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Couverture de la série Murena
Murena

C'est avec un grand plaisir que j'ai relu les onze tomes de la série afin de l'aviser. Cette série possède tellement de qualités que la faiblesse incontestable du tome10 ne me fait pas modifier ma notation maximale. Dufaux et Delaby ont effectué un travail d'excellence dans tous les domaines. Je n'oublie pas Jérémy Petiqueux dont la mise en couleur a renforcé cette merveilleuse impression de crédibilité dans le réalisme de la série. La réhabilitation de l'image de Néron à travers les tribulations d'un de ses proches est une trouvaille qui nécessite beaucoup de doigté. Dufaux et Delaby ont réussi le dosage quasi parfait entre les scènes historiques et les scènes fictives. Cela rend le scénario aussi intelligent qu'émotionnel. Les premiers épisodes m'ont immédiatement placé dans une ambiance digne des pièces de Jean Racine. La personnalité des personnages (Claude, Agrippine ou Néron) est si justement dépeinte, leurs discours d'un tel niveau, les citations des auteurs de l'antiquité si bien placées que la construction du récit ressemble à s'y méprendre à un travail d'horlogerie (suisse). Une autre idée géniale est de placer le centre des deux premiers cycles autour de femmes historiques. Cette idée est vraiment dans l'esprit de la Rome antique pour preuve un discours de Caton l'Ancien : "Vous les connaissez, les femmes : faites-en vos égales, tout de suite elles vous monteront sur le dos pour vous commander. Nous finirons par voir ceci : les hommes du monde entier qui gouvernent les femmes, gouvernés par les seuls hommes qui se fassent gouverner par les femmes : les Romains." Peut-il y avoir meilleure illustration du discours (macho et rétrograde) de Caton que la série de Dufaux et Delaby ? Evidemment Lemuria n'est pas de taille pour porter un troisième cycle et la disparition du personnage de Pierre laisse un grand vide. Peut-on faire mieux que Delaby dans son dessin réaliste ? Je ne suis pas sûr. Pourtant l'artiste n'a pas choisi la facilité en multipliant les cases où la plèbe grouille dans les rues, les tavernes ou au cirque. Le moindre visage de l'arrière-plan est travaillé tel le tableau des peintres italiens de la Renaissance. Le personnage le plus insignifiant de chaque case possède son expression affirmée et sa gestuelle propre. Si la BD est devenue un art, un artiste comme Delaby y a grandement contribué. On peut trouver ici et là quelques facilités scénaristiques (en dehors du t10) comme la quasi résurrection de Massam mais c'est tellement rare que je tire mon chapeau aux artistes et à tous leurs collaborateurs pour cette série hors du commun.

09/06/2023 (modifier)
Couverture de la série Silence
Silence

J'ai vraiment beaucoup aimé ce récit de Comès que je classe perso comme une de mes lectures préférées. "Silence est un être qu’on n’oublie pas” écrivait le poète Henri Gougaud dans sa préface de l'oeuvre de Comès. Modestement j'ajouterais que le personnage d'Abel Mauvy restera pour moi l'une des personnifications du Mal les plus abouties du monde de la BD. À la croisée du conte mystique et ésotérique, du récit philosophique ou symbolique j'ai découvert une grande richesse dans ce scénario si singulier. J'ai immédiatement été séduit par la personne de Silence. Sa force animale, son rapport confiant à la nature et aux autres ainsi que son parler simpliste de type "pidgin" me l'a immédiatement et symboliquement placé dans l'état de l'homme naturel intrinsèquement bon (question philosophique ?) asservi en esclavage par le massif et vénal Mauvy. Comès a-t-il voulu y faire une critique du colonialisme européen ? Perso cela a été ma grille de lecture dès les premières pages. Mais les antagonismes sont nombreux tout au long du récit : richesse du coeur vs vénalité, spiritualité et "folie" vs rationalisme destructeur, courage de la sorcière vs lâcheté du village. Ce dernier antagonisme renvoie lui, à un Mauvy colabo et profiteur, image renforcée par les uniformes noirs des gendarmes, presque tirés de la garde-robe des Waffen-SS. On pourrait se dire que Comès tombe dans un manichéisme facile opposant le Bien et le Mal d'une façon simpliste et partiale. Mais Comès introduit beaucoup d'intelligence dans son scénario. Il y va par petites marches qui représentent bien nos renoncements. Ainsi Mauvy est d'autant plus préoccupant qu'il est l'image de l'inhumanité qui a grandi au fond de nous-même depuis des siècles. La fin résonne comme à un retour à une autre logique puisque le justice des hommes n'est pas pour "Silence". J'ai beaucoup aimé le final lucide sur les rapports de force mais optimiste dans sa pensée onirique. Quel plaisir de découvrir le trait de Comès qui porte le récit de façon très efficace. Tous les visages sont aussi tourmentés que l'ambiance pesante de Beausonge. Les détails sont rares mais les éclairages et les contrastes suffisent à créer cet univers de secrets et de monde clos. De plus j'ai apprécié de retrouver un graphisme qui sort de l'uniformité lassante de trop de dessinateurs. Une lecture qui m'a fait vibrer comme une sonate au clair de lune. Excellent.

