Après une guerre nucléaire et les dérèglements climatiques qui ont achevé d’affaiblir ceux qui ont survécu, l’Angleterre est maintenant dirigée par un gouvernement dictatorial. La société est sous très haute surveillance et le moindre écart de conduite, la moindre opinion déviante sont durement réprimés. Ce qui est devenu un peuple de zombies a perdu toute capacité de révolte. Si la description d’une société sous contrôle d’un Etat totalitaire n’est pas une nouveauté en soi, l’approche qu’en propose Alan Moore est d’emblée glaçante. Orwell n’est pas loin…
Une politique basée sur la terreur écrase la population. Là encore, l’auteur nous immerge dans un monde implacable régit par des instances aux noms aussi simples qu’efficaces : l’Oreille, l’Œil, le Nez, la Main, la Voix, le tout coordonné et contrôlé par un ordinateur central : le Destin.
De ce monde sans espoir, deux personnages émergent. Le premier, V, est un « anarchiste » au visage caché derrière un masque de Guy Fawkes. Qui est-il ? et comment survit-il dans cette société quasiment anéantie ? Alan Moore distille les renseignements qu’il nous livre sur le mystérieux personnage. On comprend vite que V a une pensée complexe, qu’il a une vision de la société totalement refondée sur des valeurs qui n’ont rien à voir avec les motivations criminelles de ceux qui gouvernent, et qu’il est prêt à tous les sacrifices pour faire aboutir son projet. C’est un être d’une intelligence supérieure, les dialogues en témoignent. Le second personnage est Evey, une jeune fille sauvée par V au moment où elle allait être violée. Evey symbolise ce peuple, soumis et effrayé. Recueillie par V, elle sort peu de sa torpeur et comme une renaissance, ouvre petit à petit les yeux sur le monde dans lequel elle vit. La mutation profonde qui s’opère dans le personnage de Evey - qui, peu à peu, entre dans le plan de vengeance de V - est absolument bluffante.
Pas très fan du dessin au début, j’ai trouvé finalement qu’il était vraiment en cohérence avec le récit fluide et parfaitement bien construit. Chaque mot a sa place ! Que c’est bien écrit ! Le message est universel, les exemples dans l’histoire ne manquent pas. Les questions sur le mystérieux V que l’on peut considérer alternativement comme un anarchiste ou comme un terroriste ont-elles des réponses ? Quel est le prix de la liberté ?
Ode au livre comme vecteur de culture, comme ouverture au monde, comme arme fragile mais pourtant létale face à l’ignorance, à la bêtise et à la guerre.
Ode à la paix comme condition sine qua non à l’émergence de l’art et de la culture.
Ode à l’amitié.
Voilà un récit tout public qui parlera à chacun, quel que soit son âge. Un récit qui se lit comme une grande aventure mais qui distille régulièrement des réflexions philosophiques aussi pertinentes qu’accessibles à tous.
A titre personnel, j’ai adoré, même si le ton est parfois un peu insistant (mais je pardonne car « c’est pour la bonne cause »). La mise en page aérée qui garantit un rythme de lecture soutenu, les dialogues vivants, les multiples pistes de réflexions disséminées çà et là, les petites anecdotes amusantes (je ne regarderai plus la galle du chêne de la même manière, maintenant), les personnages attachants, l’histoire d’amitié entre un voleur et une mule, la base historique sur laquelle se pose ce récit, le dessin expressif, clair et lisible…
… Bon, en fait, j’ai tout aimé ! Culte, donc !!!
J'arrive au bout de la route, cette piste si dangereuse "La Piste de Yéshé" et je suis triste. J'ai perdu un ami de papier à peine l'avais je rencontré quelques mois auparavant.
Je ne vous connaissais pas il y a trois mois ni vous monsieur Jonathan ni votre alter ego, C. C'est par hasard que j'ai acheté les onze premiers numéros d'occasions chez mon GJ préféré.
J'ai commencé "Souviens-toi, Jonathan..." , premier choc j'ai cru lire du Derib que j'aime beaucoup. Deuxième choc, en 1976 un jeune auteur ose dessiner une guerre ,aujourd'hui oubliée de l'occident.
Troisième choc, voila un beau gosse façon Woodstock qui quitte l'endroit le plus cosy du monde pour honorer une parole sans jouer les justiciers "Rambo" occidental. Au contraire il se met à l'écoute. A l'écoute des populations locales, à l'écoute de la montagne et à l'écoute de son moi intérieur.
Un peu de spiritualité dans ce monde matérialiste et méchant, je trouve que l'air des cimes a envahi mon salon.
De plus j'aime marcher, j'aime la solitude, j'aime Pink Floyd ou Kate Bush et j'aime pas trop les destructions militaires ici ou ailleurs.
Je suis donc une cible rêvée pour Jonathan.
Dès lors je n'ai plus quitté la série, complétant mes numéros manquants jusqu'à ce fameux 17 dernier né.
Que de surprises!! Cosey s'émancipe et affirme son style graphique très vite. Son découpage est unique. Ses plans sur les regards et surtout celui de Jonathan me font penser à Clint Eastwood vs Lee Van Cleef.
