Les derniers avis (9596 avis)

Par Yann135
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Comanche
Comanche

Je vous le dis tout de go, je n’apprécie pas toute la série. Mon avis se focalisera uniquement sur « comanche » version duo Greg et Hermann soit les 10 premiers tomes. Pas trop fan du genre western en général, mais bon sang, cette série sent bon la poussière ! Je retrouve l’ambiance de l’excellentissime ‘il était une fois dans l’ouest’ de Sergio Leone. Les bivouacs autour du feu, les bagarres de saloon, les duels dans une rue principale d’un bled écrasé par le soleil, les diligences, les inévitables despérados, les indiens … avec comme décor le Wyoming essentiellement. Je rajoute que les balles fusent de partout mais je vous rassure, la violence reste dosée. Que c’est bon cette dualité aventure âpre avec un grand A et enquêtes policières. Red Dust est un personnage attachant. Ses aventures sont renouvelées et bien construites. Bravo Greg ! Quant au graphisme, il est très travaillé, notamment les décors géantissimes de cet ouest américain. C’est d’un réalisme inouï. Hermann tu es notre maitre à tous ! Du coup notre Lucky Luke national et les Dalton font pâle figure. L’ouest sauvage n’y est pas exalté. On se retrouve plutôt sur un western qui évolue vers la modernité. C’est ce prisme qui me plaît particulièrement. Même si je n’ai pas vu l’homme à l’harmonica, les albums se dévorent littéralement. A découvrir ou à relire. Cela n’a pas vieilli. C’est pour ça que cette série je la passe en série culte. Une dernière chose … pour les fans de Blueberry, Comanche est plus abouti !

13/01/2022 (modifier)
Couverture de la série Bernard Prince
Bernard Prince

A mon goût, c'est probablement une des meilleurs séries d'aventure que je connaisse. Le personnage de Prince né dans les années 60 a probablement donné le modèle de nombreux aventuriers des années 70 et 80. Ici cet ancien policier d'Interpol s'est reconverti en marin sur le Cormoran mi- yacht mi cargo. Cette trouvaille permet à Prince d'accoster dans des endroits plus ou moins douteux mais toujours dangereux bien loin des modèles de Cannes ou Deauville. Flanqué de Djinn, enfant indien aux ressources infinies et de Jordan, bosco australien spécialiste bourbon et poings, Prince a le chic pour nous faire visiter les endroits les plus inhospitaliers du globe en choisissant les pires moments. Les scénarii de Greg sont diversifiés mais toujours homogènes dans leur qualité. Les atmosphères peintes par Hermann sont remarquables que ce soit pour les paysages asiatiques, sud américains ou africains. Les paysages urbains sont à l'identique, excellents. La personnalité des personnages bons et méchants révèlent la maestria de Greg dans cet exercice. Un plus particulier au seigneur Wang-ho que l'on retrouve dans les excellents opus 1, 3 et 11. De l'excellente BD qui nous fait voyager et légèrement frissonner au coin du feu.

13/01/2022 (modifier)
Par PAco
Note: 3/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Les Filles sages vont en enfer
Les Filles sages vont en enfer

Moi qui ai beaucoup de mal avec la politique israélienne, j'ai hésité avant de me lancer dans la lecture de cet album qui nous raconte la vie d'une jeune fille vivant dans une colonie cisjordanienne. La curiosité l'emportant je me suis donc lancé et j'avoue que je ne le regrette pas, loin de là. On est effectivement très loin des clichés grâce au ton incisif que prodigue Tohar, notre protagoniste. Petite dernière d'une famille juive pratiquante de sept enfants vivant dans une colonie de Cisjordanie, Tohar va en grandissant prendre beaucoup de recul et se poser tout autant de questions sur la foi, la liberté, l'acceptation de soi. Autobiographique, ce récit va sans aménité quant à ses réflexions et même surtout sur son physique nous immerger dans ce quotidien soumis à une pression sociale constante. Mais Tohar ne rêve que de briser ce carcan pesant et de libertés plus importantes. Son adolescence va donc être jalonnée de transgressions qui va aller de paire avec une régulière remise en cause de sa religion. C'est cash, intime, on est loin des images d’Épinal de la vie israélienne que beaucoup imaginent et on sent la sincérité derrière ce quotidien compliqué pour une jeune femme éprise de liberté évoluant dans un univers ultra sécuritaire et formaté par la religion. L'autrice développe un graphisme semi réaliste très efficace à l'esthétique originale tant dans le trait que dans la colorisation. Et c'est ce doux mélange de récit autobiographique d'une grande franchise, ces questionnements pertinents et ce graphisme surprenant qui m'auront fait apprécier cet album. Une très bonne surprise ! (3.5/5)

