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Les Lettres de mon Moulin

Note: 3.25/5
(3.25/5 pour 4 avis)

Adaptation des légendaires lettres d'Alphonse Daudet par un dinosaure de la grande époque franco-belge, Mittéï.


1816 - 1871 : De la chute du Premier Empire à la Commune Adaptations de romans en BD Alphonse Daudet Journal Spirou

Qui ne connait les Lettres de mon Moulin ? Mais qui prétend connaître toutes les histoires reprises dans ce vieux recueil de nouvelles (il date de 1869) ? Grâce à Mittéï, plus aucune ne vous sera inconnue, avec l'immense avantage d'être illustrée par un très grand dessinateur de l'époque franco-belge.

Scénariste
Auteur oeuvre originale
Dessinateur
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution Octobre 1979
Statut histoire Histoires courtes 3 tomes parus
Couverture de la série Les Lettres de mon Moulin © Joker 1979

30/07/2009 | Mac Arthur
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L'avatar du posteur Agecanonix

Mittéi reste comme un de mes dessinateurs préférés au journal Tintin où il est entré en 1959 en animant les aventures de Rouly-la-brise, et dont il fera les beaux jours en BD humoristique ; son style vif et pétillant, ses petits personnages toujours enjoués et malicieux et ses nombreux contes de Noël ont fait la joie de nombreux lecteurs. Il est vrai que les contes de Noël au journal, ça tombait toujours sur Mittéi car il était très doué pour les illustrer avec sa poésie et son humour joyeux. Aussi, illustrer "les Lettres de mon moulin", c'était pour lui prédestiné, surtout qu'il avait déjà illustré certains de ces contes dans Tintin, notamment les 3 Messes basses (en 1964 dans le n° 844 du journal), mais dans un traitement totalement différent de ce qui est offert dans la version de cet album. Il reprend donc des personnages pittoresques issus des souvenirs de Daudet et de sa Provence natale, insuffle beaucoup de charme, de verve méridionale et dessine toujours d'un trait pétillant, mais même si l'exercice s'avère de bonne qualité, je ne retrouve pas la finesse, la légèreté, la fraîcheur et l'émotion poétiques, mêlées d'un humour tendre qui restent la marque essentielle de Daudet, ce qui sera insurpassé et rendra son oeuvre très populaire. Tout ceci transpire moins dans cet album, le mot reste supérieur à l'image, Daudet ayant insufflé une telle âme dans ces contes. D'autre part, certains dessins sont d'un style plus moderne, différent de la grande époque du journal Tintin, il y a peut-être moins de malice, c'est plus dans l'esprit Spirou (puisque Mittéi après sa reprise de Modeste et Pompon avait rejoint ce journal ), en tout cas je préférais son ancien style. Ceci dit, ça reste de la très bonne BD, une bonne adaptation qui sera idéale pour ceux qui n'ont pas envie de lire Daudet.

24/06/2014 (modifier)
Par Gaston
Note: 3/5
L'avatar du posteur Gaston

Lorsque j'ai lu cette série plus jeune, je ne connaissais que 'La Chèvre de monsieur Seguin' et vaguement 'La Mule du pape'. J'étais donc ravi de découvrir des histoires remplies d'émotions, de poésie et surtout de personnages fabuleux. En prime, le dessin de Mittei au top de sa forme. À l'époque, j'aurais mis 4 étoiles sans hésiter. Plus tard, j'ai dévoré le recueil de nouvelles d'Alphonse Daudet et j'ai encore plus adoré les différents récits. Récemment, j'avais envie de relire la version bande dessinée et bien à mon grand étonnement j'ai moins apprécié. Hormis le fait que l'aspect nouveauté n'est plus présent, je trouve qu'il y a beaucoup moins de poésie que dans les histoires originales. Bien sûr, il y a encore de la poésie, mais cette adaptation perd de sa saveur après qu'on ait lu l'œuvre originale. Ça reste tout de même une lecture sympathique qui pourra sans doute plaire à ceux qui ne connaissent pas l'œuvre de Daudet.

