Les derniers avis (9597 avis)

Par Alix
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Grand Voyage d'Alice
Le Grand Voyage d'Alice

Quelle horreur. Je ressors secoué de ma lecture. L’histoire d’Alice Cyuzuzo est poignante. Agée d’à peine 5 ans, elle fuit avec sa maman et ses sœurs les horreurs du génocide rwandais, et ne rentrera chez elle que 3 ans plus tard. Seule. Sa famille entière est portée disparue (même si elle finira par les retrouver des années plus tard). Les horreurs dont elle a été témoin, difficile à appréhender pour l’adulte que je suis, ont dû être incompréhensibles à son âge. La narration se concentre sur son point de vue d’enfant, ses interprétations, ses peurs. L’album n’explique pas le conflit, ni même les atrocités qui secouent la vie d’Alice. Un choix judicieux, qui donne une force inouïe à son histoire, qui m’a souvent mis les larmes aux yeux. C’est terrible, de devoir vivre tout ça si jeune. Notez qu’une interview avec la maman d’Alice (en fin d’album) apporte une vision plus adulte sur les évènements, et fournit des éléments supplémentaires (ce qu’Alice n’avait pas vu ou pas compris). Il paraît dérisoire de parler du dessin. Il est pourtant superbe, avec notamment des couleurs aquarelles du plus bel effet. Un album coup de poing, qui m’a beaucoup touché. Un témoignage essentiel.

19/11/2021 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Basketful of heads
Basketful of heads

Un très bon one-shot ! Pourtant, le premier chapitre ne m'avait pas emballé. Je trouvais les personnages et les dialogues niais, mais je pense que c'est fait exprès pour surprendre le lecteur parce que tout change dès le deuxième chapitre. Le récit devient prenant et les dialogues plus savoureux. J'ai particulièrement aimé la touche de fantastique, mais je n'en dis pas plus pour ne pas gâcher la surprise. J'ai été bluffé par le scénario. Il y a de la tension tout le temps et c'est rempli de retournements de situations et en plus tout est parfaitement logique. Je veux pas nommer des noms, mais on connait tous un ou deux scénaristes qui adorent abuser des révélations surprises et des scènes choquantes au point où leurs scénarios ne font plus de sens. Ici, tout est maitrisé du début jusqu'à la fin. Et il y a de l'humour noir comme je l'adore. Bref, un must pour les amateurs de thrillers.

19/11/2021 (modifier)
Par cac
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Pas de la Manu
Le Pas de la Manu

Le pas de la manu n'a aucun rapport avec notre Président en exercice, il s'agit de la manufacture d'armes de Saint-Étienne qui a fait travailler beaucoup de monde depuis des décennies. C'est d'ailleurs de là comme je l'ai appris que vient le FAMAS, qui s'avère être un acronyme : fusil d'assaut de la manufacture d'armes de Saint-Étienne. Encore un savoir-faire qui se perd et une industrie dont la France a perdu la souveraineté... Pour en revenir à ce récit, parfois cela fait rire et suscite des jalousies dans le monde ouvrier, car pour certains ce sont des planqués, payés à l'heure et pas à la pièce et qui ont parfois pas mal de temps pour des activités personnelles. C'est ce qui s'appelle la perruque et souvent ce sont de petites pièces pour bricoler, mais l'un d'entre eux veut y construire son bateau et ça représente un sacré paquet d'heures de boulot. Mais comment faire pour sortir le moteur discrètement au nez et à la barbe des gardiens de l'entrée ? Bel hommage à ce monde ouvrier, on sent l'affection de l'auteur Baptiste Deyrail pour ce milieu. En tout cas son dessin, whaou. Plus de 200 planches avec une technique expliquée à la fin, comme de l'huile sur des plaques de zinc. De toute beauté. Une ambiance façon films de Renoir où on croise d'ailleurs un sosie de Gabin. Je dis bravo.

