Aujourd'hui, installé confortablement l'on va parler de "Souvenirs de l'empire de l'Atome" accompagné d'une binch chinoise au doux nom TsingTao (autant lié l'utile à l'agréable ... ou l'agréable à l'agréable ^^).
Thierry Smolderen, voilà un scénariste que j'avais adoré quand j'étais aux études en lisant les dossiers d'Olivier Varèse et les premiers numéro du Gipsy et déjà c'est de bon augure (et en plus il est Belge pour ne rien gâter). Et Alexandre ('Alex' pour les intimes) Clerisse, il a un nom sympa puisqu'il porte le même que celui qui me livre mon mazout quand il gèle et ça j'aime bien, surtout que pour l'instant il fait -4°C là où j'habite et qu'en plus il y a une panne de courant ... j'espère que j'arriverai au bout de cet article , il me reste encore trois bougie et une boite d'allumette :) Courage! Au pire si c'est mauvais je brule le livre ^^.
Et ça tombe bien car justement l'histoire se passe dans les années 50-60, à l'ère de l'atome (et pas de la bougie), de la fission et du nucléaire, de l'exposition universelle, l'ère de papa ... On est en 1958, Paul travaille pour le Pentagone pour la propagande et la guerre psychologique, il a un don depuis son enfance : son esprit cohabite avec celui de Zarth Arn, un héros militaire qui se trouve dans le futur (genre 100.000 ans dans le futur !) ; ce don lui permet de vivre une relation égale et double avec Zarth et réciproquement.
Mais Zelbub, un publicitaire richissime, influant, adepte de l'hypnose et mégalo à l'extrême apprend ce don et voit en Paul l'une des clés afin d'assouvir un de ces desseins, devenir évidemment le maître du monde. Zelbub hypnotise les plus imminents savants et Paul et les fait travailler pour lui ... Quels sera l'impact des actions de Paul sur Zarth ? Paul et Zarth arriveront-il à déjouer les plans ? Zelbub dominera t'il le monde ?
J'avais dis un jour qu'il est de plus en plus difficile de trouver une histoire vraiment originale ou dans tous les cas qui sorte des sentiers battus dans la multitudes de sorties bd qui foisonnent à tous va ; pour la petite anecdote que mon libraire m'avait cité un chiffre du style 3000 bandes dessinées par an ... hallucinant ... mais qui a le temps de lire tous cela et ne parlons même pas du budget pour l'achat et surtout le stockage. Soit, mais ce livre-ci vaut vraiment la peine et nous éclabousse de plaisir (limite proche de l'orgasme) tellement il est beau, bien et original ... d'un autre siècle en somme :)
Un récit envoûtant et inspiré qui rend hommage aux différents codes des années 50 avec leurs designs innovateurs et futuristes, l'essor du marketing, l'époque où tout semblait possible ; mais aussi avec de belles références (rien que Paul, il nous fait penser à Cordwainer Smith ou le Z du méchant comme un certain ennemi de Spirou ?) et bien sûr la SF.
Avec en sus un dessin coloré, magnifique, parfois surréaliste et très stylisé qui colle à l'époque et ses références comme de la super-glue. Alexandre Clerisse sévissait déjà dans l'illustration enfant et sur certaines bd et là il nous à fait un boulot en parfait accord avec l'histoire et nous livre un petit bijou graphique à l'esthétique très fifties.
Parlons-en de cette esthétique tiens ! Regardez-moi la maquette du livre, une vrai recherche avec une couverture en relief, et toute colorée (voir photo) et un papier plus qu'agréable au touché avec un léger effet granuleux ^^ .
Pour résumer, c'est tendance, c'est supra-original, c'est un bel objet, c'est beau et imagé ... Plongez dans cette expérience, plongez sur cet OVNI, et respirez cet éther afin que les brumes s'emparent de votre imaginaire ...
ps: et la bière était bonne :)
Lu il y a plusieurs mois de cela mais le sentiment reste inchangé, j’ai « dévoré » Quartier lointain, un de mes gros coup de cœur cette année.
Jiro Tanigushi s’adresse aux personnes nostalgiques, ceux qui vivent avec des regrets et qui rêveraient de revenir dans leur passé pour changer certains évènements. Il n’y a pas besoin d’être quarantenaire comme le personnage principal, le coup de blues de la nostalgie tout le monde l'a déjà ressenti et peut être même davantage ceux qui se situent dans la vingtaine car ils viennent juste de sortir de cette période charnière où tout est possible qu’est l’adolescence, âge où les gens sont un peu coincés et empotés, et dans lequel replonge le personnage principal, un quadra désabusé par sa vie, miné par la pression de son boulot et de sa famille qui ne le respecte pas comme chef patriarche, un thème que je trouve assez récurent dans les mangas.
Voyage t-il vraiment dans le passé ou alors n’est-ce qu’un rêve ? On ne le saura qu’à la toute fin.
C’est étrange mais j’ai l’impression que ce manga m’a particulièrement touché parce qu’à l’instar de son auteur j’ai un peu partagé les mêmes regrets (l’auteur se souviens qu’il passait trop de temps à glander alors que le monde entier s’ouvrait à lui dehors) et les mêmes phases de bonheur : j’aime les scènes qu’il passe en famille et avec ses amis à la plage en bord de mer, ça me rappelle mes vacances d’été avant la rentrée scolaire.
Et puis à travers la quête du personnage pour comprendre le départ précipité de son père, l’auteur abordera la seconde guerre mondiale vécue côté japonais, là encore j’ai trouvé cela passionnant.
