Franchement séduit pour le coup. Cette BD est très personnelle dans son esthétique (elle m'a rappelé Larcenet), son langage parigot 1900 fleuri et bien senti, son intrigue policière qui ne se dévoilera qu'aux toutes dernières pages. Toute cette aventure n'a d'autre prétention que celle d'un divertissement de qualité, d'un voyage dans un Paris 1900 fantasmé. Ne boudez pas votre plaisir.
Comment pouvons-nous ressentir un tel détachement face à ces milliers de migrants qui, en tentant de fuir leur pays, finissent par se noyer en Méditerranée ? Qui sont ces gens ? Que fuient-ils vraiment ?
C’est en se posant ces questions, et en s’interrogeant face à sa propre indifférence que Fabien Toulmé a décidé d’aller à la rencontre d’un réfugié, pour recueillir le témoignage de son exil. Il nous raconte donc dans cette bande dessinée l’histoire d’Hakim, un Syrien ayant quitté son pays en guerre.
Ce récit, qui mêle le parcours d’Hakim et des extraits des entretiens qu’il a eu avec Fabien Toulmé, permet d’en apprendre un peu plus sur le contexte historique qui a mené à l’éclatement de la guerre en Syrie. En suivant le périple d’Hakim, on comprend mieux les circonstances qui peuvent amener un homme à quitter son pays.
Le trait simple mais très efficace de l’auteur parvient parfaitement à retranscrire l’ambiance des différents pays, les émotions des personnages, mais aussi la violence dans certaines scènes très marquantes.
Une bande dessinée forte, nécessaire à l’heure actuelle, pour nous rappeler que ces migrants ne sont pas des vulgaires numéros, mais des personnes avec des aspirations très semblables aux nôtres.
Des humains, tout simplement.
***
Après la lecture des tomes 2 et 3, je confirme que "L'Odyssée d'Hakim" est une excellente bande dessinée dont la lecture me semble nécessaire (d'autant plus actuellement, alors que l'omniprésence des sujets consacrés au Covid dans les médias tend à nous faire oublier les autres problèmes, hélas toujours d'actualité).
Toutes les personnes qui jugent à la hâte les migrants qui, selon eux, viendraient en France juste pour profiter des prestations sociales seraient bien inspirées de lire cette histoire. Ils comprendraient sans doute mieux que la situation est bien plus complexe, que beaucoup de migrants quittent leur pays à contrecœur parce qu'ils ne voient plus d'autre alternative. Lorsque Hakim quitte son pays et sa famille c'est pour sa propre survie, et il est persuadé de revenir rapidement une fois que la situation se sera arrangée... et l'idée de venir jusqu'en France ne s'imposera que plus plus tard dans son parcours.
Je suis toujours aussi convaincue par le dessin de Fabien Toulmé qui pourrait paraître un peu trop léger pour traiter un sujet aussi grave, mais je crois au contraire qu'il permet de rendre l'histoire plus soutenable. Et je tiens aussi à souligner son talent de narrateur : la lecture est fluide, et il apporte une cohérence dans le récit en évitant le catalogue d'événements comme cela peut parfois être le cas dans les récits relatant des histoires vraies.
Un grand merci à Hakim d'avoir accepté de se livrer entièrement pour partager son histoire, et à Fabien Toulmé d'avoir su la retranscrire avec autant de sensibilité.
Le titre évoquant le tableau de Courbet ne ment pas : un documentaire sur le sexe féminin, ou plus exactement sur la vision par certains hommes du sexe féminin. C'est assez édifiant de voir comment celui-ci a toujours été le sujet de beaucoup de préoccupation de la part des messieurs. Il ne s'agit pas ici des relations hommes-femmes mais bien de l'intérêt pour ''l'objet'' proprement dit : la vulve. J'avoue que j'y ai découvert pas mal de choses.
D'emblée, et on ne pouvait faire moins, le propos est féministe assumé, bien. Ensuite, précisons que l'auteure contient son analyse dans les limites de la société occidentale, on va dire de ''passé historique judéo-chrétien''. Le sujet n'est pas ici l'emprise masculine sur le sexe féminin dans d'autres civilisations ou confessions. Et c'est là que c'est intéressant, car en règle générale l'occidental a vite fait de se targuer d'être progressiste sur le sujet, mais l'histoire même récente montre qu'il y a encore des progrès à faire.
