Bon j’en avais marre de parler d’Etienne Le Roux comme d’un « mercenaire », une bonne part de sa production rentrant dans des collections où son talent ne m’éblouissait pas (Conan le Cimmérien, WW2.2, Sept ..., Wul etc).
Sur L’éducation des assassins, c’est tout autre, j’adore son travail.
Il me semble que c’est la 1ère fois qu’il officiait en tant qu’auteur complet.
A lui tout seul, il nous propose : un univers original et cohérent, une histoire intéressante et pleine d’incertitude, une narration aux petits oignons, et surtout un dessin soigné et des couleurs magnifiques, c’était du très lourd à mes yeux, une œuvre comme je les aime.
C’était, car malheureusement la série a été abandonnée depuis, nous ne connaîtrons donc jamais la fin.
Je RAGE, je BOUILLONNE, je FULMINE de cette décision, d’autant que la conclusion n’était pas bien loin.
J’imagine que ça n’a pas été une décision de l’auteur (enfin j’espère !!) mais de l’éditeur faute de vente ?!
Bref les boules !!!
L’acquisition en l’état ne vaut rien, mais abstraction de l’abandon je mets un gros 4*
Nota : je suis dur avec l’auteur depuis mais quand on voit ici la qualité, on ne peut être que déçu par « ses travaux de commande » postérieurs à cette série.
Étonnant que ce diptyque n’ait pas été davantage lu ou avisé depuis sa sortie !
En effet, j’ai trouvé l’histoire très bien construite, pleine de fausses pistes, comme il se doit, mais aussi d’une certaine réflexion autour de l’argent, du cynisme, et du sentiment de toute puissance des financiers (il n’y a qu’à voir la cathédrale gigantesque du siège de la banque, ou la sorte de pyramide de Ponzi élaborée autour d’une spéculation sur la mort).
Le scénario tient en haleine le lecteur, avec une intrigue qui dès le départ pousse les principaux protagonistes à dépasser les limites de la morale : un riche banquier se sachant mourant propose à ses deux principaux collaborateurs de lui proposer la meilleure « fin », le vainqueur héritant de tout. Les entourloupes vont se succéder…
Quant au dessin, il est surprenant (et la colorisation l’est encore plus, parfois criarde), mais j’ai trouvé cet habillage très bon, original.
Lecture sympathique, qui ravira les amateurs de polars bien construits. Si le dessin vous rebute, passer outre vos préventions, l’histoire vaut le détour.
C'est un récit post-apocalyptique sans doute destiné avant tout à un jeune public. Mais l’adulte que je suis y a trouvé son compte.
L’histoire en elle-même est assez simple : de façon brutale, tout le monde a disparu après l’apparition de mystérieuses « tours » un peu partout dans le monde. Seuls deux gamins (qui ne se rencontrent qu’au milieu de l’album) y ont échappé. Les rares autres personnes qu’ils croisent sont des sortes de fantômes. Les deux gamins se dirigent vers l’une de ces tours, pour comprendre.
La narration est fluide (quelques flash-backs aèrent le récit). Seule la fin m’est apparue décevante, trop brutale et lissant trop le propos.
Car on est dans du fantastique poétique, une angoisse sourde en arrière-plan. Toute cette ambiance est renforcée, voire magnifiée par le dessin de Timothée Leman, franchement très beau ! On a l’impression de traverser un monde où se déposeraient les cendres d’un immense incendie, c’est cotonneux, diffus : cela entretient à la fois l’aspect inquiétant du mystère, mais aussi le versant poétique, de rêverie, qui est aussi omniprésent.
Un chouette album à découvrir !
Voilà une très bonne série B, qui manie humour et action à la perfection. "Il faut flinguer Ramirez" se lit d'une traite, personnellement je n'ai pas levé le nez durant toute ma lecture.
Le scénario est assez drôle : des mafieux mexicains veulent faire à tout prix la peau d'un employé modèle et accessoirement top réparateur d'aspirateurs, Jacques Ramirez. Mais il faut dire que ce type muet, reconnaissable à sa moustache et sa tache de naissance qui lui embrasse le visage, serait aussi un redoutable tueur. Nous voilà entrainés dans un récit loufoque mais cohérent, où l'on alterne entre les gens qui voient Ramirez comme le bon employé modèle sans histoires et les bandits qui le voient comme un tueur sanguinaire.
