Si cette BD est franchement bien, elle ne brille pas par son dessin. Mais passons sur ce dernier que je trouve personnellement hideux.
Passons également sur le côté fourre-tout et labyrinthique de cette pseudo-enquête tout à fait spontanée qui lui confère un air d'improvisation qui pourra dérouter. C'est d'ailleurs annoncé d'emblée dans le sous titre : il s'agit effectivement d'une enquête buissonnière, entendez hors des sentiers battus, ignorant les schémas peut-être convenus et rigides de cet exercice. Claire Braud n'est pas journaliste, pas plus qu'inspectrice de police, et si elle se représente en Colombo sur de nombreuses pages, c'est bien par un sens tout à fait aiguisé de l'autodérision. Il y a donc un côté ludique, si l'on peut dire, tout à fait assumé.
S’arrêter sur cela (le dessin moche) est à mon sens une erreur car ce livre est fantastique. D'une part parce qu'il respire le vécu, mais surtout parce qu'il assène des faits alarmants sur l'état de nos forêts qu'il est bon de dévoiler, au risque de sombrer dans les redites. Par exemple, je pense que Claire Braud enterre définitivement la question du bienfondé de la chasse. En tous cas, mon avis est désormais forgé et tranché définitivement : la chasse, c'est de la grosse chiasse ! Bien qu’extrêmement alarmiste (mais finalement pas plus que les rapports réguliers émanant du GIEC), il est grand temps d'agir et de FAIRE (Cf. p 196/197).
Si ça part effectivement dans tous les sens, le portrait dressé permet une vue d’ensemble des questions qui se retrouvent reliées les unes aux autres, y compris cette histoire de gitans a priori totalement incongrue, ou celle d'Edith Stein évoquant en outre le sujet de la condition féminine. Cerise sur le gâteau, ce récit n’est pas dénué d’humour.
Bref ! C'est chouette.
Avant de se lancer en solo dans ses excellents documentaires, Emmanuel Lepage a participé à quelques séries très sympathiques, comme cet album. Son dessin y est déjà très bon (même si ici la palette de couleurs est bien moins large).
Quant au scénario de Delphine Rieu, il est à la fois simple et malin. L’intrigue en elle-même est assez légère, mais elle est traitée avec légèreté, et surtout en trois parties montrant chacune un point de vue, chacune d’entre-elle permettant de mieux comprendre tous les détails, mais aussi donnant quelques touches humoristiques.
Il faut dire que c’est un polar sans réelle violence, traité sur le ton de la farce vaudevillesque, avec pas mal de branquignoles (mention spéciale à la famille qui se lance dans un kidnapping du pauvre !). Seule la chute au cimetière, si elle rattache tous les protagonistes, m’est apparue presque trop « réaliste », avec un humour sommes toutes moins loufoque.
En tout cas j’ai bien aimé cette lecture.
Benji avait fait très fort avec Kililana Song. Dessins d'une maitrise monstrueuse, personnages travaillés et profonds...
Mais il a pu décevoir, parfois, comme avec Essence, qui tournait un peu à vide dans l'attente de la panne sèche.
Et puis voilà que sort ce premier tome de l'Age d'eau que j'attendais avec une fébrile impatience qui a été plus que comblée. C'est tout bonnement très très très bon.
Rien à ajouter quant à son trait qui serait parfait si la perfection était de ce monde. Pas davantage au sujet de ses personnages, toujours aussi hantés. Le scénario est prenant, on a envie d'en savoir plus, et on est frustré quand arrive la fin de ce premier volume, ce qui est bon signe. Flao agrémente son récit de larges planches poétiques, reflets des réflexions de cet énigmatique chien bleu qui accompagne nos protagonistes dans leurs pérégrinations.
On pourra s'interroger sur la pertinence de ce petit truc narratif, mais le toutou apporte selon moi un regard extérieur sur le comportement des Hommes, et on en saura sans doute davantage dans le second tome, mais surtout, il symbolise notre part d'animalité, notre nécessaire reliance à la nature et au cosmos, ce que cette soudaine montée des eaux évoquée dans cette histoire (et qui est en cours dans le réel) fait précisément resurgir avec une actualité accrue.
Obligé de poster un avis.
Déjà, tout ce qu'a fait Derf Backderf jusqu'à présent est juste excellent.
Ensuite, Kent State est sa meilleure BD à ce jour. C'est également la plus documentée.
Et voilà !
Hé bé ! C'était pourtant pas gagné ! Moi qui attache énÔrmément d'importance au dessin, j'étais ici loin, très loin d'être conquis, et c'est avec un gros a priori que je démarrais la lecture. Loin d'être mauvais, évoquant même vaguement celui de Foerster (mais en version croquis), le trait saillant de Lionel Chouin ne me faisait pas vraiment de l'œil. Juste pas mon style.
