J'ai beaucoup aimé les 2 premiers tomes, avec une préférence pour le 1er néanmoins.
Le début de l'histoire, le dessin, le synopsis pourrait laisser croire, à tort, à une histoire pour adolescents. Mais très vite, la lecture s'avère beaucoup plus riche et complexe que de prime abord, avec cet univers virtuel, conçu comme un jeu vidéo, dans lequel les humains évoluent autour d'intrigues politiques et financières, des guerres de possession et de clans.
L'environnement galactique fait penser à Star Wars, sans le côté bon contre méchant. Chacun est maître de son histoire.
Le 1er tome présente bien sûr les personnages, et j'ai beaucoup aimé les passages alternés entre la vraie vie sur Terre et leurs évolutions dans le jeu, avec une accélération de l'intrigue à la fin.
Le 2nd tome a un cadre plus restreint et monotone en suivant essentiellement l'héroïne dans le jeu et comment elle peut se sortir de la situation dans laquelle elle se trouve.
Il y a un vrai travail fouillé pour décrire l'univers, les relations entre les multiples personnages, leur vraie vie et leur vie jouée.
Une lecture plus que conseillée.
Jouissif. C'est le premier mot qui me vient à l'esprit après la lecture du premier tome. Cela peut devenir culte si la suite est du même niveau.
Il y a beaucoup d’éléments que l'on pourrait associer à Tarantino : de l'action, du burlesque, des personnages marqués et charismatiques, de l'originalité, une mis en page explosive et esthétique.
Ce premier tome est déjà très riche en événements, les étapes du scénario sont bien respectés ce qui permet une très bonne structure dans le récit, avec une fin qui donne envie de dévorer tout de suite le tome 2 qui vient de sortir.
Le dessin rend, je trouve, mieux sur papier qu'en photo, il est très coloré avec un vrai travail sur le découpage et colle parfaitement au rythme et au scénario.
C'est rare d'avoir des productions de cette qualité sur tous les plans. Une réussite.
Les bandes dessinées australiennes ne sont pas légion dans mes lectures, et je dois dire que cet album qui fait maintenant parti de la sélection pour Angoulême 2021 a de quoi surprendre !
Tout d'abord par son sujet ; cette Australie dystopique dévastée où chacun cherche à s'en sortir et se refaire n'est pas sans rappeler la conquête de l'Ouest américain du XIXe. On ne sait ni pourquoi ni comment le pays ou le monde en est arrivé là, mais la famille Wise compte bien faire fortune en se rendant à l'eldorado du moment : la ville croupie de Falter City. Située dans une zone marécageuse où tout ne semble que boue, miasmes et remugles, Falter City concentre toute la faune humaine que ce genre de mirage à fortune fait miroiter. Escrocs, prostituées, arnaqueurs et autres morbachs y pullulent pour profiter de cette population crédule qui y débarque pour s'enrichir.
C'est donc dans ce "petit paradis" que débarquent Penn et Lipton Wise, accompagnés de leur mère pour y monter leur entreprise de yaourts fermentés. Cette dernière leur lègue l'entreprise familiale en arrivant, et nos deux frangins vont vite être dépassés par cette arène grouillante et suintante où ils se sont enlisés...
Cette plongée dans cet univers quasi post-apocalyptique est rapidement immersive, même si au début, un peu largués comme nos protagonistes, on ne sait pas trop de quoi il retourne. Mais les personnages sont vite attachants, entre un frangin un peu benêt et l'autre un peu débrouillard, on se fait rapidement happer par leur destin dans cette fourmilière hostile.
Pat Grant a du talent pour accrocher son lecteur et son trait qui n'a pas été sans me rappeler d'un certain côté celui de Gilbert Shelton et ses fabuleux Freak Brothers n'y est pas anodin. A la limite de la caricature, ce trait exagéré qui se joue des expressions des visages comme des perspectives de ses décors vise l'essentiel pour nous immerger dans l'univers qu'il construit.
J'ai pour ma part dévoré ces 200 pages et c'est comme à regrets qu'on referme cet album où malgré la pesanteur ambiante de ce petit monde on finit par apprécier ce nouveau monde qu'on vient de nous faire découvrir. Petit espoir tout de même, Pat Grant dans ses facéties de fin d'album n'exclut pas de nous offrir un nouvel opus dans cet univers dystopique. Moi je dis oui ! UNE SUITE !
Sans aucun doute la meilleur série que j'ai lu de la collection Rebirth. Il faut dire que contrairement à Superman Rebirth, qui possède des éléments que j'aime, mais qui a des retcons qui donnent mal à la tête, Aquaman peut se lire sans problème. On fait allusion à des aventures passées, mais c'est toujours bien expliqué et ça ne m'a pas du tout perdu.