18/11/2021 (modifier)
Couverture de la série Nellie Bly - Dans l'antre de la folie
Nellie Bly - Dans l'antre de la folie

Excellent moment de lecture que celui proposé par cette biographie partielle de la vie de Nellie Bly, une biographie qui se concentre sur son fait d’arme le plus célèbre, soit son internement volontaire -et à des fins d’investigations- dans l'asile psychiatrique de Blackwell à New York. Tout d’abord, il y a Nellie Bly et sa personnalité. Le personnage est attachant et sa cause est des plus nobles. Voilà réellement un personnage inspirant pour les jeunes d’aujourd’hui, déterminée, courageuse, juste, sensible. Sa démarche à seulement 23 ans ne peut que susciter le respect. Et si je connaissais vaguement l’histoire ici relatée, la redécouvrir plus en détail a accentué fortement mon admiration pour la journaliste d’investigation qu’elle fût. Ensuite vient la bande dessinée en elle-même et ses multiples qualités. Une narration fluide et vivante par laquelle cet épisode de la vie de Nellie Bly nous est conté telle une aventure, poignante et révoltante, que des petites touches d’humour -nées du sens de la répartie et de l’aplomb de Nellie Bly- viennent de temps à autre alléger. Un dessin parfait de lisibilité, qui parvient à recréer l’émotion d’un regard échangé, qui introduit discrètement une part de fantastique pour suggérer les visions et délires de certaines internées, qui nous permet de nous resituer dans le temps grâce à un emploi judicieux de deux gammes de couleurs (plus sombre pour les passages dans l’asile, et plus colorée dans les flash-backs -ce qui, soit dit en passant, nous change agréablement des teintes sépia souvent employées dans ceux-ci en temps normal). Un récit concentré sur une période finalement assez courte de la vie de Nellie Bly, ce qui permet vraiment de creuser cet épisode ainsi que la personnalité de la journaliste. Franchement, un sans faute à mes yeux et une lecture édifiante et inspirante à la fois. Moi, je dis « bravo ! »

18/11/2021 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Hugo est gay - Dans la peau d'un jeune homo
Hugo est gay - Dans la peau d'un jeune homo

3.5 Blue Boy a attiré mon attention sur cet album et je le remercie parce que j'ai passé un bon moment ! Hugues Barthe raconte les problèmes d'un ado qui découvre qu'il est gay. Comme l'a écrit Blue Boy, cela s'adresse à tout le monde et j'ai bien aimé suivre le cheminement de ce jeune garçon même si je suis moi-même hétéro. Il faut dire que l'auteur met beaucoup d'humour, sans toutefois complétement dédramatiser les problèmes que subissent les membres de la communauté LGBT, et que cet humour fonctionne bien. Si le ton avait été hyper-sérieux et que à chaque page on voyait Hugo pleurer sur son sort, j'aurais sympathisé à son malheur, mais j'aurais sûrement fini par m'ennuyer. L'auteur parle de tous les sujets reliés à l'homosexualité : le jugement de la société, la peur quand on découvre qu'on n'est pas 'normal', la difficulté de faire son coming-out, etc. Comme je l'ai déjà écrit, j'ai bien aimé la manière dont l'auteur aborde ces différents sujets, le traitement est tout simplement excellent. C'est une bonne idée de montrer les différences entre les années 2000 et aujourd'hui vu les avancées qu'il y a eu même s'il reste encore beaucoup de chemin à faire pour que les gays aient la paix. Un livre que je recommande à tous !