08/05/2011 (modifier)
Par Spooky
Note: 3/5
L'avatar du posteur Spooky

Mitteï était l'un des représentants les moins visibles de l'école des "gros nez" de Marcinelle. Entendez par là le vivier d'où sont sortis des gens comme Peyo, Seron, Franquin... Pourtant son oeuvre est des plus intéressantes, du moins pour ceux qui appréciaient cette époque. Ici nous avons un recueil de ses adaptations de l'un des plus grands écrivains français, à savoir Alphonse Daudet, et de ses célèbres "Lettres de mon moulin". Cette association paraît évidente, tant Mitteï excellait dans le style "mignon" et humoristique qui baigne la plupart des récits de Daudet. Premère constatation, ce recueil est un bel objet, la maquette est soignée avec des intercalaires reprenant certains dessins de l'auteur, ainsi que des avant-propos de Mitteï lui-même, de M. Archive (Yvan Delporte ?) ou de sa fille. L'avantage d'un tel recueil est surtout la découverte de récits moins connus que les sempiternels Chèvre de M. Seguin ou Le Curé de Cucugnan, et l'on peut voir la palette du talent de Mitteï, sur des histoires un peu plus sombres que celles-ci. Par contre, lorsque l'auteur essaye d'aller vers un peu plus de réalisme, la sauce ne prend pas trop à mon goût, il aurait dû se confiner dans son style semi-réaliste si joli. J'aime beaucoup les planches du "Sous-préfet aux champs" par exemple, emplies de poésie simple et de couleurs si jolies. La présence dans certaines planches de certains de ses amis auteurs, tels Franquin et Delporte, ne me gêne pas outre mesure, c'était de mise dans les récits de Noël de cette époque. Les histoires sont très agréables, le dessinateur ayant fait du beau boulot d'adaptation, et l'on pourrait presque dire qu'il est l'adaptateur idéal de Daudet. Par contre certaines digressions graphiques, ainsi que des couleurs moins agréables dans les derniers récits ont un peu atténué mon enthousiasme au cours de cette lecture.

09/05/2010 (modifier)
L'avatar du posteur Mac Arthur

S’il est bien deux thèmes dans lesquels Mittéï excellait, ce sont les contes et les histoires courtes. Par conséquent, illustrer « les Lettres de mon Moulin » était un travail on ne peut plus dans ses cordes. Et le résultat fut à la hauteur de mes attentes. Le style souple de l’artiste s’adapte parfaitement au conte illustré. Certes, on reste toujours dans du franco-belge de la grande époque (les planches sont produites entre 1969 et 1984), mais en fonction de la gravité de l’histoire, le trait de l’artiste se fait plus ou moins rond. Grâce à son talent, l’émotion est toujours au rendez-vous, que l’histoire soit triste (l’Arlésienne) ou drôle (l’élixir du révérend Père Gaucher). Maintenant, la question se pose quant à l’opportunité d’illustrer un livre déjà aussi célèbre. Je dirais simplement que, personnellement, je n’aurais sans doute pas connu certains des contes des lettres de mon moulin s’ils n’avaient été illustrés par Mittéï. En effet, la plupart du temps, on nous ressert les mêmes histoires (les trois messes basses, la chèvre de monsieur Seguin), en laissant de côté certaines perles de ce génial conteur qu’était Alphonse Daudet. Petit bémol : je n’ai que très moyennement apprécié la présence (en tant que figurants) de plusieurs personnages (auteurs et héros) du magasine de Spirou dans la première nouvelle (les trois messes basses). Ce clin d’œil (qui se justifiait certainement à l’époque du fait que le conte était destiné à un numéro spécial de Noël) me semble, à l’heure actuelle, peu respectueux vis-à-vis de l’œuvre originale. En résumé : cette adaptation des Lettres de mon Moulin par un des monstres de la bd franco-belge de la grande époque est intéressante, très bien réalisée, émouvante et reste d’un modernisme étonnant lorsque l’on pense qu’Alphonse Daudet avait écrit ces lettres il y a plus ou moins 140 ans. Franchement bien, et toujours d’actualité, la série ayant étonnamment bien vieilli.

30/07/2009 (modifier)