Je m'attendais à une série plutôt banale, mais comme le contexte de cette Angleterre de fin de siècle est toujours source d'intérêt, j'ai lu ce triptyque d'une traite et sans aucune lassitude tellement c'est captivant. La façon dont c'est présenté, la narration et la progression de l'enquête sont remarquables, c'est de l'enquête à énigme, mais différente d'Hercule Poirot, ou même de Holmes, car le couple de héros frère et soeur est vraiment attachant et intéressant, ce sont les Experts de l'époque victorienne qui au-delà de la simple découverte d'un cadavre étrange au départ, vont mettre à jour grâce à leurs méthodes scientifiques, un gigantesque complot impliquant des banquiers ayant pignon sur rue. Ceci ne va pas redorer l'image des banquiers, et d'ailleurs ils ne font rien pour ça de nos jours.
D'emblée, c'est passionnant, et l'idée de situer cette enquête en Angleterre en 1889 est bonne, ça augmente le côté étrange ; cette vieille Albion avec ses mystères et ses meurtres sanglants est toujours le dépositaire d'un folklore qui lui est typiquement attaché. J'aime cette ambiance parfaitement recréée, et de plus les auteurs n'hésitent pas à faire intervenir des personnages réels comme l'inattendu Jules Verne ou l'inspecteur Abberline déjà plus logique, qui s'est occupé du cas Jack l'Eventreur (voir l'excellente Bd chez Soleil en collection 1800).
Tout est parfaitement réfléchi, ordonné, minutieusement expliqué, il n'y a rien de farfelu, pas de fantastique qui aurait pu tenter les auteurs, rien n'est tiré par les cheveux, bref même le dessin est sympathique, même si j'aurais préféré plus de réalisme.
Le tome 4 n'est peut-être pas aussi bien calibré que le triptyque de départ, mais ça reste d'un bon niveau. Voici une série qui a bien démarré, espérons que le reste à venir sera de même.
Ah mais c'est carrément sympa, ça ! Initialement créé par Marcus, plus connu pour ses vannes et son côté animateur sur les chaînes manga et No Life, l'Intrépide, suite à un grand engouement sur internet, renaît de ses cendres au bout de 37 ans et connaît la grâce d'une publication en albums.
C'est le duo gagnant de City Hall, Rémi Guérin et Guillaume lapeyre, qui se chargent de la réalisation. Il faut dire que l'esprit de l'Intrépide est proche de celui de leur série star, même si pour l'occasion ils abandonnent le format manga pour des albums souples, un peu comme des comics Marvel des années 1980. Une reprise en fanfare, avec un héros un brin foutraque face à un méchant un peu couillon.
Comment, en effet, résister à cette scène, où revenu chez sa mémé après 37 ans de disparition, et face à l'irruption de son ennemi fétiche, le Voleur Vert, l'Intrépide pose le pied sur la table, et, poseur, déclame : "Halte-là ! Tu n'aurais jamais dû venir ici, gredin !"
L'humour potache est omniprésent, mais je trouve qu'il aurait pu être encore plus poussé, histoire d'être franchement dans la parodie.
Côté dessin, Guillaume Lapeyre semble bien s'amuser dans cette récréation après des centaines de pages de cyberpunk et d'uchronie délicieusement verniens. Ses pages sont pétantes de santé, son Intrépide virevolte, saute, esquive, mais toujours de belle façon. La mise en scène et le découpage sont inventifs, sans être désordonnés. les couleurs de Julien Nido, plutôt nuancées, apportent un complément fort agréable.
Très sympathique. Le prix, par contre, est nettement exagéré par rapport à un gros fascicule.
5 sur 5 pour cette magnifique bande dessinée, pourquoi ?
Je ne sais pas trop pourquoi, mais dès que j'ai lu Nuit blanche j'en suis tombé amoureux !
Amoureux de Sacha, de sa personne, de son intelligence, de son romantisme et de sa lutte pour une cause perdue. (Bon j’avoue, j’avoue, Nadia aussi j'en suis amoureux ...^^)
Depuis maintenant quelques années je suis cette bd et à chaque relecture (ce qui m'arrive souvent), je prends tout autant de plaisir ! Voire de plus en plus !
Le seul petit bémol que j'aurais à dire vis à vis de cette série c'est le peu de tomes, un plus grand nombre aurait permis de mieux connaître la vie, l'histoire de Sacha, et ainsi par conséquent plus sur la Russie des années 20 (dont maintenant, à cause de cette pentalogie, je suis passionné !)
