Le pari d’écrire et dessiner une série franchement drôle et divertissante sur les aléas d’un jeune zombie amoureux dans une école par strips de 6 cases formant une histoire complète et cohérente dans un format à l’italienne, ça vous dit ?
C’est le pari réussi de Loran avec ce très injustement méconnu mais très chouette Bobby Zombie.
Contrairement aux idées reçues et à quelques dessins gentiment trash, Bobby Zombie peut ne pas plaire aux parents qui s’en détourneront vite le regard pour attraper le dernier Titeuf à la place mais pourtant ce serait involontairement faire l’impasse sur une histoire rigolote aussi simple que maline et habile.
Point de « réalisme » à la Walking Dead, Bobby est simplement un zombie effectuant sa première rentrée scolaire. Forcément il n’est plus très frais, sent le cadavre et a une mine aussi fraiche que qu’un vieux steak oublié sous le soleil de juillet.
Un regard entre la jeune Cindy et lui scellent leur destin : Bobby en tombe aussi éperdument amoureux qu’elle est écœurée juste à l’idée de le voir ! Par chance, François-Xavier, un camarade de classe au QI surdimensionné (c’est lui qui le prétend), va le prendre sous son aile et en faire son ami.
Mais comment faire pour s’intégrer avec les copains, séduire la belle de la classe et passer une après midi à la plage en toute quiétude lorsqu’on est mort ?
Loran part de ce drôle de postulat pour écrire une œuvre unique en son genre, originale et drôle.. C’est effectivement gentiment trash avec quelques démembrements, la tête de Bobby reste rarement sur ses épaules et ses yeux exorbités se promènent un peu partout.
Mais qu’il provoque le dégout (on y vomit souvent) ou l’empathie, Bobby n’oublie pas le principal : nous faire rire et sourire souvent, chacun des strips pouvant se lire indépendamment avec une chute qui lui est propre, le tout formant une histoire complète dont la fin est particulièrement bien trouvée !
La galerie de personnages secondaires est assez sympathique, de Cindy, enfant sage ayant toutes les particularités de la peste tête à claques à son père, savant fou, voulant mettre la main à tout prix sur un zombie pour en déceler l’immortalité sans oublier François-Xavier et Bobby le zombie, pas une minute de répit sur une histoire se lisant relativement rapidement mais sans baisse de rythme notable.
Loran possède un trait tout en rondeurs rappelant un peu le style du fameux jeu vidéo « Plants vs. Zombies », simplifie les décors sans les oublier et colore son gaufrier de couleurs chaudes positives dont seul le vert pourri fade de Bobby contraste avec son environnement !
Le format à l’italienne est tout à fait adapté à la situation et devrait vous inspirer à quelques jours d’Halloween de vite lire et acquérir ce petit bijou sympathique et de lui redonner les lettres de noblesse qu’il mérite !
Du zombie, de l’amour, de la tolérance (si ), des origines de Bobby (si, si) et quelques vomis (si , si , si beuark !), tous en librairie pour Bobby Zombie ! :)
Une BD dense et longue qui propose une descente en enfer, ni plus ni -surtout- moins. C'est la vision la plus crédible que j'ai pu voir de ce que pourrait être l'Enfer s'il existait et était habité par des monstruosités à base d'humains qui ne peuvent plus mourir : un lieu en constante évolution, pour le pire, où l'inventivité pour les tourments ne connaît pas de limite, où l'on vit juste assez pour faire souffrir et souffrir encore plus, où toute forme d'espoir est systématiquement sanctionnée. C'est une plongée vertigineuse et épique ; la trame en son coeur fait la part belle à la guerre sans héroïsme, où trahison est la règle, le gain de pouvoir le but de toutes ces âmes damnées. Baroque, puissant, haineux, sublime.
Face à une BD, je regarde le dessin. Et le titre.
Là, les deux m'ont attirée.
Le titre est intriguant et poétique.
