3.5
Un bon polar.
Je ne sais pas trop quoi ajouter aux avis des autres. L'intrigue est bien construite et le déroulement des actions est logique. L'originalité est que l'enquête est menée par un pauvre clochard alcoolique. Les auteurs en profitent pour montrer l'envers du décor du rêve californien et j'ai bien aimé qu'ils le fassent sans tomber dans un manichéen moralisateur. Ainsi, le ‘héros’ n’est pas juste qu’une pauvre victime de la société capitaliste et il a des défauts. Le dessin est pas mal.
Vraiment, le seul défaut que je trouve à ce one-shot est qu'il y a tout de même quelques longueurs qui tempère un peu mon enthousiasme (d'où le 3.5/5 au lieu d'un 4 tout rond). Une bonne lecture si on aime les polars américain du type que Brubaker fait. J'ai d'ailleurs pensé à lui durant ma lecture.
Je viens enfin de lire l'ensemble de la série, après avoir un peu lutté pour trouver le dernier tome.
L’œuvre est clairement déglinguée, pleine de références cinématographiques des années 80 à nos jours.
Un scénario sympa avec des multiples univers, pas toujours facile à suivre.
Des jeux de mots bien lourds (et je suis sûr d'en avoir raté plein) mais j’adhère pleinement au delirium.
Niveau dessin on est pas en reste, parfois des soucis de proportions mais vu le boulot, avec des cases bourrées de détails, on en a clairement pour son argent.
Mérite relecture tellement il y a de choses cachées de-ci de-là.
Bravo.
Quand j'étais gamin, l'espace c'était ma passion et je pouvais citer sans problème toutes les planètes du système solaire et leurs principaux satellites. Je lisais tout ce qui avait trait au sujet et était destiné à la jeunesse. Et même parfois des BDs éducatives abordant des sujets plus complexes comme Anselme Lanturlu. Eh bien, cette nouvelle BD là a réussi à m'apprendre des choses que j'ignorais plus ou moins et ce de manière tout à fait didactique et appropriée à un lectorat de moins de 13 ans.
Le cadre de départ est un peu bidon : le héros et sa grand-mère sont les seuls membres ordinaires d'une famille de surdoués des sciences. Un beau soir, un voyageur du futur un peu fantasque débarque dans leur jardin pour transmettre un message crucial à ces petits génies. Manque de bol, ils sont tous partis à une conférence et il ne reste là que le héros, sa mamie et sa petite copine. Or le voyageur ne peut pas rester matérialisé dans cette époque assez longtemps pour attendre leur retour. Du coup, il va devoir éduquer notre héros pour qu'il ait les compétences scientifiques nécessaires pour comprendre les bases du message qu'il va devoir transmettre lui-même à ses frères et sœurs. Pour ce faire, il va utiliser des casques de réalité virtuelle qui vont emmener les trois protagonistes dans l'espace pour commencer par découvrir l'espace-temps.
C'est une bonne BD éducative parce qu'elle est bien rythmée, intelligente, piquée d'un peu d'humour et qu'elle va droit au but tout en abordant des sujets et anecdotes tout à fait intéressantes. Outre la découverte des particularités des planètes de notre système solaire et de la gravité, je retiens notamment l'explication très simple qu'elle donne de la relativité et du fait que plus vite un objet se déplace dans l'espace, moins vite il se déplace dans le temps.
Ce n'est pas parfait, l'humour du visiteur du futur est un peu lourd par moment, mais pour ce qui est de la transmission de savoir et d'informations à même de captiver un lectorat adolescent, je pense que c'est très réussi. Moi en tout cas, j'aurais beaucoup aimé lire une telle BD dans ma jeunesse. Dommage que mes enfants soient déjà un peu trop âgés pour faire partie du public cible que je situerais plutôt au niveau du collège.
Je ne connaissais pas l'auteure et j'ai découvert cette BD ici. Les planches dans la galerie m'ont séduit, et poussé par les bons avis je me suis lancé. Je n'ai pas été déçu. Visuellement d'abord le dessin tient toutes ses promesses et la qualité est constante du début à la fin. Au delà du trait fort esthétique, la colorisation participe à merveille à donner une vraie ambiance à cet album. Lorsqu'on le referme on à l'impression de sentir la poussière et le sable !