On suit donc Aquaman qui va avoir de la difficulté avec son trône. Il ne veut que la paix entre la surface et Atlantide et évidemment il y a des gens qui ne veulent pas de cette situation, autant sur terre que sous la surface. Si comme moi vous aimez les intrigues politiques, vous allez adorez cette série. C'est toujours du comics de super-héros donc il y a de l'action, mais ce n'est pas juste que du bourrin. Le scénario est intelligent avec des personnages qui utilisent leurs têtes. Le couple Aquman-Mera est bien mignon et j'ai trouvé les différentes intrigues captivante à lire. On pourrait trouver que trois albums avec le même méchant allait finir par lasser, mais moi je trouvais que le rythme était bien et que la lenteur permettait de mieux développer les personnages et aussi il y a avait des rebondissements à chaque numéro ce qui change de certains comics moderne où j'ai l'impression qu'il se passe rien durant plusieurs numéros.
En tout cas, cela me donne envie de découvrir d'avantage l'univers d'Aquaman. J'espère qu'Urban Comics va sortir plus d'albums sur ce personnage et son univers !
Très bon dessin et une série dont l'intérêt grandit au fil des tomes, qui distillent petit à petit un univers qui, certes, a des lieux communs de la fantasy, mais également sa voie propre et une originalité bien à elle.
Au moment où je termine mon avis, j'apprends que cet album a raflé trois prix aujourd'hui, du jamais vu ! (Prix RTL, Landerneau et Wolinski) Et ça tombe bien, c'est mon chouchou de l'année ^^
Ce conte fantastique est l’une des dernières œuvres qu’Hubert, disparu en début d’année, nous aura léguée — avec Les Ogres-Dieux (tome 4) et peut-être Le Boiseleur (tome 2). Et qui nous fait d’autant plus regretter sa mort. Car « Peau d’homme » est une merveille d’intelligence, un vrai chef-d’œuvre qui, en situant le récit dans une Italie médiévale, s’avère d’une extrême modernité.
En utilisant les ressorts du conte populaire, notamment la fluidité narrative et toute la magie inhérente au genre, Hubert va y intégrer les problématiques les plus contemporaines, et c’est bien là que réside son génie. In fine, cette société médiévale ressemble étrangement à la nôtre, avec deux visions s’opposant radicalement. D’un côté la tradition et les mœurs religieuses rétrogrades, prôné par le frère obscurantiste de Bianca, de l’autre des idées progressistes alliées à un certain hédonisme et au respect de l’identité sexuelle. On ne « divulgâchera » pas le récit, mais Bianca va réussir, grâce à cette incroyable peau d’homme, à s’affranchir des conventions dont son futur mari Giovanni, qui n’est pas celui qu’elle croyait au départ, est resté la victime consentante. C’est en se métamorphosant en « passionaria gay » que Bianca va apprendre à lutter pour la liberté ! Face à son frère fanatisé Angelo dont la morale bigote a soumis les esprits jusqu’aux instances de pouvoir, ses objections, fondées sur une logique imparable que permet son innocence, sont très bien mises en relief et ne font que ridiculiser ce dernier, participant à la jubilation du lecteur. Le point d’orgue du récit sera ce joyeux carnaval où les corps et les âmes vont se déchaîner pendant toute une nuit et contribuer à l’éviction de Fra Angelo…
Sur le plan graphique, on apprécie la ligne claire élégante et stylisée de Zanzim, parfaitement en symbiose avec la narration, et le lecteur est immédiatement aspiré dans cet univers médiéval de conte de fées. La mise en page, simple en apparence, est très subtile, avec des cadrages et une composition qui par moment savent s’allier aux textes pour provoquer l’amusement, notamment avec cette scène où Bianca déstabilise Giovanni de son regard amoureux, tandis qu’un zoom se fait sur le postérieur de la statue géante d’un adonis nu, équipé d'un énorme gourdin reposant sur son épaule. La narration est également rendue dynamique par un agencement visuel très varié. Zanzim nous offre des pleines pages de toute beauté, dont certaines montrent les personnages évoluer à travers un décor unique, ce qui donne un côté très ludique au récit. Tout cela ajouté à la délicatesse du trait et au choix pertinent des couleurs, on se sent totalement comblé ! Et pour magnifier l’ensemble, la couverture est superbe, avec une très belle illustration en vernis sélectif, cernée d’arabesques en impression bleu doré.
« Peau d’homme » s’impose incontestablement comme le must venu illuminer cette année grise, tant par la forme que par le fond. Car en ces temps incertains où l’on assiste à une montée en puissance de l’intolérance, le propos à la fois malicieux et empathique de ce récit sème le trouble dans nos certitudes et nos préjugés quant à l’appartenance sexuelle, tout en taillant de profondes croupières au paternalisme si enraciné de nos sociétés, et ça, ça fait un bien fou. On ne peut qu’exprimer notre reconnaissance aux deux auteurs. Hubert, avec ce merveilleux album, testament conscient ou non, mérite bien de reposer en paix !