Le dessin aussi est poétique. C'est un crayonné simple et riche à la fois, expressif, doux. Les instants positifs sont l'occasion d'irruption de couleurs, tendres ou vives, de foisonnement de formes et de feuillages, puis la grisaille du crayon reprend le dessus, avec juste ce qu'il faut de détails pour souligner à quel point le récit est réel.
J'avais peur quand même, car c'est vraiment dur ce que peut vivre cette jeune fille, qui ne trouve pas sa place, qui perd ses repères d'enfance, et n'en trouve de nouveau que dans un livre auquel elle s'accroche désespérément. Mais pour le lecteur qui connait la fin du roman, lui, il y a peu d'espoir, et il y a eu des moments où j'ai eu envie de laisser tomber, de refermer l'album et de le reposer.
Mais Hélène, elle, ne peut pas refermer sa vie, elle se retient à ce qu'elle peut, un instant de complicité avec sa mère, un détour dans un parc, et elle continue d'affronter le regard et les rires des autres sans trop savoir comment elle peut y survivre.
Alors je ne peux pas la laisser, et je continue ma lecture, avec l'espoir que les cases vont s'illuminer de couleurs, que l'adolescence n'est pas toujours la fin de l'enfance, que je pourrai dire à d'autres "tu vas voir, ça finit bien".
Je l'ai lu en entier, dévoré avec passion. Certes ces histoires qui s'enchevêtrent sont un peu délicates à suivre, certes la galerie des personnages est fournie, mais rarement ai-je eu l'occasion de de découvrir tant de portraits charismatiques en si peu de pages. Et un index très bien fait permet de s'y retrouver à tout instant ; même s'il est vrai qu'il faut souvent faire des allers-retour pour bien saisir le rôle de chaque protagoniste, le jeu en vaut la chandelle. Cette densité est rafraîchissante à une époque où souvent les récits sont délayés pour des raisons mercantiles ; cela reste cependant lisible et digeste grâce au dynamisme des dessins et de la narration. La complexité des jeux d'alliance, l'humanité et la morale très variées et changeantes des personnages rendent une impression de justesse et de vraisemblance de ce que peuvent représenter les évènements relatés, tant pour l'Histoire d'une grande nation que pour une variété importante d'individualités.
Cette chronique estivale champêtre se révèle très séduisante et se veut à la fois une chronique paysanne et un petit drame sentimental et familial joliment conté, tout en finesse, sensibilité et tendresse, avec des personnages attachants. Le décor influe beaucoup sur ma lecture car ayant vécu souvent à la campagne, passé des vacances de gamin dans des conditions un peu semblables en Saintonge et autour de La Rochelle, j'ai appris à bien connaître la mentalité paysanne et à l'aimer malgré ses travers. La ruralité décrite ici est conforme à ce que j'ai connu, qu'elle soit d'Auvergne ou d'ailleurs, cette mentalité est quasiment immuable.
Le Livradois-Forez est très joli, mais ce village de Saint-Roch me semble fictif, j'ai l'impression que Bourgne a imaginé ce lieu pour ne pas impliquer un vrai village ; il a seulement enrobé le tout dans un environnement réel puisqu'il parle de Sauxillanges et de Parentignat qui elles sont 2 communes réelles situées au sud-est de Clermont-Ferrand.
Le scénario suit une route plutôt logique, on attend de voir comment Jeannot va adopter enfin cette demi-soeur vietnamienne, tout réside dans la façon dont ça va se produire. Peut-être que le récit aurait gagné en profondeur s'il avait été plus développé, avec des flash-backs sur l'enfance de Jeannot, son père absent etc... ce qui aurait donné un triptyque plus adéquat qu'un diptyque un peu court, sinon c'est un joli récit qui dispose d'une excellente restitution d'époque avec plein d'indices, d'allusions et d'éléments typés comme les voitures. Quant au dessin, c'est vraiment superbe, j'aime ce style graphique qui donne beaucoup de caractère au décor et aux personnages.