L'histoire est originale et raconte une période historique peu connue. Celle de la sécheresse qu'a connue une partie de l'Oklahoma dans les années 30. Rien ne poussait et les tempêtes de poussières à répétition ont incité les gens à l'exode. Tout ça est raconté fort intelligemment à travers le regard d'un jeune photographe qui a pour mission d'immortaliser ces événements sur ses pellicules. Cette approche est très intéressante, on découvre cela par son prisme au gré de ses rencontres. Les personnages qu'il va croiser sont attachants, on croit volontiers aux relations sociales qui vont découler de son travail. D'un coté les gens pas bien contents d'être photographiés pour étaler leur misère dans les journaux, de l'autre de l'entraide et des amitiés sincères qui vont se nouer.
Une histoire originale et très intéressante, mise en lumière dans un bien bel album.
J'ai passé un très bon moment. Il y a 2 niveaux de lecture de la BD:
D'abord, l'histoire et le ton sont drôles. La BD est assez courte et j'ai passé un moment très sympathique à la lire. J'ai aussi beaucoup aimé le dessin et le graphisme qui ont un côté très chaleureux, malgré le fait que l'histoire est assez sombre.
Ensuite, comme déjà très bien mentionné dans plusieurs avis, il y a la morale: il n'y pas de personnage principal à l'histoire, ni vraiment de gentils ou de méchants. Le personnage principal est le racisme, l'intolérance et la bêtise humaine.
Je recommande !
Une chouette histoire, qui nous fait regretter encore plus le « départ » d’Hubert. J’espère égoïstement qu’il avait eu le temps de rédiger la suite, et que cette série ne sera pas abandonnée.
Car en l’état ce tome introductif est réussi. Il plante bien le décor, et développe aussi bien l’intrigue.
Intrigue qui part sur quelque chose de très classique (un chevalier s’en va délivrer une princesse retenue contre son gré dans un château isolé), pour ensuite dévier vers un fantastique qui pervertit le schéma de départ – tout en restant là aussi assez classique.
Mais Hubert fait du neuf avec du vieux, et son histoire est très agréable à lire. Surtout, comme il avait pu le faire avec Beauté, il densifie l’intrigue et la personnalité des personnages avec en arrière-plan des questionnements intéressants : la beauté des sentiments, la soif de réussite, le prix que l’on est prêt à payer pour assumer ses rêves. Au fil de l’intrigue, on s’aperçoit que les personnages sont loin d’être monolithiques, il n’y a pas de manichéisme, de gentils contre des méchants. Bref, une histoire dont j’espère découvrir la suite et la fin.
D’autant plus que le dessin de Maillié est vraiment réussi. Habitué à ce genre d’univers avec Loisel, il développe ici un trait plus fin, précis et dynamique. La colorisation, elle aussi soignée, ajoute à la fluidité de la lecture, franchement recommandée pour les amateurs de ce type de fantasy.
Scénariste prolifique plus habitué aux séries populaires au long cours, dont la dernière en date est l’époustouflant Les 5 Terres, David Chauvel tente une incursion dans la BD documentaire, et le moins que l’on puisse dire, c’est que « Res Publica » constitue une vraie réussite. Le seul précédent en la matière de la part de cet auteur remonte à 2007, où il avait participé au recueil choral Paroles sans papiers.
Pour ce faire, Chauvel, s’est appuyé sur une documentation très fouillée, toutes les sources étant mentionnées sur cinq pages en fin d’ouvrage ! Un véritable travail journalistique pour tenter de comprendre comment le mouvement des Gilets jaunes est apparu et pourquoi il a débouché sur les confrontations parfois très violentes que l’on sait.
