Une nouvelle série jeunesse pleine d'humour, avec un joli dessin, de jolies couleurs...
Les nouvelles séries jeunesse autour de la magie, ce n'est pas ce qui manque. En général, malheureusement, elles tombent souvent dans la facilité, que ce soit au niveau de la qualité du dessin, de la faiblesse du scénario, ou d'une mise en page faiblarde.
Si l'histoire de départ de "Brume" n'est pas des plus innovantes (la petite sorcière qui va se révéler), bravo aux deux auteurs d'avoir pu / su / voulu renouveler le genre.
Et puis notre petite Brume possède un caractère bien trempé, un humour insolent, qui plaira à tous les amateurs de Mortelle Adèle.
Franchement, tout est bien et à sa place dans cette bd.
Avec Eric Stalner, je n’étais pas en territoire inconnu, j’avais adoré la série La Zone. Je m’attendais donc a retrouver les sensations positives perçues précédemment. Et je vous le dis tout de go cela a été le cas !
Jonathan Lassister va - sur une seule journée - voir sa vie basculer. Il perd son travail, il se fait détrousser par un pickpocket et sa petite amie le quitte ! Désabusé il se réfugie dans un pub et c’est là qu’il rencontre monsieur Edward ! La soirée va se prolonger jusqu’au petit matin. Les pérégrinations des deux compères font que vous ne lâcherez pas cette BD ! Au fil des pages de ce thriller psychologique vous vous enfoncerez dans la nuit pour votre plus grand plaisir avec de nombreux rebondissements à la clé. Les perceptions perçues sont un régal.
L’atmosphère graphique style année 60 est merveilleuse. Le trait élégant d’Eric Stalner est parfait. Peu de couleurs au final mais que c’est beau ! Les pointes rouges distillées de-ci de-là me rappellent celles de noir burlesque d’Enrico Marini. C'est génial !
Les aventures nocturnes de ce duo improbable méritent votre attention. Un peu d’actions et un zeste d’humour, voilà qui est parfait pour passer un bon moment de lecture. C’est diaboliquement efficace.
Cet album est une très belle surprise. Traitée sous la forme d’un témoignage, l’histoire se déroule tranquillement, comme une tranche de vie simple d’une famille obligée de quitter l’Algérie à la vielle de l’indépendance. Une émotion sincère se dégage du récit, retour d’une famille déracinée dont certains membres n’arrivent pas à s’adapter à la vie en métropole. Tout lui manque : le soleil, le harissa, le petit vendeur de persil… A travers ce récit simple en apparence, des questions plus profondes dont abordées : le retour de ceux qu’on a appelé les pieds noirs, leur adaptation parfois difficile à une nouvelle vie, l’accueil qui leur est réservé, la nostalgie de la vie d’avant, la violence qui a touché l’Algérie dans la dernière phase de la guerre. Le dessin et les couleurs mettent m’ont vraiment plu. J’ai trouvé que le côté décalé du dessin, loin d’être gênant, mettait l’histoire en valeur. On aurait pu s’attendre à un dessin plus doux, et là au contraire, on est percutés par le trait vigoureux, parfois caricatural de Tronchet.
Quelle bonne surprise que ce petit roman pour ados/ jeunes adultes. J'ai vraiment apprécié ce récit rempli de légèreté et de tendresse dans la double intimité de Michel et du salon de coiffure où il fait ses classes.
Sylvain Cabot s'empare d'un espace assez peu utilisé en BD : un salon de coiffure. L'auteur ne choisit pas un salon de stars mais une petite boutique bien sympa sur le parking de la petite zone commerciale de la cité, comme j'en ai un à 5 minutes de chez moi.
Sous un aspect assez léger, Sylvain Cabot a su observer l'importance de ce point de rencontres conviviales et paisibles au milieu de la grisaille d'une cité plutôt cool avec ses populations si différentes. J'ai retrouvé beaucoup de petites anecdotes à travers les habituées du salon d'une population vieillissante qui retrouve un des rares lieux qui les change de leur monotonie grisâtre.