08/06/2023 (modifier)
Par Alix
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série La Voix des bêtes, la faim des hommes
La Voix des bêtes, la faim des hommes

Thomas Gilbert propose un album qui revisite finalement des thèmes assez proches de son superbe Les Filles de Salem, à savoir la bêtise humaine et religieuse, et la violence à l’encontre des faibles (les femmes, les enfants, les animaux), mais dans un contexte moins réaliste, presque fantasy… et j’ai beaucoup aimé. L’histoire se présente sous la forme d’une grande aventure en compagnie de Brunehilde, meneuse de loups (personnage légendaire proche d’une sorcière) et des compagnons qu’elle rencontre sur son chemin. Elle va s’opposer à un tueur en série issu de la religion chrétienne (encore une fois malmenée par l’auteur) et prendre la défense des animaux, accusés à tord par les villageois. En tout cas j’ai trouvé l’histoire prenante et rondement menée, et le personnage de Brunehilde très attachant - j’ai beaucoup aimé ses valeurs et sa quête. La mise en image est superbe. J’ai notamment adoré les paysages de campagne. Je note cependant quelques soucis de narration, avec des sauts temporels pas très clairs, qui ont rendu ma lecture un peu ardue, sans toutefois gâcher mon plaisir. Un chouette one-shot.

06/06/2023 (modifier)
Couverture de la série Le Sarcophage des âmes
Le Sarcophage des âmes

Les auteurs ont attiré mon attention. Le titre moins : les histoires fantastiques n'ont pas vraiment ma préférence. La première image m'a intrigué: Salem, décor fin XIXième siècle? Comme dans les fameuses histoires des sorcières? Dès les premières pages, on retrouve (revoit?) l'émeute populaire contre la sorcellerie, le feu, le juge dépassé par les événements, la haute dame intolérante, etc… On est vraiment dans Salem, pardon, Shaalem, avec une histoire du même genre, mais racontée d'une façon différente, avec la bouteille de "Rhum Letendre" dans le coin. Puis viens la page 30: le train Brostown-Shaalem nous rappelle que Salem est situé non loin de Boston et donc, nous confirme ainsi notre première impression! Et l'histoire continue, me passionnant de plus en plus pour cette jeune bonne sorcière qui se bat toute seule, avec ses deux amis, contre cette mouvance des méchantes sorcières. Pour la galerie, il y a même un Magasin général à demi montré, quelque part…! Et c'est bel et bien une histoire de sorcières, le groupe des méchantes contre une toute petite bonne sorcière, rejetée des siens, on ne sait pourquoi, avec ses deux amis, aussi marginaux dans leur société et qui finissent quand même par gagner dans cette histoire. Et quelle histoire! Et qui, de plus, se déroule dans un décor archi-connu, mais montré d'une façon tellement différente! Et qui nous laisse sur notre faim… Pourquoi cette jeune bonne sorcière avait-elle été rejetée? Est-ce vraiment la fin des méchantes sorcières? Et ce corbeau noir, que l'on voit à la fin de l'histoire, il vient faire quoi, là-dedans? Et pourquoi, à la dernière image, nous renvoit-on en Transylvanie, patrie de la sorcellerie? Et surtout… pourquoi ce point d'interrogation, juste après le mot "fin?" ? Vivement le tome 2 du Sarcophage des âmes!