13/01/2022 (modifier)
Par Stocke
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Monde sans fin
Le Monde sans fin

Cette BD remplit pour moi tout à fait sa mission : nous faire prendre pleinement conscience de comment fonctionne la société telle que nous la connaissons, et mettre en évidence ses dérives, à travers de nombreuses comparaisons pour vulgariser les choses. C'est très complet, les auteurs abordent pleins de sujets (énergie, climat, transport, alimentation, etc), et c'est super agréable à lire (même si certaines parties peuvent avoir tendance à déprimer un peu...) De plus, ce qui est hautement appréciable, c'est la note positive (et instructive) qui conclut ce documentaire, plutôt que de simplement dire qu'on va droit dans le mur. Je recommande vivement !

13/01/2022 (modifier)
Par Solo
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série L'Âge d'or
L'Âge d'or

Ahhh Cyril Pedrosa, à nous deux! Le tome 1 est parfait à mes yeux. Tellement qu’il m’apparaissait difficile d’être autant satisfait par le suivant, découvert ce jour même. Verdict : je tire mon chapeau à Roxanne Moreil également, alors à nous trois! C’est simple : je ne trouve presque aucun défaut à ce premier volume. 5 étoiles direct. J’suis un fou. Tout, absolument tout me plaît. Graphiquement déjà, j’ai pris une claque visuelle dès le premier regard. Je relis une énième fois avant de découvrir le tome 2 et le plaisir reste intact. Les pleines pages, les couleurs, les expressions, le décor sinueux et toutes ses formes houleuses… ça m’éclate les mirettes ! J’ai adoré cette audace graphique qui est de reproduire le mouvement des personnages dans un même espace, comme des photos prises en rafale puis superposées entre elles. C’est brillant de dynamisme. En plus, le dessinateur nous fait profiter de doubles pages pleines alors on reçoit tout l’univers de ce conte médiéval en pleine figure. Ou bien devrais-je dire un conte politique. Parce-que c’est de ça dont il s’agit : l’exercice du pouvoir dans une société. Mais commençons par un petit synopsis : le roi est mort et ce monde part en friche. Les clés du royaume devaient être remises à sa fille Tilda, héroïne de l’histoire, jusqu’à ce qu’elle soit trompée par sa propre mère qui, avec le soutien de seigneurs opportunistes et du puissant Vaudémont, désigna son fils comme héritier officiel du trône. Et puis comme on est dans un conte : il y a un bouquin ancestral oublié de presque tous qui suscite rumeurs et histoires populaires. Bon, rien de bien original me direz-vous. MAIS ! En vrai c’est fou ! Il y a une approche résolument moderne dans ce récit. A travers la direction que prend le scénario et la manière dont c’est écrit, tout ce petit monde est savamment découpé en plusieurs groupes bien distincts qui permettent de montrer les différents rapports de force dans une société. Nous avons donc : - Une autocratie, amenée à sévir dans toutes les régions du royaume - Une Résistance discrète aux principes anarchistes/communistes (ambigüité volontaire jusqu’à la fin), guidée par un leader charismatique. - Des indépendantistes, traduits par une communauté fermée féminine préférant vivre cachée, loin du monde et des hommes, avec des valeurs morales, un système économique et un ordre légal qui leur sont propres. - Un peuple qui subit, représenté par un trio de zonards miséreux et affamés - Des révoltés en quête de sens: Tilda, accompagnée de ses compagnons, Tankred et Bertil. Chaque groupe expose son opinion politique, ce qui donne à tout cet univers une mosaïque sociétale complète, sans être complexe. Et puis ce qui ajoute un peu de sel à tout ça, c’est que l’on se trouve dans un conte, où l’approche philosophique fusionne avec le rêve. Et si