Sambre, c’est tout d’abord une tragique histoire d’amour pendant la Seconde Révolution Française. On nage en plein romantisme. Le fils d'une famille bourgeoise et rural du XIXème siècle va tomber amoureux d'une jeune vagabonde aux yeux rouges. La famille va tenter de s'opposer à cette union. Le destin également. La famille de Sambre va être très marquée par les événements historiques liés à la Révolution de 1948.
Le premier album date de 1986. Le dernier en date est de 2016, c’est le 7ème volume près de 30 ans après. Sambre a marqué la bd car dans les années 80, la bd n’avait essentiellement qu’une fonction divertissante. Le dessin en noir et blanc avec ce coloris de rouge et ce souci du réalisme donne une superbe impression de jamais vu dans la BD moderne. Une mise en couleur en adéquation avec une histoire d'amour impossible. On est très loin de la ligne claire si chère à de nombreux lecteurs avec ses tons joyeux. Sambre dénote totalement avec des tons sombres et un auteur qui joue avec les ombres et les lumières sans compter sur le rouge et le noir pour faire écho à l’œuvre de Stendhal.
Sambre s’inspire des romans fleuves du XIXème siècle. Le récit se déroule d’ailleurs sur plusieurs années. Il y aura plusieurs générations des membres de la même famille. Le thème sera celui de l’héritage et de la malédiction. Pour la première fois, nous avons également des personnages qui ont une psychologie propre assez approfondie. Sambre a marqué l’histoire de la bande dessinée tel que nous la connaissons.
L’œuvre est axée sur une histoire de famille avec des personnages qui recherchent leurs origines afin de percer le mystère. On va découvrir un romantisme noir et occulte avec toute la complexité du XIXème siècle. Il y a d’ailleurs une forte portée symbolique.
J’ai littéralement adoré cette superbe fresque romantique. Sambre est un véritable monument de la bd ! Des couvertures également magnifiques. Une série culte assurément ! Je suis véritablement rempli d’admiration tant pour le graphisme exceptionnel que pour l’atmosphère dégagée de cette triste histoire d’amour. Une vraie merveille qui se lit comme un roman de Zola.
Note Dessin : 5/5 – Note Scénario : 4.5/5 – Note Globale : 4.75/5
Depuis plusieurs années, j'achète les yeux fermés les ouvrages de mon compatriote breton, Emmanuel Lepage.
Ses derniers ouvrages Voyage aux îles de la Désolation, La Lune est blanche et Un printemps à Tchernobyl font partie des ouvrages que je lis et surtout que je relis, gage d'une qualité certaine, quasiment tout les ans. Car Emmanuel Lepage, avec le temps, nous offre plus qu'une bande dessinée mais de véritables tableaux à chaque vignette, ce qui se vérifie avec le présent album.
Avec " les voyages d'Ulysse", c'est une véritable invitation au voyage, au sens de Baudelaire, que nous offre Lepage. Finies les aventures autobiographiques ici, mais place aux aventures de Toulet, un des personnage aperçus dans "Les Voyages d'Anna", paru il y a plusieurs années chez Daniel Maghen (2005)-qui fera l'objet d'une réédition en novembre 2016- . D'ailleurs, je m'interroge sur le choix du nom de Toulet, (non le peintre mais le poète) auteur des "Contrerimes" , aventurier, marin ayant navigué jusqu'à l’extrême Orient, poète et écrivain qui, de Jean d'Ormesson à Jean Dutourd en passant par Jacqueline de Romilly, n'a de cesse de nous rappeler à nous ses souvenirs.
"Les voyages d'Ulysse" nous offrent un formidable voyage maritime mais aussi un merveilleux voyage dans le temps. En mêlant habilement l'Odyssée d'Homère et le parcours de Salomé, Lepage nous livre là un véritable chef d’œuvre aussi bien scénaristique que graphique. En intégrant dans son récit certaines planches de Follet (auteur que j'adore, mais malheureusement trop méconnu), Lepage compose ainsi un album d'une élégance rare : hommage aux textes fondateurs grecs, hommage aux dessinateurs plus âgés (Follet), le tout servi sur un scénario d'une beauté fatale.
Cet album est certainement un des albums incontournables de cette année, aussi bien par son ampleur que pour sa qualité graphique.
Pour l’anecdote, ma fille commence cette année en fac, en lettres modernes à la Sorbonne, et Homère est évidemment au programme. Je compte lui prêter cet album de Lepage, qui ne manque pas de faire référence à Homère, que ce soit au niveau graphique comme à travers les pages de l'Odyssée distillées ici ou là sur les pages de cette bande dessinée.