Premier chapitre sur la représentation de la chose, ou plutôt sur le refus de sa représentation, et le refus de la nommer également. Pour preuve les manuels scolaires même actuels qui ne sont pas encore tous au diapason. Un exemple qui ne m'avait pas frappée à l'époque et qui semble sidérant maintenant mais le milieu de la NASA était (est) essentiellement masculin : dans l'image du couple humain nu envoyée dans l'espace avec la sonde Pionnier, l'organe de monsieur est bien visible, normal, mais où est passé celui de madame ? Eh bien figurez-vous qu'une première version avec juste un petit trait bien placé figurant la vulve a été refusée ! Si si, et c'était il n'y a pas si longtemps. L'auteure ne manque pas d'humour et imagine les extraterrestres (en forme de homards !) horrifiés à la vue de ce trait si on avait envoyé la première version, ouf, la morale est sauve.
Les chapitres suivants sur l'orgasme féminin, la masturbation, les règles... sont dans le même esprit. J'y ai appris pas mal de choses. Au XIXe, clitoridectomie pour les anglaises osant demander le divorce, droit fraichement acquis. Procès et condamnation des chirurgiens, mais pour n'avoir pas demandé l'accord du mari ! On croit rêver !
Le support de la bd me paraît bien adapté pour ce genre de documentaire, même si celle-ci n'est pas exempte de défauts. La bd permet d'illustrer abondamment le propos et de l'aérer. Je ne crois pas que j'aurais emprunté un pavé sur le même sujet. Quelques défauts disais-je : le dessin tout d'abord est très simple (sauf les illustrations, voire les photos, issues de la documentation citée) mais il fait le job. J'ai eu plus de mal avec la calligraphie que j'ai trouvée parfois un peu difficile à lire, en particulier les références des ouvrages et études présentés qui sont écrits tout petit et en travers.
Malgré cela vous l'aurez compris, j'ai vraiment apprécié ma lecture et je n'hésiterai pas à la conseiller quel que soit votre sexe.
Hiroshi, 48 ans, père de famille récupère péniblement d’une soirée bien arrosée. Alors qu’il se trompe de train en rentrant chez lui, il réalise qu’il roule vers Kurayoshi, la ville de son enfance. Ce bond en arrière dans le temps le ramène à son adolescence. Il a 14 ans mais continue d’analyser les situations avec sa maturité de 48 ans et tous ses souvenirs. Il retrouve ses parents, ses copains, sa petite amie, son collège… Ce voyage intérieur pourrait-il être pour lui l’occasion de réparer les erreurs du passé, d'empêcher la disparition inexpliquée de son père. Que s’est-il passé ce jour-là ? Qu’est-ce qui a mené à la déchirure de sa famille ?
Quarter lointain nous invite à la réflexion sur l’enfance, la famille, les choix de nos parents, les questions sans réponses, la mort. Jiro Taniguchi livre à notre réflexion les thèmes qui lui sont chers : le passé, les traditions, le temps qui passe, les villes qui se modernisent. Hiroshi est à la croisée des chemins et réfléchit aux choix qu’il a fait. Un très beau récit qui monte lentement en tension.
J’ai trouvé cet album remarquable. Il se détache vraiment de la série phare de Nicolas Wild, Kaboul Disco, dans le sens où Nicolas raconte cette fois ci les déboires d’un autre : Sean Langan, journaliste de la BCC, kidnappé par les talibans en 2008… et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’on ne s’embête pas pendant les 160 pages de ce récit.
On retrouve l’humour de Kaboul Disco (le passage sur les feux tricolores m’a littéralement fait exploser de rire), mais de manière générale l’histoire est quand même assez dure et édifiante, et la tension monte vraiment sur la fin (je ne connaissais pas l’issue de cet incident avant ma lecture). Le portrait brossé n’est certes pas spécialement original (on le sait que les Talibans sont des sauvages que même les Afghans détestent) mais la piqure de rappel fait quand même du bien. Au passage on en apprend beaucoup sur la culture Afghane, la vraie (cuisine, mœurs etc.)
Un excellent moment de lecture : instructif, prenant et rempli d’humour. Je lirai certainement la suite (notez que ce premier tome se lit indépendamment).
Tout simplement la plus grande série de BD que j'ai lue à ce jour, et j'ai une collection de plusieurs milliers de titres... Charlier est pour pour moi le plus grand scénariste de BD de tous les temps.
