Les derniers avis (9592 avis)

Par Benjie
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Batman - The Dark Knight returns
Batman - The Dark Knight returns

S’attaquer à Batman vieillissant est une idée d’emblée intéressante. Il n’est plus seulement question de son passé, de ses traumatismes d’enfance, de ses ennemis qu’il fait enfermer à Arkham, il est question ici de son présent, de ce qu’il est devenu depuis qu’il s’est retiré des affaires, il y a pas mal d’années déjà. Pas facile d’être un vieux super-héros !! Le combat intérieur que se livre Batman, le regard que son majordome porte sur lui et la place de justicier que la société n’a plus envie de lui donner sont autant de questionnements difficiles qui font la grande réussite de cet album. Le dessin de Miller avec ses séries de petites cases est brut et efficace. Personnellement, je n’ai pas totalement adhéré et ça m’a lassé assez vite. A l’inverse, j’ai trouvé excellente l’idée de placer de manière récurrente des débats à la télé qui amènent un niveau de lecture décalé, beaucoup aimé aussi l’ancrage du scénario dans les années 80, sous la présidence de Reagan, avec la guerre froide en arrière-plan. Sur fond de menace de troisième guerre mondiale, Batman a décidé de reprendre son combat contre ses ennemis. Mais cette fois, il veut les détruire. Batman serait-il devenu un criminel ? On retrouve ici Miller poussant jusqu’au bout la logique du scénario qui ne fait plus dans la demi-mesure… La psychologie de Batman est analysée finement, de même que la société, ses dérives et ses névroses. Un album d’une très grande maturité. C’est du sérieux…

19/07/2022 (modifier)
Par Benjie
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Un été cruel
Un été cruel

Pour qui aime le polar noir, cet album est une pépite. Brubacker nous offre un scénario parfaitement maitrisé, une histoire qui prend le temps de se mettre en place et de se dérouler de manière parfaitement cohérente jusqu’à son dénouement. Avoir le temps de profiter d’un tel récit est un luxe délicieux. Découpée en chapitres qui proposent chacun une narration sous un angle différent, on pourrait avoir l’impression que le scénario part dans différentes directions, le lecteur semble s’égarer, quand tout à coup tout se remet en place sans qu’on n’ait rien vu venir. Bluffant ! Aux côtés du Teeg Lawless héros de Criminal, on trouve d’autres personnages au passé difficile. Durement cabossés par la vie, ils cherchent un bon plan, le truc infaillible qui les sortira d’un morne quotidien et parfois même, ils trouvent des raisons d’espérer de changer de vie radicalement. Le lecteur s’embarque dans leurs pas avant d’être durement ramené à une réalité bien noire par le scénariste qui ne nous épargne rien. Leur destin est tracé, il va vers l’enfer et nul n’en réchappera. C’est puissant, implacable, ciselé... L’été sera cruel ! Du côté du dessin, j’aime vraiment beaucoup, avec un coup de cœur pour les couleurs qui proposent des univers différents selon les doubles pages. Les visages, abimés par la vie, sont très expressifs. Ils gardent bien visibles les traces du dernier coup poing et de la dernière cuite. Ambiances assurées, immersion garantie, suspens d’un bout à l’autre. Enorme coup de cœur !

18/07/2022 (modifier)
Par Alix
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Trillium
Trillium

J’ai hésité à investir dans la superbe « Deluxe Edition » de cette histoire de Jeff Lemire, malgré l’adoration que je porte à son travail, la faute aux avis existants pas vraiment positifs. Mais la magie a une nouvelle fois opéré, et je ressors ravi de ma lecture. L’histoire mélange des éléments de science-fiction avec une histoire d’amour improbable entre deux protagonistes d’époques différentes. Elle est nébuleuse, mais reste parfaitement compréhensible. La narration est claire et fluide. Contrairement à d’autres posteurs, la trouvaille narrative qui consiste à avoir certaines planches (ou parties de planche) à l’envers pour représenter les deux univers ne m’a pas du tout dérangé. Je me demande d’ailleurs si les lecteurs en question ont bien compris la marche à suivre : il faut d’abord lire toutes le cases/planches à l’endroit, PUIS tourner l’album. C’est particulièrement flagrant dans le 5ème chapitre, où il faut lire la partie haute de TOUTES les pages du chapitre, PUIS tourner l’album et lire les parties basses à reculons. On ne tourne donc l’album pas si souvent que ça. La mise en image est superbe, et dans la lignée des autres œuvres de cet auteur. L’histoire m’a intéressé voire captivé par moment, et la fin ouverte m’a beaucoup plu. Un excellent moment de lecture en ce qui me concerne.

