Un album surprenant à plus d'un titre.
La couverture intrigue déjà beaucoup. Une jeune femme en tenue de guerrière, elle est à vélo au milieu des voitures à livrer des pizzas, sans oublier ce doigt pointé vers le ciel.....
Tout d'abord, je tiens à remercier Komics Initiative d'avoir eu l'heureuse idée (merci Ulule) de publier ces histoires dans un grand format et pour la qualité de l'édition.
C'est le seul nom de Barry Windsor-Smith qui m'a fait dépenser quelques sous.
La genèse de ce comics est compliquée.
Au début des années 90, BWS quitte Marvel, il ne se reconnaît plus dans ce qu'on lui propose de réaliser, il veut faire autre chose (Marvel lui a refusé la réalisation d'un projet sur Hulk, tant mieux pour nous, il peaufinera ce projet qui donnera des années plus tard Monstres, son chef-d’œuvre). Il va passer deux ans chez Valiant, puis arriver chez Dark Horse Comics où il va publier la revue Storytellers avec des titres originaux : Paradoxman, Freebooter et ce Young Gods. Après neuf numéros la revue s’arrête faute de succès. BWS quitte fâché Dark Horse, il reproche à son éditeur de ne pas avoir fait la promotion nécessaire au lancement de la revue.
Heureusement, Fantagraphics sort en 2003 une intégrale reprenant les neuf premiers chapitres de Young Gods complétés par des chapitres inédits. L'album se termine sur quelques planches de "La fête".
Information importante, BWS ayant abandonné la série, même s'il en a dessiné quelques planches en 2001 (voir bonus), vous ne connaîtrez jamais la conclusion de Young Gods, mais ce n'est pas grave, l'essentiel est ailleurs. Il est dans les nombreux bonus que propose cet album, dans les interviews de BWS qui explique les raisons qui l'ont poussé à créer la revue Storytellers et sa vision du monde des comics, les témoignages de personnes baignant dans ce monde de rapaces et enfin dans le courrier des lecteurs. Très instructif.
BWS a voulu rendre hommage à son maître, Jack Kirby et principalement à sa série New Gods (Le Quatrième Monde).
Cet album commence par une histoire indépendante à Young Gods, mais avec un de ses personnages principaux, la charismatique Adastra princesse d'Orgasma (tout un programme) !
Une petite fable comique sur la religion et le rôle de la femme autour de trois personnages : Adastra, un jeune homme épris de religion et d'un téléphone. Jubilatoire. Voir la première image de la galerie.
Pour Young Gods, une trame classique : des dieux et des déesses, des luttes de pouvoir, de l'amour et surtout, des personnages délirants. Tout cela n'est qu'un prétexte à BWS, il veut donner un nouveau souffle au comics, plus adulte et toucher un nouveau public.
BWS apporte une vraie modernité au récit, en jouant sur un humour décalé/déplacé, en se moquant du milieu des comics de l'époque, nous sommes en 1997 ("on dirait le Surfer d'Argent avec des couilles"), sur la présence de sexe pour vendre du papier, du rôle de la femme dans la société. BWS intervient même directement dans le récit en tant que personnage, tel un metteur en scène pour diriger ses acteurs et refait jouer la scène différemment au chapitre suivant. Il faut vraiment voir ce récit comme une parodie pour l'apprécier et non comme un récit d'heroïc fantasy pur et dur.
Un comics plus profond qu'il n'y parait de prime abord.
Une narration maîtrisée avec plusieurs niveaux de lecture, des dialogues qui font mouches et légèrement grivois, mais des phylactères pas toujours évidents à suivre.
Graphiquement, on reconnaît de suite le style si particulier de BWS, un peu théâtral, dynamique, puissant, détaillé, au trait précis et à la mise en page savamment orchestré.
Une colorisation typique des années 90, elle donne un petit côté rétro à l'histoire.
J'adore !
BWS est une mine d'or et Young Gods, une de ses des plus belles pépites.
Il ne me reste plus qu'à me procurer Freebooters.
De la pure héroic fantasy. Lightfall est un histoire très divertissante, elle reprend les codes du genre et plaira beaucoup aux plus jeunes.
L'héroïne, Béa est une orpheline adoptée par son grand père, un cochon sorcier. Après une escapade mouvementé où elle rencontre Cad, un Galadurien, une espèce de guerrier plutôt atypique, qui ne la quittera plus, en rentrant, elle découvre une lettre déposée sur la table. Son grand père est parti en urgence laissant une fiole lumière dont elle doit absolument prendre soins. Dans cette lettre, il lui ordonne de ne pas le suivre, chose qu'évidemment elle ne fera pas. La quête commence !
