Supermatou, une de mes BD préférées dans Pif Gadget quand j'étais enfant, au même titre qu'Horace Cheval de l'Ouest du même auteur d'ailleurs.
C'est une histoire de super-héros à la française orientée vers l'humour et la dérision. Modeste Minet est un écolier doté en secret de pouvoirs dignes d'un Superman. A la nuit tombée, il met son costume masqué et s'envole, accompagné de son fidèle chien Robert, lui aussi capable de voler mais surtout véritable tête pensante du duo. Ensemble, ils combattent les malfrats et notamment leur ennemi récurrent, Agagax, le diabolique bébé au landau volant.
Ce ne sont pas véritablement les aventures héroïques de ces deux là qui me passionnaient mais plus l'univers farfelu et humoristique dans lequel ils évoluent. Raminagroville est une ville un peu loufoque, où les adultes rivalisent de ridicule, et dans ce monde là, super-héros et super-méchants ne sont pas les plus fins non plus. Supermatou lui-même est certes très fort mais ce n'est pas vraiment une flèche et il lui arrive bien souvent de faire de grosses bêtises ou de se laisser berner par des adversaires plus malins que lui. Et même son partenaire canin peut se laisser avoir malgré sa grande érudition et son intelligence très scientifique. C'est tout cet humour autour des aventures de Supermatou et de son monde qui font le charme de cette série qu'on lit avec le sourire, et aussi une bonne part de nostalgie pour ma part.
Le graphisme de Poirier y est tout en rondeurs, avec des objets et décors qui tiennent parfois de la baudruche, accentuant le côté dérisoire et sans danger de ces aventures super-héroïques semi-parodiques. On y notera également une tendance étonnante à donner vie aux objets, télés, pompes à essence et autres véhicules, donnant parfois un drôle de mélange entre humains normaux et objets vivants.
Les éditions Revival ont opéré un excellent travail de remise à jour, nettoyage et recolorisation des planches parues dans Pif Gadget dans les années 70. Le résultat est très propre et agréable à l'œil. Il permet de nettement mieux apprécier la fantaisie de leur auteur : Jean-Claude Poirier.
Cette intégrale comprendra 2 albums, le premier ne comportant pas moins de 45 histoires. Il est possible qu'il soit préférable de les lire à petites doses car les aventures de Supermatou sont parfois légèrement répétitives dans leurs thèmes, mais ça ne m'empêche pas de saluer la sortie de cette belle intégrale et de retrouver avec grand plaisir les aventures de Supermatou à Raminagroville.
Ce récit nous propose de découvrir Patricia Highsmith à l’aube de sa carrière. A l’époque, elle écrit des scénarios de comics et en retire une grande frustration, elle qui se veut écrivaine.
Le personnage est complexe. Hautaine, extrêmement cassante avec ses collègues, elle vit dans sa chair une véritable torture. Homosexuelle, elle se considère comme anormale. Succombant à ses pulsions, elle culpabilise ensuite.
Derrière l’histoire de Patricia Highsmith se cache une critique de la société américaine de l’époque. L’homosexualité considérée comme une maladie dont il faut guérir les victimes est une règle tellement ancrée dans la société que même les personnes homosexuelles se considèrent comme anormales et cherchent à reproduire un schéma familial plus conforme à celui décidé par la majorité. C’est de ce déchirement que va jaillir la personnalité complexe de Patricia Highsmith. C’est de ce tourment que va naitre son roman le plus personnel et sans doute fondateur de son œuvre, Carol. Un roman qu’elle aura beaucoup de mal à faire publier, dont elle devra changer le titre et qu’elle signera d’un pseudonyme.
J’ai beaucoup aimé ce portrait, découvrant l’écrivaine sous un aspect que je ne lui connaissais pas. Elle est détestable par bien des côtés et pourtant, je l’ai trouvée touchante, fragile derrière ce masque, cette armure qu’elle dresse entre la société et elle. J’ai aimé ses contradictions ; conséquences de l’opposition entre son éducation et ses envies.
La mise en page est très aérée et cet album se lit assez vite. Les grandes illustrations sont fréquentes et beaucoup d’émotions passent par les regards. C’est agréable à lire car malgré la dureté du propos, cela reste une lecture légère.
Pour moi, franchement, c’est une belle découverte, une très agréable surprise.
J'étais passé à côté de ces grosses anthologies chez Cornélius. Je pensai qu'il s'agissait de simples rééditions d'histoires précédemment parues chez Vertige Graphic. On retrouve ici le soin habituel apporté à l'édition de la maison avec une bonne qualité de papier.
On n'a pas une histoire complète mais plusieurs histoires sans lien, avec comme fil conducteur toujours ce personnage central fétiche de Tastumi. Un homme au physique passe-partout, mutique bien souvent. On peut dire qu'il est de la classe moyenne, enfin de la classe qui galère. Tatsumi met en scène la vie d'un japonais standard du milieu du XXe siècle. Un dessin superbe, bien plus abouti que son contemporain Osamu Tezuka.