L'épisode Covid a montré l'importance de ces petits coins de de cité qui permettent les rencontres et d'un soin si important pour l'estime de soi. L'auteur a aussi l'intelligence de souligner l'importance du salon dans la mixité, entre tradition et modernité des coiffures ainsi Cabot nous décrit son salon comme un espace de tolérance intergénérationnelle.
En outre l'ouvrage de Cabot a la bonne idée de nous rappeler et de valoriser l'importance de l'apprentissage dans ce type de métiers essentiels pour le lien social.
J'ai trouvé le personnage de Michel particulièrement attachant dans une naïveté sexuelle qui rappelle une époque ante-internet.
Sa découverte de l'autre sexe peut faire sourire certains ados d'aujourd'hui mais elle emprunte d'un romantisme qui manque beaucoup de nos jours.
Le graphisme de Sylvain Cabot est assez simple mais contribue à la tendresse du récit. Les situations sont bien exprimées avec justesse et douceur.
La mise en couleur est très classique et agréable.
J'ai passé un très joli moment de lecture dans ce salon qui mérite qu'on s'y attarde un peu.
Réel coup de cœur sur cette bd ! En plus d’être joliment dessinée et colorisée de belles couleurs pastel cette bd est une perle pour son scénario ! Le développement personnel des personnages est très bien travaillé, on ressent la détresse, les émotions, on s’identifie très facilement à des caractères non clichés, ce n’est pas manichéen et ça fait réellement plaisir ! Je me suis surprise à rire dès les premières pages car même si la BD traite de sentiments forts, de doutes, elle n’en n’est pas pour autant triste, des petites blagues sont disséminées un peu partout apportant la légèreté qu’il faut, les expressions des personnages m’ont beaucoup amusée aussi. On sent que l’autrice c’est fait plaisir, et ça nous fait plaisir aussi !
La seule critique que je pourrai émettre est pour la rapidité de la résolution, qui finalement est parfaite car elle ne prend pas le dessus sur le message profond de la BD : se trouver.
On a là une BD qui inverse les codes populaires en préférant faire passer l’action en arrière plan , mais sans non plus l’oublier, moi ça me plaît.
Je conseille fortement aux jeunes ados, ados, et adultes ! Même aux enfants!
Excellent récit d'Histoire et de Voile qui nous plonge dans l'univers sordide des navires de la Compagnie néerlandaise des Indes Orientales du 17e siècle.
C'est avant tout un bel album, grand, documenté, excellemment dessiné et bien structuré en chapitres aux noms évocateurs. Les planches sont très soignées, très réussies, et elles contribuent à nous plonger pour de bon dans ce récit historique et dépaysant. J'ai été clairement emporté par ma lecture, me sentant plongé au milieu de ces marins et à bord du fameux Jakarta.
Les Passagers du vent m'avaient offert une vision réaliste mais légèrement romantique des voyages dans ces vieux gréements d'époque. Le Voyage du Commodore Anson m'en avait offert une vision encore plus réaliste et montrant bien les difficultés techniques de telles expéditions. Les Naufragés de la Méduse m'avait montré les horreurs d'un naufrage dans le cadre des inégalités sociales entre officiers de marine et matelots à leurs ordres. "1629, ou l'effrayante histoire des naufragés du Jakarta" m'offre cette fois une vision non seulement réaliste mais aussi très crue, insistant sur l'aspect terrible de la vie des marins, et surtout sur les incroyables inégalités à bord. C'est une formidable critique du capitalisme forcené dont faisait preuve la Compagnie des Indes Orientales à l'époque. Mais c'est aussi une mise en scène édifiante des enjeux de pouvoir à bord de ces navires dans lesquels une poignée de privilégiés faisait régner la loi sur des matelots bien plus nombreux et dangereux qu'eux, maintenus en laisse par un étrange sentiment de peur qu'un lecteur moderne pourra mettre du temps à appréhender.
Le déroulement du récit est très prenant, amenant les points de vue de plusieurs protagonistes pour mieux observer divers aspects de la situation mais aussi tromper le lecteur en lui faisant croire à tort qu'il va deviner toute la suite des évènements. C'est beau, bien raconté, et un vrai plaisir de lecture et de découverte à la fois.