Elle partira à sa recherche avec ses angoisses maladives, son manque d'assurance accompagnée de Cad, guerrier Galadurien sans peur et toujours heureux, parfois même naïf, ils tenteront ensemble de retrouver le cochon sorcier et souvent le rateront de peu.
Lightfall c'est aussi une galerie de personnages hauts en couleurs. Des gentils, des moins gentils, des sournois, des généreux, bref tout ce petit monde cohabite dans un univers magique, loufoque, inquiétant et onirique.
Il y a un aspect course contre la montre dans cette histoire qui rend l'ensemble haletant. Quand on commence à lire, on n'ose pas poser l'album de peur de rater quelque chose, c'est dire si c'est haletant.
Le dessin est très agréable et adapté à l'univers fantastique jeunesse, les couleurs chaudes sont très belles et le découpage est très bien dosé, bien dynamique quand c'est nécessaire. Une vraie réussite !
Une série à conseiller vivement dès 8 ans mais même quand on est grand, c'est une lecture très agréable, nous attendons la suite avec impatience
J'ai passé un excellent moment de lecture en accompagnant Simon et ses dindes à travers le Missouri et le Kansas. Je n'ai pas lu le roman de Kathleen Karr mais la série m'a franchement donné envie de le mettre entre les mains de mes enfants.
Je me suis retrouvé plongé dans une aventure à la Tom Sawyer très originale et porteuse de valeurs que je partage. Les autrices ne se contentent pas de faire une pâle copie de Mark Twain mais elles y ajoutent une touche de fraicheur et d'inventivité très agréable. Pour sa première incursion dans le monde de la jeunesse Léonie Bischoff réussit un chef d'oeuvre à la fois dans la fluidité du récit, la profondeur des personnages, le découpage des rebondissements et l'équilibre du récit entre émotions et suspens.
Bischoff réussit à rendre cette atmosphère des pionniers américains qui ont souvent atteint l'impossible grâce à leur courage et une confiance en leurs talents. Pour autant le roman ne tombe pas dans la mièvrerie en soulignant les points sombres de cette période : l'esclavagisme, les massacres et spoliations des Indiens et la violence entre Blancs prêts à toutes les injustices pour quelques dollars de plus.
Le graphisme de l'auteure est parfait pour son public cible. De plus il ne tombe pas dans la facilité d'un standard de l'animation ce qui rend la série aussi très intéressante au niveau du dessin. Le très bon découpage facilite la lecture.
On y trouve des séquences dynamiques avec les personnages, entrecoupées de cartes qui fixent la progression du voyage et de magnifiques pleines pages qui ajoutent une touche de poésie au récit.
La mise en couleur avec toute une gamme de tons pastels très doux complètent avec bonheur un récit vivant et équilibré.
Une oeuvre qui rend joyeux avec une lecture que je n'oublierai pas de sitôt. Un exemple de la très bonne qualité possible en direction d'un jeune public dans une oeuvre qui mixte originalité, valeurs, humour et agrément tout en évitant les clichés moralisateurs.
Un prix angoumois bien mérité.
Parfois, sans que je ne comprenne trop pourquoi, je me laisse totalement entrainer par une histoire qui me balade jusqu'au bout de son récit. Et "Ténébreuse" est le genre d'histoire où je me suis fait embarquer sans rien comprendre jusqu'au final qui m'a laissé extrêmement satisfait, sans que je ne puisse dire de la BD qu'elle est une merveille. C'est "juste" une très belle Bd, agréable et fluide qui m'a intéressé par ses thématiques et son histoire.
Je trouve qu'on est dans une BD qui correspond à ce que je connais de Hubert, qui est un auteur dont j'apprécie décidément les scénarios. Il pose ici une histoire réfléchie sur le mythe de la princesse à délivrer par un chevalier errant. L'histoire prend cependant assez vite un ton inattendu, entre les trois vieilles étranges, le chevalier au passé pas très jojo et la princesse à la famille pourrie. En fin de compte, c'est principalement une histoire de famille et du poids des parents, de notre famille. C'est très intéressant et c'est assez bien mené, notamment sur la question de ce qu'on doit accepter de notre famille, et à ce niveau là je suis carrément d'accord avec le fait de rejeter le poids d'un héritage familiale ou de ne pas s'inscrire comme enfant de ses parents mais individu avant tout.
Au niveau de l'histoire aussi, j'ai apprécié la façon dont les personnages principaux se découvrent et s'organisent progressivement. Il y a une certaine sensibilité et une pudeur des relations que j'aime beaucoup. C'est tendre aussi, et c'est accentué par le dessin qui donne une bouille ronde à ses personnages. Mais il joue aussi sur les décors et les couleurs, avec le fait de trancher nettement le noir de tout ce qui concerne les monstres d'en bas et les couleurs d'en haut.