Si la taille de l’objet et sa densité peut effrayer au premier abord, le talent du scénariste qu’est David Chauvel rend la lecture parfaitement lisible. La bonne idée est d’avoir découpé le livre en 13 actes, clin d’œil judicieux au mouvement qui nommait ainsi les dates de manifestations, chaque introduction faisant apparaître moult citations d’Emmanuel Macron, parfois édifiantes et non dénuées de contradictions. La ligne claire réaliste et sobre de Kerfriden, qui s’appuie sur des photos ou des vidéos d’actualité, fait le reste, totalement adapté au propos. Bénéficiant d’une mise en page assez variée, ce docu-BD, en noir et blanc… et jaune (logique, non ?), nous fait revivre les événements de façon très détaillée. Tout y est, absolument tout, et l’on revoit parfois avec effroi ces images d’une violence terrible — car si la violence était le fait d’une petite partie des Gilets jaunes, celle des forces de police se déchaînait bien souvent contre des manifestants pacifistes qui ne faisaient qu’exprimer leur désir d’une vie meilleure et leur opposition au projet néolibéral et antisocial de Macron —, des images désormais rentrées dans l’inconscient collectif français à force de passer en boucle sur les chaînes TV ou les réseaux sociaux. La seule chose qui change est la perspective, très différente de celle adoptée à l’époque par les grands médias, surtout nationaux, qui ont la plupart du temps manqué d’objectivité, aveuglés par un déni stupéfiant.
Et c’est bien là que réside la réussite de l’ouvrage. Car en ayant opté pour la restitution factuelle des événements, David Chauvel s’efforce de livrer une analyse objective et chiffrée derrière des images qui parlent pour elles-mêmes, distillant tout au plus une légère ironie dans ses commentaires plutôt que de se livrer à une diatribe violente contre le pouvoir, ce qui à l’évidence aurait rebuté une partie des lecteurs et risquait de décrédibiliser son travail.
En guise d’hommage aux Gilets jaunes, assimilés par le discours médiatique dominant à une meute enragée et stupide, les auteurs leur donnent un visage en glissant dans la narration deux portraits d’anonymes : Alain et Vanessa, qui racontent leur parcours et comment ils ont été gravement blessés ou mutilés alors qu’ils ne constituaient aucune menace. Difficile de ne pas ressentir de l’empathie pour cet homme et cette femme, bien loin des clichés que le déni médiatique tentait alors de faire pénétrer dans les esprits.
En effet, on a pu mesurer la panique qui s’est emparé des milieux de pouvoir face à ce mouvement de révolte spontané et insaisissable, souvent décrédibilisé par une assimilation outrancière à l’extrême-droite. On était presque interloqué par sa réaction violente, qu’il s’agisse des tirs de LBD et lacrymogènes ou du mépris des éditocrates politico-médiatiques. Par exemple, Luc Ferry, qui réclamait une intervention de l’armée, BHL, plus à l’aise pour défendre la veuve et l’orphelin sous les feux de la rampe, de préférence à l’international, Cohn-Bendit ou Romain Goupil, pourtant issus du mouvement de mai 68. L’ordre bourgeois, qu’il soit néo ou antique, semblait trembler de tous ses membres.
De façon pertinente, David Chauvel rappelle ce qu’est la démocratie, explique la différence entre démocratie directe, revendiquée par les Gilets jaunes par le biais du fameux RIC, et démocratie représentative, celle que l’on connaît et qui verrouille toute prise de décision citoyenne. Ainsi, le livre cite les propos du philosophe Jacques Rancière qui affirme que « ce qu’on appelle crise de la démocratie a très peu à voir avec la démocratie, c’est vraiment une crise du système représentatif, en tant que tel, et qui atteste, d’une certaine manière, qu’il y a très peu de démocratie dans ce système. »
Respectueux de la chronologie des événements, ce documentaire très complet évoque évidemment l’irruption début 2020 de la crise sanitaire liée au Covid-19, peu de temps après le mouvement syndical de décembre contre le projet de loi sur la réforme des retraites. Le mouvement des Gilets jaunes semblait alors déjà à bout de souffle, et le virus, allié involontaire du gouvernement Macron, aura définitivement mis un coup d’arrêt à cette révolte citoyenne, renvoyée à son statut d’invisibilité. Chauvel en profite pour traiter pêle-mêle de l’emprise financière sur la gestion des affaires politiques (via notamment le fameux gestionnaire d’actifs Blackrock), la collusion des grands labos pharmaceutiques avec certains ministres (n’est-ce pas, Madame Buzin ?) dont beaucoup se sont considérablement enrichis dans le privé avant d’être recrutés par Macron. De même, l’auteur revient sur la casse des services publics, et plus particulièrement la crise des hôpitaux, laquelle n’aura fait que ressortir avec plus d’âpreté lors de l’apparition du virus.
