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Couverture de la série Jacques Le Gall
Jacques Le Gall

Charlier et Mitacq ont d'abord et surtout commis, à partir de 1955, La Patrouille des Castors pour le magasine Spirou, une bande dessinée scoute pour enfants sages, qui fleure bon les années 1950… Puis les deux auteurs ont voulu produire des aventures un peu plus sombres, et surtout plus adolescentes, ce que ne permettaient pas les gentils scouts, même s'ils vieillissaient en devenant des pionniers (à partir du tome 15). Les deux auteurs ont donc profité de la naissance de Pilote (en 1959) pour créer, en parallèle, le personnage de Jacques Le Gall, sorte de grand pionnier rouquin et solitaire, jeune adulte adepte des longues randonnées pédestres en short, pataugas et sac à dos, toujours prêt à rendre service à son prochain, et à se plonger dans les ennuis par amour de la vérité et de la justice. Entre 1959 et 1966, il ne vivra que 6 aventures, mais elles dépassent en exotisme et en intensité celles des jeunes gens de la patrouille des Castors. Les deux auteurs sont alors au sommet de leur art. Mitacq, qui maîtrise à la perfection le style réaliste qu'il a développé dans La Patrouille des Castors, se livre dans les aventures de Jacques le Gall à un grand numéro, en particulier dans les trois albums qui sont réalisés au lavis, parce que la rédaction de Pilote estime que cette série “mineure” – par rapport à Astérix, Tanguy et Laverdure et Barbe-Rouge, excusez du peu… – ne vaut pas sa mise en couleurs ; du coup, le dessin est magnifique et chacune des planches est un petit chef d'œuvre. Mais si le style graphique de la série est si délié, c'est parce que, débordé par la nécessité de mener de front deux séries paraissant en épisodes à un rythme soutenu, son dessinateur officiel fait régulièrement appel à son ami René Follet, génial et discret illustrateur qui n'a alors que quelques épisodes des Belles Histoire de l'Oncle Paul à son actif, afin d'en réaliser les crayonnés. Jacques Le Gall y gagne un dynamisme et une élégance auxquels le trait un peu rigide de Mitacq n'aurait jamais pu prétendre. La griffe de Follet se reconnaît particulièrement dans les deux derniers épisodes, Le Secret des Templiers et Les naufrageurs qui portent très nettement la marque de ce grand monsieur. À cette époque, Jean-Michel Charlier est au mieux de sa forme. Il anime une bonne dizaine de séries en parallèle tout en coprésidant la naissance de Pilote. Pour Jacques le Gall, il fournit quelques uns des meilleurs scénarii de sa longue et prolifique carrière. Malheureusement, surchargé de travail et accaparé par ses nombreuses obligations, il ne parvient pas à suivre le rythme stakhanoviste de ses dessinateurs et les aventures de Jacques Le Gall cessent au bout de six albums. Il faut aussi admettre que ces histoires ne sont pas toutes du même niveau. La publication en album des aventures de Jacques Le Gall a été très tardive. Ils ont d'abord été repris en épisodes dans Le journal de Spirou à la fin des années 1970, puis publiés en album dans deux collections différentes et dans le désordre au début des années 1980, avant d'être présentés dans les volumes n°13 et 14 de la collection tout Mitacq à la fin des années 1990. L'habitude semble prise de séparer les trois épisodes en couleur des trois épisodes au lavis, sans respect pour la chronologie de parution initiale. Pour clarifier, je rétablis cet ordre chronologique. 