Une lecture agréable au ton doux-amer qui repose la tête des Bd d'action ou fantastique.
Probablement le meilleur manga yuri que j'ai lu jusqu'à présent. Je trouve le ton des yuri parfois un peu trop sérieux alors qu'ici il y a des scènes sérieuses, mais aussi des moments de comédies qui font se détendre l'atmosphère. Le mélange prend bien et j'ai rigolé à plusieurs reprises.
Un autre truc que j'ai aimé ce sont les personnages, particulièrement Hazumu, Tomari et Yasuna. Leurs sentiments sont très bien développés et je les trouve attachantes. Trop souvent j'ai vu des personnages lesbiens dans des anime ou manga qui ne semblaient être là que parce que les hommes fantasment sur les lesbiennes et leur rôle était d'harceler sexuellement les autres personnages féminins. Ici, c'est traité avec respect et ce sont des personnages bien développés et pas des fantasmes vivants.
Pour ce qui est du dessin, le seul reproche que j'ai à faire, c'est que je trouve que les visages sont moins bien sur certaines cases.
Le lire et le relire pour mieux observer tous les détails. La simplicité du dessin, pas si simple si l´on regarde de près, nous donne toute l'ampleur et la qualité du trait.
L'histoire est très agréable à suivre et on se laisse glisser dans la peau des personnages.
Je recommande toute la série.
Très bon cru que ce " 7 Yakuzas" !
Niveau histoire, on est proche du cinéma de John Woo époque Chow Yun-fat : actions, flingues, fusillades, hémoglobines,...
Les sept protagonistes sont bien campés (spécialement le vieil oyabun), avec des séquences flashback qui permettent de découvrir la personnalité et motivation de chacun.
L'immersion est réussie, on ressent bien l'ambiance du Japon et le final est grandiose. Un régal!
Le dessin est parfois approximatif mais j'ai apprécié son côté sale, brouillon qui colle parfaitement à l'atmosphère tendue de l'intrigue.
A lire.
A l'origine quand j'ai découvert le tome 1 en 2006, mon impression a été de plonger dans un autre monde. Depuis cette impression ne s'est pas démentie.
Loisel et Tripp, dans un procédé créatif original et juste parfait, nous ont permis l'évasion en s'attachant à la vie somme toute assez ordinaire d'un village de la belle province dans les années 20.
Tout au long de la série nous suivons la vie de quelques habitants emblématiques de ce village. Il y a des acteurs principaux mais la force du récit c'est aussi l'importance qui est donnée aux personnages secondaires. Au fil des différents tomes de cette saga on en vient à vouloir de leurs nouvelles et ils sont présents apportant chacun à leur manière une pierre à l'édifice.
Depuis que je l'ai en ma possession cela fait deux ou trois fois que je relis cette histoire par petits bouts. Elle possède un rythme tranquille à mille lieux de notre monde qui en fait une lecture très plaisante.
Certains regrettent qu'elle s'éternise trop, sans aller jusque là c'est vrai que toute les bonnes choses ont une fin, aussi j'attends un dernier opus aussi magistral que le reste pour finir en beauté.
De la bonne et grande BD.
Majoration après lecture du tome 9 (Fin de la série)
Et bien voilà, huit années plus tard nous sommes rendus au terme de cette saga villageoise imaginée par Loisel et Tripp. Au bout du compte nous avons là un ensemble fort avec de nombreux personnages que nous avons aimé suivre. Leurs joies, leurs peines, leurs espoirs, les soucis de la vie quotidienne, leurs aspirations dans un pays et à une époque où les choses changeaient pour le pire ou le meilleur.
Cette série c'est aussi une ode aux différences, à l'émancipation d'une femme. La qualité première est que les auteurs ne nous assènent pas cela de manière brutale mais plutôt très subtilement, par petites touches.