L’image marquante de l’album est incontestablement celle, fort bien trouvée, de Macron, grimé en épouvantail alors qu’il était comédien amateur (vidéo disponible sur youtube), une image qui résume à elle seule le personnage et utilisée par Kerfriden comme un gimmick qu’il décline avec jubilation en représentant le président les bras en croix, veillant sur un immense champ de pièces de monnaie en guise de conclusion…
Certes, le livre est dense et exigeant, mais la bande dessinée, ce n'est pas que des petits mickeys, c’est du sérieux aussi ! Ce mode d’expression possède cette fonction pédagogique d’insuffler un aspect ludique dans les sujets les plus rébarbatifs, n’empêchant en rien la réflexion, tant s’en faut, pouvant même apporter à un propos austère de la nuance voire de l’émotion ou de l’humour par le biais du dessin. En conclusion, « Res Publica » s’avère un documentaire urgent et salutaire en cette période pré-électorale, et même lorsque les jeux seront faits, ce livre demeurera assurément comme une œuvre historique de haute volée, témoignage passionnant de notre époque trouble.
Comme l’impression d’être dans un film qui vous tient en haleine du début à la fin, sans temps morts. Une enquête prenante sur fond de période post-apartheid. Si l’Afrique du Sud a bénéficié d’une politique de Réconciliation, on comprend vite qu’à la moindre étincelle, la violence est prête à éclater de nouveau entre les communautés. Après avoir posé les bases de l’histoire et présenté les protagonistes, le récit se déploie et se complexifie. La tension monte alors qu’entre en scène un flic assez en marge dont on aimerait approfondir l’histoire personnelle. Le scénario se déroule à un rythme rapide, entrecoupé d’explosions de violence. La fin est une bonne surprise et intelligemment pensée dans ce pays en manque d’apaisement. Le dessin est superbe et tout particulièrement les pages et doubles pages montrant la ville du Cap, ses townships dangereux, ses quartiers où les riches blancs se regroupent et ses campagnes couvertes de vignobles. Un très bon album, intelligent à l’ambiance oppressante et visuellement très réussi. Coup de cœur !
Les auteurs de Salade César (que je n'ai pas lu) remettent le couvert en s'attaquant cette fois au personnage historique de Napoléon.
On est ici dans une veine absurde qui flirte avec celle reconnue de Fabcaro. Ce n'est pour autant pas une "pâle copie", Karibou et Josselin Duparcmeur ayant trouvé leur style et la dose d'absurde nécessaire pour peaufiner leur humour. Et ça fonctionne plutôt bien ! L'album nous raconte l'exil de Napoléon sur l'île de Ste Hélène avec son compagnon d'infortune Las Cases, le général anglais Lowe (qui gère sa captivité) secondé de quelques gardes. Chaque planche nous propose un gag, mais l'ensemble nous raconte comment Napoléon compte s'échapper.
J'avoue que je ne partais pas spécialement conquis, mais dès la quatrième planche je me suis rapidement pris au délire de nos auteurs. Chaque page commence plus ou moins sérieusement et finit toujours par déraper à un moment de façon plus ou moins édifiante. J'adore !
Le dessin de Josselin Duparcmeur est simple et efficace, toujours très expressif en jouant intelligemment d'une mise en couleur monochrome saumon (ouais, fallait la placer celle là !).
Bref, un bon gros moment de délire particulièrement appréciable en ces temps bien tristounes !
J'ai adoré. Certes, ça part dans de gros délires, mais l'Art n'est pas fait pour décrire le réel, bien heureusement. Des dessins magnifiques, des couleurs idem, un texte délicieusement irrévérencieux envers l'ordre établi (il y a de quoi, surtout actuellement où il n'y a plus d'ordre). Tardi est un maître, non seulement dans cette série, mais également avec les scénarios de Léo Mallet où il y a symbiose. Le Démon des glaces ...
