Les derniers avis (9599 avis)

Par Yann135
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série XIII
XIII

Déjà 194 avis sur cette série ! Il n’y a pas mieux dans BDthèque. Allez zou je vais m’y coller aussi. le compteur va passer à 195 ! XIII est une série initiée par Jean Van Hamme au scénario et William Vance au dessin. Le premier album – le jour du soleil noir - est publié en 1984. Il y a presque 40 ans ! La série se déroule aux Etats-Unis. C’est l’histoire d’un amnésique, blessé par balle à la tempe, qui ne se souvient plus de son nom et la signification de son mystérieux tatouage au-dessus de la clavicule gauche, le chiffre « XIII ». Très rapidement il découvre qu’un tueur à gage cherche à l’éliminer. Il se met à la recherche de son identité. Il découvre un vaste complot à l’origine de l’assassinat du président des Etats Unis ! Jean Van Hamme s’inspire du roman de Robert Ludlum, « la mémoire dans la peau » ainsi que de l'assassinat du président américain John Fitzgerald Kennedy à Dallas le 22 novembre 1963. Durant 19 albums, nous suivrons les aventures haletantes de notre héros. Je dis bien 19 albums car pour moi, l’album « le dernier round » clos le cycle 1. Le second cycle, à partir de l’album 20 « le jour du Mayflower » est repris par Yves Sente et Youri Jigounov. Au-delà des albums XIII, quand on veut tirer le filon jusqu’à la corde d’un succès, on voit aussi apparaitre la publication d’une série dérivée nommée XIII Mystery. Différents auteurs interviennent pour parcourir le passé de certains protagonistes importants de la série. Considérant que la saga est terminée depuis bien longtemps, mon avis portera sur les 19 premiers tomes. On peut en effet se passer des albums récapitulatifs des différents épisodes. C’est une série culte. Je m’agenouille devant le crayonné de William Vance. Incroyable. J’adore. L’histoire est un vrai thriller captivant. L’intrigue est un peu alambiquée mais lisible et les rebondissements nombreux. Ne rechignons pas à prendre du plaisir en re lisant les aventures de XIII. C'est un petit bonbon sucré cette série jubilatoire.

17/06/2020 (modifier)
Par Josq
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Château des étoiles
Le Château des étoiles

