Les derniers avis (9694 avis)

Par Spooky
Note: 3/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Diana & Charlie
Diana & Charlie

Pas facile de s'attaquer à la question de la transition de genre, surtout à l'âge si complexe de l'adolescence. C'est pourtant ce qu'a réussi à faire le Suédois Elias ZEricson, au travers de ce roman graphique de plus de 200 pages, centré sur l'amitié particulière de deux personnes qui se posent des questions sur leur identité, leur genre. Nous avons Diana, née dans un corps de garçon, qui attend avec impatience sa majorité pour commencer sa transition vers un corps féminin. Et son ami Charlie, né dans un corps de fille, qui souhaite être considéré comme une personne sans genre. Au-delà de la question de leur genre, se pose celle de leur sexualité. Diana couche avec des garçons, mais a le béguin pour une fille ; Charlie se veut asexuel. Mais leur entourage accueille, accompagne et considère ces changements de genre de manière différenciée. C'est là tout la richesse de ce récit singulier : la diversité des situation, qui évolue au fil de l'histoire, les deux ados partagent leurs angoisses, leurs joies, leurs peines, leurs bonheurs. Mais il y a des fois où Diana en a marre de subir les névroses de son ami. Et des fois où Charlie s'enfonce dans sa dépression, rejeté pour sa différence sexuelle, sa couleur de peau (iel est noir(e)), et ses pensées suicidaires. Il faut être bien accroché pour se taper ces discussions typiques des adolescents, entre futilités et réflexions métaphysiques, mais au bout du compte le message est porteur d'espoir, d'amour et de vérité. C'est assez intéressant si l'on doit un jour gérer ces questionnements chez son enfant. Côté graphique, Elias Ericson a un style que je qualifierais de semi-réaliste, assez fragile, avec des personnages qui donnent l'impression d'être en permanence sur le point de fondre en larmes. Ceci dit c'est cohérent, lorsqu'on lit la pensée à haute voix de Diana, qui crie qu'iel souffre dans ce corps... Très intéressant.

09/09/2023 (modifier)
Couverture de la série Le Vagabond des Étoiles
Le Vagabond des Étoiles

Intrigante, frappante, saisissante, remarquable, marquante, il y avait longtemps qu'une bd ne m'avait autant transporté. Cette adaptation d'une œuvre de Jack London est magistralement réalisée par Riff Reb's. Décidément, le bonhomme sait y faire, et il met au service de cette œuvre toute la puissance de son trait, qui rend à merveille des personnages âpres, durs. Sa colorisation, encore une fois, est magistrale. Il utilise à perfection la bichromie. Non seulement le résultat est beau, mais en plus elle change selon le fil narratif, participant ainsi pleinement à la narration. Cet écrin graphique illustre une histoire révoltante et fascinante. Révoltante parce que les traitements réservés aux prisonniers relèvent de la torture pure et simple. Jack London sait présenter les choses de façon remarquablement convaincante. Aucun des personnages de cet univers carcéral n'est, même de loin, sympathique. Darrel Standing non plus, d'une intransigeance totale, d'une arrogance folle et d'une absence de tact confinant à la sociopathie. Et cependant, il est impossible cautionner ce qu'on lui inflige. Fascinante parce que Darrel Standing, s'échappant de son quotidien insupportable par une forme d'autohypnose, pense se souvenir de vies passées. Ces histoires se déroulant à travers toute l'histoire de l'humanité, sont partielles. Toutes sont dures, âpres, cruelles, et pourtant fascinantes. Résultat de son imagination ou souvenirs de ses réincarnations ? Le lecteur choisira son interprétation. A la lecture de ce plaidoyer contre des conditions de détention indignes, contre la peine de mort, contre la bêtise humaine, mais aussi pour la fraternité humaine, on ne peut rester insensible. Le temps qui me sépare de la corde m'est désormais compté. De toutes mes incarnations passées, je ne vous en aurai fait goûter que quelques instants. Il se trouve que Jack London est mort l'année suivant la parution du "Vagabond des étoiles". Sans cela, que d'histoires aurait-il encore pu nous laisser ! Note réelle : 4,5 / 5, mais je pousse avec plaisir jusqu'à 5.

