Mais qui est Vincent Perriot ? Loin d’être un inconnu au jugé de sa production, il n’en demeure pas moins qu’à mes yeux ce fut une découverte, et une sacré découverte.
Cette imposante aventure qu’est Negalyod est tout simplement géniale, je n’avais pas lu cela depuis le tome 2 du Cycle de Cyann, Six saisons sur ilO et ses 120 pages de péripéties, ce qui était impressionnant à l’époque. Le terme de roman graphique n’est pas usurpé pour le coup car il y a là un auteur qui aime prendre son temps en accordant une large place au contemplatif, et pas seulement parce que le décor s’y prête bien avec dans un premier temps cet immense désert aride de far west où vit un « dinoboy » solitaire, mais aussi parce qu’on nous abreuve de sublimes dessins en pleine et double page.
Sur le plan graphique on ne se moque pas de nous, c’est entre Moebius et Mézières. Le genre de l’Imaginaire est l’endroit idéal pour céder à toutes les envolées graphiques, l’auteur l’a bien compris et s’est lâché. Ça fait du bien de constater qu’il y a encore de la place pour ce genre de parpaing fantastique à une époque où la bd reste pas mal codifiée je trouve.
Et pour ne rien gâcher, c’est vachement bien écrit avec un discours entre les lignes où on parle de gens hyperconnectés mais déconnectés de la vie réelle, de castes où ceux d’en bas cherchent à grimper en haut en écrasant les autres pour y parvenir, Jarri est un étranger mais probablement la solution aux maux de ce monde déphasé de la nature, pourra-t-il lutter seul face à l’énigmatique Réseau qui contrôle tout ? J’ai dit que c’était bien écrit ? :
« Déjà l’Histoire nous montrait qu’avant nos grands déserts, il y avait des mers aux horizons infinis, et des milliers et des milliers de rivières aux noms oubliés… L’eau est partout dans les canaux, mais nous ne la voyons plus… C’est la rouille qui est devenue l’architecture de nos vies. »
Mais bon, les jolies dessins c’est bien, mais c’est encore mieux quand il y a une histoire capable d’entraîner le lecteur. Et c’est également ce que réussi Vincent Perriot. Je ne sais pas quelles sont ses influences, s’il a lu ou vu les mêmes auteurs que moi mais je me suis complètement retrouvé dans son récit. Il y a tellement de références que je ne saurais par laquelle commencer. Du Hayao Miyazaki, avec ses avions de chasses dont on se demande comment ils tiennent debout, assemblage de cordes et de tôles ; le propos écolo etc. J’ai eu l’impression d’un genre Nausicaä de la vallée du vent, avec parfois des touches à la Dragon Ball, enfin je veux dire par là que le seul auteur que je connaisse à avoir été capable d’incorporer des dinosaures et des humains dans un même récit sans que ce soit grand-guignolesque, c’est Akira Toriyama. Et puis ce que j’ai beaucoup aimé c’est le côté pot-pourri et l’impossibilité de classer cette histoire dans un genre bien précis. Oui il y a de la SF, à travers ces cités flottantes, des bribes de technologies qu’on n’est pas encore capables de réaliser aujourd’hui, les clins d’œil (volontaires ou pas) à Mad Max 4, Matrix, Gunnm etc. Mais aussi de la Fantasy-Western avec le héros capable de parler aux animaux, on ne sait pas trop si on est dans un futur SF post post-apo (façon Dune, ou bien le lecteur peut s’imaginer très loin dans le futur de Jurassic World), ou dans un monde secondaire imaginaire, on ne sait pas trop comment tout cela marche mais ça tient debout.
À noter le superbe travail de Florence Breton à la couleur, elle contribue tout autant au succès de cette série.
De la grande bd de genre française.
Quelle lecture, j'en ai pris plein les yeux et mon cerveau est en surchauffe.
Nick Sousanis est un ancien joueur de tennis professionnel, dessinateur, mathématicien, chercheur, il enseigne le langage de la bande dessinée à l'université de Calgary. Rien que ça, sic.
Et là, il pond une thèse sur la bd.
Alix a déjà tout dit, voir son avis ci-dessous. Une démonstration imparable en dix parties.
- Un : Planitude.
Dès notre naissance nous sommes programmés, c'est à dire qu'une succession d'étapes nous formatent dans le temps, l'espace et l'expérience. Ce qui permet l'interchangeabilité puisque tout est standardisé. Pensée et conduite sont alignées dans une seule dimension.
- Interlude : Flatland.
Il décrit plusieurs mondes. Il prend pour exemple une pièce de monnaie et le fait de la regarder sous différents angles change sa forme. Les Flatlandais ne la voit que sur la tranche, en deux dimensions.
Les Linelandais ne voient qu'une succession de points, la ligne. Une dimension.
Le Carré avec ses trois dimensions.
Sousanis demontre les limites de notre vision.
- Deux : L'importance de voir double et plus encore.
Il faut éveiller les potentialités. Une expérience, regardez un objet avec l'œil droit puis le gauche et enfin avec les deux. Notre vision stéréoscopique est l'intégration de deux vues, deux sources distinctes. Toujours remettre en cause nos perceptions. Il compare aussi nos sens limités, l'odorat et l'ouïe, avec un chien. Il faut pousser notre curiosité à découvrir ce qui se trouve au-delà de notre horizon.
- Trois : La forme de nos pensées.