Pour finir je ne suis peut être pas un super spécialiste en bandes dessinées mais ces dessins- assez réalistes et originaux - m'ont rapidement plu.
Pour conclure cette bd sera et restera à mes yeux un véritable coup de cœur! Et je ne suis pas prêt de mettre Sacha aux oubliettes !
Note : cet avis porte sur l'intégralité de l'oeuvre (déjà disponible en VO)
Je suis bluffé par la créativité affichée par ce comic très atypique (le scénariste puise beaucoup dans les mangas et la bd européenne), au moins une nouvelle idée de SF par page !
Je confirme le coté hermétique des débuts (qui apparemment a rebuté pas mal de lecteurs trop impatients), il faut arriver à la moitié de l’œuvre pour enfin appréhender tous les enjeux (un signe de l'incroyable richesse du background). Au moins c'est un comic qui ne prend pas ses lecteurs pour des méduses...
Cet oeuvre n'est pas parfaite (notamment au niveau narration) mais je lui mets quand même 5 étoiles pour ses idées novatrices (rares en SF de nos jours).
Cet album aborde un sujet pas simple, celui du handicap chez l’enfant, et le traite de fort belle manière. Plus qu’une histoire sur la maladie ou sur la différence c’est surtout le récit touchant d’un père pas préparé à avoir un enfant trisomique. Fabien Toulmé se livre à cœur ouvert et nous fait partager 3 ans de sa vie. On saura tout de ses sentiments : doutes, tristesses, colères et bien plus encore.
Ça commence par ses craintes avant la naissance, son angoisse d’aller assister à une échographie et qu’on découvre un problème chez son enfant. Dès ces premiers chapitres, il se passe quelque chose. Le graphisme est simple mais très agréable, le ton percutant et on rentre dans son histoire.
Arrive ensuite la naissance et la découverte de la trisomie. Dur. On voit un père qui s’effondre, qui rejette cet enfant qu’il n’accepte pas. Pas facile de parler de ça, de dévoiler ce genre de sentiment. Quel père peut avouer qu’il n’avait pas envie de prendre son nouveau-né dans les bras, qu’il lui a fallu des semaines pour le faire. Mais c’est raconté avec sincérité et pudeur, sans en faire trop. Il y a la justesse nécessaire pour en faire un récit vraiment touchant.
Viennent ensuite les premiers mois de cohabitation avec cet enfant, ceux qui marquent le début de l’acceptation et enfin des premières joies avec ce bébé. L’apprentissage de la vie avec un petit trisomique et les contraintes qui vont avec ne se révèlent pas simples. Et bien sûr, il faut aussi vivre avec le regard des autres qui, on le sait bien, n’est pas toujours agréable. Dans tous ces chapitres l’émotion est encore présente mais l’optimisme et le positivisme prennent enfin le dessus.
Au final on a un petit pavé de plus de 250 pages qui se lit d’une traite. C’est un album fort qui nous fait passer par plein d’émotions. On arrive à sourire, à s’attendrir, à se révolter… On referme ce livre avec l’impression de connaître cet enfant, de l’avoir vu grandir et de l’aimer un peu comme on aimerait l’enfant d’un pote...
Bravo !
Un mega coup de coeur pour cette BD !
Je me suis fait transporter dans cette histoire et cet univers qui est un savant mélange entre Miyazaki et Jules Verne : La conquête de l'espace à la fin du 19ème siècle et qui s’appuie sur la théorie de l'éther (théorie que j'avoue ne pas connaître).
Alex Alice qui fait de la couleur directe, c'est vraiment splendide, c'est à tomber. Chaque page est un régal, la mise en page est top, les décors et les engins sont extra.
J'arrête les superlatifs, je pense que c'est assez clair.
Vivement le tome 2 pour avoir la suite et fin de cette formidable aventure.
D'emblée le dessin éblouit, l'aspect très pictural donne des pleines pages sublimes et des double-pages comme celle dans la brume, Avalon, Excalibur dans la pierre ou l'attaque du castel Pendragon... Je ne sais pas si ces dessins sont réalisés à la palette graphique, mais le rendu est une vraie splendeur et se devait de toute façon d'être de haute tenue pour illustrer une des plus fascinantes légendes de tous les temps. Surtout qu'ici, les auteurs vont aux sources de cette légende ; la figure de Merlin est conforme aux gravures et à l'imaginaire celtique que l'on a de cette merveilleuse histoire.
