Les derniers avis (9597 avis)

Par Manon
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Quartier lointain
Quartier lointain

L'histoire est vraiment très touchante, j'en ai versé quelques larmes. A des moments, on pense savoir ce qui va se passer mais pas du tout ! Je vous le recommande !! Malgré qu'il puisse paraître long je l'ai lu en 1j et demi, et franchement pépite.

01/01/2022 (modifier)
Par Spooky
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Goldorak
Goldorak

Cet album est un véritable trésor. Car c'est le résultat d'une gageure de dimension artistique : une bande d'auteurs confirmés qui se lance dans un nouveau récit d'un de leurs héros d'enfance. J'imagine que tout a été dit sur Goldorak, mais ils ont réussi à en proposer une relecture audacieuse, inspirée mais également profondément respectueuse de l'oeuvre originale. C'est ainsi que cette histoire prend place une dizaine d'années après la fin connue de la série animée. Goldorak et Actarus ont disparu, ceux du Bouleau Blanc ont vu leurs trajectoires diverger... Mais la menace de Véga ressurgit, et avec elle la remobilisation potentielle de la Patrouille des Aigles. Mais nos héros sont fatigués, et se posent beaucoup de questions sur leurs motivations, sur l'origine de la guerre. Ainsi, tout en gardant les caractères et l'ambiance créés par Gô Nagai, ils l'amènent sur de nouveaux chemins, des considérations plus adultes, et surtout promettent de nombreux chamboulements concernant leurs histoires respectives... une prouesse due à Messieurs Bajram et Dorison. Sur le plan du dessin la conjonction des talents de ces trois dessinateurs fabuleux que sont Denis Bajram, Brice Cossu et Alexis Sentenac donne des planches de toute beauté. c'est bien simple, je suis resté scotché par certaines pleines pages, oubliant quelques secondes l'histoire pour regarder le dessin... Tout est absolument parfait. Tout. Même les couleurs de Yoann Guillo arrivent à jouer leur propre petite mélodie dans ce concert symphonique. J'ai été absolument ravi par cette lecture. Merci aux auteurs pour avoir osé mener à bien ce projet carrément fou, et à Gô Nagai pour avoir donné son feu vert pour qu'il soit lancé. Merci, merci, merci.

31/12/2021 (modifier)
Par Blue boy
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série La Bibliomule de Cordoue
La Bibliomule de Cordoue