Cela donne un ensemble vraiment prenant et très drôle. Ajoutez à cela un couple de bandits lesbiennes braqueuses de banque et une atmosphère so 80's particulièrement bien rendue, et on est dans du très divertissant. Le dessin sert parfaitement l'atmosphère, et les pages de journaux de l'époque (relatant les événements qui nous sont contés) apportent un petit plus agréable.
Bref, pas vraiment de fausse note dans cet opus, qui ne se prend pas pour ce qu'il n'est pas, mais qui fait parfaitement le boulot. Hâte de lire le tome 2 qui, je l'espère, sera à la hauteur du premier.
MAJ après lecture du tome 2
J'ai adoré, peut être encore plus que le tome 1. Au côté déjanté et barre, Petrimaux ajoute plus de violence, de sang, de folie. L'intrigue se précise, et l'avantage d'un récit qui ne se prend pas au sérieux comme celui ci, c'est que même si les ficelles sont grosses, on s'en fiche un peu car de toute façon on joue sur le cliché.
J'ai beaucoup aime le tournant de violence extrême que prend Ramon, et promis je m'arrête là pour ne pas spoilers (même si vu le nombre d'avis un paquet de gens ont lu ce deuxième tome).
Je ne mets pas (encore) 5, mais ça pourrait venir, selon la conclusion de cette trilogie. Car j'attends un dénouement a la hauteur du plaisir que m'a apporté cette série
J'ai trouvé ce comics très divertissant !
On se retrouve dans un monde où la gravité a soudainement cessé de s'appliquer et j'ai trouvé la manière dont les auteurs explorent les possibilités de ce nouveau monde. Bon, je ne connais rien en physique et j'imagine qu'il y a plusieurs trucs scientifiquement impossibles dans le scénario, mais je m'en fous un peu. Tout ce qui est importe est qu'au moins le scénario semble plausible. C'est de la BD pop-corn qui existe pour divertir et je trouve qu'elle le fait bien.
Certes, on peut trouver que par moment le scénario manque un peu d'originalité et qu'il y a un peu trop de cliché (ah le père qui se sacrifie...pour je sais pas quelle raison et qui donne les informations à sa fille pour sauver le monde sauf que c'est crypté, il pouvait pas juste lui expliquer quoi faire parce que c'est comme ça et puis c'est tout), mais je trouve que globalement c'est bien fait. Les personnages sont attachants et surtout il y a des rebondissements dans le scénario. J'avais un peu peur à la fin du tome 1 que le reste de la série ne soit qu'un affrontement entre l'héroïne et le gros méchant riche et heureusement j'ai été agréablement surpris par la tournure des événements dans les tomes suivants. Ce que j'ai surtout aimé c'est les dialogues qui sont très bien écrits et souvent savoureux ! L'humour fonctionne bien aussi.
Le dessin est agréable à regarder.
Avec cet album Delcourt lance une collection consacrée à l'oeuvre de Liu Cixin. Ce romancier chinois est sans doute le plus grand auteur contemporain de SF dans son pays. La terre Vagabonde est le premier titre à être adapté et 14 autres devraient suivre, à chaque fois par un duo d'auteurs différents. Le casting à l'air prometteur et si tous les albums sont aussi bons que celui-ci on devrait se régaler !
Souvent dans les récits de SF, il est soit long, soit fastidieux (soit les deux) de mettre en place le background et de présenter l'univers dans lequel se déroule l'histoire. Ici c'est tout le contraire. C'est fluide, limpide, on rentre dans cette histoire très facilement. On est happé par le début du récit, on découvre avec curiosité que les scientifiques ont prévus l'extinction prochaine du soleil. Mais pas de problème la solution a aussi été trouvée : des réacteurs géants ont été construits pour sortir la terre de son orbite et l'envoyer pour un voyage de 2500 ans vers un nouveau système solaire.
Cette histoire est prenante. On découvre cet univers par le prisme d'un jeune garçon qui va apprendre comment ce voyage doit se passer, et comment l'humanité va devoir survivre. Comment amorcer le voyage, comment survivre tout au long de celui-ci, tout est prévu et calculé... Ce récit c'est pas l'histoire de son héros, le protagoniste principal c'est notre planète. L'intrigue c'est ce voyage, sa planification et sa réalisation avec son lot de difficultés. Du début à la fin c'est prenant, car toutes les idées de cette histoire sont bonnes. Tous les petits détails sont bien vus. Toutes les péripéties sont intéressantes.