L'ensemble est pour moi d'une cohérence parfaite, sans esbroufe mais rudement efficace. Je sais que je relirai cette série avec grand plaisir; alors oui certains tomes sont sans doute meilleurs que d'autres mais tous ensemble ils réussissent à créer un univers pour lequel les qualificatifs ne manquent pas.
Pour toutes ces raisons, ma note s'élève donc.
J'ai découvert cet album après Peaux rouges alors qu'il est paru avant, mais peu importe, c'est de toute façon dans la même veine. J'avais déjà pu admirer la force et la maîtrise parfaite de Serpieri sur ses récits parus dans la collection Histoire du Far West, et je savais que ces albums réédités avec soin par Mosquito ne pouvaient pas me décevoir ; celui-ci est peut-être mon préféré.
Visuellement, c'est donc toujours aussi magnifique ; Serpieri porte ici un regard anthropologique toujours dans un style très descriptif et utilisant des scénarios qui sont en fait des prétextes à sublimer les peuples d'Amérique du Nord, car ces 4 récits courts tentent une approche plus mystique, voire ésotérique de la culture indienne. Tous sont de qualité égale, et celui qui donne son titre à l'album est sans doute le plus représentatif de cette tendance. Le premier récit "Bâton de feu" illustre bien le rôle de l'Indien en harmonie avec la nature, c'est probablement le plus authentique.
Mis à part 1 récit en couleurs qui est quand même réussi dans sa colorisation (enfin, moi je m'en contente), les 3 autres prouvent encore la virtuosité de Serpieri dans sa représentation minutieuse et juste de ces peuples mythiques, avec leurs costumes, leurs parures et leur rôle social tribal, ainsi que sa passion pour eux. Même dans mes bouquins sérieux sur les Indiens des plaines où abondent les illustrations de peintres américains, je n'ai pas trouvé mieux. Sans compter que la composition des images est très efficace. Un album à posséder.
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Bobby Zombie
Le pari d’écrire et dessiner une série franchement drôle et divertissante sur les aléas d’un jeune zombie amoureux dans une école par strips de 6 cases formant une histoire complète et cohérente dans un format à l’italienne, ça vous dit ? C’est le pari réussi de Loran avec ce très injustement méconnu mais très chouette Bobby Zombie. Contrairement aux idées reçues et à quelques dessins gentiment trash, Bobby Zombie peut ne pas plaire aux parents qui s’en détourneront vite le regard pour attraper le dernier Titeuf à la place mais pourtant ce serait involontairement faire l’impasse sur une histoire rigolote aussi simple que maline et habile. Point de « réalisme » à la Walking Dead, Bobby est simplement un zombie effectuant sa première rentrée scolaire. Forcément il n’est plus très frais, sent le cadavre et a une mine aussi fraiche que qu’un vieux steak oublié sous le soleil de juillet. Un regard entre la jeune Cindy et lui scellent leur destin : Bobby en tombe aussi éperdument amoureux qu’elle est écœurée juste à l’idée de le voir ! Par chance, François-Xavier, un camarade de classe au QI surdimensionné (c’est lui qui le prétend), va le prendre sous son aile et en faire son ami. Mais comment faire pour s’intégrer avec les copains, séduire la belle de la classe et passer une après midi à la plage en toute quiétude lorsqu’on est mort ? Loran part de ce drôle de postulat pour écrire une œuvre unique en son genre, originale et drôle.. C’est effectivement gentiment trash avec quelques démembrements, la tête de Bobby reste rarement sur ses épaules et ses yeux exorbités se promènent un peu partout. Mais qu’il provoque le dégout (on y vomit souvent) ou l’empathie, Bobby n’oublie pas le principal : nous faire rire et sourire souvent, chacun des strips pouvant se lire indépendamment avec une chute qui lui est propre, le tout formant une histoire complète dont la fin est particulièrement bien trouvée ! La galerie de personnages secondaires est assez sympathique, de Cindy, enfant sage ayant toutes les particularités de la peste tête à claques à son