Tout commence par un bouquin sorti de nulle part et posé avec hésitation par le libraire entre comics et bd franco-belge…
Tout commence par un livre scellé avec sur-couverture noire classe et mystérieuse où seule une main rouge semble appeler de l’aide et un 4ème de couverture représentant un dinosaure affublé d’une clope et de ray-bans.
Tout cela finit par m’intriguer et c’est avec davantage de curiosité que d’envie que je me suis lancé dans cette lecture tentaculaire qui au final ressemble à un gigantesque tour de grand huit dont on ressort le sourire aux lèvres.
Du tout bon et je vais m’en expliquer….
Reprenant le principe des histoires horrifiques propres des Tales of the Crypt et autres Creepshow, Lucy Loyd’s Nightmare relève non seulement le challenge d’en être une déclinaison contemporaine mais se paye de le luxe d’être de surcroit un fantastique livre-concept où toutes les histoires s’entrelacent intelligemment par un fil narratif et la récurrence de certains personnages.
Le livre lui-même est représenté comme un objet maudit écrit par une certaine Lucy Loyd, papesse de ce style de comics et annonce des éléments violents, gore et grand guignolesques aidés par un cadrage remarquable, des doubles pages superbes et un certain art de la mise en scène (ma recommandation serait de ne pas le feuilleter histoire d’en garder toute la saveur de la découverte).
Aidé de surcroit par un dessin superbe à l’américaine par un auteur inconnu, les histoires apportent des chutes bien cyniques qui m’ont fait hurler de rire (A good man et sa morale, bad habits et son shérif mégalo) entre quelques éclaboussures car oui on baigne dans le sanguinolent mais pas dans le glauque et rarement le vulgaire.
David Chauvel (Lucy Loyd ?) truffe son récit de références discrètes et nuancées en faisant directement référence à John Carpenter (On pense directement à L’antre de la folie et un personnage ressemble curieusement à Kurt Russel) et les diverses manipulations des différents récits donnent l’envie de relire de suite le bouquin histoire de repérer tout un tas de détails discrets et savoureux jusqu’au clin d’œil de page de garde final.
Un petit bijou qui devrait remporter l’adhésion et dont il ne vaut mieux pas trop en dire pour en laisser la surprise mais j’applaudis de vive voix le concept qui va encore plus loin que les pourtant très bons Doggybags dans un registre similaire mais différent.
Lucy Loyd’s Nightmare se doit de figurer en tant qu’objet précieux et dédicacé :) dans votre bibliothèque.
« Very clever » !
sur le papier, cet album ne me bottait pas vraiment. Peu porté sur les arts culinaires, je ne voyais pas trop, pour moi, l'intérêt de ces courts récits.
Et puis au fil des pages, je me suis laissé prendre. par l'humour de Zviane, par les expressions québécoises si "goûtues", par la structure à la fois cadré et fantaisiste des chroniques de Zviane... Je l'avoue, j'ai ri aux éclats en deux ou trois occasions, comme lors de la chronique sur la nèfle...
Zviane a un style graphique semi-réaliste, très nord-américain, mais aussi très expressif et donc nettement efficace pour montrer ses réactions ou celles de ses amis lors de dégustation de fruits.
Et la "cérémonie" de gala des fruits qui referme l'album est très marrante :)
Note réelle 4.25/5
Vous allez me dire pourquoi tu n'as pas mis 4/5 alors ????
Et bien pour remonter la note final de Masqué qui n'est pour moi pas assez représentative de la série. En effet, les illustrations, l'intrigue, les personnages et l'histoire n'est pas si mal !!!
Juste quel dommage que ce soit si court !!!!
Lehman a bien su transposer les héros américains dans une France futuriste tout en y ajoutant sa touche perso !
Note réelle = 4.5/5
Ayant commencé la série TV, je l'ai trouvée un peu répétitive (notamment la saison 2 ) et je me suis par conséquent mis aux comics. Il n'y a pas photo c'est pour ma part beaucoup mieux !