Je commencerai par mon seul (tout petit) reproche : je trouve personnellement que la couverture de cet album n’est pas spécialement engageante… c’est d’autant plus dommage que l’intérieur est absolument sublime. On retrouve dans la trame principale le dessin qui nous a tant charmé pendant des années dans De Cape et de Crocs, avec ces planches superbes qui fourmillent de détails, et aux couleurs directes majestueuses. Et puis surtout l’auteur varie les styles graphiques dans les différentes escapades du Baron, ce qui apporte une variété et une richesse incroyable au récit… quel plaisir pour les yeux.
L’histoire est tout simplement géniale : les fables de ce conteur farfelu font preuve d’une imagination débordante, et font un peu penser à des contes des mille et une nuits déjantés (je vois d’ailleurs qu’il existe un album qui explore cette idée : Les Aventures oubliées du Baron de Münchhausen). Les personnages sont attachants (à commencer par le Baron), l’humour de bon goût… Il y a aussi une réflexion intéressante sur le rôle des conteurs et de l’art, sur l’importance de faire rêver. J’ai beaucoup adhéré à ce message, que j’ai trouvé juste et rafraichissant dans les circonstances actuelles.
Alors que je me plaignais de l’étirement sans fin de la série « De cape et de crocs », je me retrouve ici avec un sentiment opposé : un tome, c’est trop peu, et je me suis surpris à ralentir ma lecture pour faire durer le plaisir… et là, je pense que tout est dit. Un album indispensable.
Un univers fantasy envoutant!
J'aime beaucoup le style de dessin de l'auteur, je trouve qu'il colle parfaitement avec l'ambiance imposée par l'histoire. Quant à l'histoire elle manque certes parfois d'originalité dans quelques points, mais elle reste tout de même très bien tournée. En bref ce léger manque d'originalité reste peu fréquent et ne freine en rien la beauté de l'œuvre qui pour moi est un véritable régal à la lecture !
Je ne peux que vous la conseiller et vous verrez !
De Cornillon, je connaissais surtout ses travaux avec Chaland sur Captivant qui avaient déjà un ton décalé. Ici, on dirait qu'il se défoule vraiment en créant Ed le reporter qui raconte les reportages qu'il a couverts et qui sont tous totalement farfelus. J'ai retrouvé cette Bd dans l'Echo des Savanes de 1984, et j'avoue que je ne me suis pas ennuyé un seul instant.
Ces historiettes sont d'un niveau à peu près égal et servent à Cornillon pour se livrer à une sorte de pastiche des littératures populaires, à un détournement de genres et de petits faits autour de la pop culture, c'est beaucoup moins féroce que chez Crumb ou Vuillemin et Reiser, mais c'est joyeusement drôle. En fait, sous couvert d'aventures vaguement policières et d'enquêtes menées par un héros fantaisiste autour de dinosaures, de martiens et autres rencontres étonnantes, c'est un mélange indescriptible de genres, ponctué de clins d'oeil, et c'est totalement inclassable, même si l'humour domine, la Bd mérite donc bien de figurer dans la catégorie inclassable.
J'adore le dessin en forme de fausse Ligne Claire (parce qu'il y a des ombres), il ressemble un peu à celui de Jean-Claude Denis, c'est très agréable.
A noter que cette bande a connu une suite dans Pilote en 1987, avec un récit intitulé "Dans l'enfer de l'enfer", où le héros Ed se retrouvait effectivement aux enfers et où le ton était beaucoup plus surréaliste ; malheureusement, Pilote s'est arrêté en 1989, laissant la bande inachevée, mais je crois qu'il existe un album chez un petit éditeur qui a repris l'intégralité des planches, on doit pouvoir le trouver sur amazon ou rakuten.
En attendant, je conseille ce "Panique à la une" à tous ceux qui veulent se lancer dans le journalisme et connaitre la gloire et les femmes, c'est un vrai métier d'avenir !
Geoffroy Monde serait-il un génie (encore trop) méconnu ? Il fallait tout de même une certaine audace pour s’attaquer au mythe de Prométhée, et Monde n’en manque pas ! Son génie, peut-être, viendrait du fait qu’il a réussi à se l’approprier totalement, en le passant à la moulinette de son brillant cerveau malade, et ce, pour notre plus grand bonheur. Geoffroy Monde appartient assurément à cette catégorie d’auteurs qui ne fait rien de ce qu’on attend de lui, et c’est en toute logique qu’il a accepté de travailler avec ces brindezingues de Requins marteaux. En outre, quand il s’est agi d’étoffer leur collection « BD cul » au format poche, pratique à tenir d’une seule main (mais pas que), notre joyeux créatif à l’imagination débridée ne s’est pas fait prier, il a même invoqué les dieux de l’Olympe !
