Perso je trouve cette série magnifique. Je triche car je suis un amoureux du théâtre de Shakespeare ( sauf Shylock) et particulièrement de la pièce de "Mac Beth". La pièce maudite du répertoire anglais "The scottish play".
Tout d'abord, les auteurs s'affranchissent d'un suivi à la virgule de la pièce de Shakespeare. C'est bienvenue car cela leur laisse une marge de liberté et donne beaucoup de cohérence au récit. En outre cela amplifie la personnalité de la scottish Lady, Lady Mac Beth.
Inutile de jouer au jeu des différences, elles sont nombreuses mais Shakespeare avait fait de même quand il s'était approprié la légende des époux Mac Beth. Pour moi le plus important est que l'esprit de la légende soit respecté de très belle façon.
Je trouve le travail effectué par Thomas Day époustouflant. Prendre le texte de Shakespeare, le brasser de mille façons, le couper pour nous le restituer compréhensible dans cet espace si restreint est un exploit digne d'éloge.
Thomas Day ne se contente pas de le restituer, il fait chanter le texte avec des tournures certes difficiles mais qui correspondent si bien à l'esprit de l'oeuvre originale.
Un texte de théâtre s'écoute plus qu'il ne se lit, et c'est au lecteur de trouver le rythme du phrasé pour rentrer dans l'oeuvre
. Evidemment le théâtre Elisabéthain n'a pas grand chose à voir avec notre théâtre classique. Chez Shakespeare ,et donc chez les auteurs de la série, pas de règles d'unités ni de bienséance. On tue, on écorche, on s'aime et on se bat.
Les mystères, les sorcières ou les fantômes font parties de tout ce que l'on ne comprend pas. Je trouve même que Day magnifie le personnage puissant de Lady Mac Beth comme le duo Peña-Le Callet l'avait fait avec l'excellent Médée.
Ces deux disciples d'Hécate me permettent de relier les deux oeuvres qui reprennent les deux grandes figures du mal chez une femme. Représentation véhiculée par des hommes qui n'hésitent pas à faire bien pire au nom de la raison d'Etat.
Si je ne me suis pas ennuyé une seconde à découvrir ce magnifique texte ; j'en ai pris aussi plein les yeux. Sorel peint la lande écossaise, les brumes, les sorcières et leurs maléfices , les fêtes, les batailles d'une manière à couper le souffle.
Mais surtout le paroxysme est atteint avec ces face-à-face entre les deux époux maudits unis dans ce tourbillon de vies et de morts.
Pas forcément une oeuvre d'un abord facile mais elle mérite qu'on s'y accroche. J'ai une préférence pour le tome 1 mais le 2 est de très bonne facture.
La rencontre de deux auteurs de talent, Philippe Pélaez et Tiburce Oger.
Paris, 1903. Des notables de la ville sont exécutés et on retrouve sur chaque scène de crime, un louis d'or. Les soupçons se portent sur un homme au chapeau avec une écharpe rouge.
Pélaez nous transporte dans le Paris du début du vingtième siècle, trente ans après la Commune. On se promène sur le chantier du métro, au cimetière du Père Lachaise, les catacombes et des grands magasins Dufayel.
Il a comme dans Maudit sois-tu ce savoir-faire pour mélanger fiction et réalité comme l'incendie du métro le dix août. C'est une vraie plus value au récit. Il distille quelques indices sur les raisons de ces assassinats grâce à cet inspecteur qui sort des standards.
La description réaliste de Paris est vraiment soignée, on y côtoye les apaches, des brigands de la belle époque, identifiables à leur ceinture rouge, souvent des anciens communards.
Une narration fluide où les voix off des protagonistes donnent la cadence et où chaque chapitre est séparé par une Une pleine page du Petit Journal, quotidien de la capitale.
J'ai été happé par cette intrigue dont une partie du voile sera révélée.
Oger dont j'ai déjà apprécié le travail sur Gorn, La Forêt et Ghost Kid est au sommet de son art. Ici, son style est toujours reconnaissable mais légèrement différent, plus aboutit. Toujours aussi fluide et une colorisation monochrome qui met en valeur la multitude de détails. Juste le rouge tranche dans ce monde de chaos.
Une merveille.
Si le second tome est du même niveau, alors cet Enfer pour Aube fera partie des immanquables.
Un cahier graphique explicatif sous forme de revue de presse des plus intéressants en fin d'album.
Depuis 2010, je suis de près le travail du duo Brugeas/Toulhoat notamment avec leur série emblématique Block 109 et ses dérivés sur laquelle je m'étais enthousiasmé. J'avoue, par la suite, avoir été moins réceptif à Ira Dei.
