Un excellent polar à mettre dans toutes les mains.
Le trame de l'histoire comprend pas mal de composantes différentes : meurtre, politique, conflit social sur fond d'apartheid, croyances tribales, enlèvement. Et le moins qu'on puisse dire c'est que tout ça s'équilibre parfaitement et s'imbrique à merveille pour former un tout cohérent et prenant. Ce n'est pas trop, bien au contraire tout est intelligemment lié.
L'Afrique du sud est vraiment bien choisie, tant cela parait propice à ce récit. D'abord c'est dépaysant, mais ensuite et surtout, l'histoire et le contexte social et politique de ce pays offrent le cadre idéal à cette intrigue. Les paysages sont du pain béni pour le dessinateur. De ce coté là on est gâté car le dessin est superbe. Décors, personnages, ambiance, couleurs chaudes et chatoyantes, c'est un vrai plaisir visuel. Il y a quelques doubles pages qui proposent des vues sur des paysages splendides.
Bref le dessin et le scénario sont au diapason. C'est donc avec plaisir et attention qu'on suit cette enquête qui s'emballe peu à peu, au fur et à mesure qu'elle avance. Tout est crédible, il y a la petite dose de suspens et d'action nécessaire pour pimenter tout ça. Un sans faute.
Voilà une belle bande dessinée d'aventures ! Avec ce croisement entre Kim de Rudyard Kipling et 20 000 lieues sous les mers de Jules Verne, Mathieu Mariolle et Guénaël Grabowski font assez fort. Tout est là pour en faire une grande saga : un univers vintage lorgnant vers le steampunk, un récit d'espionnage à échelle planétaire, de grosses scènes d'action, des planches énormes et magnifiques...
C'est vraiment ce qui m'a sauté aux yeux directement, cette magnificence omniprésente du dessin. La patte de Grabowski est extrêmement belle, et rend merveilleusement hommage aux univers de Verne et de Kipling, grâce à des dessins qui n'hésitent pas à faire éclater les limites de la case pour remplir toute la page ou une partie. Cela donne un côté colossal (comme les splendides couvertures) pas désagréable, à la hauteur du sujet traité.
En termes de scénario, c'est de l'aventure très classique, mais très bien menée. Assez peu de surprises dans le scénario, voire quelques grosses facilités. Mais bon, en ce qui me concerne, ces (rares) facilités ne m'ont pas trop dérangé et j'ai trouvé le récit trop bien mené pour m'en formaliser. Il faut dire que les auteurs savent explorer les dilemmes et les cas de conscience de leurs personnages de manière assez judicieuse et intelligente.
Et même si le tome 3 cherche un peu trop à nous retourner le cerveau à grands coups de twists pour certains assez superficiels, le fait est que le parcours des personnages est amplement satisfaisant et mène à une jolie conclusion, dont certains aspects sont relativement inattendus. Une belle trilogie, légèrement améliorable sur le plan scénaristique, mais une belle trilogie.
Il se dégage de cet album un sentiment étrange. Est-ce sa lenteur ? Le vague malaise qu’il procure ? En tout cas, il est pour moi un cas à part. Un polar intéressant et intelligent. Giverny, l’impressionnisme est ses couleurs douces, Money et ses nymphéas constituent un décor tout en douceur brutalement frappé par un crime sordide aux ramifications plus sordides encore. Ce contraste très fort est très bien vu. Les personnages sont étranges eux-aussi, un peu figés, comme irréels. En dépit de vies très banales en apparence, ils semblent tous jouer des rôles comme s’ils évoluaient dans une pièce de théâtre. Une voix off qui semblent tout savoir sur l’intrigue ajoute à cette impression. Et pour finir, un retournement de situation qui remet toute l’histoire en perspective. Tout a l’air parfaitement orchestré et maîtrisé et pourtant, on ressent des petites imperfections dans le scénario, quelques longueurs, quelques petites incohérences… Je dois dire que malgré quelques bémols, j’ai vraiment aimé et je le relirai avec plaisir.
