Les derniers avis (7531 avis)

Par gruizzli
Note: 5/5
Couverture de la série Batman - The Dark Knight returns
Batman - The Dark Knight returns

Je dois avouer que c'est avec ce Batman que j'ai commencé à lire les comics du fameux chevalier noir, mais j'ai été assez séduit par celui-ci. En fait, j'ai même été conquis, alors que je suis un farouche opposant aux BD de super-héros. Mais pour faire plaisir à une amie à qui je prête régulièrement de la BD, je me suis lancé dedans, et cela m'a suffisamment plu pour que je m'y lance plus avant. Ce qui m'a frappé d'emblée, c'est vraiment le trait particulier de Franck Miller, avec un ensemble qui fait très noir, mais aussi très typé comics. J'ai été vite rebuté dans les premières pages et à partir d'une dizaine, je ne faisais plus du tout attention. L'ensemble est très bon, autant dans les cadrages que les mises en page, et au final, j'ai lu le tout sans même m'attarder sur le dessin. Je n'ai pas été jusqu'à l'apprécier, mais je l'ai trouvé efficace. Diablement efficace même, car il contribue en grande partie au ton noir du récit, ainsi qu'à la grandeur d'un Batman avec ses poses assez impressionnantes (et une musculature digne de Schwarzy). L'histoire n'est vraiment pas dénudée d'intérêt, avec ce Batman sur le retour, vieillissant, plus aussi alerte, qui sent aussi le poids des médias, de la société qui le refuse en partie, et le crime qui corrompt la ville. Ici, Batman affronte tout et tout le monde (ou presque) avec une vieillesse qui pèse lourd sur lui. Ce que j'ai beaucoup aimé, outre le scénario qui s'annonçait très bon, c'est le point de vue sur Gotham, la représentation de Batman dans les médias, le traitement des vilains classiques (notamment le Joker qui reste emblématique à mon avis), et plusieurs autres points sur lesquels on sent un travail de réflexion, cherchant une nouvelle voie pour le chevalier noir. Dans l'ensemble, Batman est également très intéressant, tout comme son alter ego Bruce Wayne. Alfred joue un rôle toujours identique, mais c'est surtout la vision de Superman qui est intéressante (et sur laquelle je ne dirai rien, pour vous ménager la surprise). En fait, beaucoup de choses méritent réflexion dans cet ouvrage très sombre sur le chevalier noir. Sombre, en effet, il l'est. Tout est noirci, autant les âmes que les gestes, Gotham semble devenir une ville d'anarchie et pourtant Batman veut encore y croire. Ce qui est d'autant plus intéressant, c'est que de nombreuses références à d'autres Batman viennent ponctuer l'ensemble, et qu'un néophyte peut s'en sortir assez bien, mais qu'une personne vraiment au fait des histoires de Batman peut encore en tirer plus par rapport à l'univers de l'homme chauve-souris. Si j'ai attribué la note culte, c'est autant pour son statut dans l'anthologie des Batman que pour ses nombreuses qualités. Le dessin, comme dit, mais aussi l'histoire qui n'est pas en reste et propose plusieurs petites histoires toutes aussi intéressantes et bien liées entre elles. Le texte est beaucoup présent, mais il est bien traité et ne gène pas la lecture qui est plutôt dense. En fait, ce comic est vraiment un pilier dans l'univers des super héros et de Batman en particulier, une œuvre adulte et sérieuse, mais qui sait conserver des côtés amusants (surtout avec le personnage de Robin) et des côtés émouvants aussi. Et surtout, j'attribue cette note car la lecture de cet ouvrage m'aura clairement fait changer d'avis sur les comics et surtout sur les super héros. J'accepte enfin d'en lire, et je pense que je ne vais pas tarder à m'en procurer encore, en espérant tomber sur des aussi bons. C'est bête, mais Batman The Dark Knight Returns m'aura enfin fait aimer les comics de super-héros, et c'est pour moi un signe incontestable de réussite. Je lui décerne le culte sans trop d'hésitations. Pour moi, un immanquable du genre.

