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Sous les galets la plage

Note: 4/5
(4/5 pour 3 avis)

Dans les années 60, les dernières semaines de vacances d'Albert dans la maison familiale vidée de ses parents et de ses amis... et de leur rencontre avec Odette...


1961 - 1989 : Jusqu'à la fin de la Guerre Froide Bretagne

Loctudy, septembre 1963, la station balnéaire se vide de ses derniers résidents estivaux. Seuls Albert, Francis et Edouard, futurs étudiants prolongent leurs vacances en attendant de commencer chacun de brillantes études supérieures devant les mener vers de prestigieuses destinées toutes tracées. Détachés de l'autorité familiale, ces fils de bonne famille comptent bien profiter de cette liberté pour vider quelques bouteilles et vivre de nouvelles expériences. Un soir sur la plage, ils font la connaissance de Odette, jolie jeune fille sans attache familiale qui saura s'y prendre pour les contraindre à participer aux cambriolages des résidences secondaires voisines. Bien que manipulé, Albert le futur gradé militaire, en tombera amoureux et prouvera à la jeune détrousseuse professionnelle que ses sentiments sont sincères et qu'il est prêt à changer de vie pour elle. Mais dans ces familles bourgeoises et patriarcales, on ne fréquente pas n'importe qui, on ne déshonore pas sa famille et on rentre dans le rang quelles que soient les méthodes employées. Les plus inhumains ne sont pas toujours ceux que l'on croit.

Scénariste
Dessinateur
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution 17 Novembre 2021
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série Sous les galets la plage

26/11/2021 | iannick
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Par Blue boy
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
L'avatar du posteur Blue boy

Auteur prolixe, aussi à l’aise au dessin qu’au scénario, Pascal Rabaté nous offre un récit lui permettant d’exprimer à nouveau son talent d’observateur des mœurs sociales. « Sous les galets la plage », c’est la rencontre entre deux mondes opposés. D’un côté, une petite bourgeoisie de province aux vues et aux portefeuilles étriqués, de l’autre, des parias vivant de petites combines pour pouvoir survivre. Et comme le suggère ce titre pour le moins évocateur, ces deux mondes vont s’entrechoquer jusqu’à un final flamboyant, dans un élan vital alimenté par l’amour et la liberté. Ce roman graphique intemporel, qui de déroule dans la France des années 60, va nous mener dans les pas d’Albert, jeune homme de bonne famille dont l’avenir aurait dû être tout tracé sous la férule de son père autoritaire et étouffant, totalement acquis aux valeurs d’une France patriarcale. Le jour où il confie les clefs de la maison de vacances à son fils, qui vient d’avoir 18 ans, il ne se doute pas encore que le destin de celui-ci va basculer radicalement. Car ces clés, que le père lui tend comme si elles étaient « les clés du pouvoir », s’avèreront pour Albert les clés vers la liberté… et lorsque l’amour pointera le bout de son nez, sous l’apparence d’une jolie jeune femme peu loquace sur son passé, le point de retour va être allégrement franchi, pour le plus grand plaisir du lecteur… Sans être trop explicite, Grâce à une parole bien choisie ou une simple posture, Rabaté parvient à révéler l’âme de ses protagonistes avec une espièglerie jubilatoire. Ainsi, tout l’état d’esprit du père (qui vouvoie son fils !) est révélé dans cette seule phrase, lorsqu’il vient d’acquérir un meuble à pain dans la brocante du village : « Vous voyez, mon fils, il faut toujours marchander, c’est comme ça que l’on économise et que l’on peut épargner. ». Et c’est bien l’un des points forts de l’auteur, qui a le don de concevoir des dialogues ciselés. Et comme toujours, son trait à la nonchalance étudiée respire la liberté, certaines cases au cadrage très cinématographique évoquant la Nouvelle vague. D’ailleurs, lorsque vers la fin Albert retrouve sa bien-aimée Odette, on pense immanquablement au couple mythique Jean Seberg/Jean-Paul Belmondo dans « A bout de souffle ». Ce thriller social très fluide, qui ressuscite les fantômes de mai 68, se révèle assez puissant sous son apparente légèreté. « Sous les galets la plage », c’est l’histoire d’une révolte d’une génération sur la précédente, sur les trompe-l’œil de la filiation inaltérable et les carcans du patrimoine transmissible, qui nous questionne de façon assez subversive : et si les enfants ingrats avaient raison ? C’est aussi le récit d’une revanche jouissive des « gueux » aux allures de robin des bois sur les parvenus vaniteux. Sans abus de textes explicatifs et d’effets de manche, Rabaté en profite également pour livrer une attaque cinglante contre les mâles défenseurs d’une France blanche et patriote, nostalgique du « bon temps des colonies », tout cela grâce à une galerie de portraits finement élaborés et des dialogues ciselés. La conclusion est juste formidable, avec cet irrésistible pied de nez dévoilé sur la dernière image par ce fieffé gredin de Rabaté, qui ne peut pas vraiment dissimuler ses sympathies anars !

