Les derniers avis (7532 avis)

Par dut
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Un printemps à Tchernobyl
Un printemps à Tchernobyl

J'aime beaucoup ce que fait Emmanuel Lepage, que ce soit par exemple Névé, ou encore Muchacho, c'est un auteur plein de sensibilité et avec un trait de crayon assez unique que j'apprécie particulièrement. Pourtant, j'avais un peur peur avant de commencer "Un printemps à Tchernobyl". J’avais peur de tomber sur une œuvre trop engagée anti-nucléaire, mais heureusement ce n'est pas le cas. Alors certes le très instructif rappel de la catastrophe fait froid dans le dos, mais ce n'est finalement pas le sujet principal de cette BD. Finalement on pourrait résumer en disant que le sujet de cette BD, c'est la vie ! La vie qui continue dans cette région sinistrée, la nature qui reprend ses droits une foie arrivé le printemps... L'auteur arrive avec ses magnifiques planches à nous faire rentrer dans l'ambiance grisâtre, remplie de tristesse, de cette région sinistrée. Si on savait pas que ca existait, on pourrait croire à une BD de SF post-apocalyptique. Lors de la visite de la "zone interdite", je me suis senti complètement oppressé, le spectacle de désolation magnifiquement retranscrit par Emmanuel Lepage, les tic-tic du dosimètre qui sont là pour rajouter un peu de pression... Puis doucement on bascule un peu dans une autre ambiance, au gré des rencontres effectuées, des balades, je trouve que ça bascule vers des notes d'espoir, et c'est plutôt agréable ! Les couleurs employées sont différentes par moment, plus vives, plus pastel, c'est un bon moyen de changer le ton de l'histoire. Bref, une histoire prenante, sur un sujet sérieux, des dessins à couper le souffle, les couleurs fantastiques, cette BD est un vrai bijou à ne manquer sous aucun prétexte. Bravo M. Lepage.

24/01/2013 (modifier)
Couverture de la série Criminal
Criminal

Criminal raconte une histoire par volume (au nombre de six) avec à chaque fois un personnage principal différent, mais dans un monde interlope où parfois on recroise des têtes entrevues ailleurs. On peut lire ça dans le désordre, la cohérence étant avant tout thématique, et non scénaristique. Criminal, c'est un monde de gangsters à la Tarantino, la petite criminalité, mais débarrassé du superflu de ce réalisateur, et où plane la fatalité d'un Impitoyable de Clint Eastwood. C'est beau, Criminal. Le premier volume m'a paru classique et réussi, une bonne histoire de gangsters, bien racontée, avec un auteur qui semble connaître son sujet. Je pourrais dire la même chose du deuxième volume, et du troisième... Seulement au fur et à mesure des volumes, la cohérence thématique fait que Criminal dépasse pour moi du cadre de la "bonne histoire bien racontée". C'est difficile d'écrire de bonnes histoires de gangsters. Soit on édulcore et des pourritures passent pour des princes, soit on plonge un peu trop dedans et ça donne envie de vomir, comme le film Truands de Frederic Schoendoerffer particulièrement dégueulasse et glauque, que je ne recommande d'ailleurs pas malgré (et à cause de) son réalisme à la limite du reportage. Dans Criminal il n'y a pas de héros, et les gangsters ne sont pas classes. Il y a des ordures, des pourritures, tandis que ce qui pourrait s'apparenter de très loin à des gens biens, ce sont des hommes violents et des salopes sur le retour. Il y a de la fatalité dans l'air, il y a comme une chape de plomb sur les héros qui les empêche de transcender leur condition, de devenir meilleur, de s'en sortir. Et ce qui est terrible, c'est qu'ils en sont conscients. Pour certains qui parviennent à s'extirper d'une vie misérable, il y a l'appel irrésistible du gouffre ; parce que dans le bonheur on se sent comme un pou, autant revenir à ce qu'on a connu toute sa vie. Et le dessin est en harmonie avec le propos, un trait grossier, noir, précis, direct, avec parfois des visages en gros plan où une expression est pleinement saisie. La capacité du dessinateur a capturé l'essence d'une situation, d'une posture, d'un personnage au bon moment, dans la bonne case, fait en sorte qu'on lit le reste comme si tout était aussi soigné et aussi beau. Une case évocatrice, et ce psychopathe nous fera froid dans le dos à chaque apparition. Une case, et cette femme nous crèvera le coeur. Comme dirait Dennis Lehane : Ténèbres, prenez-moi la main.