Sa description et ses dessins de montagnes sont des sommets (hihi). Cosey respire la montagne, il la transpire, il lui rend un hommage vibrant. Ses chemins de trekking sont plus vrais que nature . Mais là c'est le summum l'Himalaya! Mais même dans "Atsuko" (quel délice cet album) le chemin des 88 temples me fait rêver.
L'ambiance des Guest House, on dirait le "Guide du Routard" des années 80, je sens encore les odeurs d'épices.
Il y a aussi ses harmonies de couleurs le bleu, le blanc et le jaune. A ce propos je conseille les intégrales où Cosey décrit la genèse ou sa technique graphique. Un régal.
Ses scénarii sont bien ficelés et je trouve les épisodes avec Kate très purs. Les histoires permettent en plus de donner une place importante à la culture millénaire et très riche de ces pays.
Que du bon!! Avec internet pourquoi ne pas aller rechercher ces poètes Tibétains, Indous, Chinois, Birmans ou Japonais? Une visite au musée d'Orsay du bout du monde qui souligne la problématique du pillage des œuvres locales par nos gentilles armées coloniales (t5).
Pas de vrai méchant chez Cosey, même Yu le pilote meurtrier de Saïcha prend conscience de l'atrocité de ses actes pour "raison d'état". De même le Chef de district est peint comme un vieux renard sage et rusé qui transpire l'intelligence. Nous sommes plus dans une partie d'échecs que dans une confrontation brutale. Cela est vrai pour de très nombreux numéros.
Il y a tout dans Jonathan, de la Résistance( ou du Terrorisme suivant le point de vue), de la Dissidence, de l'Art, de la Sagesse, de la Spiritualité ( peut être un gros mot en BD?), de l'Amitié, du Voyage ou du Pardon. Et de l'Amour. Des femmes toutes plus admirables les unes que les autres. Saïcha la médecin résistante et l'amour de toujours, Kate; Drolma l'amie espiègle, Lan la colonelle musicienne et dissidente, Atsuko l'amour manqué et April la protégée de Kali. Elles seront presque toutes là, à Yéshé, pour le rendez vous d'adieu à Jon.
Dernier choc, alors que Cosey est singularisé comme auteur à lire dans la course aux trophées du site, son vaisseau amiral n'obtient aucun 5 étoiles!!! ""Bizarre bizarre, vous avez dit bizarre?"
Voila c'est corrigé, je lui devais bien cela. Au revoir Jon.
Note : Je mets mon avis à jour après lecture du tome 3.
J’ai lu le roman, et je dois avouer qu’il m’a beaucoup marqué. Je lui ai trouvé quelques longueurs, et certains passages un peu trop abscons (notamment les discussions philosophiques sur le vent) mais globalement j’ai adoré l’intrigue, l’univers mis en place et les personnages.
Je suis donc ravi d’à nouveau accompagner cette 34ème horde en BD. Les adaptations de romans cultes (en film, BD etc) sont toujours un peu casse-gueule. Les personnages ne ressemblent pas toujours à l’idée qu’on s’en était faite (ce qui est le cas pour moi et Golgoth par exemple, que j’imaginais plus mastodonte) et il y a souvent certaines coupures/pertes au niveau contenu… Point de coupures ici, mais je note une simplification de la narration (qui passe de narrateurs multiples à un narrateur unique) et du vocabulaire employé (qui regorgeait de termes bizarroïdes dans le roman). Les aficionados seront peut-être déçus, mais moi j’ai apprécié cette « vulgarisation » de l’histoire, que j’avais quand même trouvée difficile d’accès par moment. En tout cas je trouve le rythme parfait, les auteurs ont trouvé le bon équilibre entre les différents éléments de l’histoire (relations entre personnages, avancée difficile, discussion sur le vent).
Le dessin remplit parfaitement son rôle. Les paysages désolés sont magnifiquement représentés, ainsi que le vent.
La qualité est toujours au rendez-vous après 3 tomes parus, et j’attends la suite avec impatience !
Le personnage d'Œdipe mérite que l'on s'y attarde un petit moment. Les très beaux dessins de Diego Oddi et l'excellent scénario de Clotilde Bruneau nous font rentrer dans l'univers du plus connu des personnages de l'époque tragique du théâtre grec.
Œdipe est-il une victime du destin comme le peuvent être tous ces hommes confrontés au Mal qui les dépasse et les fauche. Les victimes des Tsunamis, tremblements de terre ou autres inondations se demandent bien ce qu'elles ont fait pour mériter un tel sort.
Œdipe reçoit la malédiction qui pèse sur son père Laios en héritage. Dans l'esprit tragique grec de ce temps vouloir s'y soustraire est uns douce illusion. Œdipe est-il libre et partant, responsable de ses actes ? C'est une des questions fondamentales que pose le récit.
Le scénario montre bien aussi, que le drame d'Œdipe repose sur deux mensonges. Celui des parents adoptifs et celui du survivant du parricide. Œdipe est-il pour autant innocent de ses actes comme nous le dit Luc Ferry dans son très bon dossier à la fin de l'ouvrage.