Les langages sont de puissants outils mais avec leurs limites respectifs. Pour exemple le thermomètre n'est qu'une vue partielle du temps. Les mots ne sont pas les seuls véhicules de la pensée, dès qu'ils sont intégrés aux dessins, nous sommes prêts pour de nouvelles explorations.
- Quatre : Notre corps en mouvement.
La frontière texte/image, nos yeux toujours en mouvement explorent sans cesse, nous révélant ainsi de nouveaux aspects. Dessiner est un moyen de coucher nos pensées sur du papier.
- Cinq : La cinquième dimension.
L'imagination permet de dépasser notre point de vue, point de vue inévitablement limité. Elle permet aussi de franchir les failles de la perception et ainsi de révéler de nouveaux mondes.
- Six : Ornières.
La marche des idées creuse des sillons qui ne cessent de grossir, nous suivons ces chéneaux initiés par nos prédécesseurs. A force de répéter dans le temps les mêmes gestes, on devient compétent mais cela freine notre flexibilité.
- Interlude : Ficelles.
Sousanis nous compare à un pantin sur lequel on tire les ficelles et qui suit sa routine quotidienne. Mais il suffit d'une perturbation au scénario.... La philosophie commence avec l'étonnement.
- Sept : Vecteurs.
Il ne suffit pas de couper les ficelles, bien au contraire, elles doivent servir de liens. De ne pas les voir comme des contraintes mais comme des forces à exploiter.
- Huit : Éveil.
Nous devons trouver en nous-même le moyen d'arriver à bon port, avec des chaussures à nos "dimensions".
Un album qui m'a remué avec de très nombreuses références philosophiques. Je vais digérer cette première lecture avant d'en faire une seconde plus tard et peut-être réhausser ma note.
Graphiquement, un noir et blanc tantôt charbonneux, tantôt clair et fin. Une mise en page explicite qui me rappelle Dans la tête de Sherlock Holmes. Superbe.
Un index chronologique en fin d'album avec des notes explicatives.
Déployez-vous.
Voilà une BD magnifique achetée sur les préconisations de Mac Arthur. C’est un polar avec une histoire qui s’entortille au fil des pages pour que le lecteur soit dans la confusion et un peu embrouillé. Mais que c’est bon de prendre du plaisir à décortiquer l’enquête et à émettre des hypothèses. Au final toutes vos suppositions tombent à l’eau car bien évidemment vous n’avez pas vu venir l’épilogue.
La lecture ne peut se faire que d’une seule traite. Vous serez happés littéralement. Pas possible de faire autrement. Le rendu est particulièrement réussi. Tout a été travaillé minutieusement par Fabrice Colin et par Richard Guérineau pour que cette histoire d’un tueur en série qui s’étale sur presque 30 ans soit accaparante. Du graphisme à la colorisation en mode sépia en passant par la narration. Et psychologiquement c’est très très fort.
A découvrir au plus vite. Encore merci Mac pour cette belle découverte.
Quel dommage!! Oui quel dommage que Roba ait consacré presque tout son temps et son énergie à la création de Boule et Bill.
Je trouve que Roba nous laisse un peu orphelin avec seulement les six numéros de "La Ribambelle" plus deux petites histoires à découvrir dans l'intégrale 2 parue en 2003. ( Je ne connais pas la reprise de Zidrou)
En effet je trouve cette série de bien meilleure qualité que "Boule et Bill" sans commune mesure.
Voila une bande de joyeux Ribambins ouverts à la diversité qui ne demande qu'une chose : jouer paisiblement dans leur bus et leur terrain vague obtenus de haute lutte contre Grofilou.
Mais il semble que la paix et la gentillesse ne plaisent pas à tous. Ni à Grofilou symbole d'un capitalisme dévoyé et perverti ni à Tatane et sa bande.
Les Caïmans plus bêtes que méchants sont le miroir de notre sympathique bande. Tous ces "méchants" ont une vrai place dans les aventures avec des caractères bien travaillés voire attachants comme ceux de Rodolphe et Alphonse.
Pour "les gentils" c'est un régal. Archibald est le moteur du groupe avec son franglais si drôle.
Atchi et Atcha amènent une vrai poésie avec leurs pseudo maximes à la Confucius tellement bien bien imaginées et placées.
Mais la vrai trouvaille, c'est James, l'adulte encore enfant, à la fois protecteur et participant sans qui rien ne serait plausible.
Le dessin de Roba est très dynamique, précis pour les personnages et les décors sont travaillés pleins de détails savoureux. Les couleurs sont d'époque, moi ,j'aime.
Il y a des petits clins d'œil vers d'autres série (comme Astérix en Corse quand ils sont en Ecosse), il y a d'autres trouvailles comme l'oiseau qui parle aux Galinpagos et ses affreux avec leur "Panzerfaust" qui se retourne contre eux, image de ce qui leur est arrivé quelques années auparavant. D'ailleurs ce dernier épisode est plus dur qu'il n'y paraît tant il rappelle les expérimentations Nazis d'Auschwitz.
La cerise sur le gâteau est le vocabulaire à plusieurs niveaux. Du très recherché avec James ou Atchi/Atcha ( pusillanime, lépidoptère, alcaloïde...) au calembours des Caïmans sans parler des subjonctifs passés ni de la créativité. Du haut niveau.