Je conseille Walking Dead à tous, même à ceux qui sont réticents pour ce qui est des zombies puisque moi à la base les morts-vivants... j'aime pas tellement mais avec Robert Kirkman pas de soucis !
Après pour les dessins le noir et blanc ne gène qu'au début mais je préférais largement le T1 pour Charlie en Illustrations...
Dès les premières pages, je suis conquis par cette étrange cohabitation entre humains et bêtes qui parlent, par la beauté lisse du dessin, la colorisation adéquate, la richesse du dialogue, le luxe des décors, et surtout l'univers développé. Le dessin de Béatrice Tillier que je ne connaissais pas, est d'une précision et d'une pureté magnifiques qui se constatent dans les détails d'architecture, de mobilier et de costumes chatoyants qui s'apparentent à la Renaissance. Elle a reproduit certains châteaux existants, tel celui du prince des Armures qui est le château de Trécesson en Bretagne, tandis que celui de Clam ressemble au donjon de Septmonts en Picardie. D'autre part, sa vision graphique réaliste des animaux est plus séduisante à mes yeux que celle de Masbou sur De Cape et de Crocs, plus humoristique.
C'est une véritable parabole sur la nature humaine, sur l'instinct de l'homme qui est souvent bien plus bestial que les bêtes elles-mêmes, et qui joue sur la fascination du loup vu maintes fois dans les contes de fée ou les fables ; sorte de conte adulte, de Belle et la Bête revisité, ce récit troublant et passionnant est un vrai plaisir à lire. La dessinatrice s'est inspiré de l'imaginaire des contes et des légendes, notamment pour son bestiaire du Bois des Vierges qui offre des créatures intéressantes.
Le tome 2 peut sembler plus faible car il s'écarte de la guerre, mais en même temps, il ajoute à cette histoire une note romantique avec l'amour entre Aube et Clam qui doit choisir entre les 2 races auxquelles il appartient ; l'intérêt décline un peu mais ça n'en est pas pour ça ennuyeux, et d'un autre côté, centrer tout sur la guerre et ne montrer que des combats sanglants aurait fini par lasser. Je ne suis pas sûr qu'avec un dessin moyen, le charme aurait pris ; le dessin très soigné est donc le point fort de cette série qui me réconcilie avec Dufaux, car après avoir lu plusieurs séries de lui qui m'avaient déçu, je retrouve avec joie son génie de l'écriture et de l'imaginaire.
Gustave Doré était un génie, qui à mon âge, fut en plus un précurseur du médium de la Bande Dessinée.
Ces "Des-agréments" sentent bon le XIXème siècle. En effet, on pourra suivre, dans cet album, le récit d'un voyage (dans les Alpes) rempli de péripéties loufoques, d'un personnage assez caricatural, parodiant une certaine classe de la société (dont les attributs qui faisaient la spécificité de cette classe ont aujourd'hui disparu, ce qui amoindrit un peu l'impact de cette caricature). Ça ne vous dit rien cette formule ? Et oui, Rodolphe Töpffer avec ces messieurs (Jabot, Pencil, Vieux Bois, Crepin, Pictogramme, Festus), tout comme L'Idée fixe du savant Cosinus de Christophe utilisait déjà cette formule.
Sauf que le dessin de Doré est beaucoup plus sophistiqué (mais paradoxalement, pas fait, à mon sens, pour la bande dessinée). En effet, son style graphique fait beaucoup plus moderne, à mi-chemin entre Calvo et des auteurs animaliers encore plus récents tels que Michel Plessix par exemple.
Le dessin, avec une maîtrise de l'ombrage absolument fabuleuse (qui préfigure en somme son travail de contraste d'obscurité/luminosité en gravure mais pas tellement sa technique même de la gravure), entièrement au fusain/ crayon de bois est très joli à regarder. Cependant, il parait régulièrement figé, et si les personnages de Doré sont très rigolos, ses dessins m'ont paru trop petits pour être "enfermés" ainsi dans des cases (et c'est en ce sens que je trouve que le dessin de Gustave Doré est plus adapté à l'illustration et la peinture qu'à la narration par suites d'images).