Et pourtant, j'ai dévoré ce biopic échevelé qui est tout autant une synthèse de l'esprit punk.
Si j'ai assez peu accroché aux dessins, je dois en revanche bien reconnaitre qu'il est tout à fait dans l’esprit de l’esthétique Punk et de son folklore no-futuriste. Et passé cet obstacle préliminaire, on plonge avec délectation dans l’histoire de ce trublion visionnaire du rock, histoire indissociable de celle des Sex Pistols auxquels la couverture fait un clin d’œil sympatoche. Au fil des pages, on croise des vieilles gloires, des New York Dolls à Jean-Charles de Castelbajac, en passant par l’inévitable Vivienne Westwood qui partagea un temps sa vie. C'est truffé d'anecdotes qui valent leur pesant de cacahuètes… C’est très bien documenté et souvent très drôle. Au passage, j'éprouvais déjà beaucoup de sympathie à l'égard de ce cher John Lydon/Johnny Rotten, mais là, il devient carrément mythique, s'il ne l'était pas déjà. Chacune de ses réflexions devient slogan, y compris les innombrables "je t'emmerde" et autres "va te faire foutre".
Le rythme du récit évoque celui de La Fuite du cerveau de Pierre-Henry Gomont : ça fonce à la vitesse de la lumière, chaque case (que les personnages débordent allégrement) trouve un sens. Il n'y a pas de gras, pas de superflu.
Et puis j'ai aimé le fait que les auteurs ne se prononcent pas vraiment sur les véritables mobiles qui animèrent McLaren, aussi referme-t-on cette BD, certes avec le sourire aux lèvres, mais avec un sentiment mitigé à son endroit. McLaren était-il réellement agité par autre chose que son accomplissement personnel ? La question appartient à chaque lecteur, mais je crois que tous les points de vue sont, pour le coup, vrais, parce que s'il parait indéniable que le bonhomme a éprouvé de sincères sentiments de détestation de cette société consumériste (selon moi à raison), il faut quand même bien reconnaître que les Pistols sont ses créatures et qu'il les a largement instrumentalisés.
Ajoutons sans spoiler, que la fin, écho à un court préambule, est vraiment géniale, empreinte d'une sublime ironie, et ponctue à merveille ce récit truculent.
Bonne BD donc, voire excellente, sur un type qui fut, peut-être à son corps défendant, le précurseur des techniques de marketing moderne. Et quelque part, on se dit que tant qu'il y aura commerce, il y aura des punks. Comme le dit la maxime : Punk's Not Dead !
Troisième tome de la collection Mythologies de Dargaud, cet album voit un changement dans l’équipe puisque, si Serge Le Tendre reste aux commandes au niveau du scénario, Frédéric Peynet remplace Rossi au dessin. Et franchement, ce changement de dessinateur n’est pas pour me déplaire !
En effet, Frédéric Peynet dispose d’un trait qui convient à merveille au genre. Ses décors sont riches et à l’occasion grandioses, ses personnages sont très séduisants (on a droit à une superbe Aphrodite, entre autres) et ses couleurs subliment l’ensemble. Franchement, au niveau du visuel, c’est très beau à voir. Et en plus, le découpage est soigné, la mise en page est académique et élégante et l’équilibre entre narration et dessin m’a agréablement charmé.
Au niveau du scénario, d’ailleurs, Serge Le Tendre revisite un mythe grec dont je ne savais pour ainsi dire rien. Sa narration très vivante dépoussière ce récit, le rendant accessible et léger à lire malgré son caractère dramatique. Certes, je connaissais Pygmalion de nom mais j’ignorais tout de son destin, de sa passion et de sa folie. Voici donc une lacune de comblée grâce à un récit fluide et touchant.
Si vous êtes amateurs de récits antiques, voici donc un album extrêmement plaisant, qui s’intéresse à un personnage peut-être moins connu que ceux si souvent utilisés par des récits de ce genre… mais certainement pas le moins passionnant.
Une excellente lecture !
Miroslav Sekulic-Struja a réalisé quelques années auparavant ce diptyque détonnant et sombre qu'est Pelote dans la fumée, injustement ignoré du grand public, et puis plus rien. Nous étions alors en 2013. Neuf ans, rendez-vous compte ! Entre temps, l'homme semble s'être consacré à sa carrière de peintre, délaissant temporairement le 9eme art. Il revient avec ce pavé réjouissant (et un peu moins sombre).