23/01/2013 (modifier)
Par gruizzli
Note: 5/5
Couverture de la série La Nuit
La Nuit

La Nuit de Druillet … Encore aujourd’hui, quand je le relis, j'ai ce petit frisson d'exaltation, ce sentiment qui nous prend au ventre quand on sait qu'on va assister à quelque chose de grandiose. Car grandiose, je pense encore qu'elle l'est cette œuvre, même après plus de vingt relectures espacées dans le temps tout autant que dans les conditions de lecture. Et pourtant j'ai le même effet à chaque fois. Un mélange d'excitation par l'aventure qui m'attends, mais en même temps d'appréhension avec le côté grave et curieusement défaitiste qui se dégage de l'œuvre. Mais dépressive, elle ne l'est pas, même si elle est noire. C'est une œuvre forte, une œuvre belle, mais pas dépressive. Ça c'est sur. En commençant, l'ouverture est grave, pesante, lourde. Druillet fait son introduction. Déjà la beauté du texte se voit, l'émotion se ressent, la douleur transparaît. Druillet nous invite à le suivre dans son exorcisation de la douleur, à voir la perte d'un être cher et ce qu'il en à tiré comme œuvre. L'introduction est funèbre, pesante, mais en même temps on sent une colère forte derrière la douleur, et cette colère est dirigée contre un peu tout le monde. Lui-même semble notamment se détester. Mais cette colère, au contraire de l'aveugler, ne le rends que plus lucide, et l'introduction en est d'autant plus impressionnante. Elle est la raison pour laquelle j'ai acheté cette BD, et encore aujourd'hui je la relis en pesant bien les mots qu'elle contient. La page se tourne. Il fait noir, mais un portrait, à mi-chemin entre la photo et le dessin nous sert d'ouverture. La femme nous regarde en nous attendant, nous invitant à ouvrir la porte de l'univers de la nuit. Et maintenant, voilà que s'ouvre la BD proprement dite. Une BD qui semble curieuse. Les dessins sont fouillés (ou fouillis ?), plein de détails, colorés à en faire mal à la tête, et en même temps ils collent à l'atmosphère, ils sont un style à part entière, l'émotion suinte par lui. Dans ce dessin, nous voyons les lions qui volent. Le décor se plante, la ville où tout vit la nuit seulement, les êtres en noirs, les crânes qu'ils les appellent, et le combat prend forme. La violence règne. Même dans les termes. Peu de phrases, des expressions, beaucoup de vulgaire. Tout s'emballe tout à coup, on ne comprend pas. Des cataclysmes se déclenchent, il faut se réfugier sous terre, et retrouver les autres. Et la nouvelle tombe : la dope a été prise par quelque chose. Nous ne saurons pas ce que c'est, mais c'est fini pour les tribus de la cité si elles ne parviennent pas à reprendre le dépôt. Toutes se réunissent, s'arrangent, dansent. Le tableau de ces hommes dansant sur Brown Sugar à quelque chose d'étrange, comme s’il ne devait pas être là. C'est la dernière scène de paix. Nous voilà au milieu de l'œuvre, et la plongée en enfer commence. Une plongée dans un enfer dont on en ressent tout de suite les effets : doubles pages magnifiques qui nous invitent à nous plonger dans une myriade de dessins, des planches sublimes aux couleurs toujours plus folles, des découpages de cases fous. Et pourtant, Heintz sent le doute poindre. Il a peur de la mort. Elle semble se rapprocher. Et le combat se lance. Tous contre tous, dans un combat final. Ce sera le dernier, l'un disparaitra totalement. Et pourquoi pas les deux ? Qui a dit qu'il y aura un vainqueur au final. Mais les crânes sont vaincus, la lutte a servi. Et pourtant Heintz a encore peur. Il est seul au milieu, il hurle. Il regarde la mort en face. C'est fini, mais pourquoi ne pas tenter une dernière course à la mort ? Ils foncent en chantant, et voilà que les doubles pages prennent toute leur ampleur. Les photos d'un calme apparent se mêlent au chaos des dessins, les deux mondes se mélangent. Et voilà que le dépôt bleu est là ! Il semble carrément transpercer les pages, il explose par tous ses orifices et la foule se presse pour y rentrer. Et la danse recommence, tandis que le shoot fait effet. Dernier chapitre : les pâles arrivent. Ce qu'elles sont ? Nul n'en sait rien. Mais elles tuent, tout. Absolument tout. Et l'apocalypse se déchaîne. Tout le monde meurt, les corps s'entassent, explosent sous les rayons de ces pâles. Tout se disloque, tout disparaît. Mais Heintz est encore là. Il est debout, attendant l'aube. Il sait qu'elle tuera les pâles et lui avec. De toutes façons, c'est déjà fini. Et l'aube nait. Tout disparaît, et Heintz se désagrège lentement, disparaissant de la page. Celle-ci est vide de tout le reste à part lui. Et tout est fini. Les métaphores du cancer, de la mort, du pourrissement d'un corps sont encore floues, qui est qui ? Mais au final, peut importe de savoir exactement. La force des émotions est là, sans qu'il faille l'expliquer. Alors, respirant fortement avec la montée de tension qui a traversé les pages, encore sous le choc de ce que je viens de lire, je vois les derniers mots de la BD, tracé délicatement par Druillet au bas de la dernière planche, et un sourire me monte aux lèvres. « Fin. Lente montée de la musique … »