Evoquer les fameux contes de Noël par Mitteï semble approprié en ce 25 décembre, et j'ignorais qu'il existait un album regroupant ces contes. Je les ai tous retrouvés dans mes numéros du journal Tintin car je ne possède pas cet album ; il n'est que partiel et ne contient que 5 contes, c'est dommage de ne pas tous les retrouver dans un album plus épais car Mitteï était le grand spécialiste de ces contes dans Tintin, sans doute que le rédac-chef trouvait que son dessin collait parfaitement à cet esprit magique de Noël. Il en a dessiné une quinzaine qui mettaient en scène souvent des enfants rêveurs.
C'est vrai, le dessin vif et pétillant de Mitteï accentuait ce côté mignon tout plein et cette poésie spéciale des contes de Noël, et ses petits personnages malicieux émerveillaient l'enfant que j'étais alors, d'où mon coup de coeur dicté presque essentiellement par la nostalgie, car je prenais beaucoup de plaisir à lire ces contes. Je les ai tous relus et ça m'a rappelé bien des souvenirs.
C'est dommage de ne pas y trouver "les 3 Messes basses" (d'après le conte de Daudet, paru dans le n° 844 du journal Tintin en 1964), probablement le plus célèbre de ces adaptations de Mitteï, mais je crois qu'il figure dans un autre recueil, Les Lettres de mon Moulin il me semble... On n'y trouve pas non plus "Noël aux binious", un joli conte provençal, mais il y a "le Sapin rouge" paru en 1968 dans le n°1050, et "Noël à la Dickens" (adapté de Scrooge) paru dans le n°945 en 1966, ainsi que "Noël à la cloche" paru dans le n°999 en 1967. Ce sont les 3 dont je me souviens le mieux, surtout "le Sapin rouge" sur cet enfant daltonien, et "Noël à la cloche" où un autre enfant se retrouve à fêter un Noël chaleureux avec des clochards débonnaires sous les ponts de Paris ; ces deux-là sont merveilleux. Voila donc de vrais contes de Noël qu'il fait bon relire pour ceux qui comme moi les ont connus dans leur enfance, ou à découvrir avec une magie très communicative grâce au dessin soigné de Mitteï.
Magnifique ! les auteurs ont su respecter l’esprit de la série Goldorak tout en créant une œuvre au goût du jour plus moderne.
Je mets 5 étoiles et coup de cœur, car la lecture m’a fait replonger dans les émotions de mon enfance. Quel plaisir de revoir Actarus, Vénusia, Alcor, Phénicia, le professeur Procyon et les autres pour clore la série en un superbe bouquet final.
L’intrigue fonctionne très bien, il y a beaucoup de bonnes idées.
J’ai aimé les scènes d’action et le très réussi golgoth tricéphale.
Le choix de 167 pages et le chapitrage sont parfaits, ils permettent de développer l’intrigue au bon rythme ; il n’y a aucun moment de bâclé vite fait comme on en trouve sur les format de 50 pages.
Maintenant, il faut s’attaquer à Ulysse 31, le Capitaine Flam, Cobra, Albator, les mystérieuses cités d’or en format franco-belge, allez au boulot ! ;-)
San Francisco dans les années 1980 est la toile de fond d’un excellent thriller, bien construit, bien écrit et qu’on ne lâche pas jusqu’au dernier tome de la série. Tout commence avec un meurtre de masse, en pleine rue. Jusque-là, rien de très original. L’inspecteur Spadaccini, surnommé « Wonderball » - je ne dirai rien de l’origine de ce surnom - est chargé de l’enquête. Un type étrange, sombre violent, usant de méthodes peu réglementaires mais efficaces. Pour Spadaccini, un truc ne colle pas : le tireur a assassiné neuf personnes avec une rapidité record et avec des angles de tir improbables voire impossibles pour tout tireur normalement constitué. Et ça lui rappelle un autre meurtre à notre enquêteur : celui de J. F. Kennedy. Persuadé que ce super tireur a reçu une formation militaire hors norme, Spadaccini va remonter une piste qui le conduit jusqu’à une société secrète aux ramifications mondiales et aux projets démentiels. Mais, plus il progresse dans ses recherches, plus il s’enfonce dans une histoire sombre et complexe qui fait remonter à la surface des souvenirs effrayants de sa propre jeunesse.
