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Par gruizzli
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Magasin général
Magasin général

Un ami m'avait offert le premier tome pour Noël, s'attendant à pouvoir m'offrir la suite lors des prochaines occasions. C'est mal me connaître, et pour éviter le fameux tome orphelin dans la bibliothèque, je me suis retrouvé à acheter toute la série avant même d'avoir lu le premier tome. Grand bien m'en a pris, parce que cette série est une délicieuse plongée dans un monde rural, le genre qui fait plaisir à lire. Cette série est un petit bijou de divertissement et d'amour, une histoire où tout se passe bien et tout se finit bien, sans aucune réelle menace ou danger. La petite vie provinciale de québecois, dans un village qui découvre petit à petit quelques morceaux de nouveautés. Le progrès arrive, par petites touches successives. C'est une histoire qui prend son temps, au rythme des nombreuses cases muettes qui font simplement défiler le temps. Le temps défile dans ces pages, et l'on suit la vie qui anime ce petit village. C'est une de ces caractéristiques qui m'a plu, avant tout : le côté rural, l'ambiance que j'ai moi-même connu, le mélange entre les liens forts et les tensions à chaque nouveauté, la communauté dans son bon et mauvais sens. C'est quelque chose que j'ai connu, et qui m'a directement parlé. Et bien sûr, l'histoire m'a entrainé aussi. C'est totalement du fait des personnages, attachants au possible. Chacun a son petit truc, sa petite patte qui nous donne envie de le voir heureux, de voir son bonheur arriver. C'est plus ou moins ce qui arrive au fur et à mesure des neuf tomes de cette série, et je n'ai pu m'empêcher de me laisser aller à cette idée. Les auteurs ne nous font aucun retournement grandiose, aucun changement radical. C'est la petite vie qui suit son cours, les petits moments et les douceurs de la vie, disséminées au fur et à mesure. Traitant de plusieurs sujets par dessus tout cela, on sent que les auteurs s'attachent à n'être ni moralisateur ni à blâmer. L'humour pointe souvent le bout de son nez, notamment dans les derniers tomes qui m'ont fait lâcher plusieurs éclats de rire, et surtout la gentillesse. Magasin général, c'est une série qu'il faut lire sans en attendre autre chose qu'un agréable moment de lecture. C'est l'histoire simple d'une communauté agréable, de gens du peu qui ont tout et qui donnent envie de les découvrir. Rien de plus, et c'est pourtant largement suffisant. Je n'ai pu m'arrêter au cours de ma lecture, porté par ce sentiment de bonheur qui imprègne toutes les pages, et j'ai refermé le dernier livre avec un grand sourire au cœur. Cette touche finale, de série de photos qui rappellent les évènements passés et laissent deviner le futur suffisent à nous faire ressentir le temps qui poursuit son cours, et ne s'est pas arrêté, nous invitant à rêver de la suite. Encore une fois, une BD m'a transportée au-delà des mers, à la découverte d'autrui, en me clouant plusieurs heures à mon fauteuil. Quelle merveille !

21/06/2020 (modifier)
Par Erik
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Charlotte Impératrice
Charlotte Impératrice