J’ai beaucoup aimé les autres BD montagnardes de Nicolas Julo (Aventures en Chartreuse et Hector Krapahutt et le Mont Inaccessibilis), au point de l’avoir interviewé en 2020, avec sa collègue Muriel Zürcher. J’ai encore une fois passé un excellent moment de lecture avec « Les Paradis Inaccessibles ».
L’idée de départ est rigolote : Un alpiniste chute dans une étrange crevasse en forme de clé, et comprend que ces passages lui permettent de voyager dans le temps et l’espace, et de partir à la rencontre d’alpinistes connus lors d’ascensions historiques (par exemple, la toute première du Mont Aiguille, près de Grenoble). Le ton est humoristique (le protagoniste finit par s’emmêler les pinceaux à essayer de résoudre les conflits des différents groupes) mais on en apprend aussi beaucoup sur ces héros et sommets mythiques. Par contre je retrouve que l’histoire s’essouffle un peu sur 120 pages et finit par tourner en rond.
La mise en image est dans la lignée des autres œuvres de l’auteur. Le trait est maitrisé, et on sent son amour pour la montagne.
Un bon moment de lecture, divertissant et éducatif. Un album à conseiller aux amateurs de grands sommets.
J'adore Soda. Je l'avais acheté pour mon fils quand il a eu 15 ans et je m'y suis mise. Heureusement tous les 2 ou 3 ans j'oublie les histoires et je peux répéter mon plaisir de lecture. Mon mari, britannique, y a appris un vocabulaire plus courant que les livres de langues étrangères. Je suis vraiment impressionnée par le trait du dessin et les scenarios qui sont cent fois mieux que les séries TV. Quand je suis déprimée, une relecture me permet d'oublier pendant un moment mes problèmes. Je lis en mangeant du chocolat de la même haute qualité que les histoires de Soda.
Au lieu de vivre à Londres, je devrais vivre à Bruxelles !!! Ici je ne trouve aucune BD et le bon chocolat est rare.
Eh bien pour le coup, j’ai adoré ! J’avais vu la bd en librairie et elle m’intriguait, mais sans plus. C’est finalement l’avis de Blue Boy qui m’a encouragé à passer le pas. Et je n’ai pas été déçu.
« Meurtre Télécommandé » nous plonge dans une atmosphère particulière. Le cadre est tout ce qu’il y a de plus classique, une enquête sur un meurtre, plusieurs suspects, et un enquêteur solitaire qui doit composer avec la méfiance de la police locale, police locale rustre, incompétente, etc. Mais on s’arrête là pour le classicisme. Déjà, mais ça on le comprend au premier regard sur la couverture, il y a (un peu) de fantastique. J’avoue que je m’attendais à ce qu’il y en ait plus, mais c’est finalement bien dosé et pas trop prégnant. Le fantastique est bien amené et contribue surtout à une certains ambiance décalée de cette bd, qui est un peu dans son propre monde, et pas mal loufoque, mais du bon côté. Ce côté perché et loufoque est contrebalancé par un dessin hyper classique et des personnages qui ont des airs hyper sérieux et austères. Le décalage entre le récit et le sérieux des personnages marche très bien.
Et l’enquête en elle-même n’est pas non plus déplaisante. En fait, elle sert seulement pour l’auteur à développer l’histoire de chacun des suspects et à leur inventer un trait de caractère et une histoire toutes plus absurdes les unes que les autres. L’enquêteur rend visite à chacun des suspects, ceux-ci sont développés et on passe au suivant, ça fait presque comme des mini histoires. Et mine de rien, même si c’est cent fois revu, j’aime bien le fond de l’histoire qui met en évidence plusieurs enjeux autour de l’occupation des espaces naturels, de la colonisation par les bourgeois de lieux naturels autrefois abandonnés, etc. Bref, j’aime bien le cadre et, surtout, la narration. Je me suis beaucoup amusé à la lecture, et j’ai beaucoup aimé.
Le dessin, comme je l’ai dit, est sur une ligne très classique, ce qui apporte un contraste assez sympa avec l’histoire qui, sous des dehors classiques, est perchée. J’ai beaucoup aimé ce dessin que je trouve très beau. C’est classique mais admirablement réalisé. Les personnages sont beaux, ont les traits du visage fins et précis. Les décors sont eux aussi ultra réalistes. Le noir et blanc est également agréable à l’œil et se prête bien à cette bd.