Néanmoins, pour l'époque, son travail de narration est particulièrement innovant. En effet, si le scénario est savamment comique, il sert aussi de fondation à un nombre de jeux narratifs assez impressionnant pour l'époque, les plus frappants étant l'organisation des planches en fonction de l'effet désiré (cases aux dimensions différentes ou gaufrier rappelant furieusement les images d'Epinal), l'usage d'"effets" sur les planches, mêlant récit du narrateur et vécu du narrateur (la trace de pied, l'apparition du museau de la vache, etc...). Les trois planches vues au travers du télescope sont aussi résolument modernes (fort ingénieuses et beaucoup moins figuratives qu'une BD classique) tout comme la mise en abyme de l'artiste qui apparaît lui-même dans ses planches (en train de peindre un tableau). Le seul reproche à faire à ces jeux de narration est le cafouillage de narrateur en début d'album (d'abord, apparemment, c'est Gustave Doré ou du moins l'éditeur du carnet, puis M. Plumet, mais sans changement de représentation visible...c'est bien compliqué pour pas grand chose tout ça).
La BD du XIXème siècle la plus innovante que j'ai pu lire, une œuvre de jeunesse d'un artiste de génie (qui arrêtera la BD par la suite) et un bon moment de lecture dont il ne faudrait pas se priver !
Ecosystème perturbé, créatures étranges, paysages majestueux, aspect humaniste et écolo, pouvoir totalitaire, expédition pleine de dangers, un peu de sexe... Les ingrédients sont les mêmes que dans Aldébaran puisque la saga continue avec cette seconde partie où l'on retrouve Kim Keller encore plus épanouie et plus mûre.
Il y a un côté exploration en nature hostile qui est plus passionnant que dans Aldébaran, j'adore les récits de jungle depuis mon enfance, et ici j'y trouve mon compte. Ce second cycle en lui-même apporte quelques réponses mais n'est pas absolument capital pour faire avancer l'histoire, il est juste agréable et procure de très bons moments, l'intérêt est indéniablement plus fort que dans le premier volet, en dépit du fait qu'il y a beaucoup de verbiage, mais ça sert aussi à étoffer les personnages, dont je regrette que certains disparaissent quand ils sont sympas, tel Steve. Les scènes de nu ne sont peut-être pas obligatoires mais elles ne ralentissent pas la narration et apportent un petit plus qui détend entre deux situations plus sérieuses.
En tout cas, même si Aldébaran était nécessaire pour installer l'univers voulu par Léo, j'ai nettement préféré ce segment qui joue sur l'atout du mystère, du danger et de l'inconnu avec plus de brio.
D'un trait simple, sans prouesses graphiques, Léo construit encore un monde fantastique crédible et attachant. Une vraie réussite donc, pleine de fraîcheur, qui m'incite à aller voir sur Antarès.
Cette bande-dessinée est tout bonnement géniale. C'est celle de Ralf König que je préfère avec La Capote qui tue. Je conseille particulièrement à ceux qui voudrait découvrir Ralf König de commencer par cette bande-dessinée. Elle est moins trash et plus accessible que d'autres œuvres de cet auteur. C'est nettement moins vulgaire et homo-centré que le reste de sa production tout en demeurant hilarant.
L'idée de départ, que Ralf König emprunte à la pièce du même nom dont cette bd est un hommage et un supplément plus qu'une parodie, est géniale, les Athéniennes menées par Lysistrata, sorte de gourou féministe, en ont plein le cul que leurs Athéniens de maris passent leur temps à se foutre sur la gueule avec les Spartiates, décident une grève du sexe jusqu'à que les époux rangent leurs armes.
L'élément qu'ajoute König à la pièce d'origine est l'homosexualité. Les maris ne résistent pas longtemps à cette grève et vont donc chercher consolation ailleurs... Les femmes font également des expériences entre-elles etc.