Pour ma part j'en doute car même son intelligence, soulignée par sa confrontation avec la Sphinx (ou Sphinge) se laisse dominée par ses sentiments, la colère, l'orgueil au moment de la tuerie ou la convoitise du pouvoir et de Jocaste.
La collection est toujours d'un niveau sensiblement égal pour les couleurs, les ambiances ou les scénarii. C'est dessiné par des Méditerranéens c'est sûrement un plus pour la compréhension des ambiances.
Pour moi c'est un ouvrage indispensable pour les collégiens et lycéens qui veulent approfondir un aspect de la liberté et des conséquences de leurs actes.
A lire et relire quand on a 15 ans (et plus)
Très bonne surprise que la découverte de ces deux albums policiers datés début des années 80. La force de cette série tient pour moi dans les trois scénarii originaux mais surtout dans les dialogues très savoureux.
Les répliques entre Paprika et Cobalt sont empreintes d'un réel humour.
Le scénario de "Fugue à Quatre Mains" rappelle celui du film "Les Barbouzes" où je verrais très bien Francis Blanche dans le rôle de l'espion chinois avec sa verve très fleurie. Une gentille dérision complète l'esprit de la série. Surtout dans Fugue où des rebondissements, genre farces, parsèment le récit.
Le niveau de français des dialogues est vraiment très bon, on y trouve même un conditionnel passé deuxième forme très bien utilisé.
L'anglais utilisé bien que simple est tout aussi bon. C'est rare de trouver une qualité littéraire de ce niveau pour ce type de série.
Le dessin des visages est soigné mais je trouve la dynamique des bouches faibles à tel point que j'ai l'impression d'avoir affaire à des ventriloques.
Une bizarrerie, c'est d'avoir Cobalt et Paprika français dans "Fugue" et américains dans "l'Assassiné Récalcitrant". J'aime beaucoup le personnage de Paprika qui souvent vole la vedette à un Cobalt un peu balourd. L'Assassiné Récalcitrant nous propose deux histoires autour de morts pas si morts. On aurait pu craindre une répétition mais il n'en est rien.
L'élégance féminine de ces années est la cerise sur le gâteau.
Dommage de n'avoir que deux albums.
Vu que tous les éditeurs semblent vouloir leur adaptations en BD de 1984 et qu'en plus ma bibliothèque municipal semble vouloir toutes les posséder, j'ai décidé de m'amuser en les lisant toutes. Cela va me changer de lire pour la millième fois une adaptation de L'ile au trésor ou des Trois mousquetaires !
J'ai vraiment adoré cette version ! Je n'ai pas lu le roman et je ne peux que comparer avec la seule autre adaptation que j'ai lu jusqu'à présent à savoir celle de Nesti. J'avais trouvé cette dernière froide, il y avait tellement de textes descriptifs que j'ai l'impression que cet auteur a tout simplement adapté le roman en faisait du copier-coller alors qu'ici Pontarello s'approprie l'histoire et y mets des émotions. Alors que la BD de Nesti s'ouvrait avec une longue description du monde de 1984, ici on découvre tout petit à petit à travers les yeux de Winston Smith. Cela permets de s'attacher facilement à lui, à mieux comprendre ce qu'il ressent, bref à ressentir des émotions !
Le scénario est prenant, j'ai adoré suivre le cheminement de Smith et l'histoire d'amour qu'il vit est particulièrement touchante. J'ai été stocké à l'album du début jusqu'à la fin alors que je savais ce qui allait se passer (quoique j'ai l'impression que Pontarolo a changé quelques trucs dont la fin, n'ayant pas la BD Nesti avec moi je ne peux comparer que de mémoire). Le message est vraiment fort et le monde décrit par Oswell fait vraiment peur ! Une excellente adaptation que je recommande même pour ceux qui ont déjà lu d'autres adaptations du roman !
Lu et relu ! Cet album me fait vraiment marrer. Une série de strips d’une demi-page racontant le général de Gaulle passant ses vacances en Bretagne… et le « grand homme » a quand même beaucoup de mal à se reconnecter au quotidien des Français. Entre ses souvenirs de la Résistance à Londres et la réalité d’un après-midi à la plage, le général est un peu décalé. Il prend des bigoudènes pour des mouettes, il ne doute pas de commander les vagues comme il le faisait avec une armée… C’est à la fois drôle et plein d’attention pour ce personnage vieillissant ! Les personnages secondaires (humains et animaux) sont aussi très bien trouvés : Wehrmacht, le chien rejeton d’Hitler qui aboie en lettres gothiques et lève la patte en faisant le salut nazi est peut-être mon personnage préféré. Les dialogues entre de Gaulle et Churchill sont aussi assez croustillants, ils en disent long sur les egos de chacun. Un humour à plusieurs degrés, c’est vraiment un plaisir.
Je ne suis pas facilement adepte du genre science-fiction, alors j'ajoute un coup de cœur à Carbone & Silicium pour avoir réussi à me transporter du début à la fin.