Seul regret : j’aurai souhaité plus d’euphorie chez Hiroshi, je m’imagine à sa place et je me dis que la plupart d’entre nous se seraient lâchés beaucoup plus que lui. Après c’est peut être la mentalité japonaise…
Les dessins sont de toutes beautés, les retranscriptions du Japon de l’époque sont très bien rendues et le trait de Tanigushi n’est pas tout à fait typé « manga », le dessin a des influences européennes et je pense que c’est en partie pour cette raison qu’il est tant apprécié sur notre continent.
Une œuvre sensible et intelligente qui mérite d’être lue.
Ah quelle joie de vous retrouver encore cette semaine-ci, surtout que c’est pour vous parler d’un intégral au prix assez doux mais qui ne déméritera pas de par sa qualité. On va parler d’Aquablue, scénarisé par Cailleteau et dessiné par Vatine et Tota ; réédité chez Delcourt en format intégral reprenant un cycle complet (tome 1 à 5) et que j’avais découvert en son temps en feuilletant certains magazines, époque où seul Vatine était au crayon.
De quoi s’agit-il ?
Le vaisseau spatial « L’Etoile Blanche » et toute sa population est détruite. Toute ? Non, un bébé est sauvé in extrémis par Cybot, son robot nourrice. L’espace est grand et les années passent dans la capsule de survie où Cybot essaie tant bien que mal d’éduquer Noah qui est devenu entre-temps un jeune adolescent (trop) plein d’énergie. Leurs errances auraient pu durer encore longtemps jusqu’au jour où ils détectent une planète viable : Aquablue.
Aquablue est une planète perdue au fin fond de la galaxie, un monde ou l’eau est quasi omniprésente et où les habitants vivent en harmonie avec leur environnement, leurs rites, coutumes et légendes, un monde en paix quoi ! Noah, va s’intégrer à la population locale et y vivre en harmonie au point même de tomber amoureux de la belle et voluptueuse Mi-Nuée … Un monde parfait jusqu’à l’arrivée abrupte d’un vaisseau de colonisation humaine venue afin de « pomper » les ressources énergétiques de la planète avec, ou sans, le consentement de la population.
Et si le jeune Noah avait un rôle à jouer dans cette pièce ? Et qui étaient vraiment ses parents ?
Des êtres bleus, une planète très nature, cela ne vous rappelle rien ? Non pas les Schtroumpfs, mais Avatar bien sûr. Le thème principal pour les deux œuvres est la même, l’arrivée inopinée d’humains cupides afin de s’approprier par la force des biens qui ne leur appartiennent pas ; mais c’est là que s’arrête l’analogie car Aquablue est bien plus touffu (ou blue-touffe si vous préférez). Pour résumer, vous prenez l’univers de James Cameron (Abyss, Alien, Terminator), vous rajoutez des êtres tout bleu, une bonne histoire, des dessinateurs de talent, de l’humour pour bien avoir les ingrédients pour cette saga, vous passez tous cela au mixeur et hop, vous avez Aquablue (Minty Gel).
Visuellement, c’est beau à en faire pleurer sa race, des couleurs superbement léchées, un univers et une faune grandioses, une histoire à retournements de situation, un humour bien distillé et des personnages attachants. Bref, une recette presque parfaite, mais c’est une question de goût, le changement de dessinateur au 5e volume (même sœur Theresa fait figure d’une junkee à côté du talent de Vatine alors Tota^^) ; mais honnêtement le changement de style graphique est beaucoup trop drastique et dénote méchamment par rapport à Vatine.
A part cela, je me dois de mentionner le travail d’Isabelle Rabarot qui est aux commandes des couleurs et qui nous donne une profondeur et une sensibilité rares.
James Cameron s’est-il inspiré d’Aquablue pour son Avatar ? Les habitants d’Aquablue sont-ils les descendants des Schtroumpfs ? Carlo, Rabat et toute la clique vont-ils s’en sortir ? Vous le saurez en lisant cette série.
Une saga qui ravira tous les amateurs de SF. Pour ma part, je me morfonds déjà d’impatience du tome deux de cet intégral.
Allez, hop ! C’est chez Delcourt, c’est Aquablue et c’est par Cailleteau, Vatine et Tota …. Et qu’est-ce que c’est bon.
Mon coup de coeur de l'année 2013.
Une histoire humaine profondément touchante et drôle.
Drôle, car l'écriture de cette bande dessinée est franchement savoureuse et de très haut niveau, même pour un Lupano: j'ai souvent éclaté de rire à la lecture, notamment lors de la scène des pages 56 à 61.
Touchante parce que très juste, très ancrée dans la réalité. Par cette histoire, c'est tout un pan de la société française d'aujourd'hui que les auteurs nous décrivent.
Le dessin est au diapason du scénario. Il sait parfaitement mettre en valeur le comique ou la tristesse des situations. Les trognes des personnages sont parfaites. Je crois que c'est le premier album de Rodguen. C'est une réussite.
Je lis beaucoup de bandes dessinées. J'ai lu celle-ci il y a plus d'un mois et je m'en souviens encore très bien, c'est dire!
Vraiment un très bel album.
C'est tout à fait le genre de bd que j'aime. D'emblée, j'ai été conquis par la réelle maturité de cette oeuvre. Là, on sent qu'on est tout de suite dans la classe au-dessus. On se demande si l'auteur va parvenir à maintenir le niveau jusqu'au bout et on ne sera pas déçu du voyage !
Il y a une véritable richesse dans la narration et dans la psychologie du personnage principal. J'ai franchement accroché. Wilfried Lupano fait de mieux en mieux. D'Alim le tanneur puis Le Singe de Hartlepool, il réussit encore à nous captiver avec une histoire de looser. L'intrigue sera complexe mais riche et surprenante.
Ce one-shot est une incroyable réussite entre chronique social, polar et drame intimiste. C'est mon coup de coeur de l'année. L'achat semble franchement indispensable.