C'est vraiment à mourir de rire et réjouissant et je le répète encore c'est accessible à tous homo comme hétéro contrairement à d'autres Ralf König dont le public est plus restreint. Là y a vraiment aucun malaise à avoir, c'est que du plaisir.
Situation banale dégénérant en cataclysme, gros nichons qui rebondissent, chat fainéant qui parle, répétition évoluant jusqu'à l'éxagération jusqu' au-boutiste, gros mec balèze qui péte la tête à un mec pas balèze, famille nonchalante vautrée devant télé, bulles de texte étouffant le personnage, appendices testiculoïdales pendouillantes jusqu'au sol, gringalets se balladant en slip kangourou, mini-jupes plus que minis, vulgarité, ridicule et absurde encastrés, l'art du gros nez transcendé, du sexe et du sexe également, des cassos et des sportifs improbables dans des positions idiotes, des dialogues de sourds, apocalypse visuellement irrévérencieuse, des dents carriées et des poils dans le nez, des sales tronches, humour sadique mais humour quand même, auto-censure absentéïste, non-respect des forces de l'ordre, du gag en veux-tu en voilà, femme au foyer en jogging, gesticulations diverses tous azimuts, cases fourre-touts, je m'en-foutisme graphique, poisson rouge dans bocal, curés cédant aux plaisirs de la chaire, bouées et tubas près des bouches d'égouts, etc...
Post Scrispthum: et bizarre de classer Edika en tant que série...
Ça commence directement par le détournement d’un train, oui un train !!!! L’homme qui menace le chauffeur de la locomotive est également un peu spécial puisqu’il a l’élégante particularité d’avoir un frère siamois partageant le même corps sous le nombril !
Bienvenue dans le monde hyper barré de Ibn Al Rabin illustré par l’immense Frederik Peeters dans une bichromie argentée beige du plus bel effet !
Le lecteur n’a même pas le temps de poser ses fesses pour lire confortablement qu’il est happé à 150 km/h dans cette histoire invraisemblable mené tambour battant dans un train avançant à la vitesse d’un omnibus !
Car évidemment dans cette sombre histoire de détournement au profit du Lichtenstein libre, rien ne va tourner correctement pour le plus grand plaisir du lecteur effaré devant tant d’absurdités !
Il faut bien le dire, les 20 premières pages n’ont pas été des plus aisées à suivre. On passe d’une situation ubuesque à une autre dans un échange de bons mots que Michel Audiard lui-même n’aurait pas renié.
Mais après une fois que le décor est bien planté, qu’on pense avoir à peu près le dessus sur la narration éclatée je vous garantis que ce n’est qu’un pur best of d’humour cynique et non sensique propre à dérider chaque dépressif potentiel qui sommeille en chacun de nous !
Un alchimiste pris en otage censé redonner un peu de fortune à ces terroristes désoeuvrés va surtout transformer le plomb en ricard, un train qui n’avance pas attaqué par une bande de pillards de San Marino à cheval, un baron au look soigné mais à la verve peu inspirée et une sacré bande de pieds cassés qui n’arrivera jamais à accorder ses violons pour arriver à bon port !
Les miettes, (dont on comprend le sens le temps d’un phylactère disséminé sur les 70 pages !!) est une superbe madeleine de Proust à dévorer et dont il ne restera que des miettes également à la fin tant le voyage onirique offert prend tout son sens au fur et à mesure d’une lecture unique et dont on ne reviendra pas sans un sourire.
L’occasion est d’autant plus agréable à vivre que Atrabile a eu la bonne idée de rééditer à un prix tout doux une œuvre rapidement épuisée et dont la remastérisation des couleurs doit faire honneur à l’œuvre d’origine. Dos toilé, grand format, l’ensemble est suffisamment classe pour en faire un objet de choix à posséder pour toute bibliothèque décalée qui se respecte.
Et Peeters avait déjà une sacrée maitrise alors qu’il n’était qu’un inconnu. Voici une belle occasion de mettre la main sur ce Saint Graal désormais à nouveau disponible et accessible à toutes les bourses !