06/06/2023 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Championzé - Une histoire de Battling Siki
Championzé - Une histoire de Battling Siki

3.5 La biographie du boxeur oublié Battling Siki qui avait pour particularité d'être Français parce qu'il était né au Sénégal durant la colonisation. Ducoudray ne va donc pas se gêner pour montrer le racisme décomplexé de l'époque où on va même le rabaisser lorsqu'il gagne grâce aux théories pseudo-scientifiques racistes sur les différences entre les blancs et les noirs. J'avoue que cela m'a pris un peu de temps pour bien apprécier le scénario parce que le début est plutôt lent. J'ai totalement embarqué lorsque notre héros se met totalement à la boxe. J'ai trouvé le récit passionnant, la personnalité de Battling Siki est intéressante et j'ai bien aimé la description de la société française de l'époque. Le dessin est très bon et je trouve que la mise en scène est remarquable. J'ai surtout apprécié lorsqu'on faisait défiler des personnes ayant rencontré le boxeur et que celles-ci parlaient à un interlocuteur invisible. Cela donne l'impression de regarder un documentaire où les gens parlent à la caméra, j'aime bien ce style d'effet. Bref, moi qui ne suis pas un grand fan de boxe, et ben j’ai été emballé par ce one-shot !

06/06/2023 (modifier)
Par Cacal69
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Troisième Testament - Julius
Le Troisième Testament - Julius

Il n'est jamais évident de faire une "suite" à une série à succès. Ici, mission réussie. Je me rappelle précisément le jour où j'ai acheté le premier tome du préquel du Le Troisième Testament, j'étais dubitatif devant la couverture avec ce casque romain, qui d'ailleurs reviendra sur chaque album. Et bien j'avais tort, dès les premières planches, j'ai été happé par l'intrigue avec ce délicieux cocktail de péplum, de fantastique et d'ésotérisme. Une intrigue classique mais bien charpentée, on va suivre l'épopée de deux hommes qui au départ tout oppose, Julius Publius Vindex général dans l'armée romaine, le boucher d'Alexandrie, et d'un juif qui va devenir l'esclave de Julius. Un récit qui va vite changer de direction, nos deux lascars vont s'associer malgré eux et partir à la recherche du troisième testament. Ce qui m'a captivé dans cette quête, c'est le souffle épique et le lyrisme qui s'en dégage tout en explorant le fanatisme, la guerre, les croyances et les relations humaines. Des personnages principaux qui au départ peuvent paraître stéréotypés mais qui vont évoluer d'une manière diamétralement opposée. Un final quelque peu attendu pour qui a lu Le Troisième Testament mais cela n'enlève en rien à son pouvoir d'attraction. Les deux séries peuvent se lire indépendamment. Un premier tome dessiné par Robin Recht au trait puissant et à la mise en page réalisée par Alex Alice, très beau. Le reste de la série sera dessinée par Thimotée Montaigne, une transition qui se fait naturellement, Alex Alice est toujours au storyboard, superbe. J'avoue avoir une préférence pour le trait de Montaigne. Une cohérence graphique qui apporte un ton mystique à cette formidable odyssée. Une relecture d'une traite, il faut dire que je suis friand de ce genre de récit.