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Goodnight paradise
3.5 Un bon polar. Je ne sais pas trop quoi ajouter aux avis des autres. L'intrigue est bien construite et le déroulement des actions est logique. L'originalité est que l'enquête est menée par un pauvre clochard alcoolique. Les auteurs en profitent pour montrer l'envers du décor du rêve californien et j'ai bien aimé qu'ils le fassent sans tomber dans un manichéen moralisateur. Ainsi, le ‘héros’ n’est pas juste qu’une pauvre victime de la société capitaliste et il a des défauts. Le dessin est pas mal. Vraiment, le seul défaut que je trouve à ce one-shot est qu'il y a tout de même quelques longueurs qui tempère un peu mon enthousiasme (d'où le 3.5/5 au lieu d'un 4 tout rond). Une bonne lecture si on aime les polars américain du type que Brubaker fait. J'ai d'ailleurs pensé à lui durant ma lecture.
Little Alice in Wonderland
Je viens enfin de lire l'ensemble de la série, après avoir un peu lutté pour trouver le dernier tome. L’œuvre est clairement déglinguée, pleine de références cinématographiques des années 80 à nos jours. Un scénario sympa avec des multiples univers, pas toujours facile à suivre. Des jeux de mots bien lourds (et je suis sûr d'en avoir raté plein) mais j’adhère pleinement au delirium. Niveau dessin on est pas en reste, parfois des soucis de proportions mais vu le boulot, avec des cases bourrées de détails, on en a clairement pour son argent. Mérite relecture tellement il y a de choses cachées de-ci de-là. Bravo.
Science infuse
Quand j'étais gamin, l'espace c'était ma passion et je pouvais citer sans problème toutes les planètes du système solaire et leurs principaux satellites. Je lisais tout ce qui avait trait au sujet et était destiné à la jeunesse. Et même parfois des BDs éducatives abordant des sujets plus complexes comme Anselme Lanturlu. Eh bien, cette nouvelle BD là a réussi à m'apprendre des choses que j'ignorais plus ou moins et ce de manière tout à fait didactique et appropriée à un lectorat de moins de 13 ans. Le cadre de départ est un peu bidon : le héros et sa grand-mère sont les seuls membres ordinaires d'une famille de surdoués des sciences. Un beau soir, un voyageur du futur un peu fantasque débarque dans leur jardin pour transmettre un message crucial à ces petits génies. Manque de bol, ils sont tous partis à une conférence et il ne reste là que le héros, sa mamie et sa petite copine. Or le voyageur ne peut pas rester matérialisé dans cette époque assez longtemps pour attendre leur retour. Du coup, il va devoir éduquer notre héros pour qu'il ait les compétences scientifiques nécessaires pour comprendre les bases du message qu'il va devoir transmettre lui-même à ses frères et sœurs. Pour ce faire, il va utiliser des casques de réalité virtuelle qui vont emmener les trois protagonistes dans l'espace pour commencer par découvrir l'espace-temps. C'est une bonne BD éducative parce qu'elle est bien rythmée, intelligente, piquée d'un peu d'humour et qu'elle va droit au but tout en abordant des sujets et anecdotes tout à fait intéressantes. Outre la découverte des particularités des planètes de notre système solaire et de la gravité, je retiens notamment l'explication très simple qu'elle donne de la relativité et du fait que plus vite un objet se déplace dans l'espace, moins vite il se déplace dans le temps. Ce n'est pas parfait, l'humour du visiteur du futur est un peu lourd par moment, mais pour ce qui est de la transmission de savoir et d'informations à même de captiver un lectorat adolescent, je pense que c'est très réussi. Moi en tout cas, j'aurais beaucoup aimé lire une telle BD dans ma jeunesse. Dommage que mes enfants soient déjà un peu trop âgés pour faire partie du public cible que je situerais plutôt au niveau du collège.
