Je trouve que David Ratte s'est aventuré dans un concept original et courageux. Le sujet de la laïcité étant ce qu'il est en France proposer une relecture des Evangiles pour en faire une BD humoristique est une gageure.
Sa série est un bel exemple de liberté d'expression et je trouve cela très bien. J'avoue que j'ai été bluffé par les trois tomes du cycle 1. Je ne sais pas si le parti pris de David Ratte d'une vision des textes évangéliques via trois pères des apôtres avait déjà été exploitée mais je trouve que sa proposition est vraiment intéressante.
Pour ma part j'ai trouvé le scénario très créatif malgré la volonté de l'auteur de suivre au plus près la trame du parcours de Jésus décrite dans le Nouveau Testament et de garder un vocabulaire fidèle avec l'esprit du texte. Je trouve que cette double vision intérieure (la croyance) et extérieure (le scepticisme) est proposée avec beaucoup d'intelligence.
Le pont entre les deux points de vue étant l'humour fourni essentiellement par Jonas dans le cycle 1 puis par les conspirateurs dans le cycle 2. Paradoxalement je trouve que c'est quand David Ratte est plus libre de son récit (T4 et T5) qu'il est un peu moins bon. Cela est vite rattrapé par le T6 que je trouve très bon avec un épilogue original qui conclut de façon inattendue et intelligente cette belle série.
J'aime beaucoup ce type de graphisme semi réaliste qui convient à une BD aux dessins classiques destinés à tous les publics. J'ai particulièrement apprécié le soin apporté aux dessins des extérieurs villes et campagnes de Palestine. Les visages sont très expressifs dans leurs mimiques d'humour avec un côté légèrement caricatural pour certains personnages comme les romains.
La mise en couleur est vraiment bien adaptée au récit avec ce très bon travail sur les jaunes et les bruns qui colorent les peaux, les villes et les terres arides des campagnes palestiniennes.
Une belle série qui m'a conquis avec l'envie de poursuivre dans l'oeuvre de David Ratte.
Tome 1 - Les Mains d'Illian
Le joli néologisme du titre reflète à merveille ce conte où il est question d’oiseaux sculptés dans le bois. On connaissait le talent de conteur de Hubert, scénariste prolifique dont on ne citera que la fabuleuse saga gothique des « Ogres-Dieux ». Son talent, il le met cette fois au service de Gaëlle Hersant, dessinatrice remarquée en 2015 pour sa biographie sur Marie-Angélique Leblanc, Sauvage (Delcourt).
« Le Boiseleur » possède tous les attraits des contes de notre enfance, ne serait-ce que parce qu’il emprunte à la magie de « Pinocchio », Illian évoquant de loin le personnage de Geppetto. Le livre bénéficie par ailleurs d’une narration simple avec des thématiques très contemporaines. Sans vouloir interpréter à outrance les propos de l’auteur, le jeune ouvrier Illian ne symbolise-t-il pas d’une certaine manière tous les enfants des pays pauvres exploités pour la fabrication des jouets à destination des Occidentaux ? Le même Illian qui ose faire la cour à la fille de son patron, n’enfreint-il pas les règles implicites voulues par les classes dirigeantes, consistant à maintenir les couches populaires dans leurs conditions misérables, à les empêcher de s’élever au dessus du plafond de verre séparant les dominants des dominés ?… Le don du jeune garçon pour sculpter les oiseaux est à ce titre on ne peut plus symbolique…
Cette thématique sociale vieille comme le monde se double d’une autre, plus sociétale, qui aurait à voir avec nos comportements consuméristes aux effets pervers. Ici, c’est le don extraordinaire d’Illian qui, à cause du panurgisme des habitants de Solidor, va devenir une malédiction, entraînant la disparition des vrais oiseaux de l’île, et avec eux leurs chants…
Le bel univers graphique de Gaëlle Hersent est loin d’être étranger au charme très particulier de ce récit. Comme si les oiseaux l’avaient inspirée, son trait semble se déployer à la manière du long plumage de ces merveilleuses créatures, pour la plupart exotiques, si bien qu’on aurait presque la sensation de les entendre agiter leurs ailes ou jaser leurs trilles harmonieuses. Des chants d’oiseaux qui persistent dans votre tête et vos oreilles longtemps après avoir refermé le livre… Il y a décidément de la magie dans ce « Boiseleur »…
Non dénué d’un certain humour, le premier tome de ce diptyque se referme sur une note inattendue pleine de poésie, suggérant d’autres belles séquences à venir. Publiée dans la collection « Métamorphose », l’ouvrage bénéficie, faut-il le préciser, d’une magnifique présentation.