On y trouve donc la plupart des éléments classiques (Camelot, Avalon, Morgane, Viviane, Uther, Ygerne...) même si Istin dénature quelques détails, mais après tout, cette fabuleuse légende a été interprétée par différents auteurs ayant leur propre vision, je pense notamment à la version ciné de John Boorman dans son film Excalibur en 1981, qui contenait aussi des éléments surprenants, tout en prenant soin de conserver les parties les plus emblématiques. On perçoit également la transition entre les anciennes croyances, celle des druides, et la religion chrétienne qui perce peu à peu.
Jusqu'ici, rien à dire, avec le tome 3, c'est toujours autant magnifique, je ne cesse d'être en admiration devant les pages d'Alain Brion, au style très illustratif. La progression de l'histoire multiplie les actions et continue à reprendre les grandes lignes de la saga arthurienne, en faisant quelques digressions et entorses, mais avec une implication plus forte du fantastique et une mythologie d'une grande richesse.
Par contre, le classement en fantasy dans la fiche n'est pas vraiment justifié, cette histoire relève plus du médiéval fantastique. Une très belle série, du grand spectacle celtique à tendance épique qui va devenir une future Bd incontournable à n'en pas douter ; l'apothéose finale risque d'être énorme.
Alisik est une série de type gothic girly due au talent de deux auteurs allemands et…
Mais…
Où ils sont partis ?
Non, sérieusement ! Revenez !!! Je sais que dit comme ça, ça peut faire peur. Pourtant, après avoir lu les trois premiers tomes, et en tenant compte de l’excellent Gung Ho, lui aussi dû aux talents conjugués de deux auteurs allemands, j’en suis arrivé à me demander si l’avenir de la bande dessinée ne se trouvait pas outre-Rhin. Ces deux séries se distinguent en effet par une approche graphique que je trouve révolutionnaire tant la palette graphique y est parfaitement maîtrisée au service de l'histoire et non pour "en mettre plein la vue" (tout en en mettant quand même plein la vue). Pourtant, de prime abord, Alisik n’avait rien pour me plaire. Comme je le dit, c’est gothique, girly et plutôt destiné aux adolescentes. Mais cette série est truffée de qualités qui en font un de mes coups de cœur actuels.
Tout d’abord vient le dessin. Les couvertures vous donnent le ton. On est proche de l’art-book et je pense que plus d’un lecteur passera devant elles sans se douter qu’il s’agit d’une bande dessinée. Pourtant, quand on l’ouvre, on tombe sur une présentation traditionnelle… ou presque, parce qu’il y a quand même cette peluche de lapin qui surgit par ci par là on ne sait d’où sinon de l’envie du dessinateur d’en rajouter une couche. Et il a bien raison, car lorsque ce lapin n’apparait plus, il me manque (à l’image de la coccinelle chère à Gotlib).
Mais, bon, ce détail mis à part, la mise en page est traditionnelle… sauf qu’il y a ce découpage en chapitres qui s’ouvrent sur des articles de loi s’adressant aux post-mortems. Et puis des phrases venues d’ailleurs aussi, des poèmes, des sonnets, quelques lignes du journal intime de l’héroïne…
Ceci mis à part, DONC, on est dans une bande dessinée classique, sauf que le dessin, très informatisé, use d’effets de flou très bien maîtrisés et judicieusement employés, d’effets de relief tout aussi bien maîtrisé mais parfois moins heureux. L’artiste n’hésite pas à nous balancer de grandes illustrations (enfin, grandes comme le format du livre… qui est petit) très girly qui rythment vraiment la lecture.
Toutes ces qualités donnent aux albums un aspect assez unique, structuré et bordélique, sympathique et gothique, avec une grande richesse dans les détails tout en étant immédiat.
Vient ensuite le scénario. Là, de prime abord, on se dit qu’on va avoir du classique. Une adolescente qui vient de mourir est accueillie par une poignée de sympathiques fantômes dont le cimetière, on l’apprend rapidement, risque d’être rasé pour donner naissance à un centre commercial. Sauf que, grâce au découpage réalisé, l’intrigue ne cesse de s’enrichir.
On en apprend donc plus :
- Sur le pourquoi de ces post-mortem et de leur présence dans ce cimetière ;
- Sur le passé des différents personnages et les causes de leur mort ;
- Sur Alisik, bien sûr, sur son état et ses nouvelles capacités.
Ce serait déjà pas mal mais, par ailleurs, vient se greffer là-dessus :
- Une histoire d’amour entre Alisik et un jeune aveugle capable d’entendre les morts ;
- Une intrigue sur la cause de l’infirmité du jeune homme (due à un accident de voiture) ;
- Une intrigue autour de l’entrepreneur désireux de construire son centre commercial.