Je pense que j'ai un petit coup de cœur pour cette série, qui m'a plu par sa thématique mais aussi son histoire qui est franchement bien menée. Je recommande, en terme d'histoire elle a une certaine originalité et joue parfaitement bien sur sa thématique, sans déborder et avec ce qu'il faut de petits retournements de situation pour maintenir l'intérêt tout du long. Je recommande parfaitement cette BD !
La dernière chose à laquelle je pense avec cette critique est de maintenant m'attaquer à la lecture de Les Ogres-Dieux.
LMG vient de m'avouer qu'elle ignorait cet aspect de ma personnalité, ce coeur de midinette qui frémit, tachycarde, soubresaute devant une belle histoire d'amour. J'ai beau lui rappeller que nous avons regardé de concert Orgueil & Préjugés, avec le beau Colin Firth pour elle et un scénario bien tourné pour moi, rien n'y fait : elle se moque.
Certes, le préambule est hasardeux mais Goodbye my Rose Garden est clairement une belle et très fleur bleue histoire d'amour dans l'Angleterre de 1900. Il est difficile de ne pas penser aux oeuvres de Jane Austen mais aussi à des oeuvres plus modernes telles que celles de Kate Chopin ou de Sarah Orne Jewett (et si ces noms ne vous disent rien, n'ayez aucune honte, je les ignorais avant de commencer cette lecture... mais j'y reviendrai). Certes, le récit reste assez simple et est très certainement bien plus destiné aux jeunes filles en fleur qu'aux vieux cons en barbe mais il a réussi à me toucher par bien des aspects.
Tout d'abord, il y a l'accroche de départ, ce pacte étrange qui va lier les deux héroïnes, la première demandant à la seconde de lui promettre de la tuer en échange d'une rencontre avec un écrivain.
Vient ensuite le contexte historique ; cette Angleterre de 1900 avec sa littérature marquante, son style architectural et sa mode vestimentaire. Trois aspects bien mis en avant tant par le scénario que par le dessin. A ce niveau, le travail réalisé par Dr. pepperco est vraiment impressionnant. Alors que je ne cesse de me plaindre de la pauvreté des planches proposées par 99 pourcent des mangas, celui-ci nous offre des tenues travaillées, des décors soignés et des mises en pages claires et riches à la fois.
Ajoutez à celà cette histoire d'amour lesbien, racontée sans exhibitionnisme malsain. Certes, nous sommes dans un yuri mais replacé dans un contexte historique crédible et enrichi par de multiples références. J'ai trouvé cette histoire sensible et intelligente. Certes démonstrative par moments (voir le grand final) mais aussi très fine à d'autres (le dilemme devant lequel se trouve Alice, l'une des deux protagonistes centrales). Oui je l'avoue, cette histoire a su me happer et me toucher. L'évolution des personnages, la cohérence de l'ensemble du scénario, les choix faits par les différents acteurs sont à la fois évidents et sujets à réflexion.
Enfin, il y a la cerise sur le gâteau : l'aspect historique et culturel. Je me suis posé des questions face à certaines références et en vérifier la véracité m'a instruit (cfr les deux autrices dont je parle ici plus haut). Cette assise historiquement vérifiable apporte encore plus de plausibilité à cette romance.
Bon, vous l'aurez compris : ce manga m'a emballé. Trois tomes bien dosés pour une belle histoire d'amour et d'amitié dans un cadre historique bien exploité avec un dessin soigné... et en plus il y a un chat ! Un Yorkshire ou un lapin m'auraient laissé de marbre, mais un chat ! Tout rond tout con !
Bon, ok, j'ai une âme de midinette !
Franchement génial !
La qualité des dessins de Ledroit est bien là, comme je l'avais aimé dans Requiem !
Le scénario est top, sur un fond de vérité ésotérique et géopolitique, il nous emmène dans les limbes d'une humanité décadente où sont glorifiés partout des célébrités et politiciens honteux !
J'ai lu les 2 albums d'une traite, et j'ai hâte de lire la suite !
A voir les autres commentaires, apparemment on aime ou on n'aime pas, mais je pense qu'il faut, pour l'apprécier, une certaine ouverture d'esprit au monde tel qu'il est vraiment. Sans partir dans le New age à deux balles, je dirais qu'il faut avoir une certaine ouverture de conscience pour l'apprécier.
Je n'aurais jamais lu cette série sans l'avis de Cacal69. Dommage que cette série soit passée en-dessous des radars lors de sa parution. Est-ce parce que depuis une décennie il y a des dizaines de BD sur le thème de la seconde guerre mondiale qui sortent chaque année ?