16/07/2022 (modifier)
Couverture de la série Exode
Exode

J'ai lu cette histoire dans une intégrale reprenant les 4 premières publications de Rabaté (Premières cartouches). Et c'est vraiment la meilleure des 4, je l'ai vraiment beaucoup aimée. Rabaté arrive en quelque cases à nous faire entrer dans un petit délire jouissif. Nous suivons les habitants d'un village paumé, entre Drôle de guerre et débâcle face à l'armée allemande (on ne verra jamais ces derniers). s'étant monté le bourrichon, ils pensent être plus en sécurité regroupés avec d'autres habitants d'un bourg plus important. les voilà parti pour une équipée des plus loufoques ! Comme à son habitude - en tout cas cela deviendra son habitude, Rabaté regroupe des personnages assez typés, toutes les formes de la conneries étant représentées. Mentions spéciales au curé (qui tente par tous les moyens de faire revenir à lui ou à Dieu des brebis passablement égarées) et à quelques piliers de comptoir. Certains gamins et leurs expérience improbables valent aussi le détour. Le discours de départ du maire est dans le genre de ceux que tenait son homologue de Champignac chez Franquin. Les bons mots fusent, les crétins sont de sortie, c'est vraiment une histoire que j'ai trouvé drôle, rafraichissante, avec un humour un peu noir, corrosif, Rabaté ne rate que rarement son coup lorsqu'il s'agit de se foutre de la gueule de ceux qui l'ouvrent trop.

14/07/2022 (modifier)
Par Cacal69
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Les Oiseaux lumineux
Les Oiseaux lumineux

D'abord un grand merci à Noirdesir pour la découverte de cet album. Je découvre Andrei Puica auteur roumain, dont c'est la première bd publiée en France. Une lecture hypnotique, le dessin est d'une incroyable originalité et d'une puissance évocatrice hors norme. Je suis subjugué par tant d'imagination et la mise en page audacieuse. Il sert à merveille ce conte onirique. Et la superbe mise en couleur magnifie le tout. Mais que c'est BEAU ! Encore un récit impossible à résumer. Une ville perchée sur un rocher erre dans l'espace et on va y découvrir ses habitants, ceux qui ont survécu aux massacres et les oppresseurs. La dystopie. Une narration onirique, philosophique, symbolique et poétique où la métaphore est bien présente. Un conte à plusieurs niveaux de lecture que je vous laisse découvrir. Chacun en aura sa propre interprétation. Le bien et le mal ne sont-ils pas inséparables ? Quid du libre arbitre ? Une lecture qui se mérite. Andrei Puica, un artiste à suivre. Un gros coup de cœur graphique.