Les histoires sont souvent sombres, d'ailleurs le titre le reflète. On dirait que jamais l'optimisme d'un monde meilleur ne perce les ténèbres. On a du sexe, des meurtres, un enfant assassin... Pour moi c'est une lecture exceptionnelle mais je comprends que la dureté des sujets ne soit pas la tasse de thé de tout le monde.
Je n'ai plus qu'à me pencher sur Cette ville te tuera...
"Les Indes fourbes" est une bande dessinée qui m'a totalement captivé et diverti dès la première page jusqu'à la dernière. Écrit par Alain Ayroles et illustré par Juanjo Guarnido, ce chef-d'œuvre est une ode à l'aventure, à l'humour et à l'imagination débordante.
L'intrigue de "Les Indes fourbes" est ingénieuse et pleine de rebondissements. On y suit les péripéties de don Pablos de Ségovie, un jeune homme rusé et débrouillard, embarqué malgré lui dans une quête aux dimensions épiques. Le scénario est riche en surprises et en retournements de situation, et on ne peut s'empêcher de tourner les pages pour découvrir ce qui attend notre héros atypique.
L'un des points forts de cette bande dessinée réside dans ses personnages charismatiques et hauts en couleur. Don Pablos est un protagoniste attachant et plein de ressources, dont les répliques savoureuses ne manquent pas de faire sourire. Les autres personnages qui croisent sa route sont tout aussi mémorables, chacun avec sa personnalité unique et ses motivations propres. On se laisse entraîner avec enthousiasme dans cet univers foisonnant de détails et d'émotions.
L'aspect visuel de "Les Indes fourbes" est un véritable régal pour les yeux. Juanjo Guarnido, célèbre pour son travail sur Blacksad, offre ici des illustrations d'une beauté époustouflante. Chaque planche est soigneusement dessinée, avec une maîtrise technique et un sens du détail qui donnent vie aux décors, aux costumes et aux expressions des personnages. Les couleurs chatoyantes viennent magnifier l'ensemble, créant une atmosphère à la fois vivante et envoûtante.
Mais ce qui fait de "Les Indes fourbes" une œuvre exceptionnelle, c'est sa capacité à mêler différents genres avec brio. On retrouve des éléments de l'aventure épique, de la comédie, du drame et même de la satire sociale. L'humour est omniprésent et se manifeste à travers des dialogues percutants, des situations loufoques et des jeux de mots savoureux. Cette combinaison réussie des genres confère à la bande dessinée une originalité qui la distingue et lui confère un attrait universel.
En conclusion, "Les Indes fourbes" est une véritable pépite de la bande dessinée. Son scénario ingénieux, ses personnages mémorables et son esthétique remarquable en font une lecture captivante et divertissante. Que vous soyez un passionné d'aventure, un amateur d'humour ou simplement un amateur de belles illustrations, cette BD saura vous charmer et vous transporter dans un voyage palpitant à travers les pages. Ne passez pas à côté de cette incroyable aventure !
3.5
Je dois avouer que je suis un peu confus sur la note à mettre parce que ce coffret de deux recueils contient des histoires vraiment inégales.
Je vais commencer par raconter un peu ma vie. J'ai lu il y a plusieurs années Le Coeur de Thomas sans trop connaitre l'autrice, Moto Hagio, une mangaka qui a fait partie des femmes qui ont renouvelé le shojo dans les années 70, un genre qui était alors dominé par des auteurs masculins. Ce n'est que récemment que j'ai appris l'importance de l'autrice dont on a peu publié en français jusqu'à présent. Cela risque de changer avec la parution récente d'une de ces œuvres phares, 'Le Clan de Poe' (dont le premier volume est censé sortir cette semaine au Québec). En faisant des recherches, j'ai vu que non seulement Glénat avait publié cette anthologie il y a dix ans, mais qu'en plus c'était encore disponible à la vente (pour la petite histoire, j'ai acheté le dernier exemplaire encore disponible chez le fournisseur québécois qui a dû être bien content de se débarrasser enfin d'un vieux titre). Voulant vraiment mieux découvrir l'œuvre de Hagio, je l'ai acheté malgré le prix un peu élevé.
Je ne regrette pas mon achat même si tout n'est pas bon. Le premier tome contient quatre histoires. La première n'est pas terrible et m'a fait craindre d'avoir jeté mon argent par la fenêtre. La deuxième, Nous sommes onze, est vraiment excellente ! Je la connaissais déjà parce qu'il y a longtemps j'avais vu le film adaptant cette histoire (je savais même pas que c'était du shojo) et j'avais adoré et c'est encore le cas ici. C'est un récit de science-fiction prenant avec une ambiance claustrophobe vu que la majorité de l'action se passe dans un vaisseau qui a beaucoup de problèmes. Les personnages sont très bons (Flore est un des meilleurs personnages de shojo que j'ai jamais vu) et on voit pourquoi l'autrice a gagné un prix tellement ce récit est très bien mené. La seule ombre au tableau est que la raison pourquoi il y a 11 élèves dans le vaisseau pour le test et non 10 comme l'a dit l'université me semble évidente et je suis étonné qu'aucun personnage ne pense à cette solution.