ce conte existe dans cette histoire, c’est essentiellement grâce au dessin. Le rendu graphique m’emporte entièrement. Le conte est un genre littéraire. Le dessin crée le conte. Donc la BD est de la littérature. Bah voilà ! Bon bon bon, et dans tout ça… Une question taraude le lecteur quand même. Que va faire Tilda ? Quelle est sa place au milieu de ce chaos politique ? Elle sera amenée à mener une quête personnelle (c’est marrant ça : « amenée à mener ») mais le lecteur, inquiet de son état, ne sait pas du tout ce qu’elle va devenir. Il y a de la puissance en elle, une puissance qui la dépasse. Qui va-t-elle devenir ? Voilà encore tout ce mystère à la fin du tome 1. Haletant. Et pouf, nous voilà dans le tome 2… Et là, je coince un peu dès le démarrage. Aïe. Mais pas tant que ça. Faut dire que le tome 1 était trop bon à mes yeux pour être égalé. Première incompréhension franche : le saut temporel entre le tome 1 et le tome 2. Pas compris. Les auteurs voulaient peut-être que le frère-roi soit adulte pour avoir une stature plus tyrannique. OK. Mais alors, pourquoi en avoir fait un chiard au début de l’histoire ? Si on y ajoute le dessin, on dirait une formule Game of Thrones qui a mal tourné. Genre King Joffrey. Pareil pour Tilda, dont la personnalité s’est trop brutalement transformée à mon goût. Heureusement que le dessin fait un bon boulot sur ce coup-ci (fatigue, cerne, langage corporel…). Il a dû y avoir quand même un accident quelque part, comme si le scénario avait mis trop de temps à se construire dans le 1er tome. Alors, par voie de conséquence, c’est le tome 2 qui prend. Et on perd assez longtemps l’aspect onirique au profit de l’action. C'est un peu regrettable. Cependant, je dois dire que les auteurs s’en sortent franchement bien. A travers toutes ces scènes d'action, l'histoire est envahie par une sorte de haine qui ronge notre héroïne. Une haine difficile à comprendre : est-ce à cause de l'Amour, du Pouvoir ou d'un maléfice ? En tout cas c'est une intrigue que j'ai trouvé intéressante et qui donne à Tilda une personnalité mystérieuse jusqu'à la fin. Aussi, ils ont réussi à rebattre les cartes des différents groupes politiques, qui étaient si bien segmentés initialement : la communauté de femmes se rallie, le trio de copains s’engage, Tilda la « révoltée » et la Résistance cherchent un terrain d’entente. Et enfin, l’autocratie panique. Ca ressemble à la reproduction d'une Guerre Mondiale en fait: chute de l’Allemagne nazie, construction d'un nouvel ordre et pacifisme universelle recherché à la suite d'une période traumatisante. Le deuxième point noir, c’est le scénario. Autant je disais que le conte était porté par le dessin dans le tome 1. Autant le dessin porte presque tout dans le tome 2. Franchement, avec toute cette action sur la première moitié, l’écriture n’a que très peu de profondeur. Il revient dans la seconde moitié mais quand même, c’est un peu limite. Avec cette longue bataille les cases s’enchaînent et défilent à une vitesse soutenue. Heureusement on peut toujours profiter des doubles pages magnifiques qui marquent un bon temps de pause. J’adore le style de Cyril Pedrosa, son dessin alimente notre imaginaire. Quant à l'épilogue, il est réussi : émouvant, heureux et poétique. Le fin mot de l’histoire valide l’idée que c’est un conte politique, ce qui ajoute originalité et charme. Sur le principe, je regrette que la notion de combat révolutionnaire soit si présente et finisse par prendre le pas sur le reste. Mon père spirituel serait davantage Albert Camus que Jean-Paul Sartre. Mais ce léger parfum d’anarchisme adoucit l’atmosphère. Dans un conte, on a le droit de rêver. Un excellent 4*. C’est le tome 2 qui m’empêche d’invoquer le Culte.

