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Par gruizzli
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Tirésias
Tirésias

Oh la belle adaptation que voilà ! Une magnifique histoire, servie par un dessin sublime et le tout enrobé dans une morale venue du fond de la Grèce antique, mais qui semble résonner encore aujourd'hui avec force. C'est un sans-faute pour une BD qui m'a plu à sa lecture, et que j'ai envie maintenant de recommander à tout le monde. Le mythe de Tirésias m'était connu, mais dans sa version Ovidienne, et donc bien éloigné de l'histoire que nous a concoctée Le Tendre. Car ce dernier à eu l'audace (très bienvenue d'ailleurs) de nous construire une histoire dans laquelle la déesse Athéna a une place prépondérante, mais aussi dans laquelle la tragédie grecque est présente. Un personnage détestable et odieux se retrouve à être femme, condamné pour avoir offensé une servante d'Athéna, à découvrir le "sexe faible" qu'il méprisait. Orgueilleux, vantard et conscient de sa beauté, Tirésias ne redeviendra homme que le jour où il saura faire preuve d'abnégation pour autrui ... Une bien belle histoire, mêlée de plusieurs autres petites histoires : querelles de guerrier, guerres ... Le scénario de Le Tendre est parfait : il a su tirer toute la substance d'un mythe peu développé pour en faire une histoire aux morales et aux facettes bien contemporaines et diablement bien pensées. Rapport homme/femme, place des femmes dans la société, différence des sexes, apprentissage de l'amour ... La BD regroupe, mine de rien, beaucoup de thématiques bien pensées qui ont un écho assez retentissant aujourd'hui, mais sans jamais tomber dans une caricature ou une dénonciation bas du front. C'est simplement une histoire avec une conclusion qui laissera chacun en tirer la morale qu'il veut. Rien de plus, rien de moins, et c'est ce que j'adore le plus. Niveau dessin, Rossi s'est fait plaisir avec des magnifiques pages, une représentation crédible de la vie à Athènes 20 siècles avant notre ère, mais aussi dans les paysages et les personnages. L'histoire d'amour vit à travers les pages, tout autant que le drame. C'est en peu de mots mais en beaucoup d'expressions que se conclura l'histoire, une pudeur que j'ai beaucoup aimée. Et je ne parle pas de l'apparition des dieux, qui m'a fait plaisir tant on sent leurs caractères à travers leurs représentations. Tirésias, c'est le genre de BD que j'ai adoré découvrir et qui résonne aujourd'hui encore, 20 ans après sa parution. Peut-être même plus encore aujourd'hui, lorsqu'on voit les sujets abordés. Mais c'est aussi une réappropriation formidable d'un mythe antique, et une belle histoire joliment racontée. Rien que du bon, en somme ! Et surtout une très belle découverte, pleine de surprise pour ma part. C'est dans ce genre de surprises que je suis le plus touché par une œuvre, lorsque je n'en attends rien et que soudainement elle me happe pour me laisser rêveur et souriant pour une journée. Encore une BD que je vais recommander à tout le monde, et avec laquelle je vais bassiner mes amis pour qu'ils la découvrent aussi !

02/07/2020 (modifier)
Par Josq
Note: 3/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Poussy
Poussy

Je n'avais encore jamais lu cette série assez méconnue de Peyo et sans dire qu'elle est incontournable, je dois dire que je suis très agréablement surpris. Le format des gags (4 cases, le plus souvent) ne semblait pas autoriser un humour d'une grande variété, et pourtant, régulièrement, la surprise était au rendez-vous, j'étais étonné et parfois même hilare devant certaines chutes. Alors certes, la qualité des gags est un peu inégale dans son ensemble et certains sont très convenus voire (plus rarement) répétitifs, mais on a toutefois régulièrement l'occasion de sourire et même parfois de rire devant un humour qui n'en reste pas moins efficace. Même s'il y a pas mal de texte, grâce aux humains qui entourent le chat, le fait que ce dernier soit muet permet d'instaurer un excellent décalage entre le personnage principal et son entourage, mais aussi de développer des trouvailles avant tout visuelles pour séduire le lecteur. Le trait de Peyo est très classique, on le connaît par coeur, et ici, il nous garantit encore un joli dessin, très agréable au regard et qui diffuse une belle ambiance. Bref, belle découverte pour ma part, même si ça n'a rien de très exceptionnel.

