Après l’excellente série Le Roi des bourdons, David De Thuin récidive avec un autre récit tout aussi poignant : "La colère dans l’eau".
Le dessin enfantin ne laisse en rien présager de la gravité des propos soulevée par le récit. L’auteur y décrit les ravages d’un Tsunami en suivant en temps réel le destin d’une petite famille en vacances en bord de mer qui va être confrontée à cette terrible vague. La narration est directe. Rien n’est épargné au lecteur qui est, lui aussi, emporté par cette déferlante. Les dialogues sont percutants. Le final est fort émotionnellement.
Une bd qui remue . . . On n’en ressort pas indemne.
France info fête ses 20 ans et pour ce si bel âge, la station de radio s’offre un livre anniversaire sur mesure, réalisé par une multitude d’auteurs de renom, eux mêmes traitant un fait de société marquant s’étant produit durant ces 20 dernières années.
L’idée est intéressante et dans cette période folle de course à l’info où tout et n’importe quoi se dit, on est heureux de pouvoir se poser et lire, tranquillement, une partie de notre Histoire, sans polémique et sans conflit. Là, il s’agit de rester bien calé au fond d’un fauteuil (le livre est gros et lourd) et de se laisser envahir par les différentes émotions si bien partagées par les auteurs.
Au cœur de ce team, les auteurs accueillent quelques petits nouveaux au talent déjà reconnu tels que Simon Hureau découvert par Ego comme X avec la publication de son « Palace » - extraordinaire pavé sur son voyage au Cambodge – ou encore des jeunes auteurs tout récemment propulsés par Futuropolis dans le sillage d’un scénariste ayant déjà publié.
Les récits sont courts, clairs et très significatifs d’un monde en difficulté. L’un d’entre eux, réalisé par le photographe décédé depuis Didier Lefèvre, est pour ainsi dire insoutenable.
E. Guibert, l’introduit avec un dessin le mettant en scène et conclut sur un dessin vidé de sa présence. Les photos de Didier sont terribles voire insoutenables et la présence de cet homme dans ce livre n’a rien d’anecdotique. C’est avec un grand malaise, et une vraie douleur que je termine ce « Ljubeniq ».
Ceci dit, tous les récits ont une puissance assez étonnante alors pour balayer rapidement de façon totalement sélective et forcément injuste, je dirais que certaines cases sont plus glaciales encore que d’autres comme celle de la page 146 (Martinez), la 4ème case de la page 156 (Rabaté), que des auteurs comme Stassen et Masson vont à l’essentiel, que Blutch laisse encore une fois libre cours à une interprétation de haut vol à couper le souffle, mais finalement tous ont royalement servi la cause de l’information et ajoutent au médium avec beaucoup de naturel et de spontanéité.
Ce qu’il ressort de cet exercice collectif est que la bande dessinée n’a jamais été aussi bien reconnue qu’en cette période alors, trêve de réflexion lisons, regardons et remplissons nous de cet art qui nous est si joliment offert.
Un mot ? : Essentiel, pour autant qu'on se sente concerné par notre environnement.
Voilà une bd, que dis je ?!, un roman graphique qui m’a vraiment touché.
J’ai adoré !
Une amie me l’a conseillé dans une bibliothèque et j’avoue que j’y suis allé un peu à reculons, un peu pour lui faire plaisir devant le morceau pour le moins conséquent. J’ai vite revu ma copie…
Je me suis tout d’abord fait envoûter par le dessin, dynamique, puissant, explicite dans l’implicite et si expressif, parlant autant que des mots. Certaines pages sont vides de texte et elles font pourtant passer énormément d’émotions.
Scénaristiquement, je me suis fait happer par l’histoire de cet adolescent avançant lentement vers l’âge adulte et qui découvre la signification du mot amour. Dans le contexte religieux puritain d’une Amérique profonde, cette découverte ne va pas se faire sans contradiction et va aller de pair avec un refus des valeurs théologique que l’on lui assène et des voies que sa paroisse et ses parents aimeraient le voir emprunter.
Dans les méandres de ce chemin, Craig Thompson illustre brillamment, avec justesse et finesse les doutes, les choix, les joies et les instants de peines par lesquels il est passé ; que ce soit dans les rapports avec sa famille, parents et frère, qu’avec les autres de son âge, le classant comme un marginal et surtout avec Raina.