12/01/2022 (modifier)
Par Alizée
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série All You Need is Kill
All You Need is Kill

Le manga est sublime, les dessins sont magnifiques et l'histoire est tellement palpitante! Personnellement c'est mon ouvrage préféré, j'ai pleuré à la fin... Son seul défaut est qu'il soit divisé en deux tomes (mais ce n'est plus un problème si on a l'intégrale).

11/01/2022 (modifier)
Couverture de la série Le Voyage de Marcel Grob
Le Voyage de Marcel Grob

L'adage nous le répète " Les voyages forment la jeunesse." Mais le type de voyage de Marcel Grob l'a détruite d'une façon cataclysmique. L'excellent ouvrage de Philippe Collin et de Sébastien Goethals nous conte une histoire de "Malgré-nous". Nos compatriotes Alsaciens et Mosellans ont eu la pénible obligation de servir de chairs à canons pour les unités allemandes décimées par les combats dès 1942. C'était probablement plus une volonté d'affirmer la volonté d'accaparement et de contrôle de ces territoires et de leurs habitants par les occupants qu'une réelle aide militaire quand on voit le nombre d'incorporés par rapport à l'immensité de l'armée allemande. Toujours est-il que quand cela vous tombait dessus c'était affreux. L'ouvrage nous renvoie aux interrogations fondamentales de la condition humaine. Le scandale du mal, la liberté, la conscience et la responsabilité de ses actes et la justice. J.P Sartre a dit que les hommes n’avaient jamais été aussi libres que pendant la guerre (39/45) dans "La République du Silence" Cette phrase paradoxale est superbement illustrée par le récit des mésaventures de Marcel Grob. Contrairement à ce qu'il nous fait croire et ce qu'il veut encore se persuader sur son lit de mort, il avait le choix à chacune de ces étapes. Comme le grand Max qui prend le maquis, comme Koenig et Riedweg qui désertent et même comme Müller ou le lieutenant Brehme. Il y a des conséquences qui peuvent être terribles mais ce sont pour ces hommes-là que les GI sont morts sur les plages. Etre ou ne pas être, Mourir ... dormir, Grob lui se soumet à la situation et les quelques rares initiatives qu'il prend sont pour sauver ses Frères d'armes. Je ne sais pas si j'aurais fait mieux que lui mais dans la vérité du cœur au moment de l'agonie, je serais probablement rongé par le dégout de moi-même si j'acceptais ma conscience en toute lucidité. C'est ce tribunal qu'il a à affronter. C'est celui de madame Coscienza la greffière mais aussi, en français, sa conscience italienne. Je trouve l'idée du tribunal de l'examen de conscience excellente car elle permet de poser la question de la justice au delà du droit naturel et du droit positif. Grob a bénéficié d'un droit positif dont il s'est bien accommodé. Alors que ses victimes de Marzabotto auraient bien aimé pouvoir jouir de leur droit naturel. Les dessins de Sébastien Goethals sont précis, alternant la tension du bureau, la beauté des paysages italiens et la férocité de la violence paroxysmique. Pas de couleur pour ce monde infernal. Le plus c'est le dossier historique de Christian Ingrao qui remet certaines pendules à l'heure à propos des choix politiques fait au sortir de la guerre. C'était probablement légitime dans les années 50-60 mais aujourd'hui le temps de l'histoire, de la justice et de la vérité doit pouvoir voir le jour sans polémique. Un ouvrage à faire lire à tous les lycéens européens. Comme l'indique la dédicace d'entrée.

11/01/2022 (modifier)
Par Yann135
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série La Ballade du soldat Odawaa
La Ballade du soldat Odawaa

