Les derniers avis (9597 avis)

Par Benjie
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Dropsie Avenue
Dropsie Avenue

Cette histoire a pour décor une rue imaginaire du Bronx - Dropsie avenue – dont les habitants ont peuplé l’enfance et la jeunesse de Will Eisner. Le postulat de départ est, pour moi, d’emblée intéressant. Je ne me lasse pas des tranches de vie racontées et dessinées par Will Eisner dont le talent ne se dément pas au fil des albums. J’aime ses récits, ses personnages au caractère haut en couleur, évoluant dans la simplicité de leur quotidien. Un peu comme dans un film passant en accéléré, on assiste à une succession de vagues migratoires qui s’installent, s’approprient les lieux au grand dam de la précédente génération, puis voient arriver d’un mauvais œil la vague suivante qui, après un temps de cohabitation plus ou moins facile, finit par les remplacer. Ceux qui s’en sortent par le haut quittent le Bronx pour un autre quartier de New York où devrait les attendre une vie meilleure. C’est l’histoire du peuplement de New York qui défile sous nos yeux. Le quartier, lui aussi, évolue au fil des générations : les vieilles bâtisses disparaissent, des immeubles les remplacent. L’album est plus attaché au quartier qu’aux personnages auxquels on a à peine le temps de s’attacher. Les guerres mondiales, la crise économique des années 30, l’évolution technologique et industrielle, la politique, les syndicats marquent la vie et changent le visage de la rue. J’ai vraiment beaucoup aimé cette « une biographie d’une rue de Bronx ». Will Eisner est un très grand auteur, sa vision truculente de la société est un régal. Et ses dessins aussi. D’une grande élégance et d’une grande finesse, ils gagnent en liberté et en énergie en s’affranchissant du cadre. Une très belle histoire de voisinage.

18/12/2021 (modifier)
Par Cacal69
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Sara (Ennis/Epting)
Sara (Ennis/Epting)

Saviez-vous que des femmes servaient dans l'armée russe pendant la seconde guerre mondiale ? Et plus particulièrement comme tireuses d'élite. Elles furent deux mille, la plus connue était Lioudmila Pavlitchenko, trois cent neuf ennemis tués confirmés. Cet album raconte l'histoire de plusieurs de ces snipers et plus particulièrement celle de Sara la meilleure de toutes. La meilleure pour tuer. Pendant le deuxième hiver de l'opération Barbarossa, sept tireuses d'élite soviétiques font des ravages dans les rangs des nazis, en particulier Sara. Bientôt elles devront affronter un invisible sniper. Le thème n'est pas nouveau mais le fait qu'il s'agisse d'une femme et du front de l'Est avec la vision soviétique du conflit, ça c'est nouveau et c'est surprenant. Garth Ennis dépeint une guerre invisible dans toute son horreur, sans concession. Glaçant. Une guerre où l'ennemi n'est pas seulement dans le camp d'en face mais aussi en son sein. L'officier politique est toujours là, il encourage, il motive à grand coup de "mère patrie", de "éliminer les fascistes" et surtout il observe pour déceler la moindre défaillance. Un récit dur où la voix off de Sara déshumanise toutes les atrocités des combats, un job comme un autre. On vit aussi des moments intimes dans leur baraquement pendant leurs repos ce qui permet de découvrir de nouvelles facettes de nos tueuses et surtout ce qui ronge Sara. Des femmes aux tempéraments très différents mais si complémentaires. Une narration non linéaire sur trois espaces temps qui rend le récit captivant. Une fin qui ne m'a pas surpris mais avec la touche personnelle de Sara. Le dessin de Epting est magnifique, on ressent la morsure du froid. Un trait tout en précision constellé de détails. Une recherche de l'authentique, aucunes fausses notes. Nous sommes littéralement plongés en 1942. Un découpage dynamique et des prises de vue en contre-plongée saisissantes. Des couleurs aux tons hivernales. Une réussite sur tous les niveaux.