Une fois n’est pas coutume, je commencerai mon introduction en indiquant les conditions d’acquisition de cette bd. Il m’arrive de lire les avis des autres chroniqueurs de ce site. La couverture a d’ailleurs été affichée depuis sa sortie l’été dernier. C’est la bd de la rentrée 2018. Nul ne peut y échapper. Au vu des bonnes critiques, j’ai directement acheté. Bon, en même temps, il faut avouer qu’avec de tels auteurs aux commandes, on peut presque acheter les yeux fermés. La prise de risque est moindre. Voilà comment un site comme bdthèque peut encore influencer des lecteurs. Tome 1: La princesse et l'archiduc Après, il était intéressant de voir le portrait du personnage historique de Charlotte de Belgique qui a épousé un futur empereur du Mexique en proie à la Révolution. Historiquement, on sait ce qu’il est advenu de ce pion placé par Napoléon III sur le trône de ce pays d’Amérique Centrale. On connait moins la vie de Charlotte qui était la belle-sœur de la fameuse Sissi qui a marqué plusieurs générations au vu de l’image laissé par Romy Schneider. Beaucoup serait étonné de la personnalité dévoilée d'Elisabeth dans cette œuvre singulière. Je n’ai toujours pas digéré l’épisode du pauvre chien sans vouloir en dire plus. Sur le fond, comme sur la forme, nous sommes au top de ce que l’on peut attendre d’une bonne bande dessinée ce qui est plutôt rare de trouver en ce moment avec toute cette superproduction. J’ai apprécié grandement le graphisme ainsi que le scénario. J’achèterai bien évidemment la suite que j’attends avec une certaine impatience. Mais là, pas de souci, on sait qu’on peut véritablement compter sur les auteurs au top de leur forme. Tome 2 : L'Empire Ce second tome confirme pour moi l'excellente impression laissée par le premier opus. Du coup, je passe la note à 5 étoiles, non pas dans un élan de générosité, mais surtout pour consacrer une bd désormais culte. Il s'agit de récompenser le travail des auteurs par la reconnaissance. L'action se situe durant les années mexicaines. Charlotte va devenir l'impératrice pendant que son pitoyable mari s'adonne à ses plaisirs vils et stupides en mauvaise compagnie. L'intrigue va évoluer tout le long de ce tome entre l'arrivée et les années de règne dans un état en proie à la guérilla sur fond de révolution en marche. Il y a comme un véritable souffle épique qui fait du bien. On découvre que la charmante Charlotte n'avait rien à envier à sa belle-soeur Sissi. Les décisions politiques qu'elle prend sont généreuses tout en étant avant-gardiste. On sait qu'elles couteront très chers. Elle n'a ni le soutien de l'armée, ni du clergé. Cela va être très difficile pour la suite. Le graphisme est toujours aussi agréable avec des couleurs chaudes qui retranscrivent la chaleur du Mexique. Bref, c'est la série que je recommande à tous les lecteurs de la nouvelle génération. Fabien Nury et Mathieu Bonhomme ne décoivent pas, bien au contraire ! Note Dessin: 4,5/5 - Note Scénario: 4,5/5 - Note Globale: 4,5/5

05/10/2018 (MAJ le 21/06/2020) (modifier)
Couverture de la série Derrière la haie de bambous - Contes et légendes du Vietnam
Derrière la haie de bambous - Contes et légendes du Vietnam

Avec cet album, je découvre enfin l'oeuvre de Vink que j'avais longtemps retardée pour tout un tas de raisons, non pas que je ne voulais pas, mais parce qu'à chaque fois, je préférais une autre Bd et je repoussais sans cesse cette échéance ; j'ai souvent feuilleté ses albums en bibli, notamment Les Voyages de He Pao, et je me suis aperçu que ce dessin me plaisait énormément, avec ses compositions originales parfois proches de l'estampe et son aspect diaphane, mais ici, il s'agit de ses tout débuts dans la bande dessinée en 1979 dans le journal Tintin, le style est un peu différent. Je précise d'ailleurs que j'ai lu l'album d'origine édité en 1983, dans la collection Histoires et légendes du Lombard, et non la réédition, je trouve aussi que la couverture de 1983 est bien plus jolie. Vink faisait une entrée remarquée en 1979 avec ces contes issus de son pays d'origine, le Vietnam, remplis de sagesse asiatique et d'un certain charme oriental, et joliment racontés dans un ton merveilleux, ce sont des récits qui ne peuvent se produire que dans des contrées asiatiques, aucun n'est meilleur qu'un autre, ils sont tous homogènes. Ce qui est formidable, c'est que Vink ravit l'esprit autant que l'oeil, son dessin est vraiment magnifique, fin, précis, appliqué, au sens inné des couleurs que cet auteur a gardé de son enfance asiatique. Il parvient à créer un style unique qui n'appartient qu'à lui, en réunissant 2 courants esthétiques, celui de l'art graphique extrême-oriental et celui de l'école franco-belge à laquelle il adhère complètement, c'est extraordinaire, surtout pour une première Bd, quel talent ! Galvanisé par cette découverte rafraichissante, je vais donc à partir de maintenant, me lancer dans la découverte des autres bandes de Vink, comme Le Moine fou par exemple... enfin dès que les bibliothèques auront réouvert.