Et au milieu coule une rivière… celle de la mémoire d’Alisik, effacée par sa mort et qui lui revient petit à petit (il faudra attendre le troisième tome pour qu'elle la retrouve).
C’est riche, ça part dans beaucoup de directions et il est finalement difficile de déterminer quel est l’élément central du récit car même Alisik devient à l’occasion le simple témoin de chapitres mettant en scène l’un ou l’autre personnage, par ailleurs secondaire. C’est original, c’est différent. Pourtant, cela demeure facile à lire et ne donne pas du tout l'impression d'être expérimental tant tous les aspect sont maîtrisés.
C’est Alisik et c’est vachement bien !!! (Et je n'en reviens pas d'être toujours le seul à avoir posté mon avis sur cette excellente série).
C'est beau mais c'est triste...
En fait de one-shot, cet album est la suite directe de Trois éclats blancs. Et si avoir lu Trois éclats blancs n'est pas indispensable, c'est quand même un plus pour apprécier ce récit !
Coup de bol pour moi, c'est mon cas.
J'ai donc retrouvé avec plaisir trois des personnages principaux dans une histoire qui, cette fois, n'a rien de maritime, voire même de côtier (la couverture est trompeuse de ce point de vue). Ce récit est un récit de guerre, qui nous montre toutes les conséquences humaines que peuvent engendrer ces périodes sombres. Trois personnages, trois victimes... trois destinées liées et poignantes.
Le découpage est une fois de plus bien pensé et la progression du scénario est magistrale. D'abord léger, voire même innocent dans son introduction, le récit sombre (c'est le mot) dans l'horreur au fil des planches, par un cheminement aussi inéluctable que logique.
Que dire du dessin ? Bruno Le Floc'h n'était pas l'auteur qui brillait le plus par ses arrière-plans (régulièrement absents de ses cases) mais son trait nerveux et vif a une telle expressivité et sa lisibilité est telle que j'ai vraiment été immergé dans l'album. Bon ! C'est un fait, c'aurait certainement été moins le cas avec un scénario plus faible...
Mais ici, c'est beau... mais c'est triste...
S'il y a bien une série qui m'a fait découvrir la nouvelle vague bd (celle qui débute dans les années 90), c'est bien Lanfeust de Troy, qui peut être considéré comme la matrice du succès de la maison d'édition Soleil. Pour tout dire, avant que mes mains ne se posent sur ce petit phénomène d'édition ma culture bd se bornait grosso modo aux ultraclassiques (Astérix, Tintin, les Schtroumpfs, Spirou, Lucky Luke, Blake et Mortimer...) et aux séries à succès de Van Hamme (le tryptique Thorgal-XIII-Largo Winch). Mais Lanfeust a tout changé.
Cette série a bercé mon adolescence, au même titre par exemple que Harry Potter. Je me souviens encore quand, chaque semaine lorsque ma mère me refilait mon argent de poche, je cavalais jusqu'à en perdre mon souffle vers la Fnac près de chez moi pour m'acheter un des tomes de la saga. En tenir un dans mes mains à cette époque me procurait un émerveillement comparable à celui de l'archéologue qui tiendrait entre ses doigts le Saint-Graal tant recherché.
Alors oui, c'est sûr, si j'analyse Lanfeust de Troy avec mon regard critique et adulte d'aujourd'hui, comme le font quelques rabat-joie dans les commentaires précédents, les défauts sautent au yeux. L'humour un peu lourdaud, d'abord, mais pas seulement. L'intrigue aussi, qui, si on reste objectif, ne révolutionne pas franchement le genre. Mais quand même, si l'on se donne la peine de regarder les choses sous un autre angle, Lanfeust de Troy c'est tout autre chose. Le souffle épique, la sensation de grande aventure, les paysages saisissants, les affrontements dantesques, les second rôles tous attachants (aaah Hébus!! Héééébus !), la magie et son système complexe, l'explosion d'hémoglobine... tous ces atouts forment à mes yeux les ingrédients d'une oeuvre immense, cohérente et passionnante, qui m'aura offert un grand plaisir de lecture comme rarement j'en ai ressenti dans mes années collège. Une saga culte, donc, incontournable, qui sied mieux à un lectorat jeune mais qui peut tout à fait plaire à des adultes vaccinés de tout sectarisme.