Malheureusement, le troisième récit est mauvais... et c'est la suite de Nous sommes onze ! Cela commence pourtant bien, mais mon intérêt a baissé au fil des pages de ce trop long récit au point que j'ai fini par m'ennuyer un peu. Il faut dire qu'on ne retrouve pas l'ambiance du premier récit que j'avais adoré. Le récit est aussi moins original, on parle de la guerre entre deux pays et la morale c'est que la guerre c'est pas bien. On dirait du sous-Tezuka. Franchement, s'il n'y avait pas trois-quatre personnages de Nous sommes onze je n'aurais jamais su que c'était censé être une suite. J'ai vraiment l'impression que l'autrice avait prévu de faire un récit indépendant et a ensuite mis des personnages d'une de ses œuvres les plus connues pour capitaliser sur son succès. Ce premier recueil se termine par une histoire pas mauvaise, mais prévisible et banale. Ce qui s'explique par le fait que ce récit a été fait très tôt dans la carrière d'Hagio.
Le deuxième recueil contient 5 histoires et m'a paru meilleur (même si Nous somme onze reste mon récit préféré du lot). Les deux premières histoires sont du fantastique et j'ai bien aimé. On met bien en avant la psychologie des personnages et cela ne tombe pas dans le grand-guignolesque comme d'autres récits fantastiques japonais. La troisième récit est celui qui m'a le moins intéressé. Ce récit est un genre de brouillon de Le Coeur de Thomas et on tombe dans le mélodramatique qui me gonfle dans le genre shojo. Les sentiments dramatiques des personnages sont tellement mis en avant que cela finit par m'exaspérer plus qu'autre chose. La quatrième histoire est bien faite même si le gamin me semble un peu trop intelligent pour son âge. La dernière qui se passe durant le Paris occupé par les nazis est très bonne même si c'est décousu par moment.
Comme les histoires vont du début des années 70 aux années 90, le dessin de Moto Hagio évolue au fil du temps et je dois dire que je ne pense pas avoir un style préféré, son dessin est bon peu importe l'époque. On voit dans cette anthologie qu'elle a touché à plusieurs genres au fil de sa carrière (fantastique, science-fiction, drame, romance) et que ces récits sont plus intelligents et profonds que les histoires d'écolières amoureuses qu'on sort à la pelle de nos jours. C'est une lecture que je recommande si on veut découvrir des vieux mangas.
Bon cela reste inégal et les notes que je mettrais aux récits vont du 2 étoiles au 4.5/5... Allez je mets une très bonne note et un coup de cœur parce que les histoires que j'ai trouvées excellentes sont vraiment excellentes.
Gros coup de coeur que ce titre. C'est clairement une, voire LA Bd qui sort du lot en ce début d'année 2023.
Le sujet aurait pu être casse gueule eu égard au coté malsain de son postulat de départ.
Mais les auteurs ont fait un travail remarquable.
Le récit est captivant, très bien construit, on rentre dans cette bd avec appréhension mais au fil des pages, on ne peut plus la lâcher jusqu'au dénouement final.
Le trait et les noirs de Keko font des merveilles et collent à la perfection au sus-dit scenario.
Ne passez pas à coté. Un incontournable.
En lisant avidement cette série je me suis retrouvé adolescent dévorant les récits de Henri de Monfreid dans ces aventures sur la mer Rouge.
Je suis fan de Jack London même si je ne connais pas ses écrits sur ses aventures maritimes des mers du Sud.
J'ai retrouvé dans le scénario de Nury cette ambiance unique d'aventuriers gentlemen-brigands qui ont sillonné les mers du Sud au tournant du siècle précédent pour y faire fortune ou y trouver la mort.
Au delà du profit et des trafics (perles, drogues, armes, essences rares...) c'est surtout l'adrénaline et ce sentiment de liberté que l'on retrouve chez Grief et ses alter ego qui ont donné sens à leurs actions.
Dans son excellent scénario qui mêle trahison, loyauté, honneur et amour Nury transcrit à merveille la personnalité de ces seigneurs des mers mi pirates mi aristocrates.
L'ouvrage m'a d'autant plus touché qu'il est porté par le formidable graphisme de Henninot. Il ne manque que l'odeur du sel et la brulure du soleil pour sentir le roulis des cotres. Le trait réaliste est fin, précis et dynamique.
Les émotions des marins sont palpables et la dramaturgie du récit est soutenu par ces images impressionnantes de la tempête qui oeuvre sur l'île mais aussi dans les coeurs et les esprits des personnages.