Tome 2 - L'Esprit d'atelier
Alors que la première partie était centrée sur l’activité sur bois de notre jeune héros Illian, « L’Esprit d’atelier » nous fait pénétrer dans le monde de la sculpture sur pierre, ce qui renouvelle de façon originale ce conte plein de magie. Le grand mérite de l’histoire est de nous faire aborder la sculpture sous l’angle du merveilleux tout en initiant les plus béotiens d’entre nous (dont je fais partie) au « plus mystérieux des arts ». Illian lui-même, coutumier de la sculpture sur bois, réalise que travailler la pierre, ce n’est pas du tout la même limonade ! S’il a su faire preuve de son talent avec ses oiseaux en bois, le pauvre garçon est désormais totalement déboussolé, avouant ne rien piper aux principes de façonnage de ce matériau. Le bois, c’est tendre, mais le caillou, c’est pas chou ! L’identification au jeune artiste sera d’autant plus aisée pour les « cancres » en la matière…
Mettre en images un tel sujet n’était pas à la portée de n’importe quel dessinateur. Gaëlle Hersent se montre largement à la hauteur, très à l’aise pour représenter les formes, le mouvement et les courbes de la statuaire. Son crayon virevolte au rythme du ciseau, et certaines planches nous laissent admiratif, avec cette sensation de nous être appropriés les bases d’un art fascinant. Après ça, forcément, on ne regardera plus tout à fait les statues de la même façon… En revanche, si la colorisation est sobre, on pourra regretter, même si ça ne gâche pas l’ensemble, cette propension à utiliser les mêmes tonalités, qui voient principalement le marron converser avec le beige, l’orange ou un bleu tirant vers le gris, ce qui confère à l’ensemble une certaine monotonie.
Comme pour chacune de ses œuvres, Hubert n’a pas oublié d’être « inclusif », sans ostentation toutefois, en intégrant à l’histoire des personnages d’origine ethnique diverses et en faisant des femmes autre chose que les faire-valoir de la gent mâle. Mais ce que l’on retiendra surtout, c’est le contenu philosophique de ce conte, dans lequel les artistes « officiels », les vaniteux, qui sont souvent les mêmes, en prennent pour leur grade. L’arrogance et l’esbroufe, c’est pas le genre de la maison Hubert ! Quant au twist final qui vient ponctuer la compétition finale entre les deux ateliers desquels le timide Illian est l’un des représentants — avec un enjeu terrible, la mise au ban de l’atelier perdant ! —, il nous invite peut-être juste à être nous-mêmes, en évitant le « côté obscur » induit par un ego surdimensionné aux effets potentiellement dévastateurs… Et pour les plus romantiques d’entre nous, les auteurs n’ont bien sûr pas oublié la discrète « love story » entre Illian et Flora, sa dulcinée restée au pays qu’il croyait perdue à jamais. Mais les auteurs nous évitent le « Ils-furent-heureux-et-eurent-beaucoup-d ’enfants » en privilégiant une fin plus subtile… Avec pour seule conclusion : en art comme en amour, c’est toujours la pureté des sentiments qui prime…. Et pour le second, pas besoin de ciseau, de gouge ou de rabot…
Avec la collection « signé » de chez Le Lombard, nous sommes rarement déçus. Et je ne suis pas le plus facile à séduire ! Et pourtant sur ce coup-là, je vous le dis tout de go, ce nouvel album va bien au-delà de mes attentes. C’est sublissime ! Mes yeux se sont écarquillés devant ces planches magnifiques ! Ayant sillonné de long en large l’Arizona, le Nevada ou encore l’Utah, je peux affirmer haut et fort que dès les premières pages vous êtes transportés dans le désert au point de se demander si Philippe Xavier n’y habite pas.
Admirable, merveilleux, superbe, les superlatifs me manquent. J’apprécie particulièrement le trait précis de Philippe Xavier. Les détails fourmillent dans toutes les planches. Après une lecture d’une seule traite, j’ai immédiatement remis le couvert pour cette fois-ci scruter et fouiller les cases dans le moindre recoin. Je suis émerveillé. Le travail est colossal. Chapeau bas !
Même si le dessin est brillant, quid du scénario ? Matz est sur le même niveau que Philippe Xavier. C’est de la haute volée. L’histoire ne s’essouffle pas. Il y a du rythme et du suspens. C’est dynamique mes aïeux vous pouvez me croire ! Pas une seconde de répit pour le lecteur. Vous avalerez l’album comme un petit bonbon acidulé. Ca pique mais que c’est bon !
Vous pouvez faire cette virée dans le far west des années 70, les yeux fermés – ou plutôt les yeux ouverts. Dans le commentaire d’ Agecanonix qui a lu l’album en noir et blanc – une hérésie à mon avis cet album – "j'imagine qu'en couleurs, ça doit déchirer sa race" ! je confirme. Tout est dit. Cet album déchire sa race ! pour être plus conventionnel je dirais … Xavier & Matz au sommet de leur art ! Bravo !
Jim Bishop a du talent.
Pour son deuxième album comme auteur complet, Jim Bishop nous offre un petit bijou qui brille par son ingéniosité, sa trame et sa sensibilité.
Un roman graphique, oui mais avec tous les ingrédients du conte, un conte avec un relent de Peter Pan (ses fées et sa forêt magique).