Jours de sable
Je ne connaissais pas l'auteure et j'ai découvert cette BD ici. Les planches dans la galerie m'ont séduit, et poussé par les bons avis je me suis lancé. Je n'ai pas été déçu. Visuellement d'abord le dessin tient toutes ses promesses et la qualité est constante du début à la fin. Au delà du trait fort esthétique, la colorisation participe à merveille à donner une vraie ambiance à cet album. Lorsqu'on le referme on à l'impression de sentir la poussière et le sable ! L'histoire est originale et raconte une période historique peu connue. Celle de la sécheresse qu'a connue une partie de l'Oklahoma dans les années 30. Rien ne poussait et les tempêtes de poussières à répétition ont incité les gens à l'exode. Tout ça est raconté fort intelligemment à travers le regard d'un jeune photographe qui a pour mission d'immortaliser ces événements sur ses pellicules. Cette approche est très intéressante, on découvre cela par son prisme au gré de ses rencontres. Les personnages qu'il va croiser sont attachants, on croit volontiers aux relations sociales qui vont découler de son travail. D'un coté les gens pas bien contents d'être photographiés pour étaler leur misère dans les journaux, de l'autre de l'entraide et des amitiés sincères qui vont se nouer. Une histoire originale et très intéressante, mise en lumière dans un bien bel album.
Le Singe de Hartlepool
J'ai passé un très bon moment. Il y a 2 niveaux de lecture de la BD: D'abord, l'histoire et le ton sont drôles. La BD est assez courte et j'ai passé un moment très sympathique à la lire. J'ai aussi beaucoup aimé le dessin et le graphisme qui ont un côté très chaleureux, malgré le fait que l'histoire est assez sombre. Ensuite, comme déjà très bien mentionné dans plusieurs avis, il y a la morale: il n'y pas de personnage principal à l'histoire, ni vraiment de gentils ou de méchants. Le personnage principal est le racisme, l'intolérance et la bêtise humaine. Je recommande !
Ténébreuse
Une chouette histoire, qui nous fait regretter encore plus le « départ » d’Hubert. J’espère égoïstement qu’il avait eu le temps de rédiger la suite, et que cette série ne sera pas abandonnée. Car en l’état ce tome introductif est réussi. Il plante bien le décor, et développe aussi bien l’intrigue. Intrigue qui part sur quelque chose de très classique (un chevalier s’en va délivrer une princesse retenue contre son gré dans un château isolé), pour ensuite dévier vers un fantastique qui pervertit le schéma de départ – tout en restant là aussi assez classique. Mais Hubert fait du neuf avec du vieux, et son histoire est très agréable à lire. Surtout, comme il avait pu le faire avec Beauté, il densifie l’intrigue et la personnalité des personnages avec en arrière-plan des questionnements intéressants : la beauté des sentiments, la soif de réussite, le prix que l’on est prêt à payer pour assumer ses rêves. Au fil de l’intrigue, on s’aperçoit que les personnages sont loin d’être monolithiques, il n’y a pas de manichéisme, de gentils contre des méchants. Bref, une histoire dont j’espère découvrir la suite et la fin. D’autant plus que le dessin de Maillié est vraiment réussi. Habitué à ce genre d’univers avec Loisel, il développe ici un trait plus fin, précis et dynamique. La colorisation, elle aussi soignée, ajoute à la fluidité de la lecture, franchement recommandée pour les amateurs de ce type de fantasy.