Ici, on met en vedette une institutrice qui va tout faire pour sauver l'enfant juif de sa classe des miliciens et pour cela elle va devoir se cacher avec tous les enfants dont elle a la charge. Le scénario commence tout doucement durant une bonne partie du premier tome et puis cela s'emballage lorsque l'institutrice part en foret avec sa classe. La tension monte et le scénario devient passionnant. Il y a du vrai suspense, je ne savais jamais ce qui allait se passer, et j'ai vraiment eu l'impression que cela aurait pu mal tourner et finir en drame. Disons que cela fait changement de certaines vieilles comédies où on sait que les héros vont toujours gagner contre les méchants nazis même si toute l'armée allemande est à leurs poursuites.
Ce que j'ai surtout apprécié est à quel point tout semble réaliste. Je pense notamment au comportement de certains enfants qui répètent les propos antisémites de leurs parents sans vraiment réfléchir à ce qu'ils disent. Le dessin est vraiment magnifique, j'adore les couleurs !
J'ai été étonné et séduit par les propositions scénaristiques et graphiques des auteurs. Pour le moment je reste rarement insensible au travail de Sfar.
Il arrive que je n'aime pas mais je lui trouve souvent une originalité créatrice vraiment intéressante. C'est le cas pour la fille du professeur. "Rationalistes doctrinaires passez votre chemin ! " semblent dire deux auteurs facétieux.
Sfar se moque avec un humour parfois noir et souvent très pince sans rire d'un modèle sociétal guindé, sclérosé voire momifié dans ses traditions. J'ai eu l'impression de retrouver une pointe d'humour à la Jim Henson ou à la Monty Python assez corrosive sous son aspect aristocratique.
Je me rends compte que la série a été reclassifier en "conte" après avoir été classée en "humour". Personnellement je ne suis pas convaincu par ce changement. Sfar travaille sur un humour qui ne correspond pas à nos habitudes mais c'est cet humour très british détourné qui fait tout le sel de l'album.
Mais cela prouve aussi qu'il est très difficile de mettre cette série dans une case bien établie. Cela en fait une partie de son charme car elle a un extraordinaire pouvoir de surprendre.
Je suis élogieux sur le scénario qui a reçu un prix mais il est légitime d'admirer le graphisme qui a aussi été récompensé.
Je ne sais pas si Guibert pouvait mieux illustrer l'originalité du récit que par la singularité du dessin qu'il nous propose. Chaque case n'est qu'élégance, mouvement, création et découverte. Les dégradés, la variation des teintes dominantes ou les éclairages, tout nous entraine dans une féérie sensuelle.
C'est expressif dans les gestuelles et dans les ambiances de ce Londres Victorien.
Une oeuvre singulière qui porte un message de création artistique mais aussi un message de critique sociétale.
Pas facile de s'attaquer à la question de la transition de genre, surtout à l'âge si complexe de l'adolescence.
C'est pourtant ce qu'a réussi à faire le Suédois Elias ZEricson, au travers de ce roman graphique de plus de 200 pages, centré sur l'amitié particulière de deux personnes qui se posent des questions sur leur identité, leur genre. Nous avons Diana, née dans un corps de garçon, qui attend avec impatience sa majorité pour commencer sa transition vers un corps féminin. Et son ami Charlie, né dans un corps de fille, qui souhaite être considéré comme une personne sans genre. Au-delà de la question de leur genre, se pose celle de leur sexualité. Diana couche avec des garçons, mais a le béguin pour une fille ; Charlie se veut asexuel. Mais leur entourage accueille, accompagne et considère ces changements de genre de manière différenciée.
C'est là tout la richesse de ce récit singulier : la diversité des situation, qui évolue au fil de l'histoire, les deux ados partagent leurs angoisses, leurs joies, leurs peines, leurs bonheurs. Mais il y a des fois où Diana en a marre de subir les névroses de son ami. Et des fois où Charlie s'enfonce dans sa dépression, rejeté pour sa différence sexuelle, sa couleur de peau (iel est noir(e)), et ses pensées suicidaires. Il faut être bien accroché pour se taper ces discussions typiques des adolescents, entre futilités et réflexions métaphysiques, mais au bout du compte le message est porteur d'espoir, d'amour et de vérité. C'est assez intéressant si l'on doit un jour gérer ces questionnements chez son enfant.
Côté graphique, Elias Ericson a un style que je qualifierais de semi-réaliste, assez fragile, avec des personnages qui donnent l'impression d'être en permanence sur le point de fondre en larmes. Ceci dit c'est cohérent, lorsqu'on lit la pensée à haute voix de Diana, qui crie qu'iel souffre dans ce corps...
Très intéressant.