29/06/2020 (modifier)
Par Gaston
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Konosuba - Sois béni monde merveilleux !
Konosuba - Sois béni monde merveilleux !

Enfin, sort en langue française l'adaptation en manga d'un des meilleurs light novels jamais créés ! Habituellement, je ne suis pas du genre à mettre 5 étoiles à une série qui vient de sortir, particulièrement pour les longs mangas, j'attends au moins qu'une dizaine de tomes soient disponibles, mais là Konosuba est l'exception à la règle avec Iruma-Kun qui va sortir à la rentrée. Oh joie cette année ne sera pas totalement merdique ! J'ai découvert la franchise avec la première saison de l'anime. Au début, j'ai regardé par curiosité et sans grande conviction et puis au fil des épisodes je suis complètement tombé amoureux de cet univers. J'ai alors recherché le light novel sur internet et aussi les différents mangas et spin-off de la série dont celui-ci, qui adapte bien la série mère. J'ai ensuite écouté avec plaisir la seconde saison et aussi le film qui est un des meilleurs films d'animation que j'ai vus ! D'ailleurs, le scénariste de Pulp Fiction adore le film donc ça prouve que j'ai bon goût ! De quoi parle Konosuba ? Et ben un jour un jeune Japonais meurt et va se réincarner dans un univers de fantasy rpg et il va sauver le monde. En gros, l'intrigue la plus banale depuis une dizaine d'années au Japon, où on retrouve ce schéma dans des centaines de séries à travers différents médiums. En plus, le gars il se retrouve entouré de belles filles, que c'est cliché tout ça ! Sauf que la série est avant tout une comédie et tourne les clichés du genre en ridicule. Ainsi, Kazuma, le héros, est très loin du modèle style du jeune héros japonais valeureux et chaste. C'est un pervers qui agit souvent comme un gros con, même s'il a bon cœur par moment, et les filles qui l'entourent sont vraiment les pires compagnons qu'on puisse imaginer. Par exemple, Megumin la mage est très bonne avec un sort d'explosion et c'est le seul truc qu'elle sait faire, et en plus elle ne peut jeter le sort d'une fois par jour ! Il y a de l'originalité dans le scénario, les situations sont imprévisibles et le scénario est vite prenant. Même si c'est avant tout une comédie, il y a tout de même des moments sérieux et des scènes d'action, comme dans toute bonne fantasy qui se respecte. Les personnages vont se développer au fil des tomes et ne sont pas juste là pour faire les mêmes blagues encore et encore comme c'est le cas avec certaines séries japonaises. On n'hésite pas à aller à l'encontre de certains clichés. Par exemple, Kazuma est entouré principalement par trois femmes, Aqua, Darkness et Megumin. Si les deux dernières vont développer des sentiments amoureux pour lui, cela prend plus de temps qu'avec un manga harem normal où parfois les filles tombent amoureuses du héros juste parce qu'il a été gentil avec elles ou parce qu'il les a sauvées d'une situation dangereuse. Pour ce qui est d'Aqua, alors qu'elle a le rôle désigné de la fille qui passe son temps à détester le héros alors que dans le fond elle l'aime, et ben ici ils vont juste rester des amis. J'ai lu les 8 premiers tomes de ce manga (la traduction est un peu en retard) et c'est vraiment fidèle à la série. L'humour est excellent et se renouvelle bien, il y a de l'imagination, notamment au niveau des ennemis et la manière dont le groupe les bat. Le dessin est bon, bien mieux que certaines adaptations de light novels qui ont un dessin vraiment moyen. Bref, j'adore cet univers, les personnages sont attachants malgré leurs défauts, et c'est une de mes séries cultes que je suis content de partager sur ce site !