Deux ombres au tableau. Grenadine est cantonnée à une étiquette d'infirmière-raccommodeuse de chaussettes bien trop stéréotypée ( c'est James pour la cuisine). Enfin je préfère les Natives d'Archibald aux Sauvages de Phil. Comme quoi, le vocabulaire traduit beaucoup de l'esprit du temps.
A redécouvrir absolument
Cosey est un magnifique conteur d'histoire comme Zeke. Ici il nous livre un récit à la Hemingway ou à la Kessel.
Ces écrivains baroudeurs qui n'hésitaient pas à mouiller la chemise dans des situations extrêmes.
Oui même dans le paisible Valais on peut rencontrer des situations extrêmes et aventureuses. De celles qu'affectionne justement Peter Pan.
Le départ est plutôt contemplatif avec ces magnifiques dessins de la montagne suisse. Cela permet à Cosey de nous régaler de ses blancs ses bleus et ses jaunes du village et des forêts.
Les décors et ambiances sont somptueux mais les personnages sont au niveau. Tous plus sympathiques les uns que les autres. Même nos deux gendarmes modèles d'opiniâtreté et de courage pour remplir leur devoir.
Contrairement à d'autres j'aime beaucoup la partie village vide avec cette ambiance de compte à rebours dont vous ne maîtrisez aucun élément.
L'intrigue se dévoile lentement puis s'accélère dans un timing commandé par la montagne capricieuse qui décidera du sort des uns et des autres.
Une magnifique histoire d'amour des autres et de la nature. Un régal
Tout a été dit par mes prédécesseurs, mais allez zou un autre 4 étoiles pour ne pas déroger à la moyenne.
C’est brillant, ludique, inventif ... on prend un plaisir fou à la lecture.
Une histoire maîtrisée, avec sa part de mystère et une conclusion très satisfaisante.
Un dessin sans faute, typé et détaillé, une mise en page superbe.
ET surtout une narration Originale et Magique qui donne toute la saveur à l'œuvre.
Bref une réussite de bout en bout.
Bravo aux auteurs.
Me voilà soulagé, extrêmement satisfait et tout de même un peu déçu. Soulagé d'avoir apprécié, satisfait d'avoir lu une saga si qualitative et légèrement déçu de ne pas avoir pu monter à 5/5, alors que ce n'est pas l'envie qui manque...
Après Le Troisième Testament, énorme déception pour ma part, j'étais plus que dubitatif au moment de me lancer dans une autre saga ésotérique signée Dorison. Hé ben je crois qu'il a pris sa revanche ! Et ça fait rudement plaisir !
Tout est génial, dans Sanctuaire. En tous cas, c'est tout ce que j'aime. Un récit d'exploration sous-marin sur fond d'archéologie antique, l'ombre historique des fanatiques nazis et soviétiques, un mystère ésotérique à percer, une tension énorme, un dessin très élégant, et surtout... de l'horreur ! Mais alors là, de la pure, de la vraie horreur. Je ne pensais pas qu'une bande dessinée pouvait effrayer son lecteur comme un film d'horreur peut liquéfier son spectateur, mais là, c'est vraiment bien fait. Alors bon, on n'est pas du tout au niveau des meilleurs films d'horreur (la sacro-sainte trinité Insidious, Conjuring, et Sinister, pour moi), mais il y a beaucoup de scènes où la tension est palpable et où il est possible de ressentir un suspense particulièrement haletant. Bon, après, j'avoue que je flippe beaucoup plus facilement quand l'antagoniste est un démon plutôt qu'un extraterrestre ou un tueur en série, forcément. N'empêche, ici, il y a des pages que j'ai trouvé remarquables dans la construction du procédé horrifique...
Au scénario, Dorison s'est donné du mal, c'est impressionnant de le voir pousser sans cesse ses personnages jusque dans leurs retranchements et les mettre face à de terribles dilemmes. L'atmosphère du huis-clos est évidemment la condition qui permet à ces dilemmes d'être particulièrement efficace (tout comme l'horreur), mais indépendamment de ça, les personnages sont globalement bien écrits, et surtout, Dorison ne va jamais trop loin dans le pathos (alors qu'à certains moments, on le craint). On est littéralement embarqué à leurs côtés, et on ne peut plus s'arrêter de tourner les pages, jusqu'à entrevoir la fin de cette odyssée maléfique.
Bon, parlons-en, de la fin, justement ! Je ne vais pas être original, mais comme mes prédécesseurs, je dois dire que j'ai été déçu par la confusion narrative de la fin. Cette confusion intervient régulièrement dans le récit, d'ailleurs, il y a plusieurs moments où j'avais l'impression d'avoir raté un truc et où j'ai dû relire pour essayer de comprendre qui parlait à qui, etc. Mais là, en choisissant une fin aussi ouverte, Dorison prend le risque de se mettre à dos tous les lecteurs. En tous cas, malgré l'onirisme des 3 dernières planches, qui donne à la saga une conclusion belle et apaisée, j'ai été frustré de ne pas savoir à quoi m'en tenir sur la fin en elle-même (les personnages ont-ils réussi leur coup ou non ?). A mon avis, c'est une erreur.
Puisqu'on en est aux points négatifs, je remarque comme tout le monde que si le dessin de Christophe Bec est vraiment beau, il y a de nombreux moments où on n'arrive pas à identifier les personnages, soit parce que leurs visages ne sont pas assez marqués pour qu'on les reconnaisse, soit parce que le dessinateur abuse volontiers des jeux d'ombres.
