Les derniers avis (9696 avis)

Par herve
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Alpha... directions / Beta... civilisations/Gamma... visions
Alpha... directions / Beta... civilisations/Gamma... visions

Alpha...directions Je viens de terminer "Alpha ...directions" et que dire de plus que les précédents commentateurs... Grandiose, monumental, instructif, sublime et renversant. Pourtant, j'ai mis du temps à l'acheter ce pavé, puis à le lire car j'avais une appréhension, même si les avis étaient ici ou là dithyrambiques (mon libraire me l'avait pourtant encensé mais je restais sceptique). Et pff ! A la lecture, quelle claque, mais quelle claque ! Je ne pense pas que ce genre d'ouvrage intéresse le lecteur occasionnel mais les tarés de bd comme moi ne peuvent passer à côté de ce chef d'oeuvre (3 tomes prévus en tout). Et quelle minutie dans le dessin, où se mêlent clins d'oeil (on y voit Tintin à bord de sous marin requin - tiens Moulinsart n'a pas relevé ? - ou encore Mickey, Donald, l'arche de Nöé, bref des anachronismes à tour de pages mais toujours bien placés) et formidables dessins de volcans, de mers gelées, d'un bestiaire formidable, de dinosaures, de flore.... Une approche intéressante de l'histoire de la terre, sujet sur lequel je ne suis guère ni spécialiste ni forcement féru, et qui m'a laissé admiratif de l'auteur. Attention chef d'oeuvre. Beta...civilisations En 2009, j'étais tombé en admiration devant un ovni, intitulé "Alpha...directions". Un projet dément de l'auteur, Jens Harder, de nous présenter l'histoire de l'Humanité. 8 ans après le second volume, "Beta ...civilisations" vient poindre son nez, troisième album d'une série magistrale et ambitieuse qui prendra fin avec "Gamma...visions" prévu pour je ne sais pas quand. Ce pavé de 345 pages, mais que se lit avec avidité, va de l'Antiquité à l'épidémie de Covid. Mais ce que l'on retient surtout, ce sont les cases muettes qui illustrent cette période, cases qui reprennent le plus souvent des tableaux, des images pieuses, des extraits de bd (comme Astérix), des statues etc, bref Jens Harder s'inspire de tout les média pour nous offrir l'histoire du monde. Son dessin est précis, minutieux....un véritable travail d'orfèvre qu'il faut souligner.. Les repères chronologiques en fin de chaque chapitre sont les bienvenus. Et que dire des couleurs presque métalliques qui donnent à cet opus un cachet particulier. Avant de me lancer dans la lecture de ce troisième volume, j'ai évidemment relu les deux premiers.Et à la lecture de ces livres, j'ai l'impression que cette série monumentale est l’œuvre d'une vie. C'est beau, instructif, grandiose, bref indispensable.

13/03/2010 (MAJ le 05/10/2022) (modifier)
Par Cacal69
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Reckless
Reckless

Mise à jour suite à lecture du tome 3. La nouvelle série de Brubaker/Phillips, c'est toujours aussi bon. Un problème qui ne peut pas être résolu par les forces de l'ordre ? Un numéro de téléphone et vous laissez un message. Avec un peu de chance Ethan Reckless s'occupera de votre affaire. Un univers différent de Criminal, un premier tome pour planter le décor et les personnages. Un scénario réglé comme du papier à musique, sans fausses notes. Une intrigue qui vous tiendra en haleine du début à la fin. Le dessin de Phillips est toujours aussi précis et la mise en page est cinématographique. Les couleurs (du fiston) sont sublimes. Vous prenez un shaker, vous y ajoutez un tiers de Tarantino, un tiers d'Humphrey Bogart et un autre tiers d'inspecteur Harry. Vous mélangez et vous obtenez un délicieux cocktail : un Reckless. Tome 2. Un second volet tout aussi jouissif que le premier. Une trame narrative identique au premier opus. Ça commence dans le présent avec une séquence où notre héros est dans de sales draps puis immersion dans le passé (récent et plus ancien) pour nous donner les tenants et les aboutissants. Et enfin les dernières pages pour clôturer le tout. Les années 70/80 sont mises à l'honneur. Toujours aussi sombre, découvrir la vérité n'apporte pas forcément la paix. Le dessin et la colorisation des Phillips sont un régal visuel. Juste page 103, il manque un mot dans une bulle. Grrr. Tome 3 C'est toujours aussi bon un Reckless. Un scénario toujours sur la même trame que les opus précédents. Une narration maîtrisée qui nous mènera sur des magouilles politiciennes. Et que dire de la dernière planche et de sa "surprise" que je n'ai pas vu venir. Graphiquement, la qualité est toujours présente. A consommer sans modération.