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Je m'attendais à une série plutôt banale, mais comme le contexte de cette Angleterre de fin de siècle est toujours source d'intérêt, j'ai lu ce triptyque d'une traite et sans aucune lassitude tellement c'est captivant. La façon dont c'est présenté, la narration et la progression de l'enquête sont remarquables, c'est de l'enquête à énigme, mais différente d'Hercule Poirot, ou même de Holmes, car le couple de héros frère et soeur est vraiment attachant et intéressant, ce sont les Experts de l'époque victorienne qui au-delà de la simple découverte d'un cadavre étrange au départ, vont mettre à jour grâce à leurs méthodes scientifiques, un gigantesque complot impliquant des banquiers ayant pignon sur rue. Ceci ne va pas redorer l'image des banquiers, et d'ailleurs ils ne font rien pour ça de nos jours. D'emblée, c'est passionnant, et l'idée de situer cette enquête en Angleterre en 1889 est bonne, ça augmente le côté étrange ; cette vieille Albion avec ses mystères et ses meurtres sanglants est toujours le dépositaire d'un folklore qui lui est typiquement attaché. J'aime cette ambiance parfaitement recréée, et de plus les auteurs n'hésitent pas à faire intervenir des personnages réels comme l'inattendu Jules Verne ou l'inspecteur Abberline déjà plus logique, qui s'est occupé du cas Jack l'Eventreur (voir l'excellente Bd chez Soleil en collection 1800). Tout est parfaitement réfléchi, ordonné, minutieusement expliqué, il n'y a rien de farfelu, pas de fantastique qui aurait pu tenter les auteurs, rien n'est tiré par les cheveux, bref même le dessin est sympathique, même si j'aurais préféré plus de réalisme. Le tome 4 n'est peut-être pas aussi bien calibré que le triptyque de départ, mais ça reste d'un bon niveau. Voici une série qui a bien démarré, espérons que le reste à venir sera de même.
L'Intrépide
Ah mais c'est carrément sympa, ça ! Initialement créé par Marcus, plus connu pour ses vannes et son côté animateur sur les chaînes manga et No Life, l'Intrépide, suite à un grand engouement sur internet, renaît de ses cendres au bout de 37 ans et connaît la grâce d'une publication en albums. C'est le duo gagnant de City Hall, Rémi Guérin et Guillaume lapeyre, qui se chargent de la réalisation. Il faut dire que l'esprit de l'Intrépide est proche de celui de leur série star, même si pour l'occasion ils abandonnent le format manga pour des albums souples, un peu comme des comics Marvel des années 1980. Une reprise en fanfare, avec un héros un brin foutraque face à un méchant un peu couillon. Comment, en effet, résister à cette scène, où revenu chez sa mémé après 37 ans de disparition, et face à l'irruption de son ennemi fétiche, le Voleur Vert, l'Intrépide pose le pied sur la table, et, poseur, déclame : "Halte-là ! Tu n'aurais jamais dû venir ici, gredin !" L'humour potache est omniprésent, mais je trouve qu'il aurait pu être encore plus poussé, histoire d'être franchement dans la parodie. Côté dessin, Guillaume Lapeyre semble bien s'amuser dans cette récréation après des centaines de pages de cyberpunk et d'uchronie délicieusement verniens. Ses pages sont pétantes de santé, son Intrépide virevolte, saute, esquive, mais toujours de belle façon. La mise en scène et le découpage sont inventifs, sans être désordonnés. les couleurs de Julien Nido, plutôt nuancées, apportent un complément fort agréable. Très sympathique. Le prix, par contre, est nettement exagéré par rapport à un gros fascicule.
Nuit blanche
5 sur 5 pour cette magnifique bande dessinée, pourquoi ? Je ne sais pas trop pourquoi, mais dès que j'ai lu Nuit blanche j'en suis tombé amoureux ! Amoureux de Sacha, de sa personne, de son intelligence, de son romantisme et de sa lutte pour une cause perdue. (Bon j’avoue, j’avoue, Nadia aussi j'en suis amoureux ...^^) Depuis maintenant quelques années je suis cette bd et à chaque relecture (ce qui m'arrive souvent), je prends tout autant de plaisir ! Voire de plus en plus ! Le seul petit bémol que j'aurais à dire vis à vis de cette série c'est le peu de tomes, un plus grand nombre aurait permis de mieux connaître la vie, l'histoire de Sacha, et ainsi par conséquent plus sur la Russie des années 20 (dont maintenant, à cause de cette pentalogie, je suis passionné !) Pour finir je ne suis peut être pas un super spécialiste en bandes dessinées mais ces dessins- assez réalistes et originaux - m'ont rapidement plu. Pour conclure cette bd sera et restera à mes yeux un véritable coup de cœur! Et je ne suis pas prêt de mettre Sacha aux oubliettes !
