et à mesure et ça fait vraiment plaisir. La complicité entre les deux est très bien rendue, et même les scènes de “dispute” ne m’ont parues ni gênantes ni niaises. Les sentiments des deux protagonistes sont bien exprimés, et je me suis attaché aux deux.
2° Le travail de Manon Desvaux et de Lou Lubie à quatre mains est assez bluffant. J’avais déjà lu “Magasin Général” qui était un travail à deux auteurs, où Loisel et Tripp superposaient leur trait. Ici, c’est encore différent car les deux autrices ont chacun leur personnage et leur page, et fonctionnent en alternance : une page pour Manon Desvaux et Coline, et une page pour Lou Lubie et pour Marley. Le risque aurait été d’avoir un récit haché et peu linéaire mais ce n’est pas du tout le cas. Au contraire, j’ai trouvé ma lecture très agréable. Les particularités de chacune des deux sont bien montrées, et soulignées par la colorisation (noir et blanc pour Desvaux et en couleur pour Lubie). Mais on garde une vraie cohérence et une vraie continuité dans l’histoire.
Côté style de dessin, j’ai beaucoup aimé le trait de Manon Desvaux, autrice que je découvrais à cette occasion. Je le trouve très esthétique, esthétique accentuée par le noir et blanc. J’ai un peu moins aimé le trait de Lou Lubie, alors que je l’ai apprécié dans “Goupil ou Face”. Peut-être souffre-t-il un peu, à mes yeux, de la comparaison avec celui de Manon Desvaux, pour lequel j’ai vraiment eu un coup de cœur. Mais très honnêtement, Lou Lubie maîtrise son sujet, c’est très bien réalisé et c’est plus une affaire de goût personnel de ma part. Globalement, cet ouvrage est aussi un bel objet graphique.
Un vrai coup de coeur auquel je ne m’attendais pas forcément, et que je retranscris donc sur ce site, avec du retard certes, mais mieux vaut tard que jamais.
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En ces temps troublés mais surtout normalement dévolus à une certaine campagne électorale, cet ouvrage apparait comme LE coup d'oeil dans le rétro nécessaire pour embrasser toute l'ampleur du "projet" de Macron appliqué depuis bientôt cinq ans (néologisme néolibéral pour main mise sur l'argent public au profit du privé et la casse sociale qui va avec). Ce pavé de plus de 320 pages (qu'il serait dommage d'utilisé en manif) vous donnera pourtant envie d'empaler ce triste sire qui, derrière ses beaux discours et sa tête de gendre idéal, applique une politique néolibérale redoutable qui détricote le service public français au nom de la rentabilité en faisant payer l'addition aux plus démunis d'entre nous. Vous me direz que tout cela est bien partial, certes. Mais cet album s'il dénonce cet état de fait s'appuie sur des chiffres, des citations des intéressés eux même, des articles, des interviews et autres rapports d'organismes nationaux ou internationaux. David Chauvel nous livre ici le résultat d'un travail de recherche titanesque mais sans appel. Après un rappel de ce qu'est le néolibéralisme et son histoire, il nous retrace l’ascension et l'ambition de notre président actuel, la mise en place de sa politique et son bilan. C'est plutôt édifiant quand on met effectivement bout à bout tout ces événements qui auront plongé la France dans un mouvement de contestation sociale tel qu'elle n'en avait pas connu depuis 1968 et qui aura été réprimé par une violence policière sans précédent. Oups, non, "les violences policières" n'existent pas... (L'ignorance c'est la force, la guerre c'est la paix, blablabla...). Que ce soit la crise des gilets jaunes, celle du covid, tout est passé au crible et couché de façon quasi chirurgicale par le trait réaliste et froid de Malo Kerfriden. Son coup de crayon quasi photographique tout en noir et blanc, juste rehaussé de jaune pour bien mettre en valeur certains contrastes ou "détails" fait mouche et joue pleinement son rôle. Voilà un album qui demande de l'attention et que vous ne risquez pas d'avaler en dix minutes (il m'aura fallu quelques jours pour en venir à bout) mais qui en ces temps où notre très cher Macron se présente en "sauveur" se révèle indispensable pour ne pas oublier SON "projet" pour la France (ou plutôt pour les premiers de cordée) et les risques encourus s'il enchaîne un deuxième quinquennat.