17/12/2021 (modifier)
Couverture de la série Médée (Le Callet / Peña)
Médée (Le Callet / Peña)

Cette magnifique série prouve à ceux qui ne le pensent pas que plaisir et culture peuvent faire bon ménage dans une BD. L'excellent travail de Nancy Peña pour les dessins et de Blandine Le Callet pour le scénario en est la meilleure des preuves. Blandine Le Callet revisite la légende noire de Médée d'une façon originale avec un parti pris réaliste qui se tient de bout en bout. Point d'intervention divine, ni de sauveur de dernière minute mais tout bonnement un enchaînement de situations tellement logiques et vraisemblables que l'on a l'impression d'avoir un récit journalistique. Le scénario suit évidemment les textes antiques mais Le Callet se permet quelques adaptations dans la mise en scène qui renforcent l'homogénéité et la puissance dramatique du récit. Tout au long des cinq tomes (le tome 4 est composé de deux livres) ce n'est qu'un crescendo dans la tragédie qui se déroule sous nos yeux pour atteindre son climax en fin de tome 4 livre 1 mais qui ne retombe pas à plat pour autant ensuite. Cette construction du récit est vraiment remarquable et très rare par sa qualité littéraire dans les séries que j'ai lues. Le dessin de Nancy Peña est au même niveau. L'auteure joue avec les situations émotionnelles, les éclairages et les découpages. Dans l'abécédaire de la fin de l'édition intégrale, elle s'amuse à nous présenter quelques-uns de ses anachronismes dans les styles d'architectures, de costumes ou de bijoux. Comme si les auteures nous invitaient à une relecture savante pour retrouver ces détails. Un vrai régal. La multiplicité des thèmes abordés d'une manière profonde vous conduit à une réflexion permanente sur l'utilisation du progrès, sur l'amour, sur le combat des femmes pour la liberté ou sur la violence. La déconstruction de l'image du héros Grec au premier rang desquels Jason, est terriblement efficace et crédible. Cela me plait beaucoup. De l'excellente BD. À lire à offrir, à posséder pour un public pas trop jeune.

16/12/2021 (modifier)
Par iannick
Note: 3/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Les Travaux d'Hercule
Les Travaux d'Hercule

J’ai la chance de disposer de toutes les bibliothèques universitaires de ma ville de résidence. L’une d’entre elles possède d’ailleurs un rayon bandes dessinées très fourni ; ainsi, je me suis retrouvé nez à nez sur un album de Gustave Doré « Les Travaux d’Hercule »… et ça m’a furieusement titillé la curiosité étant donné que j’en avais entendu parler sur le site internet de bdtheque. Allez, hop, j’ai pris ce livre et je me suis installé tranquillement sur un des confortables fauteuils de la salle pour le feuilleter… Gustave Doré a un sacré coup de patte ! Ce qui faut savoir avant tout, c’est que cet auteur est l’un des premiers dessinateurs/scénariste de l’ère moderne du 9ème art, ça se passe dans la moitié du XIXème siècle… et surtout, il n’avait que 15 ans lorsqu’il a dessiné « Les Travaux d’Hercule »…Non mais, regardez-moi les planches mises en exemple sur le site, non mais, regardez-moi cette maturité au regard de son âge ! Et dites-vous si vous en connaissez des adolescents dans votre entourage ou non capables de réaliser un tel dessin (dans le style des caricatures de l’époque) ! C’est donc un album qui devrait fortement intéresser les amateurs et collectionneurs de la bande dessinée que nous propose l’éditeur 2024. En tout cas, bien que le système narratif avec la voix off en dessous de chaque case (et donc l’absence de bulles de dialogue) et un maximum de trois cases mises côte à côte soit inévitablement et complétement caduque de nos jours, j’ai pris beaucoup de plaisir à lire les péripéties de cet Hercule au ventre omnipotent et au comportement niais. Je me suis marré devant la posture ridicule de notre héros et l’absurdité de certaines scènes. Nan mais il y a quelque chose de charmant, une chose désuète mais tellement attachant qui ressort de ce récit, comme si on avait trouvé dans une brocante un vieux 33 tours d’un groupe qu’on aimait bien dont on s’empresse de l’écouter une fois rentrer chez soi. A noter que le mini « reportage » en fin d’album qui nous présente la genèse de cet ouvrage, son implication sur les autres auteurs, la personnalité de Gustave Doré, s’avère fort utile pour nous faire comprendre l’importance de cet album dans l’avènement moderne du 9ème art. « Les Travaux d’Hercule » est, pour moi, un album incontournable de la bande dessinée par son aspect historique et aussi par le fait que, malgré son ancienneté, le récit m’est apparu sympa à suivre. Merci à l’éditeur 2024 d’avoir republié ce monument du 9ème art et au responsable du rayon bandes dessinée de cette BU de ma ville de nous mettre à disposition ce genre de livres.

