Les anthologies sont principalement réservées à la poésie. En effet la forme des poèmes se prête bien à un recueil de textes courts.
Il peut y avoir un thème ou s'organiser autour du goût de celui qui la compose. Je trouve que la BD réussit l'exercice avec brio.
Cet album, vieux de près de 40 ans, est organisé autour du dixième anniversaire de Buddy Longway et d'interviews de la trentaine d'auteurs/amis qui se sont collés à l'exercice.
C'est Yvan Delporte, l'ex-rédac 'chef de Spirou qui est le maître interviewer. Cela nous propose une page où l'auteur nous raconte une anecdote sur ses débuts, ses hobby, ses relations avec Derib ou plein d'autres détails.
En face de l'interview une planche dessinée par l'auteur, en relation avec Buddy ou/et Derib. C'est souvent drôle ou touchant surtout après toutes ces années. Il y a donc bien un lien avec la poésie.
Quelle belle couverture avec toutes ces signatures certaines déjà stars à l'époque et d'autres en devenir.
Buddy avec Red Dust ou Blueberry autour d'un feu. Derib en Vénérable des Montagnes qui essaye de tirer son coup sur Natacha. Un vrai plaisir.
Mais en guise d'hommage, je me permets de reprendre la page consacrée à J.C Mézières qui nous a quitté cette semaine.
" S'il fallait trouver un adjectif pour parler de Jean-Claude Mézières, celui qui conviendrait serait : solaire. Il est rayonnant, content de vivre, aussi équilibré que peut être un artiste.
Dans le métier, les gens ont la dent dure, sont prompts à discerner-voire à inventer- les défauts des collègues. Jamais personne n'a entendu un mot défavorable à propos du dessinateur de Valérian."
RIP l'artiste.
J'avais déjà repéré David Snug et je voulais lire un de ces albums. Voilà qui est fait, et je peux dire que je ne suis pas déçu.
L'auteur, donc David Snug, parle à son lui du passé de toutes ses expériences professionnelles passées (et à venir, donc). Avec un DEUG en Arts Plastiques, qu'il a fait car il aimait dessiner, pas facile de trouver un emploi "respectable", de "s'insérer dans la société" par le travail. Pas facile non plus de rester à vie dans un emploi rébarbatif, dur physiquement, et mal payé. Pourtant, plein de gens le font, parce qu'ils n'ont pas le choix. Mais David Snug a décidé qu'il ne voulait pas vivre comme ça. Nous le suivons tout au long de son parcours professionnel jusqu'à arriver à la conclusion qu'il en a soupé du travail, de vivre pour un salaire en étant constamment méprisé par les patrons/CPE/employés de Pôle Emploi, etc. Le propos est très intéressant, pas moralisateur et, finalement, bien argumenté à travers les petites saynètes de la vie de Snug.
La bd est, d'ailleurs, assez drôle. L'humour est souvent présent et les dialogues assez savoureux, que ce soit entre David Snug et David Snug ou entre David Snug et ses différents employeurs/interlocuteurs du travail. Ça se lit donc très facilement et très vite. Au final, on passe un bon moment à lire les gags et ceux-ci nous amènent, sans qu'on s'en rende compte, au propos où l'auteur veut nous emmener, à savoir celui que j'ai développé plus haut. Je dois avouer qu'à la lecture des rares planches que j'ai vues de cette bd-ci et des autres, j'avais un peu peur d'un humour un peu gras et lourd. Au final, je n'ai pas du tout eu cette impression.
En ce qui concerne le dessin, j'aime beaucoup le style de Snug, qui est assez basique mais très bien maitrisé. En plus, son personnage, qu'il met en scène dans cette bd et les autres est très reconnaissable, avec sa barbe et son accoutrement. Et les petits monstres rampants qu'il glisse dans la plupart de ses cases participent aussi à rendre les dessins de Snug uniques et particuliers.
Je conseille donc cette lecture et, quant à moi, je vais me diriger vers les autres bandes dessinées de David Snug !
Auteur prolixe, aussi à l’aise au dessin qu’au scénario, Pascal Rabaté nous offre un récit lui permettant d’exprimer à nouveau son talent d’observateur des mœurs sociales. « Sous les galets la plage », c’est la rencontre entre deux mondes opposés. D’un côté, une petite bourgeoisie de province aux vues et aux portefeuilles étriqués, de l’autre, des parias vivant de petites combines pour pouvoir survivre. Et comme le suggère ce titre pour le moins évocateur, ces deux mondes vont s’entrechoquer jusqu’à un final flamboyant, dans un élan vital alimenté par l’amour et la liberté.