20/06/2020 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Shazam Rebirth
Shazam Rebirth

Geoff Johns continue d'écrire les aventures de Shazam et j'en redemande ! Contrairement à bien des comics de super-héros modernes, cette série est vraiment divertissante à lire et semble s’adresser à tous. Ceux qui ont adoré le film ne seront pas dépaysés. On retrouve Billy et sa famille adoptive ainsi que des méchants familiers comme Dr Shivana et Mister Mind. Le scénario est long et d'ailleurs il n'est toujours pas terminé à la fin de ce premier album, comme c'est souvent le cas avec les comics d'aujourd'hui, sauf que dans plusieurs cas j'ai l'impression que c'est lent et que les auteurs racontent en 6 numéros ce qu'ils pourraient raconter facilement avec seulement 2. Ici, il y a des péripéties et des rebondissements à chaque numéro et il n'y a pas de temps mort. Le scénariste introduit des nouveaux éléments intriguants dans l'univers de Shazam et il y a beaucoup d'imagination. La personnalité des personnages est bien respectée, ce premier album pose bien les bases de ce qui pourrait être une bonne saga longue, j'ai une envie folle de lire la suite pour voir ce qui va se passer ensuite et les différents dessinateurs ont un style pas mal. Bref, plus je lis ses aventures, plus je suis fan de Shazam et de son univers !

20/06/2020 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Batman - Huntress -  Dette de Sang (Cry for blood)
Batman - Huntress - Dette de Sang (Cry for blood)

Urban comics commence une nouvelle collection qui présente des vieilles histoires de DC comics moins connues que les classiques et il commence très bien avec cette mini-série centrée sur un personnage de l'univers de Batman peu connu des non-lecteurs de comics: Huntress, une fille issue d'une famille mafieuse qui ont tous été massacrés sauf elle et du coup elle va devenir une justicière qui attaque les mafieuses. Elle est une anti-héroine, n'ayant eu aucun mal dans le passé à tuer et Batman n'a pas toujours confiance en elle, mais aujourd'hui elle s'est assagie. Malheureusement, quelqu'un tue des criminels en utilisant ses armes et du coup elle est accusée de crimes qu'elle n'a pas commis et elle devra prouver son innocence et elle sera aidée par le justicier la Question. C'est un scénario classique, mais très bien fait. Le scénariste présente bien le passé de l’héroïne ce qui aidera beaucoup les lecteurs qui ne la connaissent pas ou alors très peu (comme c'était mon cas !). Il répond aussi à la question 'pourquoi tout le monde de la famille de Huntress est mort sauf elle qui a été épargnée ?' et la réponse est bien trouvée. Un bon petit polar qui utilise bien la psychologie de Huntress. Le dessin est le genre de style moderne que j'aimerais bien retrouver plus souvent dans les comics. Il est bon et pas du tout froid et sans personnalité. Je dois aussi dire que j'aime bien mieux la personnalité de la Question ici que dans les vieilles histoires de son créateur Steve Ditko où il était un connard arrogant qui existait uniquement pour que les lecteurs sachent à quelle point les opinions politiques de Ditko étaient les seules qui étaient bonnes. On a droit à deux histoires en bonus. La première montre un exploit de Huntress raconté du point de vue du commissaire Gordon et c'est pas mal. Il y aussi une histoire sur la Question et c'est moins bien. Le problème est que ce n'est pas une histoire qui peut se lire indépendamment, mais le premier numéro de la série sur la Question qui datait des années 80. On pose les bases de la série et pour se faire une meilleure idée si on aime la série ou non, il faut lire la suite et donc on a juste une introduction et cela me semble inutile de lire ce premier numéro si on ne peut pas lire la suite en français.