Note Dessin: 4.5/5 - Note Scénario: 4.5/5 - Note Globale: 4.5/5
Il s'agit de la première oeuvre d'Alfred qu'il m'est donné de lire et elle a visé juste!
Je ne peux que vous recommander vivement la lecture de ce Come Prima.
On part sur une histoire basique, un road movie entre deux frères que la vie a séparés mais racontée avec un talent fou qu'on a l'impression de redécouvrir le genre!
Dès l'entame les personnages touchent le lecteur pour ne plus jamais le lâcher, et l'apparition du père dans le texte vient fouetter le plus sentimentalo-réfractaire des lecteurs.
La suite n'est que beauté scénaristique et graphique portée par une simplicité déconcertante... comme quoi, c'est simple après tout l'art de la bande dessinée!
Je n'en raconterai guerre plus pour vous laisser dévorer cette oeuvre comme j'ai pu le faire.
A noter une très très bonne utilisation du flashback.
Bref, simplicité, émotion sont les maitres mots de ce Come Prima que je recommande les yeux fermés: une des oeuvres incontournables de cette année.
Mon premier sentiment était mitigé suite à la lecture du premier volume ; la balance chancellait entre l’excellent et le "pas mal sans plus"!
Un premier point négatif est à imputer au scénario du premier opus qui, s’il fait preuve d’originalité et de complexité, devient trop alambiqué. Le lecteur est remué de villes en villes et de personnages en personnages, et a dès lors parfois du mal à s’y retrouver. Comme d’autres, je trouve que certains visages se ressemblent de trop et la distinction n’en est que plus difficile.
L’histoire, une fois sa complexité maîtrisée, est prenante et intéressante. Les lieux et l’époque du récit relèvent tout le mystère de la trame médico-fantastique exploitée.
Hormis cela, et moyennent de la concentration, on tient là une série dont la qualité graphique peut faire pâlir d’autres ouvrages déjà considérés comme magnifiques ; c’est tout simplement impressionnant !
Après lecture des deuxième et troisième albums, et en attendant le dernier, j'augmente ma note à 4 étoiles. La relecture a permis une meilleure compréhension et la suite du récit est bien plus claire. Je pense que les bases du scénario sont relativement complexes, ce qui impliquait cette difficulté de compréhension en début d'histoire. A ce stade, tout me semble limpide et le récit s'accélère pour insuffler au lecteur cette furieuse envie de connaître la conclusion...
L'approche graphique reste toujours splendide, et rares sont les BD qui offrent de si beaux dessins!
Vivement le quatrième et dernier volume, que je découvre le mot fin de cette série qui fait d'ores et déjà partie du must du genre!
Oui Mesdames et Messieurs, la note de culte, tout simplement! Pourquoi? Pour un récit complexe qui gagne en clarté et qui livre ses secrets à terme; pour une histoire fantastique qui nous transporte dans tous les coins du globe et qui nous replonge dans l'univers des bêtes fabuleuses d'autrefois; mais aussi pour ce graphisme de malade, rarement égalé dans ce que j'ai déjà lu! Bref, une tuerie!
Je possède cette BD (le premier volume) depuis sa sortie en librairie et je peux dire que je la couve précieusement tout en la réalisant de temps en temps. Elle a gardé malgré les années un charme indéfinissable. Alors bien sur, un début difficile, une fin qui arrive un peu vite nuisent un peu à la fluidité de l'ensemble surtout que l'histoire est en définitive assez classique mais pour moi l'essentiel est ailleurs. Dans l'ambiance si particulière générée par les dessins de Qwak, toujours surprenants et un peu abruptes et qui apportent une dimension étrange aux personnages (les loups également ont une ligne étonnante).
Le deuxième album n'est pas vraiment une suite..on peut le voir comme une sorte de variation sur le thème fantastique ébauché par le premier volume...
Le soleil de loups vaut le détour même s'il a vieilli, il garde une identité qui n'appartient qu'à lui.
Lorsque mon œil s’est porté pour la première fois sur cette bande dessinée je n’ai pas du tout été séduit. Mon attention s’est rapidement portée vers la couverture, attiré par les couleurs vives de la couverture du premier tome, alors le seul en magasin. J’ai feuilleté ensuite quelques pages, mon regard ne s’attardant pas sur le texte (faute de temps) mais surtout sur les dessins. Je fut alors rebuté par cet aspect minimaliste des dessins, des traits dans tous les sens… bref, c’est peu dire que je n’ai pas du tout apprécié ce premier contact avec cette bande dessinée. Le genre de moment où l’on se dit « Ce livre n’est pas fait pour moi »…
… qui dit premier contact dit forcément suite. Un autre jour où j’avais plus le temps de flâner chez mon libraire préféré, je me suis attardé sur cet ouvrage, sans trop savoir pourquoi (sûrement encore une fois l’effet de cette couverture). Et là, le coup de foudre ! Balayés les premiers a priori. J’ai ouvert ce premier tome aux pages 6 et 7 et ai lu l’entretien d’embauche de Vlaminck par Taillard de Vorms. Les traits dans tous les sens se sont transformés en dynamisme. Dynamisme au service d’un texte remarquable, percutant, accrocheur.
Dès lors, je n’ai fait qu’une bouchée de Quai d’Orsay… quelle claque ce fut. Qui pourrait soupçonner qu’un ministère puisse être décrit de manière si drôle et pourtant si fine, si caricaturale mais pourtant si juste. A se demander si les crises mondiales sont vraiment gérées telles qu’elles sont décrites ici, et non pas d’un regard hautain… tout en se disant que bien entendu tout cela n’est que fiction. Les auteurs (inclus dessinateur) arrivent de manière très habile à amener le lecteur à se poser des questions de fond sur la politique internationale, tout en le divertissant. Quel coup de maître ! Qui a dit que la politique devrait forcément être traitée de manière sobre et distante ?!