Je recommande en tout cas la lecture de cette bd qui m’a beaucoup plu.
Depuis qu'une amie m'a fait lire "Maman a tort", je suis devenu un fan addict de Michel Bussi presque un idolâtre !
C'est dire que j'ai commencé cette série avec circonspection. Duval et Cassegrain allaient-ils abîmer l'un de mes romans préférés ?
Connaissant bien l'intrigue qui travaille sur l'imaginaire en cachant une partie du visuel, j'étais très sceptique.
Mes craintes n'étaient pas fondées. Au contraire Duval (et probablement Bussi) ont réussi à construire une mise en scène qui rend la lecture doublement intéressante pour qui a lu le roman.
En effet j'ai trouvé l'enchaînement des plans et des scènes travaillés avec une grande intelligence pour ne rien dévoiler du final. Une nouvelle fois j'ai admiré l'enchevêtrement des différents meurtres qui nous promène dans un labyrinthe de pure intelligence.
Même si l'image tue un peu chez moi le côté suspens dramatique que porte l'écriture de Bussi j'ai trouvé que l'ambiance proposée par Cassegrain était d'une justesse admirable.
Je n'habite pas très loin de Giverny et j'ai eu la chance de me promener dans le village sans les touristes (que je suis !). Je suis fan de la peinture impressionniste et je remercie Cassegrain d'avoir soigné son graphisme pour qu'il corresponde à l'esprit du roman.
Connaissant l'intrigue j'ai aimé les petits indices visuels ou les doubles sens des dialogues que les auteurs ont laissés comme des petits cailloux tout au long du récit.
Stéphanie est aussi belle que dans mon imagination et son idylle avec Sérénac, qui est un moment érotique et scénaristique fort du roman, très bien transcrite par l'image.
Comme Bussi nous agrémente d'un dialogue recherché avec des références culturelles très sympas cette lecture m'a comblé une fois de plus.
Je n'ai aucune hésitation sur ma note.
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Brume
Une nouvelle série jeunesse pleine d'humour, avec un joli dessin, de jolies couleurs... Les nouvelles séries jeunesse autour de la magie, ce n'est pas ce qui manque. En général, malheureusement, elles tombent souvent dans la facilité, que ce soit au niveau de la qualité du dessin, de la faiblesse du scénario, ou d'une mise en page faiblarde. Si l'histoire de départ de "Brume" n'est pas des plus innovantes (la petite sorcière qui va se révéler), bravo aux deux auteurs d'avoir pu / su / voulu renouveler le genre. Et puis notre petite Brume possède un caractère bien trempé, un humour insolent, qui plaira à tous les amateurs de Mortelle Adèle. Franchement, tout est bien et à sa place dans cette bd.
13h17 dans la vie de Jonathan Lassiter
Avec Eric Stalner, je n’étais pas en territoire inconnu, j’avais adoré la série La Zone. Je m’attendais donc a retrouver les sensations positives perçues précédemment. Et je vous le dis tout de go cela a été le cas ! Jonathan Lassister va - sur une seule journée - voir sa vie basculer. Il perd son travail, il se fait détrousser par un pickpocket et sa petite amie le quitte ! Désabusé il se réfugie dans un pub et c’est là qu’il rencontre monsieur Edward ! La soirée va se prolonger jusqu’au petit matin. Les pérégrinations des deux compères font que vous ne lâcherez pas cette BD ! Au fil des pages de ce thriller psychologique vous vous enfoncerez dans la nuit pour votre plus grand plaisir avec de nombreux rebondissements à la clé. Les perceptions perçues sont un régal. L’atmosphère graphique style année 60 est merveilleuse. Le trait élégant d’Eric Stalner est parfait. Peu de couleurs au final mais que c’est beau ! Les pointes rouges distillées de-ci de-là me rappellent celles de noir burlesque d’Enrico Marini. C'est génial ! Les aventures nocturnes de ce duo improbable méritent votre attention. Un peu d’actions et un zeste d’humour, voilà qui est parfait pour passer un bon moment de lecture. C’est diaboliquement efficace.