Ce roman graphique intemporel, qui se déroule dans la France des années 60, va nous mener dans les pas d’Albert, jeune homme de bonne famille dont l’avenir aurait dû être tout tracé sous la férule de son père autoritaire et étouffant, totalement acquis aux valeurs d’une France patriarcale. Le jour où il confie les clefs de la maison de vacances à son fils, qui vient d’avoir 18 ans, il ne se doute pas encore que le destin de celui-ci va basculer radicalement. Car ces clés, que le père lui tend comme si elles étaient « les clés du pouvoir », s’avèreront pour Albert les clés vers la liberté… et lorsque l’amour pointera le bout de son nez, sous l’apparence d’une jolie jeune femme peu loquace sur son passé, le point de retour va être allégrement franchi, pour le plus grand plaisir du lecteur…
Sans être trop explicite, grâce à une parole bien choisie ou une simple posture, Rabaté parvient à révéler l’âme de ses protagonistes avec une espièglerie jubilatoire. Ainsi, tout l’état d’esprit du père (qui vouvoie son fils !) est révélé dans cette seule phrase, lorsqu’il vient d’acquérir un meuble à pain dans la brocante du village : « Vous voyez, mon fils, il faut toujours marchander, c’est comme ça que l’on économise et que l’on peut épargner. ». Et c’est bien l’un des points forts de l’auteur, qui a le don de concevoir des dialogues ciselés. Et comme toujours, son trait à la nonchalance étudiée respire la liberté, certaines cases au cadrage très cinématographique évoquant la Nouvelle vague. D’ailleurs, lorsque vers la fin Albert retrouve sa bien-aimée Odette, on pense immanquablement au couple mythique Jean Seberg/Jean-Paul Belmondo dans « A bout de souffle ».
Ce thriller social très fluide, qui ressuscite les fantômes de mai 68, se révèle assez puissant sous son apparente légèreté. « Sous les galets la plage », c’est l’histoire d’une révolte d’une génération sur la précédente, sur les trompe-l’œil de la filiation inaltérable et les carcans du patrimoine transmissible, qui nous questionne de façon assez subversive : et si les enfants ingrats avaient raison ? C’est aussi le récit d’une revanche jouissive des « gueux » aux allures de robin des bois sur les parvenus vaniteux. Sans abus de textes explicatifs et d’effets de manche, Pascal Rabaté en profite également pour livrer une attaque cinglante contre les mâles défenseurs d’une France blanche et patriote, nostalgique du « bon temps des colonies », tout cela grâce à une galerie de portraits finement élaborés et des dialogues ciselés. La conclusion est juste formidable, avec cet irrésistible pied de nez dévoilé sur la dernière image par ce fieffé gredin de Rabaté, qui ne peut pas vraiment dissimuler ses sympathies anars !
Depuis le temps que j'attendais de lire cette Bd, je n'avais pas envie de poireauter à chaque sortie d'album, je voulais lire les 4 tomes à la suite. Manque de chance, il y aura un tome 5, c'est à la fois un tort et un bienfait pour cette série, j'y reviendrai.
Il faut bien comprendre que la Bd fait partie d'une collection qui a le parti-pris dès le début de présenter la part sombre ou sulfureuse des reines choisies, sans lisser les personnages. Ceci a bien réussi pour Aliénor, pour Isabelle de France, pour Frédégonde, un peu moins pour Constance d'Antioche. La tâche n'était peut-être pas aisée pour décrire Cléopâtre qui a été hissée au rang de mythe. Aussi, comme dans l'excellent Cléopâtre (Glénat), les auteurs abordent le personnage sous une facette inhabituelle, insolente, perfide, limite cruelle, provocatrice et nymphomane ; est-ce la vérité ? est-ce la meilleure vision ? je ne suis pas assez renseigné sur Cléopâtre pour avoir un avis tranché là-dessus, pendant longtemps, j'ai subi l'influence du film hollywoodien grandiose de 1963, et pour moi, cette femme avait les traits d'Elizabeth Taylor. Mais d'après les bribes de textes que j'ai lu par-ci par-là, je pense qu'il y a sans doute une part de vrai et pas mal de part romancée.