Dans un monde médiéval et féerique, Cléa, une jolie princesse, fuit un mariage arrangé avec Berthier, prince de l'Eau. Elle part avec Pierrot le magicien pour vivre le grand amour.
L'amour est bien présent, mais il n'est que le fil conducteur qui va dénuder les âmes avec la perte de l'innocence, le mensonge, le sacrifice et la soif de liberté.
Une narration intelligente et dérangeante qui questionne sur les méfaits de l'amour et l'appropriation d'une personne aimée, mais surtout sur cette petite flamme qui brûle en chacun de nous qu'on appelle "nos rêves".
Une fin touchante qui m'a ému.
Un dessin tout en délicatesse avec une petite touche de manga dans certaines expressions des visages. Un trait fin, précis et expressif.
Une mise en page flamboyante.
Des couleurs chatoyantes.
Hypnotisant.
Une vraie belle surprise.
Un album à découvrir de toute urgence.
Coup de cœur.
Jim Bishop a du talent.
Un étrange conteur, au début du XIXème siècle, se rend dans une taverne et propose le gite et le foyer une une histoire prenante. Introduction classique, pour une histoire qui l'est moins : nous sommes ramenés 20 ans en arrière, dans un récite fantastique mêlant navire fantômes, et démons marins qui à priori s'attachent à tuer certains membres d'équipages et à les marquer d'un grand "A". Le personnage centrale du récit dans le récit est un jeune mousse (dont on devine qu'il s'agit du conteur du début du récit) qui interprète les évènements par le biais d'un carnet de croquis. L'atmosphère est prenante, l'ensemble mystérieux, mêlant horreur, fantastique et dans une très moindre mesure enquête policière.
La double chute que viendra clore le récit nous emmènera dans une toute autre direction, nous rappelant les plus grands monstres sont au sein de l'humanité.
Tout n'est certes pas parfait, mais on est scotché de A à Z.
Avec les éditions Nada, vous aurez assurément une BD engagée. Les sujets sociaux sont au cœur de sa ligne éditoriale. Et franchement je vous l’assure, vous ne serez pas déçus ! Un peu de culture bon sang, cela n’a jamais fait de mal à personne.
Avec cet album vous plongerez allégrement dans des moments de la vie trépidante et mouvementée de Margaret Sanger, une militante américaine qui lutta pour la contraception et la liberté d'expression, ce qui l'amena à fonder l'American Birth Control League (ligue pour le contrôle des naissances), qui devient le planning familial américain – rien que ça ! - sous le nom de Planned Parenthood. Initialement reçues avec beaucoup de résistances – nous sommes dans les années 1920/1930 - l’idée qu'une femme puisse décider de quand et comment elle serait enceinte, gagnèrent peu à peu de l'audience, tant dans le public qu'auprès des tribunaux. Margaret Sanger a été un élément fondateur dans l'accès à la contraception et au contrôle des naissances. Un CV impressionnant non ?
Margaret Sanger a dû batailler pour se faire entendre. Elle était sur tous les fronts sans jamais se décourager, sans jamais être démoralisée, sans jamais courber l’échine devant l’adversité ou la justice des hommes. Les menaces reçues, sa santé vacillante l’ont rendue plus forte ! Sa détermination est à saluer par tous car le travail accompli est stupéfiant. Sa cause est au-dessus de tout, même de sa propre famille.
Il faut l’avouer, son opiniâtreté sans faille à changer le cours de l’histoire de millions de femmes à travers le monde. L’accès légal à la contraception est sa plus grande victoire. Margaret Sanger, je le dis haut et fort devrait être prix Nobel ! C’est presque une sainte ! Pourtant aujourd’hui, alors que cela devrait être un acquis, la cour suprême des Etats- Unis a annulé en juin 2022 le droit à l’avortement dans tout le pays ! Chaque état pourra donc autoriser ou d’interdire l’IVG ! Mais dans quel monde vivons-nous ? Comment est ce possible encore aujourd'hui ? Nous ne sommes pas encore sortis le cul des ronces !
Peter Bagge a réussi son pari. Faire une biographie dessinée dynamique tout en mettant l’accent sur la force de cette femme incroyable. Les chapitres sont courts. Ce s’enchaine aisément. La lecture est fluide et subtile. Et pourtant ce n’est pas aisé comme exercice. Je suis donc particulièrement séduit par le rendu énergique. Cette bande dessinée engagée est magnifique. Je recommande vivement sa lecture surtout que les éditions Nada viennent de re imprimer cet album.