Mais là, avec "la République du crâne" je retrouve toute mon âme d'enfance, même si ce one shot s'adresse à un public plus adulte, lorsque je découvrais les films de pirates à la télé.
Hasard de mes les lectures, je viens de relire Le Testament du Capitaine Crown et l'incontournable Long John Silver de Dorison et Lauffray est toujours dans mon esprit.
Mais c'est sous un regard neuf et nouveau, que Brugeas & Toulhoat nous présentent cette histoire de pirates, loin des trésors enfouis dans des îles inaccessibles, mais plus proches des valeurs humanistes, le tout magnifié par le dessin parfaitement maitrisé de Ronan Toulhoat. Il restitue parfaitement aussi bien les combats navals, que les scènes nocturnes qui sont d'une beauté renversante. Son dessin est tout nettement flamboyant.
Mais le point fort de cette bande dessinée réside sans hésiter dans son scénario. Autour de 4 personnages, Olivier de Vannes, la mystérieuse et intrigante Maryam, le flamboyant Sylla et l'insaisissable Abyeda, se retrouvent aussi bien la démocratie, le courage,la fierté, la loyauté et l'humanisme, des qualités souvent très éloignées du monde de la piraterie.
En outre, le choix du livre de bord pour nous raconter ce récit est assez audacieux et un pari risqué mais très payant.
Cet album de près de 210 pages se lit avec plaisir et envie, et on regrette d'arriver à la chute finale, abrupte et dure .
Il faut noter que l'album est suivi d'un dossier assez bien foutu sur l'histoire des pirates, qui m'a appris pas mal de choses.
Ce one shot constitue pour moi une des meilleures lectures de cette année, et je suis sûr que je vais le relire souvent.
Bref un incontournable que tout amateur de bd se doit de lire.
Gibrat nous propose un récit sous l'Occupation avec un angle fort original.
La guerre semble lointaine dans ce coin d'Aveyron et il faut écouter radio-Londres pour se dire que cela bouge quelque part en Europe.
Cela ressemble plus à un théâtre où chacun y joue son rôle. Serge en milicien abruti ou Paul en résistant communiste.
Mais on continue à se parler ou à jouer aux cartes ensemble puisqu'on est tous presque de la même enfance dans ce petit village. C'est l'apparition tardive des uniformes allemands qui ramènera la froide réalité dans le village.
Julien est-il un héros comme Paul ? Un lâche ? Un salaud ? Profite-t-il d'une situation qui le favorise au balcon de son théâtre où il voit sans être vu ? Il pourrait écrire son journal mais il n'est pas Anne Franck. D'ailleurs a-t-il la perception du danger étouffé par ses soucis sentimentaux ?
Cet abandon et cette contemplation ne sont pas si désagréables si ce n'est cette jalousie qui le ronge. Actif ou passif ? Peut-être a-t-il besoin de matérialiser les enjeux pour se décider ? Comme le jour où il est parti pour le STO ou quand Paul lui apporte les caisses.
C'est le génie de Gibrat qui joue avec notre empathie pour Julien au fil du récit en plus et en moins. Ne nous y trompons pas : garder des armes valait déjà une séance de torture et un peloton en bonne et due forme.
J'aime la similitude avec le Spirou d'Emile Bravo, même époque, même trains du destin, même interrogation sur quoi faire. Quand on se croit sur des rails ira-t-on jusqu'au bout ?
D'ailleurs la belle Cécile qui dévore Zola préfigure le dénouement de La Bête humaine. Tous ces destins qui se croisent !
Le dessin de l'auteur magnifie son excellent scénario. Les décors sont superbes et le village est un personnage en lui-même. Tous ces gestes du quotidien dans la cuisine, dans la chambre sont une exquise capture de moments intimes et uniques.
Cette touche de sensualité apportée par la grâce et les robes de Cécile sont un printemps perpétuel.
Un vrai régal
Je m’aperçois que je n’ai pas avisé cette bd que j’avais découverte grâce au site et lue il y a maintenant presque deux ans. J’étais persuadé de l’avoir fait, et je répare cet oubli de ce pas.
“La Fille dans l’écran” est une très belle histoire, d’amour et d’acceptation de soi et de l’autre. Nous suivons l’histoire de Coline, jeune illustratrice qui est en France et qui cherche à se faire publier ,et de Marley, qui habite au Québec avec son mec, travaille dans un café et, occasionnellement, fait de la photo, sa première passion qu’elle a fini par délaisser. Les deux voient leur chemin se croiser, et, petit à petit, vont se lier et se pousser l’une et l’autre à se surpasser et à retrouver le moral, et à vivre de ce qui leur plaît.