Tout fonctionne à merveille dans cette BD.
Les personnages sont magnifiques.
Le personnage d’Alexandre Taillard de Vorms est le plus fascinant de tous (tous les autres étant très intéressants, c’est dire !). C’est une bête. Bête politique, charismatique, impressionnante…imposante. La présence de ce personnage en impose non seulement aux autres protagonistes de l’histoire mais aussi au lecteur. Le magnétisme de ce personnage rejaillit bien au-delà des planches, si bien que l’on attend avec impatience son retour sous nos yeux dès qu’il s’absente.
Directif et véritable ouragan dans son cabinet, il impose respect et peur auprès de ses collaborateurs en véritable maître à penser. On se plait à suivre ses frasques au fil des cases (les citations, le stabilo, les personnalisations qu’il incarne, le chiffre…tchac tchac tchac !), ses monologues sont de véritables petites pépites de bonheur, le tout remarquablement retranscrit visuellement.
Les relations, conflits entre les différents protagonistes sont succulents, il ne fait pas toujours bon d’être conseillé. Et le pauvre Vlaminck dans tout cela, jeune parmi ces vieux requins briscards, qui essaie de nager tant bien que mal dans ce fol aquarium et de s’y faire une place. On tremble en même temps que lui lorsqu’il doit rendre ses langages au ministre (même si on attend avec impatience les remarques désopilantes de ce dernier), on assiste à son évolution tout au long de la lecture et on fini par être fier de lui lorsqu’au terme d’une réflexion intense, son « père spirituel » rejaillit en lui pour la tirade du Minotaure. Je n’en dis pas trop non plus et laisse au futurs lecteurs la joie de découvrir ses péripéties diplomatiques.
On se régale des anecdotes historiques/réelles que l’on retrouve au fil de la lecture. Intéressé à la base par le thème évoqué dans cette série, j’ai trouvé l’idée de dépeindre les aventures du Quai d’Orsay tout simplement géniale, surtout quand le sujet est traité d’une telle façon. Les situations de tension sont décrites parfaitement, on imagine parfaitement le jeu des cabinets tel que décrit ici. Ces animaux politiques aux chaussures cirées et aux dialogues diablement efficaces vous emmèneront sans problème dans leur monde. Accrochez vous bien, le voyage sera mouvementé mais très très plaisant.
Pour boucler la boucle, je finirai sur les dessins. Ce trait nerveux colle à merveille à la tension diplomatique posée au fil du texte. Les couleurs sont judicieusement choisies et la mise en image géniale de manière générale (Le Minotaure, la fumée dans le bureau de Vlaminck, la sonnerie du téléphone, la guerre des étoiles, les turbulences, le footing…la liste est trop longue !). A noter les expressions des personnages des plus abouties (on compatit avec le directeur de cabinet, M. Maupas, rien qu’en regardant sa mine déconfite) Comme quoi, le premier regard (surtout rapide) n’est pas forcément source de vérité. Il ne faut jamais dire « dessinateur je ne goûterai pas à ton trait » !
Bref… j’ai adoré. Je relirai indubitablement cette bande dessinée. Le second volume fut englouti aussi rapidement que le premier (ce n’est pas faute de pages pourtant, chose au combien appréciable pour ce support), même si j’ai pris du temps entre l’achat et la lecture, de peur de finir trop vite cette série prévue en (seulement) deux tomes. Quel délicieux sentiment que de se dire que l’on apprécie tellement un livre au point d’avoir peur de le finir.
… Pourtant, ce qui devait arriver arriva, je me retrouve comme un homme politique privé de pouvoir, pour qui le monde continue de tourner sans vraiment avoir la même saveur, contraint d’avancer sachant ce qu’il a perdu. Comme un ministre des affaires étrangères sans livre à stabiloter, sans structure de pensée bien claire avant d’appeler un diplomate étranger récalcitrant.
Moi aussi je viens de vivre ma petite mort politique, je viens de finir la série Quai d’Orsay.
Chapeau bas messieurs Blain et Lanzac, entrez dans mon panthéon (enfin ma bibliothèque) où avec cette œuvre magistrale, empreinte d’humour, finesse, intelligence, d’un trait de crayon pour qui l’expression « donner vie aux mots » a été inventée, vous occuperez désormais une place centrale !
Comme souvent, j'ai découvert l'univers de Hojo par City Hunter, en dessin animé immonde chez Dorothée, puis en formidable manga. Surfant sur cette bonne surprise au dessin rêvé, j'ai poussé sur un obscur F.Compo du même auteur.
L'histoire est tout simplement improbable mais s'ancre dans un ton résolument bien plus noir que les séries phares Cat's eyes et City hunter. Le protagoniste principal est orphelin, et est récupéré par la famille de sa tante, inconnue jusqu'à présent, et pour cause puisque sa tante et son mari ont interverti leurs sexualité. Improbable donc, mais sacrément bien conçu et abordant des sujets très rarement vu (travestissement, sexualité ambiguë à la limite de l'inceste) avec une légèreté bienvenue.
Flottant tour à tour entre cynisme, critique et vision tendre, c'est cette juste graduation entre humour pipi-caca, tensions psychologiques dans la famille, introspections et interrogations sur l'acceptation de la marginalité dans la société par une analyse cohérente finalement de microcosmes japonais (Tsukasa porte un regard acerbe sur son métier notamment), qui fait de F.Compo un must du manga et de Tsukasa Hojo un auteur incontournable du Japon. Sans jamais verser dans le pathos.