A l'occasion de la récente sortie de l'excellent tome 5, je me suis refait toute cette saga, et décidément, qu'est-ce que c'est bon !!! Tout est complètement génial, dans Le Château des étoiles. Le dessin est somptueux, typique de la patte graphique unique (oui, ça fait beaucoup de "-ique", il y a comme un hic) d'Alex Alice, et la colorisation à la fois chaleureuse et un peu voilée, le met parfaitement en valeur. Je trouve que chaque planche est un enchantement et on a envie de s'y plonger totalement pour toujours mieux goûter l'univers fascinant que l'auteur/dessinateur a imaginé pour nous. Fascinant, cet univers l'est bel et bien. J'ai toujours adoré le genre steampunk et le XIXe siècle : c'est dire à quel point cette saga est faite pour moi. Dans la plus grande lignée d'un Jules Verne, Alex Alice met donc en scène un XIXe siècle qui, au fil des tomes, va s'émanciper peu à peu de la réalité historique, pour devenir un véritable univers parallèle façonné par le progrès scientifique, qu'on découvre avec des yeux toujours de plus en plus grands. D'ailleurs, c'est ma seule déception (pour l'instant) du tome 5 : le retour dans un Paris complètement modifié par la science est une idée de génie, mais malheureusement pas assez exploitée, encore. On a quelques très beaux plans de Paris sillonné par les dirigeables et autres machines volantes, mais ça reste une toile de fond. Du côté du scénario, là aussi, c'est du tout bon : les personnages sont très attachants et ont des motivations qui nous permettent de ressentir une véritable empathie avec eux. Scientifiques désireux de prouver leurs hypothèses, héros prêts à tout pour sauver la mémoire de leur mère (ou épouse), jeux de pouvoirs de puissants qui veulent exploiter la science à leur profit... C'est du classique, mais c'est terriblement efficace. On veut vraiment suivre tous les personnages (même les méchants) jusqu'au bout de leur quête pour voir où celle-ci va les mener, et le plus beau, c'est que, quand Alice brise le mystère et qu'on touche enfin au but (provisoire, bien sûr, la saga n'étant pas fini), on n'est jamais déçu. Chacun des tomes de l'intégrale (c'est-à-dire des albums cartonnés) témoigne d'une densité narrative exemplaire, qui fait qu'à chaque fois, on en a clairement pour son argent. Les évolutions des personnages sont très intéressantes à suivre, et le contexte historique permet à Alex Alice de renforcer la cohérence interne de son univers. En effet, j'aime beaucoup la manière qu'a l'auteur d'introduire des personnages historiques au sein du récit, même en les déformant quelque peu, mais en leur donnant toujours un rôle secondaire dans l'intrigue. Cela lui permet de ne pas aller trop loin dans la distorsion de la réalité, tout en ayant les coudées franches (plus que si ces figures historiques avaient été les héros). Le Château des étoiles revêt grâce à cela une dimension géopolitique vraiment captivante, qui décolle carrément avec l'arrivée de Napoléon III dans le tome 5. Je préfère ce côté géopolitique à l'aspect plus ésotérique sur la quête de l'origine de l'univers, même si je suis curieux de voir comment l'auteur va faire se terminer cette quête. D'ailleurs, dans la manière de mener son récit, Alex Alice est très bon pour toujours trouver LA péripétie qui relance parfaitement l'intrigue au moment où celle-ci commence à s'appesantir. Dans chacun des tomes, on se demande un peu si l'auteur saura rebondir sur tel ou tel élément, et toujours, il y arrive à merveille. Avec ça, comme dans Siegfried, Alex Alice démontre dans cette saga une maîtrise incroyable du grand spectacle. Qu'il s'agisse de la découverte de la face cachée de la Lune, de l'exploration de Mars (bénéficiant d'un suspense qui est un modèle du genre) ou d'une poursuite dans les airs de Paris (bel hommage à Notre-Dame, au passage), l'auteur/dessinateur nous prouve à chaque fois qu'il a un véritable talent pour mettre en scène l'action et la restituer dans toute sa grandeur. En cela, Le Château des étoiles constitue sans nul doute un véritable blockbuster de la bande dessinée, et un des plus beaux ! Bref, j'aurais toujours beaucoup de choses à dire sur cette saga culte ! Je lui reconnais certes quelques légers défauts ici et là. Notamment, l'intrigue devient parfois un peu trop difficile à suivre, on ne sait plus trop où on en est, mais dans l'ensemble, ça se suit quand même bien. Quelques décrochages au niveau du rythme sont à noter aussi, mais c'est souvent très passager. En ce qui me concerne, ça ne m'a pas empêché d'accrocher dès la 1re page du premier tome et de ne plus lâcher les tomes successifs jusqu'à la dernière page du dernier sorti. Finalement, le seul gros défaut de cette saga, c'est l'attente interminable qu'on subit entre deux tomes... Heureusement, on peut toujours lire et relire chacun des tomes de cette saga épique et poétique sans se lasser !

17/06/2020 (modifier)
Couverture de la série L'Homme de l'Année - 1888
L'Homme de l'Année - 1888