Là-bas
Cet album est une très belle surprise. Traitée sous la forme d’un témoignage, l’histoire se déroule tranquillement, comme une tranche de vie simple d’une famille obligée de quitter l’Algérie à la vielle de l’indépendance. Une émotion sincère se dégage du récit, retour d’une famille déracinée dont certains membres n’arrivent pas à s’adapter à la vie en métropole. Tout lui manque : le soleil, le harissa, le petit vendeur de persil… A travers ce récit simple en apparence, des questions plus profondes dont abordées : le retour de ceux qu’on a appelé les pieds noirs, leur adaptation parfois difficile à une nouvelle vie, l’accueil qui leur est réservé, la nostalgie de la vie d’avant, la violence qui a touché l’Algérie dans la dernière phase de la guerre. Le dessin et les couleurs mettent m’ont vraiment plu. J’ai trouvé que le côté décalé du dessin, loin d’être gênant, mettait l’histoire en valeur. On aurait pu s’attendre à un dessin plus doux, et là au contraire, on est percutés par le trait vigoureux, parfois caricatural de Tronchet.
Salon Dolorès & Gérard
Quelle bonne surprise que ce petit roman pour ados/ jeunes adultes. J'ai vraiment apprécié ce récit rempli de légèreté et de tendresse dans la double intimité de Michel et du salon de coiffure où il fait ses classes. Sylvain Cabot s'empare d'un espace assez peu utilisé en BD : un salon de coiffure. L'auteur ne choisit pas un salon de stars mais une petite boutique bien sympa sur le parking de la petite zone commerciale de la cité, comme j'en ai un à 5 minutes de chez moi. Sous un aspect assez léger, Sylvain Cabot a su observer l'importance de ce point de rencontres conviviales et paisibles au milieu de la grisaille d'une cité plutôt cool avec ses populations si différentes. J'ai retrouvé beaucoup de petites anecdotes à travers les habituées du salon d'une population vieillissante qui retrouve un des rares lieux qui les change de leur monotonie grisâtre. L'épisode Covid a montré l'importance de ces petits coins de de cité qui permettent les rencontres et d'un soin si important pour l'estime de soi. L'auteur a aussi l'intelligence de souligner l'importance du salon dans la mixité, entre tradition et modernité des coiffures ainsi Cabot nous décrit son salon comme un espace de tolérance intergénérationnelle. En outre l'ouvrage de Cabot a la bonne idée de nous rappeler et de valoriser l'importance de l'apprentissage dans ce type de métiers essentiels pour le lien social. J'ai trouvé le personnage de Michel particulièrement attachant dans une naïveté sexuelle qui rappelle une époque ante-internet. Sa découverte de l'autre sexe peut faire sourire certains ados d'aujourd'hui mais elle emprunte d'un romantisme qui manque beaucoup de nos jours. Le graphisme de Sylvain Cabot est assez simple mais contribue à la tendresse du récit. Les situations sont bien exprimées avec justesse et douceur. La mise en couleur est très classique et agréable. J'ai passé un très joli moment de lecture dans ce salon qui mérite qu'on s'y attarde un peu.
Fortuna
Réel coup de cœur sur cette bd ! En plus d’être joliment dessinée et colorisée de belles couleurs pastel cette bd est une perle pour son scénario ! Le développement personnel des personnages est très bien travaillé, on ressent la détresse, les émotions, on s’identifie très facilement à des caractères non clichés, ce n’est pas manichéen et ça fait réellement plaisir ! Je me suis surprise à rire dès les premières pages car même si la BD traite de sentiments forts, de doutes, elle n’en n’est pas pour autant triste, des petites blagues sont disséminées un peu partout apportant la légèreté qu’il faut, les expressions des personnages m’ont beaucoup amusée aussi. On sent que l’autrice c’est fait plaisir, et ça nous fait plaisir aussi ! La seule critique que je pourrai émettre est pour la rapidité de la résolution, qui finalement est parfaite car elle ne prend pas le dessus sur le message profond de la BD : se trouver. On a là une BD qui inverse les codes populaires en préférant faire passer l’action en arrière plan , mais sans non plus l’oublier, moi ça me plaît. Je conseille fortement aux jeunes ados, ados, et adultes ! Même aux enfants!