1959Jacques Le Gall contre l’ombre 4 étoiles C'est l'album qui voit apparaître le personnage, d'apparence encore très juvénile. Jacques le Gall, perdu dans une sombre forêt par une nuit d'orage, découvre par hasard les activités crapuleuses d'un gang de trafiquants qui utilisent les ruines d'un château médiéval pour cacher leurs méfaits. L'histoire est classique et très datée, mais les ambiances de forêts pluvieuse, de ruines gothiques et de souterrains humides sont magnifiées par le lavis. 1961Le Lac de l’épouvante 5 étoiles Alors qu'il randonne dans les Alpes autrichiennes, Jacques Le Gall entre par hasard en possession d'une carte qui indique l'emplacement d'un trésor nazi. En pleine Guerre froide, agents secrets et anciens SS se mettent à ses trousses. Encore une histoire au lavis, avec des ambiances angoissantes, tant dans la nature grandiose et sauvage que dans Berlin à l'époque à le Mur est érigé. Magistral ! 1962-63L'œil de Kali suivi de La déesse noire 3 étoiles Héritier d'un fabuleux joyau, Jacques Le Gall se lance à la recherche du temple perdu de la déesse Kali. C'est déjà un défi, mais l'odyssée devient franchement périlleuse lorsqu'il s'agit de parcourir les Indes avec à ses trousses les forces de police, les étrangleurs thugs et des truands avides. Ce sont deux albums en couleur, bien réalisés, mais qui accumulent les clichés sur les Indes (cobras, éléphants, tigres, fakirs et autres maharadjas…) et constituent un récit très classique de “course-poursuite au trésor” (voir Tiger Joe, écrit aussi par Charlier, pour la version africaine, avec l'ivoire comme MacGuffin à la place des émeraudes). 1965Le Secret des Templiers 5 étoiles Le meilleur album de la série. À mon sens, c'est même l'un des meilleurs albums de la BD franço-belge classique. Alors qu'il est perdu la nuit sous la pluie (d'accord, Charlier ne se foule pas en matière d'entrée en matière… mais quand on aime la rando…), Jacques Le Gall sauve la vie d'un homme qui recherche le trésor disparu des templiers. Il décide de l'aider dans sa quête, mais les templiers, qui n'ont pas tous disparu sous Philippe le Bel, ne sont pas d'accord du tout… Dernier retour au lavis, le résultat est somptueux. On est à l'apogée de la bande dessinée classique, avant mai 68, quand on avait le droit de prendre au sérieux les récits d'aventure sans relativisme ni ironie. Et bon sang que c'est bon ! 1966 • Les Naufrageurs 3 étoiles Alors qu'il séjourne sur une île déserte de Méditerranée, Jacques Le Gall est témoin d'une baraterie. Il se lance aux trousses des truands, aidé par un jeune Africain dont le père a disparu. Un album en couleurs, dont les rebondissements, un peu trop rocambolesques ne convainquent guère malgré un rythme narratif soutenu. Mais c'est aussi l'album dans lequel le trait de René Follet est le plus évident. En résumé, les meilleurs albums sont ceux qui se déroulent dans une atmosphère glauque et grisâtre, sous la pluie et en en Europe continentale. Je conseille particulièrement la vieille édition en grand format, intitulée Premières aventures. Les vrais amateurs de bande dessinée classique devraient être comblés ! Personnellement, je ne vois pas pourquoi la nostalgie devrait être une maladie honteuse. Si vous préférez les œuvres plus modernes, fuyez… mais vous ne savez pas ce que vous perdez…