On démarre en 2045 (an 0 pour l'ère humanoïde), année où l'être humain met en route ses premiers robots à l'intelligence artificielle surdéveloppée. Leur fonction cérébrale est aussi dotée d'un "esprit" aussi complexe et contradictoire que celui de leur créateur, dans laquelle les émotions individuelles et les désirs primaires font face à la culture, la raison et l'éthique. Deux humanoïdes identiques, une femme (Carbone) et un homme (Silicium), prennent vie dans les labos de la Tomorrow Foundation, entreprise où l'ambition des scientifiques entre en conflit avec la perspective des investisseurs capitalistes, eux-mêmes menacés par le concurrent chinois Mekatronic. Puis, on découvre non sans horreur l'évolution de la civilisation sur près de 300 ans et à travers le regard de ces 2 personnages, interconnectés et non dénués de sentiment entre eux.
Ce que j'apprécie particulièrement, c'est la facilité à laquelle on peut avancer d'une époque à une autre et d'un lieu à un autre (préparez vous à faire le tour du monde) sans jamais nous donner une impression de précipitation. Bien au contraire, la notion d'intemporalité est bigrement présente. Cela se traduit par le mutisme des scènes, la contemplation de l'environnement, la réflexion et le fait bien sûr d'avoir deux personnages capables de traverser les âges. Possédant le savoir de l'Humanité et aptes à ressentir les mêmes émotions que nous, ils portent un regard extérieur sur cette anthropocène tout en cherchant à comprendre les motivations de leur propre existence.
C'est une dystopie où les 2 héros cherchent espoir, beauté et idéal au milieu de ce chaos. En soi, l'avenir présenté n'est pas beau à voir du tout. Mais malgré tout, on peut continuer à y croire jusqu'au bout (et la fin vaut le détour, l'épilogue met un très beau point final au récit). En parlant de beauté: graphiquement, le dessin est franchement époustouflant. Ça ne laisse pas indifférent et certains pourraient être rebutés par la déformation des corps (humains ou pas). Moi-même bousculé au début, je m'y suis fait très rapidement. Les paysages sont saisissants et parfois vraiment à couper le souffle. Les scènes dans la "matrice" sont incroyables de beauté, où les esprits flottent dans l'air au milieu de cet environnement doré. Vraiment fabuleux.
A vrai dire, je n'ai pas vraiment de défauts à lui donner, à part le fait que certains passages m'ont plus intéressés que d'autres certainement. Mais c'est le genre de bouquin où une nouvelle lecture me permet de l'apprécier autrement... Préface et Postface très intéressantes, bref il y a trop de choses à dire et cet ensemble donne envie d'écrire un avis qui dépasserait le nombre de caractères maximum autorisé :).
Cette histoire mérite sa réussite commerciale et elle peut faire aimer la Science-Fiction à ceux qui y sont a priori réticents. C'est aussi à lire plusieurs fois pour tirer toutes les pensées qui s'en dégagent, alors pourquoi pas le garder chez soi ?
Un huis-clos en extérieur… on pourrait dire ça. Ce polar très sombre et violent, en noir et jaune, est captivant. Trois parties, trois acteurs, trois points de vue, trois raisons de tuer pour une seule histoire de meurtre. Ce procédé dramatique n’est pas original mais le traitement du scénario est intéressant de même que le parti pris des auteurs pour chacun des personnages. Je retrouve ce que j’aime dans Le Tueur de Jacamon et Matz : la voix off en basse continue, la montée de la tension dramatique et le dessin en bichromie. Le travail de Ralf Meyer est d’ailleurs une vraie réussite. Il restitue avec un grand talent la lourdeur de l’ambiance nocturne, l’omniprésence des taxis jaunes qui sillonnent la ville tout la nuit et la tension qui règne entre les deux personnages qui forment le couple. Une histoire bien rythmée et bien maîtrisée et un épilogue convaincant.
En France, les livres sont au même prix partout. C'est la loi !
Avec BDfugue, vous payez donc le même prix qu'avec les géants de la vente en ligne mais pour un meilleur service :
des promotions et des goodies en permanence
des réceptions en super état grâce à des cartons super robustes
une équipe joignable en cas de besoin
2. C'est plus avantageux pour nous
Si BDthèque est gratuit, il a un coût.
Pour financer le service et le faire évoluer, nous dépendons notamment des achats que vous effectuez depuis le site. En effet, à chaque fois que vous commencez vos achats depuis BDthèque, nous touchons une commission. Or, BDfugue est plus généreux que les géants de la vente en ligne !
3. C'est plus avantageux pour votre communauté
En choisissant BDfugue plutôt que de grandes plateformes de vente en ligne, vous faites la promotion du commerce local, spécialisé, éthique et indépendant.
Meilleur pour les emplois, meilleur pour les impôts, la librairie indépendante promeut l'émergence des nouvelles séries et donc nos futurs coups de cœur.
Chaque commande effectuée génère aussi un don à l'association Enfance & Partage qui défend et protège les enfants maltraités. Plus d'informations sur bdfugue.com
Pourquoi Cultura ?
Indépendante depuis sa création en 1998, Cultura se donne pour mission de faire vivre et aimer la culture.
