Pour quelqu'un qui aime le rébetiko c'est une bande dessinée formidable!
Cette histoire nous fait voyager auprès de ces rébètes.
De plus l'auteur s'est vraiment renseigné sur le sujet : les protagonistes ont existé, ainsi que les chansons qu'ils chantent. Il y a un vrai travail de recherche car certaines cases sont la reproduction de photographies existantes c'est pourquoi je suis tenté de classer ce roman graphique dans les bandes dessinées historiques ; l'auteur nous fait découvrir à travers cette histoire une facette de la Grèce peu connue avec un contexte historique bien rendu.
Au départ les dessins m'ont un peu déçu mais ils vont bien avec cette histoire : des couleurs assez claires pour l'ambiance extérieure en plein jour et des couleurs foncées pour évoquer la noirceur du monde du rébetiko le soir dans les tékés.
Je conseille bien entendu cette bande dessiné à ceux qui ne connaissent pas le rébetiko afin qu'ils découvrent ce genre musical.
Subjuguant. C’est le premier mot qui me vient à l’esprit pour parler de cette œuvre très originale. Tout d’abord par la beauté du dessin extrêmement soigné dans des tons monochromes allant du gris sale à un sépia très lumineux. L’imagination et les trouvailles de l’auteur font le reste. Celui-ci confère une portée universelle au mythe de la terre promise, avec une dimension onirique tout à fait étonnante qui peut dérouter à la première lecture. L’histoire commence en effet de manière plutôt sombre et réaliste (la patrie) pour évoluer dans un univers merveilleux et quasi surréaliste (la terre d’accueil), truffé d’objets et de créatures extraordinaires, ainsi que de symboles mystérieux. De cette façon, l’auteur a parfaitement su représenter comment un monde nouveau pouvait être d’une étrangeté absolue aux yeux d’un immigrant. L’absence de textes n’est absolument pas gênante, au contraire, cela aurait presque paru redondant dans cette histoire avant tout visuelle. Elle comporte d’ailleurs une telle richesse qu’à mon avis on peut la relire plusieurs fois sans problème et y découvrir de nouveaux éléments qui n’auraient pas sauté aux yeux à la première lecture.
D’une certaine façon, ce magnifique ouvrage redonne de la dignité à tous les expatriés de la Terre, ceux qui ont quitté leur pays par nécessité, avec peut-être un sentiment diffus de honte (laisser ses proches derrière soi n’est certainement pas chose facile). Certes, la représentation de la Terre promise est très idéalisée, mais le but ici n’a pas été de produire une histoire réaliste. D’après moi, l’auteur a voulu d’abord montrer les raisons qui conduisaient à quitter son pays natal, en mettant en scène la vision rêvée, si déformée soit-elle, de ces hommes rêvant d’un ailleurs où la vie serait plus douce.
Je vénère Carmen cru. Une série vraiment à part chez Fluide Glacial car bien loin de l'humour d'Edika, Maester, Binet (quoi que Binet ... ). Cette bd a vraiment un fond noir triste et antisocial (comme moi !)
Je ne vais pas revenir sur chaque album car je voudrais plutôt pointer le doigt sur le caractère profondément noir, asocial, misanthrope et pessimiste de Carmen Cru (donc de Lelong). Je pense qu'il a mis une réelle partie de lui et de ses névroses dans cette bd. Avec en plus ce fourmillement de petits détails assez hallucinant. Dans les décors et autres objets poussiéreux et cassés comme dans les visages poussiéreux et cassés eux aussi. Tout suinte la saleté et la misère. Mais avec énormément de poésie. Carmen Cru est vieille, moche, ratatinée, haineuse et méchante mais seule et elle vous emmerde. En même temps quand on voit les gens qui l'entourent on est de tout coeur avec elle. Ils sont physiquement pas loin d'elle mais plus gais et souriants ce qui les rend beaucoup plus cons (enfin crétins). Au moins Carmen Cru est en accord avec son physique. De plus je pense qu'une personne seule moche et triste, il vaut mieux qu'elle soit méchante et isolée volontairement car sinon c'est encore plus pathétique et dur pour elle. C'est la fierté et l'agressivité qui maintient en vie cette personne, dernière illusion de dignité parmi ses semblables. Une sorte d'esprit punk. Mais un esprit punk sans les jeunes et la musique. Un esprit punk de petit village moisi rempli de vieux paysans courbaturés épuisés par l'alcool. Mais je m'égare dans mon interprétation très personnelle de cette bd.