15/05/2016 (modifier)
Par gael
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Grand Méchant Renard
Le Grand Méchant Renard

que rajouter de plus? J'arrive après la bataille et tout a déjà été dit sur le contenu : un dessin expressif et dynamique, des contes d'enfance revisités avec humour et détachement et un happy end pour ce livre aux personnages animaliers. Mais c'est que j'ai simplement a-d-o-r-é! C'est bien simple : je l'ai déjà prêté et re-prêté, fait l'article auprès de mes fréquentations y compris aux réfractaires aux phylactères!! Ne courez pas chez votre libraire : précipitez vous y!!! note : 4.5/5

13/05/2016 (modifier)
Couverture de la série Le Fluink
Le Fluink

Comme tous les albums du duo d’Enfin Libre que j’ai lus (trois à ce jour), « Le Fluink » est une œuvre originale, surprenante, et très différente des autres productions de ces deux auteurs qui méritent le détour et qui développent des albums très ambitieux. Sur la forme tout d’abord. Cet album à l’italienne sort de l’ordinaire. Pas de case, mais deux bandes déroulantes parallèles, sur lesquelles se déroulent deux histoires s’entremêlant peu à peu. Deux mondes s’ignorent, se devinent, celui « du dessus » avec des patronymes en « az », celui « du dessous » avec des patronymes en « al ». Le premier s’interroge sur ce qui peut exister sous lui, le second cherche à monter des tours toujours plus hautes. S’il m’a fallu quelque temps pour « régler la mire » et trouver mon rythme de lecture avec ces deux histoires superposées, une fois ce souci réglé, j’ai été captivé par l’histoire – car en fait ce n’en est qu’une – de ces deux mondes, dans lesquels les intrigues de pouvoir, quelques dingueries, vont faire se rencontrer ce qui devait rester solitaire. La chute – dans tous les sens du terme d’ailleurs, est assez savoureuse, dans un humour noir proche des Idées Noires de Franquin. Ce qui rapproche aussi cet album de la série de Franquin, ce sont les dessins, qui jouent sur le Noir et Blanc (noir sur fond blanc en haut, blanc sur fond noir en bas). Des sortes d’ombres chinoises, parfois d’esquisses, mais le tout est très expressif ! Un dessin dynamique, qui suggère parfois, et qui fait la part belle à l’imagination – mais n’est-ce pas toute l’œuvre de Philippe Renaut et David Barou qui lui donne la parole ? L’histoire – ou les histoires donc – se lisent très bien, parfois ponctuées de citations (comme celles mises en exergue en quatrième de couverture). D’autres allusions donnent une touche comique, comme des jeux de mots faisant allusion au « Seigneur des anneaux », ou alors un personnage de savant qui s’énerve et parodie une célèbre crise du professeur Tournesol. Bref, un album à découvrir. Et dans la foulée, n’hésitez pas à jeter un coup d’œil sur les autres productions des mêmes auteurs (comme le très beau Le Songe de Siwel ou l’étonnant Grumf), vous serez (agréablement) surpris !

10/05/2016 (modifier)
Par PAco
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Sur les ailes du monde, Audubon
Sur les ailes du monde, Audubon

Qui ne connait pas Audubon ? Levez le doigt ! Mais si vous connaissez ! Allez jeter un œil sur internet et vous verrez que dès la première planche de ses dessins d’oiseaux vous allez vous écrier « Ah mais ouiiiiiiii !!! ». On connait tous ses illustrations, par contre, le personnage, beaucoup moins. C’est ce que propose de réparer cet album très réussi de Fabien Grolleau (scénario) et Jérémie Royer (dessin). Car ce dessinateur aventurier hors pair, n’en a pas eu une vie non moins exaltante ! Car cet homme né en France et parti s’installer aux Etats-Unis a voulu répertorier et peindre TOUS les oiseaux d’Amérique. Et pour se faire, il s’est engagé dans des voyages remarquables ; une véritable vie d’aventurier face à l’immensité de la tâche et de la sauvage Amérique du début du XIXe siècle. C’est à partir des propres écrits d’Audubon que Fabien Grolleau va construire son histoire et nous dresser le portrait de cet idéaliste qui ne vivra que pour aller au bout de son obsession et de son rêve. Si le récit qui nous est livré est le fruit de son imagination, il est plus qu’inspiré pour dégager l’essence de ce que fut la vie de ce personnage hors du commun. Son amour pour la nature, les oiseaux bien sûr, les espaces et les voyages, transpire des presque 180 pages qui composent cet album. J’ai été complètement happé par cette histoire, tant par le côté épique de sa vie que par la force qui anime le personnage. Ajoutez à cela le magnifique dessin de Jérémie Royer qui a su donner tout l’élan et la vie nécessaire à ce personnage débordant d’énergie. Si son trait peut paraître simple au premier abord, surtout pour ce qui est des personnages, il est d’une très grande expressivité. Et c’est surtout les ambiances qu’il transpose que j’ai adoré. Ses lumières dans ses paysages sont tout simplement magnifiques sur certaines planches et nous font ressentir ce qu’Audubon devait percevoir face à cette nature si riche et imposante pour lui insuffler ce brin de folie et cette volonté qui le mèneront à la postérité. Un album magique et lumineux sur un illuminé têtu amoureux des oiseaux et des grands espaces.