05/06/2023 (modifier)
Par Cacal69
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série TERRE
TERRE

Mise à jour suite à lecture du dernier tome. Donc, à la demande de Ro, j'enregistre et j'avise Terre. ;-) C'était prévu, mais pas forcément avant les vacances. Mandor a quitté le vaisseau Jupiter avec Beth et d'autres compagnons. Arrivés sur une planète inconnue, ils commencent par "monter" un village suspendu, avant de partir explorer ce nouveau monde. Rodolphe nous livre un récit de qualité avec son lot de surprises. De la science fiction qui reste dans les normes standards, mais diablement efficace. Juste un bémol sur les deux scènes de nu, pas forcément obligatoires pour la compréhension de l'histoire. Passons à Christophe Dubois, je suis FAN depuis son extraordinaire Cycle d'Ostruce, si si, extraordinaire. C'est entièrement partial. Son trait hachuré tout en nuances est magnifique. Il donne du rythme et aide à donner une ambiance inquiétante. Une capacité à créer des mondes tous plus beaux les uns que les autres. Toutes ses planches sont somptueuses. Avec une très belle mise en couleur. Le point fort de cet album. J'attends avec impatience la suite. J'en conseille la lecture et plus si affinités. En cadeau, un superbe cahier graphique. TOME 2 Visuellement, le travail de Dubois est toujours aussi éblouissant. Je ne m'en lasse pas. L'histoire avance à grand pas, nos héros ont retrouvé le Jupiter, leur ancien vaisseau qu'ils avaient abandonné dans l'espace. Que fait-il sur Terre et surtout pourquoi dirait-on qu'il est échoué depuis plusieurs années ? On va aussi re-découvrir des personnages de TER. Un scénario qui ne faiblit pas. Tome 3 Changement de ton pour ce dernier opus, il est empreint de poésie. Je pourrais lui reprocher quelques facilités scénaristiques avec ses failles temporelles, mais non je ne peux pas. Ce dernier tome parle aussi d'amour avec beaucoup d'humanité et j'ai trouvé la conclusion bien trouvée. Visuellement je suis toujours aux anges. Rodolphe et Dubois ont réalisé de l'excellent travail. Toujours coup de cœur.

03/08/2021 (MAJ le 03/06/2023) (modifier)
Par Alix
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série P.T.S.D.
P.T.S.D.

J’ai récemment découvert Guillaume Singelin avec le superbe Frontier, et j’ai retrouvé les mêmes qualités dans « P.T.S.D. », à commencer par cette bienfaisance omniprésente, ces personnages tellement humains cherchant à s’entre-aider. J’aime beaucoup cette vision de l’humanité, même si je reconnais son classicisme. J’ai en tout cas beaucoup aimé l’histoire de Jun, son présent compliqué, mais aussi son passé, raconté via des flash-backs efficaces. Et puis j’adore le style graphique et narratif de l’auteur, qui s’est clairement inspiré du manga et de l’anime, mais aussi de la culture japonaise de manière plus générale (culinaire, architecturale). Je trouve les planches très jolies, et j’ai passé beaucoup de temps à en admirer les nombreux détails. Un excellent moment de lecture en ce qui me concerne.

03/06/2023 (modifier)
Par grogro
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Les Philanthropes aux poches percées
Les Philanthropes aux poches percées