16/12/2021 (modifier)
Couverture de la série Melancholia
Melancholia

Comme tant d’autres, la Mort espère que sa progéniture reprendra le flambeau, le « commerce » familial. Mais voilà que la petite dernière préfère compter fleurette aux lapins, leur offrir des fleurs. De quoi vous chambouler ! Et, toute Mort que vous êtes, vous pousser sur le divan d'un psy pour trouver quelques explications. Voilà pour le pitch, d’une histoire très courte, muette, qui se lit donc très vite. Mais avec grand plaisir en tout cas ! D'abord parce que la chute éclaire l’intrigue d’une lumière noire, et d’un humour qui l’est tout autant, et donne une saveur et une profondeur plus grandes à l'histoire. Ensuite et surtout parce que le dessin, utilisant la technique de la carte à gratter (que j’aime particulièrement), est très joli (avec des corps d'humains aux airs de mantes religieuses) et colle parfaitement à l’ambiance développée par cette histoire aux airs de conte cruel (c'est ce dessin qui justifie mon coup de coeur) Courte, mais chouette lecture, que je vous recommande. Note réelle 3,5/5.

15/12/2021 (modifier)
Par cac
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Spectateur
Le Spectateur

Je ne connaissais pas Théo Grosjean avant, sa série L'homme le plus flippé du monde a l'air assez drôle et je m'y pencherai peut-être. Ici ce n'est pas vraiment l'humour qui domine. C'est plutôt dérangeant, un peu glauque. Dès les premières planches on découvre une naissance en vue subjective, du point de vue du bébé je précise. Et tout le reste de l'album de 160 pages sera du même ordre, une belle prouesse narrative. De même la colorisation verte sera de mise sur tout l'album. On est dans les yeux de Samuel qui n'exprime rien, dès la naissance il ne pleure pas, un regard fixe qui met les autres mal à l'aise et plus tard en grandissant restera muet sans qu'on sache bien s'il a un problème pour parler ou si tout simplement il n'en a pas envie. On ne voit son visage que de temps en temps quand il croise un miroir. Le garçon s'exprime par le dessin et à force d'entrainement devient très doué. Il est très solitaire, s'amuse avec des oiseaux morts... Il va ensuite dans une école spécialisée où il se fait un bon ami. Ses parents se séparent, puis sa mère meurt sous ses yeux. Pas très joyeux raconté comme ça mais c'est accrocheur et j'ai lu d'une traite cette histoire retraçant toute une vie.

14/12/2021 (modifier)
Couverture de la série Les Temps Mauvais
Les Temps Mauvais

" C'est vous qui avez fait ça? - Non, c'est Vous!" aurait répondu Picasso à l'officier allemand qui découvrait Guernica. Parce que pour moi il y a beaucoup de Guernica dans l'œuvre de Carlos Giménez. Beaucoup plus que du Hemingway ou du Malraux qui ont donné un tel esprit romanesque à la terrible Guerre Civile Espagnole. Pour qui aime l'Histoire et surtout cette Histoire contemporaine de notre si chaotique XXème siècle , je lis "Les Temps Mauvais " comme une œuvre majeure qui arrive soixante-dix ans après le conflit. C'est le temps qu'il faut à l'Histoire pour se poser. Cette intégrale est composée de quatre tomes construits autour de saynètes allant de une à dix-sept planches. Pas de plans de batailles, ni de stratégie militaire ni de comptabilité macabre et polémique, seulement des familles de Madrid encerclées, affamées qui ont peur et qui reçoivent des bombes sur la tête. Giménez a la prouesse d'éviter tout manichéisme. Du côté 'Rouge' et du côté 'Franquiste" autant de salauds et autant de pauvres bougres morts de trouille d'être condamnés à mort pour un supposé délit d'opinion. Ne nous y trompons pas sur la couverture ce sont bien "des Rouges" qui entrainent le bon oncle Mateo faire une promenade à l'aube. Seules les bombes n'ont qu'une couleur , made in Germany, afin d'inaugurer une triste innovation guerrière : le bombardement massif des villes avec des victimes civiles par milliers. Les tomes 2 et 3 faits d'anecdotes non chronologiques peuvent paraître un peu répétitifs par moment et peser sur la lecture. Mais cela donne aussi une idée du chaos dans lequel vivaient ces pauvres familles. Le formidable trait de Carlos Giménez qui passe subtilement du réalisme à la caricature amplifie l'effet dramatique des situations. Je me souviendrai longtemps de l'histoire du chat Sito avec ce cadre hypnotique des deux frères cadavériques. Il faut être insensible ou indifférent pour ne pas avoir les larmes aux yeux Il y a plus d'émotion et d'humanité dans le trait de Giménez que dans tous les super dessins assistés par ordinateur. La technique ne remplacera jamais le talent. Le tome 4 revient dans la chronologie avec la victoire de Franco et son lot de purges, de haine et d'atrocités. Mais aussi de très belles choses comme ces soldats généreux. Sans oublier "les effets collatéraux": ces épidémies qui touchent avant tout les enfants, sans médicament et sans rien pour soulager. En temps de pandémie cela fait réfléchir. Un scénario travaillé, humain en forme d'hommage aux habitants de Madrid de bonne volonté quels qu'ils soient. Une œuvre de réconciliation? Pourquoi pas, la plaie est encore vive chez nos amis Espagnols. Si pour certains , aujourd'hui, ce conflit peut sembler secondaire par rapport aux nombreuses guerres du siècle, la Guerre Civile Espagnole a eu une très grande importance intellectuelle et stratégique dans l'histoire de la fin de siècle. Un très bel ouvrage qui a largement sa place dans ma bibliothèque au côté de Malraux, Orwell , Hemingway sous les photos de Robert Capa En conclusion je recommande l'édition intégrale avec son dossier et son interview en fin d'ouvrage. Pour tous les amoureux d'histoire et de l'Espagne. Une dernière remarque perso, seulement deux avis pour ce monument c'est un crève-cœur.