09/05/2016 (modifier)
Par Puma
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Rapport de Brodeck
Le Rapport de Brodeck

Qui aurait pu imaginer, après Le Retour à la terre avec scénario autobiographique bien sympa pour un dessin à deux balles, et Le Combat ordinaire avec pas davantage d'investissement graphique que la série précédente - soit le service minimum -, qui aurait pu croire donc, que Manu Larcenet au vu de ce qu'il avait produit, était aussi capable graphiquement tout simplement du meilleur ? Je n'aurais pas misé un demi-kopek sur cette éventualité. Et le miracle est bel est bien arrivé ! Quand cette BD est sortie en 2015, pour ma part, elle était tout simplement ma plus belle découverte et lecture de l'année. Que du noir et du blanc. Au point que le blanc devienne presqu'une couleur, que l'absence par le blanc devienne remplissage, comme le silence en musique qui parfois est encore la musique ! Et les personnages, ... des gueules incroyables, plus vraies qu'on puisse l'imaginer. Pour la plupart de celles de villageois, sombres, taciturnes, inquiétantes, voire mortifères. Pour les autres, un brun de jovialité point. L'histoire est plus que sombre, quasi noire totale, en parfait accord avec ce choix graphique du noir ou blanc. La maîtrise du noir ou blanc est parfaite, et Manu Larcenet rejoint ici, voire dépasse, les grands maîtres de cet art que sont Comès – Chabouté – M.-A. Matthieu Vivement le second volet qui devrait nous parvenir le mois prochain … et chapeau bas Monsieur Larcenet !

07/05/2016 (modifier)
Par abriko
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série La Suite de Skolem
La Suite de Skolem

Ayant lu la charte de la bédéthèque, je me signale en tant qu'ami, fan, et membre de Pirates Editions. Cher Sloane, pour le style rétro, il suffit de rencontrer Marek, cet être d'une autre planète, ou plutôt d'une autre époque ! Son dessin lui ressemble, classe, hors du temps, tourné vers l'émerveillement, la gentillesse incarnée. (Aux éditions Pirates, nous avons tous un badge, "I Kif Marek") Et ce classicisme est habilement compensé par l'intrigant scénario de J-françois Kierzkowski, dont on se demande à chaque page où il nous emmène ? Réponse(s) dans le second tome de ce diptyque, dont l'encre n'est pas encore tout à fait sèche (Sortie: Octobre 2016). Bonne lecture !

04/05/2016 (modifier)
Par Pierig
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Bots
Bots

C’est pas révolutionnaire, ça sent même un peu le déjà vu mais c’est terriblement prenant. La raison ? Une narration pas prise de tête, bien chapitrée, très dynamique et légère malgré qu’elle soit tissée sur une matrice en mode conflit mondial entre bots et sur fond de dernier homme à protéger. Ca fight un peu mais, finalement, c’est le côté humain de la quête des bots qui prend le dessus. Le dessin n’est pas en reste avec une inspiration puisée dans les comics, le format et la pagination de l’album renforçant ce sentiment. C’est très coloré aussi, ce qui rend les planches plus gaies et qui, du coup, dédramatise la situation. Une petite pépite de chez Ankama à prix tout doux.