Donc voilà Carmen Cru passe son temps à emmerder tout le monde et personne ne fait rien car c'est une pauvre vieille femme seule. Donc elle en profite et c'est très drôle. Mais on rit jaune car la pitié et le misérabilisme de la situation de cette dernière peut nous déprimer. Enfin vous moi non, j'adore.
De plus les couvertures sont sublimes je trouve.
Lisez absolument le dernier album (fait avant que Lelong ne décède : il s'est suicidé, quand je dis que cette oeuvre est noire et sérieuse). Carmen Cru est obligée de rendre visite à sa mère. Oui Carmen Cru a une mère et encore pire qu'elle. Quasiment une sorcière qui vit dans une cabane tout en en haut d'une montagne. C'est quasiment moyenâgeux.
Je ne sais si je peux chroniquer cette série car je n'ai lu que les 5 premiers tomes (8 tomes, 9 tomes ?) mais ces albums je les ai lus et relus et cet univers s'est vraiment imprimé dans mon cortex cérébral.
C'est une œuvre très noire (malgré ses couleurs pâles et acidulées typiques des années 80) voire malsaine. La cour du prince de Mortelune ne valant pas mieux que le peuple. D'un côté nous avons les aristocrates cyniques et cruels (le mot est faible) passant le plus clair de leur temps à partouzer (avec des monstres, des enfants...) et à organiser des sortes de chasses à l'homme dans la ville dévastée. Et de l'autre le peuple et autres gueux qui se mangent littéralement entre eux (bon les aristos sont également cannibales... ). En dehors de Nicolas l'autiste rêveur et du nain de la taverne tout le monde est mauvais et cynique. L’héroïne qui pourtant est prostituée par son père le boucher n'hésite pas à passer du côté du prince et entretient une liaison avec lui. Elle tombe même amoureuse de cette ordure délicate et cruelle. Car c'est très subtil dans l'écriture, les personnages révélant une réelle profondeur derrière leurs pires aspects. Tout le monde ou presque est abject mais au fur et à mesure des albums on développe une réelle empathie pour eux car on apprend à les connaître. Et l'histoire est vraiment passionnante (du moins dans ces 5 premiers albums après je ne sais pas).
Ce que j'aime également dans cette série c'est la magie présente derrière l'horreur et le dégoût des situations et des personnages qui du coup ressort beaucoup plus intensément (les réserves d'eaux sous le palais de Mortelune, la personnalité de l’héroïne et sa relation avec le prince, le personnage de Nicolas son petit frère). Un peu comme la série Face de Lune de Boucq et Jodorowsky.
De plus le dessin d'Adamov est de très grande qualité. Sa représentation d'un Paris dévasté est à couper le souffle (Notre Dame, Le Sacré Coeur, le métro... mais ensevelis sous des gravas ou de la végétation). C'est pratiquement une reconstitution historique. C'est très très fort.
Bref je recherche activement les tomes suivants (qui parait-il sont de moins en moins bons scénaristiquement parlant ), plus oniriques et fantastiques.
Silence ... Que dire de plus sur cette oeuvre culte de la bd franco-belge période à suivre ? Rien. Tout a été dit.
J'ai été bercé par cette oeuvre magistrale depuis tout petit et sa relecture est toujours un plaisir où l'on se laisse porter par l'ambiance envoûtante de sorcellerie campagnarde.
Les jeunes lecteurs pourraient être rebutés par le graphisme très particulier de Comes, ses visages étranges statiques et froids (tel un mélange de serpents et de chats) assez datés c'est vrai, mais ça serait passer à côté de la superbe magie triste qui imprègne cette oeuvre.
Certaines pages sont sublimes (en particulier celles avec le sorcier " la mouche" et celles du crapaud).
J‘ai lu les trois tomes d’une traite et j’ai adoré cette série.
L’univers steampunk est incroyable. Cécil propose un univers urbain à la fois original et extrêmement cohérent entre futurisme, verticalité et 19ème siècle. Les décors sont à la fois variés et très soignés, avec une jolie colorisation. Jamais le dessinateur ne cède à la facilité.