D'abord, son dessin est encore meilleur. Le contraire eut été étonnant. Dans ce nouveau livre, l'essentiel est conservé, c'est à dire ce qui confère toute l'originalité à son œuvre. En effet, les personnages lunaires envahissent le récit, et le lecteur demeure dans un état de veille surréaliste, oscillant entre songe poisseux et doux cauchemar, si l'on peut dire, traversant des moment de pure rêverie. Parce que ce n'est pas exactement cauchemardesque, ou alors, un cauchemardesque poétique. Miroslav crée un vocabulaire imagé vraiment original qu'il est difficile de définir, comme si la violence de cette société post-moderniste qu'il dépeint lui était inhérente, mais que ses personnages débordant d'une grande tendresse l'évacuaient, refusant sa dictature. D'où, peut-être, cette impression étrange de naviguer parmi une foule de portraits déglingués et d'êtres qui se cherchent tout comme ils cherchent un endroit où vivre pleinement leur bohème, les entraînant inévitablement aux marges. Ainsi, ce sont deux mondes qui se côtoient : celui de cette réalité sordide imposée par les valeurs matérialistes bourgeoise, et à laquelle il est décidemment bien difficile d'échapper, et celui des aspirations à la liberté de tous les rêveurs du monde, dont la plupart constituent les hordes de sacrifiés peuplant les faubourgs oubliés de l'économie de marché, ceux que la bien-pensance nomme pudiquement "les marginaux".
On constate également au fil des pages que les ciels sont davantage travaillés, que les couleurs sont moins ternes, que les expressions des personnages sont mieux fixées. La mise en case varie un brin avec de grandes pages muettes et pleines ou des gaufriers irréguliers aux mouvements décomposés, ce qui renforce encore cette impression de fourmillement. Chaque case se savoure et nécessite d'être apprivoiser. C'est un plaisir pour les yeux, ce que j'attends avant tout d'une bonne bande dessinée.
Voilà bien une œuvre réellement atypique dans le paysage ! Objet pictural autant que bande dessinée, Petar & Liza est une immersion totale chez les paumés de l'ex-Yougoslavie, les punks, les révoltés, les invisibles, les cabossés de tous poils. Les dessins, pour ne pas dire les peintures, vous gobent tout entier. A mi-chemin entre les tableaux de Bruegel qui fourmillent de détails et ceux du Douanier Rousseau et leur style naïf, Petar & Liza est une ode à la vie, avec ses inévitables malheurs.
A quelques jours des élections, moi je mets mon billet à Miroslav Sekulic-Struja pour le prochain Fauve d'or...
Le sujet de fond de cette BD pourrait paraitre trop didactique et rébarbatif. C'est l'histoire d'un gamin forcé de passer ses vacances chez ses grands-parents en pleine nature et déconnecté de ses jeux vidéo en ligne alors qu'il en est accro. Mais ses grands-parents ont bien l'intention de lui faire partager leur amour pour les grands espaces et la vie au naturel, et l'amener à réaliser à quel point cela peut être plus agréable mais aussi plus amusant que le monde virtuel.
Moi-même, quand on m'annonce un tel sujet, j'y vais à reculons, sans doute parce que je suis moi-même un geek. Mais l'album réussit à faire passer son message de manière convaincante, en évitant heureusement une vision manichéenne et la critique de l'univers des jeux vidéo, en montrant simplement qu'il y a aussi d'autres bonheurs à côté de cela et que la vie au grand air peut en apporter beaucoup.
Les auteurs sont tous les deux espagnols.
Il s'agit du premier album publié en France pour le dessinateur, Esteban Hernandez. Il a un style indéniable et très personnel qui ne m'en rappelle aucun autre en particulier. Ses décors sont relativement épurés, légèrement anguleux. Ses personnages ont des anatomies surprenantes, entre caricature, webcomics et semi-réalisme. Ils ont parfois des expressions très cartoonesques qui peuvent surprendre mais on s'y fait vite. Entre ce trait si particulier et des couleurs lumineuses, il se dégage une certaine joie de vivre de ce dessin qui colle parfaitement au ton du récit.
L'histoire se place dans un cadre légèrement futuriste mais c'est pour mieux nous emmener ensuite dans un décor forestier sans âge. Tout au plus pourra-t-on être étonné par l'audace de donner au jeune héros deux mamans pour parents. Cela coule naturellement et s'oublie rapidement pour laisser la place à la simple relation entre un enfant, ses grands-parents et la famille de leurs voisins. Cet enfant, j'ai eu toutefois un peu de mal à juger de son âge véritable : il a parfois des comportements de jeune adolescents, et d'autres fois des réactions de tout petit enfant, qui pleure pour dormir dans le lit de ses parents. Mais là encore, ce n'est pas l'important car je me suis assez vite laissé emporter par les jeux et les missions auxquels tout ce petit monde va participer, donnant un vrai sens de l'aventure et de l'animation à ce séjour campagnard. C'est très sympathique et en tant que parent, cela m'a donné grandement l'envie de faire passer de tels vacances à mes enfants, ou plutôt un jour mes petits-enfants puisque mes enfants sont trop âgés maintenant.
