Que cette histoire est jolie ! Que ces personnages sont attachants ! Que le dessin de Jordi Lafebre parvient à les rendre vivants, touchants !
Je ressors de ma lecture enchantée, émue. Le procédé consistant à raconter l'histoire en partant de la fin et en remontant le fil du temps fonctionne à merveille. Certes on connaît la fin de l'histoire d'Ana et Zeno dès le début, mais cela ne gâche en rien le plaisir de découvrir au fur et à mesure comment et pourquoi ces deux êtres qui s'aiment depuis tant d'années ne se sont pas retrouvés plus tôt.
J'ai eu un gros coup de cœur pour le dessin, qui est d'une efficacité incroyable. Le trait dynamique et expressif transmet parfaitement les sentiments des personnages, notamment au travers de leurs regards ; dès les premières pages, lorsque Ana a les larmes aux yeux je les avais aussi... Vraiment ce dessin est excellent ! Je ne connaissais le travail de Jordi Lafebre que de loin, n'ayant lu aucun de ses précédents albums, mais j'avais déjà repéré son dessin. Pour autant je ne m'attendais pas à être charmée à ce point ! Cerise sur le gâteau, le travail de la coloriste est très réussi et permet de bien poser les ambiances.
J'émettrais juste un petit bémol concernant certains personnages un peu caricaturaux, comme la fille d'Ana à l'âge adulte, ou le maire qui succède à Ana, véritable caricature d'homme politique. J'ai trouvé aussi le mari d'Ana un peu trop lisse et compréhensif, mais ce ne sont que des petits détails qui n'enlèvent rien à la qualité de ce très bel album qui plaira sans doute principalement aux romantiques de tous horizons.
Ce qui est drôle, avec Fabcaro, c'est que c'est à chaque fois la même recette que l'album précédent et pourtant, c'est toujours plus barré et plus drôle. Pour l'instant, de ceux que j'ai lus, je trouve que Et si l'amour, c'était aimer ? est son point culminant dans l'absurde et dans le rire. Le décalage entre ses dessins figés, au trait sérieux voire limite austère, et ses dialogues ridicules, pseudo-philosophiques et toujours hilarants atteint un joli degré de perfection.
Je ne sais pas si c'est moi qui m'habitue et savoure davantage l'humour de Fabcaro à chaque album, ou si c'est effectivement chacun de ses albums qui révèle une maîtrise de l'absurde toujours plus forte (pourtant, je ne les lis pas dans l'ordre de parution), mais là, vraiment, j'ai trouvé ça absolument génial. A chaque page, Fabcaro atteint une forme d'équilibre de l'excès (si j'ose dire) très étonnant, finalement assez difficile à décrire de manière juste. C'est n'importe quoi, c'est carrément too much, c'est grotesque et débile, mais il y a un sens de la mesure et du timing comique vraiment exceptionnel, qui crée une alchimie irrésistible.
Le dessin est terriblement efficace, avec ses plans fixes en contradiction avec les dialogues (les personnages décrivant ce qu'ils voient et que, donc, le spectateur ne voit pas). Très paradoxale, comme tout l'art de Fabcaro, il y a là une science du plan juste à la fois très cinématographique (on imagine les personnages parler face caméra - c'est sans doute plus télévisuel à la Kaamelott que cinématographique -, on les entend même dans notre tête) et pas du tout (une absence totale de montage qui créerait un film chiant au possible si on en tentait une adaptation littérale).
En fait, Fabcaro, c'est ça : l'art du paradoxe poussé à l'extrême. C'est tellement bête, mais pensé de manière tellement intelligente. C'est aussi complexe que ça a l'air simple. C'est ridicule voire bouffon, mais en même temps, le ton extrêmement pince-sans-rire de l'ensemble donne à la BD une élégance et une finesse inattendues. Bref, c'est tout et son extrême. Il n'y a pas vraiment de mots pour décrire ça. Bref, c'est du Fabcaro.
Un excellent one-shot qui parle d'un sujet grave: ce qui arrive aux femmes vaincues durant une guerre. Je pense que je n'ai pas besoin de préciser ce qui leur arrive…
L'auteur réussit l'exploit selon moi de parler de ce sujet sans tomber dans le mélodramatique. Je pense que c'est dû au fait qu'il a eu une idée de génie: montrer le destin et la rencontre de deux femmes: une allemande et une russe, dans les derniers jours de la seconde guerre mondiale. S'il n'y avait eu qu'une ou plusieurs allemandes comme personnages principaux, je pense que le sujet aurait été montré de manière plus cru et que cela aurait été trop glauque pour moi. J'ai adoré la personnalité des deux femmes, la relation entre-elles et l'évolution de leurs caractères (enfin, ce dernier point me semble plus évident pour la russe, l'allemande semble plus résignée à son sort).