20/06/2020 (modifier)
Par sloane
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Hope
Hope

Que voila un petit (60 pages) polar en noir et blanc qui va être mon coup de cœur du moment et dans le genre. Les auteurs arrivent à la perfection au mélange des genres entre le polar et la magie. Comme le précise la couverture nous ne sommes pas loin pour ce qui est du polar de l'ambiance déjà présente dans l'excellent Fondu au noir de messieurs Phillips et Brubaker. Dans un Los Angeles alternatif, Hope détective de son état est aidé dans ses enquêtes par une sorte de double ectoplasmique que lui seul voit. Le look de la créature est à mon avis plus qu'efficace comme le montre la couverture. Cette ville n'est ni meilleure ni pire que la vraie et ici l'enquête sur la disparition d'un enfant star nous entraine dans les méandres de la production cinématographique des années 40. Lucre et stupre sont de mises. Une enquête qui aurait pu être tout ce qu'il y a de plus banal, mais les apports de la magie et la personnalité du héros rajoutent une touche que j'ai particulièrement appréciée. Cette histoire ne serait rien sans le coup de crayon de Jimmy Braxton, qui fignole ses fonds de cases et retranscrit à merveille l'ambiance des vieux films noirs de l'époque. Pour ma part une belle découverte avec une fin ouverte qui peut laisser présager d'autres titres avec Hope. Dans le genre un polar qui ravira les amateurs.

19/06/2020 (modifier)
Par Blue boy
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Béatrice (Mertens)
Béatrice (Mertens)

Comme cela arrive de temps à autre, « Béatrice » est une expérience de lecture fort singulière, totalement immersive d’un point de vue visuel, d’autant que cette histoire est entièrement muette. Aucun dialogue, ni commentaire, ni onomatopée ne vient interférer dans ce flux d’images incroyablement sensorielles, qui sont comme autant de tableaux extrêmement vivants se déployant sur de sublimes pleines pages. L’âme est submergée par ces couleurs chaudes dominées par le rouge, vif comme la veste de Béatrice, les tapis des galeries La Brouette, ou encore le sac égaré attirant l’œil de la jeune femme tel un aimant… ou plutôt un amant, comme on va le découvrir... Et comme chacun sait, le rouge est la couleur de la passion… C’est donc totalement fasciné que l’on suit Béatrice, ballotée dans ce Paris fantasmé des années soixante-dix, merveilleusement reconstitué. Béatrice, petit bout de femme candide au look ordinaire mais au visage expressif et au sourire si doux, malmenée par la foule grise et anonyme des avenues marchandes et des gares, observe constamment le monde autour d’elle d’un regard tour à tour étonné, amusé, parfois un peu las, peut-être en quête de l’âme sœur, avant de se replonger dans son roman une fois assise dans le train de son train-train quotidien. Cette quête à la fois discrète et éperdue l’amènera vers ce sac rouge abandonné, qui mystérieusement ne semble être visible que d’elle, et contient un Graal ayant pris la forme d’un album photo. Le jour où elle feuillettera pour la première fois le livre à souvenirs, notre héroïne, qui n’est pas dénuée d’imagination, va se lancer dans un drôle de jeu de piste amoureux. Les photos datant de l’entre-deux-guerres sont celles d’un homme plutôt séduisant posant aux côtés d’une jeune femme qui lui ressemble un peu, amie, épouse ou amante, … Le processus d’identification n’en sera que plus facile. C’est ainsi que Béatrice va essaimer tous les endroits de la capitale où celui qui va devenir rapidement son objet du désir a pris la pose, même si le temps a fait son travail de destruction ou de transformation parfois douteux… Une course vers un fantôme qui la portera vers des hauteurs extraordinaires, dans ces années folles enchanteresses, mais d’un irréalisme qui s’avérera funeste pour cette touchante victime d’un amour idéalisé… Avare de mots, « Béatrice » n’en est pas moins une œuvre très généreuse, avec des images qui individuellement racontent une histoire dans l’histoire. Chaque case fourmille de détails, et le lecteur se retrouve entraîné dans une valse échevelée, qui s’apparente à une célébration poétique de la ville lumière. Ce magnifique one-shot est aussi l’histoire tragique d’une solitude dans la multitude, décrivant parfaitement la grisaille de l’anonymat en milieu urbain, grisaille estompée par le clinquant des néons. Par ailleurs, cette mise en abyme temporelle joue beaucoup avec notre attirance pour la nostalgie, nous exposant son charme autant que sa vacuité. Enfin, la narration très habile prouve ici toute la puissance de l’image, qui peut raconter tout aussi efficacement en l’absence de texte et nous emporter vers des dimensions inconnues. Autant de qualités qui en font un des titres incontournables de l’année.