Cette relecture du mythe de Jack l'Eventreur qui a terrifié le quartier londonien de Whitechapel en 1888 dévoile enfin l'une des thèses les plus plausibles de cette effroyable affaire. Ce qui est intéressant, c'est que dès les premières pages, la narration dévoile le personnage central de l'histoire. Ce qui est sûr, c'est que le dénouement final s'en trouve amoindri par cette révélation, mais malgré cet artifice, la narration est habile et n'est pas négligeable, le lecteur n'est pas plongé dans le doute, mais en même temps, traiter ce sujet de cette façon, appelait à un développement devant entrer dans le cadre d'un album de 54 planches. Tout l'intérêt réside dans les raisons qui ont conduit le sinistre Jack à ses morbides et terrifiantes pulsions et comment il en est arrivé là. Cette histoire s'appuie sur les récentes enquêtes menées par 2 scientifiques britanniques en 2007, d'après des études génétiques autour de l'ADN retrouvé sur un châle ayant appartenu à la quatrième victime, Catherine Eddowes. Rappelons que Jack n'a commis que 5 meurtres sur des prostituées, contrairement à l'idée reçue qui lui en impute plus, mais il faut savoir qu'entre août et novembre 1888, il y a eu 11 meurtres atroces commis dans Whitechapel, c'est le modus operandi des 5 meurtres qui a permis de les attribuer à Jack, les autres n'étant que des imitations maladroites. J'ai vérifié sur internet ces études de 2007, et tout a l'air de concorder autour de ce barbier polonais, Aaron Kosminski qui il faut le signaler, était déjà le suspect n°1 de Scotland Yard en 1888 (non poursuivi par manque de preuves tangibles) parmi la centaine de suspects retenus, dont beaucoup étaient fantaisistes. Ce Aaron Kosminski n'a pourtant jamais été inquiété, il a fini ses jours dans un asile en 1919, on voit à travers cet album, que cet individu était quand même sérieusement dérangé. Comme on le voit, il suffisait juste aux auteurs de cette Bd d'imaginer un environnement autour du personnage, et comment ce fameux châle était retrouvé dans une vieille maison, en situant l'action au début du récit en 2007. Cette troublante révélation a cependant été contestée par d'autres scientifiques en raison de l'incertitude sur l'origine du châle. Cette thèse n'est peut-être pas véritable sur l'Eventreur, et on ne connaitra sans doute jamais la vérité, mais je la trouve intéressante, elle s'écarte de ce qui a été vu dans d'autres Bd comme From Hell qui s'appuyait sur celle du TV-film de 1988 avec Michael Caine, tout comme celle de Jack L'Eventreur (Soleil). Je n'ai jamais compris l'engouement autour de From Hell, ce pavé indigeste de 600 pages, tout ça parce qu'il est signé Alan Moore, auteur que je n'affectionne pas des masses ; j'ai essayé de le lire mais j'ai renoncé au-dela de 100 pages, c'est beaucoup trop verbeux et le dessin n'est vraiment pas joli, c'est pourquoi je n'ai jamais éprouvé le besoin d'en faire un avis dans ces colonnes, je préfère de loin le Jack L'Eventreur (Soleil) qui à mes yeux est bien meilleur. Dans cette version revisitée de l'Homme de l'année, au moins, la narration est fluide, avec des dialogues pas envahissants, elle parvient à retranscrire pleinement l'effroi suscité par cette ténébreuse affaire et arrive à tenir en haleine même si on sait dès le départ qui est le coupable, car tout repose sur le pourquoi. Après tout, dans la série TV Columbo, le concept est un peu le même, reste au petit lieutenant à découvrir le mobile des meurtres, et malgré ça, la série continue de passionner des millions de fans. J'aime beaucoup le dessin de Blasco-Martinez, créateur d'ambiance qui contribue à restituer l'atmosphère sombre et nocturne des crimes de Jack, c'est un dessin puissant et bien maîtrisé qui s'inspire un peu des Bd horror comics de la E.C. dans les années 50, dans un style plus moderniste, avec de bons cadrages, tout ceci accentue les effets lors des scènes de meurtres à travers des images très évocatrices.