La sortie d’un album signé de Wilfrid Lupano est toujours un événement, et celui-ci ne déroge pas à la règle. Et au fil de sa production, on comprend pourquoi. Cet habile et prolifique scénariste sait parfaitement allier la forme et le fond pour rendre accessible à chacun une certaine réflexion sur le monde qui nous entoure, souvent avec humour. De Alim le tanneur (la série qui l’a révélé) au plus récent Blanc autour, en passant par Le Singe de Hartlepool, « L’Homme qui n’aimait pas les armes à feu », « Les Vieux Fourneaux » ou encore Traquemage, ces ouvrages, tout populaires soient-ils, n’omettent pas d’être intelligents. Léonard Chemineau, que l’on connaît moins, a publié sa première bande dessinée il y a dix ans (Les Amis de Pancho Villa), en tant que scénariste et dessinateur. Cela étant, il manie davantage le pinceau que la plume. Avec « La Bibliomule de Cordoue », bande dessinée à l’étrange titre, les auteurs nous emmènent sur les terres d’Espagne mille ans en arrière, à l’époque où les Musulmans occupaient une large partie de la péninsule ibérique, avec pour capitale Cordoue. Si le thème abordé (la défense du savoir face à l’obscurantisme et la barbarie, qui traverse l’œuvre de Lupano) est connu, il est basé ici sur une interversion pertinente des perspectives. Le théâtre de l’action se situant dans le contexte d’Al-Andalus (la zone géographique du Sud de l’Europe qui fut sous domination musulmane du VIIIe au XVe siècle), le lecteur est donc invité à s’identifier aux principaux protagonistes du récit, qui ne sont pas chrétiens mais musulmans. Tout en étant parias (un eunuque, une esclave et un voleur), ils sont issus d’une civilisation qui à l’époque était à son apogée culturel, scientifique et philosophique, tandis qu’outre-Pyrénées, les royaumes chrétiens étaient davantage préoccupés par leurs guerres intestines que par les bienfaits du savoir. Nous allons donc suivre la fuite rocambolesque de ces trois personnages, Tarid l’eunuque bibliothécaire, Lubna, l’esclave copiste et Marwan, l’ancien élève de Tarid reconverti en voleur. Leur but : sauver le maximum de livres qu’ils chargeront sur une pauvre vieille mule, alors que les nouveaux maîtres du califat ont décidé de brûler la quasi-totalité des ouvrages de la bibliothèque de Cordoue. Avec travers cette fiction que l’on pourrait qualifier d’épopée donquichottesque, Lupano fait revivre une période de l’Histoire européenne passionnante, assez méconnue, quoi qu’on en dise, par le pékin lambda (Oui, Al-Andalus englobait aussi certaines régions du Sud de la France, notamment la baie de Saint-Tropez ! Oui l’Islam aussi a été « occidental » et a contribué au rayonnement des sciences et de la philosophie en terre d’Europe !). Renforcée par un remarquable souci de la vérité historique, la narration est enlevée comme Wilfrid Lupano sait le faire, en mettant en scène des personnages déclassés, héros modestes et attachants capables de réaliser de grandes choses avec leurs petits moyens. De la même façon, le dessin de Léonard Chemineau rend très bien hommage à l’architecture de cette époque et aux paysages arides de l’Andalousie, très joliment évoqués dans les séquences contemplatives. C’est comme si on y était ! Les personnages sont quant à eux représentés de façon moins réaliste, souvent dans des attitudes énergiques, afin de mieux coller au côté burlesque du récit, Par une alchimie savamment dosée, les auteurs ont ainsi su allier les scènes cocasses (la vision de cette mule croulant sous le fardeau d’une montagne de livres restera l’image forte de l’histoire) et les scènes plus graves, sans jamais s’appesantir par l’usage d’un pathos inutile. Au-delà de la fiction franco-belge, nous avons affaire ici à un véritable ouvrage historique qui impressionne par le respect de la chronologie des événements et l’exactitude des anecdotes. Si « La Bibliomule de Cordoue », qui évoque Le Sourire des Marionnettes de Jean Dytar, ou encore le volet n°4 des « Ogres-Dieux », « Première Née », de Hubert et Gatignol, est d’abord une célébration du savoir, des sciences et de la culture, elle nous rappelle que rien n’est jamais acquis par un récapitulatif en fin d’ouvrage. En effet, l’Histoire à travers les siècles est jalonnée d’attaques contre la connaissance, véritable menace pour les gouvernements autoritaires (et souvent réactionnaires) qui ne manquent jamais de s’en prendre aux bibliothèques dès lors qu’ils prennent le pouvoir, le dernier exemple en date étant à chercher du côté de l’Afghanistan. Cette BD s’avère également un fabuleux hommage à la civilisation islamique qui rayonna pendant des siècles à travers tout le bassin méditerranéen. N’en déplaise aux adorateurs de Charles Martel, du plus contemporain Eric Z. et autres adeptes de la théorie du « grand remplacement », l’Histoire n’est faite que d’échanges entre les peuples et les cultures, échanges qui ne provoquent jamais de pertes mais toujours des gains. « La Bibliomule de Cordoue » s’impose donc comme un des coups de cœur de l’année 2021, non seulement parce que cet album touche à des thèmes d’actualité, mais aussi parce qu’en alliant avec brio divertissement et réflexion, il souligne l’importance de la transmission, qui en est « in fine » le thème central.