1629 ou l'effrayante histoire des naufragés du Jakarta
Excellent récit d'Histoire et de Voile qui nous plonge dans l'univers sordide des navires de la Compagnie néerlandaise des Indes Orientales du 17e siècle. C'est avant tout un bel album, grand, documenté, excellemment dessiné et bien structuré en chapitres aux noms évocateurs. Les planches sont très soignées, très réussies, et elles contribuent à nous plonger pour de bon dans ce récit historique et dépaysant. J'ai été clairement emporté par ma lecture, me sentant plongé au milieu de ces marins et à bord du fameux Jakarta. Les Passagers du vent m'avaient offert une vision réaliste mais légèrement romantique des voyages dans ces vieux gréements d'époque. Le Voyage du Commodore Anson m'en avait offert une vision encore plus réaliste et montrant bien les difficultés techniques de telles expéditions. Les Naufragés de la Méduse m'avait montré les horreurs d'un naufrage dans le cadre des inégalités sociales entre officiers de marine et matelots à leurs ordres. "1629, ou l'effrayante histoire des naufragés du Jakarta" m'offre cette fois une vision non seulement réaliste mais aussi très crue, insistant sur l'aspect terrible de la vie des marins, et surtout sur les incroyables inégalités à bord. C'est une formidable critique du capitalisme forcené dont faisait preuve la Compagnie des Indes Orientales à l'époque. Mais c'est aussi une mise en scène édifiante des enjeux de pouvoir à bord de ces navires dans lesquels une poignée de privilégiés faisait régner la loi sur des matelots bien plus nombreux et dangereux qu'eux, maintenus en laisse par un étrange sentiment de peur qu'un lecteur moderne pourra mettre du temps à appréhender. Le déroulement du récit est très prenant, amenant les points de vue de plusieurs protagonistes pour mieux observer divers aspects de la situation mais aussi tromper le lecteur en lui faisant croire à tort qu'il va deviner toute la suite des évènements. C'est beau, bien raconté, et un vrai plaisir de lecture et de découverte à la fois.
Les Paradis Inaccessibles
J’ai beaucoup aimé les autres BD montagnardes de Nicolas Julo (Aventures en Chartreuse et Hector Krapahutt et le Mont Inaccessibilis), au point de l’avoir interviewé en 2020, avec sa collègue Muriel Zürcher. J’ai encore une fois passé un excellent moment de lecture avec « Les Paradis Inaccessibles ». L’idée de départ est rigolote : Un alpiniste chute dans une étrange crevasse en forme de clé, et comprend que ces passages lui permettent de voyager dans le temps et l’espace, et de partir à la rencontre d’alpinistes connus lors d’ascensions historiques (par exemple, la toute première du Mont Aiguille, près de Grenoble). Le ton est humoristique (le protagoniste finit par s’emmêler les pinceaux à essayer de résoudre les conflits des différents groupes) mais on en apprend aussi beaucoup sur ces héros et sommets mythiques. Par contre je retrouve que l’histoire s’essouffle un peu sur 120 pages et finit par tourner en rond. La mise en image est dans la lignée des autres œuvres de l’auteur. Le trait est maitrisé, et on sent son amour pour la montagne. Un bon moment de lecture, divertissant et éducatif. Un album à conseiller aux amateurs de grands sommets.
Soda
J'adore Soda. Je l'avais acheté pour mon fils quand il a eu 15 ans et je m'y suis mise. Heureusement tous les 2 ou 3 ans j'oublie les histoires et je peux répéter mon plaisir de lecture. Mon mari, britannique, y a appris un vocabulaire plus courant que les livres de langues étrangères. Je suis vraiment impressionnée par le trait du dessin et les scenarios qui sont cent fois mieux que les séries TV. Quand je suis déprimée, une relecture me permet d'oublier pendant un moment mes problèmes. Je lis en mangeant du chocolat de la même haute qualité que les histoires de Soda. Au lieu de vivre à Londres, je devrais vivre à Bruxelles !!! Ici je ne trouve aucune BD et le bon chocolat est rare.