J’ai beaucoup aimé cette histoire pour deux raisons principales :
1° Cette histoire d’amour n’est pas niaise pour un sou, est plutôt mignonne et, surtout, n’est pas “que” une histoire d’amour. C’est aussi une ode à la confiance en soi, à l’acceptation de ses sentiments et au droit que l’on a à faire ce qui nous rend heureux. Car on se rend compte que les deux sont au final assez malheureuses dans leur vie et arrivent à s’en sortir en acceptant les conseils de l’autre. On les voit aller de mieux en mieux au fur et à mesure et ça fait vraiment plaisir. La complicité entre les deux est très bien rendue, et même les scènes de “dispute” ne m’ont parues ni gênantes ni niaises. Les sentiments des deux protagonistes sont bien exprimés, et je me suis attaché aux deux.
2° Le travail de Manon Desvaux et de Lou Lubie à quatre mains est assez bluffant. J’avais déjà lu “Magasin Général” qui était un travail à deux auteurs, où Loisel et Tripp superposaient leur trait. Ici, c’est encore différent car les deux autrices ont chacun leur personnage et leur page, et fonctionnent en alternance : une page pour Manon Desvaux et Coline, et une page pour Lou Lubie et pour Marley. Le risque aurait été d’avoir un récit haché et peu linéaire mais ce n’est pas du tout le cas. Au contraire, j’ai trouvé ma lecture très agréable. Les particularités de chacune des deux sont bien montrées, et soulignées par la colorisation (noir et blanc pour Desvaux et en couleur pour Lubie). Mais on garde une vraie cohérence et une vraie continuité dans l’histoire.
Côté style de dessin, j’ai beaucoup aimé le trait de Manon Desvaux, autrice que je découvrais à cette occasion. Je le trouve très esthétique, esthétique accentuée par le noir et blanc. J’ai un peu moins aimé le trait de Lou Lubie, alors que je l’ai apprécié dans “Goupil ou Face”. Peut-être souffre-t-il un peu, à mes yeux, de la comparaison avec celui de Manon Desvaux, pour lequel j’ai vraiment eu un coup de cœur. Mais très honnêtement, Lou Lubie maîtrise son sujet, c’est très bien réalisé et c’est plus une affaire de goût personnel de ma part. Globalement, cet ouvrage est aussi un bel objet graphique.
Un vrai coup de coeur auquel je ne m’attendais pas forcément, et que je retranscris donc sur ce site, avec du retard certes, mais mieux vaut tard que jamais.
Si vous êtes amateurs de carnets de voyage au bout du monde, cet album est fait pour vous.
D’abord parce que l’aspect documentaire est vraiment bien fichu. On en apprend sur les endroits visités (les îles australes françaises), leur faune, leur localisation, et les scientifiques qui y résident. Lepage ajoute aussi à chaque fois quelques rappels historiques assez courts, mais bien amenés, à la fois instructifs et se fondant bien dans la narration d’ensemble.
On en apprend aussi sur le fonctionnement même de ces terres australes, de leur ravitaillement, comment la France les utilise (études scientifiques, stations météo, etc.) et les protège (contrôle de la biodiversité, élimination des espèces exogènes, etc.).
Ce qui rend aussi cet album agréable à lire, c’est le côté humain distillé par Lepage. Mine de rien, plusieurs dizaines de personnes se voient « tirer le portrait », cela densifie la narration, et la rend aussi plus humaine.
Cela fait déjà beaucoup de raisons de lire cet album. Mais il y manque presque la principale, à savoir, comme toujours pour cet auteur, un dessin franchement très beau, souvent exceptionnel, qui use de différentes techniques, mais qui magnifie réellement ce qu’il nous « donne à voir ». On en prend plein les yeux. Que ce soit ce que Lepage a « croqué sur le vif » ou ce qu’il a retranscrit a posteriori, cet épais album est vraiment d’une grande tenue dans ce domaine.
Lecture hautement recommandée bien sûr.
Pour moi les 4 tomes de l'histoire sont une des meilleures histoires que j'ai lues de ma vie. Par l'histoire et les personnages et l'intrigue. Et à la fin on s'attache au personnage principal. Pour moi c'est ce que j'aime le plus dans les histoires comme ça. Du coup, je l'ai adorée, comme les dessins qui sont assez bien faits. L'histoire est drôle, poétique, triste et plein d'autres choses.