Les personnages ne sont pas en reste. Outre un design impeccable, ils sont travaillés psychologiquement. Chacun se dévoile progressivement au cours de l’histoire.
Le scénario est excellent. On est immédiatement capté par la qualité de l’histoire. Le ton est très sombre et Corbeyran joue avec un ordre social très inégalitaire pour accentuer une atmosphère dure et violente. Rebondissements et surprises s’enchainent avec délice grâce à une narration parfaitement maitrisée.
En dépit d'un troisième tome un peu en deçà dans le scénario et une fin trop brutale (en tout cas un peu décevante pour moi), je n'hésite pas à qualifier cette série de culte!
Le Réseau Bombyce est une série magnifique à l’histoire passionnante et à l’univers graphique de toute beauté. Loin d’être réservé aux seuls amateurs de SF, ce triptyque est à mettre entre toutes les mains.
Un grand bravo aux auteurs.
J'ai aimé comme enfant et je continuerai à aimer la série Chick Bill. Mélange d'aventures far-west et humour. Mais sans Kid Ordinn, je n'aurais que donné 3/5. Ce sont les gaffes de Kid Ordinn qui me font toujours rire. En outre, Kid m'est sympa, j'aimerais aussi être son ami.
Sans Kid, je ne conseillerais pas l'achat.
Il s’agit d’une belle bd se basant sur un fait divers survenu durant les guerres napoléoniennes et qui souligne l’absurdité et la bêtise humaine. Visiblement, aucun des deux camps qui s’opposent ne sera épargné par cette folie aveuglante. Nous avons un capitaine de navire français qui fut autrefois un négrier et qui n’hésite pas à sacrifier un jeune moussaillon au seul tort qu’il a eu une nourrice anglaise lui apprenant des chansonnettes de la perfide Albion. De l’autre côté, nous avons une population tellement emplie de haine qu’elle ne sait pas faire la différence entre un français et un singe.
J’ai bien aimé la démonstration faite par les auteurs car au-delà d’un conte aux allures naïves, il y a une réelle critique du racisme pouvant conduire à l’absence de discernement. C’est dans les situations de guerre ou de crise que la population cherche un bouc émissaire et déverse sa haine sans essayer de comprendre. Notre pauvre petit singe en a fait les frais. Mais demain, à qui le tour ? Aux étrangers ou assimilées comme tels ? Aux fainéants qui sont au chômage ? Bref, c’est une bd dont les réflexions non dites sont à méditer.
Note Dessin: 4.5/5 - Note Scénario: 4.5/5 - Note Globale: 4.5/5
Un gros pavé de 470 pages, qui se lit finalement plutôt bien et (relativement) vite. Il faut dire qu’on en a pour son argent ! Et je ne fais pas ici référence uniquement au nombre de pages. Je pense aussi aux questions qu’il donne envie de creuser, aux lectures qu’il donne envie de faire. Bref, un album agréable à lire et qui pousse à lire !
Un livre qui fait réfléchir, qui fait se poser des questions. Que l’album de Squarzoni soit le résumé d’un travail de recherche partiel, partial m’importe peu ici. Ses lecteurs sont adultes et libres de confronter les sources. En tout cas il soulève des questions que d’autres – comme Allègre, n’ont de cesse de faire oublier.
L’album en lui-même s’écarte des canons habituels de la bande dessinée. Sorte de monologue illustré, par un dessin extrêmement rigoureux et précis, avec des collages de photos, des reconstitutions de films célèbres et des digressions poético-biographiques de l’auteur. Un air de détournement situationniste, en moins radical.
Ecrit juste avant Fukushima, Squarzoni n’évoque évidemment pas cette catastrophe, qui apporte hélas de l’eau à son moulin : sur les risques consécutifs à la montée des océans, sur l’aveuglement concernant le nucléaire (voir les mensonges et autres omissions de Tepco, avant, pendant, et après les explosions). Concernant aussi l’action d’Allègre, qu’on a vu en boucle à l’époque sur les plateaux télé pour dire qu’évoquer l’arrêt du nucléaire au Japon et/ou chez nous relevait de l’indécence, qu’il fallait attendre que les Japonais pansent d’abord leurs plaies, etc… Et bien sûr, aujourd’hui, plus aucun débat n’est envisagé, lui et ses commanditaires ont réussi à noyer le poisson.