Etant né au bord de l'eau, de parents issus de régions maritimes (Bretagne et La Rochelle), j'ai toujours aimé la mer et les univers marins, cette série ne pouvait que m'enchanter, même si elle ne verse pas dans l'exotique et les îles paradisiaques, c'est pourquoi j'ai tout de suite aimé le concept de cette Bd qui du reste est très méconnue. Pourtant sa diffusion dans A Suivre à partir de 1991, aurait dû lui donner un peu de notoriété, c'est dommage.
Les auteurs nous font vivre les pérégrinations de l'équipage d'un cargo de la marine marchande, la "marmar" comme disent les initiés, et tout ce qui peut se passer sur un cargo et dans les ports ; on assiste au quotidien de ces rudes marins au long cours, avec leurs occupations, leurs aventures dans les mers du Sud, leurs beuveries, leurs femmes d'un soir etc... à travers une galerie de personnages pittoresques. C'est des histoires d'hommes où les auteurs privilégient les relations humaines et rendent la plupart de ces gars attachants, le tout étant saupoudré d'un humour à froid et parfois d'une certaine émotion.
C'est un univers très spécifique que le grand public connait mal voire pas du tout. Moi les seuls gars dans ce genre que j'ai connus, c'est les marins des bacs qui reliaient l'île de Ré à La Rochelle dans les années 60 ; bien avant qu'il y ait le pont, on prenait le bac pour une petite demi-heure de traversée, j'avais 8 ou 10 ans et j'observais en rigolant ces gars qui gueulaient comme des putois pour caser le maximum de voitures puis pour balancer les cordages sur le quai. En lisant ces récits, j'ai retrouvé un peu de cette ambiance, car c'est ça que je trouve remarquable de la part des auteurs, c'est qu'ils ont réussi à restituer une ambiance d'univers maritime pas évidente à cerner et qu'on ne connait pas si on n'a jamais mis les pieds sur un rafiot de ce type.
La Bd m'a rappelé aussi un beau film de 1956, Si tous les gars du monde, réalisé par Christian-Jaque, qui mettait en avant la fraternité des hommes et le côté rude des ces gaillards. Maintenant, à savoir si toutes les histoires racontées dans ces récits sont crédibles et existent toujours, je ne sais pas, parfois on sent que c'est romancé ou un peu appuyé pour la dramatisation, ou alors c'était valable il y a 40 ou 50 ans, mais je pense qu'il y a un fond juste et que ça s'appuie sur des réalités bien établies, notamment la dureté du métier.
Au niveau dessin, c'est pas mal, je le trouvais un peu grossier au départ, ça m'a un peu surpris, et puis je m'y suis fait, en tout cas, ça reconstitue bien la vie à bord d'un cargo de la marine marchande.
J'adore, je suis une très grande fan de la série et attends d'ailleurs la suite avec impatience !
J'ai acheté les 2 tomes avec en plus le comic DC Univers Rebirth Deathstroke et j'ai commencé Super sons juste pour encore profiter de ma team préférée !
Je sais qu'il ne faut pas abuser des 5/5 mais pour moi c'est le top ! Ça m'a même poussé à acheter l'intégrale de "New Teen Titans" pour vous dire !
Damian, Robin peut vraiment passer pour un sale type à un point que même son passé ne l'excuse pas, mais la présence de Raven lui donne une toute autre dimension. Pour information : Raven a des pouvoirs empathiques qui lui permettent de ressentir ce que les autres ressentent. Grâce à ses interventions, on apprend par exemple que Robin respecte Super-Boy, ce qui n'est évident ni pour les personnages ni pour le lecteur.
Vraiment, je conseille ! Ce comic n'est pas assez mis en valeur et c'est bien dommage, car l'adolescence des héros est souvent l'évolution la plus riche à découvrir. J'en tiens pour preuve les précédents Robin, l'autre Kid-Flash, Speedy,...
Désolé pour mes fautes d'orthographes.
Déjà, ce livre est atypique par son format de type dico, ces couleurs roses, vertes, bruns clairs, bleues ciel. Ces couleurs si douces qui s'opposent à la dureté des récits et de ces lieux (en)fermés par la guerre, les dogmes religieux, la misère des femmes... Mais aussi ouvert à l'imaginaire, aux comtes, à l'amitié, à la poésie ou la danse... Ce moyen-orient impossible dans tous ses contrastes.