Super bd qui, au final, est plus profonde qu’elle n’y paraît. On part sur l’histoire de deux frères qui partent en voiture tous les deux de Paris à l'Italie natale. Ils ne se sont pas vus depuis des années, ils n’ont plus grand chose en commun, et ont plein de choses à se reprocher. On part donc sur un road movie ultra classique, mais très bien réalisé.
Les personnages sont bien développés sans trop en faire, sans tomber dans le pathos. Ils en deviennent touchants, au fur et à mesure que l’on connaît et que l’on comprend leur histoire. J’ai surtout beaucoup aimé le personnage de Fabio, qui est certes classique mais bien développé. Cette histoire d’un homme qui doit apprendre à se pardonner et à accepter ce qu’il a pu faire et faire subir aux autres est très bien rendue. Et les aventures que vivent les deux frères sont somme toute assez plaisantes, et parfois très intéressantes. De celles-ci, j’ai préféré la confrontation entre le prêtre et Fabio, confrontation de deux camps ennemis étrangement similaires.
Le dessin est très agréable, j’aime le trait d’Alfred, simple sans vraiment l’être. Les personnages sont aisément reconnaissables et les couleurs chaudes, rendant ainsi très bien l’atmosphère méditerranéenne de l’histoire. Par rapport à “Pourquoi j’ai tué Pierre”, l’autre album dessiné par Alfred que j’ai lu, j’ai trouvé que le dessin s’était amélioré, étant plus esthétique. Bref, un beau dessin et une bonne histoire, que demande le peuple ?
"La Trilogie Nikopol" est le chef d'oeuvre qui a propulsé Bilal au firmament du monde de la BD.
C'est une oeuvre assez particulière dans sa conception puisque chacun des épisodes est séparé de six ans.
Pourtant la ligne directrice du scénario reste assez stable ainsi que la qualité graphique si particulière à Bilal.
Le tome 1 est centré sur Nikopol père, le tome 2 sur Jill et le tome 3 sur Nikopol Jr mais Horus reste bien présent et permet la liaison entre les trois épisodes.
Il m'a fallu plusieurs lectures pour apprécier cette imbrication si coordonnée entre le monde post apocalyptique et la présence de la mythologie égyptienne.
C'est l'une des forces du récit de Bilal de rendre cette présence de Horus ou de Bastet naturelle.
On sent qu'il y beaucoup de Bilal dans Nikopol qui renvoie les Rouges et les Noirs à leurs délires criminels.
La vraie place de Nikopol est ailleurs, chez Baudelaire ou dans les bras de jolies femmes.
A ce propos la coordination des vers de Baudelaire avec le script est remarquable.
J'ai redécouvert les très belles couleurs proposées par l'auteur surtout le contraste bleu/rouge de Jill, presque comme un symbole.
Une fin en forme de boucle où le père devient le fils et inversement. Mais cela, c'était écrit depuis le tome 1 !!
Que c'est bon de lire ou relire certaines séries 50 ans après les parutions.
Pour moi c'est le cas de "La Croisière des Oubliés" du duo Christin-Bilal. Le temps de l'histoire a lentement donné son verdict.
Cette fable écolo-poétique et anti militariste montre les talents ,visionnaires et artistiques, des auteurs.
Il fut une époque pas si lointaine où l'écologie était cataloguée comme provenant de chevelu(e)s aux looks moisis.
Nos deux troublions mettent à mal le système militaro-industriel dans l'intention de redonner vie à une France qui se meurt dans l'indifférence des média.
Quand on voit les orientations d'urbanismes(front de mer), industrielles (pollution des rivières), militaires ou politiques depuis des décénies force est de reconnaître que les auteurs avaient du flair.
Bien sûr, tout pays doit se moderniser mais faut-il le faire de façon brutale, en jouant les apprentis sorciers et en se coupant de ses racines? C'est une des questions du livre.
C'est ma lecture contemporaine de l'oeuvre de Christin et Bilal. Je n'y vois pas spécialement de revendication régionnaliste très en cour à l'époque.
En effet il n'y a ni demande culturelle linguistique, ni demande d'autonomie politique comme en Corse ou en Bretagne. J'y lis plus une réflexion écologique sur le progrès.
Bilal amplifie sa thématique graphiquement avec le contraste de la transformation génétique abominable des militaires, premiers cobayes de leur expérience, et la paisible fête colorée des habitants de Liternos.
Bilal n'a pas atteint sa pleinitude graphique (dessins et couleurs) de Nikopol mais le talent est là, prêt à éclore en grand.
D'une certaine manière, des lanceurs d'alertes qui nous montraient combien notre environnement (lac, océan, forêt) est beau et fragile afin de le préserver. C'était il y a 50 ans.