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Souvenirs de l'empire de l'atome
Aujourd'hui, installé confortablement l'on va parler de "Souvenirs de l'empire de l'Atome" accompagné d'une binch chinoise au doux nom TsingTao (autant lié l'utile à l'agréable ... ou l'agréable à l'agréable ^^). Thierry Smolderen, voilà un scénariste que j'avais adoré quand j'étais aux études en lisant les dossiers d'Olivier Varèse et les premiers numéro du Gipsy et déjà c'est de bon augure (et en plus il est Belge pour ne rien gâter). Et Alexandre ('Alex' pour les intimes) Clerisse, il a un nom sympa puisqu'il porte le même que celui qui me livre mon mazout quand il gèle et ça j'aime bien, surtout que pour l'instant il fait -4°C là où j'habite et qu'en plus il y a une panne de courant ... j'espère que j'arriverai au bout de cet article , il me reste encore trois bougie et une boite d'allumette :) Courage! Au pire si c'est mauvais je brule le livre ^^. Et ça tombe bien car justement l'histoire se passe dans les années 50-60, à l'ère de l'atome (et pas de la bougie), de la fission et du nucléaire, de l'exposition universelle, l'ère de papa ... On est en 1958, Paul travaille pour le Pentagone pour la propagande et la guerre psychologique, il a un don depuis son enfance : son esprit cohabite avec celui de Zarth Arn, un héros militaire qui se trouve dans le futur (genre 100.000 ans dans le futur !) ; ce don lui permet de vivre une relation égale et double avec Zarth et réciproquement. Mais Zelbub, un publicitaire richissime, influant, adepte de l'hypnose et mégalo à l'extrême apprend ce don et voit en Paul l'une des clés afin d'assouvir un de ces desseins, devenir évidemment le maître du monde. Zelbub hypnotise les plus imminents savants et Paul et les fait travailler pour lui ... Quels sera l'impact des actions de Paul sur Zarth ? Paul et Zarth arriveront-il à déjouer les plans ? Zelbub dominera t'il le monde ? J'avais dis un jour qu'il est de plus en plus difficile de trouver une histoire vraiment originale ou dans tous les cas qui sorte des sentiers battus dans la multitudes de sorties bd qui foisonnent à tous va ; pour la petite anecdote que mon libraire m'avait cité un chiffre du style 3000 bandes dessinées par an ... hallucinant ... mais qui a le temps de lire tous cela et ne parlons même pas du budget pour l'achat et surtout le stockage. Soit, mais ce livre-ci vaut vraiment la peine et nous éclabousse de plaisir (limite proche de l'orgasme) tellement il est beau, bien et original ... d'un autre siècle en somme :) Un récit envoûtant et inspiré qui rend hommage aux différents codes des années 50 avec leurs designs innovateurs et futuristes, l'essor du marketing, l'époque où tout semblait possible ; mais aussi avec de belles références (rien que Paul, il nous fait penser à Cordwainer Smith ou le Z du méchant comme un certain ennemi de Spirou ?) et bien sûr la SF. Avec en sus un dessin coloré, magnifique, parfois surréaliste et très stylisé qui colle à l'époque et ses références comme de la super-glue. Alexandre Clerisse sévissait déjà dans l'illustration enfant et sur certaines bd et là il nous à fait un boulot en parfait accord avec l'histoire et nous livre un petit bijou graphique à l'esthétique très fifties. Parlons-en de cette esthétique tiens ! Regardez-moi la maquette du livre, une vrai recherche avec une couverture en relief, et toute colorée (voir photo) et un papier plus qu'agréable au touché avec un léger effet granuleux ^^ . Pour résumer, c'est tendance, c'est supra-original, c'est un bel objet, c'est beau et imagé ... Plongez dans cette expérience, plongez sur cet OVNI, et respirez cet éther afin que les brumes s'emparent de votre imaginaire ... ps: et la bière était bonne :)
Quartier lointain
Lu il y a plusieurs mois de cela mais le sentiment reste inchangé, j’ai « dévoré » Quartier lointain, un de mes gros coup de cœur cette année. Jiro Tanigushi s’adresse aux personnes nostalgiques, ceux qui vivent avec des regrets et qui rêveraient de revenir dans leur passé pour changer certains évènements. Il n’y a pas besoin d’être quarantenaire comme le personnage principal, le coup de blues de la nostalgie tout le monde l'a déjà ressenti et peut être même davantage ceux qui se situent dans la vingtaine car ils viennent juste de sortir de cette période charnière où tout est possible qu’est l’adolescence, âge où les gens sont un peu coincés et empotés, et dans lequel replonge le personnage principal, un quadra désabusé par sa vie, miné par la pression de son boulot et de sa famille qui ne le respecte pas comme chef patriarche, un thème que je trouve assez récurent dans les mangas. Voyage t-il vraiment dans le passé ou alors n’est-ce qu’un rêve ? On ne le saura qu’à la toute fin. C’est étrange mais j’ai l’impression que ce manga m’a particulièrement touché parce qu’à l’instar de son auteur j’ai un peu partagé les mêmes regrets (l’auteur se souviens qu’il passait trop de temps à glander alors que le monde entier s’ouvrait à lui dehors) et les mêmes phases de bonheur : j’aime les scènes qu’il passe en famille et avec ses amis à la plage en bord de mer, ça me rappelle mes vacances d’été avant la rentrée scolaire. Et puis à travers la quête du personnage pour comprendre le départ précipité de son père, l’auteur abordera la seconde guerre mondiale vécue côté japonais, là encore j’ai trouvé cela passionnant. Seul regret : j’aurai souhaité plus d’euphorie chez Hiroshi, je m’imagine à sa place et je me dis que la plupart d’entre nous se seraient lâchés beaucoup plus que lui. Après c’est peut être la mentalité japonaise… Les dessins sont de toutes beautés, les retranscriptions du Japon de l’époque sont très bien rendues et le trait de Tanigushi n’est pas tout à fait typé « manga », le dessin a des influences européennes et je pense que c’est en partie pour cette raison qu’il est tant apprécié sur notre continent. Une œuvre sensible et intelligente qui mérite d’être lue.