Cela ne remet nullement en cause la beauté graphique de cette saga, et là, pour le coup, je dis chapeau ! Je n'accroche pas toujours au style ultra-réaliste, mais là, j'ai trouvé ça somptueux. Il faut dire que la mise en scène de certaines planches est parfaite. Christophe Bec réussit à mettre en scène l'immensité oppressante des profondeurs comme Ridley Scott l'espace menaçant, et les séquences d'exploration du sanctuaire sont absolument brillantes, tant on a l'impression d'être tout aussi égaré dans la pénombre que les personnages, tout en nous donnant juste ce qu'il faut pour voir et comprendre l'action. Hormis certains moments où la colorisation informatique nous sort un peu du récit, il y a là un somptueux travail.
Bref, pour moi, Sanctuaire est à peu près l'équivalent en BD de Abyss et d'Alien. C'est visiblement ce qu'a voulu Xavier Dorison, et ça fait plaisir de voir qu'il a totalement réussi à atteindre son but. En tous cas, en ce qui me concerne, c'est un coup de cœur aussi énorme que quand j'ai découvert les deux films mentionnés ci-dessus, et je la relirai avec plaisir ! J'ai déjà hâte de m'y replonger...
Quel chouette album. L’histoire (fictive) de « Jours de sable » est ancrée dans un contexte historique passionnant, qui nous est présenté dans un mini-documentaire photo en fin d’album : le Dust Bowl, la grande dépression, et le projet photographique controversé de la FSA (Farm Security Administration) pour « montrer » la pauvreté de cette région au reste du pays.
Le ton du récit est avant tout humain. John Clark prend ses photos, fait des rencontres, mais surtout se pose beaucoup de questions sur le rôle de son travail, de la photographie en général. La fin m’a beaucoup touché, je me suis attaché à ces personnages qui tentent de survivre et de rester positifs dans des circonstances pourtant difficiles.
La narration est légère, avec des grandes cases magnifiques et peu de texte. La lecture est donc aisée et fluide, malgré le nombre de pages. Des photos magnifiques s’intercalent entre chaque chapitre et humanisent encore plus le récit.
Un excellent moment de lecture.
Bon par où commencer, déjà le dessin qui est de loin très bien travaillé. Entre les panoramas que l'auteur met à de multiples reprises et la couverture superbe qui donne envie au moindre coup d'œil de lire le tome. On a le droit à chaque tome à une belle couverture ainsi qu'un dos de livre également bien travaillé. Outre les panoramas on a également des cases souvent remplies de détails qui donnent de la vie à l'œuvre.
Dans le tome 2, au lieu d'avoir une présentation de personnage on a en 1 page, une grande case qui nous montre les différentes étapes du voyage, sans trop allonger les tomes pour ajouter du contenu qui pourrait être rébarbatif si c'était simplement à la suite de l'histoire.
Des personnages peut-être trop stéréotypés pour certains, mais qui cependant donnent de l'attachement aux personnages et qui nous permettent de bien les différencier. Magus of the Library parle selon moi de racisme et d'acceptation de chacun, ainsi que de s'accepter également. Valeur importante qui permet d'avancer sans se soucier des différences de chacun.
Ce manga, je pense, pourrait faire peur à certains dû à des moments avec pas mal de bulles. Mais à d'autres moments sans dialogue simplement des paysages à admirer.
Histoire qui n'est pas forcément novatrice, un petit garçon qui est persécuté par tout son village sauf 2 personnes, mais qui finit par se faire accepter par chacun en démontrant ses forces et sa passion. Il rêve de devenir un Kahunas, donc comme plein d'autres mangas à succès il part pour passer le concours. Donc pas forcément novateur cependant l'association de magie, de livre, d'Asie Centrale avec un dessin parfait et une histoire typique Nekketsu donne pour moi un manga qui je l'espère perdurera et qui continuera de me faire rire et vibrer pendant longtemps.
Ce n'est pas l'œuvre que je préfère pour le moment, mais elle rentre facilement dans mon top.
Histoire qui plaira à un public qui aime des mangas très shonen. Car il en suit les codes.
Voilà un véritable monstre. Un album énorme de plus de 350 pages aux dessins d'un noir et blanc profond.
On ne sort pas indemne de cette lecture. Déjà du fait du poids de la bête qui peut vous permettre de vous faire les muscles. Mais surtout par l'histoire de ce pauvre Bobby qui s'il représente en partie le titre n'en est finalement que la partie visible. Car oui Bobby est monstrueux extérieurement avec son visage difforme et son corps disproportionné. Il a aussi une résistance et une force au-dessus de la normale qui là aussi font écho au titre. Mais finalement les vrais monstres apparaissent ensuite, que ce soit son père et ses traumatismes, le major qui veut récupérer cette expérience ratée pour la faire disparaître ou le docteur Friedrich et ses copains nazis. Bobby n'est que la partie émergée de l'iceberg et Windsor-Smith joue habilement avec son scénario nous dévoilant peu à peu tous les secrets des personnages.
Le dessin n'est pas en reste avec ce noir et blanc intense et détaillé. Il demande certes à être parfois digéré et la violence du propos ressort d'autant plus par le graphisme.
Un album incroyable qui m'a fait découvrir un artiste et qui me donne envie de découvrir ses autres œuvres.