06/10/2021 (MAJ le 05/10/2022) (modifier)
Par Solo
Note: 3/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Traquemage
Traquemage

Première fois que je lis une BD avec Lupano au scénario, je recherchais une petite série facile à lire et légère. Mission accomplie! J'ai même rigolé pas mal en suivant la trace de notre anti-héros (le mot est faible) Pistolin, qui se lance dans une quête pour éradiquer les mages de son monde, après avoir subi l'anéantissement de son troupeau de cornebiques, espèces uniques pour la production d'un fromage unique: le pécadou. Tout son troupeau est anéanti ? Noooon, il reste encore Myrtille ! Et puis il rencontra la fée Pompette, ou rencontrera encore Merdin l'Enchantieur. On lit le genre "Rural fantasy" en couverture, une idée éditoriale sans doute, je préfère la classer plus simplement dans les parodies de la Fantasy. Mais que c'est réussi ! Je me suis bidonné du début à la fin, avec un minuscule essoufflement sur le tome 3. Mais dans l'ensemble, des situations sont vraiment très drôles. J'ai du mal à me positionner sur le dessin. Je ne le trouve pas beau, mais en parcourant le récit je me dis aussi que c'est la meilleure adaptation graphique possible. Les personnages se trouvent entre le semi-réalisme et la caricature. C'est bien à-propos, reflet d'un travail sérieux mais faut bien déconner aussi! Les couleurs donnent un contraste très agréable. Dans l'ensemble c'est assez particulier, d'un point de vue esthétique on évite la question du "beau". Ca ne plaira donc pas à tout le monde. En ce qui me concerne, je pense que le dessin permet d'accentuer l'humour, alors je prends! Myrtille est exceptionnelle, cette cornebique m'a vraiment fait rire. Pompette est au top. Merdin (tome 2/3) ne m'a pas emmerdé. Ce poisseux prend clairement part au scénario avec brio. Il y avait un vrai risque qu'il soit exploité pour déclencher des facilités scénaristiques, mais il ne fait que rendre le récit encore plus vivant et mouvementé. Pistolin est réussi sur tous les plans, il s'en sort tout en provoquant les emmerdes. Une petite série de 3 tomes très bien pensée. Chaque détail du scénario ou du dessin finit par être repris, rendant le tout diablement bien ficelé. On s'amuse à trouver pas mal de références Fantasy évidemment. Pas sûr que je le relise, mais vraiment un excellent moment de détente. Je conseille vivement

05/10/2022 (modifier)
Par Hervé
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Serpent et le Coyote
Le Serpent et le Coyote

Avant tout, je dois préciser que j'ai lu cet album dans la version noir et blanc, sans pour autant avoir été attiré par l'achat de l'édition couleur. Les premières pages muettes, même en n&b, sont somptueuses. Et, je regrette presque de ne pas avoir acheté la série Tango (Xavier/Matz), la, en n&b, signée par les mêmes auteurs, mais je me suis juré, dans la mesure du possible, de ne plus me lancer dans les séries, privilégiant ainsi les one shot. Et en l'occurrence, quel one shot que nous offrent ici Matz et Xavier, dans la collection signé, qui a toujours été pour moi, gage de qualité. Les auteurs nous présentent un polar qui prend du temps à s'installer, mais avec justesse sur près de 140 pages. J'avoue, dans un premier temps, retardé la lecture de cette bd , devant le nombre de pages. Et puis, je me suis lancé, sans m'arrêter jusqu'à la fin pour qu'au final, je dise Waouh! quel album! Le scénario est parfaitement maitrisé par un Matz au mieux de sa forme (je l'avais rencontré il y a quelques années pour Adios Muchachos, et le personnage m'avait bien séduit!) et le dessin de Xavier est parfait pour ce type de thriller. Nous suivons donc dans cette aventure, Joe, qui au fil des pages , n'est pas le personnage auquel on s'attendait. Malgré les flash-back qui ponctuent cet album, la lecture reste toujours fluide. En associant le programme de protection des témoins avec l'histoire personnelle du fameux Joe, Matz , sans oublier Xavier, nous offrent un des meilleurs albums de cette rentrée.