Dans les faits, je ne sais pas si cet album s'adresse davantage aux enfants qu'aux parents, j'ai un peu l'impression que c'est plutôt la deuxième option. Et effectivement, ça m'a beaucoup plu.
Un moment de détente intelligente qui met le sourire aux lèvres.
Cette bd est un tourbillon qui va vous secouer dans tous les sens.
Il est fait référence à Tarantino ci-dessous dans quelques avis, je ne dis pas que je ne suis pas d'accord mais pour moi cette bd se rapproche plus de l'univers des frères Joël et Ethan Coen. Comment ne pas faire un rapprochement avec Fargo ou Burn After Reading, on y retrouve cette violence omniprésente, cet humour décalé et ces situations grotesques.
Je ne vais pas vous faire le pitch de ces deux tomes, vous devez seulement savoir que Jacques Ramirez, meilleur employé du SAV, travaille pour Robotop les rois de l'aspirateur, qu'il est muet et que tout le monde va vouloir le flinguer.
Sous un scénario gonflé de testostérones, Nicolas Pétrimaux sait aussi glisser des piques sur la société de consommation, les médias et la relation entre Jacquo et son padre.
Une ribambelle de personnages truculents gravitent autour de notre héros, un duo de braqueuses des plus sexy, des flics à la ramasse, un chef de la mafia particulier ......
Mais le point fort reste la mise en forme et sa narration qui m'a aspiré (la faute au vacuumizer 2000 ?) de chapitre en chapitre sans me laisser le temps de reprendre mon souffle, impossible de lâcher prise.
Un dessin soigné, précis, détaillé et dynamique. Des faciès aux décors, aucunes fausses notes. Et que dire des couleurs, éblouissantes. Un découpage cinématographique.
Que du plaisir.
Vivement le dernier tome. Et de découvrir un nouveau Ramirez ?
A lire absolument.
Note réelle : 4,5.
Culte tout simplement.
Je cherchais une série à aviser dans cette catégorie, L’Incal est le candidat parfait. Ça passe ou ça casse.
Avec moi c’est passé, ça passe et ça passera encore, cette série m’a marqué à vie.
Je l’ai découverte adolescent dans ses couleurs d’origine, et ne saurait relire une autre version, elles font parties du charme.
6 tomes que j’ai usés à tel point que certaines pages se détachent.
Ça fleure bon les années 80 mais ça vieillit très bien. Une œuvre novatrice pour son époque et qui en a inspiré beaucoup d’autres.
Le dessin de Moebius y est magistral, des personnages magnifiquement croqués, c’est plein d’inventivité dans les designs et les détails. J’adore.
Le scénario n’est pas en reste, ça monte en puissance gentiment jusqu’au final mystique qui personnellement me plaît beaucoup.
Nota : c’était alors ma 1ère confrontation avec Jodo, depuis cette marque de fabrique m’use un peu.
Ça a et m’a marqué, un univers complètement fou et réussi.
Une œuvre qui m’a construit.
Ah, cité puits, Deepo, Kill, le Méta-Baron, planète Difool, les Techno, Gorgo le sale, le vaisseau incal ... et évidemment notre détective de classe R, John Difool, magnifique antihéros.
Je me rends compte en écrivant ces lignes à quel point je suis attaché à ce personnage de Difool, cette version est complètement magique.
Peut être pas un futur incontournable pour un lecteur d’aujourd’hui mais je conseille vivement aux amateurs de sf, c’est plein d’idées et d’énergie.
Culte !! mais je l’ai déjà dit.
En France, les livres sont au même prix partout. C'est la loi !
Avec BDfugue, vous payez donc le même prix qu'avec les géants de la vente en ligne mais pour un meilleur service :
des promotions et des goodies en permanence
des réceptions en super état grâce à des cartons super robustes
une équipe joignable en cas de besoin
2. C'est plus avantageux pour nous
Si BDthèque est gratuit, il a un coût.
Pour financer le service et le faire évoluer, nous dépendons notamment des achats que vous effectuez depuis le site. En effet, à chaque fois que vous commencez vos achats depuis BDthèque, nous touchons une commission. Or, BDfugue est plus généreux que les géants de la vente en ligne !
3. C'est plus avantageux pour votre communauté
En choisissant BDfugue plutôt que de grandes plateformes de vente en ligne, vous faites la promotion du commerce local, spécialisé, éthique et indépendant.
Meilleur pour les emplois, meilleur pour les impôts, la librairie indépendante promeut l'émergence des nouvelles séries et donc nos futurs coups de cœur.
Chaque commande effectuée génère aussi un don à l'association Enfance & Partage qui défend et protège les enfants maltraités. Plus d'informations sur bdfugue.com
Pourquoi Cultura ?
Indépendante depuis sa création en 1998, Cultura se donne pour mission de faire vivre et aimer la culture.