04/07/2013 (modifier)
Par JJJ
Note: 5/5
Couverture de la série Sambre
Sambre

Des yeux rouges et noirs, des dessins peu communs, une histoire belle romantique et alambiquée, des personnages fagotés de la manière la plus pittoresque et originale qui soit, des situations pas possibles, quelques scènes à la limite de la cohérence. Pourtant, pourtant Sambre garde une force, une présence, dégage une lumière de ses planches... je n'arrive pas à retranscrire ici l'ambiance avec assez de verve pour donner un aperçu de l'intensité qui se dégage de cette histoire. Sambre est une BD dans laquelle il ne se passe pas grand chose ? Pour moi elle se lit avec frénésie, se relit avec grand intérêt et procure une vraie passion. Et c'est ce qui compte le plus. Œuvre grande, majeure et marquante qui ne se raconte pas, se résume encore moins mais se lit avec plus d'amour à chaque fois. Cette œuvre mérite une vraie dévoration. Sambre est une BD qui se vit les yeux dans les yeux... JJJ

03/07/2013 (modifier)
Couverture de la série Nestor Burma
Nestor Burma

Quand je pense que voilà 15 ans je n’arrivais pas à tenir plus de 3 pages sur un album de Tardi… Nestor Burma est une série qui se déguste plus tard, qui doit se laisser décanter pour en apprécier toutes les saveurs. La série se compose à ce jour de 5 tomes illustrés par Tardi et de 3 autres illustrés par Moynot. Barral (Baker Street) vient de publier un nouvel opus qui fait un large virage graphique. Les récits de Leo Mallet ont été magistralement mis en scène par Tardi. Vrai Parisien, je me reconnais totalement dans chaque scène décrite par Tardi. Je vis Paris, je ressens Paris. Un Paris qui a nettement changé depuis 10 ans et qu’on ne retrouve plus guère hélas, mais un Paris authentique, celui de ma jeunesse entre le 20ème et le 12ème arrondissement, celui de ma grand-mère du côté de Ménilmontant, celui de mon grand-père en péniche du côté des canaux et du port de la Bastille. De ce côté, j’étais gâté avec 'Casse-pipe à la nation' où je retrouvais tous les immeubles de mon enfance, tous ces coins autour de la petite ceinture plus ou moins crado qui disparaissent petit à petit… L’ambiance donc me semble le point fort de Tardi, on vit la rue, on respire presque la pluie légère qui accompagne les ciels gris. Ajoutons à cela une parfaite maîtrise de la narration graphique, vous aurez le tout meilleur de ce que l’on peut trouver en polar. Contrairement à la majorité, je préfère mille fois "Nestor Burma" à Adèle Blanc-Sec pour ce côté traine caverneux des fonds de Paris que la lumière vient rarement visiter. Le premier virage fut un grand pari, confier tout cet environnement à Moynot, quelle difficulté pour le lecteur que j’étais devenu, mais je dois avouer que le charme est resté. Rien n’était perdu et si l’atmosphère semblait moins pesante qu’avec Tardi, l’ambiance restait au rendez-vous. Et puis vient cette dernière nouveauté, qui, si j’ai bien suivi, sera renouvelée avec Barral. Et là pour le coup, rien à voir… L’intrigue est certes là, mais la caméra virtuelle bouge beaucoup plus, elle s’agite pour donner du rythme comme dans ces films contemporains qui agressent le consommateur par un nombre de plans par minute digne des fêtes foraines. Certes le travail est de qualité et la lisibilité graphique et la technique narrative est là, l’intrigue est tout à fait intéressante et le lecteur se prend au jeu. Mais on a perdu un truc important dans l’histoire : l’ambiance, cette apesanteur sordide que Tardi savait si bien traduire, par son trait gras et apparemment brouillon. Nestor Burma est devenu plus net, plus propre, plus consommable. Cette série est culte, culte par ce style et cette ambiance somptueuse créée par Tardi que l’on retrouve pendant 8 tomes. Paris que je ne pourrais jamais quitter définitivement est là, vivant et respirant chaque planche : presque le personnage principal de cette série magistrale. (550)

02/07/2013 (modifier)
Couverture de la série Quartier lointain
Quartier lointain

"Quartier lointain" m'a ému, et m'a laissé dans un état de rêveries longtemps après l'avoir refermé. Ce qui m'a touché dans cette oeuvre de Taniguchi, c'est le ton posé et subtil avec lequel les faits sont rapportés (les détracteurs parleraient de lenteur) : aucune précipitation, les temps de la contemplation et de l'analyse sont laissés au lecteur, tout comme au personnage principal. De plus, et je pense que c'est la principale raison pour laquelle ce manga m'a plu, âgé de 31 ans, j'ai éprouvé une certaine empathie à l'égard du héros (bien que celui-ci ait passé la barre des 40 ans), du point de vue de ses questionnements ou de l'analyse qu'il faisait de son passé. Je peux comprendre cependant que ce manga ne plaise pas, et ce, pour les mêmes raisons que celles qui me l'ont fait adorer. En effet, il me semble que "Quartier lointain" s'adresse plus particulièrement à des lecteurs se situant en quelque sorte à un carrefour de leur vie, un carrefour abordé sereinement. Pour apprécier cette oeuvre au maximum, il faut, selon moi, être déjà passé par une phase d'introspection sur les thèmes abordés, sous peine de passer complètement à côté des enjeux de l'histoire.