Une ambiance noire très réussie, un rythme haletant, des dialogues ciselés et crus, et des silences bien placés. Les différents personnages sont très cohérents et les zones d’ombres qui entourent Spadaccini se dévoilent progressivement au fil des albums. L’excellent dessin accentue le côté glauque du scénario et le découpage dynamique lui donne un rythme cinématographique. On est totalement immergés dans cette histoire. A l’inverse, les scènes dans le désert américain sont lumineuses et saturées de soleil. Elles offrent une pause au lecteur et ça fait du bien avant de replonger dans l’action. Un gros coup de cœur !
Morceau de bravoure réaliste et brésilien.
La couleur très psychédélique m'a à la fois intriguée et inquiétée dans un premier temps, mais c'est presque la seule touche de fantaisie qui permettra de nous faire rencontrer le monde merdique des favellas et des hôpitaux de Rio aujourd'hui.
On pourrait faire un pitch un peu différent de celui de l'éditeur : comment une prostituée des favellas, Jacqueline, réussit à se sortir d'une mouise mortifère, malgré elle, grâce au courage et à la pugnacité de sa mère, Marcia, infirmière à l'hôpital. Mais ça ne se fera pas sans dégâts collatéraux très importants, le tragique reste la base, et rien ne dit que la fin ouvrira sur une vie agréable...
Cela commence comme une comédie dramatique, avec l'adolescente infernale qui fait tourner sa mère en bourrique et ignore un beau-père un peu falot.
Mais très vite l'action nous happe, on a le souffle court devant tous les risques que prennent les personnages, et l'on s'attache à tout ce petit monde, gras, pauvre et blin-bling à la fois. Les 125 pages à la grille arrondies (et au couleurs agressives pour nous autres européens) passent très vite, et finissent dans une douceur kitch... J'oubliais la très bonne traduction des dialogues en cascades, où on a presque envie de fermer le livre pour que le débit se tarisse enfin, par moment.
Pour ceux qui aiment regarder la réalité en face, avec ses violences, ses stupidités, ses intérêts, mais aussi ses devoirs, ses tendresses et ses courages. Pour ceux qui préfèrent l'héroïque fantaisie, passez votre chemin.
Un vrai bijou. C'est curieux que cette bd n'ait pas trouvé son public à l'époque.
La saga de Tolkien commençait à devenir populaire et l'auteur s'est vraisemblablement inspiré de l'intrigue première. Il s'agit ici de boules vertes créées par le mage le plus puissant et savant du monde, et qui confèreront l'immortalité à qui saura en réunir trois.
Tout y est, l'ambiance médiévale, la forêt hostile, une cité fortifiée, des boutiques obscures, des magiciens, des chats noirs, des chouettes, un bûcheron, une sorcière, un lutin, un dragon gardien du trésor... et bien sûr un méchant qui veut s'approprier une dernière boule verte pour pouvoir répandre le mal. Et avec tous ces ingrédients imposés de la fantasy classique, l'auteur arrive à nous servir une histoire complètement originale.
La saga de base se déroule sur les 5 premiers tomes de la série. Chacun recèle une intrigue et une ambiance différentes et l'ensemble est parfaitement cohérent. J'aime particulièrement le premier avec la traversée de cette forêt mystérieuse et bien sûr le dernier, « Le rire de la sorcière » qui conclut cette saga de façon magistrale, et où on est invités à comprendre des détails curieux de l'aventure, c'est fichtrement bien fait.
Et le tome 6, décliné en hors série, est véritablement une petite pièce d'horlogerie avec sa précision. Deux histoires en une, dans un face à face millimétré, un régal. Pour le spin-off des deux derniers tomes, « Guilio et le drôle de monde », on y a ajoute une cartomancienne et quelques créatures infernales. L'histoire est drôlement bien construite également, j'aime beaucoup.
Quant au dessin, et bien c'est tout ce que j'aime. Une ligne claire des plus classiques, je la trouve très élégante et diablement efficace. Je conçois que le dessin et la colorisation puissent paraître ringards, pour moi ce style est indémodable et restera dans les parangons la bd. Il n'y a qu'à admirer les paysages sublimes, et tout particuliurement la cascade du bout du monde, une tuerie...