16/06/2020 (modifier)
Par gruizzli
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série L'Or et le Sang
L'Or et le Sang

Je lis très peu de BD en ce moment, bien qu'ayant une sacrée pile sur la table de chevet, mais j'entends lire chaque tome précieusement et gouter toute la saveur de chaque volume. Et je me suis plongé dans L'or et le Sang sans rien en savoir, juste enthousiaste à l'idée de lire une nouvelle BD qui me semblait fameuse. Eh bé ... Ça valait le coup de le faire, en tout cas ! Ces quatre volumes m'ont happé sans aucune difficulté, pour me plonger avec délice dans les aventures de ces deux compagnons de fortune, aristo et prolo, corse et bourgeois, enhardis par l'appât de l'aventure et du gain, se plongeant dans les méandres d'un Maroc connaissant la république du Rif. Une aventure haute en couleur, romancée mais prenante, qui m'a laissé ressortir doucement au bout de quatre tomes, ravi d'avoir participé à une telle entreprise. La première chose que j'ai apprécié, c'est le dessin et sa façon expressive de représenter les personnages. C'est dans l'action que je note le plus clairement la lisibilité, mais les décors sont magnifiques, discrets lorsqu'il le faut, et le rendu des pages est superbe. C'est un plaisir de lire et regarder, simplement se plonger dans le décor et la façon dont c'est fait. Les couleurs peu criardes, les expressions surtout, m'ont vraiment plu. C'est assez rare que le dessin soit la première chose que je note dans une série, mais pour le coup c'était réellement le premier truc qui m'a accroché. L'histoire n'est pas en reste, les deux compères idéalistes et matérialistes, mélangeant les faits de l'Histoire avec les aspirations personnelles et les volontés privées. J'ai beaucoup aimé l'apparition de certaines têtes bien connues, en Espagne ou en France, qui parsèment le récit. Ils nous rappellent que parfois ça s'est joué à un rien ... Calixte devient un personnage à la Lawrence d'Arabie, se trouvant un idéal dans la libération de ces peuples opprimés, Léon satisfaisant ses envies basses et matérielles, mais sans jamais se départir de certaines idées bien à lui. Un Corse dans toute sa splendeur, dirait-on ! Le ton est très sérieux, aventure et avec un côté historique, n'étant pas pour me déplaire. J'aime beaucoup la façon dont le pays se découvre, entre les tiraillements des clans, les luttes de pouvoir et d'enjeux, mais aussi la connaissance du terrain et les velléités d'émancipation de Abdelkrim el-Khattabi. Il y a une force romanesque dans ce récit, principalement porté par Calixte, mais également un message dur envers ceux qui voulaient simplement vivre libre. En ce sens, le rappel qui est fait de Il était une fois la révolution me semble pertinent. C'est dans le même ordre d'idée que ce qui est développé dans le film de Sergio Leone, et tout ne finira pas bien pour chacun. C'est un récit dont je n'attendais rien (enfin, si, sinon je ne l'aurais jamais acheté) mais qui m'a plu, réellement plu. C'était une lecture formidable, dépaysante et entrainante, dans le genre qui laisse émerveillé lorsqu'on revient au monde réel. Et, très franchement, ça fait du bien de lire ce genre de récit de temps en temps, malgré quelques détails qui pourraient faire tiquer, je suis passé outre. C'est un plaisir de lecture avant tout, et un gros plaisir, même.