Gros coup de cœur pour cet album terriblement humain. Venice Beach à LA, où l’Amérique fortunée côtoie la plus grande pauvreté. C’est déjà une terrible entrée en matière. Dans cet univers en marge de la société, un clochard alcoolique découvre par hasard le cadavre d’une jeune fille dans une poubelle. Eddie, le clochard, va mener son enquête à sa manière et à son rythme, interrogeant les SDF, remontant la piste du tueur, tout en continuant à chercher un coin pour dormir et une bière à boire. Le personnage est attachant, la construction du scénario fonctionne parfaitement, on alterne entre l’enquête et les bas-fonds de LA. Les deux s’entremêlent jusqu’au dénouement de l’affaire. Le fait que ce soit un clochard qui mène l’enquête est tout à fait crédible, on suit ses avancées, ses doutes, ses émotions et les autres personnages qui interviennent dans l’histoire sont tout aussi intéressants. En marge de l’enquête, Eddie est aussi confronté à la relation avec son fils. On découvre une autre facette du personnage qui aurait gagné à être développée. Le récit est fluide, le dessin très beau avec les gueules des sans abris plus abimées par la vie les unes que les autres. Un thriller bien mené avec en arrière-plan une vraie claque sur cet univers sans espoir.
3ème avis du week-end sur Le Labyrinthe inachevé de Jeff Lemire. Cette BD mérite d'avoir le vent en poupe.
Les avis élogieux m'ont poussé à feuilleter le bouquin dont le thème m'intéressait. Puis le feuilletage m'a complètement poussé à l'achat. Déjà pour ce qui sautait aux yeux, le dessin, qui m'a plu direct. Quelques traits subtils suffisent à changer l'expression des personnages du tout au tout, il y a du détail, une colorisation qui s'adapte... Et puis beaucoup de cases muettes, et ça, ça m'intriguait. Voir si peu de textes
Et pourtant ce texte il reste en tête, la traduction n'ayant certainement pas dénaturé la version originale. Très puissant et efficace, il nous permet de rester en plein cœur de l'intrigue et des pensées de William. Chaque mot et chaque dialogue sont à leur place.
Et puis j'ajoute le coup de cœur pour le scénario. Le lecteur lui-même est au cœur de ce labyrinthe, sachant ce qu'il aimerait trouvé mais n'ayant aucune idée du chemin qui sera pris. On se demande si Will va s'en sortir, alors que ses pensées se confrontent avec la réalité, le rêve, l'illusion et l'amnésie. Toute cette quête m'a ému à plusieurs reprises, et il y a une tension ambiante qui empêche de fermer le bouquin. Les nouvelles lectures n'en seront pas moins intéressantes, car il y a d'autres sujets à explorer que l'histoire en elle-même.
La petite magie de cette histoire est, je trouve, d'avoir réussi à créer une histoire si personnelle et profondément émouvante avec une lecture aussi limpide. Laisser la place au silence permet parfois de s'exprimer davantage.
Une approche vraiment originale sur le deuil, où l'allégorie du labyrinthe prend tout son sens. Le style du dessin tient un rôle essentiel, il y a intérêt de l'apprécier pour aimer ce récit je pense. En ce qui me concerne, c'est une des pépites de l'année
Le labyrinthe inachevé de Jeff Lemire chez Futuropolis - 2022
Will est inspecteur des bâtiments pour la ville. Quand il rentre le soir chez lui, on sent sa solitude et sa neurasthénie. Il a perdu sa fille il y a 10 ans et ses traits qui s'estompent dans sa mémoire le désespère. Un jour il reçoit un coup de fil mystérieux. La voix qu'il entend c'est celle de sa fille qui lui dit qu'elle est coincée au centre. Il se remémore les Labyrinthes qu'elle aimait faire et contre toute vraisemblance il part à sa recherche, convaincu que c'est bien elle.
Dans un graphisme maîtrisé, l'auteur reste sobre dans ses couleurs qui sont apposés soit façon lavis soit comme des aquarelles. Il nous invite, cependant à suivre un fil rouge, celui, du vieux pull que la fillette affectionnait.
De recherches en rencontres, Will avance et cherche. Saura-t-il trouver?
Ça parle de mémoire, d'oubli, de deuil, de rédemption, de reconstruction, d'espoir. Ça se lit en apnée, avec l'émotion au bord des lèvres.
Une BD magnifique tant par le dessin qui semble fait, par moment, dans l'urgence, que par le texte qui génére un coup AU cœur. Un véritable coup DE cœur
#lelabyrintheinacheve #lelabyrintheinachevé #jefflemire #futuropolis #bd #deuil
J’ai beaucoup aimé « Un Jardin extraordinaire », équivalent jeunesse de l’excellent L'Oasis de Simon Hureau, même si ce dernier ne s’occupe ici que du dessin.
J’ai eu un peu de mal avec certains concept un peu trop « new age » pour moi (parler aux plantes pour les rendre heureuses), mais de manière générale j’ai beaucoup apprécié la philosophie proche de la nature de la grand-mère, véritable bouffée d’air frais pour les enfants trop souvent collés à leurs écrans.
D’autant plus que le dessin de Simon Hureau convient parfaitement à ce genre d’histoire : on sent presque les herbes aromatiques, l’odeur de la terre chaude, on entend le chant des oiseaux… Il s’en dégage une certaine nostalgie qui m’a beaucoup plu.
Un album jeunesse recommandable.