La création de Cultura repose sur une vision de la culture, accessible et contributive. Nous avons ainsi considéré depuis toujours notre responsabilité sociétale, et par conviction, développé les pratiques durables et sociales. C’est maintenant au sein de notre stratégie de création de valeur et en accord avec les Objectifs de Développement Durable que nous déployons nos actions. Nous traitons avec lucidité l’impact de nos activités, avec une vision de long terme. Mais agir en responsabilité implique d’aller bien plus loin, en contribuant positivement à trois grands enjeux de développement durable.
Nos enjeux environnementaux
Nous sommes résolument engagés dans la réduction de notre empreinte carbone, pour prendre notre part dans la lutte contre le réchauffement climatique et la préservation de la planète.
Nos enjeux culturels et sociétaux
La mission de Cultura est de faire vivre et aimer la culture. Pour cela, nous souhaitons stimuler la diversité des pratiques culturelles, sources d’éveil et d’émancipation.
Nos enjeux sociaux
Nous accordons une attention particulière au bien-être de nos collaborateurs à la diversité, l’inclusion et l’égalité des chances, mais aussi à leur épanouissement, en encourageant l’expression des talents artistiques.
Votre vote
La Forêt - Une enquête buissonnière
Si cette BD est franchement bien, elle ne brille pas par son dessin. Mais passons sur ce dernier que je trouve personnellement hideux. Passons également sur le côté fourre-tout et labyrinthique de cette pseudo-enquête tout à fait spontanée qui lui confère un air d'improvisation qui pourra dérouter. C'est d'ailleurs annoncé d'emblée dans le sous titre : il s'agit effectivement d'une enquête buissonnière, entendez hors des sentiers battus, ignorant les schémas peut-être convenus et rigides de cet exercice. Claire Braud n'est pas journaliste, pas plus qu'inspectrice de police, et si elle se représente en Colombo sur de nombreuses pages, c'est bien par un sens tout à fait aiguisé de l'autodérision. Il y a donc un côté ludique, si l'on peut dire, tout à fait assumé. S’arrêter sur cela (le dessin moche) est à mon sens une erreur car ce livre est fantastique. D'une part parce qu'il respire le vécu, mais surtout parce qu'il assène des faits alarmants sur l'état de nos forêts qu'il est bon de dévoiler, au risque de sombrer dans les redites. Par exemple, je pense que Claire Braud enterre définitivement la question du bienfondé de la chasse. En tous cas, mon avis est désormais forgé et tranché définitivement : la chasse, c'est de la grosse chiasse ! Bien qu’extrêmement alarmiste (mais finalement pas plus que les rapports réguliers émanant du GIEC), il est grand temps d'agir et de FAIRE (Cf. p 196/197). Si ça part effectivement dans tous les sens, le portrait dressé permet une vue d’ensemble des questions qui se retrouvent reliées les unes aux autres, y compris cette histoire de gitans a priori totalement incongrue, ou celle d'Edith Stein évoquant en outre le sujet de la condition féminine. Cerise sur le gâteau, ce récit n’est pas dénué d’humour. Bref ! C'est chouette.
Alex Clément est mort
Avant de se lancer en solo dans ses excellents documentaires, Emmanuel Lepage a participé à quelques séries très sympathiques, comme cet album. Son dessin y est déjà très bon (même si ici la palette de couleurs est bien moins large). Quant au scénario de Delphine Rieu, il est à la fois simple et malin. L’intrigue en elle-même est assez légère, mais elle est traitée avec légèreté, et surtout en trois parties montrant chacune un point de vue, chacune d’entre-elle permettant de mieux comprendre tous les détails, mais aussi donnant quelques touches humoristiques. Il faut dire que c’est un polar sans réelle violence, traité sur le ton de la farce vaudevillesque, avec pas mal de branquignoles (mention spéciale à la famille qui se lance dans un kidnapping du pauvre !). Seule la chute au cimetière, si elle rattache tous les protagonistes, m’est apparue presque trop « réaliste », avec un humour sommes toutes moins loufoque. En tout cas j’ai bien aimé cette lecture.
L'Âge d'eau
Benji avait fait très fort avec Kililana Song. Dessins d'une maitrise monstrueuse, personnages travaillés et profonds... Mais il a pu décevoir, parfois, comme avec Essence, qui tournait un peu à vide dans l'attente de la panne sèche. Et puis voilà que sort ce premier tome de l'Age d'eau que j'attendais avec une fébrile impatience qui a été plus que comblée. C'est tout bonnement très très très bon. Rien à ajouter quant à son trait qui serait parfait si la perfection était de ce monde. Pas davantage au sujet de ses personnages, toujours aussi hantés. Le scénario est prenant, on a envie d'en savoir plus, et on est frustré quand arrive la fin de ce premier volume, ce qui est bon signe. Flao agrémente son récit de larges planches poétiques, reflets des réflexions de cet énigmatique chien bleu qui accompagne nos protagonistes dans leurs pérégrinations. On pourra s'interroger sur la pertinence de ce petit truc narratif, mais le toutou apporte selon moi un regard extérieur sur le comportement des Hommes, et on en saura sans doute davantage dans le second tome, mais surtout, il symbolise notre part d'animalité, notre nécessaire reliance à la nature et au cosmos, ce que cette soudaine montée des eaux évoquée dans cette histoire (et qui est en cours dans le réel) fait précisément resurgir avec une actualité accrue.