13/06/2020 (modifier)
Couverture de la série L'Oasis
L'Oasis

Simon Hureau nous fait visiter son jardin et nous explique sa démarche destinée à favoriser la biodiversité. Surtout, il nous fait partager son enthousiasme, sa curiosité, sa passion et ses expériences… Et j’ai adoré. Parti de rien, il va constamment chercher à enrichir cet espace vert. Non seulement en créant divers lieux d’accueil pour la flore comme pour la faune (mais l’un ne va pas sans l’autre) mais aussi en agrandissant progressivement ce territoire, en le débarrassant de l’inutile à la nature (les cotonéasters, par exemple, vont rapidement être éjectés) et en l’ouvrant au maximum au vivant. Les planches nous offrent très régulièrement des dessins de la faune de son jardin. Oiseaux, insectes, arachnides, reptiles, batraciens, petits mammifères sont ainsi dessinés avec justesse et simplicité. On peut donc à loisir reconnaître tel ou tel animal croisé dans son propre jardin (j'ai bien aimé la larve de dytique :) ). La flore n’est bien entendu pas en reste et l’auteur a l’intelligence de ne pas nous assommer de références scientifique. Toutes les descriptions restent accessibles au grand public, au même titre que son expérience car ce qui est décrit dans ce livre est faisable partout -pourvu que l'on ait un jardin- et par tous -pourvu que l'on ait envie de consacrer du temps à son jardin et de laisser de la place aux autres vivants-. La complicité nait, et je me suis senti de la même tribu que Simon Hureau. D’autant plus que l’auteur n’est pas donneur de leçon mais reste toujours dans le partage de passion… Et les gens passionnés demeurent à mes yeux les plus passionnants. Cette démarche se rapprochant beaucoup de ma philosophie jardinière, ce livre m’a enthousiasmé, me donnant l’envie d’encore créer plus d’espaces hôtes pour le ‘sauvage’ dans mon jardin. J’espère qu’il fera naître des vocations chez d’autres lecteurs. A mes yeux, en tous les cas, il s’agit d’un exercice parfaitement réussi. Je conseille vivement.

12/06/2020 (modifier)
Par Gaston
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Lucky Luke
Lucky Luke

Après avoir relu dernièrement plusieurs albums de Lucky Luke, j'ai pris la résolution de refaire mon avis. Cela faisait déjà quelques temps que je pensais monter ma note et mettre la note maximale, mais j'avais des scrupules parce que si la série contient des chef d’œuvres , il y a aussi beaucoup d'albums moyens voire même carrément mauvais. La relecture récente d'une dizaine d'albums qui font partie de mes préférés m'a montré que malgré tous les mauvais albums, cette série mérite la note culte. Déjà, Lucky Luke est un des personnages les plus connus de la BD Franco-Belge, le nombre de produits dérivés de son univers le montre. Ensuite, l'arrivée de Goscinny a propulsé cette série, qui était sympathique lorsque Morris animait tout seul, vers des sommets que peu ont égalé dans la production de BD pour jeunes. Les personnages et les situations cultes sont légions dans ses albums et même ceux que je trouve moyens ont toujours une ou deux scènes d'anthologie. Il est aidé par Morris qui est en pleine forme au niveau du graphisme. Selon moi, il était le deuxième meilleur dessinateur de l'école Marcinelle des années 50-60, derrière Franquin qui est imbattable. L'humour est excellent et c'est une des BD qui me fait le plus marrer. Les Dalton et Ran Tan Plan font partie des meilleurs personnages de crétins jamais inventés. Ma période préférée est lorsque la série déménage chez Dargaud où Goscinny n'ayant plus Monsieur Dupuis sur le dos, va écrire des scénarios avec un ton plus mature comme Canyon Apache, Chasseur de primes et La guérison des Dalton. Malheureusement, suite à la mort de Goscinny, cela devient moins bon quoique contrairement à d'autres je ne jette pas tout ce qu'il s'est fait ensuite, probablement parce que j'ai aussi grandi avec ces albums. La période post-Goscinny de Dargaud est globalement bonne en dehors des albums d'histoires courtes et les adaptations en BD des films d'animations des années 70. Ces albums sont tout simplement mauvais et on voit très bien à quel point Lucky Luke était devenu une machine à fric. Ensuite, vient la période des années 90 avec Lucky Production/Comics. Si certains albums ont encore un scénario correct (le dernier album qui tient la route selon moi est O.K. Corral), le dessin de Morris va malheureusement perdre de sa superbe, notamment lorsqu'il va se mettre à faire du copier-coller. Une autre série victime de son succès. Il reste tout de même une bonne partie que j'adore. Culte malgré tout !