Une excellente lecture pour les amoureux d'aventures où la fiction et la réalité sont imbriquées.
Dans l'ensemble j'aime bien cette collection et la griffe personnelle qu'apportent des créateurs assez éloignés de l'univers Mickey.
L'opus produit par Tébo fait partie de mes préférés. Derrière un irrespect taquin de façade, l'auteur nous fait toucher du doigt l'essence même du personnage en associant son image aux épisodes spectaculaires des mythes de l'histoire des USA.
J'ai retrouvé dans le scénario un récit à la "Forrest Gump" très bien mis en scène dans une atmosphère vraiment très drôle.
Les codes sont respectés avec la rivalité Mickey/Pat, l'amour Mickey/Minnie même si les autres principaux personnages sont peu présents.
L'idée amusante du pépé Mickey permet même à Tébo de donner une épaisseur nouvelle à cette vieille souris flanquée d'un petit neveu (donc d'une fratrie) mais qui reste si jeune d'esprit.
Les histoires sont vives, dynamiques et pleines de gags amusants. Un vrai régal.
Le graphisme de Tébo n'est pas en reste. Entre des formidables doubles pages aux mille détails et d'autres planches à la construction audacieuse mi strip mi gaufrier Tébo fait preuve d'inventivité pour nous rappeler que Mickey se décline sous toutes les formes de la BD.
J'ai adoré cet univers coloré avec une multitude de tons pastels qui donnent une ambiance chaude et harmonieuse dans laquelle je me suis senti très à l'aise.
Peut-être ma lecture préférée de la collection avec le Loisel ou Cosey dans des styles différents.
Une voix cristalline pour une voie en impasse.
Avant cette lecture, je ne connaissais pas Judee Sill et c'est avec grand plaisir que j'ai pu la découvrir. Enfin, découvrir est un grand mot puisque cette biographie est basée sur des interviews publiés dans les magazines de l'époque, en particulier sur celui de Grover Lewis pour le Rolling Stone d'avril 1972. Les auteurs ont bouché les trous au gré de leurs inspirations. Et cela se ressent dans la narration, ça manque de liant et j'ai eu l'impression de survoler sa vie. Une vie qui commence avec une adolescence difficile où elle va découvrir l'heroïne et faire un séjour en prison.
Une artiste surdouée qui n'arrivera pas à percer dans le monde du showbiz et qui disparaîtra des radars de 1974 à 1979 (année de sa mort), elle ne supportait plus de ne faire que des premières parties lors des concerts.
Une artiste très seventies, drogue, sexe (bisexualité) et une part de mysticisme. Un look femme/enfant accompagné de ses petites lunettes rondes.
Une artiste pas si folk que ça, avec des influences très différentes : classique, pop et folk. Je ne peux que vous inviter à écouter cette artiste tombée dans les oubliettes, ce que je fais en écrivant ces quelques mots. Elle avait du talent !
Deux albums sortis de son vivant, boudés par le public, et un troisième en 2005 avec des démos inédites.
La partie graphique est très singulière mais elle est immersive, elle m'a transporté dans ces années 60/70.
J'ai particulièrement aimé le coup de crayon de Alonzo Iglesias lorsque que Judee était sous stupéfiants, très psychédélique et hallucinogène.
Mais c'est l'album dans son ensemble qui apporte une âme au récit.
Très, très beau.
J'ai passé un excellent moment au côté de Judee et je ne peux que vous recommander d'en faire autant.
Note réelle : 3,5.
Coup de cœur.
Je suis content de ma découverte. Bien avant La renarde, l’auteur brillait déjà. Un album anti déprime pour un résultat frais, drôle et original, j’ai succombé.
La partie la moins engageante va pour le graphisme, un trait gras et pas vraiment esthétique, il en va de même pour le lettrage. Mais passé quelques pages, ces points ne sont plus un problème tant le récit possède des qualités et m’a embarqué.
Je trouve déjà l’idée de base assez délicieuse, nous suivrons 3 saumons mâles au caractère bien distinct, ces derniers vivront une belle aventure, les péripéties sont fluides et s’enchaînent bien. Jusque là c’est cool mais ce qui relève véritablement l’ensemble, c’est le ton et les dialogues employés juste savoureux, on ne s’ennuie jamais, ça donne une bonne dynamique au récit. A noter que ce n’est pas axé jeunesse mais ce n’est pas trash non plus.
Rien de bien sorcier mais j’ai eu le smile tout le long de ma lecture, c’est bien construit et parfaitement dosé, ni trop court ni trop long, avec un épilogue aux petits oignons.
Un chouette album, sans être une œuvre maîtresse, vous passerez forcément un bon moment en sa compagnie. A lire si vous en avez l’occasion.