04/05/2016 (modifier)
Par Jérem
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Cycle de Cyann
Le Cycle de Cyann

Le Cycle de Cyann est l'une de mes séries de science fiction préférées. Il aura fallu plus de vingt ans au perfectionniste François Bourgeon pour achever cette magnifique saga. J'ai découvert Cyann il y a plus de quinze ans quand seuls les deux premiers volumes étaient parus. Et ce fut une claque monumentale ! Les auteurs ont réussi à créer un univers remarquable... et néanmoins difficile d'accès. Le monde de Cyann est totalement exotique et d'une grande densité. L'action est rare au profit de la découverte de cette civilisation par le lecteur. Bourgeon soigne au maximum la mise en place de son histoire en détaillant le monde d'Ohl dans toute son incroyable complexité (faune, flore, religion, système politique, urbanisme, technologie, coutumes... et j'en passe tant c'est foisonnant). Certes on s'y perd un peu au début mais le scénario n'en est que plus passionnant au fur et mesure que le récit avance (et s'accélère notamment dans le deuxième volume). Les quatre tomes suivants, s'ils enrichissent davantage l'univers et achèvent la saga, ne sont pas tout à fait du même niveau que les deux premiers. Ils sont moins denses, moins riches, finalement peut être moins ambitieux. Cependant, je ne boude pas mon plaisir car ils restent tout de même très intéressants. Les personnages, nombreux, sont soignés et variés avec en point d'orgue Cyann qui, de petite peste aristocratique et capricieuse, va devenir une grande héroïne de space opera. Visuellement, c'est juste superbe ! Outre la qualité et le soin apportés aux dessins, c'est l'incroyable diversité de l'univers qui impressionne le plus. Le Cycle de Cyann est un monde unique à découvrir et une série majeure de la science fiction.

03/05/2016 (modifier)
Par Spooky
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Kheops
Kheops

Mais... Mais quelle belle surprise ! Je pensais qu'il s'agissait d'une série d'humour ayant pour cadre l'Egypte antique, à dominance gros nez, mais "Kheops", c'est plus que ça. En effet la trame de fond de l'histoire, à savoir la construction d'une pyramidependant le règne de Kheops, est le prétexte pour Augustin de distiller de nombreuses informations au sujet de cette société qui continue à fasciner et intriguer. d'ailleurs chaque gag est suivi par un "cartouche" comprenant des informations "véritables". C'est très bien vu, et permet d'être didactique tout en gardant l'esprit comique de l'histoire. Le dessin d'Augustin est donc assez typique de la BD franco-belge d'humour, mais il bénéficie d'une mise en scène dynamique et d'une mise en couleurs très agréable. L'ensemble vaut pour moi un 3,5/5,arrondi au demi supérieur en raison de l'adéquation habile entre gags et infos sérieuses.

03/05/2016 (modifier)
Par Jérem
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Je ne suis pas un homme
Je ne suis pas un homme

Ce manga est une vraie claque ! Usamura Furuya adapte librement un roman de 1948 de Osamu Dazai. Il replace son histoire dans le Japon contemporain. Autant le préciser tout de suite, Je ne suis pas un homme est extrêmement dur. On assiste avec effroi à la déchéance inéluctable d'un jeune homme qui avait pourtant tout pour réussir et être heureux. Son désespoir et son incapacité à comprendre les autres et à tisser des liens sincères avec eux (les femmes notamment) vont progressivement le faire basculer. Narré d'une main de maître, le récit est aussi noir que passionnant. La plongée dans l'âme torturée de Yôzô Ôba est une vraie réussite. L'auteur a su rendre toute la complexité de la personnalité de son (anti)héros. Visuellement, c'est remarquable. Le trait réaliste de Furuya accentue le ton très sombre de l'histoire. Le choix de publier le manga en grand format permet une meilleure perception de la grande qualité graphique de l'ouvrage Je ne suis pas un homme est un manga dérangeant, intense et complexe, à découvrir de toute urgence.

02/05/2016 (modifier)