29/06/2020 (modifier)
Par Josq
Note: 3/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Scrameustache
Le Scrameustache

Ah, Le Scrameustache, encore une bonne vieille série de mon enfance ! Comme dans toute bonne BD jeunesse, ce qui m'a pleinement séduit, dans cette saga, ce sont ses aventures toujours variées et originales. Cette série a vraiment tout pour plaire, en tous cas à un jeune public : des personnages attachants, des intrigues captivantes, un humour globalement bon... et surtout, un magnifique dessin ! J'aime beaucoup le trait de Gos, que j'avais déjà trouvé excellent sur Gil Jourdan (il avait réussi le prodige de ne pas me faire regretter l'absence de Tillieux aux dessins). C'est vraiment typique du style riche et abouti que j'aime trouver dans une bonne bande dessinée de cette époque. En outre, Gos sait développer une belle mythologie qui renforce largement l'efficacité de l'atmosphère envoûtante de sa série, que ce soit dans les méchants spatiaux (Falzar, un méchant très réussi, au moins quand on est enfant) ou lorsqu'il s'oriente vers les mythes nordiques, ici bien utilisés. Malheureusement, comme toute saga, Le Scrameustache a duré trop longtemps, et bien sûr, au bout d'un moment, après une bonne quinzaine de tomes, les histoires ont commencé à devenir moins bien menées et donc un peu moins intéressantes. Et surtout, ça reste une série destinée avant tout à la jeunesse, qui comme souvent, résiste moins à un regard d'adulte. On pourra tout de même trouver intact le charme un peu rétro mais pas ringard des premiers épisodes... En tous cas, moi, c'est toujours avec plaisir que j'ouvre les premiers tomes, tout en sachant que l'ensemble va être un peu puéril par moments. Mais ça réactive une nostalgie dans laquelle j'aime à me plonger par moments ! Bref, pas un incontournable absolu, mais à mon avis, ça reste une saga à découvrir lorsqu'on est dans la bonne tranche d'âge.

28/06/2020 (modifier)
Couverture de la série Les Oiseaux lumineux
Les Oiseaux lumineux

Je découvre avec cet album la maison d’édition, et cet auteur roumain, dont le travail – graphique en particulier – mérite indéniablement d’être connu et reconnu. C’est en effet ce qui saute aux yeux dès qu’on ouvre l’album (et ce qui me l’a fait acheter – j’allais dire les yeux fermés, mais ce serait plutôt les yeux écarquillés !) : j’ai vraiment trouvé très beau l’univers créé par Andrei Puica ! Un univers qui fait la part belle à l’onirisme, à un fantastique merveilleux, tout en développant en parallèle un monde quasi post apocalyptique, une cité dans l’espace sans ancrage (géographique, sidéral ou temporel), sur laquelle une sourde fatalité oppresse quelques rares survivants. Et ce qui magnifie vraiment ce dessin et cet univers, c’est la colorisation, qui joue sur toutes les nuances du mauve, du violet, en allant parfois vers des verts pâles. Un univers noir et lumineux à la fois, d’une grande beauté, très géométrique (quelque chose des décors d’Escher parfois). L’histoire est, elle, moins facile à appréhender, et surtout à résumer. Certains aspects la font pencher vers un public jeune, mais en fait ce n’est pas vraiment le public cible. Car il y a, par-delà la poésie de l’ensemble (un peu du "Roi et l’oiseau" de Prévert et Grimault, dans certaines séquences – les décors, un peu la colorisation, mais aussi l’omniprésence de plumes m’y ont fait penser), un conte philosophique qui se révèle plus difficile d’accès et ne livre pas facilement tous ses secrets. Mais peu importe, je me suis laissé porter par le courant, sans chercher à le remonter pour en trouver la source. Mais c’est clair que l’intrigue peut rebuter certains lecteurs. Une chouette découverte, achat d’impulsion que je ne regrette pas. Note réelle 3,5/5.