5 étoiles sans hésitation.
Un chef d'œuvre !
Une très très belle adaptation du roman de Bram Stoker.
Dracula est un roman épistolaire publié en 1897.
Je vais faire court, je n'ai plus grand chose à ajouter aux posts ci-dessous.
Bess a fait le choix d'y rester fidèle et cela est tout à son honneur. Comment captiver le lecteur quant on en connaît l'histoire ? Par une narration tout en finesse et par un dessin hypnotisant.
Il retranscrit à merveille ce qui en fait l'âme : le désir de la vie éternelle, l'amour et les limites entre l'homme et la bête. Des thèmes qui le feront entrer dans la culture populaire.
Le dessin mais peut-on encore parler de dessin ?
Un noir et blanc majestueux.
C'est tout bonnement une gifle visuelle que j'ai reçu dès la découverte des premières planches.
Un trait précis, soigné avec un grain de folie. Du réalisme avec une touche de gothique. Époustouflant.
Une mise en page innovante.
Bess a ce don de pouvoir rendre beau le hideux, regardez le comte Dracula.
Un sans faute, coup de cœur et 5 étoiles.
Coup de coeur, c'est magnifique!
Une adaptation fidèle (en évitant par bonheur de sombrer dans le trop baroque tout en optant pour le noir et blanc), un graphisme qui ferait applaudir Toppi, une très belle édition grand format, tout est réuni pour devenir une référence de la haute littérature graphique (je viens de voir qu'une adaptation de Frankenstein vient d'être publiée, ce sera ma prochaine grande lecture à coup sûr.) Il se lit, il se contemple.
Bien sûr, si vous avez lu le roman, le récit ne vous étonnera pas mais le comte saura vous hypnotiser. Et je vous envie de le ressentir à votre première lecture.
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Sangoma - Les Damnés de Cape Town
Un excellent polar à mettre dans toutes les mains. Le trame de l'histoire comprend pas mal de composantes différentes : meurtre, politique, conflit social sur fond d'apartheid, croyances tribales, enlèvement. Et le moins qu'on puisse dire c'est que tout ça s'équilibre parfaitement et s'imbrique à merveille pour former un tout cohérent et prenant. Ce n'est pas trop, bien au contraire tout est intelligemment lié. L'Afrique du sud est vraiment bien choisie, tant cela parait propice à ce récit. D'abord c'est dépaysant, mais ensuite et surtout, l'histoire et le contexte social et politique de ce pays offrent le cadre idéal à cette intrigue. Les paysages sont du pain béni pour le dessinateur. De ce coté là on est gâté car le dessin est superbe. Décors, personnages, ambiance, couleurs chaudes et chatoyantes, c'est un vrai plaisir visuel. Il y a quelques doubles pages qui proposent des vues sur des paysages splendides. Bref le dessin et le scénario sont au diapason. C'est donc avec plaisir et attention qu'on suit cette enquête qui s'emballe peu à peu, au fur et à mesure qu'elle avance. Tout est crédible, il y a la petite dose de suspens et d'action nécessaire pour pimenter tout ça. Un sans faute.