23/01/2022 (modifier)
Par Canarde
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
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Élégant, émoustillant et malin : Rabaté est en grande forme. Le dessin d'abord : le trait noir et fragile (et tellement humain !) rehaussé d'un ombrage de pèche sur les peaux. La couleur atténuée, presque bicolore bleu pâle et bistre. Dans l'ensemble une sorte de clarté lunaire qui rappelle peut-être un passé glorieux à l'auteur, les années 60. Ce décor surexposé met en scène la confrontation de brocanteurs douteux et issus de parcours peu enviables avec la jeunesse dorée d'un village de bord de mer. Dans ce scénario, vaguement anarchiste, où les enfants des rupins s'encanaillent, un seul se rebelle véritablement contre son avenir de militaire fils de gradé. C'est l'amour impromptu qui fait dérailler les projets et l'ordre social en même temps. Comme on aimerait que cette historiette puisse être vraie... Peut-être l'est-elle finalement ?

05/12/2021 (modifier)
Par iannick
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
L'avatar du posteur iannick

Après avoir été moyennement convaincu par mes précédentes lectures des bd de Pascal Rabaté, son nouvel album « Sous les galets la plage » me réconcilie avec cet auteur ! « Sous les galets la plage » nous invite à suivre les péripéties d’un jeune homme dans les années 60. Celui-ci se retrouve seul dans la maison familiale pour les dernières semaines de vacances, après le départ de ses parents. Du coup, il en profite pour s’amuser avec ses potes. Et c’est ainsi qu’ils vont rencontrer une jeune femme qui se révèle libertine… Qu’est-ce que j’ai aimé cet album ! Pascal Rabaté, à travers les aventures de notre personnage principal nous fait voyager dans les prémices de mai 1968… on retrouve dans ce one-shot ce désir de se libérer des contraintes familiales, de s’affranchir des barrières sociales, d’être son propre libre-arbitre… Et bizarrement, après la période compliquée que nous avions vécue et à la vue des inspirations de la jeunesse actuelle, je pense que Pascal Rabaté n’a pas vraiment choisi par hasard la situation de son récit dans les sixties tant des similitudes y apparaissent entre ces deux générations. A méditer… Et puis, qu'elle est belle cette histoire d’amour ! Ne vous inquiétez pas, il n’y a rien de niais dans cette histoire, je vous laisse découvrir… Après, pour ce qui est de la partie graphique, au constat de l’excellente maitrise de la narration et de la mise en scène, on sent que l’auteur a une sacrée expérience cinématographique : tout est fluidité dans cet album, les enchainements entre séquences sont comme naturels, le découpage reste suffisamment vivant et varié pour ne pas lasser le lecteur, c’est vraiment du très bon travail ! Je n’ai pas pu juger de la mise en couleur étant donné que j’ai acquis sa version noir et blanc. Ça faisait un bon moment que les récits de Pascal Rabaté ne m’avaient pas autant enthousiasmé, son nouvel album renoue avec ce que j’avais aimé lors de la lecture de Les Petits Ruisseaux du même auteur : une histoire accrocheuse, simple et universelle ; un désir de faire un récit sentant bon la liberté, une certaine révolte contre les préjugés et l’ordre social… Une nomination à la sélection officielle d’Angoulême 2022 -à mon avis- amplement méritée !

26/11/2021 (modifier)