La création de Cultura repose sur une vision de la culture, accessible et contributive. Nous avons ainsi considéré depuis toujours notre responsabilité sociétale, et par conviction, développé les pratiques durables et sociales. C’est maintenant au sein de notre stratégie de création de valeur et en accord avec les Objectifs de Développement Durable que nous déployons nos actions. Nous traitons avec lucidité l’impact de nos activités, avec une vision de long terme. Mais agir en responsabilité implique d’aller bien plus loin, en contribuant positivement à trois grands enjeux de développement durable.
Nos enjeux environnementaux
Nous sommes résolument engagés dans la réduction de notre empreinte carbone, pour prendre notre part dans la lutte contre le réchauffement climatique et la préservation de la planète.
Nos enjeux culturels et sociétaux
La mission de Cultura est de faire vivre et aimer la culture. Pour cela, nous souhaitons stimuler la diversité des pratiques culturelles, sources d’éveil et d’émancipation.
Nos enjeux sociaux
Nous accordons une attention particulière au bien-être de nos collaborateurs à la diversité, l’inclusion et l’égalité des chances, mais aussi à leur épanouissement, en encourageant l’expression des talents artistiques.
Votre vote
V pour Vendetta
Après une guerre nucléaire et les dérèglements climatiques qui ont achevé d’affaiblir ceux qui ont survécu, l’Angleterre est maintenant dirigée par un gouvernement dictatorial. La société est sous très haute surveillance et le moindre écart de conduite, la moindre opinion déviante sont durement réprimés. Ce qui est devenu un peuple de zombies a perdu toute capacité de révolte. Si la description d’une société sous contrôle d’un Etat totalitaire n’est pas une nouveauté en soi, l’approche qu’en propose Alan Moore est d’emblée glaçante. Orwell n’est pas loin… Une politique basée sur la terreur écrase la population. Là encore, l’auteur nous immerge dans un monde implacable régit par des instances aux noms aussi simples qu’efficaces : l’Oreille, l’Œil, le Nez, la Main, la Voix, le tout coordonné et contrôlé par un ordinateur central : le Destin. De ce monde sans espoir, deux personnages émergent. Le premier, V, est un « anarchiste » au visage caché derrière un masque de Guy Fawkes. Qui est-il ? et comment survit-il dans cette société quasiment anéantie ? Alan Moore distille les renseignements qu’il nous livre sur le mystérieux personnage. On comprend vite que V a une pensée complexe, qu’il a une vision de la société totalement refondée sur des valeurs qui n’ont rien à voir avec les motivations criminelles de ceux qui gouvernent, et qu’il est prêt à tous les sacrifices pour faire aboutir son projet. C’est un être d’une intelligence supérieure, les dialogues en témoignent. Le second personnage est Evey, une jeune fille sauvée par V au moment où elle allait être violée. Evey symbolise ce peuple, soumis et effrayé. Recueillie par V, elle sort peu de sa torpeur et comme une renaissance, ouvre petit à petit les yeux sur le monde dans lequel elle vit. La mutation profonde qui s’opère dans le personnage de Evey - qui, peu à peu, entre dans le plan de vengeance de V - est absolument bluffante. Pas très fan du dessin au début, j’ai trouvé finalement qu’il était vraiment en cohérence avec le récit fluide et parfaitement bien construit. Chaque mot a sa place ! Que c’est bien écrit ! Le message est universel, les exemples dans l’histoire ne manquent pas. Les questions sur le mystérieux V que l’on peut considérer alternativement comme un anarchiste ou comme un terroriste ont-elles des réponses ? Quel est le prix de la liberté ?
La Bibliomule de Cordoue
Ode au livre comme vecteur de culture, comme ouverture au monde, comme arme fragile mais pourtant létale face à l’ignorance, à la bêtise et à la guerre. Ode à la paix comme condition sine qua non à l’émergence de l’art et de la culture. Ode à l’amitié. Voilà un récit tout public qui parlera à chacun, quel que soit son âge. Un récit qui se lit comme une grande aventure mais qui distille régulièrement des réflexions philosophiques aussi pertinentes qu’accessibles à tous. A titre personnel, j’ai adoré, même si le ton est parfois un peu insistant (mais je pardonne car « c’est pour la bonne cause »). La mise en page aérée qui garantit un rythme de lecture soutenu, les dialogues vivants, les multiples pistes de réflexions disséminées çà et là, les petites anecdotes amusantes (je ne regarderai plus la galle du chêne de la même manière, maintenant), les personnages attachants, l’histoire d’amitié entre un voleur et une mule, la base historique sur laquelle se pose ce récit, le dessin expressif, clair et lisible… … Bon, en fait, j’ai tout aimé ! Culte, donc !!!