Meurtre télécommandé
Eh bien pour le coup, j’ai adoré ! J’avais vu la bd en librairie et elle m’intriguait, mais sans plus. C’est finalement l’avis de Blue Boy qui m’a encouragé à passer le pas. Et je n’ai pas été déçu. « Meurtre Télécommandé » nous plonge dans une atmosphère particulière. Le cadre est tout ce qu’il y a de plus classique, une enquête sur un meurtre, plusieurs suspects, et un enquêteur solitaire qui doit composer avec la méfiance de la police locale, police locale rustre, incompétente, etc. Mais on s’arrête là pour le classicisme. Déjà, mais ça on le comprend au premier regard sur la couverture, il y a (un peu) de fantastique. J’avoue que je m’attendais à ce qu’il y en ait plus, mais c’est finalement bien dosé et pas trop prégnant. Le fantastique est bien amené et contribue surtout à une certains ambiance décalée de cette bd, qui est un peu dans son propre monde, et pas mal loufoque, mais du bon côté. Ce côté perché et loufoque est contrebalancé par un dessin hyper classique et des personnages qui ont des airs hyper sérieux et austères. Le décalage entre le récit et le sérieux des personnages marche très bien. Et l’enquête en elle-même n’est pas non plus déplaisante. En fait, elle sert seulement pour l’auteur à développer l’histoire de chacun des suspects et à leur inventer un trait de caractère et une histoire toutes plus absurdes les unes que les autres. L’enquêteur rend visite à chacun des suspects, ceux-ci sont développés et on passe au suivant, ça fait presque comme des mini histoires. Et mine de rien, même si c’est cent fois revu, j’aime bien le fond de l’histoire qui met en évidence plusieurs enjeux autour de l’occupation des espaces naturels, de la colonisation par les bourgeois de lieux naturels autrefois abandonnés, etc. Bref, j’aime bien le cadre et, surtout, la narration. Je me suis beaucoup amusé à la lecture, et j’ai beaucoup aimé. Le dessin, comme je l’ai dit, est sur une ligne très classique, ce qui apporte un contraste assez sympa avec l’histoire qui, sous des dehors classiques, est perchée. J’ai beaucoup aimé ce dessin que je trouve très beau. C’est classique mais admirablement réalisé. Les personnages sont beaux, ont les traits du visage fins et précis. Les décors sont eux aussi ultra réalistes. Le noir et blanc est également agréable à l’œil et se prête bien à cette bd. Je recommande en tout cas la lecture de cette bd qui m’a beaucoup plu.
Nymphéas noirs
Depuis qu'une amie m'a fait lire "Maman a tort", je suis devenu un fan addict de Michel Bussi presque un idolâtre ! C'est dire que j'ai commencé cette série avec circonspection. Duval et Cassegrain allaient-ils abîmer l'un de mes romans préférés ? Connaissant bien l'intrigue qui travaille sur l'imaginaire en cachant une partie du visuel, j'étais très sceptique. Mes craintes n'étaient pas fondées. Au contraire Duval (et probablement Bussi) ont réussi à construire une mise en scène qui rend la lecture doublement intéressante pour qui a lu le roman. En effet j'ai trouvé l'enchaînement des plans et des scènes travaillés avec une grande intelligence pour ne rien dévoiler du final. Une nouvelle fois j'ai admiré l'enchevêtrement des différents meurtres qui nous promène dans un labyrinthe de pure intelligence. Même si l'image tue un peu chez moi le côté suspens dramatique que porte l'écriture de Bussi j'ai trouvé que l'ambiance proposée par Cassegrain était d'une justesse admirable. Je n'habite pas très loin de Giverny et j'ai eu la chance de me promener dans le village sans les touristes (que je suis !). Je suis fan de la peinture impressionniste et je remercie Cassegrain d'avoir soigné son graphisme pour qu'il corresponde à l'esprit du roman. Connaissant l'intrigue j'ai aimé les petits indices visuels ou les doubles sens des dialogues que les auteurs ont laissés comme des petits cailloux tout au long du récit. Stéphanie est aussi belle que dans mon imagination et son idylle avec Sérénac, qui est un moment érotique et scénaristique fort du roman, très bien transcrite par l'image. Comme Bussi nous agrémente d'un dialogue recherché avec des références culturelles très sympas cette lecture m'a comblé une fois de plus. Je n'ai aucune hésitation sur ma note.