Nautilus
Voilà une belle bande dessinée d'aventures ! Avec ce croisement entre Kim de Rudyard Kipling et 20 000 lieues sous les mers de Jules Verne, Mathieu Mariolle et Guénaël Grabowski font assez fort. Tout est là pour en faire une grande saga : un univers vintage lorgnant vers le steampunk, un récit d'espionnage à échelle planétaire, de grosses scènes d'action, des planches énormes et magnifiques... C'est vraiment ce qui m'a sauté aux yeux directement, cette magnificence omniprésente du dessin. La patte de Grabowski est extrêmement belle, et rend merveilleusement hommage aux univers de Verne et de Kipling, grâce à des dessins qui n'hésitent pas à faire éclater les limites de la case pour remplir toute la page ou une partie. Cela donne un côté colossal (comme les splendides couvertures) pas désagréable, à la hauteur du sujet traité. En termes de scénario, c'est de l'aventure très classique, mais très bien menée. Assez peu de surprises dans le scénario, voire quelques grosses facilités. Mais bon, en ce qui me concerne, ces (rares) facilités ne m'ont pas trop dérangé et j'ai trouvé le récit trop bien mené pour m'en formaliser. Il faut dire que les auteurs savent explorer les dilemmes et les cas de conscience de leurs personnages de manière assez judicieuse et intelligente. Et même si le tome 3 cherche un peu trop à nous retourner le cerveau à grands coups de twists pour certains assez superficiels, le fait est que le parcours des personnages est amplement satisfaisant et mène à une jolie conclusion, dont certains aspects sont relativement inattendus. Une belle trilogie, légèrement améliorable sur le plan scénaristique, mais une belle trilogie.
Nymphéas noirs
Il se dégage de cet album un sentiment étrange. Est-ce sa lenteur ? Le vague malaise qu’il procure ? En tout cas, il est pour moi un cas à part. Un polar intéressant et intelligent. Giverny, l’impressionnisme est ses couleurs douces, Money et ses nymphéas constituent un décor tout en douceur brutalement frappé par un crime sordide aux ramifications plus sordides encore. Ce contraste très fort est très bien vu. Les personnages sont étranges eux-aussi, un peu figés, comme irréels. En dépit de vies très banales en apparence, ils semblent tous jouer des rôles comme s’ils évoluaient dans une pièce de théâtre. Une voix off qui semblent tout savoir sur l’intrigue ajoute à cette impression. Et pour finir, un retournement de situation qui remet toute l’histoire en perspective. Tout a l’air parfaitement orchestré et maîtrisé et pourtant, on ressent des petites imperfections dans le scénario, quelques longueurs, quelques petites incohérences… Je dois dire que malgré quelques bémols, j’ai vraiment aimé et je le relirai avec plaisir.
Veillée de Noël
Evoquer les fameux contes de Noël par Mitteï semble approprié en ce 25 décembre, et j'ignorais qu'il existait un album regroupant ces contes. Je les ai tous retrouvés dans mes numéros du journal Tintin car je ne possède pas cet album ; il n'est que partiel et ne contient que 5 contes, c'est dommage de ne pas tous les retrouver dans un album plus épais car Mitteï était le grand spécialiste de ces contes dans Tintin, sans doute que le rédac-chef trouvait que son dessin collait parfaitement à cet esprit magique de Noël. Il en a dessiné une quinzaine qui mettaient en scène souvent des enfants rêveurs. C'est vrai, le dessin vif et pétillant de Mitteï accentuait ce côté mignon tout plein et cette poésie spéciale des contes de Noël, et ses petits personnages malicieux émerveillaient l'enfant que j'étais alors, d'où mon coup de coeur dicté presque essentiellement par la nostalgie, car je prenais beaucoup de plaisir à lire ces contes. Je les ai tous relus et ça m'a rappelé bien des souvenirs. C'est dommage de ne pas y trouver "les 3 Messes basses" (d'après le conte de Daudet, paru dans le n° 844 du journal Tintin en 1964), probablement le plus célèbre de ces adaptations de Mitteï, mais je crois qu'il figure dans un autre recueil, Les Lettres de mon Moulin il me semble... On n'y trouve pas non plus "Noël aux binious", un joli conte provençal, mais il y a "le Sapin rouge" paru en 1968 dans le n°1050, et "Noël à la Dickens" (adapté de Scrooge) paru dans le n°945 en 1966, ainsi que "Noël à la cloche" paru dans le n°999 en 1967. Ce sont les 3 dont je me souviens le mieux, surtout "le Sapin rouge" sur cet enfant daltonien, et "Noël à la cloche" où un autre enfant se retrouve à fêter un Noël chaleureux avec des clochards débonnaires sous les ponts de Paris ; ces deux-là sont merveilleux. Voila donc de vrais contes de Noël qu'il fait bon relire pour ceux qui comme moi les ont connus dans leur enfance, ou à découvrir avec une magie très communicative grâce au dessin soigné de Mitteï.