27/06/2020 (modifier)
Par Josq
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Johan et Pirlouit
Johan et Pirlouit

Autant j'aime Les Schtroumpfs ou Benoit Brisefer, autant le véritable chef-d'oeuvre de Peyo reste sans conteste à mes yeux Johan et Pirlouit. C'est en tous cas celle où l'auteur/dessinateur me semble démontrer le plus son incroyable talent de narrateur et de créateur d'images. Si les deux premiers tomes sont très classiques, la saga décolle dès Le Lutin du Bois aux Roches avec l'introduction du véritable personnage culte de cette bande dessinée : Pirlouit. Personnage comique avant tout, ce dernier n'est toutefois pas enfermé dans ce rôle par l'auteur, qui sait l'utiliser aussi bien pour incarner son humour irrésistible que pour faire avancer l'intrigue quand il le faut. Il permet de mieux mettre en relief Johan, véritable héros de la série, qui menace, comme tout bon personnage principal de cette époque, de se révéler trop lisse car trop parfait. Le mettre en duo avec Pirlouit est la meilleure idée que Peyo ait eue, tant l'alchimie entre les deux personnages est excellente, et joue beaucoup sur l'attachement qu'on leur porte. Ainsi, fort de personnages hauts en couleurs (même les plus secondaires le sont), Johan et Pirlouit peut s'appuyer sur tous les codes du récit médiéval, avec ses complots autour du pouvoir, ses bandits de grand-chemin, ses rois débonnaires et ses chevaliers intrépides, mais aussi sa mythologie fantastique. Alternant les récits plus réalistes avec des intrigues où le surnaturel occupe une grande place, Peyo sait varier les plaisirs en ne tombant jamais dans la redondance, et en renouvelant constamment ses scénarios. Son trait évolue merveilleusement au fur et à mesure de la série, et passés les premiers tomes où le dessin est bon mais pas encore arrivé à maturité, on se régale devant chaque case, tant Peyo a l’œil pour donner corps à son atmosphère médiévale, en apportant un soin tout particulier à chaque détail de chaque case, mais sans surcharger ces dernières. Il trouve un équilibre graphique qui nous rappelle à quel point il est un grand auteur. Du tome 3 au tome 8, donc, on a d'excellents albums, drôles, originaux et captivants. Mais l'âge d'or de la saga réside clairement selon moi dans les tomes 9 à 13, qui se révèlent chacun d'une perfection absolue. Avec l'arrivée des Schtroumpfs dans la saga, Peyo fait décoller cette dernière vers des horizons grandioses. Développant tout leur potentiel comique au fur et à mesure de ces tomes, l'auteur sait les garder au second plan du scénario en gardant ce dernier à échelle humaine. Ainsi, ils viennent renforcer des intrigues déjà de (très) grande qualité. En effet, les scénarios restent toujours très originaux, s'appuyant sur la propension de Pirlouit à faire toutes les bêtises possibles et imaginables et l'environnement magique dans lequel évoluent les personnages. Cela nous occasionne de véritables chefs-d'oeuvre tels que La Guerre des sept fontaines ou Le Sortilège de Maltrochu, à mon sens les deux plus hauts sommets de la saga, dont chaque tome constitue toutefois chacun son tour un sommet à part entière. Enfin bref, pour moi, malgré certains tomes un peu moins bons, Johan et Pirlouit reste une des sagas les plus cultes, et une de celles dont j'ai le plus usé les tomes. C'est toujours un plaisir de s'y replonger, le temps d'une ou plusieurs histoires ! A noter que la reprise par Thierry Culliford n'est pas mauvaise. Evidemment, on est toujours loin des récits de son père, mais n'ayant pas multiplié les albums comme il fera avec Les Schtroumpfs ou Benoit Brisefer, il a réussi à entretenir l'atmosphère globale de la saga sur ses 4 tomes, avec ses forces et ses faiblesses, mais toujours avec fidélité. Donc si on s'attend à une baisse de qualité par rapport aux 13 tomes précédents, ceux écrits par Thierry Culliford constituent un prolongement qui n'a rien de honteux. En tous cas, ce qui est sûr, c'est que les 13 tomes de Peyo sont des incontournables de la BD franco-belge !!!