20/09/2007 (MAJ le 08/06/2020) (modifier)
Par PAco
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Ascender
Ascender

C'est sans connaître la série Descender que je découvre cet univers fantastique mêlant astucieusement SF et fantasy. Le récit est prenant d'emblée, et même sans connaître rien à l'univers d'origine, on est rapidement happé. D'une part parce que la narration est d'une rare efficacité et que les rebondissements et les personnages imposent un rythme soutenu, ensuite parce que le graphisme à l'aquarelle qui peut surprendre au début nous propose au final un touche graphique magnifique et très personnelle. C'est aussi grâce à ce subtil équilibre trouvé entre un monde faisant penser à Star Wars et les créatures du fantastique et de la fantasy classique (vampires, dragons, mages...) que le scénariste Jeff Lemire a visé juste pour nous servir cet univers unique. Ce premier tome se termine sur un cliff hanger qui forcément ne nous donne qu'une envie : LA SUITE ! Un très bon premier tome qui va de toute manière déjà me pousser vers la série Descender en attendant la suite prometteuse de cette nouvelle saga.

08/06/2020 (modifier)
Par Jetjet
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Les Aventures de Michel Swing
Les Aventures de Michel Swing

Déjà, ne pas se fier à la couverture rouge écarlate d'un pilote victorieux dans sa Formule 1, il ne s'agit pas vraiment ici d'une parodie de Michel Vaillant concoctée à 4 mains par Brüno et Jousselin mais d'un fantastique fourre-tout conçu comme un défi entre deux auteurs en pleine possession de leurs moyens. Prépublié sur le web dans les années 2000 lorsque l'un n'était pas encore reconnu pour Nemo ou Tyler Cross et le second encore moins pour Imbattable, les deux trublions décident de créer une histoire autour d'un champion de F1 contrarié par quelques esprits malfaisants jaloux et revanchards. Sa particularité ? Constituer l'histoire planche par planche et chacun son tour en tenant compte des directions de la planche précédente dans un format à l'italienne et dans une superbe bichromie noire et rouge. Ce qui aurait du être un joyeux bordel sans queue ni tête à la marabout bout de ficelle devient un cocktail détonnant et inventif avec pas mal d'humour, d'absurde et de situations rocambolesques. Il faut dire que Michel Swing est un peu le stéréotype du beau gosse chanceux dont le talent au volant n'est plus à contester. Son coach est un homme d'affaires motivé par la gloire et le succès un peu ronchon. Et on y ajoute un agent du FBI chargé de leur protection et tireur hors pair sans oublier la femme fatale : une journaliste canadienne éprise de notre pilote et surtout des possibles scoops à rédiger. Et des péripéties hors circuit, il s'en passe pas mal le long des 100 planches de cette longue aventure : assassins ninja, grand méchant à la Doctor MAD sorti tout droit d'Inspecteur Gadget, pièges retors machiavéliques et surtout beaucoup d'humour. Pas une minute d'ennui lorsque même les concepteurs ne savent pas eux-même comment tout cela va finir ! Ils se permettent même d'en complexifier les règles en tirant le nombre de cases à dessiner par planche par l'aide d'un dé à 12 faces !!! Graphiquement c'est du tout bon également : la bichromie permet d'harmoniser leurs styles pas si éloignés. Le petit bouquin comporte également un véritable jeu de course automobile détachable et de nombreux bonus. On ressort véritablement enchanté à la fin de la lecture et on rêve d'une nouvelle collaboration à l'identique sur un sujet différent... Les paris sont pris, qui osera relever ce défi ? Michel Swing est à offrir ou à se faire offrir sans modérations. Un bol d'air salvateur.

07/06/2020 (modifier)
Par Josq
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série La Malédiction des sept boules vertes
La Malédiction des sept boules vertes