Jonathan
J'arrive au bout de la route, cette piste si dangereuse "La Piste de Yéshé" et je suis triste. J'ai perdu un ami de papier à peine l'avais je rencontré quelques mois auparavant. Je ne vous connaissais pas il y a trois mois ni vous monsieur Jonathan ni votre alter ego, C. C'est par hasard que j'ai acheté les onze premiers numéros d'occasions chez mon GJ préféré. J'ai commencé "Souviens-toi, Jonathan..." , premier choc j'ai cru lire du Derib que j'aime beaucoup. Deuxième choc, en 1976 un jeune auteur ose dessiner une guerre ,aujourd'hui oubliée de l'occident. Troisième choc, voila un beau gosse façon Woodstock qui quitte l'endroit le plus cosy du monde pour honorer une parole sans jouer les justiciers "Rambo" occidental. Au contraire il se met à l'écoute. A l'écoute des populations locales, à l'écoute de la montagne et à l'écoute de son moi intérieur. Un peu de spiritualité dans ce monde matérialiste et méchant, je trouve que l'air des cimes a envahi mon salon. De plus j'aime marcher, j'aime la solitude, j'aime Pink Floyd ou Kate Bush et j'aime pas trop les destructions militaires ici ou ailleurs. Je suis donc une cible rêvée pour Jonathan. Dès lors je n'ai plus quitté la série, complétant mes numéros manquants jusqu'à ce fameux 17 dernier né. Que de surprises!! Cosey s'émancipe et affirme son style graphique très vite. Son découpage est unique. Ses plans sur les regards et surtout celui de Jonathan me font penser à Clint Eastwood vs Lee Van Cleef. Sa description et ses dessins de montagnes sont des sommets (hihi). Cosey respire la montagne, il la transpire, il lui rend un hommage vibrant. Ses chemins de trekking sont plus vrais que nature . Mais là c'est le summum l'Himalaya! Mais même dans "Atsuko" (quel délice cet album) le chemin des 88 temples me fait rêver. L'ambiance des Guest House, on dirait le "Guide du Routard" des années 80, je sens encore les odeurs d'épices. Il y a aussi ses harmonies de couleurs le bleu, le blanc et le jaune. A ce propos je conseille les intégrales où Cosey décrit la genèse ou sa technique graphique. Un régal. Ses scénarii sont bien ficelés et je trouve les épisodes avec Kate très purs. Les histoires permettent en plus de donner une place importante à la culture millénaire et très riche de ces pays. Que du bon!! Avec internet pourquoi ne pas aller rechercher ces poètes Tibétains, Indous, Chinois, Birmans ou Japonais? Une visite au musée d'Orsay du bout du monde qui souligne la problématique du pillage des œuvres locales par nos gentilles armées coloniales (t5). Pas de vrai méchant chez Cosey, même Yu le pilote meurtrier de Saïcha prend conscience de l'atrocité de ses actes pour "raison d'état". De même le Chef de district est peint comme un vieux renard sage et rusé qui transpire l'intelligence. Nous sommes plus dans une partie d'échecs que dans une confrontation brutale. Cela est vrai pour de très nombreux numéros. Il y a tout dans Jonathan, de la Résistance( ou du Terrorisme suivant le point de vue), de la Dissidence, de l'Art, de la Sagesse, de la Spiritualité ( peut être un gros mot en BD?), de l'Amitié, du Voyage ou du Pardon. Et de l'Amour. Des femmes toutes plus admirables les unes que les autres. Saïcha la médecin résistante et l'amour de toujours, Kate; Drolma l'amie espiègle, Lan la colonelle musicienne et dissidente, Atsuko l'amour manqué et April la protégée de Kali. Elles seront presque toutes là, à Yéshé, pour le rendez vous d'adieu à Jon. Dernier choc, alors que Cosey est singularisé comme auteur à lire dans la course aux trophées du site, son vaisseau amiral n'obtient aucun 5 étoiles!!! ""Bizarre bizarre, vous avez dit bizarre?" Voila c'est corrigé, je lui devais bien cela. Au revoir Jon.
La Horde du contrevent
Note : Je mets mon avis à jour après lecture du tome 3. J’ai lu le roman, et je dois avouer qu’il m’a beaucoup marqué. Je lui ai trouvé quelques longueurs, et certains passages un peu trop abscons (notamment les discussions philosophiques sur le vent) mais globalement j’ai adoré l’intrigue, l’univers mis en place et les personnages. Je suis donc ravi d’à nouveau accompagner cette 34ème horde en BD. Les adaptations de romans cultes (en film, BD etc) sont toujours un peu casse-gueule. Les personnages ne ressemblent pas toujours à l’idée qu’on s’en était faite (ce qui est le cas pour moi et Golgoth par exemple, que j’imaginais plus mastodonte) et il y a souvent certaines coupures/pertes au niveau contenu… Point de coupures ici, mais je note une simplification de la narration (qui passe de narrateurs multiples à un narrateur unique) et du vocabulaire employé (qui regorgeait de termes bizarroïdes dans le roman). Les aficionados seront peut-être déçus, mais moi j’ai apprécié cette « vulgarisation » de l’histoire, que j’avais quand même trouvée difficile d’accès par moment. En tout cas je trouve le rythme parfait, les auteurs ont trouvé le bon équilibre entre les différents éléments de l’histoire (relations entre personnages, avancée difficile, discussion sur le vent). Le dessin remplit parfaitement son rôle. Les paysages désolés sont magnifiquement représentés, ainsi que le vent. La qualité est toujours au rendez-vous après 3 tomes parus, et j’attends la suite avec impatience !