13/07/2022 (modifier)
Couverture de la série Tebori
Tebori

Plaisante série policière qui nous invite dans l’univers des Yakuzas et plus particulièrement des salons de tatouages qu’ils fréquentent assidument. Le héros est en effet un jeune tatoueur pris sous son aile par un maître dans ce domaine et dont la clientèle est quasi exclusivement constituée de Yakuzas. L’histoire se présente sous la forme d’un thriller policier bien mené. Entre projet immobilier, démons anciens, infiltration policière, magouilles diverses et anciennes amitiés, le lecteur n’a pas le temps de s’ennuyer. Les auteurs parviennent à nous faire partager leur fascination pour cet univers qui, outre le fait de nous divertir, s’avère également instructif à propos de certains sujets liés au monde des tatoueurs et des yakuzas. Le dessin est agréable à lire. La mise en page est très scénographique, très cinématographique même pour les scènes d’action. Le trait est extrêmement lisible, ce qui lui permet de très bien passer même en format réduit (j’ai lu la série sous la forme d’une intégrale aux dimensions réduites). La colorisation un peu sombre ne gâche pas cette lisibilité. Si vous aimez les thrillers policiers, Si la culture asiatique vous attire, Si un trait réaliste simple et efficace est de nature à vous agréer, N’HESITEZ PAS ! Surtout ici, avec la sortie de cette intégrale à prix réduit (moins de 10,00 €), c'est une vraie aubaine !

11/07/2022 (modifier)
Par Benjie
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Un général, des généraux
Un général, des généraux

Nicolas Junker et François Bouc se penchent sur une des dates qui ont marqué l’histoire de France : le 13 mai 1958. C’est une date que l’on connaît bien sans toujours mesurer les conséquences incroyables qu’aurait pu avoir cet événement. Et là ! On n’est pas déçus ! Le 13 mai, un groupe de généraux français fomentent un coup d’État pour défendre l’Algérie française. L’album prend le temps d’entrer dans les détails de l’événement et nous plonge au cœur d’un imbroglio militaire et politique à la fois stupéfiant et hilarant. C’est savoureux, désopilant – quand on mesure les enjeux politiques – et chacun en prend pour son grade ! Les militaires sont une caricature, à la fois fanatiques, cramponnés à leur place dans la hiérarchie et aussi complètement stupides – le général Massu en tête. Les politiques à Paris évoluent dans la confusion la plus totale, les présidents du conseil se succèdent et gaspillent leur énergie dans la recherche de majorités introuvables plutôt que de d’essayer de sortir la France d’une situation qui s’aggrave de jours en jours. En même temps, ils ne savent pas comment faire… La 4e République va-t-elle survivre ? C’est drôle, truculent, rocambolesque. Pendant que tout ce petit monde s’agite, en coulisse, un autre général se prépare en silence depuis sa retraite de Colombey en mangeant des biscottes à son petit déjeuner. Album à déguster…

11/07/2022 (modifier)
Couverture de la série Jim Henson's Tale of Sand
Jim Henson's Tale of Sand

Voici une oeuvre unique par beaucoup d'aspects. Son scénario écrit au début des 70's par Jim Henson et Jerry Juhl était destiné à un film. D'une créativité en avance sur son temps, le film ne fut jamais produit et le scénario considéré comme perdu. Jim et Jerry connurent un succès planétaire quelques années plus tard avec le Muppet Show. Jim Henson restera comme une légende du monde de la marionnette par son inventivité, sa créativité et son humour. Après la mort de Jim et de Jerry le scénario fut retrouvé et les ayants droits décidèrent d'en faire un roman graphique. Géniale initiative renforcée par le choix de Ramon K. Pérez comme dessinateur. Car cette oeuvre est avant tout visuelle. Le texte est rare et n'est là que pour accentuer l'effet de l'absurde et du décalage. Oups erreur !!!! Mille pardons il y a du texte sur certaines planches : le script original de Jim et Jerry en Américain qui accompagne les aventures surréalistes de notre héros. Encore un effet de décalage garanti. Que dire du graphisme de Pérez ? Vous avez aimé l'oeuvre de Nicolas Petrimaux Il faut flinguer Ramirez et bien je trouve que " Jim Henson's Tale of Sand" est plus fort, plus dynamique, plus incongru, plus créatif, plus fou, plus rythmé... avec 6 ans d'avance. Chaque planche est une découverte où Henson pousse l'absurde jusqu'à son paroxysme. Car il faut flinguer notre pauvre héros marionnette qui a ses pauvres 10 minutes d'avance pour courir au milieu de cette Monument Valley pleine de pièges ou d'objets sauveurs. Nul besoin de texte tellement le graphisme est explicite dans son opposition humour/angoisse ou espaces infinis/prison Cube. Le final est une danse aussi imprévue que géniale. Pérez modifie les colorations au fil du récit mais c'est toujours au plus juste de l'intensité dramatique et humoristique de l'aventure. Une préface et une postface donnent certaines clés quant à la personnalité de Jim Henson et la genèse de cette oeuvre. Quelques photos bonus pour nous rappeler cette époque qui se voulait anticonformiste. Une vraie perle couverte des prix les plus prestigieux US (justifiés à mon avis). A lire sans modération. Un must.