Et puis le dessin qui flirte avec des personnages franchement cubiques, des perspectives ondulantes, ces couleurs pastels, ces décors fourmillant de détails, m'a complètement séduit.
Ah oui, j'oubliais, dernière particularité, album sans texte malgré un récit complexe mais toujours compréhensible et lisible.
Cette BD est une belle surprise.
Cette Bd me donne un peu l'impression d'un combo entre plusieurs Bd d'aventuriers remuants très inspirés des séries de Greg et Van Hamme, genre Bernard Prince, Bruno Brazil ou Wayne Shelton, avec un ton plus moderne. C'est de la Bd purement divertissante qui comme Wayne Shelton justement, ne cherche pas à vous torturer l'esprit et à vous embrouiller le cerveau, ça ne pouvait donc que me plaire.
Les scénarios ont l'air compliqués, c'est une façade, un peu comme dans les James Bond, il faut qu'il y ait un peu de complexité pour donner un peu de corps, et il faut aussi d'inévitables invraisemblances, comme on en retrouve dans la plupart des bandes de ce type. Aussi, ça file droit et ça va droit au but, le rythme est soutenu, et l'action prépondérante. Le tout est joliment soutenu par le dessin de Jarbinet qui sait dynamiser cette action par des cadrages adéquats et un trait soigné d'une grande lisibilité. J'ai déjà apprécié son dessin sur ses précédentes séries comme Mémoire de cendres et surtout Airborne 44.
La bande me fait penser à Largo Winch mais aussi à un polar injustement peu connu comme Frank Lincoln qui n'a pas eu le succès qu'il méritait. Dommage que Glénat n'ait pas voulu poursuivre l'aventure, la fin du tome 3 est une fin sans en être vraiment une, mais bon je me suis bien régalé avec cette lecture, j'aime ce genre de Bd musclée, rocambolesque, bien foutue, très efficace, très distrayante et qui ne me prend pas la tête. De temps en temps, ça fait du bien.
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Le Vendangeur de Paname
Franchement séduit pour le coup. Cette BD est très personnelle dans son esthétique (elle m'a rappelé Larcenet), son langage parigot 1900 fleuri et bien senti, son intrigue policière qui ne se dévoilera qu'aux toutes dernières pages. Toute cette aventure n'a d'autre prétention que celle d'un divertissement de qualité, d'un voyage dans un Paris 1900 fantasmé. Ne boudez pas votre plaisir.
L'Odyssée d'Hakim
Comment pouvons-nous ressentir un tel détachement face à ces milliers de migrants qui, en tentant de fuir leur pays, finissent par se noyer en Méditerranée ? Qui sont ces gens ? Que fuient-ils vraiment ? C’est en se posant ces questions, et en s’interrogeant face à sa propre indifférence que Fabien Toulmé a décidé d’aller à la rencontre d’un réfugié, pour recueillir le témoignage de son exil. Il nous raconte donc dans cette bande dessinée l’histoire d’Hakim, un Syrien ayant quitté son pays en guerre. Ce récit, qui mêle le parcours d’Hakim et des extraits des entretiens qu’il a eu avec Fabien Toulmé, permet d’en apprendre un peu plus sur le contexte historique qui a mené à l’éclatement de la guerre en Syrie. En suivant le périple d’Hakim, on comprend mieux les circonstances qui peuvent amener un homme à quitter son pays. Le trait simple mais très efficace de l’auteur parvient parfaitement à retranscrire l’ambiance des différents pays, les émotions des personnages, mais aussi la violence dans certaines scènes très marquantes. Une bande dessinée forte, nécessaire à l’heure actuelle, pour nous rappeler que ces migrants ne sont pas des vulgaires numéros, mais des personnes avec des aspirations très semblables aux nôtres. Des humains, tout simplement. *** Après la lecture des tomes 2 et 3, je confirme que "L'Odyssée d'Hakim" est une excellente bande dessinée dont la lecture me semble nécessaire (d'autant plus actuellement, alors que l'omniprésence des sujets consacrés au Covid dans les médias tend à nous faire oublier les autres problèmes, hélas toujours d'actualité). Toutes les personnes qui jugent à la hâte les migrants qui, selon eux, viendraient en France juste pour profiter des prestations sociales seraient bien inspirées de lire cette histoire. Ils comprendraient sans doute mieux que la situation est bien plus complexe, que beaucoup de migrants quittent leur pays à contrecœur parce qu'ils ne voient plus d'autre alternative. Lorsque Hakim quitte son pays et sa famille c'est pour sa propre survie, et il est persuadé de revenir rapidement une fois que la situation se sera arrangée... et l'idée de venir jusqu'en France ne s'imposera que plus plus tard dans son parcours. Je suis toujours aussi convaincue par le dessin de Fabien Toulmé qui pourrait paraître un peu trop léger pour traiter un sujet aussi grave, mais je crois au contraire qu'il permet de rendre l'histoire plus soutenable. Et je tiens aussi à souligner son talent de narrateur : la lecture est fluide, et il apporte une cohérence dans le récit en évitant le catalogue d'événements comme cela peut parfois être le cas dans les récits relatant des histoires vraies. Un grand merci à Hakim d'avoir accepté de se livrer entièrement pour partager son histoire, et à Fabien Toulmé d'avoir su la retranscrire avec autant de sensibilité.