Aquablue
Ah quelle joie de vous retrouver encore cette semaine-ci, surtout que c’est pour vous parler d’un intégral au prix assez doux mais qui ne déméritera pas de par sa qualité. On va parler d’Aquablue, scénarisé par Cailleteau et dessiné par Vatine et Tota ; réédité chez Delcourt en format intégral reprenant un cycle complet (tome 1 à 5) et que j’avais découvert en son temps en feuilletant certains magazines, époque où seul Vatine était au crayon. De quoi s’agit-il ? Le vaisseau spatial « L’Etoile Blanche » et toute sa population est détruite. Toute ? Non, un bébé est sauvé in extrémis par Cybot, son robot nourrice. L’espace est grand et les années passent dans la capsule de survie où Cybot essaie tant bien que mal d’éduquer Noah qui est devenu entre-temps un jeune adolescent (trop) plein d’énergie. Leurs errances auraient pu durer encore longtemps jusqu’au jour où ils détectent une planète viable : Aquablue. Aquablue est une planète perdue au fin fond de la galaxie, un monde ou l’eau est quasi omniprésente et où les habitants vivent en harmonie avec leur environnement, leurs rites, coutumes et légendes, un monde en paix quoi ! Noah, va s’intégrer à la population locale et y vivre en harmonie au point même de tomber amoureux de la belle et voluptueuse Mi-Nuée … Un monde parfait jusqu’à l’arrivée abrupte d’un vaisseau de colonisation humaine venue afin de « pomper » les ressources énergétiques de la planète avec, ou sans, le consentement de la population. Et si le jeune Noah avait un rôle à jouer dans cette pièce ? Et qui étaient vraiment ses parents ? Des êtres bleus, une planète très nature, cela ne vous rappelle rien ? Non pas les Schtroumpfs, mais Avatar bien sûr. Le thème principal pour les deux œuvres est la même, l’arrivée inopinée d’humains cupides afin de s’approprier par la force des biens qui ne leur appartiennent pas ; mais c’est là que s’arrête l’analogie car Aquablue est bien plus touffu (ou blue-touffe si vous préférez). Pour résumer, vous prenez l’univers de James Cameron (Abyss, Alien, Terminator), vous rajoutez des êtres tout bleu, une bonne histoire, des dessinateurs de talent, de l’humour pour bien avoir les ingrédients pour cette saga, vous passez tous cela au mixeur et hop, vous avez Aquablue (Minty Gel). Visuellement, c’est beau à en faire pleurer sa race, des couleurs superbement léchées, un univers et une faune grandioses, une histoire à retournements de situation, un humour bien distillé et des personnages attachants. Bref, une recette presque parfaite, mais c’est une question de goût, le changement de dessinateur au 5e volume (même sœur Theresa fait figure d’une junkee à côté du talent de Vatine alors Tota^^) ; mais honnêtement le changement de style graphique est beaucoup trop drastique et dénote méchamment par rapport à Vatine. A part cela, je me dois de mentionner le travail d’Isabelle Rabarot qui est aux commandes des couleurs et qui nous donne une profondeur et une sensibilité rares. James Cameron s’est-il inspiré d’Aquablue pour son Avatar ? Les habitants d’Aquablue sont-ils les descendants des Schtroumpfs ? Carlo, Rabat et toute la clique vont-ils s’en sortir ? Vous le saurez en lisant cette série. Une saga qui ravira tous les amateurs de SF. Pour ma part, je me morfonds déjà d’impatience du tome deux de cet intégral. Allez, hop ! C’est chez Delcourt, c’est Aquablue et c’est par Cailleteau, Vatine et Tota …. Et qu’est-ce que c’est bon.
Ma révérence
Mon coup de coeur de l'année 2013. Une histoire humaine profondément touchante et drôle. Drôle, car l'écriture de cette bande dessinée est franchement savoureuse et de très haut niveau, même pour un Lupano: j'ai souvent éclaté de rire à la lecture, notamment lors de la scène des pages 56 à 61. Touchante parce que très juste, très ancrée dans la réalité. Par cette histoire, c'est tout un pan de la société française d'aujourd'hui que les auteurs nous décrivent. Le dessin est au diapason du scénario. Il sait parfaitement mettre en valeur le comique ou la tristesse des situations. Les trognes des personnages sont parfaites. Je crois que c'est le premier album de Rodguen. C'est une réussite. Je lis beaucoup de bandes dessinées. J'ai lu celle-ci il y a plus d'un mois et je m'en souviens encore très bien, c'est dire! Vraiment un très bel album.