Œdipe
Le personnage d'Œdipe mérite que l'on s'y attarde un petit moment. Les très beaux dessins de Diego Oddi et l'excellent scénario de Clotilde Bruneau nous font rentrer dans l'univers du plus connu des personnages de l'époque tragique du théâtre grec. Œdipe est-il une victime du destin comme le peuvent être tous ces hommes confrontés au Mal qui les dépasse et les fauche. Les victimes des Tsunamis, tremblements de terre ou autres inondations se demandent bien ce qu'elles ont fait pour mériter un tel sort. Œdipe reçoit la malédiction qui pèse sur son père Laios en héritage. Dans l'esprit tragique grec de ce temps vouloir s'y soustraire est uns douce illusion. Œdipe est-il libre et partant, responsable de ses actes ? C'est une des questions fondamentales que pose le récit. Le scénario montre bien aussi, que le drame d'Œdipe repose sur deux mensonges. Celui des parents adoptifs et celui du survivant du parricide. Œdipe est-il pour autant innocent de ses actes comme nous le dit Luc Ferry dans son très bon dossier à la fin de l'ouvrage. Pour ma part j'en doute car même son intelligence, soulignée par sa confrontation avec la Sphinx (ou Sphinge) se laisse dominée par ses sentiments, la colère, l'orgueil au moment de la tuerie ou la convoitise du pouvoir et de Jocaste. La collection est toujours d'un niveau sensiblement égal pour les couleurs, les ambiances ou les scénarii. C'est dessiné par des Méditerranéens c'est sûrement un plus pour la compréhension des ambiances. Pour moi c'est un ouvrage indispensable pour les collégiens et lycéens qui veulent approfondir un aspect de la liberté et des conséquences de leurs actes. A lire et relire quand on a 15 ans (et plus)
Cobalt
Très bonne surprise que la découverte de ces deux albums policiers datés début des années 80. La force de cette série tient pour moi dans les trois scénarii originaux mais surtout dans les dialogues très savoureux. Les répliques entre Paprika et Cobalt sont empreintes d'un réel humour. Le scénario de "Fugue à Quatre Mains" rappelle celui du film "Les Barbouzes" où je verrais très bien Francis Blanche dans le rôle de l'espion chinois avec sa verve très fleurie. Une gentille dérision complète l'esprit de la série. Surtout dans Fugue où des rebondissements, genre farces, parsèment le récit. Le niveau de français des dialogues est vraiment très bon, on y trouve même un conditionnel passé deuxième forme très bien utilisé. L'anglais utilisé bien que simple est tout aussi bon. C'est rare de trouver une qualité littéraire de ce niveau pour ce type de série. Le dessin des visages est soigné mais je trouve la dynamique des bouches faibles à tel point que j'ai l'impression d'avoir affaire à des ventriloques. Une bizarrerie, c'est d'avoir Cobalt et Paprika français dans "Fugue" et américains dans "l'Assassiné Récalcitrant". J'aime beaucoup le personnage de Paprika qui souvent vole la vedette à un Cobalt un peu balourd. L'Assassiné Récalcitrant nous propose deux histoires autour de morts pas si morts. On aurait pu craindre une répétition mais il n'en est rien. L'élégance féminine de ces années est la cerise sur le gâteau. Dommage de n'avoir que deux albums.
1984 (Pontarolo)
Vu que tous les éditeurs semblent vouloir leur adaptations en BD de 1984 et qu'en plus ma bibliothèque municipal semble vouloir toutes les posséder, j'ai décidé de m'amuser en les lisant toutes. Cela va me changer de lire pour la millième fois une adaptation de L'ile au trésor ou des Trois mousquetaires ! J'ai vraiment adoré cette version ! Je n'ai pas lu le roman et je ne peux que comparer avec la seule autre adaptation que j'ai lu jusqu'à présent à savoir celle de Nesti. J'avais trouvé cette dernière froide, il y avait tellement de textes descriptifs que j'ai l'impression que cet auteur a tout simplement adapté le roman en faisait du copier-coller alors qu'ici Pontarello s'approprie l'histoire et y mets des émotions. Alors que la BD de Nesti s'ouvrait avec une longue description du monde de 1984, ici on découvre tout petit à petit à travers les yeux de Winston Smith. Cela permets de s'attacher facilement à lui, à mieux comprendre ce qu'il ressent, bref à ressentir des émotions ! Le scénario est prenant, j'ai adoré suivre le cheminement de Smith et l'histoire d'amour qu'il vit est particulièrement touchante. J'ai été stocké à l'album du début jusqu'à la fin alors que je savais ce qui allait se passer (quoique j'ai l'impression que Pontarolo a changé quelques trucs dont la fin, n'ayant pas la BD Nesti avec moi je ne peux comparer que de mémoire). Le message est vraiment fort et le monde décrit par Oswell fait vraiment peur ! Une excellente adaptation que je recommande même pour ceux qui ont déjà lu d'autres adaptations du roman !