La relation très houleuse et mêlée de haine avec son frère-époux Ptolémée est montrée sans détours, cette part est réelle et probablement peu exagérée. Le contexte d'époque est bien décrit, on y voit en parallèle la détermination de Cléopâtre pour régner seule, et la guerre civile entre pompéiens et partisans de César, puis on passe les étapes en sacrifiant des épisodes probablement légendaires (la rencontre de Cléopâtre avec César roulée dans un tapis, son entrée triomphale dans Rome sur un char gigantesque) ; ces faits ont été magnifiés par le film hollywoodien.
Le couple Gloris ne déforme pas des faits connus mais les réinterprète à sa façon, comme les chamailleries entre Cléopâtre et Marc-Antoine, ou la mort de Vercingétorix ; d'autres sont bien conformes (la mort de Pompée, la mort de Cicéron), mais je suis un peu déçu du traitement concernant l'assassinat de César.
Comme je disais au début de cet avis, le bienfait de la série, c'est qu'elle est contée en détail, ça permet de bien comprendre l'aspect politique et les arcanes du pouvoir, les intrigues et les personnages qui ont tous un rôle important. Le tort, c'est que 4 albums, puis 5, c'est beaucoup trop, ça étire la série inutilement, on sent quelques longueurs, les auteurs prennent trop leur temps, notamment dans le tome 4 qui est le plus dense et aussi le plus érotique. Je crois que 3 albums auraient suffi, là où Cléopâtre (Glénat) a dû énormément compresser pour tout rentrer en 46 planches.
N'empêche que malgré ce défaut d'excès ou d'étirement, la lecture n'est pas lassante ni pesante, et reste très agréable, la narration se traîne un peu par endroits, mais l'atout principal de cette bande est la partie graphique qui est proprement somptueuse. Mouclier a fait de sacrés progrès depuis Sémio, mais il ne reproduit pas un dessin hyperréaliste comme celui vu sur Meridia, il est plus proche de celui de Le Gardien du feu. C'est un dessin fastueux, chatoyant, avec des décors hyper travaillés et des personnages soignés dans leur apparence et leur costume ; il y a juste quelques visages parfois un peu ratés, mais je pinaille, au regard de l'ensemble, c'est magnifique. La mise en page et la colorisation renforcent la dextérité graphique, c'est une belle Bd historique, et c'est comme ça que j'aime qu'elle soit illustrée.
Un bel album qui laisse une impression assez forte, un bon moment après l’avoir refermé. Un scénario mais en réalité plusieurs histoires qui se croisent et que Cosey mène à leur terme. Deux amis, vétérans de la guerre du Vietnam ont réussi à reconstruire leur vie tant bien que mal mais le traumatisme de la guerre est là, toujours là, et l’auteur sait nous le rappeler par des flashbacks parfaitement bien dosés. Une ancienne histoire d’amour qui semble renaître à l’occasion d’un voyage en Italie mais qui soulèvera plus de questions qu’elle n’apportera de réponses sur la relation que les deux Américains avaient eue avec la jeune femme qu’ils viennent de retrouver. Une histoire d’adoption, aussi. Et surtout, un voyage dans la région des Pouilles, avec ses paysages, ses villages et leurs maisons blanches. Un voyage initiatique qui décidera de l’avenir de chacun des deux hommes, pour le meilleur et pour le pire. J’ai vraiment aimé cet album que j’ai trouvé simple et délicat, sans lourdeur et qui suit le rythme lent des journées qui s’étirent sous le soleil. J’ai aussi beaucoup aimé le dessin, surtout les images lumineuses d’Italie. Au fil des pages, on cerne mieux les deux personnages qui prennent de l’épaisseur. Leur passé se découvre et leurs fêlures apparaissent. Une très belle comédie romantique.
J'ai vraiment adoré ce livre. Le trait est fort et le scénario très fluide. Nous suivons la vie d'un jeune homme un peu différent qui ne parle pas et s'exprime uniquement à travers le dessin ou écriture. Nous voyons le monde avec ses yeux ce qui est vraiment très bien pensé.
C'est une oeuvre à découvrir !
