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Le Privilège des dieux

Note: 3/5
(3/5 pour 2 avis)

Album bythologique.


Hard & Soft, d'un érotisme à l'autre Les petits éditeurs pendant la pandémie Mythologie Nouveautés BD, comics et manga Requins marteaux

Jadis, les dieux de l'Olympe régnaient sur tous les êtres vivants. Les Hommes leur étaient soumis... Jusqu'à ce que Prométhée décide de les libérer. Pour leur insuffler le Feu sacré, le vigoureux Titan n'eut qu'une seule solution: leur passer sur le corps, sans leur demander leur avis, répandant le savoir dans l'humanité comme une MST pandé-nique. Prométhée puni et enchaîné, la bande des dieux craignant de disparaître aux yeux des humains, envoyèrent Mercure en grande pompe, reprendre patiemment la vénérable flamme à chaque femme et chaque homme de la planète. Plus jamais ça, dirent les humains après cette double conquéquette, en rajoutant: "Promettez-nous". (texte éditeur)

Scénariste
Dessinateur
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution 06 Novembre 2020
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série Le Privilège des dieux
Les notes (2)
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06/11/2020 | Noirdésir
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Par Blue boy
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
L'avatar du posteur Blue boy

Geoffroy Monde serait-il un génie (encore trop) méconnu ? Il fallait tout de même une certaine audace pour s’attaquer au mythe de Prométhée, et Monde n’en manque pas ! Son génie, peut-être, viendrait du fait qu’il a réussi à se l’approprier totalement, en le passant à la moulinette de son brillant cerveau malade, et ce, pour notre plus grand bonheur. Geoffroy Monde appartient assurément à cette catégorie d’auteurs qui ne fait rien de ce qu’on attend de lui, et c’est en toute logique qu’il a accepté de travailler avec ces brindezingues de Requins marteaux. En outre, quand il s’est agi d’étoffer leur collection « BD cul » au format poche, pratique à tenir d’une seule main (mais pas que), notre joyeux créatif à l’imagination débridée ne s’est pas fait prier, il a même invoqué les dieux de l’Olympe ! « Le Privilège des dieux » commence avec Prométhée, un titan — l’auteur semble avoir décidément une passion pour les géants, qui tiennent déjà une place centrale dans « Poussière ». Et comme dans la série, ces géants ne veulent que du bien aux humains. Selon le mythe, Prométhée déroba le feu sacré de l’Olympe pour en faire don aux humains et le paya chèrement par la suite, sauf qu’ici, Prométhée fait don de sa personne au sens propre du terme, et le feu en question n’est rien d’autre que sa précieuse semence. Ce qui donnera lieu, on peut s’en douter, à quelques scènes pittoresques, d’autant que le titan n’attend pas le consentement de ses victimes, mais s’il y bien des actes de viol, le traitement humoristique permet d’éluder toute idée de violence ou de souffrance. Un exercice délicat que l’auteur gère parfaitement. Ainsi, le supplice de Prométhée sera beaucoup moins pénible — Geoffroy Monde ne fait pas dans le gore et on lui en sait gré — mais ce personnage va dès lors vite être éclipsé au profit de Mercure, qui se verra confier par les dieux la mission de récupérer ce « cadeau » accordé à toute l’humanité par Prométhée. Le même processus mais à l’envers. Curieusement, Mercure est un dieu romain et on se demande un peu ce qu’il fout sur l’Olympe, mais l’auteur n’est pas à un anachronisme près, d’autant qu’on l’a bien compris, tout est permis ici, on est clairement dans le décalage et l’absurde ! D’ailleurs, il ne faudra pas chercher à tout comprendre. Si l’on y voit pas mal de références, certaines ne feront sens que pour l’auteur, si tant est qu’il y en ait un. Le feu sacré de la connaissance est donc ramené ici à une allégorie altruiste de la liqueur séminale masculine, un « feu de la connaissance » qui vous remue et vous chauffe les entrailles en règle et fournira à notre beau gosse bien musclé et bien membré qu’est Mercure — contrairement à Prométhée dont paradoxalement on ne distingue qu’une chaste protubérance — le prétexte idéal pour conquérir les foules et tirer sa crampe partout où il passe… et avec le ou la premier(e) venu(e), jeune, vieux, beau, moche, chauve ou chevelu... Loin du mythe, Mercure est passé du statut de dieu du commerce et de messager ailé à celui de queutard insatiable et expert dans l’art du plaisir. Ses « superpouvoirs » lui permettront de forniquer avec l’humanité entière – pour cela, il vaut mieux être bissexuel — pendant 1.000 ans, de l’Antiquité à nos jours (sic)…. Meilleur WTF du récit, il connaîtra même le grand amour avec Elliott Ness… Menée tambour battant, cette épopée drolatique ne cesse tout au long du récit de prendre le lecteur par surprise (un peu à la façon de Mercure, qui déboule sans crier gare avec son énorme chibre pointé vers le ciel). Le lecteur est bringuebalé dans un tourbillon de rebondissements à travers les époques et dans mille lieux différents, sur un rythme démentiel accentué par moult ellipses chronologiques. C’est très souvent saisissant, parfois drôle, mais toujours jubilatoire. Cet OVNI éditorial, qui équivaut à une prise de champignons hallucinogènes, a le mérite de transcender les codes du manga en y intégrant façon puzzle cet humour au 38e degré si européen, et c’est sans doute là que réside une grande partie du génie de Geoffroy Monde. Un petit must de pop-culture qui, comme toujours chez cet auteur décidément intéressant, reste très graphique, à la fois dans le dessin et la mise en page, où le sexe tout en étant outrancier reste « présentable », où les attributs sexuels apparaissent tels des friandises alléchantes. « Le Privilège des dieux », objet insignifiant au premier abord par son format poche, se révèle un étonnant voyage à bord d’un roller-coaster lancé à grande vitesse, une échappée foutraque et ludique dans une extravagante fête foraine débordant de tentations, où les péripéties en cascade finissent par donner le tournis. Heureusement, on peut se réconforter très souvent avec une sucette démesurée aux couleurs acidulées. On ne sait si Geoffroy Monde a voulu produire là un manifeste hédoniste ou un simple objet de divertissement, mais nom de DIEU une chose est sûre, nous avons là un vrai PRIVILÈGE de lecteur ! Un lecteur qui pourra se délecter de ce « feu sacré », toutes sexualités confondues bien sûr !