« Le Privilège des dieux » commence avec Prométhée, un titan — l’auteur semble avoir décidément une passion pour les géants, qui tiennent déjà une place centrale dans « Poussière ». Et comme dans la série, ces géants ne veulent que du bien aux humains. Selon le mythe, Prométhée déroba le feu divin de l’Olympe pour en faire don aux humains et le paya chèrement par la suite, sauf qu’ici, Prométhée fait don de sa personne au sens propre du terme, et le feu en question n’est rien d’autre que sa précieuse semence. Ce qui donnera lieu, on peut s’en douter, à quelques scènes pittoresques, d’autant que le titan n’attend pas le consentement de ses victimes, mais s’il y bien des actes de viol, le traitement humoristique permet d’éluder toute idée de violence ou de souffrance. Un exercice délicat que l’auteur gère parfaitement. Ainsi, le supplice de Prométhée sera beaucoup moins pénible — Geoffroy Monde ne fait pas dans le gore et on lui en sait gré — mais ce personnage va dès lors vite être éclipsé au profit de Mercure, qui se verra confier par les dieux la mission de récupérer ce « cadeau » accordé à toute l’humanité par Prométhée. Le même processus mais à l’envers. Curieusement, Mercure est un dieu romain et on se demande un peu ce qu’il fout sur l’Olympe, mais l’auteur n’est pas à un anachronisme près, d’autant qu’on l’a bien compris, tout est permis ici, on est clairement dans le décalage et l’absurde ! D’ailleurs, il ne faudra pas chercher à tout comprendre. Si l’on y voit pas mal de références, certaines ne feront sens que pour l’auteur, si tant est qu’il y en ait un.
Le feu sacré de la connaissance est donc ramené ici à une allégorie altruiste de la liqueur séminale masculine, un « feu de la connaissance » qui vous remue et vous chauffe les entrailles en règle et fournira à notre beau gosse bien musclé et bien membré qu’est Mercure — contrairement à Prométhée dont paradoxalement on ne distingue qu’une chaste protubérance — le prétexte idéal pour conquérir les foules et tirer sa crampe partout où il passe… et avec le ou la premier(e) venu(e), jeune, vieux, beau, moche, chauve ou chevelu... Loin du mythe, Mercure est passé du statut de dieu du commerce et de messager ailé à celui de queutard insatiable et expert dans l’art du plaisir. Ses « superpouvoirs » lui permettront de forniquer avec l’humanité entière – pour cela, il vaut mieux être bissexuel — pendant 1.000 ans, de l’Antiquité à nos jours (sic)…. Meilleur WTF du récit, il connaîtra même le grand amour avec Elliott Ness…
Menée tambour battant, cette épopée drolatique ne cesse tout au long du récit de prendre le lecteur par surprise (un peu à la façon de Mercure, qui déboule sans crier gare avec son énorme chibre pointé vers le ciel). Le lecteur est bringuebalé dans un tourbillon de rebondissements à travers les époques et dans mille lieux différents, sur un rythme démentiel accentué par moult ellipses chronologiques. C’est très souvent saisissant, parfois drôle, mais toujours jubilatoire. Cet OVNI éditorial, qui équivaut à une prise de champignons hallucinogènes, a le mérite de transcender les codes du manga en y intégrant façon puzzle cet humour au 38e degré si européen, et c’est sans doute là que réside une grande partie du génie de Geoffroy Monde. Un petit must de pop-culture qui, comme toujours chez cet auteur décidément intéressant, reste très graphique, à la fois dans le dessin et la mise en page, où le sexe, tout en étant outrancier, reste « présentable », où les attributs sexuels apparaissent tels des friandises alléchantes.
« Le Privilège des dieux », objet insignifiant au premier abord par son format poche, se révèle un étonnant voyage à bord d’un roller-coaster lancé à grande vitesse, une échappée foutraque et ludique dans une extravagante fête foraine débordant de tentations, où les péripéties en cascade finissent par donner le tournis. Heureusement, on peut se réconforter très souvent avec une sucette démesurée aux couleurs acidulées. On ne sait si Geoffroy Monde a voulu produire là un manifeste hédoniste ou un simple objet de divertissement, mais nom de DIEU une chose est sûre, nous avons là un vrai PRIVILÈGE de lecteur ! Un lecteur qui pourra se délecter de ce « feu sacré », toutes sexualités confondues bien sûr !