Goldorak
Magnifique ! les auteurs ont su respecter l’esprit de la série Goldorak tout en créant une œuvre au goût du jour plus moderne. Je mets 5 étoiles et coup de cœur, car la lecture m’a fait replonger dans les émotions de mon enfance. Quel plaisir de revoir Actarus, Vénusia, Alcor, Phénicia, le professeur Procyon et les autres pour clore la série en un superbe bouquet final. L’intrigue fonctionne très bien, il y a beaucoup de bonnes idées. J’ai aimé les scènes d’action et le très réussi golgoth tricéphale. Le choix de 167 pages et le chapitrage sont parfaits, ils permettent de développer l’intrigue au bon rythme ; il n’y a aucun moment de bâclé vite fait comme on en trouve sur les format de 50 pages. Maintenant, il faut s’attaquer à Ulysse 31, le Capitaine Flam, Cobra, Albator, les mystérieuses cités d’or en format franco-belge, allez au boulot ! ;-)
Wonderball
San Francisco dans les années 1980 est la toile de fond d’un excellent thriller, bien construit, bien écrit et qu’on ne lâche pas jusqu’au dernier tome de la série. Tout commence avec un meurtre de masse, en pleine rue. Jusque-là, rien de très original. L’inspecteur Spadaccini, surnommé « Wonderball » - je ne dirai rien de l’origine de ce surnom - est chargé de l’enquête. Un type étrange, sombre violent, usant de méthodes peu réglementaires mais efficaces. Pour Spadaccini, un truc ne colle pas : le tireur a assassiné neuf personnes avec une rapidité record et avec des angles de tir improbables voire impossibles pour tout tireur normalement constitué. Et ça lui rappelle un autre meurtre à notre enquêteur : celui de J. F. Kennedy. Persuadé que ce super tireur a reçu une formation militaire hors norme, Spadaccini va remonter une piste qui le conduit jusqu’à une société secrète aux ramifications mondiales et aux projets démentiels. Mais, plus il progresse dans ses recherches, plus il s’enfonce dans une histoire sombre et complexe qui fait remonter à la surface des souvenirs effrayants de sa propre jeunesse. Une ambiance noire très réussie, un rythme haletant, des dialogues ciselés et crus, et des silences bien placés. Les différents personnages sont très cohérents et les zones d’ombres qui entourent Spadaccini se dévoilent progressivement au fil des albums. L’excellent dessin accentue le côté glauque du scénario et le découpage dynamique lui donne un rythme cinématographique. On est totalement immergés dans cette histoire. A l’inverse, les scènes dans le désert américain sont lumineuses et saturées de soleil. Elles offrent une pause au lecteur et ça fait du bien avant de replonger dans l’action. Un gros coup de cœur !
Ecoute, Jolie Márcia
Morceau de bravoure réaliste et brésilien. La couleur très psychédélique m'a à la fois intriguée et inquiétée dans un premier temps, mais c'est presque la seule touche de fantaisie qui permettra de nous faire rencontrer le monde merdique des favellas et des hôpitaux de Rio aujourd'hui. On pourrait faire un pitch un peu différent de celui de l'éditeur : comment une prostituée des favellas, Jacqueline, réussit à se sortir d'une mouise mortifère, malgré elle, grâce au courage et à la pugnacité de sa mère, Marcia, infirmière à l'hôpital. Mais ça ne se fera pas sans dégâts collatéraux très importants, le tragique reste la base, et rien ne dit que la fin ouvrira sur une vie agréable... Cela commence comme une comédie dramatique, avec l'adolescente infernale qui fait tourner sa mère en bourrique et ignore un beau-père un peu falot. Mais très vite l'action nous happe, on a le souffle court devant tous les risques que prennent les personnages, et l'on s'attache à tout ce petit monde, gras, pauvre et blin-bling à la fois. Les 125 pages à la grille arrondies (et au couleurs agressives pour nous autres européens) passent très vite, et finissent dans une douceur kitch... J'oubliais la très bonne traduction des dialogues en cascades, où on a presque envie de fermer le livre pour que le débit se tarisse enfin, par moment. Pour ceux qui aiment regarder la réalité en face, avec ses violences, ses stupidités, ses intérêts, mais aussi ses devoirs, ses tendresses et ses courages. Pour ceux qui préfèrent l'héroïque fantaisie, passez votre chemin.