30/06/2013 (modifier)
Par jul
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Spirou et Fantasio
Spirou et Fantasio

Ah Spirou ... Je met à égalité les périodes Franquin, fournier et tom et Janry. Enfin non. Bien qu'étant très réussies toutes les 3, Franquin c'est quand même le King. Puis vient la période Tom et Janry qui eux ont vraiment repris le flambeau avec panache et on vraiment re-modernisé le mythe ( ces 3 auteurs l'ont un peu tous faits à leurs manières mais Tom et Janry ont vraiment appuyés sur l'accélérateur ( la frousse aux trousses, la marque des bannis, Cyanure ... j'y reviendrais ... ). Et puis ce sont les 1ers que j'ai lu. Puis en troisième vient Fournier qui mine de rien a vraiment mis sa patte ( très seventies et ecolo ). Donc la période Franquin tout dabord : Beaucoup de petits chefs d'oeuvre devenus grands avec les années: - Les 3, 4 premiers albums. - Tous ceux avec Zorglub. - Le voyageur du méozoique et tous ceux se passant intégralement à Champignac ( j'adore vraiment ce village avec ce chateau, un endroit qui a berçé ma jeunesse, comme si j'y avais un peu vécu ) - QRN sur Bretzelburg. - Le Nid des Marsupilamis. Une periode fantastique qui a vraiment fondé les bases de l'univers Spirou. les personnages les plus intéressants n'étant pas Spirou mais bien Fantasio ou encore le conte de Champignac ou Zorglub. Puis vient la période Fournier, période qui n'est pas la plus révolutionnaire mais qui possède quand même de putains de bons albums ( parmi les meilleurs ) comme par exemple: - L'Ankou ( Ah cet album avec cette superbe couverture! l'album de Spirou le plus breton !) - L'abbaye truquée ( album que j'adore). - Du cidre pour les étoiles ( superbe couverture également ). Ces 3 albums ont vraiment berçés ma jeunesse. Je passes sur la période Nic et Cauvin plutôt courte et assez moyenne pour enchainer sur la meilleure période pour beaucoup, celle de Tom et Janry ( la plus cinématographique ): - Virus ( un petit côté " the thing" ) - La frousse aux trousses et la marque des bannis (indiana Jones). Ces 2 albums ont vraiment été des chocs. - Qui arreteras Cyannure. Cet album aussi avec cette usine de robots ... - l'horloger de la comète - le réveil du Z. (le retour de Zorglub) - Spirou à New York ( l'album le plus "Scorcessien" avec l'arrivée du fameux parrain Vito). - Spirou à Moscou - Vito la déveine Après j'ai moins aimé ( luna fatale, le rayon noir ... ). C'étais toujours maitrisé graphiquement mais les histoires j'aimais beaucoup moins. Les autres périodes je n'ai jamais lu. Spirou j'ai arreté depuis longtemps mais tous ces albums restent vraiment gravés dans ma mémoire. Et dans mon coeur.

29/06/2013 (modifier)
Par Ned C.
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Valérian - L'Armure du Jakolass
Valérian - L'Armure du Jakolass

Cet album m'a vraiment fait rigolé a gorge déployée !!! Il m'arrive volontiers de sourire lors d'une lecture mais rire, ça c'est plutôt rare ! De nombreux gags bien amenés, des personnages intéressants et sympathiques, des monstres aux gueules improbables, ... Les dialogues valent aussi leur pesant de cacahuètes (les discussions de "piliers de bistrot" sentent le vécu). J'ai trouvé que Larcenet était au top de son talent comique et les couleurs de Jeff Pourquié sont absolument fabuleuses conférant au récit une ambiance chaleureuse avec de subtiles tonalités ocres ou un bleu turquoise électrique vraiment particulier. Les paysages sont grandioses et certaines planches sont agréablement découpées. Plusieurs apparitions dessinées des amis du tandem Larcenet/Pourquié sont également les bienvenues. On peut le prendre comme un petit jeu "bonus" à essayer de discerner qui a fait quoi. Un petit bijou. Un album déjà relu 2 fois et ce n'est que le commencement. Tellement de détails foisonnent qu'il y a toujours un petit truc a coté duquel on était passé et que l'on découvre avec plaisir. J'éspère que les volumes suivants seront du même niveau.