A quoi voit-on qu'une bande dessinée est un chef-d'oeuvre ? Difficile à dire, mais quand on lit en une seule journée ses six tomes, et qu'on enchaîne le lendemain avec les deux tomes de son spin-off, je pense qu'à défaut de pouvoir la hisser au rang de chef-d'oeuvre, c'est tout au moins un critère suffisant pour constater qu'elle a intégré notre Panthéon personnel... De fait, La Malédiction des sept boules vertes est véritablement une saga captivante. Evoquant assez fortement l'univers du Seigneur des anneaux de Tolkien, la saga de Parcelier ne bascule pourtant jamais dans le plagiat, grâce à l'imagination sans failles de l'auteur/dessinateur, et à l'originalité de son récit. Pour apprécier La Malédiction des sept boules vertes, il faudra toutefois accepter de se laisser porter au gré des errances de l'imaginaire de Parcelier. Car en effet, même s'il y a un solide fil directeur, chaque tome peut presque se lire comme un one shot, tant chacun développe ses propres arcs narratifs, qu'il conclut sans attendre la conclusion générale. On pourra donc trouver la qualité des tomes variable en fonction des péripéties qui y sont développées, certaines étant absolument inutiles au récit global, pourtant je trouve que chaque épisode réussit à déployer des enjeux solides, en attendant la conclusion générale du récit. Lorsqu'elle arrive en fin du tome 4 (le plus faible à mes yeux), la conclusion m'a déçu. Je me suis vraiment dit : "Tout ça pour ça ?". Sans spoiler, le traitement de celui qu'on nous avait annoncé pendant 3 tomes comme le grand méchant de la saga m'a paru franchement décevant (difficile de ressentir une réelle puissance de son côté), malgré un twist qui s'appuyait sur une bonne idée. Quant aux boules vertes, on se demande à quoi elles auront servi, tout en se remémorant toutes les questions des tomes précédents restées sans réponses. On ne se plaint pas, on a bien profité de l'intrigue, mais on espérait quelque chose de plus grandiose. Et puis arrive le 5e tome... et le miracle s'accomplit ! Comme dans toute conclusion qui se respecte, Laurent Parcelier convoque des éléments issus des quatre tomes précédents, et les imbrique de manière à rassembler toutes les pièces du puzzle. Un retour aux origines bienvenu qui donne un vrai coup de fouet à la saga et lui permet de terminer en apothéose, s'offrant même le luxe d'introduire un nouvel élément scénaristique fascinant (en plus d'être dans la plus badass des cités lacustres) qui relance tout l'intérêt du lecteur. Pour ma part, je trouve qu'on a tôt fait de qualifier le tome 6 de "Hors-série" car, même si l'on peut s'arrêter sans conteste à la fin du tome 5 et préférer imaginer ce qui se passe après, Le Lutin farceur répond encore à toutes les nouvelles questions suscitées par la conclusion du tome précédent, et l'on découvre enfin cette mystérieuse Salle du temps et son étrange pouvoir. En termes de montage scénaristique, ce tome 6 est un prodige ! Racontant deux destins parallèles du personnage principal, chacune des pages répond à celle qui est juste à côté dans un entremêlement d'intrigues savamment orchestré. Ce "hors-série" est sans doute le tome le plus indispensable de la saga, tant il est génial ! Le génie de Parcelier ne réside pas vraiment dans ses personnages, sympathiques, mais à peu près tous trop lisses, il réside vraiment dans son intrigue, et son imaginaire incroyable qu'il arrive à parfaitement coucher sur le papier. Les péripéties sont toujours intéressantes, non pour ce qu'elles apportent à la résolution de l'intrigue, mais pour elles-mêmes. Même si on veut savoir comment tout cela va finir, on est toujours dans l'instant présent, et on veut d'abord savoir comment nos personnages vont se sortir de tel ou tel mauvais pas. En cela, l'univers fantastique développé par Laurent Parcelier fonctionne à merveille : mystérieuse forêt aux milles dangers, magicien très puissants, dragons, villes médiévales en pleine révolte, etc... Tous les poncifs du bon récit d'aventures fantastico-médiéval sont là sans pour autant tomber dans du déjà-vu. A chaque fois, l'auteur s'y entend pour relancer l'intérêt grâce à de nouvelles péripéties captivantes. Le dessin, lui, est formé d'une belle ligne claire, un peu inattendue (pour ma part) pour un récit d'une telle ampleur (on n'imagine pas Le Seigneur des Anneaux dessiné par Hergé), et pourtant, l'alchimie est efficace. Le trait assez épais de Parcelier sait donner vie à sa mythologie fascinante, et devient de plus en plus rigoureux au fil des albums (même s'il est bon dès le début). Rien à redire de ce côté-là. Enfin, concernant les deux tomes spin-off, intitulés Guilio et le drôle de monde, on ne perdra pas son temps en les lisant, car ils constituent une extension globalement sympathique aux six tomes précédents (rien à voir sur le plan narratif), mais ils ne réussissent pas à être au niveau global de la saga, tant deux tomes ne suffisent pas à développer des enjeux trop importants pour être traités aussi rapidement. A réserver aux fans les plus convaincus de La Malédiction des boules vertes. Dernière remarque : bon, et finalement, il y a quoi, dans cette putain de bouteille à tête de diable ???

