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L'Origine du Monde

Note: 4/5
(4/5 pour 1 avis)

Une certaine partie du corps de la femme, celle que Gustave Courbet a évoqué dans son tableau L’origine du monde, a suscité et continue de susciter l’intérêt un peu trop “vif “ de certains représentants de la gent masculine.


Auteurs nordiques Documentaires La BD au féminin

C’est ainsi que le Dr. Kellogs, l’inventeur des corn-flakes, a pu affirmer que la masturbation provoque le cancer de l’utérus et le Dr. Baker Brown a pu préconiser l’éradication de l’onanisme féminin par l’ablation du clitoris (la dernière a été pratiquée en 1948 !). Si le corps médical n’y va pas avec le dos de la cuillère, les philosophes ne sont pas en reste. Jean-Paul Sartre peut ainsi écrire “… le sexe féminin… est un appel d’être, comme d’ailleurs tous les trous”… Sous la plume acérée de Liv Strömquist, défile toute une galerie de personnages (pères de l’église et de la psychanalyse, pédagogues, sexologues) dont les théories et les diagnostics ont eu des conséquences dévastatrices sur la sexualité de la femme. Après avoir disséqué, dans Les sentiments du prince Charles, le mariage en tant que construction historique et sociale, Liv Strömquist lève le voile sur des siècles de répression sexuelle et fait voler en éclats toutes les idées fausses autour du sexe féminin, sans oublier d’égratigner – au passage – l’obsession de notre culture pour la sexualité binaire. Dans ce nouvel essai en bande dessinée, Liv Strömquist nous surprend encore une fois par la justesse et la clarté de son analyse, ses allées et retours effrénés entre passé et présent, ses parallèles inattendus et, surtout, son omniprésent humour au vitriol.

Scénariste
Dessinateur
Coloriste
Traducteur
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution 05 Mai 2016
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série L'Origine du Monde
Les notes (1)
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14/02/2021 | Titanick
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Par Titanick
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
L'avatar du posteur Titanick

Le titre évoquant le tableau de Courbet ne ment pas : un documentaire sur le sexe féminin, ou plus exactement sur la vision par certains hommes du sexe féminin. C'est assez édifiant de voir comment celui-ci a toujours été le sujet de beaucoup de préoccupation de la part des messieurs. Il ne s'agit pas ici des relations hommes-femmes mais bien de l'intérêt pour ''l'objet'' proprement dit : la vulve. J'avoue que j'y ai découvert pas mal de choses. D'emblée, et on ne pouvait faire moins, le propos est féministe assumé, bien. Ensuite, précisons que l'auteure contient son analyse dans les limites de la société occidentale, on va dire de ''passé historique judéo-chrétien''. Le sujet n'est pas ici l'emprise masculine sur le sexe féminin dans d'autres civilisations ou confessions. Et c'est là que c'est intéressant, car en règle générale l'occidental a vite fait de se targuer d'être progressiste sur le sujet, mais l'histoire même récente montre qu'il y a encore des progrès à faire. Premier chapitre sur la représentation de la chose, ou plutôt sur le refus de sa représentation, et le refus de la nommer également. Pour preuve les manuels scolaires même actuels qui ne sont pas encore tous au diapason. Un exemple qui ne m'avait pas frappée à l'époque et qui semble sidérant maintenant mais le milieu de la NASA était (est) essentiellement masculin : dans l'image du couple humain nu envoyée dans l'espace avec la sonde Pionnier, l'organe de monsieur est bien visible, normal, mais où est passé celui de madame ? Eh bien figurez-vous qu'une première version avec juste un petit trait bien placé figurant la vulve a été refusée ! Si si, et c'était il n'y a pas si longtemps. L'auteure ne manque pas d'humour et imagine les extraterrestres (en forme de homards !) horrifiés à la vue de ce trait si on avait envoyé la première version, ouf, la morale est sauve. Les chapitres suivants sur l'orgasme féminin, la masturbation, les règles... sont dans le même esprit. J'y ai appris pas mal de choses. Au XIXe, clitoridectomie pour les anglaises osant demander le divorce, droit fraichement acquis. Procès et condamnation des chirurgiens, mais pour n'avoir pas demandé l'accord du mari ! On croit rêver ! Le support de la bd me paraît bien adapté pour ce genre de documentaire, même si celle-ci n'est pas exempte de défauts. La bd permet d'illustrer abondamment le propos et de l'aérer. Je ne crois pas que j'aurais emprunté un pavé sur le même sujet. Quelques défauts disais-je : le dessin tout d'abord est très simple (sauf les illustrations, voire les photos, issues de la documentation citée) mais il fait le job. J'ai eu plus de mal avec la calligraphie que j'ai trouvée parfois un peu difficile à lire, en particulier les références des ouvrages et études présentés qui sont écrits tout petit et en travers. Malgré cela vous l'aurez compris, j'ai vraiment apprécié ma lecture et je n'hésiterai pas à la conseiller quel que soit votre sexe.

14/02/2021 (modifier)