L'Origine du Monde
Le titre évoquant le tableau de Courbet ne ment pas : un documentaire sur le sexe féminin, ou plus exactement sur la vision par certains hommes du sexe féminin. C'est assez édifiant de voir comment celui-ci a toujours été le sujet de beaucoup de préoccupation de la part des messieurs. Il ne s'agit pas ici des relations hommes-femmes mais bien de l'intérêt pour ''l'objet'' proprement dit : la vulve. J'avoue que j'y ai découvert pas mal de choses. D'emblée, et on ne pouvait faire moins, le propos est féministe assumé, bien. Ensuite, précisons que l'auteure contient son analyse dans les limites de la société occidentale, on va dire de ''passé historique judéo-chrétien''. Le sujet n'est pas ici l'emprise masculine sur le sexe féminin dans d'autres civilisations ou confessions. Et c'est là que c'est intéressant, car en règle générale l'occidental a vite fait de se targuer d'être progressiste sur le sujet, mais l'histoire même récente montre qu'il y a encore des progrès à faire. Premier chapitre sur la représentation de la chose, ou plutôt sur le refus de sa représentation, et le refus de la nommer également. Pour preuve les manuels scolaires même actuels qui ne sont pas encore tous au diapason. Un exemple qui ne m'avait pas frappée à l'époque et qui semble sidérant maintenant mais le milieu de la NASA était (est) essentiellement masculin : dans l'image du couple humain nu envoyée dans l'espace avec la sonde Pionnier, l'organe de monsieur est bien visible, normal, mais où est passé celui de madame ? Eh bien figurez-vous qu'une première version avec juste un petit trait bien placé figurant la vulve a été refusée ! Si si, et c'était il n'y a pas si longtemps. L'auteure ne manque pas d'humour et imagine les extraterrestres (en forme de homards !) horrifiés à la vue de ce trait si on avait envoyé la première version, ouf, la morale est sauve. Les chapitres suivants sur l'orgasme féminin, la masturbation, les règles... sont dans le même esprit. J'y ai appris pas mal de choses. Au XIXe, clitoridectomie pour les anglaises osant demander le divorce, droit fraichement acquis. Procès et condamnation des chirurgiens, mais pour n'avoir pas demandé l'accord du mari ! On croit rêver ! Le support de la bd me paraît bien adapté pour ce genre de documentaire, même si celle-ci n'est pas exempte de défauts. La bd permet d'illustrer abondamment le propos et de l'aérer. Je ne crois pas que j'aurais emprunté un pavé sur le même sujet. Quelques défauts disais-je : le dessin tout d'abord est très simple (sauf les illustrations, voire les photos, issues de la documentation citée) mais il fait le job. J'ai eu plus de mal avec la calligraphie que j'ai trouvée parfois un peu difficile à lire, en particulier les références des ouvrages et études présentés qui sont écrits tout petit et en travers. Malgré cela vous l'aurez compris, j'ai vraiment apprécié ma lecture et je n'hésiterai pas à la conseiller quel que soit votre sexe.