Cette œuvre (à l'origine un classique de la littérature sociale Irlandaise) ne semble pas vieillir. Ecrite vers 1910, elle décrit par le menu la vie quotidienne d'un groupe de manœuvres employés sur des chantiers de rénovation. Ils évoquent leurs difficultés liées aux bas salaires, les maintenant dans un état de pauvreté crasse et les contraignant à la survie. On y voit les grands patrons que le sort de leurs ouvriers laisse de marbre, englués déjà dans les magouilles et les collusions politiques... Les ouvriers pourtant, voient le socialisme naissant d'un méchant œil, et quand l'un d'entre eux prend fait et cause pour le mouvement, cela va créer certaines tensions. Graphiquement, c'est bien plus sympatoche que ce que laisse entrevoir un feuilletage rapide. Comme ça, vite fait, on pense avoir affaire à un dessin un peu naïf, ce qui est essentiellement le fait de la mise en couleur qui confère à l'ensemble un aspect vaguement soyeux. Les couleurs sont bien choisies, mais l'effet est trompeur. Qu'à cela ne tienne ! Le dessin est vraiment bon quand on prend la peine de s'y attarder un peu. Les visages, postures et expressions sont finement représentées. Il y a en effet peu de scènes extérieures, peut-être un peu plus maladroites, ce que certains trouveront un peu dommageable. Il y a un petit côté à la fois monotone et étouffant, ce qui en même temps traduit parfaitement la situation du petit groupe d'hommes sur lequel on s'attarde. Pour le reste, c'est assez bon. Ca va à l'essentiel en dressant un panorama de la politique/économie de l'époque dont on ne regrettera que la tiédeur, ce qui était d'ailleurs une des critiques formulée à l'encontre du roman au moment de sa sortie. Si je doute fort que ce genre d'ouvrage convertisse les plus libéraux d'entre nous à voir la vie de manière disons plus "collective", n'en reste pas moins qu'on comprend rapidement les enjeux. Il y a de bons dialogues, de très bonnes scènes. Les personnages sont très biens ficelés, et pas manichéens pour un shilling. En fait, ce qui ressort avec le plus de force, ce qui y est le mieux saisi, c'est la condition même des ouvriers qui, à force d'être privés de ressources financières comme culturelles, et d'être réduits à des réflexes survivalistes, finissent par défendre bec et ongles leurs oppresseurs. Oui, c'est peut-être là que réside la grande force de cette BD, plus que la description par le menu des mécanismes d'oppression. Le roman, lui, n'est toujours pas traduit en français nom de bleu !

02/06/2023 (modifier)
Par Jetjet
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Clocki
Clocki

Sous ses airs enfantins et désuets (la couverture parle pour elle-même), il serait malvenu d'offrir Clocki à un enfant en s'imaginant que ce joli réveil tout rond dont les aiguilles forment la moustache lui serait destiné. Il n'en est effectivement rien et Mathias Martinez offre une fable étonnante pour une première bande dessinée qui louche davantage du côté du Pinocchio de Winshluss ou de Rose Profond de Michel Pirus et Dionnet pour le dessin et peut-être également pour le fond. Sans atteindre la maestria graphique des livres précités, le style de Martinez est plutôt étonnant ou détonnant. Pour sur, il ne laissera personne indifférent avec ce coté naïf et désuet mais perturbant en trois couleurs dont un orange persistant. Clocki raconte l'histoire d'une mascotte d'un parc d'attractions à succès et se découpe en 4 chapitres bien distincts qui pourraient s'apparenter à l'ascension, la gloire de ce lieu de divertissement prisé puis sa déchéance et sa chute. Le tout possède un charme certain appuyé par une voix off constante et finalement peu de phylactères. Les histoires sont plutôt captivantes comme d'autant d'étapes de la vie du parc avec une certaine noirceur dans les propos. Le parc s'avère plutôt effrayant et monstrueux lorsqu'on en devine les ficelles avec un aspect fondant dans les dessins et on serait tenté de refermer le tout en le rebaptisant "Glauqui" mais il reste toujours une certaine lueur d'espoir dans la destinée des différents protagonistes dont les histoires se suivent sans réellement se rencontrer. En effet le véritable "héros" c'est bien évidemment ce parc où les sourires s'effacent pour laisser place à des drames plus personnels comme la solitude, la trahison ou le temps qui passent... Clocki est réellement efficace dans ce qu'il dénonce, on peut y voir un parallèle entre le parc Mirapolis ou Big Bang Schtroumpf qui ont connu des ascensions équivoques. Ces petites fables sont remarquables et font de cet ouvrage un périple étonnant et plutôt mélancolique. Avec un style graphique plus appuyé et un peu plus d'audace, on ne passait pas loin du chef d’œuvre mais pour un premièr essai, le travail de Mathias Martinez est surprenant et laisse supposer de jolies choses à venir dans un registre indépendant. Dans tous les cas, l'univers de Clocki me restera longtemps en mémoire.

30/05/2023 (modifier)