A lire… sans retenue.
Xerxès le roi divin des Perses marche vers la Grèce à la tête d'une armée de plusieurs centaines de milliers d'hommes, sans aucun doute la plus grande armée antique qui n'ai jamais existée ! Les Athéniens et le reste de la Grèce ne réagissent pas. Seul Léonidas le roi de Sparte décide de faire front avec sa garde personnelle de 300 hommes pour éviter à Sparte le pillage et l'esclavage. Ce dernier choisit de bloquer les Perses aux Thermopyles, passage étroit le long de la mer où l'armée asiatique ne pourra pas déployer toute sa puissance.
Xerxès a avec lui des milliers de guerriers. Léonidas lui n'a que 300 hommes mais ce ne sont pas des guerriers... ce sont des Spartiates !!!
Miller adapte ici la célèbre bataille antique des Thermopyles. Il est vrai que le scénario fait très "américain" mais personnellement je n'ai pas été dérangé. L'auteur ne fait qu'enjoliver les légendaires fierté, combativité et puissance des Spartiates.
La BD est bourrée de testostérone, de muscles, de sang et de sueur mais j'adore la façon dont l'histoire est racontée. Il s'en dégage quelque chose de véritablement épique ! Amateur d'histoire j'ai été comblé même si la réalité historique n'est pas totalement respectée.
Le dessin est absolument fantastique. Miller maîtrise à merveille les jeux d'ombre et de lumière. Les scènes de bataille ont un dynamisme fou. Le découpage des planches est extrêmement varié et réussi. Les couleurs dans une dominante de brun et de noir remplissent parfaitement leur mission et renforcent le sentiment épique.
S'ajoute à cela que le format de la BD est inversé. Les planches sont donc au format paysage ce qui donne l'impression de regarder un film.
L'histoire, la narration, le dessin, les couleurs, l'album en lui-même, tout est culte dans ce splendide one-shot ! 300 est mon meilleur comics. L'achat est indispensable (même si le public visé est clairement masculin) et ce malgré un prix relativement élevé qui s'avérera à la lecture totalement justifié.
Je vais de ce pas louer le film !
THIS IS SPARTA !!!!
Parenthèse historique
Il est connu que les Spartiates ont été les plus grands guerriers de l'antiquité entraînés dès l'enfance à survivre et à combattre. La population de Sparte est composée de deux types de population : les Spartiates et le reste (femmes, enfants, esclaves, etc.). Ces Spartiates sont des hommes de 18 ans révolus ayant reçu l'éducation spartiate (d'autres conditions sont nécessaires mais je vais pas faire un cours d'histoire). Les guerriers de Sparte n'ont jamais été les plus nombreux dans les grandes batailles contre Athènes ou les autres villes de Grèce mais ils ont toujours été les plus redoutés.
Imaginez que vous participez à un mariage, puis, pour une raison plus ou moins valable, tout foire et les participants se mettent à se disputer pour finalement finir par se détester… cette histoire est complètement tordue non ? Et pourtant, c’est ce que nous proposent comme scénario Van Hamme et Hermann avec "Lune de guerre".
La bd comporte un mini-dossier placé au début du livre qui nous explique comment Van Hamme a eu cette idée assez folle (à partir d’une histoire vraie), les différents personnages y sont présentés. Personnellement, je vous conseille de feuilleter ce mini-dossier après avoir lu la bd proprement dite sous peine de perdre une partie de la découverte.
Le scénario est totalement farfelu surtout lorsqu’on découvre à partir de quoi la fête se transformera vite en enfer. En fait, le lecteur s’apercevra à la fin de la lecture que ce mariage ne pouvait finir autrement étant donné tous les rancœurs et secrets malsains qui habitent la plupart des personnages. Des invraisemblances apparaissent dans cette bd notamment lorsque le lecteur découvre de quoi est capable le papy… paradoxalement, j’ai beaucoup aimé cette bd car elle est divertissante. L’histoire possède, à mon avis, un humour très noir que j’ai apprécié une fois ma lecture terminée, c’est à ce moment-là que la bd dévoile la bêtise humaine dans toute sa splendeur et sa folie ! En effet, l’histoire semble tellement irréelle qu’on y croit !