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Lucy Loyd's nightmare
Tout commence par un bouquin sorti de nulle part et posé avec hésitation par le libraire entre comics et bd franco-belge… Tout commence par un livre scellé avec sur-couverture noire classe et mystérieuse où seule une main rouge semble appeler de l’aide et un 4ème de couverture représentant un dinosaure affublé d’une clope et de ray-bans. Tout cela finit par m’intriguer et c’est avec davantage de curiosité que d’envie que je me suis lancé dans cette lecture tentaculaire qui au final ressemble à un gigantesque tour de grand huit dont on ressort le sourire aux lèvres. Du tout bon et je vais m’en expliquer…. Reprenant le principe des histoires horrifiques propres des Tales of the Crypt et autres Creepshow, Lucy Loyd’s Nightmare relève non seulement le challenge d’en être une déclinaison contemporaine mais se paye de le luxe d’être de surcroit un fantastique livre-concept où toutes les histoires s’entrelacent intelligemment par un fil narratif et la récurrence de certains personnages. Le livre lui-même est représenté comme un objet maudit écrit par une certaine Lucy Loyd, papesse de ce style de comics et annonce des éléments violents, gore et grand guignolesques aidés par un cadrage remarquable, des doubles pages superbes et un certain art de la mise en scène (ma recommandation serait de ne pas le feuilleter histoire d’en garder toute la saveur de la découverte). Aidé de surcroit par un dessin superbe à l’américaine par un auteur inconnu, les histoires apportent des chutes bien cyniques qui m’ont fait hurler de rire (A good man et sa morale, bad habits et son shérif mégalo) entre quelques éclaboussures car oui on baigne dans le sanguinolent mais pas dans le glauque et rarement le vulgaire. David Chauvel (Lucy Loyd ?) truffe son récit de références discrètes et nuancées en faisant directement référence à John Carpenter (On pense directement à L’antre de la folie et un personnage ressemble curieusement à Kurt Russel) et les diverses manipulations des différents récits donnent l’envie de relire de suite le bouquin histoire de repérer tout un tas de détails discrets et savoureux jusqu’au clin d’œil de page de garde final. Un petit bijou qui devrait remporter l’adhésion et dont il ne vaut mieux pas trop en dire pour en laisser la surprise mais j’applaudis de vive voix le concept qui va encore plus loin que les pourtant très bons Doggybags dans un registre similaire mais différent. Lucy Loyd’s Nightmare se doit de figurer en tant qu’objet précieux et dédicacé :) dans votre bibliothèque. « Very clever » !
Le Bestiaire des fruits
sur le papier, cet album ne me bottait pas vraiment. Peu porté sur les arts culinaires, je ne voyais pas trop, pour moi, l'intérêt de ces courts récits. Et puis au fil des pages, je me suis laissé prendre. par l'humour de Zviane, par les expressions québécoises si "goûtues", par la structure à la fois cadré et fantaisiste des chroniques de Zviane... Je l'avoue, j'ai ri aux éclats en deux ou trois occasions, comme lors de la chronique sur la nèfle... Zviane a un style graphique semi-réaliste, très nord-américain, mais aussi très expressif et donc nettement efficace pour montrer ses réactions ou celles de ses amis lors de dégustation de fruits. Et la "cérémonie" de gala des fruits qui referme l'album est très marrante :)
Masqué
Note réelle 4.25/5 Vous allez me dire pourquoi tu n'as pas mis 4/5 alors ???? Et bien pour remonter la note final de Masqué qui n'est pour moi pas assez représentative de la série. En effet, les illustrations, l'intrigue, les personnages et l'histoire n'est pas si mal !!! Juste quel dommage que ce soit si court !!!! Lehman a bien su transposer les héros américains dans une France futuriste tout en y ajoutant sa touche perso !
Walking Dead
Note réelle = 4.5/5 Ayant commencé la série TV, je l'ai trouvée un peu répétitive (notamment la saison 2 ) et je me suis par conséquent mis aux comics. Il n'y a pas photo c'est pour ma part beaucoup mieux ! Je conseille Walking Dead à tous, même à ceux qui sont réticents pour ce qui est des zombies puisque moi à la base les morts-vivants... j'aime pas tellement mais avec Robert Kirkman pas de soucis ! Après pour les dessins le noir et blanc ne gène qu'au début mais je préférais largement le T1 pour Charlie en Illustrations...