3,5
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Supermatou
Supermatou, une de mes BD préférées dans Pif Gadget quand j'étais enfant, au même titre qu'Horace Cheval de l'Ouest du même auteur d'ailleurs. C'est une histoire de super-héros à la française orientée vers l'humour et la dérision. Modeste Minet est un écolier doté en secret de pouvoirs dignes d'un Superman. A la nuit tombée, il met son costume masqué et s'envole, accompagné de son fidèle chien Robert, lui aussi capable de voler mais surtout véritable tête pensante du duo. Ensemble, ils combattent les malfrats et notamment leur ennemi récurrent, Agagax, le diabolique bébé au landau volant. Ce ne sont pas véritablement les aventures héroïques de ces deux là qui me passionnaient mais plus l'univers farfelu et humoristique dans lequel ils évoluent. Raminagroville est une ville un peu loufoque, où les adultes rivalisent de ridicule, et dans ce monde là, super-héros et super-méchants ne sont pas les plus fins non plus. Supermatou lui-même est certes très fort mais ce n'est pas vraiment une flèche et il lui arrive bien souvent de faire de grosses bêtises ou de se laisser berner par des adversaires plus malins que lui. Et même son partenaire canin peut se laisser avoir malgré sa grande érudition et son intelligence très scientifique. C'est tout cet humour autour des aventures de Supermatou et de son monde qui font le charme de cette série qu'on lit avec le sourire, et aussi une bonne part de nostalgie pour ma part. Le graphisme de Poirier y est tout en rondeurs, avec des objets et décors qui tiennent parfois de la baudruche, accentuant le côté dérisoire et sans danger de ces aventures super-héroïques semi-parodiques. On y notera également une tendance étonnante à donner vie aux objets, télés, pompes à essence et autres véhicules, donnant parfois un drôle de mélange entre humains normaux et objets vivants. Les éditions Revival ont opéré un excellent travail de remise à jour, nettoyage et recolorisation des planches parues dans Pif Gadget dans les années 70. Le résultat est très propre et agréable à l'œil. Il permet de nettement mieux apprécier la fantaisie de leur auteur : Jean-Claude Poirier. Cette intégrale comprendra 2 albums, le premier ne comportant pas moins de 45 histoires. Il est possible qu'il soit préférable de les lire à petites doses car les aventures de Supermatou sont parfois légèrement répétitives dans leurs thèmes, mais ça ne m'empêche pas de saluer la sortie de cette belle intégrale et de retrouver avec grand plaisir les aventures de Supermatou à Raminagroville.
Tombée d'une autre planète - D'après les aventures indécentes de Patricia Highsmith
Ce récit nous propose de découvrir Patricia Highsmith à l’aube de sa carrière. A l’époque, elle écrit des scénarios de comics et en retire une grande frustration, elle qui se veut écrivaine. Le personnage est complexe. Hautaine, extrêmement cassante avec ses collègues, elle vit dans sa chair une véritable torture. Homosexuelle, elle se considère comme anormale. Succombant à ses pulsions, elle culpabilise ensuite. Derrière l’histoire de Patricia Highsmith se cache une critique de la société américaine de l’époque. L’homosexualité considérée comme une maladie dont il faut guérir les victimes est une règle tellement ancrée dans la société que même les personnes homosexuelles se considèrent comme anormales et cherchent à reproduire un schéma familial plus conforme à celui décidé par la majorité. C’est de ce déchirement que va jaillir la personnalité complexe de Patricia Highsmith. C’est de ce tourment que va naitre son roman le plus personnel et sans doute fondateur de son œuvre, Carol. Un roman qu’elle aura beaucoup de mal à faire publier, dont elle devra changer le titre et qu’elle signera d’un pseudonyme. J’ai beaucoup aimé ce portrait, découvrant l’écrivaine sous un aspect que je ne lui connaissais pas. Elle est détestable par bien des côtés et pourtant, je l’ai trouvée touchante, fragile derrière ce masque, cette armure qu’elle dresse entre la société et elle. J’ai aimé ses contradictions ; conséquences de l’opposition entre son éducation et ses envies. La mise en page est très aérée et cet album se lit assez vite. Les grandes illustrations sont fréquentes et beaucoup d’émotions passent par les regards. C’est agréable à lire car malgré la dureté du propos, cela reste une lecture légère. Pour moi, franchement, c’est une belle découverte, une très agréable surprise.