Le dessin est très bon. J'ai surtout aimé le visage des deux femmes lorsqu'elles étaient en gros plan. Elles sont expressives et j'aime bien comment sont dessinées leurs têtes. Un album à lire si on n'a pas peur des livres montrant les pires travers de l'homme…
New York, ses blocs, ses immeubles, ses rues, ses odeurs et surtout, la vie de ses habitants et leurs histoires de tous les jours. Will Eisner nous peint, une fois encore et avec un immense talent, ces petits riens du quotidiens, ces malheurs invisibles et ces scènes prises sur le vif. A travers une galerie de portraits attachants, il nous raconte New York. Une grille d’aération dans la rue, une porte d’immeuble, des escaliers menant au perron d’une maison, un lampadaire qui sert de refuge, une poubelle… servent de point d’ancrage au parcours de vie de ses personnages. Les thèmes des histoires s’enchaînent avec naturel et on ressent le temps qui passe. On est dans la vie ordinaire de gens ordinaires pour lesquels, bien souvent, le quotidien est difficile. Le dessin est d’une grande finesse et les expressions des personnages traduisent toutes les émotions de la vie. Will Eisner brosse sans concession le portrait de la ville qu’il aime et qu’il nous fait aimer aussi. Ce récit au fil de l’eau est plein de poésie et nous fait forcément penser au New York de Woody Allen.
Il y a peu, je lisais Kent State, quatre morts dans l'Ohio, de Derf Backderf. Et voilà que j’enchaine avec une nouvelle évocation historique d’une fusillade perpétrée d’une manière aveugle et disproportionnée par des autorités légitimes et militaires. Et une fois de plus, j’ai été saisi par ce récit.
Sylvain Gâche et Richard Guérineau abordent cette évocation historique sous un angle original qui cadre bien avec les objectifs de cette nouvelle collection de Delcourt. Une collection qui veut mêler le sport et l’histoire. De sport et d'histoire, il sera indubitablement question au travers de ce stade de Croke Park, lieu emblématique des sports gaéliques marqué au sang par la tragédie de 1920 mais aussi lieu symbolique de la réconciliation et du pardon (mais pas de l’oubli) via ce match de rugby de 2007.
Le récit se développe ainsi sur deux époques et nous permet de détricoter les événements qui mèneront à cette fusillade, de suivre le destin de certaines des victimes mais aussi de ressentir l’émotion, la ferveur, la rage qui animeront le public et les joueurs irlandais durant ce fameux match de 2007, comme celles qui animaient les membres du Sinn Fein durant la guerre d’indépendance irlandaise (la fusillade de Croke Park ayant lieu au beau milieu de cette guerre).
Pour vous dire à quel point ce récit m’a emporté, une page illustre le moment durant lequel les hymnes nationaux sont joués avant la rencontre. Rien qu’à lire cette planche, les poils se sont dressés sur mes bras et un frisson a parcouru mon échine. Car pour qui connait la ferveur nationaliste des Irlandais et leur enthousiasme à chanter (et pas seulement leur hymne national), ce passage dégage une force prodigieuse. Bon sang, je peux vous assurer que je les entendais chanter !!
Le travail de documentaliste de Sylvain Gâche est impressionnant. Son scénario est à la fois rigoureux du point de vue historique mais aussi prenant par l’évocation des différents destins croisés. Le dessin de Richard Guérineau est, quant à lui, d’une parfaite lisibilité. Les passages d’une époque à une autre sont graphiquement clairs, le rendu des deux époques nous plonge totalement dans les univers évoqués, les nombreux personnages sont suffisamment typés pour éviter toutes confusions. Et cerise sur le gâteau, Richard Guérineau change de trait pour apporter un dernier clin d’œil historique au récit, en usant d’un style plus vieillot au tout début et en toute fin d’album.
Enfin, le riche carnet historique joint en fin d’album nous permet d’encore un peu plus approfondir notre connaissance de cette fusillade.
En fait, seule la couverture me semble un peu en deça. Je la trouve en tous les cas peu engageante alors que le récit, lui, m’a enthousiasmé.
Cet album a fait renaître en moi ce romantisme que je ressentais vis-à-vis de l’Irlande lorsque j’étais adolescent (et oui, je suis de la génération du « Sunday, bloody Sunday » de U2 qui, soit dit en passant n’est pas le même que le Bloody Sunday évoqué ici). La dernière page tournée, je n’ai plus qu’une seule envie : aller me recueillir en ce stade… mais un recueillement à l’Irlandaise, une pinte à la main et le chant aux lèvres !