père, savant fou, voulant mettre la main à tout prix sur un zombie pour en déceler l’immortalité sans oublier François-Xavier et Bobby le zombie, pas une minute de répit sur une histoire se lisant relativement rapidement mais sans baisse de rythme notable. Loran possède un trait tout en rondeurs rappelant un peu le style du fameux jeu vidéo « Plants vs. Zombies », simplifie les décors sans les oublier et colore son gaufrier de couleurs chaudes positives dont seul le vert pourri fade de Bobby contraste avec son environnement ! Le format à l’italienne est tout à fait adapté à la situation et devrait vous inspirer à quelques jours d’Halloween de vite lire et acquérir ce petit bijou sympathique et de lui redonner les lettres de noblesse qu’il mérite ! Du zombie, de l’amour, de la tolérance (si ), des origines de Bobby (si, si) et quelques vomis (si , si , si beuark !), tous en librairie pour Bobby Zombie ! :)
Conte démoniaque
Une BD dense et longue qui propose une descente en enfer, ni plus ni -surtout- moins. C'est la vision la plus crédible que j'ai pu voir de ce que pourrait être l'Enfer s'il existait et était habité par des monstruosités à base d'humains qui ne peuvent plus mourir : un lieu en constante évolution, pour le pire, où l'inventivité pour les tourments ne connaît pas de limite, où l'on vit juste assez pour faire souffrir et souffrir encore plus, où toute forme d'espoir est systématiquement sanctionnée. C'est une plongée vertigineuse et épique ; la trame en son coeur fait la part belle à la guerre sans héroïsme, où trahison est la règle, le gain de pouvoir le but de toutes ces âmes damnées. Baroque, puissant, haineux, sublime.
Jane, le renard & moi
Face à une BD, je regarde le dessin. Et le titre. Là, les deux m'ont attirée. Le titre est intriguant et poétique. Le dessin aussi est poétique. C'est un crayonné simple et riche à la fois, expressif, doux. Les instants positifs sont l'occasion d'irruption de couleurs, tendres ou vives, de foisonnement de formes et de feuillages, puis la grisaille du crayon reprend le dessus, avec juste ce qu'il faut de détails pour souligner à quel point le récit est réel. J'avais peur quand même, car c'est vraiment dur ce que peut vivre cette jeune fille, qui ne trouve pas sa place, qui perd ses repères d'enfance, et n'en trouve de nouveau que dans un livre auquel elle s'accroche désespérément. Mais pour le lecteur qui connait la fin du roman, lui, il y a peu d'espoir, et il y a eu des moments où j'ai eu envie de laisser tomber, de refermer l'album et de le reposer. Mais Hélène, elle, ne peut pas refermer sa vie, elle se retient à ce qu'elle peut, un instant de complicité avec sa mère, un détour dans un parc, et elle continue d'affronter le regard et les rires des autres sans trop savoir comment elle peut y survivre. Alors je ne peux pas la laisser, et je continue ma lecture, avec l'espoir que les cases vont s'illuminer de couleurs, que l'adolescence n'est pas toujours la fin de l'enfance, que je pourrai dire à d'autres "tu vas voir, ça finit bien".
Monogatari
Je l'ai lu en entier, dévoré avec passion. Certes ces histoires qui s'enchevêtrent sont un peu délicates à suivre, certes la galerie des personnages est fournie, mais rarement ai-je eu l'occasion de de découvrir tant de portraits charismatiques en si peu de pages. Et un index très bien fait permet de s'y retrouver à tout instant ; même s'il est vrai qu'il faut souvent faire des allers-retour pour bien saisir le rôle de chaque protagoniste, le jeu en vaut la chandelle. Cette densité est rafraîchissante à une époque où souvent les récits sont délayés pour des raisons mercantiles ; cela reste cependant lisible et digeste grâce au dynamisme des dessins et de la narration. La complexité des jeux d'alliance, l'humanité et la morale très variées et changeantes des personnages rendent une impression de justesse et de vraisemblance de ce que peuvent représenter les évènements relatés, tant pour l'Histoire d'une grande nation que pour une variété importante d'individualités.