Je viens de découvrir ce livre ainsi que sa dessinatrice. Il s'agit d'une histoire racontée sous forme de conte sur un sujet plutôt difficile : la mort, et le deuil plus généralement. J'ai été agréablement surpris par les dessins vraiment beaux et assez atypiques dans la BD. Ils semblent au départ un peu hésitants mais deviennent de plus en plus beaux par la suite, un réel coup de coeur pour moi. Le scénario lui est plutôt jeunesse mais emmené de manière très douce, ce qui ravira les plus jeunes.
Les auteurs Greg et Hermann doublent la mise de l'excellence. Après Bernard Prince, les péripéties de Red Dust à travers le Wyoming m'a longtemps tenu en haleine. J'aimais bien le genre western même si un Ouest fantasmé permet des raccourcis au niveau de la violence et de la loi.
C'est justement ce que j'apprécie dans la série, ce passage d'un état sauvage à une volonté de bâtir un état de droit. Le passage exemplaire est quand Red abat Dobbs et se retrouve au pénitencier.
Le ranch 666 est aussi une illustration de cette Amérique qui se transforme. Une femme qui dirige une équipe "plurielle" c'est improbable mais rendu plausible grâce au talent des deux auteurs. Si les personnages du cow-boy solitaire, de l'indien, du vieux et du jeune chien fou sont des classiques, l'introduction de Toby cow-boy Noir est assez rare.
Pourtant si l'on en croit le dernier Lucky Luke qui met en scène Bass Reeves, 50 ans après Comanche, la présence de cow-boys Noirs était relativement courante. C'est donc une très bonne intuition des auteurs. Les scénarii utilisent des thèmes classiques, chemin de fer, indiens, outlaws et difficulté à faire valoir ses droits mais c'est très bien ficelé.
Evidemment comme écrit auparavant, la série vaut pour ses 9 premiers albums. J'ai une préférence pour le diptyque des frères Dobbs et pour "le doigt du diable". Les dessins sont parfaits et j'aime beaucoup l'esprit de Greg dans ses scénarii et dialogues. Pour la suite , il n'est jamais facile de reprendre le travail d'un maître.
Je découvre cette auteure suédoise avec ce petit album, et c'est une chouette découverte (je vous encourage à y jeter plus qu'un oeil).
L'album est assez vite lu (petit format, très peu de texte, et une narration un peu linéaire), mais j'ai trouvé cette lecture agréable, fluide.
C'est une sorte de transposition du cycle de la vie, qui se déroule sur un temps long mais indéterminé, dans un lieu tout aussi inconnu. Certains aspects fantastiques, d'autres plutôt SF, habillent cette histoire, et les textes et pas mal d'images ont une connotation poétique. On a parfois l'impression de suivre la rêverie d'un savant (entomologiste ou spécialiste d'un muséum d'histoire naturelle), ceci n'étant pas pour me déplaire, bien au contraire.
Le dessin est moderne, et la colorisation tout à fait à mon goût.
Bref, une petite lecture rapide mais très recommandable, qui s'adresse à un public très large et curieux.
Note réelle 3,5/5.
Au départ, j'ai eu une drôle d'impression avec le dessin. Je le trouvais immature, plein d'imperfections. Mais pas bâclé, ça non. On voyait bien qu'il s'agissait d'un premier album. Et puis assez vite, le récit a pris le pas sur le dessin, qui pourtant s'est affermi, s'est assuré au fil des pages.
Car il s'agit d'une histoire de deuil. Et même de deuilS, puisqu'après la disparition brutale (et sous ses yeux) de son grand-père, un petit garçon n'arrive pas à s'y résoudre. Sa mère, qui a dû faire face à quelque chose de comparable, lui raconte alors l'aventure qu'elle a vécu au même âge. Et nous voilà partis dans un autre monde, avec des arbres qui parlent, des spectres qui marchent et un ours qui dépose des messages cryptiques. Un monde autre, seulement esquissé par Elodie Garcia qui bénéficie pour cet album du renfort de Xavier Bétaucourt, scénariste plus aguerri qui a sans doute permis à cette histoire émouvante et peut-être en partie autobiographique d'être publiée par Jungle.
Il en résulte un premier album un peu maladroit, mais pétri de bons sentiments, et plutôt utile à mon avis pour aider les enfants qui subiraient malheureusement la perte anticipée d'un être cher. Le dessin a vite trouvé sa vitesses de croisière, et Elodie Garcia se montre également audacieuse dans la construction et les cadrages de ses cases.
Fort sympathique, à découvrir.