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Mais qui est Vincent Perriot ? Loin d’être un inconnu au jugé de sa production, il n’en demeure pas moins qu’à mes yeux ce fut une découverte, et une sacré découverte. Cette imposante aventure qu’est Negalyod est tout simplement géniale, je n’avais pas lu cela depuis le tome 2 du Cycle de Cyann, Six saisons sur ilO et ses 120 pages de péripéties, ce qui était impressionnant à l’époque. Le terme de roman graphique n’est pas usurpé pour le coup car il y a là un auteur qui aime prendre son temps en accordant une large place au contemplatif, et pas seulement parce que le décor s’y prête bien avec dans un premier temps cet immense désert aride de far west où vit un « dinoboy » solitaire, mais aussi parce qu’on nous abreuve de sublimes dessins en pleine et double page. Sur le plan graphique on ne se moque pas de nous, c’est entre Moebius et Mézières. Le genre de l’Imaginaire est l’endroit idéal pour céder à toutes les envolées graphiques, l’auteur l’a bien compris et s’est lâché. Ça fait du bien de constater qu’il y a encore de la place pour ce genre de parpaing fantastique à une époque où la bd reste pas mal codifiée je trouve. Et pour ne rien gâcher, c’est vachement bien écrit avec un discours entre les lignes où on parle de gens hyperconnectés mais déconnectés de la vie réelle, de castes où ceux d’en bas cherchent à grimper en haut en écrasant les autres pour y parvenir, Jarri est un étranger mais probablement la solution aux maux de ce monde déphasé de la nature, pourra-t-il lutter seul face à l’énigmatique Réseau qui contrôle tout ? J’ai dit que c’était bien écrit ? : « Déjà l’Histoire nous montrait qu’avant nos grands déserts, il y avait des mers aux horizons infinis, et des milliers et des milliers de rivières aux noms oubliés… L’eau est partout dans les canaux, mais nous ne la voyons plus… C’est la rouille qui est devenue l’architecture de nos vies. » Mais bon, les jolies dessins c’est bien, mais c’est encore mieux quand il y a une histoire capable d’entraîner le lecteur. Et c’est également ce que réussi Vincent Perriot. Je ne sais pas quelles sont ses influences, s’il a lu ou vu les mêmes auteurs que moi mais je me suis complètement retrouvé dans son récit. Il y a tellement de références que je ne saurais par laquelle commencer. Du Hayao Miyazaki, avec ses avions de chasses dont on se demande comment ils tiennent debout, assemblage de cordes et de tôles ; le propos écolo etc. J’ai eu l’impression d’un genre Nausicaä de la vallée du vent, avec parfois des touches à la Dragon Ball, enfin je veux dire par là que le seul auteur que je connaisse à avoir été capable d’incorporer des dinosaures et des humains dans un même récit sans que ce soit grand-guignolesque, c’est Akira Toriyama. Et puis ce que j’ai beaucoup aimé c’est le côté pot-pourri et l’impossibilité de classer cette histoire dans un genre bien précis. Oui il y a de la SF, à travers ces cités flottantes, des bribes de technologies qu’on n’est pas encore capables de réaliser aujourd’hui, les clins d’œil (volontaires ou pas) à Mad Max 4, Matrix, Gunnm etc. Mais aussi de la Fantasy-Western avec le héros capable de parler aux animaux, on ne sait pas trop si on est dans un futur SF post post-apo (façon Dune, ou bien le lecteur peut s’imaginer très loin dans le futur de Jurassic World), ou dans un monde secondaire imaginaire, on ne sait pas trop comment tout cela marche mais ça tient debout. À noter le superbe travail de Florence Breton à la couleur, elle contribue tout autant au succès de cette série. De la grande bd de genre française.
Le Déploiement
Quelle lecture, j'en ai pris plein les yeux et mon cerveau est en surchauffe. Nick Sousanis est un ancien joueur de tennis professionnel, dessinateur, mathématicien, chercheur, il enseigne le langage de la bande dessinée à l'université de Calgary. Rien que ça, sic. Et là, il pond une thèse sur la bd. Alix a déjà tout dit, voir son avis ci-dessous. Une démonstration imparable en dix parties. - Un : Planitude. Dès notre naissance nous sommes programmés, c'est à dire qu'une succession d'étapes nous formatent dans le temps, l'espace et l'expérience. Ce qui permet l'interchangeabilité puisque tout est standardisé. Pensée et conduite sont alignées dans une seule dimension. - Interlude : Flatland. Il décrit plusieurs mondes. Il prend pour exemple une pièce de monnaie et le fait de la regarder sous différents angles change sa forme. Les Flatlandais ne la voit que sur la tranche, en deux dimensions. Les Linelandais ne voient qu'une succession de points, la ligne. Une dimension. Le Carré avec ses trois dimensions. Sousanis demontre les limites de notre vision. - Deux : L'importance de voir double et plus encore. Il faut éveiller les potentialités. Une expérience, regardez un objet avec l'œil droit puis le gauche et enfin avec les deux. Notre vision stéréoscopique est l'intégration de deux vues, deux sources distinctes. Toujours remettre en cause nos perceptions. Il compare aussi nos sens limités, l'odorat et l'ouïe, avec un chien. Il faut pousser notre curiosité à découvrir ce qui se trouve au-delà de notre horizon. - Trois : La forme de nos pensées. Les langages sont de puissants outils mais avec leurs limites respectifs. Pour exemple le thermomètre n'est qu'une vue partielle du temps. Les mots ne sont pas les seuls véhicules de la pensée, dès qu'ils sont intégrés aux dessins, nous sommes prêts pour de nouvelles explorations. - Quatre : Notre corps en mouvement. La frontière