26/01/2012 (MAJ le 17/01/2013) (modifier)
Par Bernard
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Peste blanche
Peste blanche

Un peu déroutant au départ, puis on se laisse captiver par cette histoire qui se passe à Marseille. Il y a plusieurs degrés de lecture dans cette BD. Personnellement j'ai dû la relire pour bien saisir toutes les subtilités. Il y a du Camus dans cet auteur. Un certain détachement, un goût d'absurde. Le personnage principal JB Chataud me fait penser à "L'étranger". Le graphisme invite le lecteur à avoir sa propre vision selon son vécu. Une BD à lire, et à relire !

16/01/2013 (modifier)
Par moreau
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Singe de Hartlepool
Le Singe de Hartlepool

C'est un one-shot, (agréable en cette époque de séries !) dont le sujet à la fois drôle et sérieux détonne dans les projets actuels. Pendant les guerres napoléoniennes, les habitants d'un petit port anglais trouvent sur la plage les débris d'un navire français qui a coulé et... un être vivant : un singe habillé en soldat, la mascotte de l'équipage. Comme ils n'ont jamais vu de Français et que ce singe correspond tout à fait à l'idée qu'ils en ont, ils vont l'arrêter, le juger.... Le scénariste a su donner vie à cette histoire en l'enrichissant avec style ! Vocabulaire truculent ! Et en pointant en même temps l'absurdité des hommes en général. Quant au dessin, crayonné, hachuré, il accompagne le scénario avec classe, lui donnant vie, faisant des personnages des caricatures grotesques. Le dessinateur, 25 ans, est un fan de dessin. C'est sa première BD.

15/01/2013 (modifier)
Par cubiman
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Grands reporters
Grands reporters

Exceptionnel dès lors que l'on considère la BD comme un moyen artistique d'apprendre. Le lecteur plonge dans des univers qui lui apprennent à relativiser ses propres soucis parisiens ou français (sans chercher à minorer ces derniers). Il fréquente d'autres peuples, villes, problèmes, us et coutumes. Il faut rapprocher l'initiative de ce collectif de l'appel lancé par la revue XXI (dans laquelle les dessins ont été publiés à l'origine) quant à la nécessité d'un retour à certaines sources du journalisme, à savoir le terrain, la lenteur, l'honnêteté intellectuelle, la curiosité, le refus du tout internet. Si ces thèmes vous parlent, si la BD de reportage vous séduit, précipitez-vous!