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Les Amis de Buddy Longway
Les anthologies sont principalement réservées à la poésie. En effet la forme des poèmes se prête bien à un recueil de textes courts. Il peut y avoir un thème ou s'organiser autour du goût de celui qui la compose. Je trouve que la BD réussit l'exercice avec brio. Cet album, vieux de près de 40 ans, est organisé autour du dixième anniversaire de Buddy Longway et d'interviews de la trentaine d'auteurs/amis qui se sont collés à l'exercice. C'est Yvan Delporte, l'ex-rédac 'chef de Spirou qui est le maître interviewer. Cela nous propose une page où l'auteur nous raconte une anecdote sur ses débuts, ses hobby, ses relations avec Derib ou plein d'autres détails. En face de l'interview une planche dessinée par l'auteur, en relation avec Buddy ou/et Derib. C'est souvent drôle ou touchant surtout après toutes ces années. Il y a donc bien un lien avec la poésie. Quelle belle couverture avec toutes ces signatures certaines déjà stars à l'époque et d'autres en devenir. Buddy avec Red Dust ou Blueberry autour d'un feu. Derib en Vénérable des Montagnes qui essaye de tirer son coup sur Natacha. Un vrai plaisir. Mais en guise d'hommage, je me permets de reprendre la page consacrée à J.C Mézières qui nous a quitté cette semaine. " S'il fallait trouver un adjectif pour parler de Jean-Claude Mézières, celui qui conviendrait serait : solaire. Il est rayonnant, content de vivre, aussi équilibré que peut être un artiste. Dans le métier, les gens ont la dent dure, sont prompts à discerner-voire à inventer- les défauts des collègues. Jamais personne n'a entendu un mot défavorable à propos du dessinateur de Valérian." RIP l'artiste.
Dépôt de bilan de compétences
J'avais déjà repéré David Snug et je voulais lire un de ces albums. Voilà qui est fait, et je peux dire que je ne suis pas déçu. L'auteur, donc David Snug, parle à son lui du passé de toutes ses expériences professionnelles passées (et à venir, donc). Avec un DEUG en Arts Plastiques, qu'il a fait car il aimait dessiner, pas facile de trouver un emploi "respectable", de "s'insérer dans la société" par le travail. Pas facile non plus de rester à vie dans un emploi rébarbatif, dur physiquement, et mal payé. Pourtant, plein de gens le font, parce qu'ils n'ont pas le choix. Mais David Snug a décidé qu'il ne voulait pas vivre comme ça. Nous le suivons tout au long de son parcours professionnel jusqu'à arriver à la conclusion qu'il en a soupé du travail, de vivre pour un salaire en étant constamment méprisé par les patrons/CPE/employés de Pôle Emploi, etc. Le propos est très intéressant, pas moralisateur et, finalement, bien argumenté à travers les petites saynètes de la vie de Snug. La bd est, d'ailleurs, assez drôle. L'humour est souvent présent et les dialogues assez savoureux, que ce soit entre David Snug et David Snug ou entre David Snug et ses différents employeurs/interlocuteurs du travail. Ça se lit donc très facilement et très vite. Au final, on passe un bon moment à lire les gags et ceux-ci nous amènent, sans qu'on s'en rende compte, au propos où l'auteur veut nous emmener, à savoir celui que j'ai développé plus haut. Je dois avouer qu'à la lecture des rares planches que j'ai vues de cette bd-ci et des autres, j'avais un peu peur d'un humour un peu gras et lourd. Au final, je n'ai pas du tout eu cette impression. En ce qui concerne le dessin, j'aime beaucoup le style de Snug, qui est assez basique mais très bien maitrisé. En plus, son personnage, qu'il met en scène dans cette bd et les autres est très reconnaissable, avec sa barbe et son accoutrement. Et les petits monstres rampants qu'il glisse dans la plupart de ses cases participent aussi à rendre les dessins de Snug uniques et particuliers. Je conseille donc cette lecture et, quant à moi, je vais me diriger vers les autres bandes dessinées de David Snug !