Seo dhibh a cháirde duan Óglaigh,
Cathréimeach briomhar ceolmhar,
Ár dtinte cnámh go buacach táid,
'S an spéir go min réaltogach
Is fonnmhar faobhrach sinn chun gleo
'S go tiúnmhar glé roimh thíocht do'n ló
Fé chiúnas chaomh na hoiche ar seol:
Seo libh canaídh Amhrán na bhFiann.
(Bon, d’accord, j’ai intérêt à revoir mon gaélique avant d’y aller…)
Mais sérieusement, c'est là un très très très grand album !
Alors ça, les amis, c'est très très fort. C'est même mon coup de coeur du moment.
Comment vous parler de cette jeune femme, Tomoyo, qui apprend par la télé le suicide de sa meilleure amie, de son âme soeur, de celle sans laquelle sa vie n'a aucun sens. Comment vous décrire alors le tourbillon d'émotions qui la saisit : douleur, tristesse, colère, puis détermination. Comment vous raconter son expédition chez le père de la défunte, une "charogne putride" tel qu'elle le lui dit elle-même, avant de s'envoler par la fenêtre, avec l'urne funéraire de Mariko, pour la soustraire à jamais des mains de celui qui a fait fuir sa mère, l'a traitée comme une esclave au collège avant de la violer, de la rouer de coups ? Comment vous faire comprendre l'abattement qui s'abat -très brièvement- sur elle lorsque, une fois arrivée dans une station balnéaire où Mariko aurait aimé aller, elle se fait voler à la tire ses papiers, son téléphone, les lettres que Mariko lui a envoyées ? Que vous dire lorsqu'elle a bénéficié de l'aide désintéressée d'un gars qui passait par là ? Mais je m'arrêterai là, car Waka Hirako, dont c'est le premier long récit, y parvient à merveille, jetant son dessin à la figure de la lectrice et du lecteur ébahis devant tant de virtuosité. Car il se fait nerveux, déstructuré, esquissé lorsque l'esprit de Tomoyo est en vrac, ce qui arrive bien évidemment plusieurs fois dans ce récit ; il s'adoucit, s'assagit lorsqu'on a des moments de tendresse entre les deux amies. Oh bien sûr tout n'était pas facile, Mariko, élevée dans l'idée qu'elle a toujours été la source de ses problèmes, exaspérait son amie. Mais son sourire éclatant pouvait, en une fraction de seconde, effacer son agacement, et elle était prête à tout, ou presque, pour l'aider à s'émanciper, à trouver sa voie, à être heureuse, enfin.
Un bonheur que Mariko n'a jamais trouvé, et que Tomoyo souhaite lui offrir post-mortem. C'est de l'amour, au sens le plus pur du terme, sans sous-entendus sexuels. Ce récit est pétri d'humanité, j'avais rarement lu quelque chose d'aussi pur, d'aussi profond. Waka Hirako va faire du chemin.
Le récit principal est suivi de Yiska, son premier récit court, un petit road trip aux allures de western sympathique et déjà bluffant de dynamisme, ainsi que de deux pages mettant en scène Mariko et Tomoyo.
J'ai été agréablement surpris par cette nouvelle série. Je m'attendais à un shôjô lambda, avec pour héroïne une adolescente aux prises avec des démons, dans un décor de fantasy... Or il en est bien autrement. Il s'agit en fait d'une sorte d'immersion dans l'arrière-boutique du palais impérial japonais de l'ère classique (mais indéterminée à première vue), où l'héroïne est donc une lingère éduquée et curieuse.
Face à la malédiction qui semble frapper les héritiers que l'empereur a avec ses concubines, l'apothicaire que fut Mao Mao réagit et suggère une solution auxdites concubines. Cette entorse à l'étiquette du palais, loin de lui valoir une punition, va lui permettre d'accéder à l'intimité -toute relative- de l'une des concubines. S'ensuit une adaptation, une initiation aux jeux de pouvoirs de la Cour, dont on n'a qu'un aperçu dans le premier tome. C'est assez sympa, les intrigues sont simples mais intéressantes car faisant appel aux connaissance de la jeune fille des "simples" et de la gastronomie japonaise et étrangère. On voit ainsi l'apparition du cacao et ses effets... particuliers sur les membres de la Cour.
Le trait de Nekokurage est plutôt élégant, assez efficace, surtout sur les expressions faciales des personnages. Plutôt sympathique. A suivre.
Je viens de relire l’intégrale de cette série, 9 ans après en être tombé amoureux, avec une certaine fébrilité… j’avais peur que la magie n’opère plus du haut de mes 44 ans… Craintes infondées, et si je note toujours des petits défauts de lisibilité, l’amour que je porte à ces souris est plus fort que jamais !
Le format carré est inédit pour une parution américaine, de même que la couleur, souvent réservée aux grandes productions. L’univers mis en place est somptueux et attachant au possible. J’adore les paysages champêtres mais aussi les villes souris, et la minutie avec laquelle l’auteur représente les tenues vestimentaires, les architectures et les navires.