31/12/2021 (modifier)
Par Cacal69
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série La Bibliomule de Cordoue
La Bibliomule de Cordoue

Le père Noël ne s'est pas trompé en déposant cette bd au pied du sapin. Ce récit se déroule sous le califat de Cordoue à la fin du X° siècle. Le calife Al-Hakam meurt, son fils de 11 ans sera sous l'emprise du grand vizir Muhammad Amir, celui-ci va être à l'origine d'un autodafé, l'intégrisme sur fond de pouvoir. Trois héros improbables, Taribe l'eunuque, Lubna la copiste et Marwan le voleur sans oublier ce magnifique animal au caractère bien trempé, la mule. Mule qui sera chargée à ras la gueule des livres sauvés des flammes. Notre brave mule qui fera des misères à Tarib à vouloir dévorer l'abrégé de calcul de Al-Khuwarizmi à chaque occasion. Pourquoi ? Le mystère sera résolu. Commence alors un long pèlerinage qui les mènera vers une fin improbable. Quel plaisir de lire cette tranche d'aventure où la culture, l'histoire et l'humour se mélangent avec tant de finesse. Un conte à mettre dans toutes les mains pour ne pas oublier le pouvoir des livres sur l'obscurantisme. Le dessin de Léonard Chemineau ne pouvait que me plaire étant cheminot. Sérieusement, il est lisible, clair et expressif. De superbes couleurs et une mise en page dynamique. Une volupté. Pas encore culte, mais cinq étoiles méritées.

30/12/2021 (modifier)
Couverture de la série Les Strates
Les Strates

De toutes les BD de Pénélope Bagieu que j'ai lues, Les Strates est sans conteste celle que j'ai préférée. L'objet en lui-même est déjà une jolie trouvaille : l'album, ressemblant à un carnet Moleskine, est le format parfait pour cette sorte de journal intime croqué au crayon. Au fil des pages, Pénélope Bagieu raconte des anecdotes de son enfance et adolescence, plus ou moins longues, tour à tour profondes et légères. Toutes ces histoires forment un ensemble cohérent, et sont autant de moments qui l'ont marquée d'une manière ou d'une autre, des strates qui l'ont conduit à devenir la femme qu'elle est aujourd'hui. J'ai souri, parfois même ri, l'émotion a embué mes yeux et mon sang s'est glacé dans mes veines. C'est qu'au fil de ses albums Pénélope Bagieu a su parfaire son sens de la narration ; chaque histoire est bien rythmée, et elle sait trouver le ton juste quelle que soit l'émotion qu'elle veut transmettre. Le tout est porté par son dessin précis et expressif. Les thèmes abordés sont variés, elle traite de l'enfance et de l'adolescence avec beaucoup de justesse ; je pense que la plupart des lecteurs et lectrices pourront se retrouver dans l'une ou l'autre de ses histoires. Un très bel ouvrage aussi bien dans le fond que dans la forme.

30/12/2021 (modifier)
Par Solo
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Terre-Neuvas
Terre-Neuvas

