Les derniers avis (9618 avis)

Par Elrik
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Loup des Mers
Le Loup des Mers

Une histoire de marin, avec tout le cynisme et les injustices que l'on attend avec pourtant une fin qui m'a marqué. La mis en scène, les dessins et la colorisation donnent sur certaines planches les allures de tableau. C'est magnifique et cela donne envie d'aller lire le roman :)

09/06/2014 (modifier)
Par Elrik
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Ma révérence
Ma révérence

Sans vous dévoiler l'intrigue, l'auteur a eu l'idée de ce roman suite (entre autre) au discours de Sarkozy sur les "vertus/conséquences" de Mai 68 où nous serions atteints de cynisme et incapable de différencier le bien du mal, ainsi que de sa vie perso où en tant que portier/voiturier/barman un certain nombre de loosers/petites frappes ont vidé leur sac sur leur vie. Je pensais connaître la fin car on s'attend soit au polar qui dégénère soit à beaucoup d'action soit une fin bisounours. Rien de tout cela, c'est très bien construit et je me suis laissé prendre à l'histoire au côté du personnage principal et jusqu'à la dernière page. Les dessins sont bien dans l'ambiance (la couverture est exactement le style que l'on trouve tout le long) avec une colorisation efficace. Les dialogues sont très stylés (même si ce n'est pas du audiart mais nous immerge bien dans l'ambiance aussi). Pour moi, le tout est cohérent pour une histoire bien humaine.

09/06/2014 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Azu Manga Daioh
Azu Manga Daioh

3.5 Je connais l'anime qui me fait bien rire. Les personnages sont tous attachants et surtout Osaka ! C'est donc avec une bonne opinion que j'ai lu le manga. Évidemment, comme le format est en strips de 4 pages la plupart du temps, il y a moins de rythme que dans l'anime, mais j'ai tout de même aimé ma lecture car j'ai retrouvé l'humour de la série (j'ai même reconnu des scènes de l'anime) et les mêmes personnages qui sont attachants et qui ont des défauts qui donnent des bons gags. Évidemment, il y a quelques strips qui ne m'ont pas fait rire, mais globalement j'ai trouvé que le niveau était très bon.

07/06/2014 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Apocalypse selon Lola (Lola Cordova)
Apocalypse selon Lola (Lola Cordova)

Cela faisait longtemps que j'avais lu un délire aussi jouissif ! Je suis d'accord avec tous ceux qui trouvent l'album original, autant au niveau du graphique que du scénario. Il y a des choses que je n'avais jamais vu avant et pourtant j'en ai lu de la bd! Ce que j'aime c'est comment le scénario part dans un gros délire sans que cela tombe dans du n'importe quoi qui me ferait lâcher l'album des mains. Il y a une cohérence et je n'ai pas trouvé que c'était difficile à suivre. Le personnage de Lola est très sympathique et je me suis vite attaché à elle. Apparemment, il y aurait peut-être une suite, mais après autant d'années je ne pense pas qu'elle va voir le jour et je pense que c'est tant mieux parce que je ne suis pas sûr que l'auteur aurait pu produire une suite de même qualité que le premier.

07/06/2014 (modifier)
Par PAco
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Doggybags
Doggybags