A mon avis, Hermann a réalisé une de ses meilleures bd avec son autre one-shot On a tué Wild Bill. Pour moi, ce dessinateur est actuellement le meilleur metteur en scène du 9ème art. Avec cet album, j’ai eu l’impression de suivre un film tellement la narration est fluide. Les cadrages et le découpage sont pertinemment choisis, la mise en couleurs directes est magnifique. Seuls les visages des femmes ne sont pas parus assez féminins.
"Lune de guerre" est une bd assez originale et divertissante à lire. L’histoire est très farfelue, tellement même qu’on croit à cette débauche de bêtises humaines. Le magnifique dessin et la narration exemplaire de Hermann m’ont énormément fait apprécier cette bd. A lire finalement !
Note approximative : 3.5/5
Amusante coïncidence (ou pas ?), deux adaptations de Tom Sawyer sortent en BD à moins d'un mois d'intervalle. Deux semaines après la lecture de Les Aventures de Tom Sawyer de Mark Twain, j'ai donc voulu faire la comparaison avec cette autre version.
Eh bien, moi qui suis un grand amateur des éditions Delcourt d'ordinaire, c'est nettement la version de chez Soleil que j'ai préférée.
Pourtant, les deux sont des adaptations quasi exactes du livre. Cela se repère vite : ce sont en grand majorité les mêmes scènes qu'on retrouve dans l'une et l'autre des séries. L'exercice est d'ailleurs très intéressant sur le plan du travail de la bande-dessinée car on y découvre clairement deux différentes façons d'aborder la narration, les dialogues et les personnages. Et pour moi, l'adaptation d'Istin gagne haut la main : les personnages y sont nettement plus attachants, le récit nettement plus fluide, le rythme bien mené, les coups d'éclats et autres moments d'humour mieux amenés. Bref, c'est une bonne adaptation.
A côté de cela, je dois l'avouer, hormis la couverture qui est excellente, le dessin des planches n'est pas terrible techniquement parlant. Les personnages sont plutôt corrects et bien dynamiques. Par contre, la majorité des décors sont nettement trop simples, trop basiques. Difficile de vouloir s'attarder sur une planche ou une autre pour le plaisir des yeux. Cependant, et pour contrer ces petits défauts du dessin, la colorisation est très bonne et de son simple fait donne un aspect d'ensemble de bonne qualité à chacune des planches.
Bref, cette série n'est pas un chef-d'oeuvre mais c'est un bon moyen de retrouver l'oeuvre de Mark Twain dans une adaptation en BD réussie et moderne.
Alors effectivement cette série ne brille pas pour son originalité. On retrouve les différentes races du Seigneur des Anneaux et invariablement l'empreinte de La Quête de l'Oiseau du Temps et de Loisel ; les yeux blancs complètement vides, les ruines dans la jungle du second tome ("le rige"), la race vivant dans le désert du troisième ("le temple de l'oubli"), Istin va même jusqu'à représenter le personnage qui traque l'Oslan avec les traits du Rige avec les dreadlocks en plus.
Passé outre ces hommages ou ce plagiat comme vous voudrez, c'est une série très agréable à lire, où les personnages sont attachants, les différentes races y sont bien décrites et ne nécessitent pas une énième encyclopédie du monde de Tro... pardon Asceltis et au moins l'histoire avance, pas de tome inutile.
Alors, puisque la bande dessinée reste un divertissement avec parfois pour seule prétention, celle de passer un bon moment (sans pour autant nous prendre pour des vaches à lait), je conseille vivement l'achat de cette bd qui ne fera largement pas tache au milieu de vos Trolls De Troy.
De plus, je conseille l'achat en parallèle de Les Exilés d'Asceltis du même scénariste.
Je ne comprends pas bien l'avis de mes camarades, étant donnée la richesse de cette bd. Certes on n'y comprend rien entre toutes les histoires, mais il s'agit seulement d'un prologue qui franchement donne énormément envie de connaître cette histoire agrémenté d'un dessin qui vous pète littéralement à la tronche.