Touché. Amoureux du dessin de Chabouté, je suis chaque fois ensorcelé par l'ambiance qu'il dégage. Dès le début ça me prend aux tripes, avec cette scène brinquebalante au bord de la goélette "Marie-Jeanne". Et c'est parti pour près de 6 mois en mer, pour aller pêcher la morue au bord de Terre-Neuve. On prend le temps de découvrir les conditions exécrables dans lesquelles l'équipage est amené à travailler. Le récit est réaliste, ce qui nous amène à vraiment tout comprendre, notamment sur le mode opératoire: technique de pêche, préparation du poisson, salage, etc. Et dans ce genre de long périple, au début XXème siècle (hier), les terres-neuvas ne reviennent pas toujours en France. En intégrant l'histoire d'un meurtrier mystérieux vivant à bord du navire, Chabouté fait une pierre deux coups. Il réussit à faire de sa BD un document de vérité et de mémoire pour ces marins ayant subis la misère et ceux véritablement morts durant l'expédition, mais il parvient aussi à mêler cette Histoire populaire avec une fiction macabre, violente, très réussie. Et d'ailleurs, à quel point est-ce une fiction? Au même titre que l'équipage, le lecteur n'est qu'à moitié étonné de voir la Mort dans ce genre de voyage, ce qui laisse à penser que les assassinats en mer ont dû arriver quelques fois également... Après un tour d'horizon des personnages secondaires clés du récit, on nous présente un peu plus précisément les personnages centraux: le Boueux et le Capitaine. Le novice fébrile et l'autocrate expérimenté. Et au milieu de toutes ces gueulantes au sein d'un équipage à priori homogène se trouve une multitude de personnalités différentes, permettant de profiter de beaucoup de nuances et de questionnement quant à savoir qui est l'assassin. Mais pour qui connaît un peu Chabouté, il est possible que l'idée naissante avant la chute finale soit la bonne. L'esprit thriller est donc bien abouti, la pression monte. Et qu'en serait-il si nous n'avions pas ce dessin? Franchement, c'est fantastique. Vraiment, je vénère ce noir et blanc, il m'hypnotise. Toutes ces scènes peu bavardes m'emportent au gré du mouvement de l'embarcation. L'univers maritime étant un petit péché mignon chez moi, comprenez que je suis absolument comblé. Par contre, je me suis parfois paumé à ne pas reconnaître les personnages entre eux. Encore une fois, Chabouté sait finir une histoire et cet épilogue est la meilleure qu'il ait faite à mes yeux avec Pleine Lune (j'en suis à ma 4ème BD de cet auteur). Chabouté est un très grand. Donner une voix à ceux qui n'en ont plus en y mêlant un thriller réaliste, c'est une combinaison qu'on ne peut que respecter.

29/12/2021 (modifier)
Par Ju
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Ce n'est pas toi que j'attendais
Ce n'est pas toi que j'attendais

Fabien Toulmé signe ici sa toute première bd, et elle est très personnelle. Il nous livre ici sa propre expérience de la naissance de sa fille, Julia, qui est trisomique. Le témoignage de cet homme qui redoutait la trisomie avant la naissance, comme un spectre, en est d'autant plus touchant. De ce qu'il dit, il était vraiment obsédé par cela avant la naissance et dans les instants qui l'ont suivie, alors même que les médecins n'étaient pas du tout dans cette optique. Finalement, l'annonce de la maladie le frappe de plein fouet et on voit bien l'effet que cala a sur lui psychologiquement, et les effets sur sa vie : changement de travail, de lieu de vie comme pour effacer de sa mémoire cette "douloureuse" expérience (du moins douloureuse sur le moment), etc. La façon dont l'auteur se livre est très touchante et j'ai véritablement été embarqué dans son histoire. J'ai vite compati avec cet homme qui refuse la différence de sa fille, et s'en veut terriblement de ne pas réussir à l'aimer comme il aimerait un autre enfant qui ne serait pas porteur de la trisomie 21. Finalement, le processus de réflexion du père est assez classique, il passe de la tristesse ultime à la colère envers lui même, à la culpabilité puis à l'acceptation et l'amour fou envers sa fille. Et ça fait chaud au coeur de voir ce papa prendre peu à peu sa place avec sa fille et trouver son bonheur. J'ai donc beaucoup aimé suivre le parcours de Toulmé qui nous ouvre les portes de sa pensée et sa vie. Quelque chose que j'ai également apprécié est les discours entre les deux parents sur le type d'éducation qu'ils veulent donner à leur fille, et la volonté de ne pas faire de distinctions dans la façon de lui parler ou de réagir avec elle "parce qu'elle est trisomique". J'ai aussi bien aimé voir les discours des différents médecins et gens qui ont l'habitude de travailler avec des personnes atteintes de la trisomie 21. C'est véritablement un monde spécifique que les parents découvrent, et on sent que certaines personnes ont été d'une grande aide et d'un grand conseil dans ce parcours. Bref, j'ai beaucoup aimé cette bande dessinée, qui est la première et, je l'ai dit, très personnelle. Mais pour une première bd, on aurait pu s'attendre à un dessin un peu moyen, voire hésitant. Ce n'est pas du tout le cas. J'avoue avoir été bluffé. Pour une première bd, le dessin est hyper maitrisé techniquement, les personnages sont bien distincts et ont leur propres caractéristiques physiques, le seul bémol que j'ai pu noter est la proportion et la taille des enfants par rapport aux autres adultes ou aux autres enfants. Ah oui, et je n'aime pas du tout les nez en triplette qu'ont les femmes, mais ça c'est plus une question de gout. C'est en tout cas franchement très agréable à regarder. J'ai aussi bien aimé la colorisation assez particulière : chaque chapitre a sa propre couleur, on passe ainsi du orange au bleu, au rose et au vert, et si c'est un peu surprenant, je trouve ce parti pris assez sympathique au final. Encore, donc, une bonne raison de jeter un coup d'oeil à cette très bonne bande dessinée.