18/06/2020 (modifier)
Par Josq
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Modeste et Pompon
Modeste et Pompon

Difficile de savoir ce qu'on évalue, quand on doit attribuer une note à Modeste et Pompon : est-ce qu'on doit mettre une note à toute la saga, ou est-ce qu'en fait, on ne note que la période Franquin, la principale et sans doute celle que tout le monde a lu sans forcément aller plus loin ? Pour ma part, même si j'ai lu un peu la période Attanasio et quelques gags de Godard, c'est très essentiellement à la période Franquin que j'attribue cette note, ne connaissant pas assez la suite pour savoir ce que j'en pense vraiment. Il faut dire que cette ère se suffit à elle-même, tant le futur créateur de Gaston Lagaffe y démontre déjà toute l'étendue de son talent comique. Comme on l'a déjà beaucoup dit avant moi, Modeste et Pompon incarne le stéréotype même de la bande dessinée comique des années 50-60. On y trouve tous les ingrédients des classiques de l'époque, de Boule et Bill à Achille Talon : un couple principal, lui impulsif et facilement sujet à la colère, elle spectatrice attendrie et amusée des déboires de son compagnon ; trois petits garçons qui ne ratent pas une occasion de faire un mauvais coup ; un voisin envahissant et un ami représentant de commerce qui se croit tout permis. Bref, de quoi faire un sacré cocktail ! Et de fait, Modeste et Pompon est un régal de tous les instants, en tous cas sous le règne de Franquin (auquel un certain Greg et un certain Goscinny viennent parfois prêter main forte). Les gags suscitent chez moi, presque à chaque page, une irrépressible hilarité, tant la chute parvient à être originale et assez souvent surprenante (certes pas toujours). Certes, on peut trouver que les personnages ne sont pas des plus attachants, mais je trouve que ça n'est pas le plus important pour une BD qui repose sur des gags d'une page. En revanche, l'alchimie entre tous ces personnages fonctionne à merveille, et crée des situations comiques imparables. Témoin d'une époque, Modeste et Pompon survit tout de même bien à son âge, et n'a pas vieilli comme d'autres séries des années 50 peuvent l'avoir fait. Elle tient toujours la route grâce au talent comique de Franquin, qui rôde évidemment ici les codes qu'il réemploiera par la suite dans son oeuvre phare, le cultissime Gaston Lagaffe. Mais pour autant, ce serait une erreur de juger Modeste et Pompon à l'ombre de Gaston Lagaffe, car même si, bien sûr, la saga est un (petit) cran en-dessous, elle développe quand même sa propre personnalité et son propre ton qui en font, non pas un brouillon de la plus grande saga de Franquin, mais une petite pépite tout-à-fait indépendante, qui se goûte pour ce qu'elle est : une série humoristique légère et bon enfant, qui atteint son but à merveille. Détendre et faire rire.

17/06/2020 (modifier)
Par Josq
Note: 3/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Rock Derby
Rock Derby

Même si Greg a finalement rarement écrit de très grandes bandes dessinées, j'en reste un fan inconditionnel, par le style qu'il aura contribué à créer, que ce soit dans l'humour délirant, dans sa maîtrise totale des mots, ou dans l'efficacité de ses récits, qui s'encombrent rarement de ramifications complexes, mais vont droit au but. Et c'est bien ce qui caractérise Rock Derby. Si l'humour y est présent, il sait toutefois rester assez discret pour privilégier un récit policier ou d'aventures à la "Tintin". Le héros est certes trop lisse car trop parfait, mais il est entouré de personnages secondaires que Greg sait utiliser pour rehausser l'intrigue et les dialogues, et introduire quelques gags pour pimenter un peu le scénario. On sera tout de même en droit de trouver que Rock Derby a profondément vieilli sur la forme, et de fait, l'ensemble est assez désuet. On sent que Greg en est encore à ses débuts, et la narration est parfois maladroite (dans le premier tome, le texte envahit certaines cases de manière excessive), de même que le dessin est assez simple. Toutefois, c'est ce côté épuré que j'aime bien dans Rock Derby, ainsi que la manière qu'a Greg de mener ses récits tambour battant, sans jamais relâcher le rythme. En bref, ce n'est pas à lire comme une BD qui traverse les âges, mais plutôt comme le témoin d'une époque. Et bien sûr, à ne lire que si on est vraiment intéressé par les oeuvres moins connues de Greg.