On trouve tellement de bd qui niveau contenance ne valent pas le prix du ticket de caisse (ça doit être le fait de travailler au SOLEIL). Alors que concernant celle-ci qui pour moi reste un chef d'oeuvre, on en a vraiment pour son argent.
Je déconseille tout de même l'achat car Lidwine semble avoir disparu de la surface de la planète et que c'est franchement frustrant d'avoir juste le prologue d'une série qui s'annonçait dantesque. Mais il fallait tout de même donner à cet ouvrage une note qu'elle mérite largement.
Que peut-on dire de plus ? La bd à ne pas manquer ;
- Un dessin franchement riche et rafraîchissant
- Une colorisation pastel déroutante certes, mais tellement originale et indispensable au bout de quelques pages
- Un scénario qui évite les détours permettant de rallonger une série (Arleston y'en a marre)
- Un background et des légendes qui gardent tous leurs mystères
- Et des gros méchants (sans vraiment l'être) qui font vraiment flipper
Bref, à peine tu l'as finie, tu as envie de la relire, histoire de mieux imaginer tout ce qui n'a pas été dit. Et ça c'est vraiment ce qui manque aux séries d'aujourd'hui : finir une histoire et nous laisser imaginer le reste de l'univers que leurs auteurs ont créé.
En revanche pour ceux qui comptent acheter l'intégrale d'occas' faites attention, certaines ont un défaut ; trois pages se répètent vers le milieu de l'ouvrage et donc forcément il en manque trois autres. Je vous jure que c'est gonflant.
Les gags de Plunk sont dessinés de manière sommaire, ils sont muets, l’album est lu en 3 minutes… mais qu’est-ce que c’est bon. Plunk est sans doute une des meilleures choses qui soit arrivées au journal de Spirou ces dernières années. De l’humour drôle, c’est toujours préférable, hilarant, c’est encore mieux. J’adore cet humour absurde et dérisoire. Pour moi la meilleure nouvelle série humoristique depuis Kinky & Cosy, au moins…
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La Colère dans l'eau
Après l’excellente série Le Roi des bourdons, David De Thuin récidive avec un autre récit tout aussi poignant : "La colère dans l’eau". Le dessin enfantin ne laisse en rien présager de la gravité des propos soulevée par le récit. L’auteur y décrit les ravages d’un Tsunami en suivant en temps réel le destin d’une petite famille en vacances en bord de mer qui va être confrontée à cette terrible vague. La narration est directe. Rien n’est épargné au lecteur qui est, lui aussi, emporté par cette déferlante. Les dialogues sont percutants. Le final est fort émotionnellement. Une bd qui remue . . . On n’en ressort pas indemne.
France Info, 30 ans d'actualité (Le jour où...)
France info fête ses 20 ans et pour ce si bel âge, la station de radio s’offre un livre anniversaire sur mesure, réalisé par une multitude d’auteurs de renom, eux mêmes traitant un fait de société marquant s’étant produit durant ces 20 dernières années. L’idée est intéressante et dans cette période folle de course à l’info où tout et n’importe quoi se dit, on est heureux de pouvoir se poser et lire, tranquillement, une partie de notre Histoire, sans polémique et sans conflit. Là, il s’agit de rester bien calé au fond d’un fauteuil (le livre est gros et lourd) et de se laisser envahir par les différentes émotions si bien partagées par les auteurs. Au cœur de ce team, les auteurs accueillent quelques petits nouveaux au talent déjà reconnu tels que Simon Hureau découvert par Ego comme X avec la publication de son « Palace » - extraordinaire pavé sur son voyage au Cambodge – ou encore des jeunes auteurs tout récemment propulsés par Futuropolis dans le sillage d’un scénariste ayant déjà publié. Les récits sont courts, clairs et très significatifs d’un monde en difficulté. L’un d’entre eux, réalisé par le photographe décédé depuis Didier Lefèvre, est pour ainsi dire insoutenable. E. Guibert, l’introduit avec un dessin le mettant en scène et conclut sur un dessin vidé de sa présence. Les photos de Didier sont terribles voire insoutenables et la présence de cet homme dans ce livre n’a rien d’anecdotique. C’est avec un grand malaise, et une vraie douleur que je termine ce « Ljubeniq ». Ceci dit, tous les récits ont une puissance assez étonnante alors pour balayer rapidement de façon totalement sélective et forcément injuste, je dirais que certaines cases sont plus glaciales encore que d’autres comme celle de la page 146 (Martinez), la 4ème case de la page 156 (Rabaté), que des auteurs comme Stassen et Masson vont à l’essentiel, que Blutch laisse encore une fois libre cours à une interprétation de haut vol à couper le souffle, mais finalement tous ont royalement servi la cause de l’information et ajoutent au médium avec beaucoup de naturel et de spontanéité. Ce qu’il ressort de cet exercice collectif est que la bande dessinée n’a jamais été aussi bien reconnue qu’en cette période alors, trêve de réflexion lisons, regardons et remplissons nous de cet art qui nous est si joliment offert. Un mot ? : Essentiel, pour autant qu'on se sente concerné par notre environnement.