La poignée de mains entre Sarkozy et Khadafi nous rappelle aussi quelques vérités oubliées, et donne une bonne touche d’humour involontaire, dans un album par ailleurs plutôt austère.
Un livre intéressant, militant donc. Pour en prolonger certaines analyses, je vous recommande la lecture du livre "La stratégie du chaos" de Naomie Klein. Pour voir que toutes les catastrophes ne sont pas naturelles, et qu’elles ne sont pas catastrophiques pour tout le monde.
Sans la récente lecture de l’excellent Cycloman réédité par Cornélius sur un sujet à priori similaire (les superhéros à la french touch) et la présence intriguée de cette grosse intégrale aux accents comics (les annotations Comics sont reprises dessus comme sur un bon vieux Strange), il y a de fortes chances que je serais passé complètement à côté de l’œuvre de Hervé Bourhis et quelle grave erreur ça aurait été !
Car si Cycloman est aussi rafraichissant et drôle dans notre paysage franco-belge, Comix Remix emprunte une voix bien plus sombre que ses dessins épurés et colorés et rappelle davantage Watchmen et Donjon avec une ambition plutôt impressionnante pour une œuvre passé aussi inaperçue…
Petit retour en arrière : dans une mégalopole aussi industrielle qu’étouffante se cotoyent êtres humains et monstres… Parmi cette population se distinguent les superhéros eux même retranchés en deux partis : la « Corporation », entité officielle garni d’êtres parfaits physiquement mais cachant de sombres desseins politiques et vendant ses attributs aux plus généreux et le clan des Clandestins, reclus de tous genres et de toute origine condamnés à exercer des actes dits terroristes pour lutter contre la suprématie de Miss Honolulu, mystérieuse femme à l’aura tentaculaire….
Le récit commence avec l’assassinat de Mister Mercure, le superhéros le plus adulé de la « Corporation » et la convoitise de son fils John-John et de sa veuve par tous les bords. Tout ceci va mettre le feu au poudre au sens propre comme au figuré et permettre à Hervé Bourhis de déployer un bestiaire des plus atypiques et riches rarement vus dans un récit de ce genre en confrontant monstres roses charismatiques et super collants fascistes sans oublier attaques de monstres géants dans un final apocalyptique des plus délétères !
Ne vous fiez pas au dessin enfantin ni au titre représentant davantage l’hommage de Bourhis aux lectures de son enfance, si le début du récit est âpre et déstabilisant avec cette exposition de personnages multiples et complexes, la narration se fait plus prenante et bien structurée, multipliant les points de vue et les actions de tout bord… Il n’existe de surcroit nul personnage véritablement vertueux, chacun possède ses failles et l’auteur utilise beaucoup de subtilités dont une seconde lecture permet de cerner certaines réponses à des énigmes sans pour autant les surligner d’un fluo.
Habile récit sur les différences raciales ou sociales, les dangers d’une politique manipulée par le profit et tout en s’appuyant sur des propos terriblement humains, Bourhis construit un récit rythmé et poignant dont le pessimisme transpire à chaque page sans pour autant négliger quelques pages d’humour avec le regard émouvant ou naïf d’enfants dépassés par leurs responsabilités ou des histoires d’amour inavouées aux destinées tragiques quand il n’y insuffle pas un peu de poésie noire dissimulée dans les bas-fonds d’une ville gagnrénée par l’incommucabilité de ses citoyens.
En finalement si peu de pages et sur 3 tomes au contenu incroyablement riche et doté d’une galerie de monstres exceptionnels s’affrontant pour un idéal perdu (voir le charismatique Epominodas, homme chewing-gum affronter le ténébreux Mister Spice est un pur régal), Comix Remix se dote des plus beaux atouts pour offrir un récit aussi riche qu’un Donjon et complexe qu’un Watchmen sur des bases totalement différentes.
Dans les quelques bonus de cette intégrale, l’auteur se réjouit du nouveau format plus adapté de cette intégrale en espérant qu’elle aura plus de lisibilité et d’impact en librairie et à la conclusion de cette jolie saga, c’est également tout le mal que je lui souhaite… Ne vous fiez pas au titre faussement parodique et imprégnez vous de l’univers unique et ambitieux de Hervé Bourhis, lisez Comix Remix, joli coup de cœur injustement passé inaperçu.