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Macbeth Roi d'Écosse
Perso je trouve cette série magnifique. Je triche car je suis un amoureux du théâtre de Shakespeare ( sauf Shylock) et particulièrement de la pièce de "Mac Beth". La pièce maudite du répertoire anglais "The scottish play". Tout d'abord, les auteurs s'affranchissent d'un suivi à la virgule de la pièce de Shakespeare. C'est bienvenue car cela leur laisse une marge de liberté et donne beaucoup de cohérence au récit. En outre cela amplifie la personnalité de la scottish Lady, Lady Mac Beth. Inutile de jouer au jeu des différences, elles sont nombreuses mais Shakespeare avait fait de même quand il s'était approprié la légende des époux Mac Beth. Pour moi le plus important est que l'esprit de la légende soit respecté de très belle façon. Je trouve le travail effectué par Thomas Day époustouflant. Prendre le texte de Shakespeare, le brasser de mille façons, le couper pour nous le restituer compréhensible dans cet espace si restreint est un exploit digne d'éloge. Thomas Day ne se contente pas de le restituer, il fait chanter le texte avec des tournures certes difficiles mais qui correspondent si bien à l'esprit de l'oeuvre originale. Un texte de théâtre s'écoute plus qu'il ne se lit, et c'est au lecteur de trouver le rythme du phrasé pour rentrer dans l'oeuvre . Evidemment le théâtre Elisabéthain n'a pas grand chose à voir avec notre théâtre classique. Chez Shakespeare ,et donc chez les auteurs de la série, pas de règles d'unités ni de bienséance. On tue, on écorche, on s'aime et on se bat. Les mystères, les sorcières ou les fantômes font parties de tout ce que l'on ne comprend pas. Je trouve même que Day magnifie le personnage puissant de Lady Mac Beth comme le duo Peña-Le Callet l'avait fait avec l'excellent Médée. Ces deux disciples d'Hécate me permettent de relier les deux oeuvres qui reprennent les deux grandes figures du mal chez une femme. Représentation véhiculée par des hommes qui n'hésitent pas à faire bien pire au nom de la raison d'Etat. Si je ne me suis pas ennuyé une seconde à découvrir ce magnifique texte ; j'en ai pris aussi plein les yeux. Sorel peint la lande écossaise, les brumes, les sorcières et leurs maléfices , les fêtes, les batailles d'une manière à couper le souffle. Mais surtout le paroxysme est atteint avec ces face-à-face entre les deux époux maudits unis dans ce tourbillon de vies et de morts. Pas forcément une oeuvre d'un abord facile mais elle mérite qu'on s'y accroche. J'ai une préférence pour le tome 1 mais le 2 est de très bonne facture.
L'Enfer pour Aube
La rencontre de deux auteurs de talent, Philippe Pélaez et Tiburce Oger. Paris, 1903. Des notables de la ville sont exécutés et on retrouve sur chaque scène de crime, un louis d'or. Les soupçons se portent sur un homme au chapeau avec une écharpe rouge. Pélaez nous transporte dans le Paris du début du vingtième siècle, trente ans après la Commune. On se promène sur le chantier du métro, au cimetière du Père Lachaise, les catacombes et des grands magasins Dufayel. Il a comme dans Maudit sois-tu ce savoir-faire pour mélanger fiction et réalité comme l'incendie du métro le dix août. C'est une vraie plus value au récit. Il distille quelques indices sur les raisons de ces assassinats grâce à cet inspecteur qui sort des standards. La description réaliste de Paris est vraiment soignée, on y côtoye les apaches, des brigands de la belle époque, identifiables à leur ceinture rouge, souvent des anciens communards. Une narration fluide où les voix off des protagonistes donnent la cadence et où chaque chapitre est séparé par une Une pleine page du Petit Journal, quotidien de la capitale. J'ai été happé par cette intrigue dont une partie du voile sera révélée. Oger dont j'ai déjà apprécié le travail sur Gorn, La Forêt et Ghost Kid est au sommet de son art. Ici, son style est toujours reconnaissable mais légèrement différent, plus aboutit. Toujours aussi fluide et une colorisation monochrome qui met en valeur la multitude de détails. Juste le rouge tranche dans ce monde de chaos. Une merveille. Si le second tome est du même niveau, alors cet Enfer pour Aube fera partie des immanquables. Un cahier graphique explicatif sous forme de revue de presse des plus intéressants en fin d'album.