Les intrigues sont certes simplistes et déjà vues mille fois dans la littérature « fantasy », mais elles sont prenantes et rondement menées. Je note un crescendo scénaristique : l’histoire du 1er tome est « juste » bien, celle du 2eme beaucoup plus riche, et celle du 3eme prenante et dépaysant au possible. Le hors-série est aussi excellent. Je ne suis pourtant pas spécialement fan des recueils d’histoire courtes, je trouve que le format en limite souvent l’impact… j’ai pourtant adoré ces mini-contes racontant la jeunesse de certains personnages clés.
Le dessin n’est pas parfait. Il manque de dynamisme lors des scènes de combat, et les souris ne sont pas facilement différenciables (l’auteur variant la couleur du poil et des capes pour remédier à ce petit souci). Il est malgré tout magnifique, et possède un cachet bien particulier. Je vous invite à découvrir le site de la série (en anglais), il est très bien fait, et propose de nombreuses illustrations et extraits.
Voilà, je reconnais le classicisme des histoires et les imperfections du dessin, mais je suis vraiment tombé sous le charme de cette série, de son dessin, de ses personnages et de ses intrigues prenantes. Un coup de cœur !
A voir aussi la série spin-off « Legends of the Guard » (encore non traduite, mais que fait l’éditeur ?!), un recueil collectif avec de sacrés noms au programme, voyez plutôt : Stan Sakai (Usagi Yojimbo), Bill Willingham (Fables), Ted Naifeh (Courtney Crumrin), Terry Moore (Strangers in Paradise) et bien plus encore. Miam !
J'ai trouvé cette série, en tout cas les premiers tomes, excellente.
Beaux dessins, histoire malheureusement plus proche de la réalité du Maripasoula des années 90 que de la fiction.
Plus que distraire, l'auteur cherche vraiment à témoigner d'une époque pas tout à fait révolue où l'état français préférait fermer les yeux sur la situation du Haut Maroni et laisser des milices faire la loi... A lire !
Excellent, un coup de maître.
Tout d'abord, je remercie notre webmaster préféré qui a attiré mon regard sur cette BD. Un feuilletage rapide et hop l'affaire était dans le sac.
Imaginez un vaisseau univers, donc gigantesque dont jamais nous ne verrons les limites. Il semble bien mal en point, comme à l'abandon. Une cohorte de drones, de robots de maintenance s'obstinent à réparer ce qui peut l'être sans se soucier des créatures mutantes qui le colonisent peu à peu. Un bestiaire géant se dévoile sous nos yeux sans que nous sachions l'origine de ces formes mutantes. Créatures extraterrestres ? Mutants ? Résidus d'expériences de laboratoire ? Peu à peu, un monde se dévoile.
Errant dans ces salles immenses un homme déjà vieux avance obstinément vers un lieu où il pourra rejoindre les siens, du moins l'espère t'il. Sans lien avec sa base, il envoie parfois des messages toujours sans réponse. Il est à la recherche d'un Torana, sorte de gigantesque porte quasi-infranchissable qui pourrait lui permettre de rejoindre les siens.
Ce gros album de 280 pages en noir et blanc est l'œuvre d'Amaury Bündgen, concept designer en jeu vidéo, qui signe là sa première BD. J'avoue avoir été scotché par la maîtrise de l'auteur qui puise son inspiration autant chez Moebius que chez Tsutomu et son Blame !. D'immenses espaces où l'homme ne peut que se perdre. Son héros Lupo est à la recherche d'une mystérieuse porte. Qui y a t'il d'ailleurs derrière cette porte ? Un autre espace ? Des êtres qui sont restés intacts, alors qu'un virus l'Ion Mud conduit toute forme de vie à la mutation ?
Dans sa première partie, cet album est plutôt contemplatif, il faut que le lecteur s'habitue à ces architectures monumentales, se laisse happer par elles. Au fil des pages l'auteur nous livre quelques clés et à la toute fin, il nous donne des réponses qui laissent la place à l'interprétation. Il y a dans ce récit une progression qui me fait furieusement penser à "La Divine comédie" de Dante, le héros traversant les cercles de l'enfer pour enfin trouver une réponse.
Un trait fin et précis avec des dégradés de gris pour des planches immersives. Certains pourront sans doute pinailler sur un scénario trop linéaire, personnellement, c'est pour moi une très belle découverte, je suivrai cet auteur pour peu qu'il nous régale de récits aussi magistraux.
À conseiller à tous les amateurs de SF.
Coup de cœur bien sûr.