18/11/2021 (modifier)
Par Blue boy
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Tananarive
Tananarive

L’aventure, genre très apprécié dans la production littéraire à travers les siècles, existe-t-elle dans la réalité ? C’est à partir de ce questionnement que le scénario de « Tananarive » a été échafaudé, un questionnement incarné par ce flamboyant papy qu’est Joseph Seigneur, ex-légionnaire aux milles vies irradiant les grands espaces et les jungles luxuriantes d’une époque révolue. Coulant une retraite paisible dans un petit village marnais, le vieux célibataire aime à relater ses récits de voyages lointains à son voisin Amédée, qui lui voue une admiration sans bornes. Lorsque ce dernier traverse la rue pour aller écouter son ami aventurier des heures durant, il en oublierait presque de regagner le foyer conjugal, au grand dam de son épouse Françoise. Pour Amédée, notaire en retraite « avec un problème de dos », conscient que son âge avancé ne lui permettra plus de franchir les frontières de son département, les souvenirs de Joseph sont un fantastique moyen d’évasion vers des horizons désormais inaccessibles. La mort brutale de ce dernier va fournir à Amédée le prétexte parfait pour vivre à son tour une expérience qu’il n’avait jamais osé tenter. De nouveau rallumé, notre vieux fourneau va ainsi partir à la recherche des héritiers de son ami Joseph au volant de son antique Triumph qu’il avait remisée au fond de son garage, dans un road trip échevelé qui va le mener à travers le nord de la France et la Belgique. Contrairement à ce que suggère le titre de l’album, on ne verra les contrées exotiques de Madagascar que grâce à l’imagination fertile du vieil homme qui fera également revivre Joseph pour lui servir à la fois de copilote… et de mentor… Inspiré par une simple réplique d’Amédée, « Tananarive » joue à fond sur les contrastes, tant des lieux que des personnages. La banlieue grisâtre de Maubeuge ou la cité HLM déglinguée de Calais n’ont assurément rien pour faire rêver, et les chutes du Zambèze évoquées par ce vieux baroudeur de Joseph ne font que se fracasser piteusement sur le balai de l’employé municipal évacuant les détritus vers les égouts de la ville. Quant aux deux protagonistes, ils n’ont guère de choses en commun si ce n’est leur âge. Joseph, tout refroidi qu’il est, porte beau et respire la santé, tandis qu’Amédée se traîne, voûté sous le poids d’une vie terne et insipide. Mark Eecersall a su produire un scénario enlevé, où humour et tendresse forment un parfait équilibre. Les personnages sont très bien campés et les dialogues ciselés font mouche, s’accordant à merveille avec le dessin vif et expressif de Sylvain Vallée, dont le talent s’était révélé avec la saga « Il était une fois en France ». Dans ce récit initiatique plein de finesse, Amédée apprendra, à travers les personnages qui l’ont fréquenté, que Joseph, un brin mythomane, n’était pas tout à fait celui qu’il prétendait être. Parallèlement, le vieil homme va révéler le meilleur de lui-même au crépuscule de sa vie, prouvant peut-être qu’il n’y a pas d’âge pour être le « héros » de sa propre existence, sans qu’il soit pour autant nécessaire d’écumer le monde. Malgré son côté parodique, l’histoire s’avère un hommage respectueux à la BD d’aventure franco-belge — non seulement à travers le contexte géographique, mais aussi le clin d’œil à Tintin. Sous ses airs de comédie déjantée, « Tananarive » soulève des tonnes de questions, notamment sur la destinée humaine et les choix qui la forgent — bien souvent, nos propres choix —, mais également sur la transmission. Non sans causticité, les auteurs démystifient les « faux aventuriers » tout en étrillant les hypocrites mesquins uniquement préoccupés par l’appât du gain et leur statut social. En somme, si l’aventure épique n’existe que dans la fiction, ne serait-elle pas plutôt une source d’inspiration métaphorique visant à conduire dignement nos existences « ordinaires » ?