Macbeth Roi d'Écosse
Perso je trouve cette série magnifique. Je triche car je suis un amoureux du théâtre de Shakespeare ( sauf Shylock) et particulièrement de la pièce de "Mac Beth". La pièce maudite du répertoire anglais "The scottish play". Tout d'abord, les auteurs s'affranchissent d'un suivi à la virgule de la pièce de Shakespeare. C'est bienvenue car cela leur laisse une marge de liberté et donne beaucoup de cohérence au récit. En outre cela amplifie la personnalité de la scottish Lady, Lady Mac Beth. Inutile de jouer au jeu des différences, elles sont nombreuses mais Shakespeare avait fait de même quand il s'était approprié la légende des époux Mac Beth. Pour moi le plus important est que l'esprit de la légende soit respecté de très belle façon. Je trouve le travail effectué par Thomas Day époustouflant. Prendre le texte de Shakespeare, le brasser de mille façons, le couper pour nous le restituer compréhensible dans cet espace si restreint est un exploit digne d'éloge. Thomas Day ne se contente pas de le restituer, il fait chanter le texte avec des tournures certes difficiles mais qui correspondent si bien à l'esprit de l'oeuvre originale. Un texte de théâtre s'écoute plus qu'il ne se lit, et c'est au lecteur de trouver le rythme du phrasé pour rentrer dans l'oeuvre . Evidemment le théâtre Elisabéthain n'a pas grand chose à voir avec notre théâtre classique. Chez Shakespeare ,et donc chez les auteurs de la série, pas de règles d'unités ni de bienséance. On tue, on écorche, on s'aime et on se bat. Les mystères, les sorcières ou les fantômes font parties de tout ce que l'on ne comprend pas. Je trouve même que Day magnifie le personnage puissant de Lady Mac Beth comme le duo Peña-Le Callet l'avait fait avec l'excellent Médée. Ces deux disciples d'Hécate me permettent de relier les deux oeuvres qui reprennent les deux grandes figures du mal chez une femme. Représentation véhiculée par des hommes qui n'hésitent pas à faire bien pire au nom de la raison d'Etat. Si je ne me suis pas ennuyé une seconde à découvrir ce magnifique texte ; j'en ai pris aussi plein les yeux. Sorel peint la lande écossaise, les brumes, les sorcières et leurs maléfices , les fêtes, les batailles d'une manière à couper le souffle. Mais surtout le paroxysme est atteint avec ces face-à-face entre les deux époux maudits unis dans ce tourbillon de vies et de morts. Pas forcément une oeuvre d'un abord facile mais elle mérite qu'on s'y accroche. J'ai une préférence pour le tome 1 mais le 2 est de très bonne facture.
L'Enfer pour Aube
La rencontre de deux auteurs de talent, Philippe Pélaez et Tiburce Oger. Paris, 1903. Des notables de la ville sont exécutés et on retrouve sur chaque scène de crime, un louis d'or. Les soupçons se portent sur un homme au chapeau avec une écharpe rouge. Pélaez nous transporte dans le Paris du début du vingtième siècle, trente ans après la Commune. On se promène sur le chantier du métro, au cimetière du Père Lachaise, les catacombes et des grands magasins Dufayel. Il a comme dans Maudit sois-tu ce savoir-faire pour mélanger fiction et réalité comme l'incendie du métro le dix août. C'est une vraie plus value au récit. Il distille quelques indices sur les raisons de ces assassinats grâce à cet inspecteur qui sort des standards. La description réaliste de Paris est vraiment soignée, on y côtoye les apaches, des brigands de la belle époque, identifiables à leur ceinture rouge, souvent des anciens communards. Une narration fluide où les voix off des protagonistes donnent la cadence et où chaque chapitre est séparé par une Une pleine page du Petit Journal, quotidien de la capitale. J'ai été happé par cette intrigue dont une partie du voile sera révélée. Oger dont j'ai déjà apprécié le travail sur Gorn, La Forêt et Ghost Kid est au sommet de son art. Ici, son style est toujours reconnaissable mais légèrement différent, plus aboutit. Toujours aussi fluide et une colorisation monochrome qui met en valeur la multitude de détails. Juste le rouge tranche dans ce monde de chaos. Une merveille. Si le second tome est du même niveau, alors cet Enfer pour Aube fera partie des immanquables. Un cahier graphique explicatif sous forme de revue de presse des plus intéressants en fin d'album.