29/12/2021 (modifier)
Par Cacal69
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Seul le silence
Seul le silence

C'est encore suite aux recommandations élogieuses ci-dessous que je me suis procuré cet album. Le résultat ? Une lecture d'une traite. Une lecture mémorable. Un thriller haletant. L'histoire commence en 1939 dans une petite ville rurale de Géorgie, Augusta Falls. Les premiers meurtres de petites filles commencent. Des meurtres horribles, elles sont violées et démembrées. Joseph Vaughan alors âgé de 13 ans sera malgré lui poursuivi par ses assassinats toute sa vie. Un scénario diabolique, je n'ai pas pu arrêter ma lecture avant d'en connaître la conclusion. Nous allons suivre sur plusieurs décennies le parcours chaotique de Joseph. Je n'ai pas envie d'en dire plus pour vous en laisser la/les surprise(s). Une narration où la voix off de notre héros est omniprésente avec cette sensation de subir les événements. Un récit violent mais emprunt d'espérance. Vous serez malmenés mais que ça sera bon. Un dessin réaliste qui retranscrit à la perfection la période des événements. Des visages semi-caricaturaux expressifs. Mais le vrai plus reste la mise en couleur, elle est sublime avec des planches où une couleur prédomine dans des tons différents donnant un aspect d'authenticité délavé au récit. Seul le rouge fait exception pour les scènes de crimes. A lire de toute urgence. Note réelle : 4,5.

29/12/2021 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Space Boy
Space Boy

Une série pour ados qui semble passer sous le radar pour le moment et c'est dommage parce qu'elle est excellente. J'ai lu les 4 premiers tomes sans problème et je compte bien lire la suite ! Dans un univers futuriste, on suit une adolescente qui doit aller vivre sur Terre avec ses parents, alors qu'elle a toujours vécu dans une station spatiale et en plus elle doit être cryogénée durant le voyage qui dure 30 ans. Elle va donc se retrouver non seulement dans un monde qu'elle ne connait pas, mais elle va sauter des décennies ! Elle va tout de même rapidement se faire des amis et tout irait pour le mieux hormis quelques détails si elle n'était pas tombée un jour sur un garçon bien mystérieux.... L'histoire est vraiment captivante. Le rythme est parfait: l'auteur prend son temps pour raconter son histoire, mais il se passe tout de même des choses durant chaque tome, on ne fait pas du surplace inutile pour allonger le récit. Le point fort sont les personnages qui sont terriblement attachants. Au premier coup d'œil, ils ont l'air de stéréotypes d'ados qu'on a vus dans plein de films américains, mais on se rend compte au fil des pages que ce sont des personnages complexes étant capables d'être gentil tout en ayant des défauts. Cela change des récits où le héros/héroïne ado est harcelé par d'autres ados bien méchants qui ont rien d'autre à faire que d'être méchants. Le dessin est très beau à regarder et la narration est très fluide. Les albums se lisent facilement. Un gros coup de cœur et une bonne surprise en ce qui me concerne.