Le Bois des Vierges
Dès les premières pages, je suis conquis par cette étrange cohabitation entre humains et bêtes qui parlent, par la beauté lisse du dessin, la colorisation adéquate, la richesse du dialogue, le luxe des décors, et surtout l'univers développé. Le dessin de Béatrice Tillier que je ne connaissais pas, est d'une précision et d'une pureté magnifiques qui se constatent dans les détails d'architecture, de mobilier et de costumes chatoyants qui s'apparentent à la Renaissance. Elle a reproduit certains châteaux existants, tel celui du prince des Armures qui est le château de Trécesson en Bretagne, tandis que celui de Clam ressemble au donjon de Septmonts en Picardie. D'autre part, sa vision graphique réaliste des animaux est plus séduisante à mes yeux que celle de Masbou sur De Cape et de Crocs, plus humoristique. C'est une véritable parabole sur la nature humaine, sur l'instinct de l'homme qui est souvent bien plus bestial que les bêtes elles-mêmes, et qui joue sur la fascination du loup vu maintes fois dans les contes de fée ou les fables ; sorte de conte adulte, de Belle et la Bête revisité, ce récit troublant et passionnant est un vrai plaisir à lire. La dessinatrice s'est inspiré de l'imaginaire des contes et des légendes, notamment pour son bestiaire du Bois des Vierges qui offre des créatures intéressantes. Le tome 2 peut sembler plus faible car il s'écarte de la guerre, mais en même temps, il ajoute à cette histoire une note romantique avec l'amour entre Aube et Clam qui doit choisir entre les 2 races auxquelles il appartient ; l'intérêt décline un peu mais ça n'en est pas pour ça ennuyeux, et d'un autre côté, centrer tout sur la guerre et ne montrer que des combats sanglants aurait fini par lasser. Je ne suis pas sûr qu'avec un dessin moyen, le charme aurait pris ; le dessin très soigné est donc le point fort de cette série qui me réconcilie avec Dufaux, car après avoir lu plusieurs séries de lui qui m'avaient déçu, je retrouve avec joie son génie de l'écriture et de l'imaginaire.
Des-Agréments d'un Voyage d'Agrément
Gustave Doré était un génie, qui à mon âge, fut en plus un précurseur du médium de la Bande Dessinée. Ces "Des-agréments" sentent bon le XIXème siècle. En effet, on pourra suivre, dans cet album, le récit d'un voyage (dans les Alpes) rempli de péripéties loufoques, d'un personnage assez caricatural, parodiant une certaine classe de la société (dont les attributs qui faisaient la spécificité de cette classe ont aujourd'hui disparu, ce qui amoindrit un peu l'impact de cette caricature). Ça ne vous dit rien cette formule ? Et oui, Rodolphe Töpffer avec ces messieurs (Jabot, Pencil, Vieux Bois, Crepin, Pictogramme, Festus), tout comme L'Idée fixe du savant Cosinus de Christophe utilisait déjà cette formule. Sauf que le dessin de Doré est beaucoup plus sophistiqué (mais paradoxalement, pas fait, à mon sens, pour la bande dessinée). En effet, son style graphique fait beaucoup plus moderne, à mi-chemin entre Calvo et des auteurs animaliers encore plus récents tels que Michel Plessix par exemple. Le dessin, avec une maîtrise de l'ombrage absolument fabuleuse (qui préfigure en somme son travail de contraste d'obscurité/luminosité en gravure mais pas tellement sa technique même de la gravure), entièrement au fusain/ crayon de bois est très joli à regarder. Cependant, il parait régulièrement figé, et si les personnages de Doré sont très rigolos, ses dessins m'ont paru trop petits pour être "enfermés" ainsi dans des cases (et c'est en ce sens que je trouve que le dessin de Gustave Doré est plus adapté à l'illustration et la peinture qu'à la narration par suites d'images). Néanmoins, pour l'époque, son travail de narration est particulièrement innovant. En effet, si le scénario est savamment comique, il sert aussi de fondation à un nombre de jeux narratifs assez