L'été 63
Cette chronique estivale champêtre se révèle très séduisante et se veut à la fois une chronique paysanne et un petit drame sentimental et familial joliment conté, tout en finesse, sensibilité et tendresse, avec des personnages attachants. Le décor influe beaucoup sur ma lecture car ayant vécu souvent à la campagne, passé des vacances de gamin dans des conditions un peu semblables en Saintonge et autour de La Rochelle, j'ai appris à bien connaître la mentalité paysanne et à l'aimer malgré ses travers. La ruralité décrite ici est conforme à ce que j'ai connu, qu'elle soit d'Auvergne ou d'ailleurs, cette mentalité est quasiment immuable. Le Livradois-Forez est très joli, mais ce village de Saint-Roch me semble fictif, j'ai l'impression que Bourgne a imaginé ce lieu pour ne pas impliquer un vrai village ; il a seulement enrobé le tout dans un environnement réel puisqu'il parle de Sauxillanges et de Parentignat qui elles sont 2 communes réelles situées au sud-est de Clermont-Ferrand. Le scénario suit une route plutôt logique, on attend de voir comment Jeannot va adopter enfin cette demi-soeur vietnamienne, tout réside dans la façon dont ça va se produire. Peut-être que le récit aurait gagné en profondeur s'il avait été plus développé, avec des flash-backs sur l'enfance de Jeannot, son père absent etc... ce qui aurait donné un triptyque plus adéquat qu'un diptyque un peu court, sinon c'est un joli récit qui dispose d'une excellente restitution d'époque avec plein d'indices, d'allusions et d'éléments typés comme les voitures. Quant au dessin, c'est vraiment superbe, j'aime ce style graphique qui donne beaucoup de caractère au décor et aux personnages. Une lecture agréable au ton doux-amer qui repose la tête des Bd d'action ou fantastique.
Kashimashi - Girl meets Girl
Probablement le meilleur manga yuri que j'ai lu jusqu'à présent. Je trouve le ton des yuri parfois un peu trop sérieux alors qu'ici il y a des scènes sérieuses, mais aussi des moments de comédies qui font se détendre l'atmosphère. Le mélange prend bien et j'ai rigolé à plusieurs reprises. Un autre truc que j'ai aimé ce sont les personnages, particulièrement Hazumu, Tomari et Yasuna. Leurs sentiments sont très bien développés et je les trouve attachantes. Trop souvent j'ai vu des personnages lesbiens dans des anime ou manga qui ne semblaient être là que parce que les hommes fantasment sur les lesbiennes et leur rôle était d'harceler sexuellement les autres personnages féminins. Ici, c'est traité avec respect et ce sont des personnages bien développés et pas des fantasmes vivants. Pour ce qui est du dessin, le seul reproche que j'ai à faire, c'est que je trouve que les visages sont moins bien sur certaines cases.
Aldébaran
Le lire et le relire pour mieux observer tous les détails. La simplicité du dessin, pas si simple si l´on regarde de près, nous donne toute l'ampleur et la qualité du trait. L'histoire est très agréable à suivre et on se laisse glisser dans la peau des personnages. Je recommande toute la série.
Sept yakuzas
Très bon cru que ce " 7 Yakuzas" ! Niveau histoire, on est proche du cinéma de John Woo époque Chow Yun-fat : actions, flingues, fusillades, hémoglobines,... Les sept protagonistes sont bien campés (spécialement le vieil oyabun), avec des séquences flashback qui permettent de découvrir la personnalité et motivation de chacun. L'immersion est réussie, on ressent bien l'ambiance du Japon et le final est grandiose. Un régal! Le dessin est parfois approximatif mais j'ai apprécié son côté sale, brouillon qui colle parfaitement à l'atmosphère tendue de l'intrigue. A lire.