De Gaulle à la plage
Lu et relu ! Cet album me fait vraiment marrer. Une série de strips d’une demi-page racontant le général de Gaulle passant ses vacances en Bretagne… et le « grand homme » a quand même beaucoup de mal à se reconnecter au quotidien des Français. Entre ses souvenirs de la Résistance à Londres et la réalité d’un après-midi à la plage, le général est un peu décalé. Il prend des bigoudènes pour des mouettes, il ne doute pas de commander les vagues comme il le faisait avec une armée… C’est à la fois drôle et plein d’attention pour ce personnage vieillissant ! Les personnages secondaires (humains et animaux) sont aussi très bien trouvés : Wehrmacht, le chien rejeton d’Hitler qui aboie en lettres gothiques et lève la patte en faisant le salut nazi est peut-être mon personnage préféré. Les dialogues entre de Gaulle et Churchill sont aussi assez croustillants, ils en disent long sur les egos de chacun. Un humour à plusieurs degrés, c’est vraiment un plaisir.
Carbone & Silicium
Je ne suis pas facilement adepte du genre science-fiction, alors j'ajoute un coup de cœur à Carbone & Silicium pour avoir réussi à me transporter du début à la fin. On démarre en 2045 (an 0 pour l'ère humanoïde), année où l'être humain met en route ses premiers robots à l'intelligence artificielle surdéveloppée. Leur fonction cérébrale est aussi dotée d'un "esprit" aussi complexe et contradictoire que celui de leur créateur, dans laquelle les émotions individuelles et les désirs primaires font face à la culture, la raison et l'éthique. Deux humanoïdes identiques, une femme (Carbone) et un homme (Silicium), prennent vie dans les labos de la Tomorrow Foundation, entreprise où l'ambition des scientifiques entre en conflit avec la perspective des investisseurs capitalistes, eux-mêmes menacés par le concurrent chinois Mekatronic. Puis, on découvre non sans horreur l'évolution de la civilisation sur près de 300 ans et à travers le regard de ces 2 personnages, interconnectés et non dénués de sentiment entre eux. Ce que j'apprécie particulièrement, c'est la facilité à laquelle on peut avancer d'une époque à une autre et d'un lieu à un autre (préparez vous à faire le tour du monde) sans jamais nous donner une impression de précipitation. Bien au contraire, la notion d'intemporalité est bigrement présente. Cela se traduit par le mutisme des scènes, la contemplation de l'environnement, la réflexion et le fait bien sûr d'avoir deux personnages capables de traverser les âges. Possédant le savoir de l'Humanité et aptes à ressentir les mêmes émotions que nous, ils portent un regard extérieur sur cette anthropocène tout en cherchant à comprendre les motivations de leur propre existence. C'est une dystopie où les 2 héros cherchent espoir, beauté et idéal au milieu de ce chaos. En soi, l'avenir présenté n'est pas beau à voir du tout. Mais malgré tout, on peut continuer à y croire jusqu'au bout (et la fin vaut le détour, l'épilogue met un très beau point final au récit). En parlant de beauté: graphiquement, le dessin est franchement époustouflant. Ça ne laisse pas indifférent et certains pourraient être rebutés par la déformation des corps (humains ou pas). Moi-même bousculé au début, je m'y suis fait très rapidement. Les paysages sont saisissants et parfois vraiment à couper le souffle. Les scènes dans la "matrice" sont incroyables de beauté, où les esprits flottent dans l'air au milieu de cet environnement doré. Vraiment fabuleux. A vrai dire, je n'ai pas vraiment de défauts à lui donner, à part le fait que certains passages m'ont plus intéressés que d'autres certainement. Mais c'est le genre de bouquin où une nouvelle lecture me permet de l'apprécier autrement... Préface et Postface très intéressantes, bref il y a trop de choses à dire et cet ensemble donne envie d'écrire un avis qui dépasserait le nombre de caractères maximum autorisé :). Cette histoire mérite sa réussite commerciale et elle peut faire aimer la Science-Fiction à ceux qui y sont a priori réticents. C'est aussi à lire plusieurs fois pour tirer toutes les pensées qui s'en dégagent, alors pourquoi pas le garder chez soi ?
Berceuse assassine
Un huis-clos en extérieur… on pourrait dire ça. Ce polar très sombre et violent, en noir et jaune, est captivant. Trois parties, trois acteurs, trois points de vue, trois raisons de tuer pour une seule histoire de meurtre. Ce procédé dramatique n’est pas original mais le traitement du scénario est intéressant de même que le parti pris des auteurs pour chacun des personnages. Je retrouve ce que j’aime dans Le Tueur de Jacamon et Matz : la voix off en basse continue, la montée de la tension dramatique et le dessin en bichromie. Le travail de Ralf Meyer est d’ailleurs une vraie réussite. Il restitue avec un grand talent la lourdeur de l’ambiance nocturne, l’omniprésence des taxis jaunes qui sillonnent la ville tout la nuit et la tension qui règne entre les deux personnages qui forment le couple. Une histoire bien rythmée et bien maîtrisée et un épilogue convaincant.