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Que cette histoire est jolie ! Que ces personnages sont attachants ! Que le dessin de Jordi Lafebre parvient à les rendre vivants, touchants ! Je ressors de ma lecture enchantée, émue. Le procédé consistant à raconter l'histoire en partant de la fin et en remontant le fil du temps fonctionne à merveille. Certes on connaît la fin de l'histoire d'Ana et Zeno dès le début, mais cela ne gâche en rien le plaisir de découvrir au fur et à mesure comment et pourquoi ces deux êtres qui s'aiment depuis tant d'années ne se sont pas retrouvés plus tôt. J'ai eu un gros coup de cœur pour le dessin, qui est d'une efficacité incroyable. Le trait dynamique et expressif transmet parfaitement les sentiments des personnages, notamment au travers de leurs regards ; dès les premières pages, lorsque Ana a les larmes aux yeux je les avais aussi... Vraiment ce dessin est excellent ! Je ne connaissais le travail de Jordi Lafebre que de loin, n'ayant lu aucun de ses précédents albums, mais j'avais déjà repéré son dessin. Pour autant je ne m'attendais pas à être charmée à ce point ! Cerise sur le gâteau, le travail de la coloriste est très réussi et permet de bien poser les ambiances. J'émettrais juste un petit bémol concernant certains personnages un peu caricaturaux, comme la fille d'Ana à l'âge adulte, ou le maire qui succède à Ana, véritable caricature d'homme politique. J'ai trouvé aussi le mari d'Ana un peu trop lisse et compréhensif, mais ce ne sont que des petits détails qui n'enlèvent rien à la qualité de ce très bel album qui plaira sans doute principalement aux romantiques de tous horizons.
Et si l'amour c'était aimer ?
Ce qui est drôle, avec Fabcaro, c'est que c'est à chaque fois la même recette que l'album précédent et pourtant, c'est toujours plus barré et plus drôle. Pour l'instant, de ceux que j'ai lus, je trouve que Et si l'amour, c'était aimer ? est son point culminant dans l'absurde et dans le rire. Le décalage entre ses dessins figés, au trait sérieux voire limite austère, et ses dialogues ridicules, pseudo-philosophiques et toujours hilarants atteint un joli degré de perfection. Je ne sais pas si c'est moi qui m'habitue et savoure davantage l'humour de Fabcaro à chaque album, ou si c'est effectivement chacun de ses albums qui révèle une maîtrise de l'absurde toujours plus forte (pourtant, je ne les lis pas dans l'ordre de parution), mais là, vraiment, j'ai trouvé ça absolument génial. A chaque page, Fabcaro atteint une forme d'équilibre de l'excès (si j'ose dire) très étonnant, finalement assez difficile à décrire de manière juste. C'est n'importe quoi, c'est carrément too much, c'est grotesque et débile, mais il y a un sens de la mesure et du timing comique vraiment exceptionnel, qui crée une alchimie irrésistible. Le dessin est terriblement efficace, avec ses plans fixes en contradiction avec les dialogues (les personnages décrivant ce qu'ils voient et que, donc, le spectateur ne voit pas). Très paradoxale, comme tout l'art de Fabcaro, il y a là une science du plan juste à la fois très cinématographique (on imagine les personnages parler face caméra - c'est sans doute plus télévisuel à la Kaamelott que cinématographique -, on les entend même dans notre tête) et pas du tout (une absence totale de montage qui créerait un film chiant au possible si on en tentait une adaptation littérale). En fait, Fabcaro, c'est ça : l'art du paradoxe poussé à l'extrême. C'est tellement bête, mais pensé de manière tellement intelligente. C'est aussi complexe que ça a l'air simple. C'est ridicule voire bouffon, mais en même temps, le ton extrêmement pince-sans-rire de l'ensemble donne à la BD une élégance et une finesse inattendues. Bref, c'est tout et son extrême. Il n'y a pas vraiment de mots pour décrire ça. Bref, c'est du Fabcaro.