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Rébétiko
Pour quelqu'un qui aime le rébetiko c'est une bande dessinée formidable! Cette histoire nous fait voyager auprès de ces rébètes. De plus l'auteur s'est vraiment renseigné sur le sujet : les protagonistes ont existé, ainsi que les chansons qu'ils chantent. Il y a un vrai travail de recherche car certaines cases sont la reproduction de photographies existantes c'est pourquoi je suis tenté de classer ce roman graphique dans les bandes dessinées historiques ; l'auteur nous fait découvrir à travers cette histoire une facette de la Grèce peu connue avec un contexte historique bien rendu. Au départ les dessins m'ont un peu déçu mais ils vont bien avec cette histoire : des couleurs assez claires pour l'ambiance extérieure en plein jour et des couleurs foncées pour évoquer la noirceur du monde du rébetiko le soir dans les tékés. Je conseille bien entendu cette bande dessiné à ceux qui ne connaissent pas le rébetiko afin qu'ils découvrent ce genre musical.
Là où vont nos pères
Subjuguant. C’est le premier mot qui me vient à l’esprit pour parler de cette œuvre très originale. Tout d’abord par la beauté du dessin extrêmement soigné dans des tons monochromes allant du gris sale à un sépia très lumineux. L’imagination et les trouvailles de l’auteur font le reste. Celui-ci confère une portée universelle au mythe de la terre promise, avec une dimension onirique tout à fait étonnante qui peut dérouter à la première lecture. L’histoire commence en effet de manière plutôt sombre et réaliste (la patrie) pour évoluer dans un univers merveilleux et quasi surréaliste (la terre d’accueil), truffé d’objets et de créatures extraordinaires, ainsi que de symboles mystérieux. De cette façon, l’auteur a parfaitement su représenter comment un monde nouveau pouvait être d’une étrangeté absolue aux yeux d’un immigrant. L’absence de textes n’est absolument pas gênante, au contraire, cela aurait presque paru redondant dans cette histoire avant tout visuelle. Elle comporte d’ailleurs une telle richesse qu’à mon avis on peut la relire plusieurs fois sans problème et y découvrir de nouveaux éléments qui n’auraient pas sauté aux yeux à la première lecture. D’une certaine façon, ce magnifique ouvrage redonne de la dignité à tous les expatriés de la Terre, ceux qui ont quitté leur pays par nécessité, avec peut-être un sentiment diffus de honte (laisser ses proches derrière soi n’est certainement pas chose facile). Certes, la représentation de la Terre promise est très idéalisée, mais le but ici n’a pas été de produire une histoire réaliste. D’après moi, l’auteur a voulu d’abord montrer les raisons qui conduisaient à quitter son pays natal, en mettant en scène la vision rêvée, si déformée soit-elle, de ces hommes rêvant d’un ailleurs où la vie serait plus douce.
Carmen Cru
Je vénère Carmen cru. Une série vraiment à part chez Fluide Glacial car bien loin de l'humour d'Edika, Maester, Binet (quoi que Binet ... ). Cette bd a vraiment un fond noir triste et antisocial (comme moi !) Je ne vais pas revenir sur chaque album car je voudrais plutôt pointer le doigt sur le caractère profondément noir, asocial, misanthrope et pessimiste de Carmen Cru (donc de Lelong). Je pense qu'il a mis une réelle partie de lui et de ses névroses dans cette bd. Avec en plus ce fourmillement de petits détails assez hallucinant. Dans les décors et autres objets poussiéreux et cassés comme dans les visages poussiéreux et cassés eux aussi. Tout suinte la saleté et la misère. Mais avec énormément de poésie. Carmen Cru est vieille, moche, ratatinée, haineuse et méchante mais seule et elle vous emmerde. En même temps quand on voit les gens qui l'entourent on est de tout coeur avec elle. Ils sont physiquement pas loin d'elle mais plus gais et souriants ce qui les rend beaucoup plus cons (enfin crétins). Au moins Carmen Cru est en accord avec son physique. De plus je pense qu'une personne seule moche et triste, il vaut mieux qu'elle soit méchante et isolée volontairement car sinon c'est encore plus pathétique et dur pour elle. C'est la fierté et l'agressivité qui maintient en vie cette personne, dernière illusion de dignité parmi ses semblables. Une sorte d'esprit punk. Mais un esprit punk sans les jeunes et la musique. Un esprit punk de petit village moisi rempli de vieux paysans courbaturés épuisés par l'alcool. Mais je m'égare dans mon interprétation très personnelle de cette bd. Donc voilà Carmen Cru passe son temps à emmerder tout le monde et personne ne fait rien car c'est une pauvre vieille femme seule. Donc elle en profite et c'est très drôle. Mais on rit jaune car la pitié et le misérabilisme de la situation de cette dernière peut nous déprimer. Enfin vous moi non, j'adore. De plus les couvertures sont sublimes je trouve. Lisez absolument le dernier album (fait avant que Lelong ne décède : il s'est suicidé, quand je dis que cette oeuvre est noire et sérieuse). Carmen Cru est obligée de rendre visite à sa mère. Oui Carmen Cru a une mère et encore pire qu'elle. Quasiment une sorcière qui vit dans une cabane tout en en haut d'une montagne. C'est quasiment moyenâgeux.