Res Publica
Scénariste prolifique plus habitué aux séries populaires au long cours, dont la dernière en date est l’époustouflant Les 5 Terres, David Chauvel tente une incursion dans la BD documentaire, et le moins que l’on puisse dire, c’est que « Res Publica » constitue une vraie réussite. Le seul précédent en la matière de la part de cet auteur remonte à 2007, où il avait participé au recueil choral Paroles sans papiers. Pour ce faire, Chauvel, s’est appuyé sur une documentation très fouillée, toutes les sources étant mentionnées sur cinq pages en fin d’ouvrage ! Un véritable travail journalistique pour tenter de comprendre comment le mouvement des Gilets jaunes est apparu et pourquoi il a débouché sur les confrontations parfois très violentes que l’on sait. Si la taille de l’objet et sa densité peut effrayer au premier abord, le talent du scénariste qu’est David Chauvel rend la lecture parfaitement lisible. La bonne idée est d’avoir découpé le livre en 13 actes, clin d’œil judicieux au mouvement qui nommait ainsi les dates de manifestations, chaque introduction faisant apparaître moult citations d’Emmanuel Macron, parfois édifiantes et non dénuées de contradictions. La ligne claire réaliste et sobre de Kerfriden, qui s’appuie sur des photos ou des vidéos d’actualité, fait le reste, totalement adapté au propos. Bénéficiant d’une mise en page assez variée, ce docu-BD, en noir et blanc… et jaune (logique, non ?), nous fait revivre les événements de façon très détaillée. Tout y est, absolument tout, et l’on revoit parfois avec effroi ces images d’une violence terrible — car si la violence était le fait d’une petite partie des Gilets jaunes, celle des forces de police se déchaînait bien souvent contre des manifestants pacifistes qui ne faisaient qu’exprimer leur désir d’une vie meilleure et leur opposition au projet néolibéral et antisocial de Macron —, des images désormais rentrées dans l’inconscient collectif français à force de passer en boucle sur les chaînes TV ou les réseaux sociaux. La seule chose qui change est la perspective, très différente de celle adoptée à l’époque par les grands médias, surtout nationaux, qui ont la plupart du temps manqué d’objectivité, aveuglés par un déni stupéfiant. Et c’est bien là que réside la réussite de l’ouvrage. Car en ayant opté pour la restitution factuelle des événements, David Chauvel s’efforce de livrer une analyse objective et chiffrée derrière des images qui parlent pour elles-mêmes, distillant tout au plus une légère ironie dans ses commentaires plutôt que de se livrer à une diatribe violente contre le pouvoir, ce qui à l’évidence aurait rebuté une partie des lecteurs et risquait de décrédibiliser son travail. En guise d’hommage aux Gilets jaunes, assimilés par le discours médiatique dominant à une meute enragée et stupide, les auteurs leur donnent un visage en glissant dans la narration deux portraits d’anonymes : Alain et Vanessa, qui racontent leur parcours et comment ils ont été gravement blessés ou mutilés alors qu’ils ne constituaient aucune menace. Difficile de ne pas ressentir de l’empathie pour cet homme et cette femme, bien loin des clichés que le déni médiatique tentait alors de faire pénétrer dans les esprits. En effet, on a pu mesurer la panique qui s’est emparé des milieux de pouvoir face à ce mouvement de révolte spontané et insaisissable, souvent décrédibilisé par une assimilation outrancière à l’extrême-droite. On était presque interloqué par sa réaction violente, qu’il s’agisse des tirs de LBD et lacrymogènes ou du mépris des éditocrates politico-médiatiques. Par exemple, Luc Ferry, qui réclamait une intervention de l’armée, BHL, plus à l’aise pour défendre la veuve et l’orphelin sous les feux de la rampe, de préférence à l’international, Cohn-Bendit ou Romain Goupil, pourtant issus du mouvement de mai 68. L’ordre bourgeois, qu’il soit néo ou antique, semblait trembler de tous ses membres. De façon pertinente, David Chauvel rappelle ce qu’est la démocratie, explique la différence entre démocratie directe, revendiquée par les Gilets jaunes par le biais du fameux RIC, et démocratie représentative, celle que l’on connaît et qui verrouille toute prise de décision citoyenne. Ainsi, le livre cite les propos du philosophe Jacques Rancière qui affirme que « ce qu’on appelle crise de la démocratie a très peu à voir avec la démocratie, c’est vraiment une crise du système représentatif, en tant que tel, et qui atteste, d’une certaine manière, qu’il y a très peu de démocratie dans ce système. » Respectueux de la chronologie des événements, ce documentaire très complet évoque évidemment l’irruption début 2020 de la crise sanitaire liée au Covid-19, peu de temps après le mouvement syndical