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Young gods
Un album surprenant à plus d'un titre. La couverture intrigue déjà beaucoup. Une jeune femme en tenue de guerrière, elle est à vélo au milieu des voitures à livrer des pizzas, sans oublier ce doigt pointé vers le ciel..... Tout d'abord, je tiens à remercier Komics Initiative d'avoir eu l'heureuse idée (merci Ulule) de publier ces histoires dans un grand format et pour la qualité de l'édition. C'est le seul nom de Barry Windsor-Smith qui m'a fait dépenser quelques sous. La genèse de ce comics est compliquée. Au début des années 90, BWS quitte Marvel, il ne se reconnaît plus dans ce qu'on lui propose de réaliser, il veut faire autre chose (Marvel lui a refusé la réalisation d'un projet sur Hulk, tant mieux pour nous, il peaufinera ce projet qui donnera des années plus tard Monstres, son chef-d’œuvre). Il va passer deux ans chez Valiant, puis arriver chez Dark Horse Comics où il va publier la revue Storytellers avec des titres originaux : Paradoxman, Freebooter et ce Young Gods. Après neuf numéros la revue s’arrête faute de succès. BWS quitte fâché Dark Horse, il reproche à son éditeur de ne pas avoir fait la promotion nécessaire au lancement de la revue. Heureusement, Fantagraphics sort en 2003 une intégrale reprenant les neuf premiers chapitres de Young Gods complétés par des chapitres inédits. L'album se termine sur quelques planches de "La fête". Information importante, BWS ayant abandonné la série, même s'il en a dessiné quelques planches en 2001 (voir bonus), vous ne connaîtrez jamais la conclusion de Young Gods, mais ce n'est pas grave, l'essentiel est ailleurs. Il est dans les nombreux bonus que propose cet album, dans les interviews de BWS qui explique les raisons qui l'ont poussé à créer la revue Storytellers et sa vision du monde des comics, les témoignages de personnes baignant dans ce monde de rapaces et enfin dans le courrier des lecteurs. Très instructif. BWS a voulu rendre hommage à son maître, Jack Kirby et principalement à sa série New Gods (Le Quatrième Monde). Cet album commence par une histoire indépendante à Young Gods, mais avec un de ses personnages principaux, la charismatique Adastra princesse d'Orgasma (tout un programme) ! Une petite fable comique sur la religion et le rôle de la femme autour de trois personnages : Adastra, un jeune homme épris de religion et d'un téléphone. Jubilatoire. Voir la première image de la galerie. Pour Young Gods, une trame classique : des dieux et des déesses, des luttes de pouvoir, de l'amour et surtout, des personnages délirants. Tout cela n'est qu'un prétexte à BWS, il veut donner un nouveau souffle au comics, plus adulte et toucher un nouveau public. BWS apporte une vraie modernité au récit, en jouant sur un humour décalé/déplacé, en se moquant du milieu des comics de l'époque, nous sommes en 1997 ("on dirait le Surfer d'Argent avec des couilles"), sur la présence de sexe pour vendre du papier, du rôle de la femme dans la société. BWS intervient même directement dans le récit en tant que personnage, tel un metteur en scène pour diriger ses acteurs et refait jouer la scène différemment au chapitre suivant. Il faut vraiment voir ce récit comme une parodie pour l'apprécier et non comme un récit d'heroïc fantasy pur et dur. Un comics plus profond qu'il n'y parait de prime abord. Une narration maîtrisée avec plusieurs niveaux de lecture, des dialogues qui font mouches et légèrement grivois, mais des phylactères pas toujours évidents à suivre. Graphiquement, on reconnaît de suite le style si particulier de BWS, un peu théâtral, dynamique, puissant, détaillé, au trait précis et à la mise en page savamment orchestré. Une colorisation typique des années 90, elle donne un petit côté rétro à l'histoire. J'adore ! BWS est une mine d'or et Young Gods, une de ses des plus belles pépites. Il ne me reste plus qu'à me procurer Freebooters.