Sous les galets la plage
Auteur prolixe, aussi à l’aise au dessin qu’au scénario, Pascal Rabaté nous offre un récit lui permettant d’exprimer à nouveau son talent d’observateur des mœurs sociales. « Sous les galets la plage », c’est la rencontre entre deux mondes opposés. D’un côté, une petite bourgeoisie de province aux vues et aux portefeuilles étriqués, de l’autre, des parias vivant de petites combines pour pouvoir survivre. Et comme le suggère ce titre pour le moins évocateur, ces deux mondes vont s’entrechoquer jusqu’à un final flamboyant, dans un élan vital alimenté par l’amour et la liberté. Ce roman graphique intemporel, qui se déroule dans la France des années 60, va nous mener dans les pas d’Albert, jeune homme de bonne famille dont l’avenir aurait dû être tout tracé sous la férule de son père autoritaire et étouffant, totalement acquis aux valeurs d’une France patriarcale. Le jour où il confie les clefs de la maison de vacances à son fils, qui vient d’avoir 18 ans, il ne se doute pas encore que le destin de celui-ci va basculer radicalement. Car ces clés, que le père lui tend comme si elles étaient « les clés du pouvoir », s’avèreront pour Albert les clés vers la liberté… et lorsque l’amour pointera le bout de son nez, sous l’apparence d’une jolie jeune femme peu loquace sur son passé, le point de retour va être allégrement franchi, pour le plus grand plaisir du lecteur… Sans être trop explicite, grâce à une parole bien choisie ou une simple posture, Rabaté parvient à révéler l’âme de ses protagonistes avec une espièglerie jubilatoire. Ainsi, tout l’état d’esprit du père (qui vouvoie son fils !) est révélé dans cette seule phrase, lorsqu’il vient d’acquérir un meuble à pain dans la brocante du village : « Vous voyez, mon fils, il faut toujours marchander, c’est comme ça que l’on économise et que l’on peut épargner. ». Et c’est bien l’un des points forts de l’auteur, qui a le don de concevoir des dialogues ciselés. Et comme toujours, son trait à la nonchalance étudiée respire la liberté, certaines cases au cadrage très cinématographique évoquant la Nouvelle vague. D’ailleurs, lorsque vers la fin Albert retrouve sa bien-aimée Odette, on pense immanquablement au couple mythique Jean Seberg/Jean-Paul Belmondo dans « A bout de souffle ». Ce thriller social très fluide, qui ressuscite les fantômes de mai 68, se révèle assez puissant sous son apparente légèreté. « Sous les galets la plage », c’est l’histoire d’une révolte d’une génération sur la précédente, sur les trompe-l’œil de la filiation inaltérable et les carcans du patrimoine transmissible, qui nous questionne de façon assez subversive : et si les enfants ingrats avaient raison ? C’est aussi le récit d’une revanche jouissive des « gueux » aux allures de robin des bois sur les parvenus vaniteux. Sans abus de textes explicatifs et d’effets de manche, Pascal Rabaté en profite également pour livrer une attaque cinglante contre les mâles défenseurs d’une France blanche et patriote, nostalgique du « bon temps des colonies », tout cela grâce à une galerie de portraits finement élaborés et des dialogues ciselés. La conclusion est juste formidable, avec cet irrésistible pied de nez dévoilé sur la dernière image par ce fieffé gredin de Rabaté, qui ne peut pas vraiment dissimuler ses sympathies anars !
Cléopâtre - La Reine fatale
Depuis le temps que j'attendais de lire cette Bd, je n'avais pas envie de poireauter à chaque sortie d'album, je voulais lire les 4 tomes à la suite. Manque de chance, il y aura un tome 5, c'est à la fois un tort et un bienfait pour cette série, j'y reviendrai. Il faut bien comprendre que la Bd fait partie d'une collection qui a le parti-pris dès le début de présenter la part sombre ou sulfureuse des reines choisies, sans lisser les personnages. Ceci a bien réussi pour Aliénor, pour Isabelle de France, pour Frédégonde, un peu moins pour Constance d'Antioche. La tâche n'était peut-être pas aisée pour décrire Cléopâtre qui a été hissée au rang de mythe. Aussi, comme dans l'excellent Cléopâtre (Glénat), les auteurs abordent le personnage sous une facette inhabituelle, insolente, perfide, limite cruelle, provocatrice et nymphomane ; est-ce la vérité ? est-ce la meilleure vision ? je ne suis pas assez renseigné sur Cléopâtre pour