Kent State, quatre morts dans l'Ohio
Obligé de poster un avis. Déjà, tout ce qu'a fait Derf Backderf jusqu'à présent est juste excellent. Ensuite, Kent State est sa meilleure BD à ce jour. C'est également la plus documentée. Et voilà !
Malcolm McLaren - L'Art du désastre
Hé bé ! C'était pourtant pas gagné ! Moi qui attache énÔrmément d'importance au dessin, j'étais ici loin, très loin d'être conquis, et c'est avec un gros a priori que je démarrais la lecture. Loin d'être mauvais, évoquant même vaguement celui de Foerster (mais en version croquis), le trait saillant de Lionel Chouin ne me faisait pas vraiment de l'œil. Juste pas mon style. Et pourtant, j'ai dévoré ce biopic échevelé qui est tout autant une synthèse de l'esprit punk. Si j'ai assez peu accroché aux dessins, je dois en revanche bien reconnaitre qu'il est tout à fait dans l’esprit de l’esthétique Punk et de son folklore no-futuriste. Et passé cet obstacle préliminaire, on plonge avec délectation dans l’histoire de ce trublion visionnaire du rock, histoire indissociable de celle des Sex Pistols auxquels la couverture fait un clin d’œil sympatoche. Au fil des pages, on croise des vieilles gloires, des New York Dolls à Jean-Charles de Castelbajac, en passant par l’inévitable Vivienne Westwood qui partagea un temps sa vie. C'est truffé d'anecdotes qui valent leur pesant de cacahuètes… C’est très bien documenté et souvent très drôle. Au passage, j'éprouvais déjà beaucoup de sympathie à l'égard de ce cher John Lydon/Johnny Rotten, mais là, il devient carrément mythique, s'il ne l'était pas déjà. Chacune de ses réflexions devient slogan, y compris les innombrables "je t'emmerde" et autres "va te faire foutre". Le rythme du récit évoque celui de La Fuite du cerveau de Pierre-Henry Gomont : ça fonce à la vitesse de la lumière, chaque case (que les personnages débordent allégrement) trouve un sens. Il n'y a pas de gras, pas de superflu. Et puis j'ai aimé le fait que les auteurs ne se prononcent pas vraiment sur les véritables mobiles qui animèrent McLaren, aussi referme-t-on cette BD, certes avec le sourire aux lèvres, mais avec un sentiment mitigé à son endroit. McLaren était-il réellement agité par autre chose que son accomplissement personnel ? La question appartient à chaque lecteur, mais je crois que tous les points de vue sont, pour le coup, vrais, parce que s'il parait indéniable que le bonhomme a éprouvé de sincères sentiments de détestation de cette société consumériste (selon moi à raison), il faut quand même bien reconnaître que les Pistols sont ses créatures et qu'il les a largement instrumentalisés. Ajoutons sans spoiler, que la fin, écho à un court préambule, est vraiment géniale, empreinte d'une sublime ironie, et ponctue à merveille ce récit truculent. Bonne BD donc, voire excellente, sur un type qui fut, peut-être à son corps défendant, le précurseur des techniques de marketing moderne. Et quelque part, on se dit que tant qu'il y aura commerce, il y aura des punks. Comme le dit la maxime : Punk's Not Dead !
Pygmalion et la vierge d'ivoire
Troisième tome de la collection Mythologies de Dargaud, cet album voit un changement dans l’équipe puisque, si Serge Le Tendre reste aux commandes au niveau du scénario, Frédéric Peynet remplace Rossi au dessin. Et franchement, ce changement de dessinateur n’est pas pour me déplaire ! En effet, Frédéric Peynet dispose d’un trait qui convient à merveille au genre. Ses décors sont riches et à l’occasion grandioses, ses personnages sont très séduisants (on a droit à une superbe Aphrodite, entre autres) et ses couleurs subliment l’ensemble. Franchement, au niveau du visuel, c’est très beau à voir. Et en plus, le découpage est soigné, la mise en page est académique et élégante et l’équilibre entre narration et dessin m’a agréablement charmé. Au niveau du scénario, d’ailleurs, Serge Le Tendre revisite un mythe grec dont je ne savais pour ainsi dire rien. Sa narration très vivante dépoussière ce récit, le rendant accessible et léger à lire malgré son caractère dramatique. Certes, je connaissais Pygmalion de nom mais j’ignorais tout de son destin, de sa passion et de sa folie. Voici donc une lacune de comblée grâce à un récit fluide et touchant. Si vous êtes amateurs de récits antiques, voici donc un album extrêmement plaisant, qui s’intéresse à un personnage peut-être moins connu que ceux si souvent utilisés par des récits de ce genre… mais certainement pas le moins passionnant. Une excellente lecture !