Quartier lointain
Hiroshi, 48 ans, père de famille récupère péniblement d’une soirée bien arrosée. Alors qu’il se trompe de train en rentrant chez lui, il réalise qu’il roule vers Kurayoshi, la ville de son enfance. Ce bond en arrière dans le temps le ramène à son adolescence. Il a 14 ans mais continue d’analyser les situations avec sa maturité de 48 ans et tous ses souvenirs. Il retrouve ses parents, ses copains, sa petite amie, son collège… Ce voyage intérieur pourrait-il être pour lui l’occasion de réparer les erreurs du passé, d'empêcher la disparition inexpliquée de son père. Que s’est-il passé ce jour-là ? Qu’est-ce qui a mené à la déchirure de sa famille ? Quarter lointain nous invite à la réflexion sur l’enfance, la famille, les choix de nos parents, les questions sans réponses, la mort. Jiro Taniguchi livre à notre réflexion les thèmes qui lui sont chers : le passé, les traditions, le temps qui passe, les villes qui se modernisent. Hiroshi est à la croisée des chemins et réfléchit aux choix qu’il a fait. Un très beau récit qui monte lentement en tension.
Kaboul Requiem
J’ai trouvé cet album remarquable. Il se détache vraiment de la série phare de Nicolas Wild, Kaboul Disco, dans le sens où Nicolas raconte cette fois ci les déboires d’un autre : Sean Langan, journaliste de la BCC, kidnappé par les talibans en 2008… et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’on ne s’embête pas pendant les 160 pages de ce récit. On retrouve l’humour de Kaboul Disco (le passage sur les feux tricolores m’a littéralement fait exploser de rire), mais de manière générale l’histoire est quand même assez dure et édifiante, et la tension monte vraiment sur la fin (je ne connaissais pas l’issue de cet incident avant ma lecture). Le portrait brossé n’est certes pas spécialement original (on le sait que les Talibans sont des sauvages que même les Afghans détestent) mais la piqure de rappel fait quand même du bien. Au passage on en apprend beaucoup sur la culture Afghane, la vraie (cuisine, mœurs etc.) Un excellent moment de lecture : instructif, prenant et rempli d’humour. Je lirai certainement la suite (notez que ce premier tome se lit indépendamment).
Blueberry
Tout simplement la plus grande série de BD que j'ai lue à ce jour, et j'ai une collection de plusieurs milliers de titres... Charlier est pour pour moi le plus grand scénariste de BD de tous les temps.
Mérite maritime
Etant né au bord de l'eau, de parents issus de régions maritimes (Bretagne et La Rochelle), j'ai toujours aimé la mer et les univers marins, cette série ne pouvait que m'enchanter, même si elle ne verse pas dans l'exotique et les îles paradisiaques, c'est pourquoi j'ai tout de suite aimé le concept de cette Bd qui du reste est très méconnue. Pourtant sa diffusion dans A Suivre à partir de 1991, aurait dû lui donner un peu de notoriété, c'est dommage. Les auteurs nous font vivre les pérégrinations de l'équipage d'un cargo de la marine marchande, la "marmar" comme disent les initiés, et tout ce qui peut se passer sur un cargo et dans les ports ; on assiste au quotidien de ces rudes marins au long cours, avec leurs occupations, leurs aventures dans les mers du Sud, leurs beuveries, leurs femmes d'un soir etc... à travers une galerie de personnages pittoresques. C'est des histoires d'hommes où les auteurs privilégient les relations humaines et rendent la plupart de ces gars attachants, le tout étant saupoudré d'un humour à froid et parfois d'une certaine émotion. C'est un univers très spécifique que le grand public connait mal voire pas du tout. Moi les seuls gars dans ce genre que j'ai connus, c'est les marins des bacs qui reliaient l'île de Ré à La Rochelle dans les années 60 ; bien avant qu'il y ait le pont, on prenait le bac pour une petite demi-heure de traversée, j'avais 8 ou 10 ans et j'observais en rigolant ces gars qui gueulaient comme des putois pour caser le maximum de voitures puis pour balancer les cordages sur le quai. En lisant ces récits, j'ai retrouvé un peu de cette ambiance, car c'est ça que je trouve remarquable de la part des auteurs, c'est qu'ils ont réussi à restituer une ambiance d'univers maritime pas évidente à cerner et qu'on ne connait pas si on n'a jamais mis les pieds sur un rafiot de ce type. La Bd m'a rappelé aussi un beau film de 1956, Si tous les gars du monde, réalisé par Christian-Jaque, qui mettait en avant la fraternité des hommes et le côté rude des ces gaillards. Maintenant, à savoir si toutes les histoires racontées dans ces récits sont crédibles et existent toujours, je ne sais pas, parfois on sent que c'est romancé ou un peu appuyé pour la dramatisation, ou alors c'était valable il y a 40 ou 50 ans, mais je pense qu'il y a un fond juste et que ça s'appuie sur des réalités bien établies, notamment la dureté du métier. Au niveau dessin, c'est pas mal, je le trouvais un peu grossier au départ, ça m'a un peu surpris, et puis je m'y suis fait, en tout cas, ça reconstitue bien la vie à bord d'un cargo de la marine marchande.