impressionnant pour l'époque, les plus frappants étant l'organisation des planches en fonction de l'effet désiré (cases aux dimensions différentes ou gaufrier rappelant furieusement les images d'Epinal), l'usage d'"effets" sur les planches, mêlant récit du narrateur et vécu du narrateur (la trace de pied, l'apparition du museau de la vache, etc...). Les trois planches vues au travers du télescope sont aussi résolument modernes (fort ingénieuses et beaucoup moins figuratives qu'une BD classique) tout comme la mise en abyme de l'artiste qui apparaît lui-même dans ses planches (en train de peindre un tableau). Le seul reproche à faire à ces jeux de narration est le cafouillage de narrateur en début d'album (d'abord, apparemment, c'est Gustave Doré ou du moins l'éditeur du carnet, puis M. Plumet, mais sans changement de représentation visible...c'est bien compliqué pour pas grand chose tout ça). La BD du XIXème siècle la plus innovante que j'ai pu lire, une œuvre de jeunesse d'un artiste de génie (qui arrêtera la BD par la suite) et un bon moment de lecture dont il ne faudrait pas se priver !
Bételgeuse
Ecosystème perturbé, créatures étranges, paysages majestueux, aspect humaniste et écolo, pouvoir totalitaire, expédition pleine de dangers, un peu de sexe... Les ingrédients sont les mêmes que dans Aldébaran puisque la saga continue avec cette seconde partie où l'on retrouve Kim Keller encore plus épanouie et plus mûre. Il y a un côté exploration en nature hostile qui est plus passionnant que dans Aldébaran, j'adore les récits de jungle depuis mon enfance, et ici j'y trouve mon compte. Ce second cycle en lui-même apporte quelques réponses mais n'est pas absolument capital pour faire avancer l'histoire, il est juste agréable et procure de très bons moments, l'intérêt est indéniablement plus fort que dans le premier volet, en dépit du fait qu'il y a beaucoup de verbiage, mais ça sert aussi à étoffer les personnages, dont je regrette que certains disparaissent quand ils sont sympas, tel Steve. Les scènes de nu ne sont peut-être pas obligatoires mais elles ne ralentissent pas la narration et apportent un petit plus qui détend entre deux situations plus sérieuses. En tout cas, même si Aldébaran était nécessaire pour installer l'univers voulu par Léo, j'ai nettement préféré ce segment qui joue sur l'atout du mystère, du danger et de l'inconnu avec plus de brio. D'un trait simple, sans prouesses graphiques, Léo construit encore un monde fantastique crédible et attachant. Une vraie réussite donc, pleine de fraîcheur, qui m'incite à aller voir sur Antarès.
Lysistrata
Cette bande-dessinée est tout bonnement géniale. C'est celle de Ralf König que je préfère avec La Capote qui tue. Je conseille particulièrement à ceux qui voudrait découvrir Ralf König de commencer par cette bande-dessinée. Elle est moins trash et plus accessible que d'autres œuvres de cet auteur. C'est nettement moins vulgaire et homo-centré que le reste de sa production tout en demeurant hilarant. L'idée de départ, que Ralf König emprunte à la pièce du même nom dont cette bd est un hommage et un supplément plus qu'une parodie, est géniale, les Athéniennes menées par Lysistrata, sorte de gourou féministe, en ont plein le cul que leurs Athéniens de maris passent leur temps à se foutre sur la gueule avec les Spartiates, décident une grève du sexe jusqu'à que les époux rangent leurs armes. L'élément qu'ajoute König à la pièce d'origine est l'homosexualité. Les maris ne résistent pas longtemps à cette grève et vont donc chercher consolation ailleurs... Les femmes font également des expériences entre-elles etc. C'est vraiment à mourir de rire et réjouissant et je le répète encore c'est accessible à tous homo comme hétéro contrairement à d'autres Ralf König dont le public est plus restreint. Là y a vraiment aucun malaise à avoir, c'est que du plaisir.