12/01/2013 (modifier)
Couverture de la série Largo Winch
Largo Winch

J’ai dévoré tous les albums sortis à l’époque où j’ai découvert pour la première fois Largo Winch, tout comme je l’avais fait pour XIII et Thorgal. Pour cette série ma première lecture remonte à 8 ou 9 ans. Jean Van Hamme a un vrai talent je trouve pour sublimer ses héros et les entraîner dans des situations rocambolesques dont on se demande à chaque fois comment ils vont parvenir à se sortir d’un tel traquenard. Il y a tant à dire sur Largo Winch, on peut y trouver autant de qualités que de défauts mais vu le nombre d’avis je ne vais pas me lancer dans l’écriture d’un pavé et je vais faire ça court. Pour moi il n’y a tout simplement aucune autre série de bande dessinée dans le genre du thriller et ayant pour thème le monde de la finance qui arrive à la cheville de Largo Winch. Je précise bien dans la BD parce que dans la littérature il y a d’excellents romans de Paul-Loup Sulitzer ou de John Le Carré comme ça au hasard dans ce thème là. Mais dans la BD je ne vois que Largo Winch. Il y a bien I.R.S. mais ça ne m’a pas convaincu. La série fonctionne par cycles de 2 albums avec présentation de l’intrigue, mise en place du complot et cliffhanger de fin d’album pour le premier tome. Et dans le second, Winch et ses compères essaient tant bien que mal de se sortir du piège, ce dont ils parviennent toujours à la fin. Voilà un des défauts par exemple, manque de suspense. J’aurai pu mettre la note maximale pour cette série mais les 4 derniers albums m’en ont dissuadé. En effet, jusqu’au tome 14 les histoires se suivaient mais ne se ressemblaient pas pour Largo. Dans sa toute première aventure on le découvrait prendre la succession de son défunt père ; dans la seconde on rentrait de plein pied dans le monde du business avec une affaire d'O.P.A. ; dans la troisième il est impliqué dans un trafic d’héroïne mais tout tourne autour de sa fortune et de son empire industriel ; la quatrième a un parfum exotique puisque Largo renoue avec son passé pour sauver son meilleur ami d'une peine de mort assurée dans un Etat imaginaire d’Asie ; sa prochaine escale a lieu à Venise ; puis à Hollywood dans le monde impitoyable de la télévision. Les albums 13 et 14 sont pour moi les meilleurs car ils collent d’avantage à l’actualité et on revient plus concrètement au monde de la finance avec une histoire de délocalisation d’entreprise, de patrons véreux prêts à mettre au chômage leurs employés pour des stock-options… Malheureusement, les 2 histoires suivantes ne sont pas à la hauteur. Largo est de retour en Asie encore une fois, on pompe les mêmes recettes et Winch devrait postuler comme espion pour les services secrets. Il agissait déjà ainsi dans les précédents albums mais là tout est exagéré et il y a une lassitude qui s’installe. Je n’ai pas peur de dire que le dernier dyptique est nul de chez nul, aucun suspense, on ne comprend rien à l’histoire ou plutôt on s’en fout parce que ce n’est pas (ou plus) intéressant. Il faut d’urgence boucler cette série. Côté dessin, Philippe Francq a le même coup de crayon qu’un William Vance sur XIII, donc on n’est pas dépaysé, on sait qu’on lit une BD estampillé Van Hamme.

08/01/2013 (modifier)
Couverture de la série XIII
XIII

Allez, un avis de plus sur cette série culte que tout le monde connaît, même ceux qui ne s’intéressent pas à la bande dessinée en ont entendu parler. J’aime tout dans XIII, du dessin très « académique » disons de William Vance, au scénario de Van Hamme digne des meilleurs thrillers, un scénario qui aurait mérité une meilleure adaptation que cette série navet produite par Canal+ mais bon… D’ailleurs l’histoire de XIII (un agent secret ayant perdu la mémoire après avoir pris une balle dans la tête et qui va essayer de recoller les morceaux de son passé), ressemble étrangement à celle d’un autre super agent bien connu, Jason Bourne. Alors qui de Van Hamme ou de Robert Ludlum a pompé sur l’autre ? Le premier tome de XIII date de 1984 et le premier livre de la trilogie Jason Bourne date de 1980. Seulement 4 ans sépare ces 2 séries très similaires, mais peut être n’est-ce qu’une coïncidence et je me fais un film… J'en reviens à XIII. Lorsque j’ai appris qu’une suite au tome 19 était en chantier j’ai d’abord été surpris en me disant qu’on prenait vraiment les lecteurs pour des cons moutonniers, puis je me suis dit que ce n’était pas surprenant au final de la part de Van Hamme qui est un spécialiste des séries à rallonge. Le tome 19 « Le dernier round » bouclait parfaitement la boucle avec le procès des membres du complot des XX et l’acquittement de XIII et ses amis. Je ne voyais donc vraiment pas ce que les auteurs pouvaient inventer d’autre sans tomber cette fois-ci dans le grotesque. Mais je me suis planté. En effet, Vance et Van Hamme ont laissé leur place à Yves Sente (scénario) et Youri Jigounov (dessin) et ces deux derniers ont réussi à ranimer la série avec une nouvelle intrigue plus ou moins crédible mais hyper passionnante et qui devrait se prolonger sur quelques tomes encore. La trame pourrait se résumer ainsi : le complot des XX visant à instaurer aux États-Unis un régime néo-nazi n'était que la partie visible de l’iceberg. Derrière se cache une organisation ultra secrète sans limite financière, dont les origines et le but à long terme restent encore flous. Pire qu’un complot judéo franc-maçonnique! Le seul reproche que je trouve à faire sur cette suite concerne l’introduction un peu tirée par les cheveux de XIII dans cette histoire. Son arrière-arrière grand-père aurait été étroitement lié avec cette fameuse organisation et XIII étant le dernier de ses descendants, son rôle va au-delà de celui de super agent. Après tout ce qui lui est tombé sur la gueule ; espion, complotiste, Che Guevara, membre de l’IRA, des liens familiaux avec la mafia italienne ; voilà maintenant qu’un de ses ancêtres vient lui pourrir la vie 2 siècles plus tard ? C’est un peu gros mais bon, je ferme les yeux. Sinon le dessin de Jigounov est dans la même lignée si ce n’est meilleur, que celui de Vance. Enfin, un album qui n’en est pas vraiment un mais qu’il faut absolument posséder si on veut tout comprendre à ce schmilblick, le tome 13, écrit façon livre d’enquête.