Les Eaux de Mortelune
Je ne sais si je peux chroniquer cette série car je n'ai lu que les 5 premiers tomes (8 tomes, 9 tomes ?) mais ces albums je les ai lus et relus et cet univers s'est vraiment imprimé dans mon cortex cérébral. C'est une œuvre très noire (malgré ses couleurs pâles et acidulées typiques des années 80) voire malsaine. La cour du prince de Mortelune ne valant pas mieux que le peuple. D'un côté nous avons les aristocrates cyniques et cruels (le mot est faible) passant le plus clair de leur temps à partouzer (avec des monstres, des enfants...) et à organiser des sortes de chasses à l'homme dans la ville dévastée. Et de l'autre le peuple et autres gueux qui se mangent littéralement entre eux (bon les aristos sont également cannibales... ). En dehors de Nicolas l'autiste rêveur et du nain de la taverne tout le monde est mauvais et cynique. L’héroïne qui pourtant est prostituée par son père le boucher n'hésite pas à passer du côté du prince et entretient une liaison avec lui. Elle tombe même amoureuse de cette ordure délicate et cruelle. Car c'est très subtil dans l'écriture, les personnages révélant une réelle profondeur derrière leurs pires aspects. Tout le monde ou presque est abject mais au fur et à mesure des albums on développe une réelle empathie pour eux car on apprend à les connaître. Et l'histoire est vraiment passionnante (du moins dans ces 5 premiers albums après je ne sais pas). Ce que j'aime également dans cette série c'est la magie présente derrière l'horreur et le dégoût des situations et des personnages qui du coup ressort beaucoup plus intensément (les réserves d'eaux sous le palais de Mortelune, la personnalité de l’héroïne et sa relation avec le prince, le personnage de Nicolas son petit frère). Un peu comme la série Face de Lune de Boucq et Jodorowsky. De plus le dessin d'Adamov est de très grande qualité. Sa représentation d'un Paris dévasté est à couper le souffle (Notre Dame, Le Sacré Coeur, le métro... mais ensevelis sous des gravas ou de la végétation). C'est pratiquement une reconstitution historique. C'est très très fort. Bref je recherche activement les tomes suivants (qui parait-il sont de moins en moins bons scénaristiquement parlant ), plus oniriques et fantastiques.
Silence
Silence ... Que dire de plus sur cette oeuvre culte de la bd franco-belge période à suivre ? Rien. Tout a été dit. J'ai été bercé par cette oeuvre magistrale depuis tout petit et sa relecture est toujours un plaisir où l'on se laisse porter par l'ambiance envoûtante de sorcellerie campagnarde. Les jeunes lecteurs pourraient être rebutés par le graphisme très particulier de Comes, ses visages étranges statiques et froids (tel un mélange de serpents et de chats) assez datés c'est vrai, mais ça serait passer à côté de la superbe magie triste qui imprègne cette oeuvre. Certaines pages sont sublimes (en particulier celles avec le sorcier " la mouche" et celles du crapaud).