La République du Crâne
Depuis 2010, je suis de près le travail du duo Brugeas/Toulhoat notamment avec leur série emblématique Block 109 et ses dérivés sur laquelle je m'étais enthousiasmé. J'avoue, par la suite, avoir été moins réceptif à Ira Dei. Mais là, avec "la République du crâne" je retrouve toute mon âme d'enfance, même si ce one shot s'adresse à un public plus adulte, lorsque je découvrais les films de pirates à la télé. Hasard de mes les lectures, je viens de relire Le Testament du Capitaine Crown et l'incontournable Long John Silver de Dorison et Lauffray est toujours dans mon esprit. Mais c'est sous un regard neuf et nouveau, que Brugeas & Toulhoat nous présentent cette histoire de pirates, loin des trésors enfouis dans des îles inaccessibles, mais plus proches des valeurs humanistes, le tout magnifié par le dessin parfaitement maitrisé de Ronan Toulhoat. Il restitue parfaitement aussi bien les combats navals, que les scènes nocturnes qui sont d'une beauté renversante. Son dessin est tout nettement flamboyant. Mais le point fort de cette bande dessinée réside sans hésiter dans son scénario. Autour de 4 personnages, Olivier de Vannes, la mystérieuse et intrigante Maryam, le flamboyant Sylla et l'insaisissable Abyeda, se retrouvent aussi bien la démocratie, le courage,la fierté, la loyauté et l'humanisme, des qualités souvent très éloignées du monde de la piraterie. En outre, le choix du livre de bord pour nous raconter ce récit est assez audacieux et un pari risqué mais très payant. Cet album de près de 210 pages se lit avec plaisir et envie, et on regrette d'arriver à la chute finale, abrupte et dure . Il faut noter que l'album est suivi d'un dossier assez bien foutu sur l'histoire des pirates, qui m'a appris pas mal de choses. Ce one shot constitue pour moi une des meilleures lectures de cette année, et je suis sûr que je vais le relire souvent. Bref un incontournable que tout amateur de bd se doit de lire.
Le Sursis
Gibrat nous propose un récit sous l'Occupation avec un angle fort original. La guerre semble lointaine dans ce coin d'Aveyron et il faut écouter radio-Londres pour se dire que cela bouge quelque part en Europe. Cela ressemble plus à un théâtre où chacun y joue son rôle. Serge en milicien abruti ou Paul en résistant communiste. Mais on continue à se parler ou à jouer aux cartes ensemble puisqu'on est tous presque de la même enfance dans ce petit village. C'est l'apparition tardive des uniformes allemands qui ramènera la froide réalité dans le village. Julien est-il un héros comme Paul ? Un lâche ? Un salaud ? Profite-t-il d'une situation qui le favorise au balcon de son théâtre où il voit sans être vu ? Il pourrait écrire son journal mais il n'est pas Anne Franck. D'ailleurs a-t-il la perception du danger étouffé par ses soucis sentimentaux ? Cet abandon et cette contemplation ne sont pas si désagréables si ce n'est cette jalousie qui le ronge. Actif ou passif ? Peut-être a-t-il besoin de matérialiser les enjeux pour se décider ? Comme le jour où il est parti pour le STO ou quand Paul lui apporte les caisses. C'est le génie de Gibrat qui joue avec notre empathie pour Julien au fil du récit en plus et en moins. Ne nous y trompons pas : garder des armes valait déjà une séance de torture et un peloton en bonne et due forme. J'aime la similitude avec le Spirou d'Emile Bravo, même époque, même trains du destin, même interrogation sur quoi faire. Quand on se croit sur des rails ira-t-on jusqu'au bout ? D'ailleurs la belle Cécile qui dévore Zola préfigure le dénouement de La Bête humaine. Tous ces destins qui se croisent ! Le dessin de l'auteur magnifie son excellent scénario. Les décors sont superbes et le village est un personnage en lui-même. Tous ces gestes du quotidien dans la cuisine, dans la chambre sont une exquise capture de moments intimes et uniques. Cette touche de sensualité apportée par la grâce et les robes de Cécile sont un printemps perpétuel. Un vrai régal
La Fille dans l'écran