28/12/2021 (modifier)
Par Solo
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Polina
Polina

Première lecture des créations réalisées par Bastien Vivès et, allez savoir pourquoi, j'avais comme un mauvais pressentiment. Peut-être parce-que je le trouvais orgueilleux pour oser récupérer l'inégalable Corto Maltese d'Hugo Pratt. D'autant que démarrer par une histoire se déroulant dans le monde de la danse ne m'enjouait pas vraiment. Et puis pouf ! La magie opère. En fait, je n'ai jamais pensé qu'à la danse à travers le récit, mais plutôt à tous les principes que l'on peut tirer d'une pratique artistique ou problématiques que chacun rencontre tout au long de sa vie: questionnement allant jusqu'à la remise en question, émancipation, sentiments amoureux, apprentissage permanent, trouver sa propre personnalité, tracer sa propre voie, etc. C'est un récit intimiste, moderne, dans lequel on peut facilement s'identifier grâce au regard que l'on pose sur l'évolution de Polina. Une évolution superbement menée. La notion du temps est essentielle, car l'auteur écrit tout de même le parcours de cette nana sur une bonne vingtaine d'années (on commence par la voir dès ses 6 ans, pour tenter d'intégrer une école russe de renom, jusqu'à ses 30 balais ou quelque chose comme ça!). Le tempo est absolument fabuleux. Le récit a été monté de manière à ne dévoiler que les étapes clés où Polina a dû prendre de grandes décisions sur sa vie. Et il n'est pas question que ces décisions soient justes ou non mais plutôt qu'elles lui permettent de se construire à travers ses expériences afin de comprendre son monde, son existence, ses motivations. Soit dit en passant, la taille du bouquin ne doit en rien vous freiner, il suffit de feuilleter quelques planches pour se rendre compte qu'il peut être parcouru "rapidement". En ce qui me concerne, je l'ai lu rapidement. Ce ne sont pas des cases où l'on reste contemplatif pendant des heures, mais elles dégagent assurément une véritable homogénéité pour l'atmosphère du récit. J'ai dévoré les pages sans vraiment m'en rendre compte. Le style est proche du croquis, donnant d'ailleurs beaucoup de dynamisme aux scènes de danse. Le dessin minimaliste m'a permis de capter l'ambiance des scènes et, surtout, les absences d'organes comme les bouches/nez/yeux/pupilles (ou tout ça combiné) réussissent paradoxalement à offrir davantage d'expressions que s'ils s'y trouvaient. Peut-être que la danse joue son rôle sur la critique qui va suivre, mais se dégage aussi une sensualité ambiante tout à fait agréable. Et puis une dernière chose que je trouve techniquement admirable, c'est la métamorphose physique de l'héroïne. De ses 6 ans jusqu'à ses 30 ans (plus ou moins), ce corps traduit le temps qui passe sans jamais nous faire oublier les premières années, même arrivé à l'épilogue. C'est fascinant d'avoir réussi à construire l'idée de "continuité" sous tous les aspects offerts par la BD. Quant à l'écriture, elle ne déborde pas, au contraire. Au même titre que nous parcourons les étapes clés de la vie de Polina, l'auteur souhaite saisir également les paroles qui ont marqué son esprit et qui l'ont forgé. Elle-même revient sur certains discours qu'elles répètent mot pour mot des années plus tard (discours de son professeur repris dans une discussion avec William par exemple). Ecriture efficace, sans fioriture, qui appuie complètement le fil rouge tracé par l'auteur. C'est savamment composé là encore. En espérant que vous interpréterez le récit au-delà de l'univers "Danse classique" et que les récits intimistes vous intéressent, je vous invite sincèrement à tenter Polina. Je trouve que l'histoire a ces côtés réaliste, moderne et "universelle", permettant à ce que chaque lecteur y trouve sa place. Cette universalité ressentie à travers la vie d'un seul individu m'amène à penser aux œuvres de Frédérik Peeters (dont j'en profite pour vous recommander chaudement la lecture). J'ajoute le coup de cœur pour le "bonheur surprise". C'est un emprunt, mais l'achat guette!

27/12/2021 (modifier)