Seules à Berlin
Un excellent one-shot qui parle d'un sujet grave: ce qui arrive aux femmes vaincues durant une guerre. Je pense que je n'ai pas besoin de préciser ce qui leur arrive… L'auteur réussit l'exploit selon moi de parler de ce sujet sans tomber dans le mélodramatique. Je pense que c'est dû au fait qu'il a eu une idée de génie: montrer le destin et la rencontre de deux femmes: une allemande et une russe, dans les derniers jours de la seconde guerre mondiale. S'il n'y avait eu qu'une ou plusieurs allemandes comme personnages principaux, je pense que le sujet aurait été montré de manière plus cru et que cela aurait été trop glauque pour moi. J'ai adoré la personnalité des deux femmes, la relation entre-elles et l'évolution de leurs caractères (enfin, ce dernier point me semble plus évident pour la russe, l'allemande semble plus résignée à son sort). Le dessin est très bon. J'ai surtout aimé le visage des deux femmes lorsqu'elles étaient en gros plan. Elles sont expressives et j'aime bien comment sont dessinées leurs têtes. Un album à lire si on n'a pas peur des livres montrant les pires travers de l'homme…
New York trilogie (Big City)
New York, ses blocs, ses immeubles, ses rues, ses odeurs et surtout, la vie de ses habitants et leurs histoires de tous les jours. Will Eisner nous peint, une fois encore et avec un immense talent, ces petits riens du quotidiens, ces malheurs invisibles et ces scènes prises sur le vif. A travers une galerie de portraits attachants, il nous raconte New York. Une grille d’aération dans la rue, une porte d’immeuble, des escaliers menant au perron d’une maison, un lampadaire qui sert de refuge, une poubelle… servent de point d’ancrage au parcours de vie de ses personnages. Les thèmes des histoires s’enchaînent avec naturel et on ressent le temps qui passe. On est dans la vie ordinaire de gens ordinaires pour lesquels, bien souvent, le quotidien est difficile. Le dessin est d’une grande finesse et les expressions des personnages traduisent toutes les émotions de la vie. Will Eisner brosse sans concession le portrait de la ville qu’il aime et qu’il nous fait aimer aussi. Ce récit au fil de l’eau est plein de poésie et nous fait forcément penser au New York de Woody Allen.
Croke Park - Dimanche sanglant à Dublin
Il y a peu, je lisais Kent State, quatre morts dans l'Ohio, de Derf Backderf. Et voilà que j’enchaine avec une nouvelle évocation historique d’une fusillade perpétrée d’une manière aveugle et disproportionnée par des autorités légitimes et militaires. Et une fois de plus, j’ai été saisi par ce récit. Sylvain Gâche et Richard Guérineau abordent cette évocation historique sous un angle original qui cadre bien avec les objectifs de cette nouvelle collection de Delcourt. Une collection qui veut mêler le sport et l’histoire. De sport et d'histoire, il sera indubitablement question au travers de ce stade de Croke Park, lieu emblématique des sports gaéliques marqué au sang par la tragédie de 1920 mais aussi lieu symbolique de la réconciliation et du pardon (mais pas de l’oubli) via ce match de rugby de 2007. Le récit se développe ainsi sur deux époques et nous permet de détricoter les événements qui mèneront à cette fusillade, de suivre le destin de certaines des victimes mais aussi de ressentir l’émotion, la ferveur, la rage qui animeront le public et les joueurs irlandais durant ce fameux match de 2007, comme celles qui animaient les membres du Sinn Fein durant la guerre d’indépendance irlandaise (la fusillade de Croke Park ayant lieu au beau milieu de cette guerre). Pour vous dire à quel point ce récit m’a emporté, une page illustre le moment durant lequel les hymnes nationaux sont joués avant la rencontre. Rien qu’à lire cette planche, les poils se sont dressés sur mes bras et un frisson a parcouru mon échine. Car pour qui connait la ferveur nationaliste des Irlandais et leur enthousiasme à chanter (et pas seulement leur hymne national), ce passage dégage une force prodigieuse. Bon sang, je peux vous assurer que je les entendais chanter !! Le travail de documentaliste de Sylvain Gâche est impressionnant. Son scénario est à la fois rigoureux du point de vue historique mais aussi prenant par l’évocation des différents destins croisés. Le dessin de Richard Guérineau est, quant à lui, d’une parfaite lisibilité. Les passages d’une époque à une autre sont graphiquement clairs, le rendu des deux époques nous plonge totalement dans les univers évoqués, les nombreux personnages sont suffisamment typés pour éviter toutes confusions. Et cerise sur le gâteau, Richard Guérineau change de trait pour apporter un dernier clin d’œil historique au récit, en usant d’un style plus vieillot au tout début et en toute fin d’album. Enfin, le riche carnet historique joint en fin d’album nous permet d’encore un peu plus approfondir notre connaissance de cette fusillade. En fait, seule la couverture me semble un peu en deça. Je la trouve en tous les cas peu engageante alors que le récit, lui, m’a enthousiasmé. Cet album a fait renaître en moi ce romantisme que je ressentais vis-à-vis de l’Irlande lorsque j’étais adolescent (et oui, je suis de la génération du « Sunday, bloody Sunday » de U2 qui, soit dit en passant n’est pas le même que le Bloody Sunday évoqué ici). La dernière page tournée, je n’ai plus qu’une seule envie : aller me recueillir en ce stade… mais un recueillement à l’Irlandaise, une pinte à la main et le chant aux lèvres ! Seo dhibh a cháirde duan Óglaigh, Cathréimeach briomhar ceolmhar, Ár dtinte cnámh go buacach táid, 'S an spéir go min réaltogach Is fonnmhar faobhrach sinn chun gleo 'S go tiúnmhar glé roimh thíocht do'n ló Fé chiúnas chaomh na hoiche ar seol: Seo libh canaídh Amhrán na bhFiann. (Bon, d’accord, j’ai intérêt à revoir mon gaélique avant d’y aller…) Mais sérieusement, c'est là un très très très grand album !