Je m’aperçois que je n’ai pas avisé cette bd que j’avais découverte grâce au site et lue il y a maintenant presque deux ans. J’étais persuadé de l’avoir fait, et je répare cet oubli de ce pas. “La Fille dans l’écran” est une très belle histoire, d’amour et d’acceptation de soi et de l’autre. Nous suivons l’histoire de Coline, jeune illustratrice qui est en France et qui cherche à se faire publier ,et de Marley, qui habite au Québec avec son mec, travaille dans un café et, occasionnellement, fait de la photo, sa première passion qu’elle a fini par délaisser. Les deux voient leur chemin se croiser, et, petit à petit, vont se lier et se pousser l’une et l’autre à se surpasser et à retrouver le moral, et à vivre de ce qui leur plaît. J’ai beaucoup aimé cette histoire pour deux raisons principales : 1° Cette histoire d’amour n’est pas niaise pour un sou, est plutôt mignonne et, surtout, n’est pas “que” une histoire d’amour. C’est aussi une ode à la confiance en soi, à l’acceptation de ses sentiments et au droit que l’on a à faire ce qui nous rend heureux. Car on se rend compte que les deux sont au final assez malheureuses dans leur vie et arrivent à s’en sortir en acceptant les conseils de l’autre. On les voit aller de mieux en mieux au fur et à mesure et ça fait vraiment plaisir. La complicité entre les deux est très bien rendue, et même les scènes de “dispute” ne m’ont parues ni gênantes ni niaises. Les sentiments des deux protagonistes sont bien exprimés, et je me suis attaché aux deux. 2° Le travail de Manon Desvaux et de Lou Lubie à quatre mains est assez bluffant. J’avais déjà lu “Magasin Général” qui était un travail à deux auteurs, où Loisel et Tripp superposaient leur trait. Ici, c’est encore différent car les deux autrices ont chacun leur personnage et leur page, et fonctionnent en alternance : une page pour Manon Desvaux et Coline, et une page pour Lou Lubie et pour Marley. Le risque aurait été d’avoir un récit haché et peu linéaire mais ce n’est pas du tout le cas. Au contraire, j’ai trouvé ma lecture très agréable. Les particularités de chacune des deux sont bien montrées, et soulignées par la colorisation (noir et blanc pour Desvaux et en couleur pour Lubie). Mais on garde une vraie cohérence et une vraie continuité dans l’histoire. Côté style de dessin, j’ai beaucoup aimé le trait de Manon Desvaux, autrice que je découvrais à cette occasion. Je le trouve très esthétique, esthétique accentuée par le noir et blanc. J’ai un peu moins aimé le trait de Lou Lubie, alors que je l’ai apprécié dans “Goupil ou Face”. Peut-être souffre-t-il un peu, à mes yeux, de la comparaison avec celui de Manon Desvaux, pour lequel j’ai vraiment eu un coup de cœur. Mais très honnêtement, Lou Lubie maîtrise son sujet, c’est très bien réalisé et c’est plus une affaire de goût personnel de ma part. Globalement, cet ouvrage est aussi un bel objet graphique. Un vrai coup de coeur auquel je ne m’attendais pas forcément, et que je retranscris donc sur ce site, avec du retard certes, mais mieux vaut tard que jamais.
Voyage aux îles de la Désolation
Si vous êtes amateurs de carnets de voyage au bout du monde, cet album est fait pour vous. D’abord parce que l’aspect documentaire est vraiment bien fichu. On en apprend sur les endroits visités (les îles australes françaises), leur faune, leur localisation, et les scientifiques qui y résident. Lepage ajoute aussi à chaque fois quelques rappels historiques assez courts, mais bien amenés, à la fois instructifs et se fondant bien dans la narration d’ensemble. On en apprend aussi sur le fonctionnement même de ces terres australes, de leur ravitaillement, comment la France les utilise (études scientifiques, stations météo, etc.) et les protège (contrôle de la biodiversité, élimination des espèces exogènes, etc.). Ce qui rend aussi cet album agréable à lire, c’est le côté humain distillé par Lepage. Mine de rien, plusieurs dizaines de personnes se voient « tirer le portrait », cela densifie la narration, et la rend aussi plus humaine. Cela fait déjà beaucoup de raisons de lire cet album. Mais il y manque presque la principale, à savoir, comme toujours pour cet auteur, un dessin franchement très beau, souvent exceptionnel, qui use de différentes techniques, mais qui magnifie réellement ce qu’il nous « donne à voir ». On en prend plein les yeux. Que ce soit ce que Lepage a « croqué sur le vif » ou ce qu’il a retranscrit a posteriori, cet épais album est vraiment d’une grande tenue dans ce domaine. Lecture hautement recommandée bien sûr.
Le Rêve du papillon
Pour moi les 4 tomes de l'histoire sont une des meilleures histoires que j'ai lues de ma vie. Par l'histoire et les personnages et l'intrigue. Et à la fin on s'attache au personnage principal. Pour moi c'est ce que j'aime le plus dans les histoires comme ça. Du coup, je l'ai adorée, comme les dessins qui sont assez bien faits. L'histoire est drôle, poétique, triste et plein d'autres choses.