Ma révérence
C'est tout à fait le genre de bd que j'aime. D'emblée, j'ai été conquis par la réelle maturité de cette oeuvre. Là, on sent qu'on est tout de suite dans la classe au-dessus. On se demande si l'auteur va parvenir à maintenir le niveau jusqu'au bout et on ne sera pas déçu du voyage ! Il y a une véritable richesse dans la narration et dans la psychologie du personnage principal. J'ai franchement accroché. Wilfried Lupano fait de mieux en mieux. D'Alim le tanneur puis Le Singe de Hartlepool, il réussit encore à nous captiver avec une histoire de looser. L'intrigue sera complexe mais riche et surprenante. Ce one-shot est une incroyable réussite entre chronique social, polar et drame intimiste. C'est mon coup de coeur de l'année. L'achat semble franchement indispensable. Note Dessin: 4.5/5 - Note Scénario: 4.5/5 - Note Globale: 4.5/5
Come Prima
Il s'agit de la première oeuvre d'Alfred qu'il m'est donné de lire et elle a visé juste! Je ne peux que vous recommander vivement la lecture de ce Come Prima. On part sur une histoire basique, un road movie entre deux frères que la vie a séparés mais racontée avec un talent fou qu'on a l'impression de redécouvrir le genre! Dès l'entame les personnages touchent le lecteur pour ne plus jamais le lâcher, et l'apparition du père dans le texte vient fouetter le plus sentimentalo-réfractaire des lecteurs. La suite n'est que beauté scénaristique et graphique portée par une simplicité déconcertante... comme quoi, c'est simple après tout l'art de la bande dessinée! Je n'en raconterai guerre plus pour vous laisser dévorer cette oeuvre comme j'ai pu le faire. A noter une très très bonne utilisation du flashback. Bref, simplicité, émotion sont les maitres mots de ce Come Prima que je recommande les yeux fermés: une des oeuvres incontournables de cette année.
La Licorne
Mon premier sentiment était mitigé suite à la lecture du premier volume ; la balance chancellait entre l’excellent et le "pas mal sans plus"! Un premier point négatif est à imputer au scénario du premier opus qui, s’il fait preuve d’originalité et de complexité, devient trop alambiqué. Le lecteur est remué de villes en villes et de personnages en personnages, et a dès lors parfois du mal à s’y retrouver. Comme d’autres, je trouve que certains visages se ressemblent de trop et la distinction n’en est que plus difficile. L’histoire, une fois sa complexité maîtrisée, est prenante et intéressante. Les lieux et l’époque du récit relèvent tout le mystère de la trame médico-fantastique exploitée. Hormis cela, et moyennent de la concentration, on tient là une série dont la qualité graphique peut faire pâlir d’autres ouvrages déjà considérés comme magnifiques ; c’est tout simplement impressionnant ! Après lecture des deuxième et troisième albums, et en attendant le dernier, j'augmente ma note à 4 étoiles. La relecture a permis une meilleure compréhension et la suite du récit est bien plus claire. Je pense que les bases du scénario sont relativement complexes, ce qui impliquait cette difficulté de compréhension en début d'histoire. A ce stade, tout me semble limpide et le récit s'accélère pour insuffler au lecteur cette furieuse envie de connaître la conclusion... L'approche graphique reste toujours splendide, et rares sont les BD qui offrent de si beaux dessins! Vivement le quatrième et dernier volume, que je découvre le mot fin de cette série qui fait d'ores et déjà partie du must du genre! Oui Mesdames et Messieurs, la note de culte, tout simplement! Pourquoi? Pour un récit complexe qui gagne en clarté et qui livre ses secrets à terme; pour une histoire fantastique qui nous transporte dans tous les coins du globe et qui nous replonge dans l'univers des bêtes fabuleuses d'autrefois; mais aussi pour ce graphisme de malade, rarement égalé dans ce que j'ai déjà lu! Bref, une tuerie!
Le Soleil des loups
Je possède cette BD (le premier volume) depuis sa sortie en librairie et je peux dire que je la couve précieusement tout en la réalisant de temps en temps. Elle a gardé malgré les années un charme indéfinissable. Alors bien sur, un début difficile, une fin qui arrive un peu vite nuisent un peu à la fluidité de l'ensemble surtout que l'histoire est en définitive assez classique mais pour moi l'essentiel est ailleurs. Dans l'ambiance si particulière générée par les dessins de Qwak, toujours surprenants et un peu abruptes et qui apportent une dimension étrange aux personnages (les loups également ont une ligne étonnante). Le deuxième album n'est pas vraiment une suite..on peut le voir comme une sorte de variation sur le thème fantastique ébauché par le premier volume... Le soleil de loups vaut le détour même s'il a vieilli, il garde une identité qui n'appartient qu'à lui.
Quai d'Orsay
Lorsque mon œil s’est porté pour la première fois sur cette bande dessinée je n’ai pas du tout été séduit. Mon attention s’est rapidement portée vers la couverture, attiré par les couleurs vives de la couverture du premier tome, alors le seul en magasin. J’ai feuilleté ensuite quelques pages, mon regard ne s’attardant pas sur le texte (faute de temps) mais surtout sur les dessins. Je fut alors rebuté par cet aspect minimaliste des dessins, des traits dans tous les sens… bref, c’est peu dire que je n’ai pas du tout apprécié ce premier contact avec cette bande dessinée. Le genre de moment où l’on se dit « Ce livre n’est pas fait pour moi »… … qui dit premier contact dit forcément suite. Un autre jour où j’avais plus le temps de flâner chez mon libraire préféré, je me suis attardé sur cet ouvrage, sans trop savoir pourquoi (sûrement encore une fois l’effet de cette couverture). Et là, le coup de foudre ! Balayés les premiers a priori. J’ai ouvert ce premier tome aux pages 6 et 7 et ai lu l’entretien d’embauche de Vlaminck par Taillard de Vorms. Les traits dans tous les sens se sont transformés en dynamisme. Dynamisme au service d’un texte remarquable, percutant, accrocheur. Dès lors, je n’ai fait qu’une bouchée de Quai d’Orsay… quelle claque ce fut. Qui pourrait