Au coeur de la tempête (Voyage au coeur de la tempête)
Will Eisner continue son oeuvre autobiographique qu'il mèle à des épisodes fictifs. Ici il nous livre les difficultés d'accueil d'une famille juive dans un quartier non juif. Les difficultés qu'il rencontre et les bagarres qui s'en suivent permettent des mises en perspectives avec les récits de ses parents. Eisner nous conte la venue de sa mère puis celle de son père sous forme d'un hommage à leur résilience face aux coups du sort et aux préjugés antisémites. Eisner montre que le combat contre la bêtise raciste n'est jamais gagné et que le vocabulaire haineux peut détruire en un instant des années d'amitié. Une histoire assez simple et linéaire avec moins d'émotion que dans les épisodes de Dropsie Avenue. Le dessin est toujours ce qui se fait de mieux à mon avis. Lignes fluides et vivantes, enchaînements dynamiques et éclairages travailllés montrent l'immense maîtrise graphique du maître. J'ai beaucoup aimé le passage sur Vienne qui montre l'apport extraordinnaire des artistes Juifs avant la première guerre. Encore un très bon opus ,sans surprise.
La République du Crâne
Depuis 2010, je suis de près le travail du duo Brugeas/Toulhoat notamment avec leur série emblématique Block 109 et ses dérivés sur laquelle je m'étais enthousiasmé. J'avoue, par la suite, avoir été moins réceptif à Ira Dei. Mais là, avec "la République du crâne" je retrouve toute mon âme d'enfance, même si ce one shot s'adresse à un public plus adulte, lorsque je découvrais les films de pirates à la télé. Hasard de mes les lectures, je viens de relire Le Testament du Capitaine Crown et l'incontournable Long John Silver de Dorison et Lauffray est toujours dans mon esprit. Mais c'est sous un regard neuf et nouveau, que Brugeas & Toulhoat nous présentent cette histoire de pirates, loin des trésors enfouis dans des îles inaccessibles, mais plus proches des valeurs humanistes, le tout magnifié par le dessin parfaitement maitrisé de Ronan Toulhoat. Il restitue parfaitement aussi bien les combats navals, que les scènes nocturnes qui sont d'une beauté renversante. Son dessin est tout nettement flamboyant. Mais le point fort de cette bande dessinée réside sans hésiter dans son scénario. Autour de 4 personnages, Olivier de Vannes, la mystérieuse et intrigante Maryam, le flamboyant Sylla et l'insaisissable Abyeda, se retrouvent aussi bien la démocratie, le courage,la fierté, la loyauté et l'humanisme, des qualités souvent très éloignées du monde de la piraterie. En outre, le choix du livre de bord pour nous raconter ce récit est assez audacieux et un pari risqué mais très payant. Cet album de près de 210 pages se lit avec plaisir et envie, et on regrette d'arriver à la chute finale, abrupte et dure . Il faut noter que l'album est suivi d'un dossier assez bien foutu sur l'histoire des pirates, qui m'a appris pas mal de choses. Ce one shot constitue pour moi une des meilleures lectures de cette année, et je suis sûr que je vais le relire souvent. Bref un incontournable que tout amateur de bd se doit de lire.
Tea Party
J'avais vraiment beaucoup aimé son Médée premier ouvrage de Nancy Peña que je lisais. Je continue avec sa "Tea Party' et je ne suis pas déçu même si je le trouve un ton en dessous. L'histoire de ce pari ridicule, teintée de fantastique à la sauce Conan Doyle, est vraiment originale par son sujet culinaire. Nancy Peña nous emmène dans le Londres de la reine Victoria , celui des clubs huppés mais aussi celui des rue pleines de mystères et de dangers. Entre une aristocratie imbue de son paraître et un petit peuple qui aspire à la survie, l'autrice mène son récit tambour battant comme une enquête de Sherlock. C'est un véritable jeu de pistes brouillées qui m'a tenu en haleine avec une chute à la Conan Doyle. Pour soutenir ce récit Nancy Peña propose un trait fluide en noir et blanc. Le rouge vif souligne les parties inquiétantes entre rêve et réalité. Madame Peña a choisi comme maître à dessiner will Eisner et quelques-unes de ses planches m'y font penser par sa fluidité des mouvements et l'expression des regards. Une belle réussite et une lecture agréable.