Blankets - Manteau de neige
Voilà une bd, que dis je ?!, un roman graphique qui m’a vraiment touché. J’ai adoré ! Une amie me l’a conseillé dans une bibliothèque et j’avoue que j’y suis allé un peu à reculons, un peu pour lui faire plaisir devant le morceau pour le moins conséquent. J’ai vite revu ma copie… Je me suis tout d’abord fait envoûter par le dessin, dynamique, puissant, explicite dans l’implicite et si expressif, parlant autant que des mots. Certaines pages sont vides de texte et elles font pourtant passer énormément d’émotions. Scénaristiquement, je me suis fait happer par l’histoire de cet adolescent avançant lentement vers l’âge adulte et qui découvre la signification du mot amour. Dans le contexte religieux puritain d’une Amérique profonde, cette découverte ne va pas se faire sans contradiction et va aller de pair avec un refus des valeurs théologique que l’on lui assène et des voies que sa paroisse et ses parents aimeraient le voir emprunter. Dans les méandres de ce chemin, Craig Thompson illustre brillamment, avec justesse et finesse les doutes, les choix, les joies et les instants de peines par lesquels il est passé ; que ce soit dans les rapports avec sa famille, parents et frère, qu’avec les autres de son âge, le classant comme un marginal et surtout avec Raina. A lire… sans retenue.
300
Xerxès le roi divin des Perses marche vers la Grèce à la tête d'une armée de plusieurs centaines de milliers d'hommes, sans aucun doute la plus grande armée antique qui n'ai jamais existée ! Les Athéniens et le reste de la Grèce ne réagissent pas. Seul Léonidas le roi de Sparte décide de faire front avec sa garde personnelle de 300 hommes pour éviter à Sparte le pillage et l'esclavage. Ce dernier choisit de bloquer les Perses aux Thermopyles, passage étroit le long de la mer où l'armée asiatique ne pourra pas déployer toute sa puissance. Xerxès a avec lui des milliers de guerriers. Léonidas lui n'a que 300 hommes mais ce ne sont pas des guerriers... ce sont des Spartiates !!! Miller adapte ici la célèbre bataille antique des Thermopyles. Il est vrai que le scénario fait très "américain" mais personnellement je n'ai pas été dérangé. L'auteur ne fait qu'enjoliver les légendaires fierté, combativité et puissance des Spartiates. La BD est bourrée de testostérone, de muscles, de sang et de sueur mais j'adore la façon dont l'histoire est racontée. Il s'en dégage quelque chose de véritablement épique ! Amateur d'histoire j'ai été comblé même si la réalité historique n'est pas totalement respectée. Le dessin est absolument fantastique. Miller maîtrise à merveille les jeux d'ombre et de lumière. Les scènes de bataille ont un dynamisme fou. Le découpage des planches est extrêmement varié et réussi. Les couleurs dans une dominante de brun et de noir remplissent parfaitement leur mission et renforcent le sentiment épique. S'ajoute à cela que le format de la BD est inversé. Les planches sont donc au format paysage ce qui donne l'impression de regarder un film. L'histoire, la narration, le dessin, les couleurs, l'album en lui-même, tout est culte dans ce splendide one-shot ! 300 est mon meilleur comics. L'achat est indispensable (même si le public visé est clairement masculin) et ce malgré un prix relativement élevé qui s'avérera à la lecture totalement justifié. Je vais de ce pas louer le film ! THIS IS SPARTA !!!! Parenthèse historique Il est connu que les Spartiates ont été les plus grands guerriers de l'antiquité entraînés dès l'enfance à survivre et à combattre. La population de Sparte est composée de deux types de population : les Spartiates et le reste (femmes, enfants, esclaves, etc.). Ces Spartiates sont des hommes de 18 ans révolus ayant reçu l'éducation spartiate (d'autres conditions sont nécessaires mais je vais pas faire un cours d'histoire). Les guerriers de Sparte n'ont jamais été les plus nombreux dans les grandes batailles contre Athènes ou les autres villes de Grèce mais ils ont toujours été les plus redoutés.