Lightfall
De la pure héroic fantasy. Lightfall est un histoire très divertissante, elle reprend les codes du genre et plaira beaucoup aux plus jeunes. L'héroïne, Béa est une orpheline adoptée par son grand père, un cochon sorcier. Après une escapade mouvementé où elle rencontre Cad, un Galadurien, une espèce de guerrier plutôt atypique, qui ne la quittera plus, en rentrant, elle découvre une lettre déposée sur la table. Son grand père est parti en urgence laissant une fiole lumière dont elle doit absolument prendre soins. Dans cette lettre, il lui ordonne de ne pas le suivre, chose qu'évidemment elle ne fera pas. La quête commence ! Elle partira à sa recherche avec ses angoisses maladives, son manque d'assurance accompagnée de Cad, guerrier Galadurien sans peur et toujours heureux, parfois même naïf, ils tenteront ensemble de retrouver le cochon sorcier et souvent le rateront de peu. Lightfall c'est aussi une galerie de personnages hauts en couleurs. Des gentils, des moins gentils, des sournois, des généreux, bref tout ce petit monde cohabite dans un univers magique, loufoque, inquiétant et onirique. Il y a un aspect course contre la montre dans cette histoire qui rend l'ensemble haletant. Quand on commence à lire, on n'ose pas poser l'album de peur de rater quelque chose, c'est dire si c'est haletant. Le dessin est très agréable et adapté à l'univers fantastique jeunesse, les couleurs chaudes sont très belles et le découpage est très bien dosé, bien dynamique quand c'est nécessaire. Une vraie réussite ! Une série à conseiller vivement dès 8 ans mais même quand on est grand, c'est une lecture très agréable, nous attendons la suite avec impatience
La Longue Marche des Dindes
J'ai passé un excellent moment de lecture en accompagnant Simon et ses dindes à travers le Missouri et le Kansas. Je n'ai pas lu le roman de Kathleen Karr mais la série m'a franchement donné envie de le mettre entre les mains de mes enfants. Je me suis retrouvé plongé dans une aventure à la Tom Sawyer très originale et porteuse de valeurs que je partage. Les autrices ne se contentent pas de faire une pâle copie de Mark Twain mais elles y ajoutent une touche de fraicheur et d'inventivité très agréable. Pour sa première incursion dans le monde de la jeunesse Léonie Bischoff réussit un chef d'oeuvre à la fois dans la fluidité du récit, la profondeur des personnages, le découpage des rebondissements et l'équilibre du récit entre émotions et suspens. Bischoff réussit à rendre cette atmosphère des pionniers américains qui ont souvent atteint l'impossible grâce à leur courage et une confiance en leurs talents. Pour autant le roman ne tombe pas dans la mièvrerie en soulignant les points sombres de cette période : l'esclavagisme, les massacres et spoliations des Indiens et la violence entre Blancs prêts à toutes les injustices pour quelques dollars de plus. Le graphisme de l'auteure est parfait pour son public cible. De plus il ne tombe pas dans la facilité d'un standard de l'animation ce qui rend la série aussi très intéressante au niveau du dessin. Le très bon découpage facilite la lecture. On y trouve des séquences dynamiques avec les personnages, entrecoupées de cartes qui fixent la progression du voyage et de magnifiques pleines pages qui ajoutent une touche de poésie au récit. La mise en couleur avec toute une gamme de tons pastels très doux complètent avec bonheur un récit vivant et équilibré. Une oeuvre qui rend joyeux avec une lecture que je n'oublierai pas de sitôt. Un exemple de la très bonne qualité possible en direction d'un jeune public dans une oeuvre qui mixte originalité, valeurs, humour et agrément tout en évitant les clichés moralisateurs. Un prix angoumois bien mérité.
Ténébreuse
Parfois, sans que je ne comprenne trop pourquoi, je me laisse totalement entrainer par une histoire qui me balade jusqu'au bout de son récit. Et "Ténébreuse" est le genre d'histoire où je me suis fait embarquer sans rien comprendre jusqu'au final qui m'a laissé extrêmement satisfait, sans que je ne puisse dire de la BD qu'elle est une merveille. C'est "juste" une très belle Bd, agréable et fluide qui m'a intéressé par ses thématiques et son histoire. Je trouve qu'on est dans une BD qui correspond à ce que je connais de Hubert, qui est un auteur dont j'apprécie décidément les scénarios. Il pose ici une histoire réfléchie sur le mythe de la princesse à délivrer par un chevalier errant. L'histoire prend cependant assez vite un ton inattendu, entre les trois vieilles étranges, le chevalier au passé pas très jojo et la princesse à la famille pourrie. En fin de compte, c'est principalement une histoire de famille et du poids des parents, de notre famille. C'est très intéressant et c'est assez bien mené, notamment sur la question de ce qu'on doit accepter de notre famille, et à ce niveau là je suis carrément d'accord avec le fait de rejeter le poids d'un héritage familiale ou de ne pas s'inscrire comme enfant de ses parents mais individu avant tout. Au niveau de l'histoire aussi, j'ai apprécié la façon dont les personnages principaux se découvrent et s'organisent progressivement. Il y a une certaine sensibilité et une pudeur des relations que j'aime beaucoup. C'est tendre aussi, et c'est accentué par le dessin qui donne une bouille ronde à ses personnages. Mais il joue aussi sur les décors et les couleurs, avec le fait de trancher nettement le noir de tout ce qui concerne les monstres d'en bas et les couleurs d'en haut. Je pense que j'ai un petit coup de cœur pour cette série, qui m'a plu par sa thématique mais aussi son histoire qui est franchement bien menée. Je recommande, en terme d'histoire elle a une certaine originalité et joue parfaitement bien sur sa thématique, sans déborder et avec ce qu'il faut de petits retournements de situation pour maintenir l'intérêt tout du long. Je recommande parfaitement cette BD ! La dernière chose à laquelle je pense avec cette critique est de maintenant m'attaquer à la lecture de Les Ogres-Dieux.