Graphiquement c'est du même niveau. Si les personnages sont bons sans être extraordinaires, les vues de la terre, des bâtiments, du ciel et du système solaire sont superbes. Mention spéciale pour les planches qui se déplient pour offrir des paysages magnifiques.
Je ne connaissais pas Liu Cixin, mais j'ai vraiment apprécié l'histoire que nous raconte la terre vagabonde. On voyage avec la planète. Cette première adaptation est vraiment de qualité. Je lirai les prochains tomes de la collection avec le plus grand intérêt.
Eh bien, sur un sujet difficile, casse-gueule, les auteurs ont réussi quelque chose de très intéressant et original !
En effet, Gallié a développé une histoire allégorique où la double lecture n’entrave jamais l’intérêt de l’intrigue. Sur un fantastique très noir, nous suivons ce groupe de gamins dans leur fuite devant les dangers qui les menacent successivement, dans leur lutte contre le mal, incarné par diverses entités. C’est fluide, dynamique, et on s’attache à chaque gamin.
Cette histoire est d’autant plus simple à suivre que le dessin d’Andreae est vraiment très bon et très beau. De très belles planches, mais aussi un dessin très lisible, magnifique, qui ne joue jamais sur la surenchère à laquelle auraient pu se prêter certaines cases, mais qui, tout en simplicité, nous mène par le bout des yeux.
Une belle métaphore, certes. Mais aussi et avant tout une chouette histoire, bien racontée et mise en image, une réussite.
Moment de lecture agréable que cet album one-shot.
Mangin et Bajram nous livre un scénario dont les thèmes ont quelques réminiscences avec "UW One", où tout du moins des échos. Il aurait presque été intéressant de lire cet album sans connaître les scénaristes.
Quoiqu'il en soit, l'histoire est menée avec soin, sans prendre le lecteur pour plus bête que ce qu'il est avec des avancées savamment disséminées. Le propos de fond est d'actualité, même si l'interrogation finale sur la condition humaine m'a semblé un peu pesamment assénée. Être pertinent en évitant le poncif n'est pas toujours simple, et un peu plus de finesse aurait été plus digeste.
Au dessin, Rochebrune livre un bel album, travaillé et habile dans sa réalisation.
La mise en couleur n'a pas ma préférence, j'avais parfois l'impression de retrouver une vieil bd à papa, mais les gouts et les couleurs... :)
Malgré ces quelques retenues, un album à lire pour les fans du genre (et pour les autres aussi). C'est bien fait, bien mené.
Lisez cet album, nos pères le faisaient avant nous et leurs pères avant eux. C'est ce que veut le Grand Tout.
La Fête des Ombres se déroule dans un petit village Japonais qui a pour particularité d'accueillir tous les ans des ombres, les âmes perdues de défunts issus de partout au Japon en quête d'une direction leur permettant de cesser de errer et de trouver la paix. Les villageois qui accueillent ces esprits ayant perdu le souvenir de leur vie ont pour mission de les écouter, découvrir qui ils étaient et enfin essayer de trouver avant la fin de l'année le moyen d'apaiser les tourments qui les empêchent de passer vers l'autre monde. Naoko est une jeune femme de ce village qui débute dans ce domaine et accueille sa deuxième ombre seulement.
Je suis tombé sous le charme de cette série. Cela fait longtemps que je suis ce couple d'auteurs qui tenait depuis des années un blog sur le Japon dont ils sont passionnés, et c'est là leur œuvre la plus aboutie à mes yeux.
D'emblée son graphisme et son ambiance font penser aux œuvres du studio Ghibli, avec un dessin qui me fait aussi penser à celui de Florent Chavouet dont j'avais adoré son Manabé Shima. Des personnages avec des têtes légèrement surdimensionnées et très expressives, des planches très colorées, des décors particulièrement soignées, c'est un graphisme qui me pousse à dévorer les planches et à les savourer.
L'histoire s'inspire du folklore japonais et est en même temps très originale. Cette idée de villageois qui se consacrent à accueillir et soigner des âmes perdues est d'autant plus intéressante qu'elle est traitée avec modernité, avec des réunions de communication, des recherches via Internet pour retrouver l'identité de ces fantômes et un apprentissage pour les débutants dans le domaine. L'héroïne est rapidement attachante, pleine de doutes et de saines motivations. L'intrigue ne se contente pas de mettre ce petit univers en place et de le regarder évoluer : il y a une véritable histoire autour de cette ombre que Naoko accueille cette année là et un vrai retournement de situation en fin de premier tome qui amène le second vers un nouveau décor, quelques surprises et davantage d'action.