avoir un avis tranché là-dessus, pendant longtemps, j'ai subi l'influence du film hollywoodien grandiose de 1963, et pour moi, cette femme avait les traits d'Elizabeth Taylor. Mais d'après les bribes de textes que j'ai lu par-ci par-là, je pense qu'il y a sans doute une part de vrai et pas mal de part romancée. La relation très houleuse et mêlée de haine avec son frère-époux Ptolémée est montrée sans détours, cette part est réelle et probablement peu exagérée. Le contexte d'époque est bien décrit, on y voit en parallèle la détermination de Cléopâtre pour régner seule, et la guerre civile entre pompéiens et partisans de César, puis on passe les étapes en sacrifiant des épisodes probablement légendaires (la rencontre de Cléopâtre avec César roulée dans un tapis, son entrée triomphale dans Rome sur un char gigantesque) ; ces faits ont été magnifiés par le film hollywoodien. Le couple Gloris ne déforme pas des faits connus mais les réinterprète à sa façon, comme les chamailleries entre Cléopâtre et Marc-Antoine, ou la mort de Vercingétorix ; d'autres sont bien conformes (la mort de Pompée, la mort de Cicéron), mais je suis un peu déçu du traitement concernant l'assassinat de César. Comme je disais au début de cet avis, le bienfait de la série, c'est qu'elle est contée en détail, ça permet de bien comprendre l'aspect politique et les arcanes du pouvoir, les intrigues et les personnages qui ont tous un rôle important. Le tort, c'est que 4 albums, puis 5, c'est beaucoup trop, ça étire la série inutilement, on sent quelques longueurs, les auteurs prennent trop leur temps, notamment dans le tome 4 qui est le plus dense et aussi le plus érotique. Je crois que 3 albums auraient suffi, là où Cléopâtre (Glénat) a dû énormément compresser pour tout rentrer en 46 planches. N'empêche que malgré ce défaut d'excès ou d'étirement, la lecture n'est pas lassante ni pesante, et reste très agréable, la narration se traîne un peu par endroits, mais l'atout principal de cette bande est la partie graphique qui est proprement somptueuse. Mouclier a fait de sacrés progrès depuis Sémio, mais il ne reproduit pas un dessin hyperréaliste comme celui vu sur Meridia, il est plus proche de celui de Le Gardien du feu. C'est un dessin fastueux, chatoyant, avec des décors hyper travaillés et des personnages soignés dans leur apparence et leur costume ; il y a juste quelques visages parfois un peu ratés, mais je pinaille, au regard de l'ensemble, c'est magnifique. La mise en page et la colorisation renforcent la dextérité graphique, c'est une belle Bd historique, et c'est comme ça que j'aime qu'elle soit illustrée.
Le Voyage en Italie
Un bel album qui laisse une impression assez forte, un bon moment après l’avoir refermé. Un scénario mais en réalité plusieurs histoires qui se croisent et que Cosey mène à leur terme. Deux amis, vétérans de la guerre du Vietnam ont réussi à reconstruire leur vie tant bien que mal mais le traumatisme de la guerre est là, toujours là, et l’auteur sait nous le rappeler par des flashbacks parfaitement bien dosés. Une ancienne histoire d’amour qui semble renaître à l’occasion d’un voyage en Italie mais qui soulèvera plus de questions qu’elle n’apportera de réponses sur la relation que les deux Américains avaient eue avec la jeune femme qu’ils viennent de retrouver. Une histoire d’adoption, aussi. Et surtout, un voyage dans la région des Pouilles, avec ses paysages, ses villages et leurs maisons blanches. Un voyage initiatique qui décidera de l’avenir de chacun des deux hommes, pour le meilleur et pour le pire. J’ai vraiment aimé cet album que j’ai trouvé simple et délicat, sans lourdeur et qui suit le rythme lent des journées qui s’étirent sous le soleil. J’ai aussi beaucoup aimé le dessin, surtout les images lumineuses d’Italie. Au fil des pages, on cerne mieux les deux personnages qui prennent de l’épaisseur. Leur passé se découvre et leurs fêlures apparaissent. Une très belle comédie romantique.
Le Spectateur
J'ai vraiment adoré ce livre. Le trait est fort et le scénario très fluide. Nous suivons la vie d'un jeune homme un peu différent qui ne parle pas et s'exprime uniquement à travers le dessin ou écriture. Nous voyons le monde avec ses yeux ce qui est vraiment très bien pensé. C'est une oeuvre à découvrir !