John Prophet
Note : cet avis porte sur l'intégralité de l'oeuvre (déjà disponible en VO) Je suis bluffé par la créativité affichée par ce comic très atypique (le scénariste puise beaucoup dans les mangas et la bd européenne), au moins une nouvelle idée de SF par page ! Je confirme le coté hermétique des débuts (qui apparemment a rebuté pas mal de lecteurs trop impatients), il faut arriver à la moitié de l’œuvre pour enfin appréhender tous les enjeux (un signe de l'incroyable richesse du background). Au moins c'est un comic qui ne prend pas ses lecteurs pour des méduses... Cet oeuvre n'est pas parfaite (notamment au niveau narration) mais je lui mets quand même 5 étoiles pour ses idées novatrices (rares en SF de nos jours).
Ce n'est pas toi que j'attendais
Cet album aborde un sujet pas simple, celui du handicap chez l’enfant, et le traite de fort belle manière. Plus qu’une histoire sur la maladie ou sur la différence c’est surtout le récit touchant d’un père pas préparé à avoir un enfant trisomique. Fabien Toulmé se livre à cœur ouvert et nous fait partager 3 ans de sa vie. On saura tout de ses sentiments : doutes, tristesses, colères et bien plus encore. Ça commence par ses craintes avant la naissance, son angoisse d’aller assister à une échographie et qu’on découvre un problème chez son enfant. Dès ces premiers chapitres, il se passe quelque chose. Le graphisme est simple mais très agréable, le ton percutant et on rentre dans son histoire. Arrive ensuite la naissance et la découverte de la trisomie. Dur. On voit un père qui s’effondre, qui rejette cet enfant qu’il n’accepte pas. Pas facile de parler de ça, de dévoiler ce genre de sentiment. Quel père peut avouer qu’il n’avait pas envie de prendre son nouveau-né dans les bras, qu’il lui a fallu des semaines pour le faire. Mais c’est raconté avec sincérité et pudeur, sans en faire trop. Il y a la justesse nécessaire pour en faire un récit vraiment touchant. Viennent ensuite les premiers mois de cohabitation avec cet enfant, ceux qui marquent le début de l’acceptation et enfin des premières joies avec ce bébé. L’apprentissage de la vie avec un petit trisomique et les contraintes qui vont avec ne se révèlent pas simples. Et bien sûr, il faut aussi vivre avec le regard des autres qui, on le sait bien, n’est pas toujours agréable. Dans tous ces chapitres l’émotion est encore présente mais l’optimisme et le positivisme prennent enfin le dessus. Au final on a un petit pavé de plus de 250 pages qui se lit d’une traite. C’est un album fort qui nous fait passer par plein d’émotions. On arrive à sourire, à s’attendrir, à se révolter… On referme ce livre avec l’impression de connaître cet enfant, de l’avoir vu grandir et de l’aimer un peu comme on aimerait l’enfant d’un pote... Bravo !
Le Château des étoiles
Un mega coup de coeur pour cette BD ! Je me suis fait transporter dans cette histoire et cet univers qui est un savant mélange entre Miyazaki et Jules Verne : La conquête de l'espace à la fin du 19ème siècle et qui s’appuie sur la théorie de l'éther (théorie que j'avoue ne pas connaître). Alex Alice qui fait de la couleur directe, c'est vraiment splendide, c'est à tomber. Chaque page est un régal, la mise en page est top, les décors et les engins sont extra. J'arrête les superlatifs, je pense que c'est assez clair. Vivement le tome 2 pour avoir la suite et fin de cette formidable aventure.