Ne tournons pas autour du pot : ces Voyages d'Ulysse sont un pur chef d'œuvre !
Emmanuel Lepage est un auteur de bandes dessinées, voyageur et un peu aventurier, qui nous a déjà régalé avec le récit de ses navigations dans les mers australes (Voyage aux îles de la Désolation et La Lune est blanche), ainsi que dans les territoires interdits d'Ukraine (Un printemps à Tchernobyl). Ici, il revient à la fiction, et met en images sa version de l'Odyssée.
Un jeune peintre, Jules Toulet, erre sur les rives du Bosphore. Il fait la connaissance de Salomé, capitaine de l'Odysseus qui l'entraîne dans une étrange quête. Il s'agit de retrouver Ammôn Kasacz, un peintre dont la spécialité est la représentation de la Grèce antique, dont on a perdu la trace. Au fil de cette aventure, qui les entraîne à travers la Méditerranée, de Byzance aux Colonnes d'Hercule et d'Alexandrie à Ithaque, Salomé explique peu à peu pourquoi Ammôn Kasacz lui tient tant à cœur.
L'histoire est diablement prenante et se lit d'un trait. Le voyage au présent est entrecoupé de longs flashbacks éclairant le passé de la belle Salomé, femme libérée avant l'heure, éprise de l'Odyssée, grande voyageuse, et véritable héroïne de ce récit. Au final, son destin devient une belle leçon de vie.
L'attrait de cet album tient aussi dans la qualité des dessins, que dis-je des dessins ? des peintures !
Il y a l'immense talent d'Emmanuel Lepage, qui excelle dans la représentation des paysages de Méditerranée, des navires dans la tempête ou de la foule bigarrée des ports. Jules Toulet, le peintre qui voyage pour croquer la nouveauté et l'exotisme sur le vif, est son double de fiction. On sent que Lepage aurait aimé fouler le pont de l'Odysseus et parcourir les rues étroites des ports méditerranées au temps de la navigation à voile.
Mais le coup de génie, c'est de s'être associé avec le très grand René Follet, l'un des plus grand illustrateurs du neuvième art. C'est lui qui prête sa patte inimitable et immédiatement reconnaissable au vieil Ammôn Kasacz, le peintre qui rêve d'odyssées et de mythes antiques.
Le résultat est flamboyant, un ravissement pour les yeux tout au long de 219 planches ! Il n'y en a pas une que l'on n'aimerait pas encadrer…
Comme à leur habitude, les éditions Daniel Maghen se montrent à la hauteur pour donner un écrin digne au travail exceptionnel des auteurs. Un fort beau livre, solidement relié, avec quelques calques qui reproduisent des passages de L'Odyssée d'Homère, et un cahier graphique reproduisant les carnets de Ammôn Kasacz / René Follet.
Je crois que je tiens en mains l'album de l'année !
Mon avis rejoindra celui d’Erik. Cet album est extrêmement instructif mais encore plus touchant, drôle et humain.
Le parcours du combattant mené par Emma et Guillaume est vu au travers du regard de celui-ci. Cela nous change de ces nombreux albums consacrés à l’enfantement et souvent décrits avec un regard féminin. Mais ici, le « coupable », c’est lui et Guillaume l’assume comme il peut, avec courage et fragilité.
Les apparitions de l’alter égo du professeur Burps cher à Gotlib apportent une touche de délire bienvenu dans ce récit poignant mais jamais larmoyant.
Le dessin est simple mais efficace pour ce genre de docu-reportage en bd. Un trait caricatural bien typé et expressif qui nous permet de rentrer dans ce récit sans être trop distrait par des décors léchés ou des mises en page spectaculaires.
Franchement humain, poignant et instructif.
Ouaw ! Quelle claque visuelle ! De celles qui laissent des traces.
Alors que Larcenet réservait plutôt ses "noirceurs" à sa maison d'éditions des Rêveurs, il en distille aussi de plus en plus chez Dargaud, comme on avait pu le découvrir avec l'excellent, le brillant Blast.
C'est bien évidemment à Blast que j'ai pensé en lisant cet album. D'abord pour le dessin, superbe, tout en esquisses parfois, mais aussi d'une netteté quasi cristalline, qui m'a rappelé certains passages où Polza se baladait en forêt.
Et, là aussi le Noir et Blanc est franchement superbement utilisé, et très à propos, collant à la peau d'une histoire déroulant toutes les nuances du Noir au Gris.