Le Silence de l'Ombre
Je viens de découvrir ce livre ainsi que sa dessinatrice. Il s'agit d'une histoire racontée sous forme de conte sur un sujet plutôt difficile : la mort, et le deuil plus généralement. J'ai été agréablement surpris par les dessins vraiment beaux et assez atypiques dans la BD. Ils semblent au départ un peu hésitants mais deviennent de plus en plus beaux par la suite, un réel coup de coeur pour moi. Le scénario lui est plutôt jeunesse mais emmené de manière très douce, ce qui ravira les plus jeunes.
Comanche
Les auteurs Greg et Hermann doublent la mise de l'excellence. Après Bernard Prince, les péripéties de Red Dust à travers le Wyoming m'a longtemps tenu en haleine. J'aimais bien le genre western même si un Ouest fantasmé permet des raccourcis au niveau de la violence et de la loi. C'est justement ce que j'apprécie dans la série, ce passage d'un état sauvage à une volonté de bâtir un état de droit. Le passage exemplaire est quand Red abat Dobbs et se retrouve au pénitencier. Le ranch 666 est aussi une illustration de cette Amérique qui se transforme. Une femme qui dirige une équipe "plurielle" c'est improbable mais rendu plausible grâce au talent des deux auteurs. Si les personnages du cow-boy solitaire, de l'indien, du vieux et du jeune chien fou sont des classiques, l'introduction de Toby cow-boy Noir est assez rare. Pourtant si l'on en croit le dernier Lucky Luke qui met en scène Bass Reeves, 50 ans après Comanche, la présence de cow-boys Noirs était relativement courante. C'est donc une très bonne intuition des auteurs. Les scénarii utilisent des thèmes classiques, chemin de fer, indiens, outlaws et difficulté à faire valoir ses droits mais c'est très bien ficelé. Evidemment comme écrit auparavant, la série vaut pour ses 9 premiers albums. J'ai une préférence pour le diptyque des frères Dobbs et pour "le doigt du diable". Les dessins sont parfaits et j'aime beaucoup l'esprit de Greg dans ses scénarii et dialogues. Pour la suite , il n'est jamais facile de reprendre le travail d'un maître.
In-Humus
Je découvre cette auteure suédoise avec ce petit album, et c'est une chouette découverte (je vous encourage à y jeter plus qu'un oeil). L'album est assez vite lu (petit format, très peu de texte, et une narration un peu linéaire), mais j'ai trouvé cette lecture agréable, fluide. C'est une sorte de transposition du cycle de la vie, qui se déroule sur un temps long mais indéterminé, dans un lieu tout aussi inconnu. Certains aspects fantastiques, d'autres plutôt SF, habillent cette histoire, et les textes et pas mal d'images ont une connotation poétique. On a parfois l'impression de suivre la rêverie d'un savant (entomologiste ou spécialiste d'un muséum d'histoire naturelle), ceci n'étant pas pour me déplaire, bien au contraire. Le dessin est moderne, et la colorisation tout à fait à mon goût. Bref, une petite lecture rapide mais très recommandable, qui s'adresse à un public très large et curieux. Note réelle 3,5/5.
Le Silence de l'Ombre
Au départ, j'ai eu une drôle d'impression avec le dessin. Je le trouvais immature, plein d'imperfections. Mais pas bâclé, ça non. On voyait bien qu'il s'agissait d'un premier album. Et puis assez vite, le récit a pris le pas sur le dessin, qui pourtant s'est affermi, s'est assuré au fil des pages. Car il s'agit d'une histoire de deuil. Et même de deuilS, puisqu'après la disparition brutale (et sous ses yeux) de son grand-père, un petit garçon n'arrive pas à s'y résoudre. Sa mère, qui a dû faire face à quelque chose de comparable, lui raconte alors l'aventure qu'elle a vécu au même âge. Et nous voilà partis dans un autre monde, avec des arbres qui parlent, des spectres qui marchent et un ours qui dépose des messages cryptiques. Un monde autre, seulement esquissé par Elodie Garcia qui bénéficie pour cet album du renfort de Xavier Bétaucourt, scénariste plus aguerri qui a sans doute permis à cette histoire émouvante et peut-être en partie autobiographique d'être publiée par Jungle. Il en résulte un premier album un peu maladroit, mais pétri de bons sentiments, et plutôt utile à mon avis pour aider les enfants qui subiraient malheureusement la perte anticipée d'un être cher. Le dessin a vite trouvé sa vitesses de croisière, et Elodie Garcia se montre également audacieuse dans la construction et les cadrages de ses cases. Fort sympathique, à découvrir.