Rien ne fera venir le jour
J'étais passé à côté de ces grosses anthologies chez Cornélius. Je pensai qu'il s'agissait de simples rééditions d'histoires précédemment parues chez Vertige Graphic. On retrouve ici le soin habituel apporté à l'édition de la maison avec une bonne qualité de papier. On n'a pas une histoire complète mais plusieurs histoires sans lien, avec comme fil conducteur toujours ce personnage central fétiche de Tastumi. Un homme au physique passe-partout, mutique bien souvent. On peut dire qu'il est de la classe moyenne, enfin de la classe qui galère. Tatsumi met en scène la vie d'un japonais standard du milieu du XXe siècle. Un dessin superbe, bien plus abouti que son contemporain Osamu Tezuka. Les histoires sont souvent sombres, d'ailleurs le titre le reflète. On dirait que jamais l'optimisme d'un monde meilleur ne perce les ténèbres. On a du sexe, des meurtres, un enfant assassin... Pour moi c'est une lecture exceptionnelle mais je comprends que la dureté des sujets ne soit pas la tasse de thé de tout le monde. Je n'ai plus qu'à me pencher sur Cette ville te tuera...
Les Indes fourbes
"Les Indes fourbes" est une bande dessinée qui m'a totalement captivé et diverti dès la première page jusqu'à la dernière. Écrit par Alain Ayroles et illustré par Juanjo Guarnido, ce chef-d'œuvre est une ode à l'aventure, à l'humour et à l'imagination débordante. L'intrigue de "Les Indes fourbes" est ingénieuse et pleine de rebondissements. On y suit les péripéties de don Pablos de Ségovie, un jeune homme rusé et débrouillard, embarqué malgré lui dans une quête aux dimensions épiques. Le scénario est riche en surprises et en retournements de situation, et on ne peut s'empêcher de tourner les pages pour découvrir ce qui attend notre héros atypique. L'un des points forts de cette bande dessinée réside dans ses personnages charismatiques et hauts en couleur. Don Pablos est un protagoniste attachant et plein de ressources, dont les répliques savoureuses ne manquent pas de faire sourire. Les autres personnages qui croisent sa route sont tout aussi mémorables, chacun avec sa personnalité unique et ses motivations propres. On se laisse entraîner avec enthousiasme dans cet univers foisonnant de détails et d'émotions. L'aspect visuel de "Les Indes fourbes" est un véritable régal pour les yeux. Juanjo Guarnido, célèbre pour son travail sur Blacksad, offre ici des illustrations d'une beauté époustouflante. Chaque planche est soigneusement dessinée, avec une maîtrise technique et un sens du détail qui donnent vie aux décors, aux costumes et aux expressions des personnages. Les couleurs chatoyantes viennent magnifier l'ensemble, créant une atmosphère à la fois vivante et envoûtante. Mais ce qui fait de "Les Indes fourbes" une œuvre exceptionnelle, c'est sa capacité à mêler différents genres avec brio. On retrouve des éléments de l'aventure épique, de la comédie, du drame et même de la satire sociale. L'humour est omniprésent et se manifeste à travers des dialogues percutants, des situations loufoques et des jeux de mots savoureux. Cette combinaison réussie des genres confère à la bande dessinée une originalité qui la distingue et lui confère un attrait universel. En conclusion, "Les Indes fourbes" est une véritable pépite de la bande dessinée. Son scénario ingénieux, ses personnages mémorables et son esthétique remarquable en font une lecture captivante et divertissante. Que vous soyez un passionné d'aventure, un amateur d'humour ou simplement un amateur de belles illustrations, cette BD saura vous charmer et vous transporter dans un voyage palpitant à travers les pages. Ne passez pas à côté de cette incroyable aventure !
Moto Hagio - Anthologie
3.5 Je dois avouer que je suis un peu confus sur la note à mettre parce que ce coffret de deux recueils contient des histoires vraiment inégales. Je vais commencer par raconter un peu ma vie. J'ai lu il y a plusieurs années Le Coeur de Thomas sans trop connaitre l'autrice, Moto Hagio, une mangaka qui a fait partie des femmes qui ont renouvelé le shojo dans les années 70, un genre qui était alors dominé par des auteurs masculins. Ce n'est que récemment que j'ai appris l'importance de l'autrice dont on a peu publié en français jusqu'à présent. Cela risque de changer avec la parution récente d'une de ces œuvres phares, 'Le Clan de Poe' (dont le premier volume est censé sortir cette semaine au Québec). En faisant des recherches, j'ai vu que non seulement Glénat avait publié cette anthologie il y a dix ans, mais qu'en plus c'était encore disponible à la vente (pour la petite histoire, j'ai acheté le dernier exemplaire encore disponible chez le fournisseur québécois qui a dû être bien content de se débarrasser enfin d'un vieux titre). Voulant vraiment mieux découvrir l'œuvre de Hagio, je l'ai acheté malgré le prix un peu élevé. Je ne regrette pas mon achat même si tout n'est pas bon. Le premier tome contient quatre histoires. La première n'est pas terrible et m'a fait craindre d'avoir jeté mon argent par la fenêtre. La deuxième, Nous sommes onze, est vraiment excellente ! Je la connaissais déjà parce qu'il y a longtemps j'avais vu le film adaptant cette histoire (je savais même pas que c'était du shojo) et j'avais adoré et c'est encore le cas ici. C'est un récit de science-fiction prenant avec une ambiance claustrophobe vu que la majorité de l'action se passe dans un vaisseau qui a beaucoup de problèmes. Les personnages sont très bons (Flore est un des meilleurs personnages de shojo que j'ai jamais vu) et on voit pourquoi l'autrice a gagné un prix tellement ce récit est très bien mené. La seule ombre au tableau est que la raison pourquoi il y a 11 élèves dans le vaisseau pour le test et non 10 comme l'a dit l'université me semble évidente et je suis étonné qu'aucun personnage ne pense à cette solution. Malheureusement, le troisième récit est mauvais... et c'est la suite de Nous sommes onze ! Cela commence pourtant bien, mais mon intérêt a baissé au fil des pages de ce trop long récit au point que j'ai fini par m'ennuyer un peu. Il faut dire qu'on ne retrouve pas l'ambiance du premier récit que j'avais adoré. Le récit est aussi moins original, on parle de la guerre entre deux pays et la morale c'est que la guerre c'est pas bien. On dirait du sous-Tezuka. Franchement, s'il n'y avait pas trois-quatre personnages de Nous sommes onze je n'aurais jamais su que c'était censé être une suite. J'ai vraiment l'impression que l'autrice avait prévu de faire un récit indépendant et a ensuite mis des personnages d'une de ses œuvres les plus connues pour capitaliser sur son succès. Ce premier recueil se termine par une histoire pas mauvaise, mais prévisible et banale. Ce qui s'explique par le fait que ce récit a été fait très tôt dans la carrière d'Hagio. Le deuxième recueil contient 5 histoires et m'a paru meilleur (même si Nous somme onze reste mon récit préféré du lot). Les deux premières histoires sont du fantastique et j'ai bien aimé. On met bien en avant la psychologie des personnages et cela ne tombe pas dans le grand-guignolesque comme d'autres récits fantastiques japonais. La troisième récit est celui qui m'a le moins intéressé. Ce récit est un genre de brouillon de Le Coeur de Thomas et on tombe dans le mélodramatique qui me gonfle dans le genre shojo. Les sentiments dramatiques des personnages sont tellement mis en avant que cela finit par m'exaspérer plus qu'autre chose. La quatrième histoire est bien faite même si le gamin me semble un peu trop intelligent pour son âge. La dernière qui se passe durant le Paris occupé par les nazis est très bonne même si c'est décousu par moment. Comme les histoires vont du début des années 70 aux années 90, le dessin de Moto Hagio évolue au fil du temps et je dois dire que je ne pense pas avoir un style préféré, son dessin est bon peu importe l'époque. On voit dans cette anthologie qu'elle a touché à plusieurs genres au fil de sa carrière (fantastique, science-fiction, drame, romance) et que ces récits sont plus intelligents et profonds que les histoires d'écolières amoureuses qu'on sort à la pelle de nos jours. C'est une lecture que je recommande si on veut découvrir des vieux mangas. Bon cela reste inégal et les notes que je mettrais aux récits vont du 2 étoiles au 4.5/5... Allez je mets une très bonne note et un coup de cœur parce que les histoires que j'ai trouvées excellentes sont vraiment excellentes.
Contrition
Gros coup de coeur que ce titre. C'est clairement une, voire LA Bd qui sort du lot en ce début d'année 2023. Le sujet aurait pu être casse gueule eu égard au coté malsain de son postulat de départ. Mais les auteurs ont fait un travail remarquable. Le récit est captivant, très bien construit, on rentre dans cette bd avec appréhension mais au fil des pages, on ne peut plus la lâcher jusqu'au dénouement final. Le trait et les noirs de Keko font des merveilles et collent à la perfection au sus-dit scenario. Ne passez pas à coté. Un incontournable.
Fils du Soleil
En lisant avidement cette série je me suis retrouvé adolescent dévorant les récits de Henri de Monfreid dans ces aventures sur la mer Rouge. Je suis fan de Jack London même si je ne connais pas ses écrits sur ses aventures maritimes des mers du Sud. J'ai retrouvé dans le scénario de Nury cette ambiance unique d'aventuriers gentlemen-brigands qui ont sillonné les mers du Sud au tournant du siècle précédent pour y faire fortune ou y trouver la mort. Au delà du profit et des trafics (perles, drogues, armes, essences rares...) c'est surtout l'adrénaline et ce sentiment de liberté que l'on retrouve chez Grief et ses alter ego qui ont donné sens à leurs actions. Dans son excellent scénario qui mêle trahison, loyauté, honneur et amour Nury transcrit à merveille la personnalité de ces seigneurs des mers mi pirates mi aristocrates. L'ouvrage m'a d'autant plus touché qu'il est porté par le formidable graphisme de Henninot. Il ne manque que l'odeur du sel et la brulure du soleil pour sentir le roulis des cotres. Le trait réaliste est fin, précis et dynamique. Les émotions des marins sont palpables et la dramaturgie du récit est soutenu par ces images impressionnantes de la tempête qui oeuvre sur l'île mais aussi dans les coeurs et les esprits des personnages. Une excellente lecture pour les amoureux d'aventures où la fiction et la réalité sont imbriquées.