Ahhhhhh ! Retrouver Run et son univers décalé et déjanté, quel bonheur ! Moi qui attends avec impatience la fin de Mutafukaz, j'avoue que ce petit trou normand est une vraie bénédiction, faute de mieux dans le genre. Surtout que les deux compères sur lesquels il s'est appuyé pour ce premier opus de "Doggybag" ne font pas non plus dans la dentelle ! (Quoique Masiko sur certaines planches, niveau lingerie... :P ) Bref, Run nous propose, à nous lecteur, de le soutenir dans cette série, d'y contribuer, même, et surtout d'y prendre notre pied dans une débauche d'horreur, de violence et un brin d'érotisme, pourquoi pas. Trois auteurs, trois histoires, le tout dans un packaging coup de poing, entrecoupé de fausses pubs tirées du même fût loufoque et sous pression ! Ce format m'a rappelé l'autre délirante série qui tient presque du même tonneau : Lucha Libre. Des histoires de catcheurs allumés dans un format adulé imitant les comics américain des années 50', avec de fausses pubs dedans, enrobé de cho... STOP ! Là, j'm'embale... (comme la marmotte...). Je me suis d'ailleurs demandé pourquoi Run n'avait pas intégré ce projet, lui qui cadre complètement dans le genre, tant graphiquement que dans ses récits. Mais revenons à nos bargeots. "Doggybag" s'ouvre sur un premier récit court mais haletant mené par Guillaume Singelin, dont j'avais adoré le King David. Honnêtement, ce récit est à mon goût le moins puissant des 3. Ok, ça s'ingurgite aussi vite qu'un épisode des Contes de la Crypte auquel fait référence Run dans son préambule, mais comme pour Mac Do, quand t'as fini, t'as encore faim... Ici heureusement les ingrédients ne tiennent pas du fast food. Le trait est bon, nerveux, dynamique, l'idée du récit intéressante et menée à fond de train, mais... mais je ne sais pas. Peut-être un peu court. Vient ensuite la seconde histoire, et ma préférée : "Masiko" de Flaurent Maudoux. C'est avec cet album que je découvre le talent de cet auteur, car je n'ai pas encore eu le temps de mettre le nez dans sa série principale Freaks' Squeele. Et là, c'est du tout bon ! L'histoire est un peu plus développée que la première et nous permet de plonger littéralement dans l'univers que Maudoux nous peint. Et ce qui nous prend vraiment aux tripes et nous colle aux planches, c'est la puissance du personnage. Voilà exactement ce que j'attends dans une BD : être harponné par la force de caractère et l'aura qu'ils dégagent. Une fois captivé, le talent de l'auteur doit faire le reste. Et là Maudoux a de quoi faire. J'aime beaucoup son coup de crayon et je trouve ses cadrages et ses découpages vraiment réussis. Quelle énergie dans ses planches ! La retranscription graphique de la vitesse de déplacement de ses personnages est un modèle du genre ! Pour couronner le tout, une fin ouverte, pour notre plus grand plaisir, et pourquoi pas un retour de Masiko dans un prochain opus ! Et pour clore enfin ce petit festival de coups et blessures : Run himeslf avec "Mort ou vif". Un vrai plaisir pour moi que de retrouver son trait et son verbe. Toujours aussi mordant, incisif, sur le fil du rasoir dans la dérision et le énième degré : j'adore ! Cette histoire de casse foireux qui tourne au cauchemar pour ce braqueur looser est une petite perle ! Des personnages trempés et forgés à coup de légende américaine, un décor qui vous laisse la gorge sèche et une intrigue qui nous fait de venir vautour : ça claque ! Car tel ces morbides volatiles, nous voilà à suivre jusqu'à cette fin inéluctables et pourtant inattendue la fuite pathétique du plus grand looser de l'Ouest ! Alors messieurs, un grand merci pour ce "Doggybag" ! J'attends les prochains avec empressement, en espérant qu'ils soient du même tenant et pourquoi pas passer cette série en culte tant j'adore ce genre de BD, qui a travers un travail formidable savent ne pas se prendre trop au sérieux ! Et comme j'aime à dire : "Heureux les fêlés car ils laissent passer la lumière". ****************************** Après lecture du 2e opus… Saut dans le temps et de tome (le second ne m’est pas encore tombé entre les mains), pour découvrir cette troisième mouture de « Doggybags ». Et cette fois-ci, road to Mexico ! Un Mexique mafieux et sanglant où seule la mort et son icône de la Santa Muerte sortent leur épingle du jeu. Le format de l’album reste le même. Trois histoires réalisées par des auteurs différents entrecoupées de fausses pubs et de pages documentaires sur la terrible réalité du Mexique d’aujourd’hui. Le bal s’ouvre avec « Room 213 » réalisé par Run et Neyef ; Maudoux reprend du service, avec un retour de Massiko (qui m’avait tant plu de par le rythme et le personnage que l’auteur avait su imposer dans le premier tome de cette série) dans « La Danza de los 13 velos » ; et enfin, dernière histoire « Dia de Muertos » de Gasparutto et Giugiaro, que je découvre avec ce récit. Et alors, au final, ça nous donne quoi ce nouvel opus version Téquila Frap’ ? Et bien un sentiment mitigé, loin de l’emballement qu’avait suscité chez moi la première tournée. Alors oui, l’effet de surprise n’est plus le même, mais c’est surtout à mon goût du à des scénarios moins puissants et soutenus. Run m’avait donné l’habitude de récits plus rebondis, où le lecteur, même embarqué dans ses délires, se laissait prendre dans les rets de son imagination et des surprises qui pimentaient sa narration. Ici, l’histoire est sympa, cruelle à souhait, mais sans véritable ressort détonnant : La Santa Muerte sème et récolte. Rien à redire graphiquement par contre, j’aime beaucoup le style. Pour Maudoux, c’est pareil. On en prend toujours autant plein les yeux ! Très fin, couleurs chaudes, courbes généreuses, découpages et cadrages : la danse de Massiko crève les planches. Par contre, le rythme qui faisait la qualité de sa première apparition est ici bien ténu et la chute, mis à part la nature réelle des mafieux qui se rince l’œil devant la belle, est assez prévisible. Enfin, « Dia de Muertos » de Gasparutto et Giugiaro. Sympathique mise en scène de la fête des morts mexicaine qui donne lieu à des règlements de compte entre mafieux, héros improvisés et policiers véreux. Comme pour les deux récits précédents, je n’ai rien à redire au graphisme que je trouve vraiment intéressant, par contre, je ne suis pas un grand fan de ce genre d’histoire commando… Bref, vous l’aurez compris, c’est un peu déçu que je referme ce tome, malgré un travail éditorial et graphique excellent. Mais un bel objet et un bon projet ne font pas tout. Encore faut-il que les récits aient du coffre pour encaisser les attentes hautes en cris et en couleurs des lecteurs alléchés par un si bon premier numéro. ***************** Mise à jour après les lectures des tomes 2, 4 & 5 Sans rentrer dans le détail de chaque récit après 5 tomes, la série semble avoir trouvé son rythme de croisière, avec sa ligne -snifffff- son style et ses auteurs fétiches. RUN continue de mener son petit monde pour nous proposer un tout cohérent, avec il est vrai quelques histoires un peu moins bien senties et d'autres qui se démarquent pour sortir du lot, le tout servi sur un plateau d'argent. Ankama continue à travers le Label 619 de nous proposer des maquettes soignées qui en font une vraie marque de fabrique. Petite mention spéciale pour le tome 2 qui pousse la violence bien loin et nous donne quelques scènes assez hallucinantes ! :) Petite déception avec le tome 4, mis à part la seconde histoire "Lady in white"de RUN. Le tome 5 est une réussite aussi, avec Aurélien Ducoudray au scénario de 2 des histoires proposées ; si j'ai moins aimé "Rampage", les 2 autres récits m'ont beaucoup plu. Doggybags s'impose donc aujourd'hui comme une série assez incontournable dans son genre et qui ravira tous les amateurs de série B un peu vintage. Je repasse donc ma note à 4/5