Edika
Situation banale dégénérant en cataclysme, gros nichons qui rebondissent, chat fainéant qui parle, répétition évoluant jusqu'à l'éxagération jusqu' au-boutiste, gros mec balèze qui péte la tête à un mec pas balèze, famille nonchalante vautrée devant télé, bulles de texte étouffant le personnage, appendices testiculoïdales pendouillantes jusqu'au sol, gringalets se balladant en slip kangourou, mini-jupes plus que minis, vulgarité, ridicule et absurde encastrés, l'art du gros nez transcendé, du sexe et du sexe également, des cassos et des sportifs improbables dans des positions idiotes, des dialogues de sourds, apocalypse visuellement irrévérencieuse, des dents carriées et des poils dans le nez, des sales tronches, humour sadique mais humour quand même, auto-censure absentéïste, non-respect des forces de l'ordre, du gag en veux-tu en voilà, femme au foyer en jogging, gesticulations diverses tous azimuts, cases fourre-touts, je m'en-foutisme graphique, poisson rouge dans bocal, curés cédant aux plaisirs de la chaire, bouées et tubas près des bouches d'égouts, etc... Post Scrispthum: et bizarre de classer Edika en tant que série...
Les Miettes
Ça commence directement par le détournement d’un train, oui un train !!!! L’homme qui menace le chauffeur de la locomotive est également un peu spécial puisqu’il a l’élégante particularité d’avoir un frère siamois partageant le même corps sous le nombril ! Bienvenue dans le monde hyper barré de Ibn Al Rabin illustré par l’immense Frederik Peeters dans une bichromie argentée beige du plus bel effet ! Le lecteur n’a même pas le temps de poser ses fesses pour lire confortablement qu’il est happé à 150 km/h dans cette histoire invraisemblable mené tambour battant dans un train avançant à la vitesse d’un omnibus ! Car évidemment dans cette sombre histoire de détournement au profit du Lichtenstein libre, rien ne va tourner correctement pour le plus grand plaisir du lecteur effaré devant tant d’absurdités ! Il faut bien le dire, les 20 premières pages n’ont pas été des plus aisées à suivre. On passe d’une situation ubuesque à une autre dans un échange de bons mots que Michel Audiard lui-même n’aurait pas renié. Mais après une fois que le décor est bien planté, qu’on pense avoir à peu près le dessus sur la narration éclatée je vous garantis que ce n’est qu’un pur best of d’humour cynique et non sensique propre à dérider chaque dépressif potentiel qui sommeille en chacun de nous ! Un alchimiste pris en otage censé redonner un peu de fortune à ces terroristes désoeuvrés va surtout transformer le plomb en ricard, un train qui n’avance pas attaqué par une bande de pillards de San Marino à cheval, un baron au look soigné mais à la verve peu inspirée et une sacré bande de pieds cassés qui n’arrivera jamais à accorder ses violons pour arriver à bon port ! Les miettes, (dont on comprend le sens le temps d’un phylactère disséminé sur les 70 pages !!) est une superbe madeleine de Proust à dévorer et dont il ne restera que des miettes également à la fin tant le voyage onirique offert prend tout son sens au fur et à mesure d’une lecture unique et dont on ne reviendra pas sans un sourire. L’occasion est d’autant plus agréable à vivre que Atrabile a eu la bonne idée de rééditer à un prix tout doux une œuvre rapidement épuisée et dont la remastérisation des couleurs doit faire honneur à l’œuvre d’origine. Dos toilé, grand format, l’ensemble est suffisamment classe pour en faire un objet de choix à posséder pour toute bibliothèque décalée qui se respecte. Et Peeters avait déjà une sacrée maitrise alors qu’il n’était qu’un inconnu. Voici une belle occasion de mettre la main sur ce Saint Graal désormais à nouveau disponible et accessible à toutes les bourses !