My Broken Mariko
Alors ça, les amis, c'est très très fort. C'est même mon coup de coeur du moment. Comment vous parler de cette jeune femme, Tomoyo, qui apprend par la télé le suicide de sa meilleure amie, de son âme soeur, de celle sans laquelle sa vie n'a aucun sens. Comment vous décrire alors le tourbillon d'émotions qui la saisit : douleur, tristesse, colère, puis détermination. Comment vous raconter son expédition chez le père de la défunte, une "charogne putride" tel qu'elle le lui dit elle-même, avant de s'envoler par la fenêtre, avec l'urne funéraire de Mariko, pour la soustraire à jamais des mains de celui qui a fait fuir sa mère, l'a traitée comme une esclave au collège avant de la violer, de la rouer de coups ? Comment vous faire comprendre l'abattement qui s'abat -très brièvement- sur elle lorsque, une fois arrivée dans une station balnéaire où Mariko aurait aimé aller, elle se fait voler à la tire ses papiers, son téléphone, les lettres que Mariko lui a envoyées ? Que vous dire lorsqu'elle a bénéficié de l'aide désintéressée d'un gars qui passait par là ? Mais je m'arrêterai là, car Waka Hirako, dont c'est le premier long récit, y parvient à merveille, jetant son dessin à la figure de la lectrice et du lecteur ébahis devant tant de virtuosité. Car il se fait nerveux, déstructuré, esquissé lorsque l'esprit de Tomoyo est en vrac, ce qui arrive bien évidemment plusieurs fois dans ce récit ; il s'adoucit, s'assagit lorsqu'on a des moments de tendresse entre les deux amies. Oh bien sûr tout n'était pas facile, Mariko, élevée dans l'idée qu'elle a toujours été la source de ses problèmes, exaspérait son amie. Mais son sourire éclatant pouvait, en une fraction de seconde, effacer son agacement, et elle était prête à tout, ou presque, pour l'aider à s'émanciper, à trouver sa voie, à être heureuse, enfin. Un bonheur que Mariko n'a jamais trouvé, et que Tomoyo souhaite lui offrir post-mortem. C'est de l'amour, au sens le plus pur du terme, sans sous-entendus sexuels. Ce récit est pétri d'humanité, j'avais rarement lu quelque chose d'aussi pur, d'aussi profond. Waka Hirako va faire du chemin. Le récit principal est suivi de Yiska, son premier récit court, un petit road trip aux allures de western sympathique et déjà bluffant de dynamisme, ainsi que de deux pages mettant en scène Mariko et Tomoyo.
Les Carnets de l'apothicaire
J'ai été agréablement surpris par cette nouvelle série. Je m'attendais à un shôjô lambda, avec pour héroïne une adolescente aux prises avec des démons, dans un décor de fantasy... Or il en est bien autrement. Il s'agit en fait d'une sorte d'immersion dans l'arrière-boutique du palais impérial japonais de l'ère classique (mais indéterminée à première vue), où l'héroïne est donc une lingère éduquée et curieuse. Face à la malédiction qui semble frapper les héritiers que l'empereur a avec ses concubines, l'apothicaire que fut Mao Mao réagit et suggère une solution auxdites concubines. Cette entorse à l'étiquette du palais, loin de lui valoir une punition, va lui permettre d'accéder à l'intimité -toute relative- de l'une des concubines. S'ensuit une adaptation, une initiation aux jeux de pouvoirs de la Cour, dont on n'a qu'un aperçu dans le premier tome. C'est assez sympa, les intrigues sont simples mais intéressantes car faisant appel aux connaissance de la jeune fille des "simples" et de la gastronomie japonaise et étrangère. On voit ainsi l'apparition du cacao et ses effets... particuliers sur les membres de la Cour. Le trait de Nekokurage est plutôt élégant, assez efficace, surtout sur les expressions faciales des personnages. Plutôt sympathique. A suivre.