Un chouette diptyque qui ravira les amateurs d'animation et de culture japonaise traditionnelle.
Kriss de Valnor est l'une de mes héroïnes préférées du monde de la bd franco-belge. Malgré un nombre incroyable de défauts, elle arrive à susciter mon empathie.
Une série dérivée sur ses épaules ne pouvait que me ravir mais je ne suis qu'à moitié convaincu. Tout d'abord les auteurs s'en tirent admirablement bien.
Surtout un bravo au graphisme de De Vita qui assure dans son style la continuité de Rosinski auquel nous sommes tellement habitués.
Pour Sente l'exercice devait être plus facile car il avait l'expérience de la série mère.
Les trois premiers épisodes sont vraiment à mon goût.
Les souffrances de Kriss enfant sont vraiment chargées par les auteurs mais cela reste dans le crédible pour légitimer la folie vengeresse de Kriss.
Ensuite je trouve que l'on se perd un peu avec cette reine qui séduit Jolan pour combattre Magnus. Kriss femme d'Etat ? Bof. Bof.
C'est un changement radical de sa personnalité jusqu'alors axée sur son individualisme meneuse de gangs et pirates, plus qu'une souveraine gestionnaire de l'intérêt général.
Ensuite pour conclure, les nouveaux auteurs la ramènent sur l'un des axes les plus forts de la série : le bonheur familial. Pour cela il lui faudra découvrir l'altruisme dans une ascension pleine de surprises et pas toujours facile à suivre par le lecteur.
On fait de l'équilibre sur un fil pour s'y retrouver mais les auteurs ne se prennent pas les pieds dans le tapis avec ces multiples ponts à la série mère (qu'il vaut mieux bien connaître).
La gestion du temps et de l'espace étant un autre point central de la série mère, on conclut donc sur les fondamentaux.
Une lecture agréable pour une héroïne aux multiples facettes.
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L'Education des assassins
Bon j’en avais marre de parler d’Etienne Le Roux comme d’un « mercenaire », une bonne part de sa production rentrant dans des collections où son talent ne m’éblouissait pas (Conan le Cimmérien, WW2.2, Sept ..., Wul etc). Sur L’éducation des assassins, c’est tout autre, j’adore son travail. Il me semble que c’est la 1ère fois qu’il officiait en tant qu’auteur complet. A lui tout seul, il nous propose : un univers original et cohérent, une histoire intéressante et pleine d’incertitude, une narration aux petits oignons, et surtout un dessin soigné et des couleurs magnifiques, c’était du très lourd à mes yeux, une œuvre comme je les aime. C’était, car malheureusement la série a été abandonnée depuis, nous ne connaîtrons donc jamais la fin. Je RAGE, je BOUILLONNE, je FULMINE de cette décision, d’autant que la conclusion n’était pas bien loin. J’imagine que ça n’a pas été une décision de l’auteur (enfin j’espère !!) mais de l’éditeur faute de vente ?! Bref les boules !!! L’acquisition en l’état ne vaut rien, mais abstraction de l’abandon je mets un gros 4* Nota : je suis dur avec l’auteur depuis mais quand on voit ici la qualité, on ne peut être que déçu par « ses travaux de commande » postérieurs à cette série.
Mort d'un Banquier
Étonnant que ce diptyque n’ait pas été davantage lu ou avisé depuis sa sortie ! En effet, j’ai trouvé l’histoire très bien construite, pleine de fausses pistes, comme il se doit, mais aussi d’une certaine réflexion autour de l’argent, du cynisme, et du sentiment de toute puissance des financiers (il n’y a qu’à voir la cathédrale gigantesque du siège de la banque, ou la sorte de pyramide de Ponzi élaborée autour d’une spéculation sur la mort). Le scénario tient en haleine le lecteur, avec une intrigue qui dès le départ pousse les principaux protagonistes à dépasser les limites de la morale : un riche banquier se sachant mourant propose à ses deux principaux collaborateurs de lui proposer la meilleure « fin », le vainqueur héritant de tout. Les entourloupes vont se succéder… Quant au dessin, il est surprenant (et la colorisation l’est encore plus, parfois criarde), mais j’ai trouvé cet habillage très bon, original. Lecture sympathique, qui ravira les amateurs de polars bien construits. Si le dessin vous rebute, passer outre vos préventions, l’histoire vaut le détour.