14/12/2021 (modifier)
Par Josq
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Lac de feu
Le Lac de feu

Alors ça, c'est ce qu'on appelle une bonne surprise ! Appliquant au Moyen-Âge la recette qui avait déjà donné le très sympathique (quoique décrié par beaucoup) Cowboys & Envahisseurs de Jon Favreau, Le Lac de feu avait tout pour me plaire : un cadre médiéval centré sur des Croisés, un récit de science-fiction décalé à une époque inattendue, un dessin élégant (et des couvertures particulièrement magnifiques), la garantie de ne pas voir le récit s'éterniser sur des dizaines de tomes... Au départ, ça commence bien, mais sans plus. Le récit se met en place lentement, les personnages se construisent peu à peu, les auteurs essayent de contextualiser... C'est correct, mais ça manque un peu de souffle. Le contexte est là et en même temps, on regrette qu'il ne soit pas plus développé. Et puis plus on avance, plus ça devient grandiose ! Le récit prend un excellent tournant quand l'aventure commence vraiment, et dès la première attaque d'extraterrestres, j'ai su que j'allais aimer cette saga. Doté d'une excellente gestion du rythme, Le Lac de feu bénéficie de son format en trois tomes pour nous proposer une histoire pas forcément très originale (encore que des chevaliers croisés se promenant dans un vaisseau extraterrestre, en termes d'originalité, c'est pas si mal...) mais extrêmement prenante, et très bien racontée. On se prend vite au jeu, et on s'attache assez rapidement aux personnages, suffisamment pour craindre à chaque fois que leur vie est mise en danger dans la suite de la saga. Cela ne signifie pas que Le Lac de feu soit absolument parfait. Il a notamment le défaut de sa qualité : à force de vouloir aller très vite, on regrette que certaines scènes ne soient pas largement développées, notamment lorsqu'il s'agit de creuser la psychologie des personnages. A ce titre, deux séquences au moins auraient mérité qu'on s'y attarde : tout d'abord, le très beau dialogue entre la jeune cathare et un jeune chevalier chrétien qui, tous deux, se heurtent au fanatisme de l'autre, qu'ils ne comprennent pas, belle confrontation entre deux étroits systèmes de pensée qui démontre une vraie subtilité d'écriture de la part de Nathan Fairbairn. Dommage que ça ne dure qu'une page ! L'autre séquence est mieux gérée, et intervient au début du 3e tome, lorsqu'un villageois veut s'enfuir du vaisseau spatial, et que la jeune cathare, enfermée dans son fanatisme, n'arrive pas à le calmer. C'est alors l'ancien Croisé, habituellement renfrogné et brutal, qui démontre soudain une étonnante humanité en calmant l'homme apeuré et en lui redonnant courage. Très belle scène qui, là encore, témoigne de la nuance et de la finesse d'écriture que peut rencontrer Le Lac de feu. Il est alors regrettable de constater que cette finesse n'est que ponctuelle, tandis que le scénario retombe régulièrement dans les bons vieux poncifs de l'Inquisiteur fanatique qui veut brûler tout le monde, et des Croisés à qui la guerre aurait fait perdre toute foi en quoi que ce soit... Une vision dépassée du Moyen-Âge qu'on a toujours du mal à voir subsister dans la fiction, mais bon, on est bien obligé de la prendre avec le reste. Et le reste est bel et bien magnifique. Outre la gestion maîtrisée d'un récit captivant, il faut aussi noter la beauté du trait de Matt Smith. Alors que je le trouve légèrement trop schématique dans le premier tome, il s'affirme nettement dès le tome suivant, et produit des pages somptueuses quand il le faut (particulièrement dans le tome 3). Les visages sont nettement caractérisés, les environnements suffisamment travaillés mais pas trop, et les graphismes sont très dynamiques, un vrai plaisir à lire ! La violence est assez présente graphiquement, et de manière assez plaisante, car elle ne recule pas devant la cruauté (quelques scènes peu ragoûtantes dans le dernier tome) sans jamais basculer dans le gore complaisant, il y a un bel équilibre de la part des auteurs. Ainsi, Le Lac de feu est une belle réussite, qui sait créer la surprise après un début de saga légèrement trop sage. Nous proposant aussi bien une belle épopée médiévale qu'une histoire de SF classique et réjouissante, le comics de Nathan Fairbairn et Matt Smith déroule un récit bien ficelé, sans originalité excessive, mais avec une redoutable efficacité, qui tient en haleine sur ses trois tomes. Finalement, le seul vrai reproche qui tient debout à la fin, c'est que tout ça se lit vraiment trop vite !