24/02/2011 (MAJ le 06/06/2014) (modifier)
Par Thobias
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Candélabres
Candélabres

Superbe série. Je viens de dévorer les 4 tomes d'un coup et je suis sous le charme. Je crois que c'est la seule bd dont l'auteur est une femme que j'ai lue. Je pense que le maître mot concernant Candélabres est la simplicité. Ainsi le dessin est simple et beau donnant la priorité aux personnages et ne s'intéressant aucunement aux décors. Pour le coup ces personnages sont une vraie réussite, le trait d'Algésiras allié au scénario parvient à faire ressentir toute l'émotion et les sentiments qu'ils éprouvent. J'apprécie particulièrement le dessin des apparitions de Julien avec sa longue cape ténébreuse qui se déroule gracieusement sur le sol. Le scénario aussi est d'une grande simplicité et ne cherche jamais l'hermétisme et la complication. Depuis le début tout s'articule autour de 3 axes : les quelques éléments fantastiques qui forment un ensemble cohérent et qui sont liés les uns avec les autres (les candélabres, la source, le dernier candélabre endormi, Aribal et le tableau), la danse et les sentiments. Les rebondissements, peu nombreux, ne sont jamais artificiels car l'auteur a l'habileté de laisser de nombreux indices ce qui fait que souvent nous devinons des choses en même temps que le personnage principal. Cette simplicité dans l'histoire et le dessin ainsi que la beauté et la pureté des jeunes personnages masculins rappellent davantage le yaoi que la bd fantastique franco-belge. C'est donc une oeuvre véritablement à part dans l'univers de la bd. Je crains cependant que la série reste inachevée le cinquième et dernier tome se faisant tout de même beaucoup attendre. Ce serait vraiment dommage que Candélabres ne puisse pas obtenir la fin qu'elle mérite.