texte/image, nos yeux toujours en mouvement explorent sans cesse, nous révélant ainsi de nouveaux aspects. Dessiner est un moyen de coucher nos pensées sur du papier. - Cinq : La cinquième dimension. L'imagination permet de dépasser notre point de vue, point de vue inévitablement limité. Elle permet aussi de franchir les failles de la perception et ainsi de révéler de nouveaux mondes. - Six : Ornières. La marche des idées creuse des sillons qui ne cessent de grossir, nous suivons ces chéneaux initiés par nos prédécesseurs. A force de répéter dans le temps les mêmes gestes, on devient compétent mais cela freine notre flexibilité. - Interlude : Ficelles. Sousanis nous compare à un pantin sur lequel on tire les ficelles et qui suit sa routine quotidienne. Mais il suffit d'une perturbation au scénario.... La philosophie commence avec l'étonnement. - Sept : Vecteurs. Il ne suffit pas de couper les ficelles, bien au contraire, elles doivent servir de liens. De ne pas les voir comme des contraintes mais comme des forces à exploiter. - Huit : Éveil. Nous devons trouver en nous-même le moyen d'arriver à bon port, avec des chaussures à nos "dimensions". Un album qui m'a remué avec de très nombreuses références philosophiques. Je vais digérer cette première lecture avant d'en faire une seconde plus tard et peut-être réhausser ma note. Graphiquement, un noir et blanc tantôt charbonneux, tantôt clair et fin. Une mise en page explicite qui me rappelle Dans la tête de Sherlock Holmes. Superbe. Un index chronologique en fin d'album avec des notes explicatives. Déployez-vous.
Seul le silence
Voilà une BD magnifique achetée sur les préconisations de Mac Arthur. C’est un polar avec une histoire qui s’entortille au fil des pages pour que le lecteur soit dans la confusion et un peu embrouillé. Mais que c’est bon de prendre du plaisir à décortiquer l’enquête et à émettre des hypothèses. Au final toutes vos suppositions tombent à l’eau car bien évidemment vous n’avez pas vu venir l’épilogue. La lecture ne peut se faire que d’une seule traite. Vous serez happés littéralement. Pas possible de faire autrement. Le rendu est particulièrement réussi. Tout a été travaillé minutieusement par Fabrice Colin et par Richard Guérineau pour que cette histoire d’un tueur en série qui s’étale sur presque 30 ans soit accaparante. Du graphisme à la colorisation en mode sépia en passant par la narration. Et psychologiquement c’est très très fort. A découvrir au plus vite. Encore merci Mac pour cette belle découverte.
La Ribambelle
Quel dommage!! Oui quel dommage que Roba ait consacré presque tout son temps et son énergie à la création de Boule et Bill. Je trouve que Roba nous laisse un peu orphelin avec seulement les six numéros de "La Ribambelle" plus deux petites histoires à découvrir dans l'intégrale 2 parue en 2003. ( Je ne connais pas la reprise de Zidrou) En effet je trouve cette série de bien meilleure qualité que "Boule et Bill" sans commune mesure. Voila une bande de joyeux Ribambins ouverts à la diversité qui ne demande qu'une chose : jouer paisiblement dans leur bus et leur terrain vague obtenus de haute lutte contre Grofilou. Mais il semble que la paix et la gentillesse ne plaisent pas à tous. Ni à Grofilou symbole d'un capitalisme dévoyé et perverti ni à Tatane et sa bande. Les Caïmans plus bêtes que méchants sont le miroir de notre sympathique bande. Tous ces "méchants" ont une vrai place dans les aventures avec des caractères bien travaillés voire attachants comme ceux de Rodolphe et Alphonse. Pour "les gentils" c'est un régal. Archibald est le moteur du groupe avec son franglais si drôle. Atchi et Atcha amènent une vrai poésie avec leurs pseudo maximes à la Confucius tellement bien bien imaginées et placées. Mais la vrai trouvaille, c'est James, l'adulte encore enfant, à la fois protecteur et participant sans qui rien ne serait plausible. Le dessin de Roba est très dynamique, précis pour les personnages et les décors sont travaillés pleins de détails savoureux. Les couleurs sont d'époque, moi ,j'aime. Il y a des petits clins d'œil vers d'autres série (comme Astérix en Corse quand ils sont en Ecosse), il y a d'autres trouvailles comme l'oiseau qui parle aux Galinpagos et ses affreux avec leur "Panzerfaust" qui se retourne contre eux, image de ce qui leur est arrivé quelques années auparavant. D'ailleurs ce dernier épisode est plus dur qu'il n'y paraît tant il rappelle les expérimentations Nazis d'Auschwitz. La cerise sur le gâteau est le vocabulaire à plusieurs niveaux. Du très recherché avec James ou Atchi/Atcha ( pusillanime, lépidoptère, alcaloïde...) au calembours des Caïmans sans parler des subjonctifs passés ni de la créativité. Du haut niveau. Deux ombres au tableau. Grenadine est cantonnée à une étiquette d'infirmière-raccommodeuse de chaussettes bien trop stéréotypée ( c'est James pour la cuisine). Enfin je préfère les Natives d'Archibald aux Sauvages de Phil. Comme quoi, le vocabulaire traduit beaucoup de l'esprit du temps. A redécouvrir absolument
A la recherche de Peter Pan