Après le monde
C'est un récit post-apocalyptique sans doute destiné avant tout à un jeune public. Mais l’adulte que je suis y a trouvé son compte. L’histoire en elle-même est assez simple : de façon brutale, tout le monde a disparu après l’apparition de mystérieuses « tours » un peu partout dans le monde. Seuls deux gamins (qui ne se rencontrent qu’au milieu de l’album) y ont échappé. Les rares autres personnes qu’ils croisent sont des sortes de fantômes. Les deux gamins se dirigent vers l’une de ces tours, pour comprendre. La narration est fluide (quelques flash-backs aèrent le récit). Seule la fin m’est apparue décevante, trop brutale et lissant trop le propos. Car on est dans du fantastique poétique, une angoisse sourde en arrière-plan. Toute cette ambiance est renforcée, voire magnifiée par le dessin de Timothée Leman, franchement très beau ! On a l’impression de traverser un monde où se déposeraient les cendres d’un immense incendie, c’est cotonneux, diffus : cela entretient à la fois l’aspect inquiétant du mystère, mais aussi le versant poétique, de rêverie, qui est aussi omniprésent. Un chouette album à découvrir !
Il faut flinguer Ramirez
Voilà une très bonne série B, qui manie humour et action à la perfection. "Il faut flinguer Ramirez" se lit d'une traite, personnellement je n'ai pas levé le nez durant toute ma lecture. Le scénario est assez drôle : des mafieux mexicains veulent faire à tout prix la peau d'un employé modèle et accessoirement top réparateur d'aspirateurs, Jacques Ramirez. Mais il faut dire que ce type muet, reconnaissable à sa moustache et sa tache de naissance qui lui embrasse le visage, serait aussi un redoutable tueur. Nous voilà entrainés dans un récit loufoque mais cohérent, où l'on alterne entre les gens qui voient Ramirez comme le bon employé modèle sans histoires et les bandits qui le voient comme un tueur sanguinaire. Cela donne un ensemble vraiment prenant et très drôle. Ajoutez à cela un couple de bandits lesbiennes braqueuses de banque et une atmosphère so 80's particulièrement bien rendue, et on est dans du très divertissant. Le dessin sert parfaitement l'atmosphère, et les pages de journaux de l'époque (relatant les événements qui nous sont contés) apportent un petit plus agréable. Bref, pas vraiment de fausse note dans cet opus, qui ne se prend pas pour ce qu'il n'est pas, mais qui fait parfaitement le boulot. Hâte de lire le tome 2 qui, je l'espère, sera à la hauteur du premier. MAJ après lecture du tome 2 J'ai adoré, peut être encore plus que le tome 1. Au côté déjanté et barre, Petrimaux ajoute plus de violence, de sang, de folie. L'intrigue se précise, et l'avantage d'un récit qui ne se prend pas au sérieux comme celui ci, c'est que même si les ficelles sont grosses, on s'en fiche un peu car de toute façon on joue sur le cliché. J'ai beaucoup aime le tournant de violence extrême que prend Ramon, et promis je m'arrête là pour ne pas spoilers (même si vu le nombre d'avis un paquet de gens ont lu ce deuxième tome). Je ne mets pas (encore) 5, mais ça pourrait venir, selon la conclusion de cette trilogie. Car j'attends un dénouement a la hauteur du plaisir que m'a apporté cette série
Skyward
J'ai trouvé ce comics très divertissant ! On se retrouve dans un monde où la gravité a soudainement cessé de s'appliquer et j'ai trouvé la manière dont les auteurs explorent les possibilités de ce nouveau monde. Bon, je ne connais rien en physique et j'imagine qu'il y a plusieurs trucs scientifiquement impossibles dans le scénario, mais je m'en fous un peu. Tout ce qui est importe est qu'au moins le scénario semble plausible. C'est de la BD pop-corn qui existe pour divertir et je trouve qu'elle le fait bien. Certes, on peut trouver que par moment le scénario manque un peu d'originalité et qu'il y a un peu trop de cliché (ah le père qui se sacrifie...pour je sais pas quelle raison et qui donne les informations à sa fille pour sauver le monde sauf que c'est crypté, il pouvait pas juste lui expliquer quoi faire parce que c'est comme ça et puis c'est tout), mais je trouve que globalement c'est bien fait. Les personnages sont attachants et surtout il y a des rebondissements dans le scénario. J'avais un peu peur à la fin du tome 1 que le reste de la série ne soit qu'un affrontement entre l'héroïne et le gros méchant riche et heureusement j'ai été agréablement surpris par la tournure des événements dans les tomes suivants. Ce que j'ai surtout aimé c'est les dialogues qui sont très bien écrits et souvent savoureux ! L'humour fonctionne bien aussi. Le dessin est agréable à regarder.