de décembre contre le projet de loi sur la réforme des retraites. Le mouvement des Gilets jaunes semblait alors déjà à bout de souffle, et le virus, allié involontaire du gouvernement Macron, aura définitivement mis un coup d’arrêt à cette révolte citoyenne, renvoyée à son statut d’invisibilité. Chauvel en profite pour traiter pêle-mêle de l’emprise financière sur la gestion des affaires politiques (via notamment le fameux gestionnaire d’actifs Blackrock), la collusion des grands labos pharmaceutiques avec certains ministres (n’est-ce pas, Madame Buzin ?) dont beaucoup se sont considérablement enrichis dans le privé avant d’être recrutés par Macron. De même, l’auteur revient sur la casse des services publics, et plus particulièrement la crise des hôpitaux, laquelle n’aura fait que ressortir avec plus d’âpreté lors de l’apparition du virus. L’image marquante de l’album est incontestablement celle, fort bien trouvée, de Macron, grimé en épouvantail alors qu’il était comédien amateur (vidéo disponible sur youtube), une image qui résume à elle seule le personnage et utilisée par Kerfriden comme un gimmick qu’il décline avec jubilation en représentant le président les bras en croix, veillant sur un immense champ de pièces de monnaie en guise de conclusion… Certes, le livre est dense et exigeant, mais la bande dessinée, ce n'est pas que des petits mickeys, c’est du sérieux aussi ! Ce mode d’expression possède cette fonction pédagogique d’insuffler un aspect ludique dans les sujets les plus rébarbatifs, n’empêchant en rien la réflexion, tant s’en faut, pouvant même apporter à un propos austère de la nuance voire de l’émotion ou de l’humour par le biais du dessin. En conclusion, « Res Publica » s’avère un documentaire urgent et salutaire en cette période pré-électorale, et même lorsque les jeux seront faits, ce livre demeurera assurément comme une œuvre historique de haute volée, témoignage passionnant de notre époque trouble.
Sangoma - Les Damnés de Cape Town
Comme l’impression d’être dans un film qui vous tient en haleine du début à la fin, sans temps morts. Une enquête prenante sur fond de période post-apartheid. Si l’Afrique du Sud a bénéficié d’une politique de Réconciliation, on comprend vite qu’à la moindre étincelle, la violence est prête à éclater de nouveau entre les communautés. Après avoir posé les bases de l’histoire et présenté les protagonistes, le récit se déploie et se complexifie. La tension monte alors qu’entre en scène un flic assez en marge dont on aimerait approfondir l’histoire personnelle. Le scénario se déroule à un rythme rapide, entrecoupé d’explosions de violence. La fin est une bonne surprise et intelligemment pensée dans ce pays en manque d’apaisement. Le dessin est superbe et tout particulièrement les pages et doubles pages montrant la ville du Cap, ses townships dangereux, ses quartiers où les riches blancs se regroupent et ses campagnes couvertes de vignobles. Un très bon album, intelligent à l’ambiance oppressante et visuellement très réussi. Coup de cœur !
Waterlose
Les auteurs de Salade César (que je n'ai pas lu) remettent le couvert en s'attaquant cette fois au personnage historique de Napoléon. On est ici dans une veine absurde qui flirte avec celle reconnue de Fabcaro. Ce n'est pour autant pas une "pâle copie", Karibou et Josselin Duparcmeur ayant trouvé leur style et la dose d'absurde nécessaire pour peaufiner leur humour. Et ça fonctionne plutôt bien ! L'album nous raconte l'exil de Napoléon sur l'île de Ste Hélène avec son compagnon d'infortune Las Cases, le général anglais Lowe (qui gère sa captivité) secondé de quelques gardes. Chaque planche nous propose un gag, mais l'ensemble nous raconte comment Napoléon compte s'échapper. J'avoue que je ne partais pas spécialement conquis, mais dès la quatrième planche je me suis rapidement pris au délire de nos auteurs. Chaque page commence plus ou moins sérieusement et finit toujours par déraper à un moment de façon plus ou moins édifiante. J'adore ! Le dessin de Josselin Duparcmeur est simple et efficace, toujours très expressif en jouant intelligemment d'une mise en couleur monochrome saumon (ouais, fallait la placer celle là !). Bref, un bon gros moment de délire particulièrement appréciable en ces temps bien tristounes !
Adèle Blanc-Sec
J'ai adoré. Certes, ça part dans de gros délires, mais l'Art n'est pas fait pour décrire le réel, bien heureusement. Des dessins magnifiques, des couleurs idem, un texte délicieusement irrévérencieux envers l'ordre établi (il y a de quoi, surtout actuellement où il n'y a plus d'ordre). Tardi est un maître, non seulement dans cette série, mais également avec les scénarios de Léo Mallet où il y a symbiose. Le Démon des glaces ...