13/12/2021 (modifier)
Couverture de la série Les Schtroumpfs
Les Schtroumpfs

Je trouve que l'invention des Schtroumpfs représente un summum dans le génie créatif d'un auteur de BD. Monsieur Peyo n'a pas seulement créé un monde merveilleux autour d'une vision utopique d'un monde pacifique et égalitaire mais il crée en même temps le langage qui l'accompagne. Or le langage c'est l'esprit de finesse d'une population. C'est d'ailleurs pour cela que je trouve les Schtroumpfs pas aussi enfantins que cela. Pour un enfant de primaire le texte est difficile et nécessite une recherche de vocabulaire pas si évidente. Pour preuve des exercices de grammaire sont donnés aujourd'hui avec des textes Schtroumpf au niveau début collège. J'ai toujours un faible pour les auteurs qui soignent la partie texte et qui proposent différents niveaux de lecture. Bien sûr on peut trouver de nombreuses critiques, c'est un monde clos, uniforme qui n'évolue pas ou chacun revient à sa place en fin d'opus. Le manque de fille ne me gène pas car je comprends le monde Schtroumpf au départ comme asexué. La Schtroumpfette n'est elle pas une création extérieure au village originel? Quant au "racisme" des Schtroumpfs Noirs, je suis indulgent car ce n'est pas si facile de trouver une couleur en contrepoint du bleu. Peyo a le génie de nous rendre ce monde ,qui pourrait être d'un ennui mortel, sympathique et attractif tellement la solidarité et la poésie imprègnent les personnages. Le merveilleux trait de Peyo fait vivre ce petit village avec un dynamisme qui colle à chaque caractère des personnages. Comme toute série longue avec repreneur il y a des albums moins bons. Mais cela ne m'empêche pas de relire certains opus avec un réel plaisir depuis des dizaines d'années. Mes préférés sont "l'Œuf et les Schtroumpfs" et "Les Schtroumpfs et le Cracoucass"

12/12/2021 (modifier)
Par Benjie
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Tananarive
Tananarive

Avant d’ouvrir l’album, je m’attendais à lire une histoire de « vieux fourneaux » tout en espérant que les auteurs allaient réinventer le concept. Eh bien franchement, c’est réussi. Le scénario est à la fois simple et surprenant. A peine commencée, l’histoire prend un virage inattendu qui emmène le lecteur sans doute moins loin qu’il l’imaginait mais très loin dans une quête personnelle pleine de tendresse et d’humanité. Deux héros qui n’auront pas été au bout de leurs rêves s’embarquent pour une enquête chaotique en forme de road movie. Ce sursaut d’énergie au seuil de la vieillesse est touchant. C’est drôle… quand Amédée se confronte au monde très clos de la Légion ou quand il s’épuise dans le labyrinthe de la fonction public et de ses agents zélés. C’est beau, comme l’est le dessin, comme le sont les couleurs. Les personnages ont de vraies gueules qui expriment toute la gamme des sentiments : la curiosité, la colère, la tristesse, la volonté… et les cadrages très réussis créent une grande intimité avec les personnages. Une très belle lecture.

12/12/2021 (modifier)