09/09/2023 (modifier)
Couverture de la série Slum kids
Slum kids

Argh, il va falloir être patient. Par le biais de cet avis (basé uniquement sur le tome 1), je confirme tout le bien que vous pourrez entendre sur ce premier album de Petit Rapace. Un dessin super dynamique et efficace. Ne pas se fier à son côté enfantin, l'album est clairement destiné à un public ado/adulte. La violence y étant omniprésente. Le récit est très fluide et bien que proposant une grosse pagination, on dévore l'album rapidement. Côté scénario, ça reste assez basique mais l'introduction du "fantastique" dans la seconde partie du récit nous désarçonne un peu. Le champ des possibles pour la suite ne s'en rendant que plus large, on a hâte de voir où l'auteur va nous emmener. Pour résumer: encore un album de qualité pour le label 619. Vivement la suite.

07/09/2023 (modifier)
Par karibou79
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Allez raconte (Papa raconte)
Allez raconte (Papa raconte)

Des BD comme ça rendent jaloux : comment improviser en permanence du tac au tac au gré des questions incessantes des enfants ? Eh bien je n'ai pas la réponse mais les auteurs de ces 2 albums connaissent le secret. Le dessin hyper minimaliste et le nombre écrasant de cases laissent place à une cascade de lapins tirés du chapeau pour le plus grand bonheur de ces enfants qui veulent tout sauf dormir. Et nous non plus car on veut connaître le fin mot de l'histoire. C'est un livre pour enfants mais qui ne prend pas sa cible pour des bêbêtes, ils comprennent bien qu'on peut jouer avec les codes et c'est finalement une bonne introduction aux parodies et au second degré. Un gros oui, recommandé à tous ceux qui aiment raconter des histoires tout en les découvrant soi-même.

04/09/2023 (modifier)
Par Cacal69
Note: 3/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Et l'île s'embrasa
Et l'île s'embrasa

John Vasquez Mejías est portoricain, il vit à New York, il est graveur et professeur d’art. Et "l’Île s’embrasa" est son premier livre. Mejias nous plonge en 1950 avec la tentative avortée d'une révolution à Porto Rico, une île des Grandes Antilles située seulement à 577 kms de la Guadeloupe. Une île colonisée par les espagnols en 1493 jusqu'en 1898 et la guerre hispano-americaine qui en fera un territoire des États-Unis. Un territoire organisé et non incorporé des États-Unis avec un statut de commonwealth. Une nouvelle forme de colonisation. Un processus de détermination du statut futur de Porto Rico est au cœur de négociations/référendum, pour enfin gagner son indépendance ou devenir un nouvel état des États-Unis ? Une lecture qui m'a énormément appris sur cette île pas si paradisiaque sous la tutelle des Etats-Unis. Le drapeau de Porto Rico avait même était interdit pendant une certaine période sous peine de prison. Mejias avait envie de mettre en lumière cette tentative d'insurrection, la plupart des portoricains ne la connaissent pas, de faire revivre des hommes et des femmes qui se sont battus pour leur pays. Ils avaient quand même prévu d'assassiner le président Harry Truman. Une BD instructive mais la narration chaotique m'a quelque peu gêné, elle se concentre sur les faits historiques. J'aurais aimé en connaître un peu plus sur les personnages bien qu'il y ait des portraits des principaux protagonistes en fin d'album. Mejias utilise le procédé de la gravure sur bois, à la manière d'un Lynd Ward avec L'Éclaireur - Récits gravés de Lynd Ward, d'un Frans Masereel avec Idée et Mon livre d'heures ou dernièrement d'une Valentine Cuny-Le Callet pour certaines planches de Perpendiculaire au soleil. J'aime beaucoup cette technique, Mejias insuffle une puissance sauvage au récit avec ses formes géométriques. Les dialogues et autres récitatifs ont été réalisés avec ce procédé. Superbe. Une chouette interview de l'auteur en fin d'album. Une bien belle curiosité. Coup de cœur graphique.

03/09/2023 (modifier)
Couverture de la série Kleos
Kleos

Une lecture d'une traite pour moi J'adore comment la Grèce est dessinée, j'adore le héros et l'histoire passe toute seule ! Un vrai plaisir, que je recommande vivement, surtout si on aime la Grèce antique.

01/09/2023 (modifier)
Par Cacal69
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série L'Institutrice
L'Institutrice