04/10/2022 (modifier)
Couverture de la série Sharaz-De
Sharaz-De

Les quatre étoiles, c’est pour l’ensemble, les deux albums sont vraiment très chouettes à lire, pas de doute. Mais le coup de cœur vient du côté graphique. Quelle tuerie que ce dessin maniéré, baroque, pointilliste de Toppi ! Je préfère son travail en Noir et Blanc, somptueux dans ses détails. Il est d’ailleurs amusant que cohabitent dans de grandes planches des décors à moitié vides, avec du blanc très présent dans les pages, et une telle profusion de détails dans le dessin. Je préfère le travail de Toppi en Noir et Blanc donc, mais les deux histoires traitées en couleurs sont vraiment superbes ! La mise en page est aussi très moderne, s’éloignant fortement du gaufrier traditionnel (un peu à la manière d’un Druillet), et jouant très bien sur le mélange du vide/blanc et du dessin surchargé. Pour le reste, on là la vision des Contes des Mille et Une Nuits du maître italien, nous faisant découvrir un Orient exotique, violent et fataliste. Certaines histoires auraient sans doute gagné à se développer davantage (elles sont toujours courtes, avec peu de texte – même si j’ai l’impression que le second tome, qui ne comprend que trois histoires, les développe un chouia plus). Mais l’ensemble est fluide, captivant. Les histoires courtes permettent de piocher, même si, comme le roi, on a hâte de connaitre la suivante, et on repart facilement pour une histoire supplémentaire au lieu d’aller se coucher ! Lecture hautement recommandable donc !

04/10/2022 (modifier)
Couverture de la série Prisonnier en Irak
Prisonnier en Irak

Très belle découverte, tant au niveau du graphisme que du scénario. Sur un thème pourtant assez glissant (biographie, emprisonnement, différences culturelles… souvent un gros appât à poncifs), cette histoire est à la fois attendrissante, captivante et instructive. Et très joliment dessinée. La galerie de portraits est particulièrement sensible et le rythme assez lent (… normal, car il s’agit en grande partie d’emprisonnement), mais sans ennui. Un auteur à suivre !

03/10/2022 (modifier)
Couverture de la série Ainsi danse
Ainsi danse

Après le très bon Dérives, MY Schmitt nous propose un autre roman intimiste de grande qualité. Autour de quatre groupes distincts qui ont pour point commun d'habiter le même quartier parisien, l'auteur construit une valse à mille temps qui tourbillonne sans jamais trébucher. Je trouve que l'exercice du roman intimiste est compliqué. Les auteurs tombent assez vite dans le biographique autocentré de leurs déconvenues sentimentales autour de bouteilles d'alcools à se poser en victimes du sens de leur vie. Cela m'ennuie très souvent. Ici rien de tel. Je trouve la perception psychologique de Schmitt pour tous ses personnages très juste et très fine. Ce que j'aime en premier lieu est que l'auteur nous propose de l'intergénérationnel avec la même réussite pour tous ces couples. Que dire de ce trio de sexagénaires avec Anne-Marie qui s'offre une liaison extra conjugale et une redécouverte de sa sexualité à 65 ans. Schmitt ose même un nu de grand-mère sans que cela ne soit déplacé ou choquant. Camille, cette femme moderne qui gagne sa vie au téléphone rose sans aucune honte et qui fait les bonnes remarques au bon moment à un Max psychologiquement dépassé par la situation. Car Schmitt nous abreuve de dialogues d'une justesse admirable pour toutes les situations. C'est percutant à chaque ligne et surtout dans la bouche de ses personnages féminins. Car ce sont ses femmes qui occupent le premier plan, bien obligées d'affirmer leurs forces devant les pesanteurs masculines. Schmitt introduit une tension dramatique au sein de chaque relation qui va crescendo jusqu'à une panne de courant qui servira de révélateur. Le scénario est d'une excellente fluidité car l'auteur arrive à faire voltiger ces quatre situations à tout allure sans aucun choc tels quatre couples de danseurs aguerris. Le graphisme est précis sans fioriture superficielle s'attachant surtout à l'expression des visages si importante dans ces dialogues de couples. Les extérieurs sont succincts mais bien travaillés. Schmitt travaille en bichromie ce qui renforce l'ambiance de face à face pour chaque situation. Une excellente lecture d'un auteur dont j'apprécie de plus en plus les productions.

03/10/2022 (modifier)
Par Spooky
Note: 3/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Katsuo
Katsuo