C'est une sorte de reconstruction, de l'histoire d'un village, d'un meurtre collectif, mais aussi peut-être d'un homme, Brodeck, hanté par des peurs, des cauchemars.
Sans que cela soit précisément situé, on devine une région d'Europe centrale, peu après la guerre (la "Seconde") et ses horreurs, Brodeck ayant échappé aux tueries des camps en abandonnant son humanité : c'est cette humanité qu'il reconstitue peu à peu, sur le papier en même temps que dans sa tête - j'allais dire dans sa quête.
C'est un album épais, qui se lit vite, car de nombreuses cases sont muettes, mais sur lequel on revient. De plus, Larcenet prend son temps, et l'ambiance noire est traversée de longs passages bucoliques, qui étirent le temps.
Album à lire, vraiment.
*************
MAJ après lecture du second tome.
L'indicible, qui donne son titre à ce second tome, cette parole difficile à libérer pour ceux qui gardent un lourd secret, mais aussi pour ceux qui n'ont plus foi dans les mots, eh bien Larcenet a réussi à la rendre tangible. Avec une économie de mots, il conclut brillamment cette histoire déchirante, qui révèle des hommes en jetant un voile sur l'humanité.
C'est très noir, mais c'est très beau ! Et je ne parle pas ici que du texte (il faudrait aussi inclure les silences !), mais aussi du dessin, qui est pour beaucoup dans le côté bouleversant de cette œuvre.
Pas grand chose à ajouter donc, si ce n'est une cinquième étoile. Comme pour Blast, ce pan nouveau de l'œuvre de Larcenet marquera tous ses lecteurs.
À coucher dehors est un des très bons albums de la rentrée, avec un propos pertinent et des personnages très humains.
Amédée et ses copains de galère, Prie-Dieu et La Merguez, vivent sous les ponts dans des tentes “2 secondes” crasseuses. Ils font taches sur les quais de Seine, alors les autorités rêvent de les délocaliser loin du regard des touristes…
Alors que la police s'apprête à les embarquer, Amédée apprend fort opportunément qu'il hérite d'une vieille tante, laquelle lui lègue un pavillon de banlieue. Sauvé de la rue ? voire… car en prime, il doit s'occuper du jeune Nicolas, trisomique passionné par l'espace et admirateur compulsif de Youri Gagarine !
Aurélien Ducoudray est un scénariste touche-à-tout et multigenre (Clichés de Bosnie, Bob Morane Renaissance, Mobutu dans l'espace…). Avec À coucher dehors, il écrit un récit solide, d'apparence simple, mais qui multiple les rebondissements, s'achève sur un bel effet de suspense et laisse traîner quelques interrogations qui donnent furieusement envie de lire la suite.
Surtout, il invente une galerie de personnages attachants, très humains, à la fois compatissants et égoïstes, raisonnables et immatures. Des gens presque ordinaires, que l'on pourrait croiser quotidiennement, mais avec un brin de folie qui leur confère un supplément d'âme romanesque. Ducoudray leur invente ce qu'il faut d'exagération et de cliché pour les rendre intéressants, et il les dépeint avec beaucoup de tendresse, même quand ils incarnent la laideur du monde (l'huissier-commissaire priseur, le flic…).
Peut-être qu'avec des auteurs comme Lupano, il est en train d'inventer la « bande dessinée sociale ». Un ton adulte, mais sans prétention, léger et grave. Ou l'inverse.
Une petite remarque, pour Erik, qui dit préférer Neil Armstrong à Youri Gagarine : le cosmonaute était incontestablement instrumentalisé par la propagande de PCUS, mais son exploit et ses discours ont fait rêver toute une génération ; le voyage vers la Lune d'Armstrong était la réponse du camp capitaliste, tout aussi prompt à dégainer l'idéologie derrière le rêve… Alors Gagarine, pourquoi pas ? Nicolas ne me fait pas l'effet d'être un grand idéologue politique, mais dans sa bouche, les paroles du premier cosmonaute prennent des airs de poésie.
Le dessin léché et expressif d'Anlor, déjà complice de Ducoudray sur l'excellent Amère Russie, participe grandement au charme de cet album. J'aime bien son approche réaliste, avec une pointe de caricature assumée qui donne un vrai caractère aux personnages. Anne-Laure est une auteure qui conquiert ses lettres de noblesse au fil des albums, et devient une des grandes signatures du neuvième art, à suivre absolument.