26/06/2020 (modifier)
Par Argas
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Quantix - La Physique quantique et la Relativité en BD
Quantix - La Physique quantique et la Relativité en BD

J'ai appris plein de choses. La vulgarisation scientifique est très bien traitée et cela m'a donné envie d'essayer de me plonger dans des bouquins de physique dure !

25/06/2020 (modifier)
Par Pierig
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Exode
Exode

Ne pas se fier à la couverture hideuse. A l’intérieur, se trouve un petit bijou vaudevillesque qui vaut vraiment le détour. Le trait de Rabaté fait merveille pour dépeindre, comme à son habitude, le quotidien anodin de petites gens. Le contexte de la drôle de guerre est propice à distiller une tension latente auprès de la population. Entre peur et incrédulité, les villageois s’en remettent à leur maire, secondé par le curé qui voit en cette période trouble une opportunité de rassembler ses brebis égarées. J’apprécie beaucoup l’angle sous lequel l’auteur nous conte ces avatars qui n’ont en soi rien d’extraordinaire. Il n’y a pas de héros, pas de personnage principal. L’histoire en elle-même est insignifiante mais tellement bien racontée. Et puis il y a ce final qui clôture de manière inattendue le récit. Mention particulière pour les dialogues ciselés qui font tout le sel de ce récit aux limites de l’absurde. Un des meilleurs Rabaté qu’il m’ait été donné de lire !

25/06/2020 (modifier)
Par Josq
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Incroyable !
Incroyable !