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Bolchoi arena
J'ai beaucoup aimé les 2 premiers tomes, avec une préférence pour le 1er néanmoins. Le début de l'histoire, le dessin, le synopsis pourrait laisser croire, à tort, à une histoire pour adolescents. Mais très vite, la lecture s'avère beaucoup plus riche et complexe que de prime abord, avec cet univers virtuel, conçu comme un jeu vidéo, dans lequel les humains évoluent autour d'intrigues politiques et financières, des guerres de possession et de clans. L'environnement galactique fait penser à Star Wars, sans le côté bon contre méchant. Chacun est maître de son histoire. Le 1er tome présente bien sûr les personnages, et j'ai beaucoup aimé les passages alternés entre la vraie vie sur Terre et leurs évolutions dans le jeu, avec une accélération de l'intrigue à la fin. Le 2nd tome a un cadre plus restreint et monotone en suivant essentiellement l'héroïne dans le jeu et comment elle peut se sortir de la situation dans laquelle elle se trouve. Il y a un vrai travail fouillé pour décrire l'univers, les relations entre les multiples personnages, leur vraie vie et leur vie jouée. Une lecture plus que conseillée.
Il faut flinguer Ramirez
Jouissif. C'est le premier mot qui me vient à l'esprit après la lecture du premier tome. Cela peut devenir culte si la suite est du même niveau. Il y a beaucoup d’éléments que l'on pourrait associer à Tarantino : de l'action, du burlesque, des personnages marqués et charismatiques, de l'originalité, une mis en page explosive et esthétique. Ce premier tome est déjà très riche en événements, les étapes du scénario sont bien respectés ce qui permet une très bonne structure dans le récit, avec une fin qui donne envie de dévorer tout de suite le tome 2 qui vient de sortir. Le dessin rend, je trouve, mieux sur papier qu'en photo, il est très coloré avec un vrai travail sur le découpage et colle parfaitement au rythme et au scénario. C'est rare d'avoir des productions de cette qualité sur tous les plans. Une réussite.
La Fange
Les bandes dessinées australiennes ne sont pas légion dans mes lectures, et je dois dire que cet album qui fait maintenant parti de la sélection pour Angoulême 2021 a de quoi surprendre ! Tout d'abord par son sujet ; cette Australie dystopique dévastée où chacun cherche à s'en sortir et se refaire n'est pas sans rappeler la conquête de l'Ouest américain du XIXe. On ne sait ni pourquoi ni comment le pays ou le monde en est arrivé là, mais la famille Wise compte bien faire fortune en se rendant à l'eldorado du moment : la ville croupie de Falter City. Située dans une zone marécageuse où tout ne semble que boue, miasmes et remugles, Falter City concentre toute la faune humaine que ce genre de mirage à fortune fait miroiter. Escrocs, prostituées, arnaqueurs et autres morbachs y pullulent pour profiter de cette population crédule qui y débarque pour s'enrichir. C'est donc dans ce "petit paradis" que débarquent Penn et Lipton Wise, accompagnés de leur mère pour y monter leur entreprise de yaourts fermentés. Cette dernière leur lègue l'entreprise familiale en arrivant, et nos deux frangins vont vite être dépassés par cette arène grouillante et suintante où ils se sont enlisés... Cette plongée dans cet univers quasi post-apocalyptique est rapidement immersive, même si au début, un peu largués comme nos protagonistes, on ne sait pas trop de quoi il retourne. Mais les personnages sont vite attachants, entre un frangin un peu benêt et l'autre un peu débrouillard, on se fait rapidement happer par leur destin dans cette fourmilière hostile. Pat Grant a du talent pour accrocher son lecteur et son trait qui n'a pas été sans me rappeler d'un certain côté celui de Gilbert Shelton et ses fabuleux Freak Brothers n'y est pas anodin. A la limite de la caricature, ce trait exagéré qui se joue des expressions des visages comme des perspectives de ses décors vise l'essentiel pour nous immerger dans l'univers qu'il construit. J'ai pour ma part dévoré ces 200 pages et c'est comme à regrets qu'on referme cet album où malgré la pesanteur ambiante de ce petit monde on finit par apprécier ce nouveau monde qu'on vient de nous faire découvrir. Petit espoir tout de même, Pat Grant dans ses facéties de fin d'album n'exclut pas de nous offrir un nouvel opus dans cet univers dystopique. Moi je dis oui ! UNE SUITE !