La Terre Vagabonde
Avec cet album Delcourt lance une collection consacrée à l'oeuvre de Liu Cixin. Ce romancier chinois est sans doute le plus grand auteur contemporain de SF dans son pays. La terre Vagabonde est le premier titre à être adapté et 14 autres devraient suivre, à chaque fois par un duo d'auteurs différents. Le casting à l'air prometteur et si tous les albums sont aussi bons que celui-ci on devrait se régaler ! Souvent dans les récits de SF, il est soit long, soit fastidieux (soit les deux) de mettre en place le background et de présenter l'univers dans lequel se déroule l'histoire. Ici c'est tout le contraire. C'est fluide, limpide, on rentre dans cette histoire très facilement. On est happé par le début du récit, on découvre avec curiosité que les scientifiques ont prévus l'extinction prochaine du soleil. Mais pas de problème la solution a aussi été trouvée : des réacteurs géants ont été construits pour sortir la terre de son orbite et l'envoyer pour un voyage de 2500 ans vers un nouveau système solaire. Cette histoire est prenante. On découvre cet univers par le prisme d'un jeune garçon qui va apprendre comment ce voyage doit se passer, et comment l'humanité va devoir survivre. Comment amorcer le voyage, comment survivre tout au long de celui-ci, tout est prévu et calculé... Ce récit c'est pas l'histoire de son héros, le protagoniste principal c'est notre planète. L'intrigue c'est ce voyage, sa planification et sa réalisation avec son lot de difficultés. Du début à la fin c'est prenant, car toutes les idées de cette histoire sont bonnes. Tous les petits détails sont bien vus. Toutes les péripéties sont intéressantes. Graphiquement c'est du même niveau. Si les personnages sont bons sans être extraordinaires, les vues de la terre, des bâtiments, du ciel et du système solaire sont superbes. Mention spéciale pour les planches qui se déplient pour offrir des paysages magnifiques. Je ne connaissais pas Liu Cixin, mais j'ai vraiment apprécié l'histoire que nous raconte la terre vagabonde. On voyage avec la planète. Cette première adaptation est vraiment de qualité. Je lirai les prochains tomes de la collection avec le plus grand intérêt.
La Confrérie du crabe
Eh bien, sur un sujet difficile, casse-gueule, les auteurs ont réussi quelque chose de très intéressant et original ! En effet, Gallié a développé une histoire allégorique où la double lecture n’entrave jamais l’intérêt de l’intrigue. Sur un fantastique très noir, nous suivons ce groupe de gamins dans leur fuite devant les dangers qui les menacent successivement, dans leur lutte contre le mal, incarné par diverses entités. C’est fluide, dynamique, et on s’attache à chaque gamin. Cette histoire est d’autant plus simple à suivre que le dessin d’Andreae est vraiment très bon et très beau. De très belles planches, mais aussi un dessin très lisible, magnifique, qui ne joue jamais sur la surenchère à laquelle auraient pu se prêter certaines cases, mais qui, tout en simplicité, nous mène par le bout des yeux. Une belle métaphore, certes. Mais aussi et avant tout une chouette histoire, bien racontée et mise en image, une réussite.
Inhumain
Moment de lecture agréable que cet album one-shot. Mangin et Bajram nous livre un scénario dont les thèmes ont quelques réminiscences avec "UW One", où tout du moins des échos. Il aurait presque été intéressant de lire cet album sans connaître les scénaristes. Quoiqu'il en soit, l'histoire est menée avec soin, sans prendre le lecteur pour plus bête que ce qu'il est avec des avancées savamment disséminées. Le propos de fond est d'actualité, même si l'interrogation finale sur la condition humaine m'a semblé un peu pesamment assénée. Être pertinent en évitant le poncif n'est pas toujours simple, et un peu plus de finesse aurait été plus digeste. Au dessin, Rochebrune livre un bel album, travaillé et habile dans sa réalisation. La mise en couleur n'a pas ma préférence, j'avais parfois l'impression de retrouver une vieil bd à papa, mais les gouts et les couleurs... :) Malgré ces quelques retenues, un album à lire pour les fans du genre (et pour les autres aussi). C'est bien fait, bien mené. Lisez cet album, nos pères le faisaient avant nous et leurs pères avant eux. C'est ce que veut le Grand Tout.