Lune de guerre
Imaginez que vous participez à un mariage, puis, pour une raison plus ou moins valable, tout foire et les participants se mettent à se disputer pour finalement finir par se détester… cette histoire est complètement tordue non ? Et pourtant, c’est ce que nous proposent comme scénario Van Hamme et Hermann avec "Lune de guerre". La bd comporte un mini-dossier placé au début du livre qui nous explique comment Van Hamme a eu cette idée assez folle (à partir d’une histoire vraie), les différents personnages y sont présentés. Personnellement, je vous conseille de feuilleter ce mini-dossier après avoir lu la bd proprement dite sous peine de perdre une partie de la découverte. Le scénario est totalement farfelu surtout lorsqu’on découvre à partir de quoi la fête se transformera vite en enfer. En fait, le lecteur s’apercevra à la fin de la lecture que ce mariage ne pouvait finir autrement étant donné tous les rancœurs et secrets malsains qui habitent la plupart des personnages. Des invraisemblances apparaissent dans cette bd notamment lorsque le lecteur découvre de quoi est capable le papy… paradoxalement, j’ai beaucoup aimé cette bd car elle est divertissante. L’histoire possède, à mon avis, un humour très noir que j’ai apprécié une fois ma lecture terminée, c’est à ce moment-là que la bd dévoile la bêtise humaine dans toute sa splendeur et sa folie ! En effet, l’histoire semble tellement irréelle qu’on y croit ! A mon avis, Hermann a réalisé une de ses meilleures bd avec son autre one-shot On a tué Wild Bill. Pour moi, ce dessinateur est actuellement le meilleur metteur en scène du 9ème art. Avec cet album, j’ai eu l’impression de suivre un film tellement la narration est fluide. Les cadrages et le découpage sont pertinemment choisis, la mise en couleurs directes est magnifique. Seuls les visages des femmes ne sont pas parus assez féminins. "Lune de guerre" est une bd assez originale et divertissante à lire. L’histoire est très farfelue, tellement même qu’on croit à cette débauche de bêtises humaines. Le magnifique dessin et la narration exemplaire de Hermann m’ont énormément fait apprécier cette bd. A lire finalement !
Les Aventures de Tom Sawyer
Note approximative : 3.5/5 Amusante coïncidence (ou pas ?), deux adaptations de Tom Sawyer sortent en BD à moins d'un mois d'intervalle. Deux semaines après la lecture de Les Aventures de Tom Sawyer de Mark Twain, j'ai donc voulu faire la comparaison avec cette autre version. Eh bien, moi qui suis un grand amateur des éditions Delcourt d'ordinaire, c'est nettement la version de chez Soleil que j'ai préférée. Pourtant, les deux sont des adaptations quasi exactes du livre. Cela se repère vite : ce sont en grand majorité les mêmes scènes qu'on retrouve dans l'une et l'autre des séries. L'exercice est d'ailleurs très intéressant sur le plan du travail de la bande-dessinée car on y découvre clairement deux différentes façons d'aborder la narration, les dialogues et les personnages. Et pour moi, l'adaptation d'Istin gagne haut la main : les personnages y sont nettement plus attachants, le récit nettement plus fluide, le rythme bien mené, les coups d'éclats et autres moments d'humour mieux amenés. Bref, c'est une bonne adaptation. A côté de cela, je dois l'avouer, hormis la couverture qui est excellente, le dessin des planches n'est pas terrible techniquement parlant. Les personnages sont plutôt corrects et bien dynamiques. Par contre, la majorité des décors sont nettement trop simples, trop basiques. Difficile de vouloir s'attarder sur une planche ou une autre pour le plaisir des yeux. Cependant, et pour contrer ces petits défauts du dessin, la colorisation est très bonne et de son simple fait donne un aspect d'ensemble de bonne qualité à chacune des planches. Bref, cette série n'est pas un chef-d'oeuvre mais c'est un bon moyen de retrouver l'oeuvre de Mark Twain dans une adaptation en BD réussie et moderne.