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Le Voyage des Pères
Je trouve que David Ratte s'est aventuré dans un concept original et courageux. Le sujet de la laïcité étant ce qu'il est en France proposer une relecture des Evangiles pour en faire une BD humoristique est une gageure. Sa série est un bel exemple de liberté d'expression et je trouve cela très bien. J'avoue que j'ai été bluffé par les trois tomes du cycle 1. Je ne sais pas si le parti pris de David Ratte d'une vision des textes évangéliques via trois pères des apôtres avait déjà été exploitée mais je trouve que sa proposition est vraiment intéressante. Pour ma part j'ai trouvé le scénario très créatif malgré la volonté de l'auteur de suivre au plus près la trame du parcours de Jésus décrite dans le Nouveau Testament et de garder un vocabulaire fidèle avec l'esprit du texte. Je trouve que cette double vision intérieure (la croyance) et extérieure (le scepticisme) est proposée avec beaucoup d'intelligence. Le pont entre les deux points de vue étant l'humour fourni essentiellement par Jonas dans le cycle 1 puis par les conspirateurs dans le cycle 2. Paradoxalement je trouve que c'est quand David Ratte est plus libre de son récit (T4 et T5) qu'il est un peu moins bon. Cela est vite rattrapé par le T6 que je trouve très bon avec un épilogue original qui conclut de façon inattendue et intelligente cette belle série. J'aime beaucoup ce type de graphisme semi réaliste qui convient à une BD aux dessins classiques destinés à tous les publics. J'ai particulièrement apprécié le soin apporté aux dessins des extérieurs villes et campagnes de Palestine. Les visages sont très expressifs dans leurs mimiques d'humour avec un côté légèrement caricatural pour certains personnages comme les romains. La mise en couleur est vraiment bien adaptée au récit avec ce très bon travail sur les jaunes et les bruns qui colorent les peaux, les villes et les terres arides des campagnes palestiniennes. Une belle série qui m'a conquis avec l'envie de poursuivre dans l'oeuvre de David Ratte.
Le Boiseleur
Tome 1 - Les Mains d'Illian Le joli néologisme du titre reflète à merveille ce conte où il est question d’oiseaux sculptés dans le bois. On connaissait le talent de conteur de Hubert, scénariste prolifique dont on ne citera que la fabuleuse saga gothique des « Ogres-Dieux ». Son talent, il le met cette fois au service de Gaëlle Hersant, dessinatrice remarquée en 2015 pour sa biographie sur Marie-Angélique Leblanc, Sauvage (Delcourt). « Le Boiseleur » possède tous les attraits des contes de notre enfance, ne serait-ce que parce qu’il emprunte à la magie de « Pinocchio », Illian évoquant de loin le personnage de Geppetto. Le livre bénéficie par ailleurs d’une narration simple avec des thématiques très contemporaines. Sans vouloir interpréter à outrance les propos de l’auteur, le jeune ouvrier Illian ne symbolise-t-il pas d’une certaine manière tous les enfants des pays pauvres exploités pour la fabrication des jouets à destination des Occidentaux ? Le même Illian qui ose faire la cour à la fille de son patron, n’enfreint-il pas les règles implicites voulues par les classes dirigeantes, consistant à maintenir les couches populaires dans leurs conditions misérables, à les empêcher de s’élever au dessus du plafond de verre séparant les dominants des dominés ?… Le don du jeune garçon pour sculpter les oiseaux est à ce titre on ne peut plus symbolique… Cette thématique sociale vieille comme le monde se double d’une autre, plus sociétale, qui aurait à voir avec nos comportements consuméristes aux effets pervers. Ici, c’est le don extraordinaire d’Illian qui, à cause du panurgisme des habitants de Solidor, va devenir une malédiction, entraînant la disparition des vrais oiseaux de l’île, et avec eux leurs chants… Le bel univers graphique de Gaëlle Hersent est loin d’être étranger au charme très particulier de ce récit. Comme si les oiseaux l’avaient inspirée, son trait semble se déployer à la manière du long plumage de ces merveilleuses créatures, pour la plupart exotiques, si bien qu’on aurait presque la sensation de les entendre agiter leurs ailes ou jaser leurs trilles harmonieuses. Des chants d’oiseaux qui persistent dans votre tête et vos oreilles longtemps après avoir refermé le livre… Il y a décidément de la magie dans ce « Boiseleur »… Non dénué d’un certain humour, le premier tome de ce diptyque se referme sur une note inattendue pleine de poésie, suggérant d’autres belles séquences à venir. Publiée dans la collection « Métamorphose », l’ouvrage bénéficie, faut-il le préciser, d’une magnifique présentation. Tome 2 - L'Esprit d'atelier Alors que la première partie était centrée