Anaïs Nin - Sur la mer des mensonges
Anaïs Nin est une femme intrigante, à la fois tourmentée et libérée. Peut-être devrait-on plutôt dire une femme toujours en lutte pour sa libération. Pour se libérer en tant que femme, sexuellement (socialement, elle y parvient plus facilement). Mais aussi pour se libérer de ses questionnements, de ses démons, de ses envies et de ses angoisses. Léonie Bischoff réussit très bien à montrer ces questionnements intérieurs, la force et la fragilité de cette femme qui se révèle à elle-même en même temps qu’elle se révèle à ses amants. Et qu’elle se révèle à ses lecteurs (je me rappelle avoir lu et apprécié il y a longtemps certains extraits de son journal – ici évoqué -, dont « Venus Erotica », « Les petits oiseaux »). Cet album n’éclaire pas toute la part d’ombre de Nin, mais en montre la grande fraicheur, l’extrême fragilité. En partie grâce à un dessin au trait léger, au rendu proche de crayonnés rehaussés de couleurs discrètes. Ce qui a choqué et choque peut-être encore certains lecteurs de Nin est ce mélange de force et de faiblesse, cette aptitude à s’affranchir des carcans sociaux et moraux. Sa liberté qui n’est pas exempte de douleurs. Sa vérité qu’elle pare de mensonges. Bischoff en a fait un beau portrait en tout cas.
Le Sursis
Gibrat nous propose un récit sous l'Occupation avec un angle fort original. La guerre semble lointaine dans ce coin d'Aveyron et il faut écouter radio-Londres pour se dire que cela bouge quelque part en Europe. Cela ressemble plus à un théâtre où chacun y joue son rôle. Serge en milicien abruti ou Paul en résistant communiste. Mais on continue à se parler ou à jouer aux cartes ensemble puisqu'on est tous presque de la même enfance dans ce petit village. C'est l'apparition tardive des uniformes allemands qui ramènera la froide réalité dans le village. Julien est-il un héros comme Paul ? Un lâche ? Un salaud ? Profite-t-il d'une situation qui le favorise au balcon de son théâtre où il voit sans être vu ? Il pourrait écrire son journal mais il n'est pas Anne Franck. D'ailleurs a-t-il la perception du danger étouffé par ses soucis sentimentaux ? Cet abandon et cette contemplation ne sont pas si désagréables si ce n'est cette jalousie qui le ronge. Actif ou passif ? Peut-être a-t-il besoin de matérialiser les enjeux pour se décider ? Comme le jour où il est parti pour le STO ou quand Paul lui apporte les caisses. C'est le génie de Gibrat qui joue avec notre empathie pour Julien au fil du récit en plus et en moins. Ne nous y trompons pas : garder des armes valait déjà une séance de torture et un peloton en bonne et due forme. J'aime la similitude avec le Spirou d'Emile Bravo, même époque, même trains du destin, même interrogation sur quoi faire. Quand on se croit sur des rails ira-t-on jusqu'au bout ? D'ailleurs la belle Cécile qui dévore Zola préfigure le dénouement de La Bête humaine. Tous ces destins qui se croisent ! Le dessin de l'auteur magnifie son excellent scénario. Les décors sont superbes et le village est un personnage en lui-même. Tous ces gestes du quotidien dans la cuisine, dans la chambre sont une exquise capture de moments intimes et uniques. Cette touche de sensualité apportée par la grâce et les robes de Cécile sont un printemps perpétuel. Un vrai régal
Orcs & gobelins