Que 5 avis pour cette BD magnifique ? Mais c’est juste dingue cette situation ! Lecteurs de bdthèque vous êtes passés à côté d’un truc génial ! Vous êtes en quête d’un super album, ne cherchez plus, vous devez vous procurer celui-ci sans hésiter ! Je vous raconte le pitch … Des snipers amérindiens sont dépêchés sur le sol français en février 1915 pour donner main forte à notre armée. Très rapidement l’un d’entre eux, le soldat Odawaa fait des dégâts dans les troupes allemandes. Un Chris Kyle avant l’heure. Il est particulièrement efficace. Son tableau de chasse devient impressionnant. L’ennemi met sa tête à prix. Ses exploits exaltent notre armée. Vous rajoutez en parallèle une chasse au trésor dans ce bourbier sanglant, sur la ligne du front, et vous voilà happés comme jamais dans une histoire sombre et violente. Qui est Odawaa ? Qui découvrira le fameux olifant de Rolland (cor d'ivoire des chevaliers, taillé dans une défense d'éléphant) ? Vous irez de rebondissements en rebondissements. Voilà donc une guerre des tranchées exaltante. Les balles et les obus fusent de partout. Le graphisme est noir. Bravo pour la colorisation qui contribue à un climat de fin du monde. Le champ de bataille est criant de réaliste. Oui nous sommes bien dans une guerre sale et poisseuse. Petit bémol cependant, l’utilisation de l’allemand n’apporte pas grand-chose même si cela n’est pas rédhibitoire. Lecture d’une seule traite bien évidement. Je recommande chaudement. Cela mérite une note à 4,5 étoiles largement !

11/01/2022 (modifier)
Couverture de la série Johan et Pirlouit
Johan et Pirlouit

Cette sympathique série de Peyo s'est fait dévorer par les petits personnages bleus qui apparaissent au neuvième album. C'est un peu dommage. . Dans un Moyen-Age fantasmé et gentillet, Johan le preux aide le bon seigneur à retrouver ses droits contre le mauvais. C'est le basique mais Peyo innove dans des univers qui tendent au merveilleux et à l'exploitation de mythes. Il y a donc une recherche dans le renouvellement des scenarii, ce qui rend la série non répétitive. C'est bien dessiné, avec de belles couleurs pour les enfants, des bonnes bagarres pleines de bosses pour les garçons et un couple de héros dissemblables et très attachants. C'est le personnage de Pirlouit qui donne toute sa valeur à la série. Trublion sympathique et dynamique avec sa biquette il donne vie et mouvements aux aventures. Toujours un brin râleur, ne tenant pas l'alcool et toujours malade sur mer ; il est le centre des gags parsemés dans les albums. Peyo a soigné les décors avec des villages, des auberges ou des châteaux où l'on se sent bien. Bonne série pour les enfants et pas que.

11/01/2022 (modifier)
Couverture de la série Big Kids
Big Kids

C’est la première fois que je lis un album de cet auteur canadien, dont les couvertures me faisaient de l’œil depuis pas mal de temps. J’avais acheté cet album « pour voir », attiré par ce petit format et ce très beau travail éditorial (comme souvent !) d’Atrabile : petit format avec couverture très épaisse. Des allures extérieures de carnet intime, ce que cet album pourrait tout à fait être, en y réfléchissant, puisqu’il nous dépeint les questionnements et certaines découvertes (sur lui, sur les personnes de son entourage) d’un grand adolescent (l’auteur ?), renfermé, un peu souffre-douleur de ses camarades, homosexuel mal dans sa peau, avec une famille assez distante (et un oncle carrément con). Très peu de textes dans des phylactères, mais généralement des commentaires du héros en off, en dessus ou au milieu des dessins. L’entrée en matière peut ressembler à du Pérec trash ; « Quelques trucs d’avant dont je me souviens : Jared qui me tire les cheveux pour me faire comprendre qu’il va jouir » accompagnant un dessin représentant le héros faisant une fellation au-dit Jared, voilà la première case !). Mais ce n’est pas du tout le cas. Bien au contraire, le récit bascule dès le premier tiers dans quelque chose d’éminemment poétique, métaphorique, les personnages apparaissant sous forme d’arbres ou de brindilles (la distinction ayant une signification). J’ai trouvé ce traitement de l’histoire intéressant, intelligent et original. Et la colorisation, très tranchée, ajoute à l’atmosphère de rêverie qui habille l’intrigue. Chouette découverte en tout cas, d’un auteur au style très personnel (à feuilleter avant d’investir), mais qui m’a convaincu d’aller jeter plus qu’un œil sur ses autres productions. Note réelle 3,5/5.

11/01/2022 (modifier)