Le Réseau Bombyce
J‘ai lu les trois tomes d’une traite et j’ai adoré cette série. L’univers steampunk est incroyable. Cécil propose un univers urbain à la fois original et extrêmement cohérent entre futurisme, verticalité et 19ème siècle. Les décors sont à la fois variés et très soignés, avec une jolie colorisation. Jamais le dessinateur ne cède à la facilité. Les personnages ne sont pas en reste. Outre un design impeccable, ils sont travaillés psychologiquement. Chacun se dévoile progressivement au cours de l’histoire. Le scénario est excellent. On est immédiatement capté par la qualité de l’histoire. Le ton est très sombre et Corbeyran joue avec un ordre social très inégalitaire pour accentuer une atmosphère dure et violente. Rebondissements et surprises s’enchainent avec délice grâce à une narration parfaitement maitrisée. En dépit d'un troisième tome un peu en deçà dans le scénario et une fin trop brutale (en tout cas un peu décevante pour moi), je n'hésite pas à qualifier cette série de culte! Le Réseau Bombyce est une série magnifique à l’histoire passionnante et à l’univers graphique de toute beauté. Loin d’être réservé aux seuls amateurs de SF, ce triptyque est à mettre entre toutes les mains. Un grand bravo aux auteurs.
Chick Bill
J'ai aimé comme enfant et je continuerai à aimer la série Chick Bill. Mélange d'aventures far-west et humour. Mais sans Kid Ordinn, je n'aurais que donné 3/5. Ce sont les gaffes de Kid Ordinn qui me font toujours rire. En outre, Kid m'est sympa, j'aimerais aussi être son ami. Sans Kid, je ne conseillerais pas l'achat.
Le Singe de Hartlepool
Il s’agit d’une belle bd se basant sur un fait divers survenu durant les guerres napoléoniennes et qui souligne l’absurdité et la bêtise humaine. Visiblement, aucun des deux camps qui s’opposent ne sera épargné par cette folie aveuglante. Nous avons un capitaine de navire français qui fut autrefois un négrier et qui n’hésite pas à sacrifier un jeune moussaillon au seul tort qu’il a eu une nourrice anglaise lui apprenant des chansonnettes de la perfide Albion. De l’autre côté, nous avons une population tellement emplie de haine qu’elle ne sait pas faire la différence entre un français et un singe. J’ai bien aimé la démonstration faite par les auteurs car au-delà d’un conte aux allures naïves, il y a une réelle critique du racisme pouvant conduire à l’absence de discernement. C’est dans les situations de guerre ou de crise que la population cherche un bouc émissaire et déverse sa haine sans essayer de comprendre. Notre pauvre petit singe en a fait les frais. Mais demain, à qui le tour ? Aux étrangers ou assimilées comme tels ? Aux fainéants qui sont au chômage ? Bref, c’est une bd dont les réflexions non dites sont à méditer. Note Dessin: 4.5/5 - Note Scénario: 4.5/5 - Note Globale: 4.5/5
Saison brune
Un gros pavé de 470 pages, qui se lit finalement plutôt bien et (relativement) vite. Il faut dire qu’on en a pour son argent ! Et je ne fais pas ici référence uniquement au nombre de pages. Je pense aussi aux questions qu’il donne envie de creuser, aux lectures qu’il donne envie de faire. Bref, un album agréable à lire et qui pousse à lire ! Un livre qui fait réfléchir, qui fait se poser des questions. Que l’album de Squarzoni soit le résumé d’un travail de recherche partiel, partial m’importe peu ici. Ses lecteurs sont adultes et libres de confronter les sources. En tout cas il soulève des questions que d’autres – comme Allègre, n’ont de cesse de faire oublier. L’album en lui-même s’écarte des canons habituels de la bande dessinée. Sorte de monologue illustré, par un dessin extrêmement rigoureux et précis, avec des collages de photos, des reconstitutions de films célèbres et des digressions poético-biographiques de l’auteur. Un air de détournement situationniste, en moins radical. Ecrit juste avant Fukushima, Squarzoni n’évoque évidemment pas cette catastrophe, qui apporte hélas de l’eau à son moulin : sur les risques consécutifs à la montée des océans, sur l’aveuglement concernant le nucléaire (voir les mensonges et autres omissions de Tepco, avant, pendant, et après les explosions). Concernant aussi l’action d’Allègre, qu’on a vu en boucle à l’époque sur les plateaux télé pour dire qu’évoquer l’arrêt du nucléaire au Japon et/ou chez nous relevait de l’indécence, qu’il fallait attendre que les Japonais pansent d’abord leurs plaies, etc… Et bien sûr, aujourd’hui, plus aucun débat n’est envisagé, lui et ses commanditaires ont réussi à noyer le poisson. La poignée de mains entre Sarkozy et Khadafi nous rappelle aussi quelques vérités oubliées, et donne une bonne touche d’humour involontaire, dans un album par ailleurs plutôt austère. Un livre intéressant, militant donc. Pour en prolonger certaines analyses, je vous recommande la lecture du livre "La stratégie du chaos" de Naomie Klein. Pour voir que toutes les catastrophes ne sont pas naturelles, et qu’elles ne sont pas catastrophiques pour tout le monde.