Je recommande donc chaudement ce premier volume d'un diptyque dont j'attends d'ores et déjà la suite avec impatience.
Enfin j'ai pu lire une histoire tirée de l'univers d'Astro City, une série que plusieurs considère comme le chef-d'oeuvre de Kurt Busiek.
Cet arc met en vedette un ancien super-vilain qui essaie de mener une vie normale après être sorti de prison et qui va se retrouver à enquêter sur le meurtre de plusieurs vilains. C'est vrai que ça peut faire penser à Watchmen. Le récit est lent et Busiek prend son temps pour développer la psychologie des personnages. Le fait qu'on voit surtout des super-vilains rend le scénario assez original. L'histoire est prenante et intelligente et les personnages sont attachants.
Un bon album qui me donne envie de lire le reste de la série.
Encore une série incroyable d'Alan Moore. En même temps mon objectivité n'est peut être pas à son maximum avec cet auteur que j'adore.
Je ne met pas culte pour cet album car la partie se déroulant dans le monde d'origine de Smax m'a un peu "perturbé" notamment au niveau du graphisme qui pourtant colle bien au côté barré de l'histoire. La première partie sur l'enquête et les début de notre héroïne se dévore d'autant plus que le dessin sied à merveille à l'histoire
Une oeuvre à découvrir absolument
Excellent premier tome pour cette trilogie.
S'il sert surtout à mettre en place l'intrigue et les personnages avançant à un rythme plutôt "lent", le scénario laisse découvrir assez d'éléments pour attiser notre curiosité tout en laissant assez de zones d'ombres afin de nous laisser sur notre faim.
Le dessin sied particulièrement bien à l’œuvre et je trouve le choix des couleurs très approprié.
Un très bon tome qui j'espère augure une très bonne série
A suivre
La culture populaire a toujours eu une espèce de fascination pour les grands génies polymathes, souvent en réinterprétant leur biographie dans des histoires de genre : Léonard de Vinci dans la bande-dessinée La Licorne, Archimède et ses fameux miroirs ardents lors du siège de Syracuse par exemple, ou Tesla déjà et la téléportation dans Le Prestige de Christopher Priest.
Alors lorsque ces fictions s’intéressent aux grands savants d'entre deux guerres cela donne un récit uchronique qu’on qualifie de dieselpunk. À la lecture des Trois Fantômes de Tesla j’ai eu en tête la série Les Divisions de Fer de Jean-Luc Sala où cette fois-ci c’est Albert Einstein le point de divergence uchronique, comme dans la série de jeu vidéo Command & Conquer : Alerte Rouge. Et ces scaphandriers à la technologie avancée m’ont drôlement fait penser aux Big Daddies du jeu vidéo steampunk BioShock.
Des références très cool au service d’un récit mêlant enquête policière, la peur rouge et la course aux armements sur fond de seconde guerre mondiale en attente.
Souvent dans le genre lorsque le personnage principal est à peine sortie de l’enfance, on range ces histoires dans la catégorie « récit pour jeunesse ». Mais pour les Trois Fantômes de Tesla c’est le même principe que pour Le Château des étoiles d’Alex Alice avec ses héros Séraphin, Sophie et Hans, c’est tous public du moment que l’on est attiré par le merveilleux et l’imaginaire. D’ailleurs ce petit Travis Cooley possède un air de famille avec Séraphin Dulac, physiquement mais également pour son attrait envers les sciences, à se demander si ce n’est pas un clin d’œil des auteurs pour remercier Alex Alice de les avoir accueilli lors de leur passage à New York.
L’occasion d’en venir à Guilhem dont je suis fort ravi de découvrir le trait. C’est fin, style semi-réaliste, presque maniaque du détail tellement cela fourmille d’éléments au troisième plan. Vraiment moi je m’incline et je dis merci, c’est tout ce que j’aime dans la bd. Et que dire de cette étincelante illustration de couverture, formidable hommage aux films de science-fiction des années 40-50. En tout cas moi j’ai pensé aux Survivants de l’infini même si les auteurs ont évoqué L’énigme de l’Atlantide d’Edgar P. Jacobs. Enfin, je ne suis pas suffisamment technicien pour juger mais j’ai trouvé une excellente synergie entre le dessin de Guilhem et les couleurs lumineuses de Marazano qui apportent un plus indéniable.
Un album à l’esthétique attrayante, une récit tonitruant qui éclatera petits et grands, vivement la suite et les méchas japonais !