La Jeunesse de Mickey
Dans l'ensemble j'aime bien cette collection et la griffe personnelle qu'apportent des créateurs assez éloignés de l'univers Mickey. L'opus produit par Tébo fait partie de mes préférés. Derrière un irrespect taquin de façade, l'auteur nous fait toucher du doigt l'essence même du personnage en associant son image aux épisodes spectaculaires des mythes de l'histoire des USA. J'ai retrouvé dans le scénario un récit à la "Forrest Gump" très bien mis en scène dans une atmosphère vraiment très drôle. Les codes sont respectés avec la rivalité Mickey/Pat, l'amour Mickey/Minnie même si les autres principaux personnages sont peu présents. L'idée amusante du pépé Mickey permet même à Tébo de donner une épaisseur nouvelle à cette vieille souris flanquée d'un petit neveu (donc d'une fratrie) mais qui reste si jeune d'esprit. Les histoires sont vives, dynamiques et pleines de gags amusants. Un vrai régal. Le graphisme de Tébo n'est pas en reste. Entre des formidables doubles pages aux mille détails et d'autres planches à la construction audacieuse mi strip mi gaufrier Tébo fait preuve d'inventivité pour nous rappeler que Mickey se décline sous toutes les formes de la BD. J'ai adoré cet univers coloré avec une multitude de tons pastels qui donnent une ambiance chaude et harmonieuse dans laquelle je me suis senti très à l'aise. Peut-être ma lecture préférée de la collection avec le Loisel ou Cosey dans des styles différents.
Judee Sill
Une voix cristalline pour une voie en impasse. Avant cette lecture, je ne connaissais pas Judee Sill et c'est avec grand plaisir que j'ai pu la découvrir. Enfin, découvrir est un grand mot puisque cette biographie est basée sur des interviews publiés dans les magazines de l'époque, en particulier sur celui de Grover Lewis pour le Rolling Stone d'avril 1972. Les auteurs ont bouché les trous au gré de leurs inspirations. Et cela se ressent dans la narration, ça manque de liant et j'ai eu l'impression de survoler sa vie. Une vie qui commence avec une adolescence difficile où elle va découvrir l'heroïne et faire un séjour en prison. Une artiste surdouée qui n'arrivera pas à percer dans le monde du showbiz et qui disparaîtra des radars de 1974 à 1979 (année de sa mort), elle ne supportait plus de ne faire que des premières parties lors des concerts. Une artiste très seventies, drogue, sexe (bisexualité) et une part de mysticisme. Un look femme/enfant accompagné de ses petites lunettes rondes. Une artiste pas si folk que ça, avec des influences très différentes : classique, pop et folk. Je ne peux que vous inviter à écouter cette artiste tombée dans les oubliettes, ce que je fais en écrivant ces quelques mots. Elle avait du talent ! Deux albums sortis de son vivant, boudés par le public, et un troisième en 2005 avec des démos inédites. La partie graphique est très singulière mais elle est immersive, elle m'a transporté dans ces années 60/70. J'ai particulièrement aimé le coup de crayon de Alonzo Iglesias lorsque que Judee était sous stupéfiants, très psychédélique et hallucinogène. Mais c'est l'album dans son ensemble qui apporte une âme au récit. Très, très beau. J'ai passé un excellent moment au côté de Judee et je ne peux que vous recommander d'en faire autant. Note réelle : 3,5. Coup de cœur.
Nage libre
Je suis content de ma découverte. Bien avant La renarde, l’auteur brillait déjà. Un album anti déprime pour un résultat frais, drôle et original, j’ai succombé. La partie la moins engageante va pour le graphisme, un trait gras et pas vraiment esthétique, il en va de même pour le lettrage. Mais passé quelques pages, ces points ne sont plus un problème tant le récit possède des qualités et m’a embarqué. Je trouve déjà l’idée de base assez délicieuse, nous suivrons 3 saumons mâles au caractère bien distinct, ces derniers vivront une belle aventure, les péripéties sont fluides et s’enchaînent bien. Jusque là c’est cool mais ce qui relève véritablement l’ensemble, c’est le ton et les dialogues employés juste savoureux, on ne s’ennuie jamais, ça donne une bonne dynamique au récit. A noter que ce n’est pas axé jeunesse mais ce n’est pas trash non plus. Rien de bien sorcier mais j’ai eu le smile tout le long de ma lecture, c’est bien construit et parfaitement dosé, ni trop court ni trop long, avec un épilogue aux petits oignons. Un chouette album, sans être une œuvre maîtresse, vous passerez forcément un bon moment en sa compagnie. A lire si vous en avez l’occasion. 3,5