Aquaman Rebirth
Sans aucun doute la meilleur série que j'ai lu de la collection Rebirth. Il faut dire que contrairement à Superman Rebirth, qui possède des éléments que j'aime, mais qui a des retcons qui donnent mal à la tête, Aquaman peut se lire sans problème. On fait allusion à des aventures passées, mais c'est toujours bien expliqué et ça ne m'a pas du tout perdu. On suit donc Aquaman qui va avoir de la difficulté avec son trône. Il ne veut que la paix entre la surface et Atlantide et évidemment il y a des gens qui ne veulent pas de cette situation, autant sur terre que sous la surface. Si comme moi vous aimez les intrigues politiques, vous allez adorez cette série. C'est toujours du comics de super-héros donc il y a de l'action, mais ce n'est pas juste que du bourrin. Le scénario est intelligent avec des personnages qui utilisent leurs têtes. Le couple Aquman-Mera est bien mignon et j'ai trouvé les différentes intrigues captivante à lire. On pourrait trouver que trois albums avec le même méchant allait finir par lasser, mais moi je trouvais que le rythme était bien et que la lenteur permettait de mieux développer les personnages et aussi il y a avait des rebondissements à chaque numéro ce qui change de certains comics moderne où j'ai l'impression qu'il se passe rien durant plusieurs numéros. En tout cas, cela me donne envie de découvrir d'avantage l'univers d'Aquaman. J'espère qu'Urban Comics va sortir plus d'albums sur ce personnage et son univers !
Les Maîtres Inquisiteurs
Très bon dessin et une série dont l'intérêt grandit au fil des tomes, qui distillent petit à petit un univers qui, certes, a des lieux communs de la fantasy, mais également sa voie propre et une originalité bien à elle.
Peau d'Homme
Au moment où je termine mon avis, j'apprends que cet album a raflé trois prix aujourd'hui, du jamais vu ! (Prix RTL, Landerneau et Wolinski) Et ça tombe bien, c'est mon chouchou de l'année ^^ Ce conte fantastique est l’une des dernières œuvres qu’Hubert, disparu en début d’année, nous aura léguée — avec Les Ogres-Dieux (tome 4) et peut-être Le Boiseleur (tome 2). Et qui nous fait d’autant plus regretter sa mort. Car « Peau d’homme » est une merveille d’intelligence, un vrai chef-d’œuvre qui, en situant le récit dans une Italie médiévale, s’avère d’une extrême modernité. En utilisant les ressorts du conte populaire, notamment la fluidité narrative et toute la magie inhérente au genre, Hubert va y intégrer les problématiques les plus contemporaines, et c’est bien là que réside son génie. In fine, cette société médiévale ressemble étrangement à la nôtre, avec deux visions s’opposant radicalement. D’un côté la tradition et les mœurs religieuses rétrogrades, prôné par le frère obscurantiste de Bianca, de l’autre des idées progressistes alliées à un certain hédonisme et au respect de l’identité sexuelle. On ne « divulgâchera » pas le récit, mais Bianca va réussir, grâce à cette incroyable peau d’homme, à s’affranchir des conventions dont son futur mari Giovanni, qui n’est pas celui qu’elle croyait au départ, est resté la victime consentante. C’est en se métamorphosant en « passionaria gay » que Bianca va apprendre à lutter pour la liberté ! Face à son frère fanatisé Angelo dont la morale bigote a soumis les esprits jusqu’aux instances de pouvoir, ses objections, fondées sur une logique imparable que permet son innocence, sont très bien mises en relief et ne font que ridiculiser ce dernier, participant à la jubilation du lecteur. Le point d’orgue du récit sera ce joyeux carnaval où les corps et les âmes vont se déchaîner pendant toute une nuit et contribuer à l’éviction de Fra Angelo… Sur le plan graphique, on apprécie la ligne claire élégante et stylisée de Zanzim, parfaitement en symbiose avec la narration, et le lecteur est immédiatement aspiré dans cet univers médiéval de conte de fées. La mise en page, simple en apparence, est très subtile, avec des cadrages et une composition qui par moment savent s’allier aux textes pour provoquer l’amusement, notamment avec cette scène où Bianca déstabilise Giovanni de son regard amoureux, tandis qu’un zoom se fait sur le postérieur de la statue géante d’un adonis nu, équipé d'un énorme gourdin reposant sur son épaule. La narration est également rendue dynamique par un agencement visuel très varié. Zanzim nous offre des pleines pages de toute beauté, dont certaines montrent les personnages évoluer à travers un décor unique, ce qui donne un côté très ludique au récit. Tout cela ajouté à la délicatesse du trait et au choix pertinent des couleurs, on se sent totalement comblé ! Et pour magnifier l’ensemble, la couverture est superbe, avec une très belle illustration en vernis sélectif, cernée d’arabesques en impression bleu doré. « Peau d’homme » s’impose incontestablement comme le must venu illuminer cette année grise, tant par la forme que par le fond. Car en ces temps incertains où l’on assiste à une montée en puissance de l’intolérance, le propos à la fois malicieux et empathique de ce récit sème le trouble dans nos certitudes et nos préjugés quant à l’appartenance sexuelle, tout en taillant de profondes croupières au paternalisme si enraciné de nos sociétés, et ça, ça fait un bien fou. On ne peut qu’exprimer notre reconnaissance aux deux auteurs. Hubert, avec ce merveilleux album, testament conscient ou non, mérite bien de reposer en paix !