Excalibur - Chroniques
D'emblée le dessin éblouit, l'aspect très pictural donne des pleines pages sublimes et des double-pages comme celle dans la brume, Avalon, Excalibur dans la pierre ou l'attaque du castel Pendragon... Je ne sais pas si ces dessins sont réalisés à la palette graphique, mais le rendu est une vraie splendeur et se devait de toute façon d'être de haute tenue pour illustrer une des plus fascinantes légendes de tous les temps. Surtout qu'ici, les auteurs vont aux sources de cette légende ; la figure de Merlin est conforme aux gravures et à l'imaginaire celtique que l'on a de cette merveilleuse histoire. On y trouve donc la plupart des éléments classiques (Camelot, Avalon, Morgane, Viviane, Uther, Ygerne...) même si Istin dénature quelques détails, mais après tout, cette fabuleuse légende a été interprétée par différents auteurs ayant leur propre vision, je pense notamment à la version ciné de John Boorman dans son film Excalibur en 1981, qui contenait aussi des éléments surprenants, tout en prenant soin de conserver les parties les plus emblématiques. On perçoit également la transition entre les anciennes croyances, celle des druides, et la religion chrétienne qui perce peu à peu. Jusqu'ici, rien à dire, avec le tome 3, c'est toujours autant magnifique, je ne cesse d'être en admiration devant les pages d'Alain Brion, au style très illustratif. La progression de l'histoire multiplie les actions et continue à reprendre les grandes lignes de la saga arthurienne, en faisant quelques digressions et entorses, mais avec une implication plus forte du fantastique et une mythologie d'une grande richesse. Par contre, le classement en fantasy dans la fiche n'est pas vraiment justifié, cette histoire relève plus du médiéval fantastique. Une très belle série, du grand spectacle celtique à tendance épique qui va devenir une future Bd incontournable à n'en pas douter ; l'apothéose finale risque d'être énorme.
Alisik
Alisik est une série de type gothic girly due au talent de deux auteurs allemands et… Mais… Où ils sont partis ? Non, sérieusement ! Revenez !!! Je sais que dit comme ça, ça peut faire peur. Pourtant, après avoir lu les trois premiers tomes, et en tenant compte de l’excellent Gung Ho, lui aussi dû aux talents conjugués de deux auteurs allemands, j’en suis arrivé à me demander si l’avenir de la bande dessinée ne se trouvait pas outre-Rhin. Ces deux séries se distinguent en effet par une approche graphique que je trouve révolutionnaire tant la palette graphique y est parfaitement maîtrisée au service de l'histoire et non pour "en mettre plein la vue" (tout en en mettant quand même plein la vue). Pourtant, de prime abord, Alisik n’avait rien pour me plaire. Comme je le dit, c’est gothique, girly et plutôt destiné aux adolescentes. Mais cette série est truffée de qualités qui en font un de mes coups de cœur actuels. Tout d’abord vient le dessin. Les couvertures vous donnent le ton. On est proche de l’art-book et je pense que plus d’un lecteur passera devant elles sans se douter qu’il s’agit d’une bande dessinée. Pourtant, quand on l’ouvre, on tombe sur une présentation traditionnelle… ou presque, parce qu’il y a quand même cette peluche de lapin qui surgit par ci par là on ne sait d’où sinon de l’envie du dessinateur d’en rajouter une couche. Et il a bien raison, car lorsque ce lapin n’apparait plus, il me manque (à l’image de la coccinelle chère à Gotlib). Mais, bon, ce détail mis à part, la mise en page est traditionnelle… sauf qu’il y a ce découpage en chapitres qui s’ouvrent sur des articles de loi s’adressant aux post-mortems. Et puis des phrases venues d’ailleurs aussi, des poèmes, des sonnets, quelques lignes du journal intime de l’héroïne… Ceci mis à part, DONC, on est dans une bande dessinée classique, sauf que le dessin, très informatisé, use d’effets de flou très bien maîtrisés et judicieusement employés, d’effets de relief tout aussi bien maîtrisé mais parfois moins heureux. L’artiste n’hésite pas à nous balancer de grandes illustrations (enfin, grandes comme le format du livre… qui est petit) très girly qui rythment vraiment la lecture. Toutes ces qualités donnent aux albums un aspect assez unique, structuré et bordélique, sympathique et gothique, avec une grande richesse dans les détails tout en étant immédiat. Vient ensuite le scénario. Là, de prime abord, on se dit qu’on va avoir du classique. Une adolescente qui vient de mourir est accueillie par une poignée de sympathiques fantômes dont le cimetière, on l’apprend rapidement, risque d’être rasé pour donner naissance à un centre commercial. Sauf que, grâce au découpage réalisé, l’intrigue ne cesse de s’enrichir. On en apprend donc plus : - Sur le pourquoi de ces post-mortem et de leur présence dans ce cimetière ; - Sur le passé des différents personnages et les causes de leur mort ; - Sur Alisik, bien sûr, sur son état et ses nouvelles capacités. Ce serait déjà pas mal mais, par ailleurs, vient se greffer là-dessus : - Une histoire d’amour entre Alisik et un jeune aveugle capable d’entendre les morts ; - Une intrigue sur la cause de l’infirmité du jeune homme (due à un accident de voiture) ; - Une intrigue autour de l’entrepreneur désireux de construire son centre commercial. Et au milieu coule une rivière… celle de la mémoire d’Alisik, effacée par sa mort et qui lui revient petit à petit (il faudra attendre le troisième tome pour qu'elle la retrouve). C’est riche, ça part dans beaucoup de directions et il est finalement difficile de déterminer quel est l’élément central du récit car même Alisik devient à l’occasion le simple témoin de chapitres mettant en scène l’un ou l’autre personnage, par ailleurs secondaire. C’est original, c’est différent. Pourtant, cela demeure facile à lire et ne donne pas du tout l'impression d'être expérimental tant tous les aspect sont maîtrisés. C’est Alisik et c’est vachement bien !!! (Et je n'en reviens pas d'être toujours le seul à avoir posté mon avis sur cette excellente série).