27/11/2020 (modifier)
L'avatar du posteur Noirdésir

Geoffroy Monde est un auteur que j’avais découvert il y a quelques temps dans un univers d’humour plus ou moins con et absurde. J’avais vraiment bien aimé De rien, mais beaucoup moins Comment réussir. Il a depuis élargi sa palette, avec de la SF, et intègre donc cette éclectique et originale collection de cul « décalé » des Requins Marteaux, qui va finir par ressembler à Donjon Monsters, en rassemblant, pour des one-shot généralement, une flopée d’auteurs « nouveaux » et de styles très différents. Ici nous avons droit à une sorte de parodie de la mythologie grecque. Prométhée vole le feu de la connaissance, fuit l’Olympe avec son larcin, pour transmettre aux hommes cette connaissance (il faut faire vite avant que Zeus – ou plutôt Jupiter, Monde mélangeant dieux grecs et romains – et les autres dieux ne réagissent et ne l’arrêtent). Prométhée a une façon bien à lui de transmettre cette connaissance, puisqu’il le fait violemment, en « violant » hommes et femmes à tour de bras (ou de queue !), continents par continents, en quelques jours ! C’est que Prométhée est un rebelle, qui sème la graine de la révolte contre les dieux. Et les dieux doivent donc essayer de récupérer le « feu sacré » à des humains désormais méfiants vis-à-vis des dieux. Et c’est Mercure qui s’y colle, devant coucher avec tous les humains pour « récupérer » le feu sacré. Mais ça lui prend plus de temps que Prométhée, pour refaire à l’envers son « chemin ». Alors que j’ai beaucoup aimé B.O. comme un dieu sorti tout récemment dans la même collection, je reste clairement sur ma faim avec cet album, un peu foutraque (normal pour cet auteur habitué du genre), mais dans lequel Monde n’a pas su à mon goût choisir un angle d’attaque suffisamment clair et intéressant. En effet, les anachronismes (on passe de l’antiquité grecque ou far west américain en deux cases), l’absurdité ou la gratuité de certaines scènes, n’amènent pas les situations humoristiques que j’attendais. Quant à l’aspect proprement érotique, il est presque anecdotique du coup, malgré certains passages relativement explicites.

06/11/2020 (modifier)