Cosey est un magnifique conteur d'histoire comme Zeke. Ici il nous livre un récit à la Hemingway ou à la Kessel. Ces écrivains baroudeurs qui n'hésitaient pas à mouiller la chemise dans des situations extrêmes. Oui même dans le paisible Valais on peut rencontrer des situations extrêmes et aventureuses. De celles qu'affectionne justement Peter Pan. Le départ est plutôt contemplatif avec ces magnifiques dessins de la montagne suisse. Cela permet à Cosey de nous régaler de ses blancs ses bleus et ses jaunes du village et des forêts. Les décors et ambiances sont somptueux mais les personnages sont au niveau. Tous plus sympathiques les uns que les autres. Même nos deux gendarmes modèles d'opiniâtreté et de courage pour remplir leur devoir. Contrairement à d'autres j'aime beaucoup la partie village vide avec cette ambiance de compte à rebours dont vous ne maîtrisez aucun élément. L'intrigue se dévoile lentement puis s'accélère dans un timing commandé par la montagne capricieuse qui décidera du sort des uns et des autres. Une magnifique histoire d'amour des autres et de la nature. Un régal
Dans la tête de Sherlock Holmes
Tout a été dit par mes prédécesseurs, mais allez zou un autre 4 étoiles pour ne pas déroger à la moyenne. C’est brillant, ludique, inventif ... on prend un plaisir fou à la lecture. Une histoire maîtrisée, avec sa part de mystère et une conclusion très satisfaisante. Un dessin sans faute, typé et détaillé, une mise en page superbe. ET surtout une narration Originale et Magique qui donne toute la saveur à l'œuvre. Bref une réussite de bout en bout. Bravo aux auteurs.
Sanctuaire
Me voilà soulagé, extrêmement satisfait et tout de même un peu déçu. Soulagé d'avoir apprécié, satisfait d'avoir lu une saga si qualitative et légèrement déçu de ne pas avoir pu monter à 5/5, alors que ce n'est pas l'envie qui manque... Après Le Troisième Testament, énorme déception pour ma part, j'étais plus que dubitatif au moment de me lancer dans une autre saga ésotérique signée Dorison. Hé ben je crois qu'il a pris sa revanche ! Et ça fait rudement plaisir ! Tout est génial, dans Sanctuaire. En tous cas, c'est tout ce que j'aime. Un récit d'exploration sous-marin sur fond d'archéologie antique, l'ombre historique des fanatiques nazis et soviétiques, un mystère ésotérique à percer, une tension énorme, un dessin très élégant, et surtout... de l'horreur ! Mais alors là, de la pure, de la vraie horreur. Je ne pensais pas qu'une bande dessinée pouvait effrayer son lecteur comme un film d'horreur peut liquéfier son spectateur, mais là, c'est vraiment bien fait. Alors bon, on n'est pas du tout au niveau des meilleurs films d'horreur (la sacro-sainte trinité Insidious, Conjuring, et Sinister, pour moi), mais il y a beaucoup de scènes où la tension est palpable et où il est possible de ressentir un suspense particulièrement haletant. Bon, après, j'avoue que je flippe beaucoup plus facilement quand l'antagoniste est un démon plutôt qu'un extraterrestre ou un tueur en série, forcément. N'empêche, ici, il y a des pages que j'ai trouvé remarquables dans la construction du procédé horrifique... Au scénario, Dorison s'est donné du mal, c'est impressionnant de le voir pousser sans cesse ses personnages jusque dans leurs retranchements et les mettre face à de terribles dilemmes. L'atmosphère du huis-clos est évidemment la condition qui permet à ces dilemmes d'être particulièrement efficace (tout comme l'horreur), mais indépendamment de ça, les personnages sont globalement bien écrits, et surtout, Dorison ne va jamais trop loin dans le pathos (alors qu'à certains moments, on le craint). On est littéralement embarqué à leurs côtés, et on ne peut plus s'arrêter de tourner les pages, jusqu'à entrevoir la fin de cette odyssée maléfique. Bon, parlons-en, de la fin, justement ! Je ne vais pas être original, mais comme mes prédécesseurs, je dois dire que j'ai été déçu par la confusion narrative de la fin. Cette confusion intervient régulièrement dans le récit, d'ailleurs, il y a plusieurs moments où j'avais l'impression d'avoir raté un truc et où j'ai dû relire pour essayer de comprendre qui parlait à qui, etc. Mais là, en choisissant une fin aussi ouverte, Dorison prend le risque de se mettre à dos tous les lecteurs. En tous cas, malgré l'onirisme des 3 dernières planches, qui donne à la saga une conclusion belle et apaisée, j'ai été frustré de ne pas savoir à quoi m'en tenir sur la fin en elle-même (les personnages ont-ils réussi leur coup ou non ?). A mon avis, c'est une erreur. Puisqu'on en est aux points négatifs, je remarque comme tout le monde que si le dessin de Christophe Bec est vraiment beau, il y a de nombreux moments où on n'arrive pas à identifier les personnages, soit parce que leurs visages ne sont pas assez marqués pour qu'on les reconnaisse, soit parce que le dessinateur abuse volontiers des jeux d'ombres. Cela ne remet nullement en cause la beauté graphique de cette saga, et là, pour le coup, je dis chapeau ! Je n'accroche pas toujours au style ultra-réaliste, mais là, j'ai trouvé ça somptueux. Il faut dire que la mise en scène de certaines planches est parfaite. Christophe Bec réussit à mettre en scène l'immensité oppressante des profondeurs comme Ridley Scott l'espace menaçant, et les séquences d'exploration du sanctuaire sont absolument brillantes, tant on a l'impression d'être tout aussi égaré dans la pénombre que les personnages, tout en nous donnant juste ce qu'il faut pour voir et comprendre l'action. Hormis certains moments où la colorisation informatique nous sort un peu du récit, il y a là un somptueux travail. Bref, pour moi, Sanctuaire est à peu près l'équivalent en BD de Abyss et d'Alien. C'est visiblement ce qu'a voulu Xavier Dorison, et ça fait plaisir de voir qu'il a totalement réussi à atteindre son but. En tous cas, en ce qui me concerne, c'est un coup de cœur aussi énorme que quand j'ai découvert les deux films mentionnés ci-dessus, et je la relirai avec plaisir ! J'ai déjà hâte de m'y replonger...