17/11/2021 (modifier)
Par Ju
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série L'Origine du Monde
L'Origine du Monde

Je rejoins les avis précédents. Cette bd est très bien et gagnerait à être lue par le plus grand nombre. Liv Strömquist nous livre ici une plongée dans l'histoire du sexe féminin, de comment il a été envisagé, traité, considéré par les hommes tout au long de l'histoire. Et c'est en réalité assez édifiant de voir le nombre de types qui ont théorisé des trucs sur le sexe féminin, et décidé pour les femmes de ce qui étaient bien pour elles. Plus généralement, c'est terrible de se rendre compte que ça fait des milliers d'années que ce sont en immenses majorité des hommes qui décident de ce que doit être et de ce à quoi doit ressembler, et de ce que doit représenter le sexe féminin. Bref, je ne vais pas résumer tout le bouquin, mais en tout cas c'est passionnant : l'autrice, à travers plusieurs chapitres, se penche sur une problématique et voit comment celle-ci a été prise en compte dans l'histoire. La narration peut paraitre un peu lourde : en réalité, il y a peu de dialogues et les dessins viennent le plus souvent illustrer le texte. Les bulles de dialogue sont le plus souvent là pour apporter de l'humour, et je dois dire que sur moi ça a plutôt bien marché. Autre détail qui peut déranger certains lecteurs mais qui moi m'a plu : la calligraphie. Elle est changeante et certaines phrases sont plus grosses que d'autres, certaines sont en majuscules, etc. J'ai trouvé que ça apportait d'une part un ressort comique ; d'une autre part un peu de vivant dans le texte, ça atténue le fait que la majorité du texte est en dessous ou au dessus de la case. En définitive, la forme de la bd ne m'a personnellement pas du tout dérangé, au contraire, et il ne faut pas que ça freine d'éventuel.le.s lecteurs ou lectrices. En ce qui concerne le dessin, il n'est certes pas bien droit mais au final c'est plutôt sympa et le trait est rigolo. Il illustre le propos de l'autrice, propos qui, je le répète, est passionnant, et je pense, important à faire connaitre. En définitive, foncez.

17/11/2021 (modifier)
Par Guillaume
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Taar le rebelle
Taar le rebelle

Après quelques 30 ans.... Je retrouve Taar, le pied absolu... Bien sûr c'est manichéen et très simple, ce n'est pas une bd pour réfléchir, juste se laisser porter et quel dessin ! Une lecture finalement fraîche à notre époque devenue si prude et culpabilisante. Les personnages sont beaux, musclés, les femmes trop sexy... Laissez vous porter dans ce résumé d'heroic fantasy.

17/11/2021 (modifier)
Couverture de la série Wika
Wika

Fabuleux ! Tellement riche en détails, dessins sublimes . J'ai pour ma part la collection collector. Cette magnifique édition apporte beaucoup d'illustrations , esquisses , recherches du dessinateur . Je recommande fortement cette bd , foisonnant de détails à admirer !

17/11/2021 (modifier)
Par Titanick
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Là où vont nos pères
Là où vont nos pères

Beaucoup d'avis déjà sur cette série, et beaucoup d'éloges. Pour ma part, elle les mérite amplement. J'ai tout simplement été envoutée par le traitement de ce sujet si sensible. Tout a été dit déjà. Un dessin magnifique qui sert l'histoire universelle des exilés dans ce monde. Une colorisation douce et chaude qui appuie admirablement le côté onirique des images. Comme beaucoup, j'ai apprécié l'idée de ce monde imaginaire qui permet au lecteur de comprendre ce qu'il y a de déroutant lorsqu'on en arrive à devoir vivre et s'adapter dans une contrée où aucun code ne nous est familier, l'écriture, la nourriture, les habitudes... et en cela le côté muet de cette bd s'y prête, pas de langage auquel se raccrocher, très bien vu de la part de l'auteur. La terre d'acceuil décrite ici est idéalisée par rapport à ce que doivent vivre beaucoup de migrants dans la réalité. Ce père de famille fait des rencontres bienveillantes, qui l'aident à s'approprier cette nouvelle vie et lui permettent d'accueillir à son tour ses proches. On est, je le crains, bien loin de ce que subissent beaucoup d'entre eux. Une belle vision d'utopie quand on constate la dure réalité des débats d'idées actuels sur ce sujet.

16/11/2021 (modifier)