Les éditions Soleil ont trouvé leur nouvelle poule aux œufs d’or avec le monde d’Arran, en moins d’une décennie plus de 70 albums parus !! Sur le même principe que pour la maison des idées, on retrouve à la baguette un noyau dur d’auteurs qui décline l’univers. Après les elfes et les nains, voici la 3ème série : Orcs et Gobelins, où on s’attache à suivre nos amis à peau verte, toujours dans des récits indépendants (15 à ce jour). Forcement sur l’ensemble, scénarii comme dessins sont versatiles, on aura ses préférences. Un programme homogène : assassin, voleur, mercenaire, guerrier, ça triche, ça hurle, ça jure, ça tue, ça meurt ... un rien redondant mais le tout reste toujours plaisant et distrayant, avec quelques bonnes surprises. C’est du bon blockbuster fait par des passionnés, je ne possède pas (trop de tomes et j’ai senti l’arnaque ;) mais j’adhère et je lis avec intérêt dès que je peux, mine de rien l’univers créé devient une petite référence dans le genre (attention à l’overdose toutefois). Lecture vivement conseillée pour tout amateur de hf. 3,5+
La Fille dans l'écran
Je m’aperçois que je n’ai pas avisé cette bd que j’avais découverte grâce au site et lue il y a maintenant presque deux ans. J’étais persuadé de l’avoir fait, et je répare cet oubli de ce pas. “La Fille dans l’écran” est une très belle histoire, d’amour et d’acceptation de soi et de l’autre. Nous suivons l’histoire de Coline, jeune illustratrice qui est en France et qui cherche à se faire publier ,et de Marley, qui habite au Québec avec son mec, travaille dans un café et, occasionnellement, fait de la photo, sa première passion qu’elle a fini par délaisser. Les deux voient leur chemin se croiser, et, petit à petit, vont se lier et se pousser l’une et l’autre à se surpasser et à retrouver le moral, et à vivre de ce qui leur plaît. J’ai beaucoup aimé cette histoire pour deux raisons principales : 1° Cette histoire d’amour n’est pas niaise pour un sou, est plutôt mignonne et, surtout, n’est pas “que” une histoire d’amour. C’est aussi une ode à la confiance en soi, à l’acceptation de ses sentiments et au droit que l’on a à faire ce qui nous rend heureux. Car on se rend compte que les deux sont au final assez malheureuses dans leur vie et arrivent à s’en sortir en acceptant les conseils de l’autre. On les voit aller de mieux en mieux au fur et à mesure et ça fait vraiment plaisir. La complicité entre les deux est très bien rendue, et même les scènes de “dispute” ne m’ont parues ni gênantes ni niaises. Les sentiments des deux protagonistes sont bien exprimés, et je me suis attaché aux deux. 2° Le travail de Manon Desvaux et de Lou Lubie à quatre mains est assez bluffant. J’avais déjà lu “Magasin Général” qui était un travail à deux auteurs, où Loisel et Tripp superposaient leur trait. Ici, c’est encore différent car les deux autrices ont chacun leur personnage et leur page, et fonctionnent en alternance : une page pour Manon Desvaux et Coline, et une page pour Lou Lubie et pour Marley. Le risque aurait été d’avoir un récit haché et peu linéaire mais ce n’est pas du tout le cas. Au contraire, j’ai trouvé ma lecture très agréable. Les particularités de chacune des deux sont bien montrées, et soulignées par la colorisation (noir et blanc pour Desvaux et en couleur pour Lubie). Mais on garde une vraie cohérence et une vraie continuité dans l’histoire. Côté style de dessin, j’ai beaucoup aimé le trait de Manon Desvaux, autrice que je découvrais à cette occasion. Je le trouve très esthétique, esthétique accentuée par le noir et blanc. J’ai un peu moins aimé le trait de Lou Lubie, alors que je l’ai apprécié dans “Goupil ou Face”. Peut-être souffre-t-il un peu, à mes yeux, de la comparaison avec celui de Manon Desvaux, pour lequel j’ai vraiment eu un coup de cœur. Mais très honnêtement, Lou Lubie maîtrise son sujet, c’est très bien réalisé et c’est plus une affaire de goût personnel de ma part. Globalement, cet ouvrage est aussi un bel objet graphique. Un vrai coup de coeur auquel je ne m’attendais pas forcément, et que je retranscris donc sur ce site, avec du retard certes, mais mieux vaut tard que jamais.