Légendes de la Garde
Je viens de relire l’intégrale de cette série, 9 ans après en être tombé amoureux, avec une certaine fébrilité… j’avais peur que la magie n’opère plus du haut de mes 44 ans… Craintes infondées, et si je note toujours des petits défauts de lisibilité, l’amour que je porte à ces souris est plus fort que jamais ! Le format carré est inédit pour une parution américaine, de même que la couleur, souvent réservée aux grandes productions. L’univers mis en place est somptueux et attachant au possible. J’adore les paysages champêtres mais aussi les villes souris, et la minutie avec laquelle l’auteur représente les tenues vestimentaires, les architectures et les navires. Les intrigues sont certes simplistes et déjà vues mille fois dans la littérature « fantasy », mais elles sont prenantes et rondement menées. Je note un crescendo scénaristique : l’histoire du 1er tome est « juste » bien, celle du 2eme beaucoup plus riche, et celle du 3eme prenante et dépaysant au possible. Le hors-série est aussi excellent. Je ne suis pourtant pas spécialement fan des recueils d’histoire courtes, je trouve que le format en limite souvent l’impact… j’ai pourtant adoré ces mini-contes racontant la jeunesse de certains personnages clés. Le dessin n’est pas parfait. Il manque de dynamisme lors des scènes de combat, et les souris ne sont pas facilement différenciables (l’auteur variant la couleur du poil et des capes pour remédier à ce petit souci). Il est malgré tout magnifique, et possède un cachet bien particulier. Je vous invite à découvrir le site de la série (en anglais), il est très bien fait, et propose de nombreuses illustrations et extraits. Voilà, je reconnais le classicisme des histoires et les imperfections du dessin, mais je suis vraiment tombé sous le charme de cette série, de son dessin, de ses personnages et de ses intrigues prenantes. Un coup de cœur ! A voir aussi la série spin-off « Legends of the Guard » (encore non traduite, mais que fait l’éditeur ?!), un recueil collectif avec de sacrés noms au programme, voyez plutôt : Stan Sakai (Usagi Yojimbo), Bill Willingham (Fables), Ted Naifeh (Courtney Crumrin), Terry Moore (Strangers in Paradise) et bien plus encore. Miam !
L'Or (Futuropolis)
J'ai trouvé cette série, en tout cas les premiers tomes, excellente. Beaux dessins, histoire malheureusement plus proche de la réalité du Maripasoula des années 90 que de la fiction. Plus que distraire, l'auteur cherche vraiment à témoigner d'une époque pas tout à fait révolue où l'état français préférait fermer les yeux sur la situation du Haut Maroni et laisser des milices faire la loi... A lire !
Ion Mud
Excellent, un coup de maître. Tout d'abord, je remercie notre webmaster préféré qui a attiré mon regard sur cette BD. Un feuilletage rapide et hop l'affaire était dans le sac. Imaginez un vaisseau univers, donc gigantesque dont jamais nous ne verrons les limites. Il semble bien mal en point, comme à l'abandon. Une cohorte de drones, de robots de maintenance s'obstinent à réparer ce qui peut l'être sans se soucier des créatures mutantes qui le colonisent peu à peu. Un bestiaire géant se dévoile sous nos yeux sans que nous sachions l'origine de ces formes mutantes. Créatures extraterrestres ? Mutants ? Résidus d'expériences de laboratoire ? Peu à peu, un monde se dévoile. Errant dans ces salles immenses un homme déjà vieux avance obstinément vers un lieu où il pourra rejoindre les siens, du moins l'espère t'il. Sans lien avec sa base, il envoie parfois des messages toujours sans réponse. Il est à la recherche d'un Torana, sorte de gigantesque porte quasi-infranchissable qui pourrait lui permettre de rejoindre les siens. Ce gros album de 280 pages en noir et blanc est l'œuvre d'Amaury Bündgen, concept designer en jeu vidéo, qui signe là sa première BD. J'avoue avoir été scotché par la maîtrise de l'auteur qui puise son inspiration autant chez Moebius que chez Tsutomu et son Blame !. D'immenses espaces où l'homme ne peut que se perdre. Son héros Lupo est à la recherche d'une mystérieuse porte. Qui y a t'il d'ailleurs derrière cette porte ? Un autre espace ? Des êtres qui sont restés intacts, alors qu'un virus l'Ion Mud conduit toute forme de vie à la mutation ? Dans sa première partie, cet album est plutôt contemplatif, il faut que le lecteur s'habitue à ces architectures monumentales, se laisse happer par elles. Au fil des pages l'auteur nous livre quelques clés et à la toute fin, il nous donne des réponses qui laissent la place à l'interprétation. Il y a dans ce récit une progression qui me fait furieusement penser à "La Divine comédie" de Dante, le héros traversant les cercles de l'enfer pour enfin trouver une réponse. Un trait fin et précis avec des dégradés de gris pour des planches immersives. Certains pourront sans doute pinailler sur un scénario trop linéaire, personnellement, c'est pour moi une très belle découverte, je suivrai cet auteur pour peu qu'il nous régale de récits aussi magistraux. À conseiller à tous les amateurs de SF. Coup de cœur bien sûr.