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Sambre
Sambre, c’est tout d’abord une tragique histoire d’amour pendant la Seconde Révolution Française. On nage en plein romantisme. Le fils d'une famille bourgeoise et rural du XIXème siècle va tomber amoureux d'une jeune vagabonde aux yeux rouges. La famille va tenter de s'opposer à cette union. Le destin également. La famille de Sambre va être très marquée par les événements historiques liés à la Révolution de 1948. Le premier album date de 1986. Le dernier en date est de 2016, c’est le 7ème volume près de 30 ans après. Sambre a marqué la bd car dans les années 80, la bd n’avait essentiellement qu’une fonction divertissante. Le dessin en noir et blanc avec ce coloris de rouge et ce souci du réalisme donne une superbe impression de jamais vu dans la BD moderne. Une mise en couleur en adéquation avec une histoire d'amour impossible. On est très loin de la ligne claire si chère à de nombreux lecteurs avec ses tons joyeux. Sambre dénote totalement avec des tons sombres et un auteur qui joue avec les ombres et les lumières sans compter sur le rouge et le noir pour faire écho à l’œuvre de Stendhal. Sambre s’inspire des romans fleuves du XIXème siècle. Le récit se déroule d’ailleurs sur plusieurs années. Il y aura plusieurs générations des membres de la même famille. Le thème sera celui de l’héritage et de la malédiction. Pour la première fois, nous avons également des personnages qui ont une psychologie propre assez approfondie. Sambre a marqué l’histoire de la bande dessinée tel que nous la connaissons. L’œuvre est axée sur une histoire de famille avec des personnages qui recherchent leurs origines afin de percer le mystère. On va découvrir un romantisme noir et occulte avec toute la complexité du XIXème siècle. Il y a d’ailleurs une forte portée symbolique. J’ai littéralement adoré cette superbe fresque romantique. Sambre est un véritable monument de la bd ! Des couvertures également magnifiques. Une série culte assurément ! Je suis véritablement rempli d’admiration tant pour le graphisme exceptionnel que pour l’atmosphère dégagée de cette triste histoire d’amour. Une vraie merveille qui se lit comme un roman de Zola. Note Dessin : 5/5 – Note Scénario : 4.5/5 – Note Globale : 4.75/5
Les Voyages d'Ulysse
Depuis plusieurs années, j'achète les yeux fermés les ouvrages de mon compatriote breton, Emmanuel Lepage. Ses derniers ouvrages Voyage aux îles de la Désolation, La Lune est blanche et Un printemps à Tchernobyl font partie des ouvrages que je lis et surtout que je relis, gage d'une qualité certaine, quasiment tout les ans. Car Emmanuel Lepage, avec le temps, nous offre plus qu'une bande dessinée mais de véritables tableaux à chaque vignette, ce qui se vérifie avec le présent album. Avec " les voyages d'Ulysse", c'est une véritable invitation au voyage, au sens de Baudelaire, que nous offre Lepage. Finies les aventures autobiographiques ici, mais place aux aventures de Toulet, un des personnage aperçus dans "Les Voyages d'Anna", paru il y a plusieurs années chez Daniel Maghen (2005)-qui fera l'objet d'une réédition en novembre 2016- . D'ailleurs, je m'interroge sur le choix du nom de Toulet, (non le peintre mais le poète) auteur des "Contrerimes" , aventurier, marin ayant navigué jusqu'à l’extrême Orient, poète et écrivain qui, de Jean d'Ormesson à Jean Dutourd en passant par Jacqueline de Romilly, n'a de cesse de nous rappeler à nous ses souvenirs. "Les voyages d'Ulysse" nous offrent un formidable voyage maritime mais aussi un merveilleux voyage dans le temps. En mêlant habilement l'Odyssée d'Homère et le parcours de Salomé, Lepage nous livre là un véritable chef d’œuvre aussi bien scénaristique que graphique. En intégrant dans son récit certaines planches de Follet (auteur que j'adore, mais malheureusement trop méconnu), Lepage compose ainsi un album d'une élégance rare : hommage aux textes fondateurs grecs, hommage aux dessinateurs plus âgés (Follet), le tout servi sur un scénario d'une beauté fatale. Cet album est certainement un des albums incontournables de cette année, aussi bien par son ampleur que pour sa qualité graphique. Pour l’anecdote, ma fille commence cette année en fac, en lettres modernes à la Sorbonne, et Homère est évidemment au programme. Je compte lui prêter cet album de Lepage, qui ne manque pas de faire référence à Homère, que ce soit au niveau graphique comme à travers les pages de l'Odyssée distillées ici ou là sur les pages de cette bande dessinée.