17/06/2020 (modifier)
Par Josq
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Yoko Tsuno
Yoko Tsuno

Bon, je ne suis pas forcément très neutre sur ce coup-là, Yoko Tsuno, c'est toute mon enfance ! J'ai grandi avec, et j'ai rêvé un nombre incalculable fois en suivant ses aventures. J'aime beaucoup l'éclectisme des aventures, du policier à la science-fiction et au space opera, qui permet vraiment de rêver de différentes manières, selon notre envie du moment. Je pense que selon ce qu'on a envie de lire sur le moment, on trouvera toujours un tome de la saga qui correspond à cette envie. Avec Spirou et Fantasio ou Blake et Mortimer, Yoko Tsuno fait partie de mes grands classiques de l'Aventure en BD (avec un grand A). Roger Leloup a trouvé une formule merveilleuse qui fait mouche presque à chaque album. Déjà, son trio de personnages principaux témoigne d'une bonne alchimie. Si j'ai toujours trouvé dommage que le pauvre Vic soit constamment réduit à un rôle utilitaire qui le fait disparaître au profit des deux autres, il y a quand même un assez bon équilibre entre les trois, qui leur permet de tempérer les ardeurs des deux autres. Yoko Tsuno est une héroïne un peu trop parfaite, mais il arrive qu'elle fasse des erreurs, et Pol, qui sert avant tout de comic relief, a toutefois toujours une utilité dans l'intrigue. Et surtout, ce sont des personnages qui ont des sentiments : à ce titre, mon tome préféré, La Fille du vent, fait partie des rares bandes dessinées ayant réussi à me faire ressentir une véritable émotion qui me serre le cœur pour le sort des personnages. C'est assez rare dans la saga, certes, mais parfois, l'auteur sait insuffler de beaux sentiments (qui peuvent d'ailleurs friser le mielleux par moments) dans ses récits et leur offrir occasionnellement une jolie morale, particulièrement lorsqu'il flirte avec le space opera. Les intrigues, elles, sont bien élaborées, et réussissent à surprendre et à se montrer toujours originales en étant rarement tirées par les cheveux. A noter, tout de même, que depuis les années 2000, la saga a tendance à s'essouffler, mieux vaut s'arrêter à La Pagode des brumes pour ne pas commencer à voir la baisse de qualité, due à un trop plein de personnages secondaires et à une surcharge des intrigues, qui en deviennent trop complexes. Au niveau du dessin, le trait de Roger Leloup est d'une maîtrise impressionnante, et donne des dessins extrêmement élégants. Adoptant un style plus réaliste à partir du tome 5, les personnages sont bien proportionnés, et la volonté d'un style plutôt réaliste donne de très belles images, par une jolie colorisation. Les décors ne sont d'ailleurs pas en reste, et Leloup ne se prive pas pour nous donner l'occasion de contempler plus en détail le cadre dans lequel agissent les personnages, ce qui donne une dimension plus spectaculaire à la bande dessinée. Enfin bref, qu'elle fasse dans le thriller, le fantastique, la science-fiction ou le space opera, la saga de Roger Leloup accomplit sa tâche de manière absolument parfaite. On se prend toujours très facilement aux récits, chaque histoire apporte son lot de rêve et de frissons, et une fois qu'on a fermée n'importe quel tome, on a toujours envie de continuer à découvrir cet univers fascinant. Au bilan, je n'hésite pas à dire que Yoko Tsuno est un monument du neuvième art, par ses qualités narratives et graphiques indéniables. Toutefois, si elle est parfaite pour accompagner la grande enfance et l'adolescence, il est peut-être moins indispensable de découvrir la saga une fois adulte.

17/06/2020 (modifier)