soupçonner qu’un ministère puisse être décrit de manière si drôle et pourtant si fine, si caricaturale mais pourtant si juste. A se demander si les crises mondiales sont vraiment gérées telles qu’elles sont décrites ici, et non pas d’un regard hautain… tout en se disant que bien entendu tout cela n’est que fiction. Les auteurs (inclus dessinateur) arrivent de manière très habile à amener le lecteur à se poser des questions de fond sur la politique internationale, tout en le divertissant. Quel coup de maître ! Qui a dit que la politique devrait forcément être traitée de manière sobre et distante ?! Tout fonctionne à merveille dans cette BD. Les personnages sont magnifiques. Le personnage d’Alexandre Taillard de Vorms est le plus fascinant de tous (tous les autres étant très intéressants, c’est dire !). C’est une bête. Bête politique, charismatique, impressionnante…imposante. La présence de ce personnage en impose non seulement aux autres protagonistes de l’histoire mais aussi au lecteur. Le magnétisme de ce personnage rejaillit bien au-delà des planches, si bien que l’on attend avec impatience son retour sous nos yeux dès qu’il s’absente. Directif et véritable ouragan dans son cabinet, il impose respect et peur auprès de ses collaborateurs en véritable maître à penser. On se plait à suivre ses frasques au fil des cases (les citations, le stabilo, les personnalisations qu’il incarne, le chiffre…tchac tchac tchac !), ses monologues sont de véritables petites pépites de bonheur, le tout remarquablement retranscrit visuellement. Les relations, conflits entre les différents protagonistes sont succulents, il ne fait pas toujours bon d’être conseillé. Et le pauvre Vlaminck dans tout cela, jeune parmi ces vieux requins briscards, qui essaie de nager tant bien que mal dans ce fol aquarium et de s’y faire une place. On tremble en même temps que lui lorsqu’il doit rendre ses langages au ministre (même si on attend avec impatience les remarques désopilantes de ce dernier), on assiste à son évolution tout au long de la lecture et on fini par être fier de lui lorsqu’au terme d’une réflexion intense, son « père spirituel » rejaillit en lui pour la tirade du Minotaure. Je n’en dis pas trop non plus et laisse au futurs lecteurs la joie de découvrir ses péripéties diplomatiques. On se régale des anecdotes historiques/réelles que l’on retrouve au fil de la lecture. Intéressé à la base par le thème évoqué dans cette série, j’ai trouvé l’idée de dépeindre les aventures du Quai d’Orsay tout simplement géniale, surtout quand le sujet est traité d’une telle façon. Les situations de tension sont décrites parfaitement, on imagine parfaitement le jeu des cabinets tel que décrit ici. Ces animaux politiques aux chaussures cirées et aux dialogues diablement efficaces vous emmèneront sans problème dans leur monde. Accrochez vous bien, le voyage sera mouvementé mais très très plaisant. Pour boucler la boucle, je finirai sur les dessins. Ce trait nerveux colle à merveille à la tension diplomatique posée au fil du texte. Les couleurs sont judicieusement choisies et la mise en image géniale de manière générale (Le Minotaure, la fumée dans le bureau de Vlaminck, la sonnerie du téléphone, la guerre des étoiles, les turbulences, le footing…la liste est trop longue !). A noter les expressions des personnages des plus abouties (on compatit avec le directeur de cabinet, M. Maupas, rien qu’en regardant sa mine déconfite) Comme quoi, le premier regard (surtout rapide) n’est pas forcément source de vérité. Il ne faut jamais dire « dessinateur je ne goûterai pas à ton trait » ! Bref… j’ai adoré. Je relirai indubitablement cette bande dessinée. Le second volume fut englouti aussi rapidement que le premier (ce n’est pas faute de pages pourtant, chose au combien appréciable pour ce support), même si j’ai pris du temps entre l’achat et la lecture, de peur de finir trop vite cette série prévue en (seulement) deux tomes. Quel délicieux sentiment que de se dire que l’on apprécie tellement un livre au point d’avoir peur de le finir. … Pourtant, ce qui devait arriver arriva, je me retrouve comme un homme politique privé de pouvoir, pour qui le monde continue de tourner sans vraiment avoir la même saveur, contraint d’avancer sachant ce qu’il a perdu. Comme un ministre des affaires étrangères sans livre à stabiloter, sans structure de pensée bien claire avant d’appeler un diplomate étranger récalcitrant. Moi aussi je viens de vivre ma petite mort politique, je viens de finir la série Quai d’Orsay. Chapeau bas messieurs Blain et Lanzac, entrez dans mon panthéon (enfin ma bibliothèque) où avec cette œuvre magistrale, empreinte d’humour, finesse, intelligence, d’un trait de crayon pour qui l’expression « donner vie aux mots » a été inventée, vous occuperez désormais une place centrale !
F.Compo
Comme souvent, j'ai découvert l'univers de Hojo par City Hunter, en dessin animé immonde chez Dorothée, puis en formidable manga. Surfant sur cette bonne surprise au dessin rêvé, j'ai poussé sur un obscur F.Compo du même auteur. L'histoire est tout simplement improbable mais s'ancre dans un ton résolument bien plus noir que les séries phares Cat's eyes et City hunter. Le protagoniste principal est orphelin, et est récupéré par la famille de sa tante, inconnue jusqu'à présent, et pour cause puisque sa tante et son mari ont interverti leurs sexualité. Improbable donc, mais sacrément bien conçu et abordant des sujets très rarement vu (travestissement, sexualité ambiguë à la limite de l'inceste) avec une légèreté bienvenue. Flottant tour à tour entre cynisme, critique et vision tendre, c'est cette juste graduation entre humour pipi-caca, tensions psychologiques dans la famille, introspections et interrogations sur l'acceptation de la marginalité dans la société par une analyse cohérente finalement de microcosmes japonais (Tsukasa porte un regard acerbe sur son métier notamment), qui fait de F.Compo un must du manga et de Tsukasa Hojo un auteur incontournable du Japon. Sans jamais verser dans le pathos.