Les Brumes d'Asceltis
Alors effectivement cette série ne brille pas pour son originalité. On retrouve les différentes races du Seigneur des Anneaux et invariablement l'empreinte de La Quête de l'Oiseau du Temps et de Loisel ; les yeux blancs complètement vides, les ruines dans la jungle du second tome ("le rige"), la race vivant dans le désert du troisième ("le temple de l'oubli"), Istin va même jusqu'à représenter le personnage qui traque l'Oslan avec les traits du Rige avec les dreadlocks en plus. Passé outre ces hommages ou ce plagiat comme vous voudrez, c'est une série très agréable à lire, où les personnages sont attachants, les différentes races y sont bien décrites et ne nécessitent pas une énième encyclopédie du monde de Tro... pardon Asceltis et au moins l'histoire avance, pas de tome inutile. Alors, puisque la bande dessinée reste un divertissement avec parfois pour seule prétention, celle de passer un bon moment (sans pour autant nous prendre pour des vaches à lait), je conseille vivement l'achat de cette bd qui ne fera largement pas tache au milieu de vos Trolls De Troy. De plus, je conseille l'achat en parallèle de Les Exilés d'Asceltis du même scénariste.
Le dernier loup d'Oz
Je ne comprends pas bien l'avis de mes camarades, étant donnée la richesse de cette bd. Certes on n'y comprend rien entre toutes les histoires, mais il s'agit seulement d'un prologue qui franchement donne énormément envie de connaître cette histoire agrémenté d'un dessin qui vous pète littéralement à la tronche. On trouve tellement de bd qui niveau contenance ne valent pas le prix du ticket de caisse (ça doit être le fait de travailler au SOLEIL). Alors que concernant celle-ci qui pour moi reste un chef d'oeuvre, on en a vraiment pour son argent. Je déconseille tout de même l'achat car Lidwine semble avoir disparu de la surface de la planète et que c'est franchement frustrant d'avoir juste le prologue d'une série qui s'annonçait dantesque. Mais il fallait tout de même donner à cet ouvrage une note qu'elle mérite largement.
Légendes des Contrées Oubliées
Que peut-on dire de plus ? La bd à ne pas manquer ; - Un dessin franchement riche et rafraîchissant - Une colorisation pastel déroutante certes, mais tellement originale et indispensable au bout de quelques pages - Un scénario qui évite les détours permettant de rallonger une série (Arleston y'en a marre) - Un background et des légendes qui gardent tous leurs mystères - Et des gros méchants (sans vraiment l'être) qui font vraiment flipper Bref, à peine tu l'as finie, tu as envie de la relire, histoire de mieux imaginer tout ce qui n'a pas été dit. Et ça c'est vraiment ce qui manque aux séries d'aujourd'hui : finir une histoire et nous laisser imaginer le reste de l'univers que leurs auteurs ont créé. En revanche pour ceux qui comptent acheter l'intégrale d'occas' faites attention, certaines ont un défaut ; trois pages se répètent vers le milieu de l'ouvrage et donc forcément il en manque trois autres. Je vous jure que c'est gonflant.
Plunk
Les gags de Plunk sont dessinés de manière sommaire, ils sont muets, l’album est lu en 3 minutes… mais qu’est-ce que c’est bon. Plunk est sans doute une des meilleures choses qui soit arrivées au journal de Spirou ces dernières années. De l’humour drôle, c’est toujours préférable, hilarant, c’est encore mieux. J’adore cet humour absurde et dérisoire. Pour moi la meilleure nouvelle série humoristique depuis Kinky & Cosy, au moins…