J'ai ouvert cette bande dessinée sans savoir du tout à quoi m'attendre... Et bien je peux dire que je m'attendais à beaucoup de choses, mais pas à ça ! Le début est sympathique, mais on se demande un peu où les auteurs veulent nous mener. Le prologue, déconcertant à souhait, est très amusant, puisqu'il joue à nous présenter divers éléments qui auront leur importance dans le récit sans qu'on voie quel lien il pourra y avoir entre eux. Zabus y fait d'ores et déjà référence à Tchekhov et à son célèbre pistolet, qui veut que tous les éléments-clés de l'intrigue soient déjà utilisés auparavant dans la bande dessinée et pas introduit dans le récit au moment où ils servent. C'est ce qu'il fait ici avec un brio incroyable : quand on commence à comprendre que toutes les pièces du puzzle étaient déjà là sous nos yeux, c'est absolument excellent. Après ce prologue joyeusement déjanté, avec la présentation du personnage principal, on entre dans quelque chose de plus classique. On a déjà vu plusieurs fois, en BD ou en films, cet enfant proche de l'autisme, ici nommé Jean-Loup, qui s'est complètement refermé sur lui-même suite à un drame familial (ici, l'absence d'une mère, aggravée par un père toujours très distant), et qui a transformé sa vie en une routine rythmée par une maniaquerie poussée à l'excès. Le cadre est posé et la suite, sans être ennuyeuse du tout, ne témoigne toujours pas d'une originalité extrême : s'étant révélé dans un exposé passionnant, Jean-Loup est alors désigné par sa maîtresse pour participer à un concours national d'exposé. Ne sachant quel sujet choisir, il décide d'aller demander conseil à son seul véritable ami qu'il connaisse (car celui-ci répond aux lettres qu'il lui envoie) : le roi des Belges. S'ensuit une sorte de road trip qui devient une odyssée fantastique dans la tête de ce petit garçon livré à lui-même dans un monde qui l'écrase. C'est joli, bien raconté, et déjà, cela aborde discrètement des thèmes assez graves, avec une touche de légèreté très bienvenue. Seulement, même si l'onirisme et la poésie du récit font déjà mouche, on attend quand même que le récit décolle vraiment. Oui, mais voilà. Ça, c'est juste la première moitié de la bande dessinée. Et la suite, je n'en parlerai pas (même si j'en crève d'envie), car surtout, il ne faut rien déflorer de la beauté et de la puissance du récit, qui devient un impressionnant sans-faute dans son deuxième acte brillant. A l'occasion d'un retournement particulièrement bien amené, l'intrigue prend une toute nouvelle dimension, et même un personnage qu'on pensait purement humoristique acquière une belle profondeur, permettant à la bande dessinée de s'achever dans une apothéose émotionnelle très réussie. J'avoue que j'en ai eu les larmes aux yeux... Le dessin d'Hippolyte complète bien le scénario de Zabus. Au début, je ne le trouvais pas très fin, mais peu à peu, soit que je m'y habitue soit que le trait devienne plus ferme, il dégage une sensibilité et une subtilité inattendues. L'éditeur le compare à Sempé, et j'avoue que, même si je n'étais pas d'accord dans les premières pages, il y a effectivement un peu de ça (Sempé restant bien sûr inatteignable). La délicatesse du trait sied parfaitement au récit, que ce soit dans les moments d'humour un peu bouffon (l'hilarante rencontre de Jean-Loup dans les toilettes du palais royal) ou dans les moments d'émotion pure (le final de la bande dessinée). Les couleurs jouent aussi beaucoup dans la narration, leur ton grisâtre égrené de touches de couleurs parfois ponctuelles donne un caractère très fort au récit, et l'aspect aquarelle renforce la dimension onirique du conte, car c'en est un. Enfin voilà, j'espère ne pas en avoir trop dit, mais en avoir dit assez pour donner envie à ceux qui me liront. J'imagine que la surprise a été pour beaucoup dans mon appréciation de cette bande dessinée, mais vraiment, ce coup de coeur a été très inattendu pour moi. On tient peut-être là une des meilleures BD de l'année, un bijou de drôlerie, de poésie et d'émotion qui mérite sans conteste le détour !

24/06/2020 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Bateau de Thésée
Le Bateau de Thésée

J'ai lu les 4 premiers tomes et pour l'instant c'est un très bon manga policier. Un jeune homme dont la vie est dure parce que son père policier a été accusé d'un gros crime va se retrouver dans le passé ! Pourra-t-il changer le cours de l'histoire ? Son père est-il innocent ? Si ce n'est pas lui le criminel alors qui est le coupable et quel était son mobile ? Le mystère est passionnant, il y a de nombreux retournement de situations, on n'est jamais certain si des personnages sont fiables ou non....Le genre de thriller que je lis du début jusqu'à la fin sans aucun problème tellement c'est prenant ! L'auteur en profite pour montrer un coté sombre de la société japonaise. En effet, là-bas on n'a aucun problème à stigmatiser une personne juste parce qu'un de ses proches a commis un crime, comme si c'était de leurs fautes et qu'ils mériteraient de mourir à cause d'un truc qu'ils n'ont pas commis. En plus, avec le héros c'est poussé à l'absurde parce qu'il était dans le ventre de sa mère au moment du crime ! On voit aussi au cours de l'histoire que les policiers japonais peuvent être de vrais salopards. Si le père policier est pour l'instant un gentil policier qui fait son devoir, l'inspecteur de police qui débarque dans le village utilise des méthodes qui risquent de choquer des lecteurs occidentaux. J'espère que la suite sera aussi bonne que les premiers tomes !

22/06/2020 (modifier)