Teen Titans Rebirth
J'adore, je suis une très grande fan de la série et attends d'ailleurs la suite avec impatience ! J'ai acheté les 2 tomes avec en plus le comic DC Univers Rebirth Deathstroke et j'ai commencé Super sons juste pour encore profiter de ma team préférée ! Je sais qu'il ne faut pas abuser des 5/5 mais pour moi c'est le top ! Ça m'a même poussé à acheter l'intégrale de "New Teen Titans" pour vous dire ! Damian, Robin peut vraiment passer pour un sale type à un point que même son passé ne l'excuse pas, mais la présence de Raven lui donne une toute autre dimension. Pour information : Raven a des pouvoirs empathiques qui lui permettent de ressentir ce que les autres ressentent. Grâce à ses interventions, on apprend par exemple que Robin respecte Super-Boy, ce qui n'est évident ni pour les personnages ni pour le lecteur. Vraiment, je conseille ! Ce comic n'est pas assez mis en valeur et c'est bien dommage, car l'adolescence des héros est souvent l'évolution la plus riche à découvrir. J'en tiens pour preuve les précédents Robin, l'autre Kid-Flash, Speedy,... Désolé pour mes fautes d'orthographes.
Levants
Déjà, ce livre est atypique par son format de type dico, ces couleurs roses, vertes, bruns clairs, bleues ciel. Ces couleurs si douces qui s'opposent à la dureté des récits et de ces lieux (en)fermés par la guerre, les dogmes religieux, la misère des femmes... Mais aussi ouvert à l'imaginaire, aux comtes, à l'amitié, à la poésie ou la danse... Ce moyen-orient impossible dans tous ses contrastes. Et puis le dessin qui flirte avec des personnages franchement cubiques, des perspectives ondulantes, ces couleurs pastels, ces décors fourmillant de détails, m'a complètement séduit. Ah oui, j'oubliais, dernière particularité, album sans texte malgré un récit complexe mais toujours compréhensible et lisible. Cette BD est une belle surprise.
Sam Bracken
Cette Bd me donne un peu l'impression d'un combo entre plusieurs Bd d'aventuriers remuants très inspirés des séries de Greg et Van Hamme, genre Bernard Prince, Bruno Brazil ou Wayne Shelton, avec un ton plus moderne. C'est de la Bd purement divertissante qui comme Wayne Shelton justement, ne cherche pas à vous torturer l'esprit et à vous embrouiller le cerveau, ça ne pouvait donc que me plaire. Les scénarios ont l'air compliqués, c'est une façade, un peu comme dans les James Bond, il faut qu'il y ait un peu de complexité pour donner un peu de corps, et il faut aussi d'inévitables invraisemblances, comme on en retrouve dans la plupart des bandes de ce type. Aussi, ça file droit et ça va droit au but, le rythme est soutenu, et l'action prépondérante. Le tout est joliment soutenu par le dessin de Jarbinet qui sait dynamiser cette action par des cadrages adéquats et un trait soigné d'une grande lisibilité. J'ai déjà apprécié son dessin sur ses précédentes séries comme Mémoire de cendres et surtout Airborne 44. La bande me fait penser à Largo Winch mais aussi à un polar injustement peu connu comme Frank Lincoln qui n'a pas eu le succès qu'il méritait. Dommage que Glénat n'ait pas voulu poursuivre l'aventure, la fin du tome 3 est une fin sans en être vraiment une, mais bon je me suis bien régalé avec cette lecture, j'aime ce genre de Bd musclée, rocambolesque, bien foutue, très efficace, très distrayante et qui ne me prend pas la tête. De temps en temps, ça fait du bien.