sur l’activité sur bois de notre jeune héros Illian, « L’Esprit d’atelier » nous fait pénétrer dans le monde de la sculpture sur pierre, ce qui renouvelle de façon originale ce conte plein de magie. Le grand mérite de l’histoire est de nous faire aborder la sculpture sous l’angle du merveilleux tout en initiant les plus béotiens d’entre nous (dont je fais partie) au « plus mystérieux des arts ». Illian lui-même, coutumier de la sculpture sur bois, réalise que travailler la pierre, ce n’est pas du tout la même limonade ! S’il a su faire preuve de son talent avec ses oiseaux en bois, le pauvre garçon est désormais totalement déboussolé, avouant ne rien piper aux principes de façonnage de ce matériau. Le bois, c’est tendre, mais le caillou, c’est pas chou ! L’identification au jeune artiste sera d’autant plus aisée pour les « cancres » en la matière… Mettre en images un tel sujet n’était pas à la portée de n’importe quel dessinateur. Gaëlle Hersent se montre largement à la hauteur, très à l’aise pour représenter les formes, le mouvement et les courbes de la statuaire. Son crayon virevolte au rythme du ciseau, et certaines planches nous laissent admiratif, avec cette sensation de nous être appropriés les bases d’un art fascinant. Après ça, forcément, on ne regardera plus tout à fait les statues de la même façon… En revanche, si la colorisation est sobre, on pourra regretter, même si ça ne gâche pas l’ensemble, cette propension à utiliser les mêmes tonalités, qui voient principalement le marron converser avec le beige, l’orange ou un bleu tirant vers le gris, ce qui confère à l’ensemble une certaine monotonie. Comme pour chacune de ses œuvres, Hubert n’a pas oublié d’être « inclusif », sans ostentation toutefois, en intégrant à l’histoire des personnages d’origine ethnique diverses et en faisant des femmes autre chose que les faire-valoir de la gent mâle. Mais ce que l’on retiendra surtout, c’est le contenu philosophique de ce conte, dans lequel les artistes « officiels », les vaniteux, qui sont souvent les mêmes, en prennent pour leur grade. L’arrogance et l’esbroufe, c’est pas le genre de la maison Hubert ! Quant au twist final qui vient ponctuer la compétition finale entre les deux ateliers desquels le timide Illian est l’un des représentants — avec un enjeu terrible, la mise au ban de l’atelier perdant ! —, il nous invite peut-être juste à être nous-mêmes, en évitant le « côté obscur » induit par un ego surdimensionné aux effets potentiellement dévastateurs… Et pour les plus romantiques d’entre nous, les auteurs n’ont bien sûr pas oublié la discrète « love story » entre Illian et Flora, sa dulcinée restée au pays qu’il croyait perdue à jamais. Mais les auteurs nous évitent le « Ils-furent-heureux-et-eurent-beaucoup-d ’enfants » en privilégiant une fin plus subtile… Avec pour seule conclusion : en art comme en amour, c’est toujours la pureté des sentiments qui prime…. Et pour le second, pas besoin de ciseau, de gouge ou de rabot…
Le Serpent et le Coyote
Avec la collection « signé » de chez Le Lombard, nous sommes rarement déçus. Et je ne suis pas le plus facile à séduire ! Et pourtant sur ce coup-là, je vous le dis tout de go, ce nouvel album va bien au-delà de mes attentes. C’est sublissime ! Mes yeux se sont écarquillés devant ces planches magnifiques ! Ayant sillonné de long en large l’Arizona, le Nevada ou encore l’Utah, je peux affirmer haut et fort que dès les premières pages vous êtes transportés dans le désert au point de se demander si Philippe Xavier n’y habite pas. Admirable, merveilleux, superbe, les superlatifs me manquent. J’apprécie particulièrement le trait précis de Philippe Xavier. Les détails fourmillent dans toutes les planches. Après une lecture d’une seule traite, j’ai immédiatement remis le couvert pour cette fois-ci scruter et fouiller les cases dans le moindre recoin. Je suis émerveillé. Le travail est colossal. Chapeau bas ! Même si le dessin est brillant, quid du scénario ? Matz est sur le même niveau que Philippe Xavier. C’est de la haute volée. L’histoire ne s’essouffle pas. Il y a du rythme et du suspens. C’est dynamique mes aïeux vous pouvez me croire ! Pas une seconde de répit pour le lecteur. Vous avalerez l’album comme un petit bonbon acidulé. Ca pique mais que c’est bon ! Vous pouvez faire cette virée dans le far west des années 70, les yeux fermés – ou plutôt les yeux ouverts. Dans le commentaire d’ Agecanonix qui a lu l’album en noir et blanc – une hérésie à mon avis cet album – "j'imagine qu'en couleurs, ça doit déchirer sa race" ! je confirme. Tout est dit. Cet album déchire sa race ! pour être plus conventionnel je dirais … Xavier & Matz au sommet de leur art ! Bravo !