Magasin général
A l'origine quand j'ai découvert le tome 1 en 2006, mon impression a été de plonger dans un autre monde. Depuis cette impression ne s'est pas démentie. Loisel et Tripp, dans un procédé créatif original et juste parfait, nous ont permis l'évasion en s'attachant à la vie somme toute assez ordinaire d'un village de la belle province dans les années 20. Tout au long de la série nous suivons la vie de quelques habitants emblématiques de ce village. Il y a des acteurs principaux mais la force du récit c'est aussi l'importance qui est donnée aux personnages secondaires. Au fil des différents tomes de cette saga on en vient à vouloir de leurs nouvelles et ils sont présents apportant chacun à leur manière une pierre à l'édifice. Depuis que je l'ai en ma possession cela fait deux ou trois fois que je relis cette histoire par petits bouts. Elle possède un rythme tranquille à mille lieux de notre monde qui en fait une lecture très plaisante. Certains regrettent qu'elle s'éternise trop, sans aller jusque là c'est vrai que toute les bonnes choses ont une fin, aussi j'attends un dernier opus aussi magistral que le reste pour finir en beauté. De la bonne et grande BD. Majoration après lecture du tome 9 (Fin de la série) Et bien voilà, huit années plus tard nous sommes rendus au terme de cette saga villageoise imaginée par Loisel et Tripp. Au bout du compte nous avons là un ensemble fort avec de nombreux personnages que nous avons aimé suivre. Leurs joies, leurs peines, leurs espoirs, les soucis de la vie quotidienne, leurs aspirations dans un pays et à une époque où les choses changeaient pour le pire ou le meilleur. Cette série c'est aussi une ode aux différences, à l'émancipation d'une femme. La qualité première est que les auteurs ne nous assènent pas cela de manière brutale mais plutôt très subtilement, par petites touches. L'ensemble est pour moi d'une cohérence parfaite, sans esbroufe mais rudement efficace. Je sais que je relirai cette série avec grand plaisir; alors oui certains tomes sont sans doute meilleurs que d'autres mais tous ensemble ils réussissent à créer un univers pour lequel les qualificatifs ne manquent pas. Pour toutes ces raisons, ma note s'élève donc.
Chaman
J'ai découvert cet album après Peaux rouges alors qu'il est paru avant, mais peu importe, c'est de toute façon dans la même veine. J'avais déjà pu admirer la force et la maîtrise parfaite de Serpieri sur ses récits parus dans la collection Histoire du Far West, et je savais que ces albums réédités avec soin par Mosquito ne pouvaient pas me décevoir ; celui-ci est peut-être mon préféré. Visuellement, c'est donc toujours aussi magnifique ; Serpieri porte ici un regard anthropologique toujours dans un style très descriptif et utilisant des scénarios qui sont en fait des prétextes à sublimer les peuples d'Amérique du Nord, car ces 4 récits courts tentent une approche plus mystique, voire ésotérique de la culture indienne. Tous sont de qualité égale, et celui qui donne son titre à l'album est sans doute le plus représentatif de cette tendance. Le premier récit "Bâton de feu" illustre bien le rôle de l'Indien en harmonie avec la nature, c'est probablement le plus authentique. Mis à part 1 récit en couleurs qui est quand même réussi dans sa colorisation (enfin, moi je m'en contente), les 3 autres prouvent encore la virtuosité de Serpieri dans sa représentation minutieuse et juste de ces peuples mythiques, avec leurs costumes, leurs parures et leur rôle social tribal, ainsi que sa passion pour eux. Même dans mes bouquins sérieux sur les Indiens des plaines où abondent les illustrations de peintres américains, je n'ai pas trouvé mieux. Sans compter que la composition des images est très efficace. Un album à posséder.