La Fête des Ombres
La Fête des Ombres se déroule dans un petit village Japonais qui a pour particularité d'accueillir tous les ans des ombres, les âmes perdues de défunts issus de partout au Japon en quête d'une direction leur permettant de cesser de errer et de trouver la paix. Les villageois qui accueillent ces esprits ayant perdu le souvenir de leur vie ont pour mission de les écouter, découvrir qui ils étaient et enfin essayer de trouver avant la fin de l'année le moyen d'apaiser les tourments qui les empêchent de passer vers l'autre monde. Naoko est une jeune femme de ce village qui débute dans ce domaine et accueille sa deuxième ombre seulement. Je suis tombé sous le charme de cette série. Cela fait longtemps que je suis ce couple d'auteurs qui tenait depuis des années un blog sur le Japon dont ils sont passionnés, et c'est là leur œuvre la plus aboutie à mes yeux. D'emblée son graphisme et son ambiance font penser aux œuvres du studio Ghibli, avec un dessin qui me fait aussi penser à celui de Florent Chavouet dont j'avais adoré son Manabé Shima. Des personnages avec des têtes légèrement surdimensionnées et très expressives, des planches très colorées, des décors particulièrement soignées, c'est un graphisme qui me pousse à dévorer les planches et à les savourer. L'histoire s'inspire du folklore japonais et est en même temps très originale. Cette idée de villageois qui se consacrent à accueillir et soigner des âmes perdues est d'autant plus intéressante qu'elle est traitée avec modernité, avec des réunions de communication, des recherches via Internet pour retrouver l'identité de ces fantômes et un apprentissage pour les débutants dans le domaine. L'héroïne est rapidement attachante, pleine de doutes et de saines motivations. L'intrigue ne se contente pas de mettre ce petit univers en place et de le regarder évoluer : il y a une véritable histoire autour de cette ombre que Naoko accueille cette année là et un vrai retournement de situation en fin de premier tome qui amène le second vers un nouveau décor, quelques surprises et davantage d'action. Un chouette diptyque qui ravira les amateurs d'animation et de culture japonaise traditionnelle.
Les Mondes de Thorgal - Kriss de Valnor
Kriss de Valnor est l'une de mes héroïnes préférées du monde de la bd franco-belge. Malgré un nombre incroyable de défauts, elle arrive à susciter mon empathie. Une série dérivée sur ses épaules ne pouvait que me ravir mais je ne suis qu'à moitié convaincu. Tout d'abord les auteurs s'en tirent admirablement bien. Surtout un bravo au graphisme de De Vita qui assure dans son style la continuité de Rosinski auquel nous sommes tellement habitués. Pour Sente l'exercice devait être plus facile car il avait l'expérience de la série mère. Les trois premiers épisodes sont vraiment à mon goût. Les souffrances de Kriss enfant sont vraiment chargées par les auteurs mais cela reste dans le crédible pour légitimer la folie vengeresse de Kriss. Ensuite je trouve que l'on se perd un peu avec cette reine qui séduit Jolan pour combattre Magnus. Kriss femme d'Etat ? Bof. Bof. C'est un changement radical de sa personnalité jusqu'alors axée sur son individualisme meneuse de gangs et pirates, plus qu'une souveraine gestionnaire de l'intérêt général. Ensuite pour conclure, les nouveaux auteurs la ramènent sur l'un des axes les plus forts de la série : le bonheur familial. Pour cela il lui faudra découvrir l'altruisme dans une ascension pleine de surprises et pas toujours facile à suivre par le lecteur. On fait de l'équilibre sur un fil pour s'y retrouver mais les auteurs ne se prennent pas les pieds dans le tapis avec ces multiples ponts à la série mère (qu'il vaut mieux bien connaître). La gestion du temps et de l'espace étant un autre point central de la série mère, on conclut donc sur les fondamentaux. Une lecture agréable pour une héroïne aux multiples facettes.