Le Baron (Masbou)
Je commencerai par mon seul (tout petit) reproche : je trouve personnellement que la couverture de cet album n’est pas spécialement engageante… c’est d’autant plus dommage que l’intérieur est absolument sublime. On retrouve dans la trame principale le dessin qui nous a tant charmé pendant des années dans De Cape et de Crocs, avec ces planches superbes qui fourmillent de détails, et aux couleurs directes majestueuses. Et puis surtout l’auteur varie les styles graphiques dans les différentes escapades du Baron, ce qui apporte une variété et une richesse incroyable au récit… quel plaisir pour les yeux. L’histoire est tout simplement géniale : les fables de ce conteur farfelu font preuve d’une imagination débordante, et font un peu penser à des contes des mille et une nuits déjantés (je vois d’ailleurs qu’il existe un album qui explore cette idée : Les Aventures oubliées du Baron de Münchhausen). Les personnages sont attachants (à commencer par le Baron), l’humour de bon goût… Il y a aussi une réflexion intéressante sur le rôle des conteurs et de l’art, sur l’importance de faire rêver. J’ai beaucoup adhéré à ce message, que j’ai trouvé juste et rafraichissant dans les circonstances actuelles. Alors que je me plaignais de l’étirement sans fin de la série « De cape et de crocs », je me retrouve ici avec un sentiment opposé : un tome, c’est trop peu, et je me suis surpris à ralentir ma lecture pour faire durer le plaisir… et là, je pense que tout est dit. Un album indispensable.
Alpi the Soul Sender
Un univers fantasy envoutant! J'aime beaucoup le style de dessin de l'auteur, je trouve qu'il colle parfaitement avec l'ambiance imposée par l'histoire. Quant à l'histoire elle manque certes parfois d'originalité dans quelques points, mais elle reste tout de même très bien tournée. En bref ce léger manque d'originalité reste peu fréquent et ne freine en rien la beauté de l'œuvre qui pour moi est un véritable régal à la lecture ! Je ne peux que vous la conseiller et vous verrez !
Panique à la une
De Cornillon, je connaissais surtout ses travaux avec Chaland sur Captivant qui avaient déjà un ton décalé. Ici, on dirait qu'il se défoule vraiment en créant Ed le reporter qui raconte les reportages qu'il a couverts et qui sont tous totalement farfelus. J'ai retrouvé cette Bd dans l'Echo des Savanes de 1984, et j'avoue que je ne me suis pas ennuyé un seul instant. Ces historiettes sont d'un niveau à peu près égal et servent à Cornillon pour se livrer à une sorte de pastiche des littératures populaires, à un détournement de genres et de petits faits autour de la pop culture, c'est beaucoup moins féroce que chez Crumb ou Vuillemin et Reiser, mais c'est joyeusement drôle. En fait, sous couvert d'aventures vaguement policières et d'enquêtes menées par un héros fantaisiste autour de dinosaures, de martiens et autres rencontres étonnantes, c'est un mélange indescriptible de genres, ponctué de clins d'oeil, et c'est totalement inclassable, même si l'humour domine, la Bd mérite donc bien de figurer dans la catégorie inclassable. J'adore le dessin en forme de fausse Ligne Claire (parce qu'il y a des ombres), il ressemble un peu à celui de Jean-Claude Denis, c'est très agréable. A noter que cette bande a connu une suite dans Pilote en 1987, avec un récit intitulé "Dans l'enfer de l'enfer", où le héros Ed se retrouvait effectivement aux enfers et où le ton était beaucoup plus surréaliste ; malheureusement, Pilote s'est arrêté en 1989, laissant la bande inachevée, mais je crois qu'il existe un album chez un petit éditeur qui a repris l'intégralité des planches, on doit pouvoir le trouver sur amazon ou rakuten. En attendant, je conseille ce "Panique à la une" à tous ceux qui veulent se lancer dans le journalisme et connaitre la gloire et les femmes, c'est un vrai métier d'avenir !