Petar & Liza
Miroslav Sekulic-Struja a réalisé quelques années auparavant ce diptyque détonnant et sombre qu'est Pelote dans la fumée, injustement ignoré du grand public, et puis plus rien. Nous étions alors en 2013. Neuf ans, rendez-vous compte ! Entre temps, l'homme semble s'être consacré à sa carrière de peintre, délaissant temporairement le 9eme art. Il revient avec ce pavé réjouissant (et un peu moins sombre). D'abord, son dessin est encore meilleur. Le contraire eut été étonnant. Dans ce nouveau livre, l'essentiel est conservé, c'est à dire ce qui confère toute l'originalité à son œuvre. En effet, les personnages lunaires envahissent le récit, et le lecteur demeure dans un état de veille surréaliste, oscillant entre songe poisseux et doux cauchemar, si l'on peut dire, traversant des moment de pure rêverie. Parce que ce n'est pas exactement cauchemardesque, ou alors, un cauchemardesque poétique. Miroslav crée un vocabulaire imagé vraiment original qu'il est difficile de définir, comme si la violence de cette société post-moderniste qu'il dépeint lui était inhérente, mais que ses personnages débordant d'une grande tendresse l'évacuaient, refusant sa dictature. D'où, peut-être, cette impression étrange de naviguer parmi une foule de portraits déglingués et d'êtres qui se cherchent tout comme ils cherchent un endroit où vivre pleinement leur bohème, les entraînant inévitablement aux marges. Ainsi, ce sont deux mondes qui se côtoient : celui de cette réalité sordide imposée par les valeurs matérialistes bourgeoise, et à laquelle il est décidemment bien difficile d'échapper, et celui des aspirations à la liberté de tous les rêveurs du monde, dont la plupart constituent les hordes de sacrifiés peuplant les faubourgs oubliés de l'économie de marché, ceux que la bien-pensance nomme pudiquement "les marginaux". On constate également au fil des pages que les ciels sont davantage travaillés, que les couleurs sont moins ternes, que les expressions des personnages sont mieux fixées. La mise en case varie un brin avec de grandes pages muettes et pleines ou des gaufriers irréguliers aux mouvements décomposés, ce qui renforce encore cette impression de fourmillement. Chaque case se savoure et nécessite d'être apprivoiser. C'est un plaisir pour les yeux, ce que j'attends avant tout d'une bonne bande dessinée. Voilà bien une œuvre réellement atypique dans le paysage ! Objet pictural autant que bande dessinée, Petar & Liza est une immersion totale chez les paumés de l'ex-Yougoslavie, les punks, les révoltés, les invisibles, les cabossés de tous poils. Les dessins, pour ne pas dire les peintures, vous gobent tout entier. A mi-chemin entre les tableaux de Bruegel qui fourmillent de détails et ceux du Douanier Rousseau et leur style naïf, Petar & Liza est une ode à la vie, avec ses inévitables malheurs. A quelques jours des élections, moi je mets mon billet à Miroslav Sekulic-Struja pour le prochain Fauve d'or...