Les Voyages d'Ulysse
Ne tournons pas autour du pot : ces Voyages d'Ulysse sont un pur chef d'œuvre ! Emmanuel Lepage est un auteur de bandes dessinées, voyageur et un peu aventurier, qui nous a déjà régalé avec le récit de ses navigations dans les mers australes (Voyage aux îles de la Désolation et La Lune est blanche), ainsi que dans les territoires interdits d'Ukraine (Un printemps à Tchernobyl). Ici, il revient à la fiction, et met en images sa version de l'Odyssée. Un jeune peintre, Jules Toulet, erre sur les rives du Bosphore. Il fait la connaissance de Salomé, capitaine de l'Odysseus qui l'entraîne dans une étrange quête. Il s'agit de retrouver Ammôn Kasacz, un peintre dont la spécialité est la représentation de la Grèce antique, dont on a perdu la trace. Au fil de cette aventure, qui les entraîne à travers la Méditerranée, de Byzance aux Colonnes d'Hercule et d'Alexandrie à Ithaque, Salomé explique peu à peu pourquoi Ammôn Kasacz lui tient tant à cœur. L'histoire est diablement prenante et se lit d'un trait. Le voyage au présent est entrecoupé de longs flashbacks éclairant le passé de la belle Salomé, femme libérée avant l'heure, éprise de l'Odyssée, grande voyageuse, et véritable héroïne de ce récit. Au final, son destin devient une belle leçon de vie. L'attrait de cet album tient aussi dans la qualité des dessins, que dis-je des dessins ? des peintures ! Il y a l'immense talent d'Emmanuel Lepage, qui excelle dans la représentation des paysages de Méditerranée, des navires dans la tempête ou de la foule bigarrée des ports. Jules Toulet, le peintre qui voyage pour croquer la nouveauté et l'exotisme sur le vif, est son double de fiction. On sent que Lepage aurait aimé fouler le pont de l'Odysseus et parcourir les rues étroites des ports méditerranées au temps de la navigation à voile. Mais le coup de génie, c'est de s'être associé avec le très grand René Follet, l'un des plus grand illustrateurs du neuvième art. C'est lui qui prête sa patte inimitable et immédiatement reconnaissable au vieil Ammôn Kasacz, le peintre qui rêve d'odyssées et de mythes antiques. Le résultat est flamboyant, un ravissement pour les yeux tout au long de 219 planches ! Il n'y en a pas une que l'on n'aimerait pas encadrer… Comme à leur habitude, les éditions Daniel Maghen se montrent à la hauteur pour donner un écrin digne au travail exceptionnel des auteurs. Un fort beau livre, solidement relié, avec quelques calques qui reproduisent des passages de L'Odyssée d'Homère, et un cahier graphique reproduisant les carnets de Ammôn Kasacz / René Follet. Je crois que je tiens en mains l'album de l'année !
De père en FIV
Mon avis rejoindra celui d’Erik. Cet album est extrêmement instructif mais encore plus touchant, drôle et humain. Le parcours du combattant mené par Emma et Guillaume est vu au travers du regard de celui-ci. Cela nous change de ces nombreux albums consacrés à l’enfantement et souvent décrits avec un regard féminin. Mais ici, le « coupable », c’est lui et Guillaume l’assume comme il peut, avec courage et fragilité. Les apparitions de l’alter égo du professeur Burps cher à Gotlib apportent une touche de délire bienvenu dans ce récit poignant mais jamais larmoyant. Le dessin est simple mais efficace pour ce genre de docu-reportage en bd. Un trait caricatural bien typé et expressif qui nous permet de rentrer dans ce récit sans être trop distrait par des décors léchés ou des mises en page spectaculaires. Franchement humain, poignant et instructif.