Le Privilège des dieux
Geoffroy Monde serait-il un génie (encore trop) méconnu ? Il fallait tout de même une certaine audace pour s’attaquer au mythe de Prométhée, et Monde n’en manque pas ! Son génie, peut-être, viendrait du fait qu’il a réussi à se l’approprier totalement, en le passant à la moulinette de son brillant cerveau malade, et ce, pour notre plus grand bonheur. Geoffroy Monde appartient assurément à cette catégorie d’auteurs qui ne fait rien de ce qu’on attend de lui, et c’est en toute logique qu’il a accepté de travailler avec ces brindezingues de Requins marteaux. En outre, quand il s’est agi d’étoffer leur collection « BD cul » au format poche, pratique à tenir d’une seule main (mais pas que), notre joyeux créatif à l’imagination débridée ne s’est pas fait prier, il a même invoqué les dieux de l’Olympe ! « Le Privilège des dieux » commence avec Prométhée, un titan — l’auteur semble avoir décidément une passion pour les géants, qui tiennent déjà une place centrale dans « Poussière ». Et comme dans la série, ces géants ne veulent que du bien aux humains. Selon le mythe, Prométhée déroba le feu divin de l’Olympe pour en faire don aux humains et le paya chèrement par la suite, sauf qu’ici, Prométhée fait don de sa personne au sens propre du terme, et le feu en question n’est rien d’autre que sa précieuse semence. Ce qui donnera lieu, on peut s’en douter, à quelques scènes pittoresques, d’autant que le titan n’attend pas le consentement de ses victimes, mais s’il y bien des actes de viol, le traitement humoristique permet d’éluder toute idée de violence ou de souffrance. Un exercice délicat que l’auteur gère parfaitement. Ainsi, le supplice de Prométhée sera beaucoup moins pénible — Geoffroy Monde ne fait pas dans le gore et on lui en sait gré — mais ce personnage va dès lors vite être éclipsé au profit de Mercure, qui se verra confier par les dieux la mission de récupérer ce « cadeau » accordé à toute l’humanité par Prométhée. Le même processus mais à l’envers. Curieusement, Mercure est un dieu romain et on se demande un peu ce qu’il fout sur l’Olympe, mais l’auteur n’est pas à un anachronisme près, d’autant qu’on l’a bien compris, tout est permis ici, on est clairement dans le décalage et l’absurde ! D’ailleurs, il ne faudra pas chercher à tout comprendre. Si l’on y voit pas mal de références, certaines ne feront sens que pour l’auteur, si tant est qu’il y en ait un. Le feu sacré de la connaissance est donc ramené ici à une allégorie altruiste de la liqueur séminale masculine, un « feu de la connaissance » qui vous remue et vous chauffe les entrailles en règle et fournira à notre beau gosse bien musclé et bien membré qu’est Mercure — contrairement à Prométhée dont paradoxalement on ne distingue qu’une chaste protubérance — le prétexte idéal pour conquérir les foules et tirer sa crampe partout où il passe… et avec le ou la premier(e) venu(e), jeune, vieux, beau, moche, chauve ou chevelu... Loin du mythe, Mercure est passé du statut de dieu du commerce et de messager ailé à celui de queutard insatiable et expert dans l’art du plaisir. Ses « superpouvoirs » lui permettront de forniquer avec l’humanité entière – pour cela, il vaut mieux être bissexuel — pendant 1.000 ans, de l’Antiquité à nos jours (sic)…. Meilleur WTF du récit, il connaîtra même le grand amour avec Elliott Ness… Menée tambour battant, cette épopée drolatique ne cesse tout au long du récit de prendre le lecteur par surprise (un peu à la façon de Mercure, qui déboule sans crier gare avec son énorme chibre pointé vers le ciel). Le lecteur est bringuebalé dans un tourbillon de rebondissements à travers les époques et dans mille lieux différents, sur un rythme démentiel accentué par moult ellipses chronologiques. C’est très souvent saisissant, parfois drôle, mais toujours jubilatoire. Cet OVNI éditorial, qui équivaut à une prise de champignons hallucinogènes, a le mérite de transcender les codes du manga en y intégrant façon puzzle cet humour au 38e degré si européen, et c’est sans doute là que réside une grande partie du génie de Geoffroy Monde. Un petit must de pop-culture qui, comme toujours chez cet auteur décidément intéressant, reste très graphique, à la fois dans le dessin et la mise en page, où le sexe, tout en étant outrancier, reste « présentable », où les attributs sexuels apparaissent tels des friandises alléchantes. « Le Privilège des dieux », objet insignifiant au premier abord par son format poche, se révèle un étonnant voyage à bord d’un roller-coaster lancé à grande vitesse, une échappée foutraque et ludique dans une extravagante fête foraine débordant de tentations, où les péripéties en cascade finissent par donner le tournis. Heureusement, on peut se réconforter très souvent avec une sucette démesurée aux couleurs acidulées. On ne sait si Geoffroy Monde a voulu produire là un manifeste hédoniste ou un simple objet de divertissement, mais nom de DIEU une chose est sûre, nous avons là un vrai PRIVILÈGE de lecteur ! Un lecteur qui pourra se délecter de ce « feu sacré », toutes sexualités confondues bien sûr !