07/01/2013 (modifier)
Par PAco
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Billy Brouillard
Billy Brouillard

Yes ! Quelle bonne surprise au final que cette BD ! Moi qui en avait tenté la lecture il y a quelques temps sans vraiment accrocher, je me suis régalé ce week-end après être vraiment tombé dans l'univers de Billy Brouillard. Et du coup, c'est un franc coup de coeur ! Avec cette collection "Métamorphose", Soleil m'a littéralement conquis. L'objet en lui-même est déjà une réussite. Un format non formaté justement ; un air de vieux bouquin qui colle à merveille à l'univers de Guillaume Bianco ; un one-shot qui n'est pas avare de planches, où viennent se mêler des pages du journal de Billy, de fausses pages de journal, des poèmes illustrés... Bref, au final, cette BD est un véritable coffre à bijoux, aux éclats "Burtoniens", mais qui a su composer un univers personnel. Non, nous ne sommes pas dans la pâle copie. On est chez Billy. Un monde noir où il chercher une réponse à la mort, et que lui permet son don de "trouble vue". Un univers sombre, parfois très cruel comme seuls les enfants savent l'être entre eux, mais empreint d'une grande poésie et d'humour (même si ça grince parfois au tournant). Côté dessin, Guillaume Bianco, fait preuve d'une très grande maitrise du noir & blanc. Son travail à l'encre impose son style et est vraiment d'une très grande précision. Car derrière cette impression de dessin simplifié se révèle au fil des pages un grand dessinateur. Je me suis arrêté sur certaines pages pour apprécier les pauses des personnages ; Billy en train de dormir, Tarzan son chat est lové sur ses jambes : de véritables arrêts sur image d'un réalisme saisissants qui donnent force et vie à ses planches. Bianco, se joue aussi des formes et de la narration. Il alterne aux aventures de Billy, des pages de journaux (aux articles et pubs tous aussi déjantés mais parfaitement en accord avec la trame), des poèmes sur les personnages qui composent la véritable mythologie ou bestiaire de cet univers. C'est cet aspect qui m'avait un peu freiné à ma première approche, mais qui se révèle au final d'une grande richesse, et complète parfaitement le récit pour lui en donner toute sa cohérence. Au final, bravo et merci pour cette magnifique BD. *****Après lecture de "Le petit garçon qui ne croyait plus au Père Noël"***** Billy n'en avait pas fini avec son bestiaire et son obsession pour la mort était loin de s'être dissipé. Et puis, il y a ce Père Noël... Guillaume Bianco poursuit avec cet album les points de suspensions qu'il avait semé dans ses albums précédents avec un travail graphique toujours aussi remarquable et une édition impeccable et très belle (Quelle couv' encore !). Que du bonheur de replonger dans cet univers assez unique en BD qui mêle allègrement poésie, noirceur, rêverie et grain de folie et d'enfance. Magnifique ! *****Après lecture du tome "Le chant des sirènes"***** Je referme cet album avec beaucoup de respect en me disant : voilà une série qui va allègrement rejoindre mon petit panthéon personnel de mes meilleures lectures BD ! Un grand merci donc à Mr Guillaume Bianco pour ces purs moments d'évasion et la qualité de son travail. Car c'est vraiment l'originalité et son coup de patte si personnel qui forgent ce résultat si déroutant et percutant. Déroutant, car le sieur Bianco se joue des règles traditionnelles et compose à nouveau un album qui de prime abord pourrait fort ressembler à un drôle de bric-à-brac-fourre-tout où môsssieur aurait au fil des pages lâché la bride à son imagination pour, tel un coucou, nous pondre à droite à gauche, un ersatz d'histoire abracabrantesque. Et que je te lâche un poème par-ci ; et que je te ponds une page de canard revue et corrigée par là ; un bon bout de bestiaire itou, et pour le dessert une bonne grosse tranche de trouble-vue façon Billy ! Mais loin du gloubiboulga, cet album façon cadavre exquis, tient tout autant la route que les précédents. Car après être allé trifouiller du côté de chez la Faucheuse, puis tirer la barbichette à nos croyances, une nouvelle épreuve existentielle attend Billy Brouillard : l’amour… Il avait pourtant raccroché un brin le gars Billy ; fini le don de trouble-vue & co : il avait rechaussé ses bésicles et pensait pouvoir taquiner le bigorneau en père peinard. C’est effectivement pendant ses vacances pleines d’embruns que notre Billy va faire la rencontre de Prune. Et la miss, c’est pas la moitié d’une donzelle ! Ca a beau être une fille (horreur ! malheur !), côté caractère, imagination et aventure, elle n’est pas en reste et le Billy à de la concurrence sévère ! Et c’est de cette rencontre improbable que Billy va découvrir et vivre le temps d’une semaine intemporelle les affres du sentiment amoureux… Car pour sauver sa douce sirène, Billy ne va pas chômer et s’en laisser compter. Mais bon, je ne vais pas m’étendre sur les détails de cette folle histoire, je vous laisse le plaisir et la surprise pour votre lecture. En attendant, ce nouvel opus m’a de nouveau conquis. Guillaume Bianco a du talent à revendre et de l’imagination comme je l’aime plein les bottes. Alors continue de faire ton gamin et de rêver pour nous, tant que tu nous le fait partager aussi bien. Sale gosse va ! Mais un très bon ! Merci ;)