Goodbye my Rose Garden
LMG vient de m'avouer qu'elle ignorait cet aspect de ma personnalité, ce coeur de midinette qui frémit, tachycarde, soubresaute devant une belle histoire d'amour. J'ai beau lui rappeller que nous avons regardé de concert Orgueil & Préjugés, avec le beau Colin Firth pour elle et un scénario bien tourné pour moi, rien n'y fait : elle se moque. Certes, le préambule est hasardeux mais Goodbye my Rose Garden est clairement une belle et très fleur bleue histoire d'amour dans l'Angleterre de 1900. Il est difficile de ne pas penser aux oeuvres de Jane Austen mais aussi à des oeuvres plus modernes telles que celles de Kate Chopin ou de Sarah Orne Jewett (et si ces noms ne vous disent rien, n'ayez aucune honte, je les ignorais avant de commencer cette lecture... mais j'y reviendrai). Certes, le récit reste assez simple et est très certainement bien plus destiné aux jeunes filles en fleur qu'aux vieux cons en barbe mais il a réussi à me toucher par bien des aspects. Tout d'abord, il y a l'accroche de départ, ce pacte étrange qui va lier les deux héroïnes, la première demandant à la seconde de lui promettre de la tuer en échange d'une rencontre avec un écrivain. Vient ensuite le contexte historique ; cette Angleterre de 1900 avec sa littérature marquante, son style architectural et sa mode vestimentaire. Trois aspects bien mis en avant tant par le scénario que par le dessin. A ce niveau, le travail réalisé par Dr. pepperco est vraiment impressionnant. Alors que je ne cesse de me plaindre de la pauvreté des planches proposées par 99 pourcent des mangas, celui-ci nous offre des tenues travaillées, des décors soignés et des mises en pages claires et riches à la fois. Ajoutez à celà cette histoire d'amour lesbien, racontée sans exhibitionnisme malsain. Certes, nous sommes dans un yuri mais replacé dans un contexte historique crédible et enrichi par de multiples références. J'ai trouvé cette histoire sensible et intelligente. Certes démonstrative par moments (voir le grand final) mais aussi très fine à d'autres (le dilemme devant lequel se trouve Alice, l'une des deux protagonistes centrales). Oui je l'avoue, cette histoire a su me happer et me toucher. L'évolution des personnages, la cohérence de l'ensemble du scénario, les choix faits par les différents acteurs sont à la fois évidents et sujets à réflexion. Enfin, il y a la cerise sur le gâteau : l'aspect historique et culturel. Je me suis posé des questions face à certaines références et en vérifier la véracité m'a instruit (cfr les deux autrices dont je parle ici plus haut). Cette assise historiquement vérifiable apporte encore plus de plausibilité à cette romance. Bon, vous l'aurez compris : ce manga m'a emballé. Trois tomes bien dosés pour une belle histoire d'amour et d'amitié dans un cadre historique bien exploité avec un dessin soigné... et en plus il y a un chat ! Un Yorkshire ou un lapin m'auraient laissé de marbre, mais un chat ! Tout rond tout con ! Bon, ok, j'ai une âme de midinette !
Le Troisième Oeil
Franchement génial ! La qualité des dessins de Ledroit est bien là, comme je l'avais aimé dans Requiem ! Le scénario est top, sur un fond de vérité ésotérique et géopolitique, il nous emmène dans les limbes d'une humanité décadente où sont glorifiés partout des célébrités et politiciens honteux ! J'ai lu les 2 albums d'une traite, et j'ai hâte de lire la suite ! A voir les autres commentaires, apparemment on aime ou on n'aime pas, mais je pense qu'il faut, pour l'apprécier, une certaine ouverture d'esprit au monde tel qu'il est vraiment. Sans partir dans le New age à deux balles, je dirais qu'il faut avoir une certaine ouverture de conscience pour l'apprécier.