Comix Remix
Sans la récente lecture de l’excellent Cycloman réédité par Cornélius sur un sujet à priori similaire (les superhéros à la french touch) et la présence intriguée de cette grosse intégrale aux accents comics (les annotations Comics sont reprises dessus comme sur un bon vieux Strange), il y a de fortes chances que je serais passé complètement à côté de l’œuvre de Hervé Bourhis et quelle grave erreur ça aurait été ! Car si Cycloman est aussi rafraichissant et drôle dans notre paysage franco-belge, Comix Remix emprunte une voix bien plus sombre que ses dessins épurés et colorés et rappelle davantage Watchmen et Donjon avec une ambition plutôt impressionnante pour une œuvre passé aussi inaperçue… Petit retour en arrière : dans une mégalopole aussi industrielle qu’étouffante se cotoyent êtres humains et monstres… Parmi cette population se distinguent les superhéros eux même retranchés en deux partis : la « Corporation », entité officielle garni d’êtres parfaits physiquement mais cachant de sombres desseins politiques et vendant ses attributs aux plus généreux et le clan des Clandestins, reclus de tous genres et de toute origine condamnés à exercer des actes dits terroristes pour lutter contre la suprématie de Miss Honolulu, mystérieuse femme à l’aura tentaculaire…. Le récit commence avec l’assassinat de Mister Mercure, le superhéros le plus adulé de la « Corporation » et la convoitise de son fils John-John et de sa veuve par tous les bords. Tout ceci va mettre le feu au poudre au sens propre comme au figuré et permettre à Hervé Bourhis de déployer un bestiaire des plus atypiques et riches rarement vus dans un récit de ce genre en confrontant monstres roses charismatiques et super collants fascistes sans oublier attaques de monstres géants dans un final apocalyptique des plus délétères ! Ne vous fiez pas au dessin enfantin ni au titre représentant davantage l’hommage de Bourhis aux lectures de son enfance, si le début du récit est âpre et déstabilisant avec cette exposition de personnages multiples et complexes, la narration se fait plus prenante et bien structurée, multipliant les points de vue et les actions de tout bord… Il n’existe de surcroit nul personnage véritablement vertueux, chacun possède ses failles et l’auteur utilise beaucoup de subtilités dont une seconde lecture permet de cerner certaines réponses à des énigmes sans pour autant les surligner d’un fluo. Habile récit sur les différences raciales ou sociales, les dangers d’une politique manipulée par le profit et tout en s’appuyant sur des propos terriblement humains, Bourhis construit un récit rythmé et poignant dont le pessimisme transpire à chaque page sans pour autant négliger quelques pages d’humour avec le regard émouvant ou naïf d’enfants dépassés par leurs responsabilités ou des histoires d’amour inavouées aux destinées tragiques quand il n’y insuffle pas un peu de poésie noire dissimulée dans les bas-fonds d’une ville gagnrénée par l’incommucabilité de ses citoyens. En finalement si peu de pages et sur 3 tomes au contenu incroyablement riche et doté d’une galerie de monstres exceptionnels s’affrontant pour un idéal perdu (voir le charismatique Epominodas, homme chewing-gum affronter le ténébreux Mister Spice est un pur régal), Comix Remix se dote des plus beaux atouts pour offrir un récit aussi riche qu’un Donjon et complexe qu’un Watchmen sur des bases totalement différentes. Dans les quelques bonus de cette intégrale, l’auteur se réjouit du nouveau format plus adapté de cette intégrale en espérant qu’elle aura plus de lisibilité et d’impact en librairie et à la conclusion de cette jolie saga, c’est également tout le mal que je lui souhaite… Ne vous fiez pas au titre faussement parodique et imprégnez vous de l’univers unique et ambitieux de Hervé Bourhis, lisez Comix Remix, joli coup de cœur injustement passé inaperçu.