Ça commence fort avec, dans le Japon médiéval, l'affrontement d'un quatuor de samouraïs et d'un de leurs congénères, protégés par une impressionnante armure noire. On fait un saut dans le temps pour se retrouver avec Katsuo, un adolescent typiquement moderne, c'est à dire qu'il a toutes les caractéristiques de l'endive, malgré les tentatives de son grand-père pour l'intéresser aux arts martiaux asiatiques. Et puis le hasard l'amène, d'un seul coup, dans le passé de son pays (pratique pour la langue, je suppose que le japonais a moins évolué que le français par exemple). Il se retrouve donc dans une histoire impliquant ce samouraï noir. L'histoire est un peu confuse, avec cette guerrière de 13 ou 14 ans, cette autre adolescente qui accompagne nos amis, et ce sabre aux origines obscures mais qui se met d'un coup à briller... Mais qu'importe, finalement, le récit, truffé de péripéties est agréable à suivre, on ne s'ennuie pas et c'est l'essentiel. Dans le deuxième tome le voyage dans le temps s'effectue dans l'autre sens, les jeunes gens du passé arrivent dans l'époque de Katsuo, et le choc des cultures est assez finement amené. L'affrontement avec Yoko a enfin lieu, et on se demande, à la fin de ce deuxième volet, si l'histoire est vraiment terminée, notamment au regard du destin de Daisuke... Raoul Paoli a un style graphique assez simple, il propose une mise en scène recherchée, même si les décors sont un peu absents à mon goût. Je suis un peu plus réservé sur les visages, surtout celui de Katsuo, qui me semble un peu "léger", mais l'ensemble est plaisant visuellement. On notera la chouette couverture, avec du vernis sélectif, preuve que l'éditeur croit dans le succès de cette série, et on lui souhaite d'avoir raison, c'est frais, c'est dynamique, il y a une vraie passion pour le Japon d'hier et d'aujourd'hui dans cette histoire, même s'il y a besoin de quelques réglages.

02/10/2021 (MAJ le 02/10/2022) (modifier)
Par Benjie
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Travailleur de la nuit
Le Travailleur de la nuit

La vie d'Alexandre Jacob, marin, cambrioleur et surtout anarchiste convaincu est une épopée en soi. Ce récit biographique est celui d’un homme courageux qui, jusqu’à sa mort, restera fidèle à ses principes quitte à subir les jugements arbitraires et les condamnations injustes. On apprend beaucoup des choses dans cet album tant sur le personnage que sur l’époque. On y aborde aussi des sujets importants comme la lutte des classes, la justice ou l’inhumanité du bagne. Le scénario suit chronologiquement la vie d'Alexandre Jacob, de son enfance à sa mort. Le récit a du rythme. S’il va assez vite (un peu trop à mon goût) au début, passe d’un événement à un autre pour faire avancer l’histoire, ensuite, il ralentit un peu, avec le passage à la vie d’adulte et à la maturité politique d’Alexander Jacob avant de reprendre un rythme un peu rapide qui conduit le lecteur jusqu’à la mort du héros. Pas de temps morts, mais de l’action, un personnage charismatique et cohérent, et un engagement politique que rien ne semble pouvoir faire vaciller. Le dessin est soigné, je l’ai trouvé délicat, avec une belle mise en page. C’est du très beau travail.

02/10/2022 (modifier)
Par Spooky
Note: 3/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Les Amants sacrifiés
Les Amants sacrifiés

Les Amants sacrifiés est d'abord un film de Kiyoshi Kurasawa, sorti il y a un an en France. Le protéiforme Masasumi Kakizaki, qui s'est illustré notamment dans l'horreur et le western, s'essaie à ce thriller historique teinté de romance, qui va être publié en deux volumes. On y voit enfin un couple dont le bonheur est fissuré par le voyage du mari (avec son neveu) dans la province alors occupée par le Japon de Mandchourie. Un voyage au cours duquel les deux hommes vont découvrir un secret d'Etat, propre à causer la perte de leur patrie. Yusaku, avec l'aide son neveu Fumio, est bien décidé à révéler au monde occidental ce qui se trame, tandis que son épouse, qui découvre progressivement la vérité, s'enfonce dans la folie... C'est franchement très intéressant, on plonge dans l'atmosphère du Japon des années 1940, peu avant de basculer dans la guerre avec les Etats-Unis. Je ne sais pas s'il s'agit d'une histoire vraie, d'un scénario totalement original de Kurosawa et ses collaborateurs, ou si c'est entre les deux, mais les menées du Pays du Soleil Levant dans cette histoire sont suffisamment crédibles pour faire une bonne histoire. Et ça marche plutôt pas mal, on voit bien le tiraillement au sein du couple, d'autant plus qu'une femme, une infirmière japonaise rapatriée de Mandchourie vient compliquer l'équation... Je trouve le graphisme de Kakizaki un peu étrange, surtout au sujet de Satoko, l'épouse, qui a un air très juvénile. A l'opposé le représentant de la police militaire, qui se trouve être un ami d'enfance, est totalement impavide. C'est dommage car les autres personnages sont quant à eux vraiment réalistes dans leur traitement, ce qui rend tout de même l'histoire sacrément prenante. Ma note de 3/5 est plus une note d'attente qu'une note définitive, j'ai hâte de lire la fin du diptyque pour en juger pleinement.

02/10/2022 (modifier)