L'Institutrice
Je n'aurais jamais lu cette série sans l'avis de Cacal69. Dommage que cette série soit passée en-dessous des radars lors de sa parution. Est-ce parce que depuis une décennie il y a des dizaines de BD sur le thème de la seconde guerre mondiale qui sortent chaque année ? Ici, on met en vedette une institutrice qui va tout faire pour sauver l'enfant juif de sa classe des miliciens et pour cela elle va devoir se cacher avec tous les enfants dont elle a la charge. Le scénario commence tout doucement durant une bonne partie du premier tome et puis cela s'emballage lorsque l'institutrice part en foret avec sa classe. La tension monte et le scénario devient passionnant. Il y a du vrai suspense, je ne savais jamais ce qui allait se passer, et j'ai vraiment eu l'impression que cela aurait pu mal tourner et finir en drame. Disons que cela fait changement de certaines vieilles comédies où on sait que les héros vont toujours gagner contre les méchants nazis même si toute l'armée allemande est à leurs poursuites. Ce que j'ai surtout apprécié est à quel point tout semble réaliste. Je pense notamment au comportement de certains enfants qui répètent les propos antisémites de leurs parents sans vraiment réfléchir à ce qu'ils disent. Le dessin est vraiment magnifique, j'adore les couleurs !
La Fille du professeur
J'ai été étonné et séduit par les propositions scénaristiques et graphiques des auteurs. Pour le moment je reste rarement insensible au travail de Sfar. Il arrive que je n'aime pas mais je lui trouve souvent une originalité créatrice vraiment intéressante. C'est le cas pour la fille du professeur. "Rationalistes doctrinaires passez votre chemin ! " semblent dire deux auteurs facétieux. Sfar se moque avec un humour parfois noir et souvent très pince sans rire d'un modèle sociétal guindé, sclérosé voire momifié dans ses traditions. J'ai eu l'impression de retrouver une pointe d'humour à la Jim Henson ou à la Monty Python assez corrosive sous son aspect aristocratique. Je me rends compte que la série a été reclassifier en "conte" après avoir été classée en "humour". Personnellement je ne suis pas convaincu par ce changement. Sfar travaille sur un humour qui ne correspond pas à nos habitudes mais c'est cet humour très british détourné qui fait tout le sel de l'album. Mais cela prouve aussi qu'il est très difficile de mettre cette série dans une case bien établie. Cela en fait une partie de son charme car elle a un extraordinaire pouvoir de surprendre. Je suis élogieux sur le scénario qui a reçu un prix mais il est légitime d'admirer le graphisme qui a aussi été récompensé. Je ne sais pas si Guibert pouvait mieux illustrer l'originalité du récit que par la singularité du dessin qu'il nous propose. Chaque case n'est qu'élégance, mouvement, création et découverte. Les dégradés, la variation des teintes dominantes ou les éclairages, tout nous entraine dans une féérie sensuelle. C'est expressif dans les gestuelles et dans les ambiances de ce Londres Victorien. Une oeuvre singulière qui porte un message de création artistique mais aussi un message de critique sociétale.
Alex et Euréka
Ma série préférée à l'époque et encore maintenant !! Les dessins parfaits , l’ambiance, l'humour ... c'est dingue ! Mon préféré : "Ramula est là"
Diana & Charlie
Pas facile de s'attaquer à la question de la transition de genre, surtout à l'âge si complexe de l'adolescence. C'est pourtant ce qu'a réussi à faire le Suédois Elias ZEricson, au travers de ce roman graphique de plus de 200 pages, centré sur l'amitié particulière de deux personnes qui se posent des questions sur leur identité, leur genre. Nous avons Diana, née dans un corps de garçon, qui attend avec impatience sa majorité pour commencer sa transition vers un corps féminin. Et son ami Charlie, né dans un corps de fille, qui souhaite être considéré comme une personne sans genre. Au-delà de la question de leur genre, se pose celle de leur sexualité. Diana couche avec des garçons, mais a le béguin pour une fille ; Charlie se veut asexuel. Mais leur entourage accueille, accompagne et considère ces changements de genre de manière différenciée. C'est là tout la richesse de ce récit singulier : la diversité des situation, qui évolue au fil de l'histoire, les deux ados partagent leurs angoisses, leurs joies, leurs peines, leurs bonheurs. Mais il y a des fois où Diana en a marre de subir les névroses de son ami. Et des fois où Charlie s'enfonce dans sa dépression, rejeté pour sa différence sexuelle, sa couleur de peau (iel est noir(e)), et ses pensées suicidaires. Il faut être bien accroché pour se taper ces discussions typiques des adolescents, entre futilités et réflexions métaphysiques, mais au bout du compte le message est porteur d'espoir, d'amour et de vérité. C'est assez intéressant si l'on doit un jour gérer ces questionnements chez son enfant. Côté graphique, Elias Ericson a un style que je qualifierais de semi-réaliste, assez fragile, avec des personnages qui donnent l'impression d'être en permanence sur le point de fondre en larmes. Ceci dit c'est cohérent, lorsqu'on lit la pensée à haute voix de Diana, qui crie qu'iel souffre dans ce corps... Très intéressant.