Le Rapport de Brodeck
Ouaw ! Quelle claque visuelle ! De celles qui laissent des traces. Alors que Larcenet réservait plutôt ses "noirceurs" à sa maison d'éditions des Rêveurs, il en distille aussi de plus en plus chez Dargaud, comme on avait pu le découvrir avec l'excellent, le brillant Blast. C'est bien évidemment à Blast que j'ai pensé en lisant cet album. D'abord pour le dessin, superbe, tout en esquisses parfois, mais aussi d'une netteté quasi cristalline, qui m'a rappelé certains passages où Polza se baladait en forêt. Et, là aussi le Noir et Blanc est franchement superbement utilisé, et très à propos, collant à la peau d'une histoire déroulant toutes les nuances du Noir au Gris. C'est une sorte de reconstruction, de l'histoire d'un village, d'un meurtre collectif, mais aussi peut-être d'un homme, Brodeck, hanté par des peurs, des cauchemars. Sans que cela soit précisément situé, on devine une région d'Europe centrale, peu après la guerre (la "Seconde") et ses horreurs, Brodeck ayant échappé aux tueries des camps en abandonnant son humanité : c'est cette humanité qu'il reconstitue peu à peu, sur le papier en même temps que dans sa tête - j'allais dire dans sa quête. C'est un album épais, qui se lit vite, car de nombreuses cases sont muettes, mais sur lequel on revient. De plus, Larcenet prend son temps, et l'ambiance noire est traversée de longs passages bucoliques, qui étirent le temps. Album à lire, vraiment. ************* MAJ après lecture du second tome. L'indicible, qui donne son titre à ce second tome, cette parole difficile à libérer pour ceux qui gardent un lourd secret, mais aussi pour ceux qui n'ont plus foi dans les mots, eh bien Larcenet a réussi à la rendre tangible. Avec une économie de mots, il conclut brillamment cette histoire déchirante, qui révèle des hommes en jetant un voile sur l'humanité. C'est très noir, mais c'est très beau ! Et je ne parle pas ici que du texte (il faudrait aussi inclure les silences !), mais aussi du dessin, qui est pour beaucoup dans le côté bouleversant de cette œuvre. Pas grand chose à ajouter donc, si ce n'est une cinquième étoile. Comme pour Blast, ce pan nouveau de l'œuvre de Larcenet marquera tous ses lecteurs.
À coucher dehors
À coucher dehors est un des très bons albums de la rentrée, avec un propos pertinent et des personnages très humains. Amédée et ses copains de galère, Prie-Dieu et La Merguez, vivent sous les ponts dans des tentes “2 secondes” crasseuses. Ils font taches sur les quais de Seine, alors les autorités rêvent de les délocaliser loin du regard des touristes… Alors que la police s'apprête à les embarquer, Amédée apprend fort opportunément qu'il hérite d'une vieille tante, laquelle lui lègue un pavillon de banlieue. Sauvé de la rue ? voire… car en prime, il doit s'occuper du jeune Nicolas, trisomique passionné par l'espace et admirateur compulsif de Youri Gagarine ! Aurélien Ducoudray est un scénariste touche-à-tout et multigenre (Clichés de Bosnie, Bob Morane Renaissance, Mobutu dans l'espace…). Avec À coucher dehors, il écrit un récit solide, d'apparence simple, mais qui multiple les rebondissements, s'achève sur un bel effet de suspense et laisse traîner quelques interrogations qui donnent furieusement envie de lire la suite. Surtout, il invente une galerie de personnages attachants, très humains, à la fois compatissants et égoïstes, raisonnables et immatures. Des gens presque ordinaires, que l'on pourrait croiser quotidiennement, mais avec un brin de folie qui leur confère un supplément d'âme romanesque. Ducoudray leur invente ce qu'il faut d'exagération et de cliché pour les rendre intéressants, et il les dépeint avec beaucoup de tendresse, même quand ils incarnent la laideur du monde (l'huissier-commissaire priseur, le flic…). Peut-être qu'avec des auteurs comme Lupano, il est en train d'inventer la « bande dessinée sociale ». Un ton adulte, mais sans prétention, léger et grave. Ou l'inverse. Une petite remarque, pour Erik, qui dit préférer Neil Armstrong à Youri Gagarine : le cosmonaute était incontestablement instrumentalisé par la propagande de PCUS, mais son exploit et ses discours ont fait rêver toute une génération ; le voyage vers la Lune d'Armstrong était la réponse du camp capitaliste, tout aussi prompt à dégainer l'idéologie derrière le rêve… Alors Gagarine, pourquoi pas ? Nicolas ne me fait pas l'effet d'être un grand idéologue politique, mais dans sa bouche, les paroles du premier cosmonaute prennent des airs de poésie. Le dessin léché et expressif d'Anlor, déjà complice de Ducoudray sur l'excellent Amère Russie, participe grandement au charme de cet album. J'aime bien son approche réaliste, avec une pointe de caricature assumée qui donne un vrai caractère aux personnages. Anne-Laure est une auteure qui conquiert ses lettres de noblesse au fil des albums, et devient une des grandes signatures du neuvième art, à suivre absolument. Je recommande donc chaudement ce premier volume d'un diptyque dont j'attends d'ores et déjà la suite avec impatience.