Une après-midi d'été
C'est beau mais c'est triste... En fait de one-shot, cet album est la suite directe de Trois éclats blancs. Et si avoir lu Trois éclats blancs n'est pas indispensable, c'est quand même un plus pour apprécier ce récit ! Coup de bol pour moi, c'est mon cas. J'ai donc retrouvé avec plaisir trois des personnages principaux dans une histoire qui, cette fois, n'a rien de maritime, voire même de côtier (la couverture est trompeuse de ce point de vue). Ce récit est un récit de guerre, qui nous montre toutes les conséquences humaines que peuvent engendrer ces périodes sombres. Trois personnages, trois victimes... trois destinées liées et poignantes. Le découpage est une fois de plus bien pensé et la progression du scénario est magistrale. D'abord léger, voire même innocent dans son introduction, le récit sombre (c'est le mot) dans l'horreur au fil des planches, par un cheminement aussi inéluctable que logique. Que dire du dessin ? Bruno Le Floc'h n'était pas l'auteur qui brillait le plus par ses arrière-plans (régulièrement absents de ses cases) mais son trait nerveux et vif a une telle expressivité et sa lisibilité est telle que j'ai vraiment été immergé dans l'album. Bon ! C'est un fait, c'aurait certainement été moins le cas avec un scénario plus faible... Mais ici, c'est beau... mais c'est triste...
Lanfeust de Troy
S'il y a bien une série qui m'a fait découvrir la nouvelle vague bd (celle qui débute dans les années 90), c'est bien Lanfeust de Troy, qui peut être considéré comme la matrice du succès de la maison d'édition Soleil. Pour tout dire, avant que mes mains ne se posent sur ce petit phénomène d'édition ma culture bd se bornait grosso modo aux ultraclassiques (Astérix, Tintin, les Schtroumpfs, Spirou, Lucky Luke, Blake et Mortimer...) et aux séries à succès de Van Hamme (le tryptique Thorgal-XIII-Largo Winch). Mais Lanfeust a tout changé. Cette série a bercé mon adolescence, au même titre par exemple que Harry Potter. Je me souviens encore quand, chaque semaine lorsque ma mère me refilait mon argent de poche, je cavalais jusqu'à en perdre mon souffle vers la Fnac près de chez moi pour m'acheter un des tomes de la saga. En tenir un dans mes mains à cette époque me procurait un émerveillement comparable à celui de l'archéologue qui tiendrait entre ses doigts le Saint-Graal tant recherché. Alors oui, c'est sûr, si j'analyse Lanfeust de Troy avec mon regard critique et adulte d'aujourd'hui, comme le font quelques rabat-joie dans les commentaires précédents, les défauts sautent au yeux. L'humour un peu lourdaud, d'abord, mais pas seulement. L'intrigue aussi, qui, si on reste objectif, ne révolutionne pas franchement le genre. Mais quand même, si l'on se donne la peine de regarder les choses sous un autre angle, Lanfeust de Troy c'est tout autre chose. Le souffle épique, la sensation de grande aventure, les paysages saisissants, les affrontements dantesques, les second rôles tous attachants (aaah Hébus!! Héééébus !), la magie et son système complexe, l'explosion d'hémoglobine... tous ces atouts forment à mes yeux les ingrédients d'une oeuvre immense, cohérente et passionnante, qui m'aura offert un grand plaisir de lecture comme rarement j'en ai ressenti dans mes années collège. Une saga culte, donc, incontournable, qui sied mieux à un lectorat jeune mais qui peut tout à fait plaire à des adultes vaccinés de tout sectarisme.