Come Prima
Super bd qui, au final, est plus profonde qu’elle n’y paraît. On part sur l’histoire de deux frères qui partent en voiture tous les deux de Paris à l'Italie natale. Ils ne se sont pas vus depuis des années, ils n’ont plus grand chose en commun, et ont plein de choses à se reprocher. On part donc sur un road movie ultra classique, mais très bien réalisé. Les personnages sont bien développés sans trop en faire, sans tomber dans le pathos. Ils en deviennent touchants, au fur et à mesure que l’on connaît et que l’on comprend leur histoire. J’ai surtout beaucoup aimé le personnage de Fabio, qui est certes classique mais bien développé. Cette histoire d’un homme qui doit apprendre à se pardonner et à accepter ce qu’il a pu faire et faire subir aux autres est très bien rendue. Et les aventures que vivent les deux frères sont somme toute assez plaisantes, et parfois très intéressantes. De celles-ci, j’ai préféré la confrontation entre le prêtre et Fabio, confrontation de deux camps ennemis étrangement similaires. Le dessin est très agréable, j’aime le trait d’Alfred, simple sans vraiment l’être. Les personnages sont aisément reconnaissables et les couleurs chaudes, rendant ainsi très bien l’atmosphère méditerranéenne de l’histoire. Par rapport à “Pourquoi j’ai tué Pierre”, l’autre album dessiné par Alfred que j’ai lu, j’ai trouvé que le dessin s’était amélioré, étant plus esthétique. Bref, un beau dessin et une bonne histoire, que demande le peuple ?
La Trilogie Nikopol
"La Trilogie Nikopol" est le chef d'oeuvre qui a propulsé Bilal au firmament du monde de la BD. C'est une oeuvre assez particulière dans sa conception puisque chacun des épisodes est séparé de six ans. Pourtant la ligne directrice du scénario reste assez stable ainsi que la qualité graphique si particulière à Bilal. Le tome 1 est centré sur Nikopol père, le tome 2 sur Jill et le tome 3 sur Nikopol Jr mais Horus reste bien présent et permet la liaison entre les trois épisodes. Il m'a fallu plusieurs lectures pour apprécier cette imbrication si coordonnée entre le monde post apocalyptique et la présence de la mythologie égyptienne. C'est l'une des forces du récit de Bilal de rendre cette présence de Horus ou de Bastet naturelle. On sent qu'il y beaucoup de Bilal dans Nikopol qui renvoie les Rouges et les Noirs à leurs délires criminels. La vraie place de Nikopol est ailleurs, chez Baudelaire ou dans les bras de jolies femmes. A ce propos la coordination des vers de Baudelaire avec le script est remarquable. J'ai redécouvert les très belles couleurs proposées par l'auteur surtout le contraste bleu/rouge de Jill, presque comme un symbole. Une fin en forme de boucle où le père devient le fils et inversement. Mais cela, c'était écrit depuis le tome 1 !!
La Croisière des Oubliés
Que c'est bon de lire ou relire certaines séries 50 ans après les parutions. Pour moi c'est le cas de "La Croisière des Oubliés" du duo Christin-Bilal. Le temps de l'histoire a lentement donné son verdict. Cette fable écolo-poétique et anti militariste montre les talents ,visionnaires et artistiques, des auteurs. Il fut une époque pas si lointaine où l'écologie était cataloguée comme provenant de chevelu(e)s aux looks moisis. Nos deux troublions mettent à mal le système militaro-industriel dans l'intention de redonner vie à une France qui se meurt dans l'indifférence des média. Quand on voit les orientations d'urbanismes(front de mer), industrielles (pollution des rivières), militaires ou politiques depuis des décénies force est de reconnaître que les auteurs avaient du flair. Bien sûr, tout pays doit se moderniser mais faut-il le faire de façon brutale, en jouant les apprentis sorciers et en se coupant de ses racines? C'est une des questions du livre. C'est ma lecture contemporaine de l'oeuvre de Christin et Bilal. Je n'y vois pas spécialement de revendication régionnaliste très en cour à l'époque. En effet il n'y a ni demande culturelle linguistique, ni demande d'autonomie politique comme en Corse ou en Bretagne. J'y lis plus une réflexion écologique sur le progrès. Bilal amplifie sa thématique graphiquement avec le contraste de la transformation génétique abominable des militaires, premiers cobayes de leur expérience, et la paisible fête colorée des habitants de Liternos. Bilal n'a pas atteint sa pleinitude graphique (dessins et couleurs) de Nikopol mais le talent est là, prêt à éclore en grand. D'une certaine manière, des lanceurs d'alertes qui nous montraient combien notre environnement (lac, océan, forêt) est beau et fragile afin de le préserver. C'était il y a 50 ans.