J'ai emprunté ces deux volumes au hasard comme je le fais souvent, avec toujours l'espoir de tomber sur un chef-d'œuvre inconnu de Bédéthèque. J'ai le droit de rêver, non ? Et là je vous le dit haut et fort, on en est pas loin. Yves Lavandier, cinéaste et essayiste, se lance à 61 ans pour la première fois dans le monde de la bande dessinée, en tant que scénariste. Et le résultat est bluffant. Oui bluffant de réalisme, il dépeint le portrait d'une femme, Marie-Noëlle Moënner, institutrice dans un petit village situé en Bretagne. Une institutrice au caractère bien trempé et un tantinet autoritaire avec ses élèves, mais avec un cœur en or. Les enfants sont tout pour elle. Il situe l'histoire en 1944, les alliés viennent de débarquer en Normandie, mais la guerre est loin d'être terminée. Elle va emmener une partie de sa classe, les "hameaux", en excursion avec Jacques, jeune enfant juif, qu'elle veut sauver de la milice bretonne. Commence alors une cavale improbable avec les chiens des collabos au cul. Un récit touchant, réaliste, sans manichéisme aucun. La vision des juifs par les enfants est effarante, ils les voient "menteurs", "pas gentils" et avec le "nez crochu".... Tous les personnages sentent le terroir, ils sont très bien campés et vous surprendront. Je ne vais rien dire de plus, laissez-vous emporter par ce récit très émouvant. Une belle leçon de résistance sur fond d'aventure et d'espoir. Carole Maurel, elle, n'est pas une débutante, j'avais déjà apprécié son travail sur Nellie Bly - Dans l'antre de la folie. Un dessin délicat et expressif rehaussé de très jolies couleurs et à la mise en page aérée. Il apporte beaucoup à l'histoire, les émotions transpirent de case en case. C'est vraiment une très très bonne BD que je conseille chaudement et d'ailleurs .... une intégrale sort ce 06 septembre. Coup de cœur.

01/09/2023 (modifier)
Par Yannis
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Wonder Woman Historia
Wonder Woman Historia

Après avoir vu et lu l'avis de Cacal69 j'étais curieux sur ce comics et je suis tombé sur l'ouvrage chez mon libraire. La couverture est déjà belle mais un feuilletage rapide vous en met plein la vue et à lui seul m'a poussé à prendre le livre. Bon la qualité graphique est incroyable du début à la fin. J'ai une certaine préférence pour Phil Jimenez qui débute l'album mais c'est une question de goût et mon ressenti est peut-être aussi influencé par le fait que ce soit le premier dessinateur. En tout cas les choix graphiques notamment le design des déesses et des dieux est fantastique avec une foule de détails que l'on retrouve notamment sur les différentes tribus. Le choix des couleurs et de partis pris graphique font que l'ouvrage n'aurait pas dénoté parmi les romans graphiques. Si l'histoire à quelques côtés classiques, son point de vue (raconter l'Histoire par le biais des perdantes) et la qualité de la narration et notamment les différents rebondissements font que la lecture des trois chapitres se fait rapidement et sans temps morts. On peut mettre effectivement un léger bémol sur les personnages masculins l'histoire aurait pu développer un personnage plus nuancé afin de laisser une lueur d'espoir montrer que tout n'est pas noir mais cela ne m'a pas gêné plus que cela. Je remercie donc Cacal69 d'avoir posté son avis qui m'a fait découvrir ce comics que je recommande moi-même chaudement.

31/08/2023 (modifier)
Par PAco
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Evol
Evol

Oh punaise ! Voilà une nouvelle série manga qui envoie du steack et qui a de la gueule comme je les aime ! J'ai commencé ma lecture sans réaliser que l'auteur n'était autre que celui de la série Search and destroy, une adaptation futuriste très libre et très noire de Dororo de Tezuka que j'avais adoré. C'est en avançant dans ma lecture que j'ai fini par me dire que je connaissais ce trait... Et là, paf ! Je tilte ! Mais oui ! Atsushi Kaneko a un style bien à lui, fin, racé, qui fait toute l'originalité de son coup de crayon. Et là c'est au service de trois ados qui viennent de réchapper à la mort en loupant leur suicide qu'il met tout son talent. C'est là que tout bascule... Nos trois jeunes qui ne se connaissent ni d'Eve ni d'Adam vont rapidement découvrir qu'ils viennent d'hériter d'un pouvoir... Ok, pour le moment c'est pas le jackpot mais quand même (je vous laisse découvrir le côté pourri des pouvoirs qu'ils viennent de récupérer ^^ ) ; dans cette ville tenue par un maire assez despotique avec deux super héros à sa botte, la population dors sur ses deux oreilles. C'est là que le grain de sel pointe son nez avec nos trois hurluberlus... Hériter de pouvoirs à un âge où le passage à l'acte du suicide est déjà opéré et qu'on se croit paradoxalement immortel, ça vous fait pousser des ailes et vous donne des idées bien tordues, surtout quand on a plus rien à perdre ! La bonne idée de Delcourt c'est de nous proposer les deux premiers tomes d'emblée. Le premier pose le cadre, le second étoffe nos personnages en nous plongeant dans leur passé tout en faisant avancer l'intrigue au pas de course. Pour le coup, il va falloir qu'il nous les sortes par deux sinon la frustration d'attendre la suite n'en sera que plus grande !!! Voilà en tout cas certainement la meilleure série manga que j'ai pu lire depuis ce début d'année ! LA SUITE et VITTTEEEEUU !!! *** Tome 3 *** Ah ! Enfin ! J'attendais la suite de cette série avec impatience, me voilà servi ! Si le rythme de ce 3e opus n'a pas la même intensité que les deux premiers. Atsushi Kaneko se fait plus contemplatif, nous proposant de nombreuses pages sans texte, pour mieux faire chauffer cette cocotte minute et de conclure ce tome sur un bon cliffhanger ! Tout est dans l'ambiance qu'il impose, jouant à merveille de la composition de ses planches et de son noir et blanc maîtrisés pour chauffer à blanc ses personnages et les pousser dans leurs retranchements jusqu'à l'explosion... C'est beau, prenant, et j'espère que la suite sera du même tenant !