05/06/2014 (modifier)
Couverture de la série Rubrique-à-Brac
Rubrique-à-Brac

Un peu comme Desproges, qui arrivait, au bout de longues phrases accumulant imparfait du subjonctif et mots savants à "amener" un gag complètement navrant, une blague con voire un simple gros mot (ou qui menait à une analyse savante par le processus inverse), Gotlib a le génie de transgresser les apparences, il se fait le coucou du rire. Son coup de crayon est volontairement "parfait", le discours faussement sérieux, voire pédant et, pince sans rire génial, il nous pousse au rire avec ses Rubriques à brac qui forment une sorte d'anthologie du gag sous toutes ses formes, y compris les plus répétitives. Il y a du Tex Avery ou du Chuck Jones dans cette capacité à détourner le quotidien, à y puiser un humour merveilleux et surréaliste qu'aucune relecture n'épuise. C'est absolument, imperturbablement poilant, génialement réussi, totalement jouissif ! et c'est encore - j'allais dire plus, mais c'est impossible - drôle à la relecture ! Gotlib a réussi d'autres choses très chouettes ailleurs, mais on tient là sa plus belle série je trouve, la quintessence de son humour, de son génie créatif. C'est aussi une bonne entrée dans son univers. Si vous n'accrochez pas (et alors je vous plains et le regrette pour vous !), le reste ne passera pas. Si les gags sont variés, on retrouve certains fils rouges, comme le détournement de formules célèbres ou des contes de notre enfance, totalement détournés. Certains personnages (comme Newton ou la coccinelle par exemple) intègrent le panthéon des personnages du Neuvième Art. J'ai dû lire une quinzaine de fois cette série, et toujours au milieu des fous rires - qui se prolongent. Chapeau bas et merci monsieur Gotlib ! Lecture très fortement conseillée donc !

01/11/2012 (MAJ le 03/06/2014) (modifier)
Couverture de la série Miss Octobre
Miss Octobre

Cette série nous propose une très classique enquête à l’américaine. Stephan Desberg use de ficelles bien connues telles qu’une pin-up en guise d’héroïne, un tueur en série qui aime les sévices sexuels en guise de menace, une opposition entre un vieux flic sur le retour et un jeune flic ambitieux et prêt à tout comme moteur, sans oublier l’ex-prostituée devenue ‘privée’. Rien de très original, donc, mais du très efficace ! La seule véritable originalité vient du fait que l’héroïne est devenue sourde suite à une agression. Le fait qu’elle se livre elle-même à des cambriolages annonce plutôt un probable second cycle puisque cet aspect n’est quasiment pas employé dans ce triptyque. Ceci dit, ces trois tomes se lisent avec plaisir, le suspense est bien dosé et la fin met réellement un terme à l’enquête. On est bien sûr à la limite du crédible mais ni plus ni moins que dans n’importe quel feuilleton US du genre. Le dessin de Queirex est on ne peut plus approprié pour illustrer cette histoire. J’ai vraiment eu la sensation qu’il prenait son pied à croquer ces pin-up US des années 50 et son encrage fait très américain (avec des visages souvent plongés pour moitié dans l’ombre, notamment). Les auteurs ont donc eu l’air de bien s’amuser et cela se ressent. La série ne gagnera certainement pas le prix de l’originalité mais, côté efficacité, elle tient bien la route. Enfin, ces trois tomes offrent bien une histoire complète mais l’intro du premier tome ne devrait prendre tout son sens que si un deuxième cycle voyait le jour.