11/07/2022 (modifier)
Par Cacal69
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Bertille & Bertille
Bertille & Bertille

Une lecture rafraîchissante, un délicieux mélange des genres : du polar, de l'historique et du fantastique. Après Dupont & Dupond, voici Bertille & Bertille, ils ne sont pas dans le même registre bien que l'un de nos Bertille, son nom de famille, soit commissaire de police au 36 quai des orfèvres, d'un caractère pas toujours facile à vivre, souvenir de ses deux années passées dans les tranchées. Notre deuxième Bertille, son prénom, est une jolie demoiselle, aristocrate, joviale, insouciante, qui mord la vie à pleine dents. Deux personnages aux personnalités très différentes. Ils vont se rencontrer suite à l'atterrissage d'une boule rouge en pleine campagne et leur relation va doucement évoluer. Un récit bien ancré dans l'après guerre de 14/18 sur fond d'une enquête policière, de magouilles politiciennes et où vient se mêler le fantastique avec cette mystérieuse boule rouge. Une narration captivante, maîtrisée, sans fausses notes. Nos deux Bertille sont attachiants et leur relation "compliquée" met du sel au récit avec souvent un humour pince sans rire. Côté dessin, ce n'est pas vraiment un noir et blanc puisque le rouge intervient régulièrement (procédé à la mode) surtout autour de notre jolie jeune femme et forcément pour cette fameuse sphère. D'autres couleurs feront aussi leur apparition mais beaucoup plus épisodiquement dans les tons pastels. Un dessin au trait fin, détaillé et expressif, il suffit de regarder les visages. Très beau. Un premier tome qui se lit comme un one shot. Mais c'est avec grand plaisir que je suivrai la suite de leurs aventures.

11/07/2022 (modifier)
Par Canarde
Note: 3/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série L'Alcazar
L'Alcazar

Créer une fiction BD autour de la construction d'un immeuble de rapport en Inde, aujourd'hui, peut sembler une idée bizarre. Pourtant, l'Alcazar nous fait toucher du doigt tous les travers de nos sociétés inégalitaires en suivant le parcours de trois ouvrier.e.s, embauché.e.s sur ce chantier, vivant sur place, le temps de la construction. Mehboob et sa femme Salma sérieux et consciencieux ainsi que Rafik, qui cherche toujours un système moins éprouvant pour gagner sa vie, se retrouvent à dormir à même le sol dans une petite cabane construite au bord des fondations. Salma apporte le sable toute la journée dans une grande coupe qu'elle porte sur sa tête et fait à manger pour le trio le soir. Bref leur quotidien au milieu des autres métiers, les fournisseurs, le patron, le propriétaire, les acheteurs, toutes les ambiguïtés, les rapports de force économiques sociaux et ethniques sont décrit précisément. Le dessin est étonnamment puissant, il utilise seulement deux couleurs déclinées dans toutes leurs concentrations : un bleu outre-mer et un orange vif. Ce choix systématique contribue à la force de la composition graphique. Les personnages, assez petit dans l'organisation générale, nous sont donc familiarisés essentiellement par leurs dialogues, plutôt que par la précision de leur visage. Ils restent comme des éléments minuscules d'un tout. J'ai été extrêmement frappée par ce livre comme une très belle composition, et ému par la justesse des observations. En revanche, j'avoue, ne pas m'être vraiment attachée aux trois héros, qui restent en moi comme un souvenir triste...

10/07/2022 (modifier)