12/05/2023 (MAJ le 31/08/2023) (modifier)
Par Spooky
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Colossale
Colossale

Oh mais quel gros coup de coeur ! "Colossale" nous parle donc d'une jeune femme noble qui a une passion secrète pour la musculation, et qui essaie de trouver sa place tout en vivant cette passion. Mais dans son milieu, il est bien vu de trouver un mari tôt, ce qui n'intéresse pas du tout Jade... Sur ce canevas relativement classique, les deux co-autrices enchaînent les quiproquos, les fausses pistes et les dialogues drolatiques. Je trouve que la galerie des personnages proposée est vraiment intéressante : autour de la jeune femme se trouvent deux fils de famille, dont un a un projet secret dans lequel Jade a son utilité, tandis que l'autre est une sorte de caricature du fils à papa. A côté de ça se trouve une rivale, une mère consciente des sentiments de sa fille mais soucieuse de sauver les apparences... Et puis il y a ce fameux palefrenier. Dans certains romans, certaines BD, certains mangas, ce genre de personnage serait vite objectivé. Mais pas dans le webtoon de Rutile et Diane Truc. L'intérêt de Jade est d'améliorer sa pratique de la musculation. Et rien d'autre, du moins dans ce premier recueil des 11 premiers épisodes. Ce contre-pied, mais surtout un humour très frais, sans exagération, sont présents dans tout le volume, et j'avoue avoir interrompu ma lecture à plusieurs reprises pour mieux apprécier la suite. Le dernier chapitre en dit d'ailleurs un peu plus sur les origines de la passion de Jade. Le tome 2, qui est arrivé deux mois après le premier, nous propose de plonger dans le passé de personnages jusque-là secondaires, histoire d'approfondir le background, et de mieux comprendre le comportement de ceux-ci. Alexandre, par exemple, est beaucoup plus présent, comme le suggère la couverture. Le tome 3 propose un beau coup de théâtre, mais aussi les premières bourrasques qui viennent perturber l'histoire de Jade et son nouveau petit ami. Dans le tome 4, les personnages secondaires se font de plus en plus présents, et révèlent de nouveaux visages. Je pense en particulier à Héloïse et Nathanaël, qui ajoutent des couches de complexité dans cette valse des couples, des amitiés et des connivences. Les intrigues se font et se défont, et cela reste à la fois frais, spirituel et divertissant, belle performance. Le tome 5, conclusif, amène l'histoire dans un cadre tout à fait inattendu, et je dois dire que j'ai été agréablement surpris par le traitement, rien moins qu'original. Et je me dis que les autrices en ont gardé sous le pied, j'espère revoir certains de ces personnages dans d'autres séries. C'est une ode formidable à l'auto-détermination, à la puissance (sans mauvais jeu de mots) des femmes, et à un mélange des genres. Dans cette ambiance un rien queer, je ne serais pas surpris que l'on ait une révélation concernant la sexualité d'Alexandre. Le dessin de Diane Truc est lui-même assez puissant, maîtrisé, mais également très expressif, y compris lors des scènes humoristiques. J'aime beaucoup. Les albums sont complétés par une sorte de petit guide de la musculation, qui pourrait être utile pour celles et ceux qui auraient envie de s'y mettre après la lecture, ainsi que par une petite interview des deux autrices au sujet de leur méthode de travail et de leur choix de faire (au départ) du webtoon). Dans le tome 3 Rutile nous propose un petit exposé bien malin sur la société aristocratique, et dans le tome 5 un autre, sur les gourous de sectes. Je recommande et j'attends la suite.

23/01/2023 (MAJ le 30/08/2023) (modifier)