Astro City - Des ailes de plomb
Enfin j'ai pu lire une histoire tirée de l'univers d'Astro City, une série que plusieurs considère comme le chef-d'oeuvre de Kurt Busiek. Cet arc met en vedette un ancien super-vilain qui essaie de mener une vie normale après être sorti de prison et qui va se retrouver à enquêter sur le meurtre de plusieurs vilains. C'est vrai que ça peut faire penser à Watchmen. Le récit est lent et Busiek prend son temps pour développer la psychologie des personnages. Le fait qu'on voit surtout des super-vilains rend le scénario assez original. L'histoire est prenante et intelligente et les personnages sont attachants. Un bon album qui me donne envie de lire le reste de la série.
Top 10
Encore une série incroyable d'Alan Moore. En même temps mon objectivité n'est peut être pas à son maximum avec cet auteur que j'adore. Je ne met pas culte pour cet album car la partie se déroulant dans le monde d'origine de Smax m'a un peu "perturbé" notamment au niveau du graphisme qui pourtant colle bien au côté barré de l'histoire. La première partie sur l'enquête et les début de notre héroïne se dévore d'autant plus que le dessin sied à merveille à l'histoire Une oeuvre à découvrir absolument
Les Trois Fantômes de Tesla
Excellent premier tome pour cette trilogie. S'il sert surtout à mettre en place l'intrigue et les personnages avançant à un rythme plutôt "lent", le scénario laisse découvrir assez d'éléments pour attiser notre curiosité tout en laissant assez de zones d'ombres afin de nous laisser sur notre faim. Le dessin sied particulièrement bien à l’œuvre et je trouve le choix des couleurs très approprié. Un très bon tome qui j'espère augure une très bonne série A suivre
Les Trois Fantômes de Tesla
La culture populaire a toujours eu une espèce de fascination pour les grands génies polymathes, souvent en réinterprétant leur biographie dans des histoires de genre : Léonard de Vinci dans la bande-dessinée La Licorne, Archimède et ses fameux miroirs ardents lors du siège de Syracuse par exemple, ou Tesla déjà et la téléportation dans Le Prestige de Christopher Priest. Alors lorsque ces fictions s’intéressent aux grands savants d'entre deux guerres cela donne un récit uchronique qu’on qualifie de dieselpunk. À la lecture des Trois Fantômes de Tesla j’ai eu en tête la série Les Divisions de Fer de Jean-Luc Sala où cette fois-ci c’est Albert Einstein le point de divergence uchronique, comme dans la série de jeu vidéo Command & Conquer : Alerte Rouge. Et ces scaphandriers à la technologie avancée m’ont drôlement fait penser aux Big Daddies du jeu vidéo steampunk BioShock. Des références très cool au service d’un récit mêlant enquête policière, la peur rouge et la course aux armements sur fond de seconde guerre mondiale en attente. Souvent dans le genre lorsque le personnage principal est à peine sortie de l’enfance, on range ces histoires dans la catégorie « récit pour jeunesse ». Mais pour les Trois Fantômes de Tesla c’est le même principe que pour Le Château des étoiles d’Alex Alice avec ses héros Séraphin, Sophie et Hans, c’est tous public du moment que l’on est attiré par le merveilleux et l’imaginaire. D’ailleurs ce petit Travis Cooley possède un air de famille avec Séraphin Dulac, physiquement mais également pour son attrait envers les sciences, à se demander si ce n’est pas un clin d’œil des auteurs pour remercier Alex Alice de les avoir accueilli lors de leur passage à New York. L’occasion d’en venir à Guilhem dont je suis fort ravi de découvrir le trait. C’est fin, style semi-réaliste, presque maniaque du détail tellement cela fourmille d’éléments au troisième plan. Vraiment moi je m’incline et je dis merci, c’est tout ce que j’aime dans la bd. Et que dire de cette étincelante illustration de couverture, formidable hommage aux films de science-fiction des années 40-50. En tout cas moi j’ai pensé aux Survivants de l’infini même si les auteurs ont évoqué L’énigme de l’Atlantide d’Edgar P. Jacobs. Enfin, je ne suis pas suffisamment technicien pour juger mais j’ai trouvé une excellente synergie entre le dessin de Guilhem et les couleurs lumineuses de Marazano qui apportent un plus indéniable. Un album à l’esthétique attrayante, une récit tonitruant qui éclatera petits et grands, vivement la suite et les méchas japonais !