Mon ami Pierrot
Jim Bishop a du talent. Pour son deuxième album comme auteur complet, Jim Bishop nous offre un petit bijou qui brille par son ingéniosité, sa trame et sa sensibilité. Un roman graphique, oui mais avec tous les ingrédients du conte, un conte avec un relent de Peter Pan (ses fées et sa forêt magique). Dans un monde médiéval et féerique, Cléa, une jolie princesse, fuit un mariage arrangé avec Berthier, prince de l'Eau. Elle part avec Pierrot le magicien pour vivre le grand amour. L'amour est bien présent, mais il n'est que le fil conducteur qui va dénuder les âmes avec la perte de l'innocence, le mensonge, le sacrifice et la soif de liberté. Une narration intelligente et dérangeante qui questionne sur les méfaits de l'amour et l'appropriation d'une personne aimée, mais surtout sur cette petite flamme qui brûle en chacun de nous qu'on appelle "nos rêves". Une fin touchante qui m'a ému. Un dessin tout en délicatesse avec une petite touche de manga dans certaines expressions des visages. Un trait fin, précis et expressif. Une mise en page flamboyante. Des couleurs chatoyantes. Hypnotisant. Une vraie belle surprise. Un album à découvrir de toute urgence. Coup de cœur. Jim Bishop a du talent.
Les Damnés du grand large
Un étrange conteur, au début du XIXème siècle, se rend dans une taverne et propose le gite et le foyer une une histoire prenante. Introduction classique, pour une histoire qui l'est moins : nous sommes ramenés 20 ans en arrière, dans un récite fantastique mêlant navire fantômes, et démons marins qui à priori s'attachent à tuer certains membres d'équipages et à les marquer d'un grand "A". Le personnage centrale du récit dans le récit est un jeune mousse (dont on devine qu'il s'agit du conteur du début du récit) qui interprète les évènements par le biais d'un carnet de croquis. L'atmosphère est prenante, l'ensemble mystérieux, mêlant horreur, fantastique et dans une très moindre mesure enquête policière. La double chute que viendra clore le récit nous emmènera dans une toute autre direction, nous rappelant les plus grands monstres sont au sein de l'humanité. Tout n'est certes pas parfait, mais on est scotché de A à Z.
Femme rebelle - L'histoire de Margaret Sanger
Avec les éditions Nada, vous aurez assurément une BD engagée. Les sujets sociaux sont au cœur de sa ligne éditoriale. Et franchement je vous l’assure, vous ne serez pas déçus ! Un peu de culture bon sang, cela n’a jamais fait de mal à personne. Avec cet album vous plongerez allégrement dans des moments de la vie trépidante et mouvementée de Margaret Sanger, une militante américaine qui lutta pour la contraception et la liberté d'expression, ce qui l'amena à fonder l'American Birth Control League (ligue pour le contrôle des naissances), qui devient le planning familial américain – rien que ça ! - sous le nom de Planned Parenthood. Initialement reçues avec beaucoup de résistances – nous sommes dans les années 1920/1930 - l’idée qu'une femme puisse décider de quand et comment elle serait enceinte, gagnèrent peu à peu de l'audience, tant dans le public qu'auprès des tribunaux. Margaret Sanger a été un élément fondateur dans l'accès à la contraception et au contrôle des naissances. Un CV impressionnant non ? Margaret Sanger a dû batailler pour se faire entendre. Elle était sur tous les fronts sans jamais se décourager, sans jamais être démoralisée, sans jamais courber l’échine devant l’adversité ou la justice des hommes. Les menaces reçues, sa santé vacillante l’ont rendue plus forte ! Sa détermination est à saluer par tous car le travail accompli est stupéfiant. Sa cause est au-dessus de tout, même de sa propre famille. Il faut l’avouer, son opiniâtreté sans faille à changer le cours de l’histoire de millions de femmes à travers le monde. L’accès légal à la contraception est sa plus grande victoire. Margaret Sanger, je le dis haut et fort devrait être prix Nobel ! C’est presque une sainte ! Pourtant aujourd’hui, alors que cela devrait être un acquis, la cour suprême des Etats- Unis a annulé en juin 2022 le droit à l’avortement dans tout le pays ! Chaque état pourra donc autoriser ou d’interdire l’IVG ! Mais dans quel monde vivons-nous ? Comment est ce possible encore aujourd'hui ? Nous ne sommes pas encore sortis le cul des ronces ! Peter Bagge a réussi son pari. Faire une biographie dessinée dynamique tout en mettant l’accent sur la force de cette femme incroyable. Les chapitres sont courts. Ce s’enchaine aisément. La lecture est fluide et subtile. Et pourtant ce n’est pas aisé comme exercice. Je suis donc particulièrement séduit par le rendu énergique. Cette bande dessinée engagée est magnifique. Je recommande vivement sa lecture surtout que les éditions Nada viennent de re imprimer cet album.