Game au vert
Le sujet de fond de cette BD pourrait paraitre trop didactique et rébarbatif. C'est l'histoire d'un gamin forcé de passer ses vacances chez ses grands-parents en pleine nature et déconnecté de ses jeux vidéo en ligne alors qu'il en est accro. Mais ses grands-parents ont bien l'intention de lui faire partager leur amour pour les grands espaces et la vie au naturel, et l'amener à réaliser à quel point cela peut être plus agréable mais aussi plus amusant que le monde virtuel. Moi-même, quand on m'annonce un tel sujet, j'y vais à reculons, sans doute parce que je suis moi-même un geek. Mais l'album réussit à faire passer son message de manière convaincante, en évitant heureusement une vision manichéenne et la critique de l'univers des jeux vidéo, en montrant simplement qu'il y a aussi d'autres bonheurs à côté de cela et que la vie au grand air peut en apporter beaucoup. Les auteurs sont tous les deux espagnols. Il s'agit du premier album publié en France pour le dessinateur, Esteban Hernandez. Il a un style indéniable et très personnel qui ne m'en rappelle aucun autre en particulier. Ses décors sont relativement épurés, légèrement anguleux. Ses personnages ont des anatomies surprenantes, entre caricature, webcomics et semi-réalisme. Ils ont parfois des expressions très cartoonesques qui peuvent surprendre mais on s'y fait vite. Entre ce trait si particulier et des couleurs lumineuses, il se dégage une certaine joie de vivre de ce dessin qui colle parfaitement au ton du récit. L'histoire se place dans un cadre légèrement futuriste mais c'est pour mieux nous emmener ensuite dans un décor forestier sans âge. Tout au plus pourra-t-on être étonné par l'audace de donner au jeune héros deux mamans pour parents. Cela coule naturellement et s'oublie rapidement pour laisser la place à la simple relation entre un enfant, ses grands-parents et la famille de leurs voisins. Cet enfant, j'ai eu toutefois un peu de mal à juger de son âge véritable : il a parfois des comportements de jeune adolescents, et d'autres fois des réactions de tout petit enfant, qui pleure pour dormir dans le lit de ses parents. Mais là encore, ce n'est pas l'important car je me suis assez vite laissé emporter par les jeux et les missions auxquels tout ce petit monde va participer, donnant un vrai sens de l'aventure et de l'animation à ce séjour campagnard. C'est très sympathique et en tant que parent, cela m'a donné grandement l'envie de faire passer de tels vacances à mes enfants, ou plutôt un jour mes petits-enfants puisque mes enfants sont trop âgés maintenant. Dans les faits, je ne sais pas si cet album s'adresse davantage aux enfants qu'aux parents, j'ai un peu l'impression que c'est plutôt la deuxième option. Et effectivement, ça m'a beaucoup plu. Un moment de détente intelligente qui met le sourire aux lèvres.
Il faut flinguer Ramirez
Cette bd est un tourbillon qui va vous secouer dans tous les sens. Il est fait référence à Tarantino ci-dessous dans quelques avis, je ne dis pas que je ne suis pas d'accord mais pour moi cette bd se rapproche plus de l'univers des frères Joël et Ethan Coen. Comment ne pas faire un rapprochement avec Fargo ou Burn After Reading, on y retrouve cette violence omniprésente, cet humour décalé et ces situations grotesques. Je ne vais pas vous faire le pitch de ces deux tomes, vous devez seulement savoir que Jacques Ramirez, meilleur employé du SAV, travaille pour Robotop les rois de l'aspirateur, qu'il est muet et que tout le monde va vouloir le flinguer. Sous un scénario gonflé de testostérones, Nicolas Pétrimaux sait aussi glisser des piques sur la société de consommation, les médias et la relation entre Jacquo et son padre. Une ribambelle de personnages truculents gravitent autour de notre héros, un duo de braqueuses des plus sexy, des flics à la ramasse, un chef de la mafia particulier ...... Mais le point fort reste la mise en forme et sa narration qui m'a aspiré (la faute au vacuumizer 2000 ?) de chapitre en chapitre sans me laisser le temps de reprendre mon souffle, impossible de lâcher prise. Un dessin soigné, précis, détaillé et dynamique. Des faciès aux décors, aucunes fausses notes. Et que dire des couleurs, éblouissantes. Un découpage cinématographique. Que du plaisir. Vivement le dernier tome. Et de découvrir un nouveau Ramirez ? A lire absolument. Note réelle : 4,5.
L'Incal
Culte tout simplement. Je cherchais une série à aviser dans cette catégorie, L’Incal est le candidat parfait. Ça passe ou ça casse. Avec moi c’est passé, ça passe et ça passera encore, cette série m’a marqué à vie. Je l’ai découverte adolescent dans ses couleurs d’origine, et ne saurait relire une autre version, elles font parties du charme. 6 tomes que j’ai usés à tel point que certaines pages se détachent. Ça fleure bon les années 80 mais ça vieillit très bien. Une œuvre novatrice pour son époque et qui en a inspiré beaucoup d’autres. Le dessin de Moebius y est magistral, des personnages magnifiquement croqués, c’est plein d’inventivité dans les designs et les détails. J’adore. Le scénario n’est pas en reste, ça monte en puissance gentiment jusqu’au final mystique qui personnellement me plaît beaucoup. Nota : c’était alors ma 1ère confrontation avec Jodo, depuis cette marque de fabrique m’use un peu. Ça a et m’a marqué, un univers complètement fou et réussi. Une œuvre qui m’a construit. Ah, cité puits, Deepo, Kill, le Méta-Baron, planète Difool, les Techno, Gorgo le sale, le vaisseau incal ... et évidemment notre détective de classe R, John Difool, magnifique antihéros. Je me rends compte en écrivant ces lignes à quel point je suis attaché à ce personnage de Difool, cette version est complètement magique. Peut être pas un futur incontournable pour un lecteur d’aujourd’hui mais je conseille vivement aux amateurs de sf, c’est plein d’idées et d’énergie. Culte !! mais je l’ai déjà dit.