07/06/2020 (modifier)
Couverture de la série Mahârâja
Mahârâja

Le Maharaja en question n’est presque qu’un simple prétexte, un personnage certes au centre de l’intrigue, mais aussi finalement « accessoire » (dans tous les sens – y compris sexuels – du terme). Il ne prononce d’ailleurs pas un seul mot de tout l’album ! Nous sommes en 1917, année charnière de la première guerre mondiale, et ce Maharaja indien s’accorde une virée en Italie, au bord du lac de Côme. Il est suivi de très près par son imposant (et séduisant !) harem, et de presque aussi près par certains services secrets. En effet, il projette de déclarer l’indépendance de son royaume. Les services secrets allemands sont donc intéressés par cet affaiblissement potentiel de l’Empire britannique, et dépêchent du monde pour le protéger du MI5 anglais, qui, lui, envoie un tueur pour éliminer ce prince rebelle. Les déboires que va rencontrer ce tueur anglais dans l’accomplissement de sa tâche m’ont fait penser au personnage de Milan, incarné par Ventura dans le film « L’emmerdeur ». Et d’ailleurs, chaque apparition de ce personnage ajoute une bonne touche d’humour – et ce jusqu’à l’épilogue, en forme de grosse farce ironique et noire ! Vous l’avez remarqué, je n’ai pour le moment pas encore évoqué l’aspect proprement érotique de l’album. C’est dire qu’on a là – même si c’est parfois un peu rapide et succinct (j’ai en particulier trouvée un chouia bâclée la fin) – un vrai scénario, mêlant aventure, espionnage et humour. Mais on est bien là dans une œuvre érotique. En effet, les parties fines se multiplient, que ce soit parmi les différents groupes qui gravitent autour du Maharaja et de sa suite (Italiens, espions allemands, etc) – notre Anglais étant une notable et amusante exception, malgré les avances légèrement outrancières de sa gironde d’aubergiste ! Surtout, dans l’hôtel de luxe où séjourne notre Maharaja, tout est fait pour le satisfaire – et il a de sacrées envies ! C’est ainsi que la directrice de la résidence (une belle rousse que nous retrouverons, dans un autre contexte et dans un rôle plus central, dans l’album suivant du même duo, Nuits Indiennes) mettant son établissement, son personnel, et sa jolie personne au service de son riche et majestueux client. Que ce soit en petit comité ou en groupe plus imposant, toutes les positions y passent ! Pour finir, il faut parler du dessin d’Artoupan, qui est vraiment original et réussi. Il parvient à merveille à restituer décors et costumes de cette époque, avec un rendu parfois proche des tableaux de Klimt ou du style Art nouveau. Le trait est à la fois réaliste et faussement maladroit, avec des airs de vieilles revues de mode, tout en étant, malgré l’aspect un peu « statique » de certaines situations, assez dynamique pour ne pas être que de l’illustration. En tout cas, nous avons clairement là un album qui sort du lot dans le domaine de la BD érotique (voire plus), assez ambitieuse au niveau du scénario, et avec un côté graphique lui aussi « charmant ». C’est plutôt une réussite du genre. J’avais déjà aimé les Nuits Indiennes, lues auparavant, et remercie Jetjet de m’avoir fait découvrir ces deux auteurs.

05/06/2020 (modifier)