Jours de sable
Quel chouette album. L’histoire (fictive) de « Jours de sable » est ancrée dans un contexte historique passionnant, qui nous est présenté dans un mini-documentaire photo en fin d’album : le Dust Bowl, la grande dépression, et le projet photographique controversé de la FSA (Farm Security Administration) pour « montrer » la pauvreté de cette région au reste du pays. Le ton du récit est avant tout humain. John Clark prend ses photos, fait des rencontres, mais surtout se pose beaucoup de questions sur le rôle de son travail, de la photographie en général. La fin m’a beaucoup touché, je me suis attaché à ces personnages qui tentent de survivre et de rester positifs dans des circonstances pourtant difficiles. La narration est légère, avec des grandes cases magnifiques et peu de texte. La lecture est donc aisée et fluide, malgré le nombre de pages. Des photos magnifiques s’intercalent entre chaque chapitre et humanisent encore plus le récit. Un excellent moment de lecture.
Magus of the Library
Bon par où commencer, déjà le dessin qui est de loin très bien travaillé. Entre les panoramas que l'auteur met à de multiples reprises et la couverture superbe qui donne envie au moindre coup d'œil de lire le tome. On a le droit à chaque tome à une belle couverture ainsi qu'un dos de livre également bien travaillé. Outre les panoramas on a également des cases souvent remplies de détails qui donnent de la vie à l'œuvre. Dans le tome 2, au lieu d'avoir une présentation de personnage on a en 1 page, une grande case qui nous montre les différentes étapes du voyage, sans trop allonger les tomes pour ajouter du contenu qui pourrait être rébarbatif si c'était simplement à la suite de l'histoire. Des personnages peut-être trop stéréotypés pour certains, mais qui cependant donnent de l'attachement aux personnages et qui nous permettent de bien les différencier. Magus of the Library parle selon moi de racisme et d'acceptation de chacun, ainsi que de s'accepter également. Valeur importante qui permet d'avancer sans se soucier des différences de chacun. Ce manga, je pense, pourrait faire peur à certains dû à des moments avec pas mal de bulles. Mais à d'autres moments sans dialogue simplement des paysages à admirer. Histoire qui n'est pas forcément novatrice, un petit garçon qui est persécuté par tout son village sauf 2 personnes, mais qui finit par se faire accepter par chacun en démontrant ses forces et sa passion. Il rêve de devenir un Kahunas, donc comme plein d'autres mangas à succès il part pour passer le concours. Donc pas forcément novateur cependant l'association de magie, de livre, d'Asie Centrale avec un dessin parfait et une histoire typique Nekketsu donne pour moi un manga qui je l'espère perdurera et qui continuera de me faire rire et vibrer pendant longtemps. Ce n'est pas l'œuvre que je préfère pour le moment, mais elle rentre facilement dans mon top. Histoire qui plaira à un public qui aime des mangas très shonen. Car il en suit les codes.
Monstres
Voilà un véritable monstre. Un album énorme de plus de 350 pages aux dessins d'un noir et blanc profond. On ne sort pas indemne de cette lecture. Déjà du fait du poids de la bête qui peut vous permettre de vous faire les muscles. Mais surtout par l'histoire de ce pauvre Bobby qui s'il représente en partie le titre n'en est finalement que la partie visible. Car oui Bobby est monstrueux extérieurement avec son visage difforme et son corps disproportionné. Il a aussi une résistance et une force au-dessus de la normale qui là aussi font écho au titre. Mais finalement les vrais monstres apparaissent ensuite, que ce soit son père et ses traumatismes, le major qui veut récupérer cette expérience ratée pour la faire disparaître ou le docteur Friedrich et ses copains nazis. Bobby n'est que la partie émergée de l'iceberg et Windsor-Smith joue habilement avec son scénario nous dévoilant peu à peu tous les secrets des personnages. Le dessin n'est pas en reste avec ce noir et blanc intense et détaillé. Il demande certes à être parfois digéré et la violence du propos ressort d'autant plus par le graphisme. Un album incroyable qui m'a fait découvrir un artiste et qui me donne envie de découvrir ses autres œuvres.