19/01/2010 (MAJ le 07/01/2013) (modifier)
Par dut
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série De Cape et de Crocs
De Cape et de Crocs

Je fais une mise à jour de mon avis suite à la lecture de la série complète ! J'ai toujours pris un énorme plaisir à lire cette série, même si je suis pas loin de penser comme Alix concernant la longueur de la série... J’avoue avoir eu un ptit coup de pompe vers le milieu de la série, mais par contre, j'ai trouvé que pour les 3 derniers tomes, c’était de nouveau le top ! La fin est juste parfaite, et c'est en partie pour ça que je garde ma note à 5/5... Cette série, c'est l'aventure à elle toute seule ! C'est original, dépaysant, un peu barré, fantastique, romanesque, drôle, attendrissant... Et on peut continuer comme ça longtemps ! Les dialogues sont savoureux, on ne compte plus les références théâtrales, les vers en alexandrins. J'ai particulièrement apprécié les joutes verbales dont les début des phrases commencent par la dernière syllabe dite par son opposant ! Un petit bémol, à vouloir faire trop poétique, parfois Ayrolles m'a perdu dans ses dialogues, un peu comme au lycée quand je devais lire un livre trop compliqué (oui je suis pas un grand littéraire). Autre grande force de cette BD, ce sont évidement les dessins. C'est vraiment du très très bon que nous livre Masbou. Et les couleurs, ya pas à tortiller du cul, la couleur directe, quand c'est bien fait (ce qui est le cas ici), c'est quand même génial ! On passe par tous les tons de couleurs en fonction de la scène, et ça c'est vraiment agréable à l’œil !! De Cape et de Crocs, c'est, je pense, LA série que je conseillerais, aussi bien a quelqu’un qui lit déjà de la BD, qu'à un néophyte. Vivement le diptyque sur Eusèbe quand même. :)

18/06/2002 (MAJ le 07/01/2013) (modifier)