Goodnight paradise
Gros coup de cœur pour cet album terriblement humain. Venice Beach à LA, où l’Amérique fortunée côtoie la plus grande pauvreté. C’est déjà une terrible entrée en matière. Dans cet univers en marge de la société, un clochard alcoolique découvre par hasard le cadavre d’une jeune fille dans une poubelle. Eddie, le clochard, va mener son enquête à sa manière et à son rythme, interrogeant les SDF, remontant la piste du tueur, tout en continuant à chercher un coin pour dormir et une bière à boire. Le personnage est attachant, la construction du scénario fonctionne parfaitement, on alterne entre l’enquête et les bas-fonds de LA. Les deux s’entremêlent jusqu’au dénouement de l’affaire. Le fait que ce soit un clochard qui mène l’enquête est tout à fait crédible, on suit ses avancées, ses doutes, ses émotions et les autres personnages qui interviennent dans l’histoire sont tout aussi intéressants. En marge de l’enquête, Eddie est aussi confronté à la relation avec son fils. On découvre une autre facette du personnage qui aurait gagné à être développée. Le récit est fluide, le dessin très beau avec les gueules des sans abris plus abimées par la vie les unes que les autres. Un thriller bien mené avec en arrière-plan une vraie claque sur cet univers sans espoir.
Le Labyrinthe inachevé
3ème avis du week-end sur Le Labyrinthe inachevé de Jeff Lemire. Cette BD mérite d'avoir le vent en poupe. Les avis élogieux m'ont poussé à feuilleter le bouquin dont le thème m'intéressait. Puis le feuilletage m'a complètement poussé à l'achat. Déjà pour ce qui sautait aux yeux, le dessin, qui m'a plu direct. Quelques traits subtils suffisent à changer l'expression des personnages du tout au tout, il y a du détail, une colorisation qui s'adapte... Et puis beaucoup de cases muettes, et ça, ça m'intriguait. Voir si peu de textes Et pourtant ce texte il reste en tête, la traduction n'ayant certainement pas dénaturé la version originale. Très puissant et efficace, il nous permet de rester en plein cœur de l'intrigue et des pensées de William. Chaque mot et chaque dialogue sont à leur place. Et puis j'ajoute le coup de cœur pour le scénario. Le lecteur lui-même est au cœur de ce labyrinthe, sachant ce qu'il aimerait trouvé mais n'ayant aucune idée du chemin qui sera pris. On se demande si Will va s'en sortir, alors que ses pensées se confrontent avec la réalité, le rêve, l'illusion et l'amnésie. Toute cette quête m'a ému à plusieurs reprises, et il y a une tension ambiante qui empêche de fermer le bouquin. Les nouvelles lectures n'en seront pas moins intéressantes, car il y a d'autres sujets à explorer que l'histoire en elle-même. La petite magie de cette histoire est, je trouve, d'avoir réussi à créer une histoire si personnelle et profondément émouvante avec une lecture aussi limpide. Laisser la place au silence permet parfois de s'exprimer davantage. Une approche vraiment originale sur le deuil, où l'allégorie du labyrinthe prend tout son sens. Le style du dessin tient un rôle essentiel, il y a intérêt de l'apprécier pour aimer ce récit je pense. En ce qui me concerne, c'est une des pépites de l'année
Le Labyrinthe inachevé
Le labyrinthe inachevé de Jeff Lemire chez Futuropolis - 2022 Will est inspecteur des bâtiments pour la ville. Quand il rentre le soir chez lui, on sent sa solitude et sa neurasthénie. Il a perdu sa fille il y a 10 ans et ses traits qui s'estompent dans sa mémoire le désespère. Un jour il reçoit un coup de fil mystérieux. La voix qu'il entend c'est celle de sa fille qui lui dit qu'elle est coincée au centre. Il se remémore les Labyrinthes qu'elle aimait faire et contre toute vraisemblance il part à sa recherche, convaincu que c'est bien elle. Dans un graphisme maîtrisé, l'auteur reste sobre dans ses couleurs qui sont apposés soit façon lavis soit comme des aquarelles. Il nous invite, cependant à suivre un fil rouge, celui, du vieux pull que la fillette affectionnait. De recherches en rencontres, Will avance et cherche. Saura-t-il trouver? Ça parle de mémoire, d'oubli, de deuil, de rédemption, de reconstruction, d'espoir. Ça se lit en apnée, avec l'émotion au bord des lèvres. Une BD magnifique tant par le dessin qui semble fait, par moment, dans l'urgence, que par le texte qui génére un coup AU cœur. Un véritable coup DE cœur #lelabyrintheinacheve #lelabyrintheinachevé #jefflemire #futuropolis #bd #deuil
Un Jardin extraordinaire
J’ai beaucoup aimé « Un Jardin extraordinaire », équivalent jeunesse de l’excellent L'Oasis de Simon Hureau, même si ce dernier ne s’occupe ici que du dessin. J’ai eu un peu de mal avec certains concept un peu trop « new age » pour moi (parler aux plantes pour les rendre heureuses), mais de manière générale j’ai beaucoup apprécié la philosophie proche de la nature de la grand-mère, véritable bouffée d’air frais pour les enfants trop souvent collés à leurs écrans. D’autant plus que le dessin de Simon Hureau convient parfaitement à ce genre d’histoire : on sent presque les herbes aromatiques, l’odeur de la terre chaude, on entend le chant des oiseaux… Il s’en dégage une certaine nostalgie qui m’a beaucoup plu. Un album jeunesse recommandable.