19/11/2012 (MAJ le 03/06/2014) (modifier)
Par stocke
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Les Naufragés d'Ythaq
Les Naufragés d'Ythaq

Franchement bien. J'ai pour l'instant lu le premier cycle complet (tomes 1 à 9) et je n'ai pas vu le temps passer tellement j'étais plongé dans ce récit. On suit les aventures de trois personnages stéréotypés (une débrouillarde, un poète parfois un peu neuneu, et une richissime diva) qui se sont écrasés sur une planète inconnue qu'on se plaît à découvrir au cours de l'intrigue. Le scénario nous dévoile au compte goutte les indices qui nous expliquent ce qui se passe réellement sur cette planète. Chaque tome fait avancer l'histoire, pas de temps mort, que du bon. Côté dessin je trouve la série réussie aussi car très détaillé, aussi bien pour les villes visitées, les paysages ou les expressions faciales des protagonistes. Le seul hic pour moi à l'heure actuelle est la suite qui a vu le jour. Le tome 9 nous laissait vraiment croire à la fin d'une histoire achevée, et j'espère en lisant prochainement les tomes suivants que je ne serai pas déçu.

01/06/2014 (modifier)
Couverture de la série Léna (Le Long Voyage de Léna)
Léna (Le Long Voyage de Léna)

Un livre feutré où la violence est tout entière intériorisée pour ne ressurgir qu'à la fin. Un travail sur le deuil et sur la renaissance. Léna est une femme inconnue, lisse, dont le passé va être dévoilé par petites touches, un peu comme un tableau impressionniste de Seurat où la compréhension n'apparaît que lorsqu'on prend du recul et que suffisamment de touches ont été peintes. Nous suivons le voyage de Léna dans une succession de cartes postales que le dessin ouaté de Juillard rapproche et éloigne de nous. Léna est de toute façon une étrangère. Un peu comme le héros éponyme de Camus, elle semble ne pas appartenir à notre monde. La vie est un nuage de fumée, derrière lequel se cache la vérité, à l'instar des innombrables cigarettes que Léna grille. L'intrigue se noue dans les dernières pages mais, là aussi, Léna sera ailleurs. Cette technique narrative est un choix très fort de Christin. En effet, le visage omniprésent de Léna ne cache pas les évènements mais les éclaire à travers le filtre de la vie de Léna, à travers les petits détails de ses affaires (le portrait !). Le scénariste joue aussi sur le temps. L'album est un élastique qui se tend imperceptiblement sans que rien ne véritablement semble se passer. Et puis, l'élastique casse dans un paroxysme de violence. On pense aux parques grecques tranchant la vie des êtres humains. Le long voyage de Léna est un livre très fort, pas seulement sur le terrorisme international, mais sur la douleur et le sacrifice. Sur le chagrin qui étouffe et retire tout sel à la vie. C'est aussi une réflexion sur le libre arbitre. Léna est-elle libre ? Prisonnière de son passé ? Prisonnière de sa vengeance ? Spinoza explique que le libre arbitre est une illusion car, si l'homme a conscience de ses actes, il n'a pas conscience des causes derrière ses motivations. Au final, Léna n'est-elle pas le fruit de la géopolitique ? 'Léna et les trois femmes' publié quelques années plus tard constitue un nouvel exploit. Nous découvrons une femme tout autre, pleine de chaleur humaine, apaisée et pleine de compassion. La vengeance a été remplacée par le devoir et au final Léna se révèle une femme morale qui transcende sa condition et prend tous les risques pour épargner aux autres le cataclysme qu'elle a subi, pour donner aux autres une chance de vivre. Par là même, elle sort du cycle de la vengeance et retrouve la liberté que l'attentat de Khartoum lui avait fait perdre. Quant aux trois femmes, les références mythologiques, volontaires ou involontaires de la part du scénariste, sont évidentes. On pense bien évidemment aux trois parques qui coupaient le fil de la vie et avaient donc le pouvoir de vie ou de mort, comme les terroristes. On pense aussi, en allant plus loin, aux trois grâces, si admirablement peintes par Raphaël ou Cranach l'ancien. Ahlem incarnerait la grâce du guerrier, Souad celle de la beauté et Halima celle de l’abondance et de la vie, ce qui expliquerait sa fugue. Dès lors, la conclusion de l'intrigue et l'incroyable coup de poker de Léna deviennent parfaitement logiques. Le diptyque appartient à la collection Long Courrier et nous sommes invités à voyager très loin, pas seulement géographiquement, mais aussi dans les méandres de l'âme humaine. Ce sont aussi deux BD féministes, mettant en scène une femme extraordinaire. Cela n'est pas si courant !

31/05/2014 (MAJ le 31/05/2014) (modifier)