La Malédiction des sept boules vertes
Un vrai bijou. C'est curieux que cette bd n'ait pas trouvé son public à l'époque. La saga de Tolkien commençait à devenir populaire et l'auteur s'est vraisemblablement inspiré de l'intrigue première. Il s'agit ici de boules vertes créées par le mage le plus puissant et savant du monde, et qui confèreront l'immortalité à qui saura en réunir trois. Tout y est, l'ambiance médiévale, la forêt hostile, une cité fortifiée, des boutiques obscures, des magiciens, des chats noirs, des chouettes, un bûcheron, une sorcière, un lutin, un dragon gardien du trésor... et bien sûr un méchant qui veut s'approprier une dernière boule verte pour pouvoir répandre le mal. Et avec tous ces ingrédients imposés de la fantasy classique, l'auteur arrive à nous servir une histoire complètement originale. La saga de base se déroule sur les 5 premiers tomes de la série. Chacun recèle une intrigue et une ambiance différentes et l'ensemble est parfaitement cohérent. J'aime particulièrement le premier avec la traversée de cette forêt mystérieuse et bien sûr le dernier, « Le rire de la sorcière » qui conclut cette saga de façon magistrale, et où on est invités à comprendre des détails curieux de l'aventure, c'est fichtrement bien fait. Et le tome 6, décliné en hors série, est véritablement une petite pièce d'horlogerie avec sa précision. Deux histoires en une, dans un face à face millimétré, un régal. Pour le spin-off des deux derniers tomes, « Guilio et le drôle de monde », on y a ajoute une cartomancienne et quelques créatures infernales. L'histoire est drôlement bien construite également, j'aime beaucoup. Quant au dessin, et bien c'est tout ce que j'aime. Une ligne claire des plus classiques, je la trouve très élégante et diablement efficace. Je conçois que le dessin et la colorisation puissent paraître ringards, pour moi ce style est indémodable et restera dans les parangons la bd. Il n'y a qu'à admirer les paysages sublimes, et tout particuliurement la cascade du bout du monde, une tuerie... 5 étoiles sans hésitation.
Dracula (Bess)
Un chef d'œuvre ! Une très très belle adaptation du roman de Bram Stoker. Dracula est un roman épistolaire publié en 1897. Je vais faire court, je n'ai plus grand chose à ajouter aux posts ci-dessous. Bess a fait le choix d'y rester fidèle et cela est tout à son honneur. Comment captiver le lecteur quant on en connaît l'histoire ? Par une narration tout en finesse et par un dessin hypnotisant. Il retranscrit à merveille ce qui en fait l'âme : le désir de la vie éternelle, l'amour et les limites entre l'homme et la bête. Des thèmes qui le feront entrer dans la culture populaire. Le dessin mais peut-on encore parler de dessin ? Un noir et blanc majestueux. C'est tout bonnement une gifle visuelle que j'ai reçu dès la découverte des premières planches. Un trait précis, soigné avec un grain de folie. Du réalisme avec une touche de gothique. Époustouflant. Une mise en page innovante. Bess a ce don de pouvoir rendre beau le hideux, regardez le comte Dracula. Un sans faute, coup de cœur et 5 étoiles.
Dracula (Bess)
Coup de coeur, c'est magnifique! Une adaptation fidèle (en évitant par bonheur de sombrer dans le trop baroque tout en optant pour le noir et blanc), un graphisme qui ferait applaudir Toppi, une très belle édition grand format, tout est réuni pour devenir une référence de la haute littérature graphique (je viens de voir qu'une adaptation de Frankenstein vient d'être publiée, ce sera ma prochaine grande lecture à coup sûr.) Il se lit, il se contemple. Bien sûr, si vous avez lu le roman, le récit ne vous étonnera pas mais le comte saura vous hypnotiser. Et je vous envie de le ressentir à votre première lecture.