28/06/2013 (modifier)
Couverture de la série Storm
Storm

Commencée en 1976 dans l'hebdo hollandais Eppo, la saga de "Storm" est certainement l'une des bandes de science-fiction les plus réussies. Je l'ai découverte dans Circus, et moi qui n'est pas attiré par la SF, j'ai tout de suite accroché à cette série, et encore plus après avoir eu une dédicace de Don Lawrence à Angoulême en..... enfin il y a bien longtemps. Le succès revient surtout à Lawrence et à son dessin hyperréaliste dont le rendu quasi photographique atteint une précision et un sens du détail rarement égalés, et où les couleurs jouent un grand rôle. Cette technique de dessin en relief a fait de Lawrence un magicien de l'image ; il l'avait déja expérimentée sur sa précédente série L'Empire de Trigan, mais ici, il donne la pleine mesure de son grand talent d'illustrateur. L'autre atout est la mise en place d'un univers influencé au départ par celui de Flash Gordon (surtout perceptible dans les peuples que croise le héros), et par la série de films La Planète des singes (très différents du roman) où le héros se retrouve dans un monde de nulle part, une réplique de la Terre d'où les océans ont disparu, et habitée par des peuples barbares et primitifs. Storm rencontre Redhair, une superbe fille rousse qui devient sa compagne et avec qui il entame une vie d'aventure à la découverte de créatures étranges, de mutants, de savants fous et de tyrans cruels. Dans cet univers apocalyptique aux décors surprenants et très changeants d'un album à l'autre, bien mis en valeur par le crayon de Lawrence, où la civilisation a régressé et où se télescopent la technologie la plus pointue et les armes archaïques, Storm et Redhair sont les deux seuls humains normaux et doivent sans cesse éviter de grands périls. Une série dont les ingrédients sont typiques des années 70 et 80, un peu injustement oubliée et tentante à découvrir pour ses scénarios imaginatifs, c'est ce qui m'avait aussitôt attiré car ça ne versait pas que dans la science-fiction spatiale, il y avait un mélange de genres, englobant même de nombreux éléments de fantasy, avec toutes ces créatures étranges rencontrées par le couple de héros. D'autant plus que la série n'est guère facile à trouver en occase, Glénat ne l'ayant éditée qu'une seule fois en s'arrêtant à 15 albums alors qu'elle a continué en Angleterre ; elle a donc atteint une sorte de statut culte, et je connais un gars qui avait revendu ses albums et qui maintenant s'en mord les doigts, tant pis pour lui... Une SF pleine de charme qui pourra agréablement surprendre. A noter qu'il y a une continuité, mais chaque album fonctionne indépendamment des autres ; les 6 premiers sont les meilleurs.

28/06/2013 (modifier)
Couverture de la série Rahan
Rahan

Ah Rahan, quelle belle lecture de jeunesse, cette bande a bercé ma pré-adolescence et au risque de passer pour un attardé, elle reste même encore une excellente lecture pour l'adulte que je suis devenu, ce que ne peuvent comprendre difficilement ceux qui n'ont pas grandi avec. Le succès de ce Tarzan de la Préhistoire fut tellement fulgurant en 1969 (pourtant le dessin n'était pas encore très top) qu'il devient le héros vedette de Pif-Gadget et qu'il entraîne la création de sa propre publication, en broché, tout en continuant ses exploits dans Pif en récits complets de 20 planches (il y en eut 102 plus 2 récits longs). Ce succès profite de la disparition provisoire de Tounga, l'autre grande bande réaliste qui occupe ce créneau préhistorique dans le journal Tintin. Mais le succès est dû au grand talent de Chéret qui adopte un graphisme vigoureux un peu inspiré de Burne Hogarth, constitué de cases éclatées où les personnages musculeux sont pleinement mis en valeur. Ceci combiné à la qualité des scénarios de Lécureux, dont le côté naïvement éducatif et édifiant passionne les jeunes lecteurs. On s'identifiait au héros, on l'admirait pour sa force, son courage et son intelligence, et aussi, ce qui me plaisait, c'était le côté très aventureux de la Préhistoire, période qui me fascinait. C'est d'ailleurs le petit bémol que j'ai remarqué une fois devenu adulte (ce dont on se foutait étant gamin) : le curieux contraste entre le trop "savant" Rahan au physique de beau gosse blond, et l'aspect parfois très primitif de certains peuples qu'il rencontre. Solitaire, il observe la nature et les animaux pour en tirer avantage, et va à la rencontre de clans, de tribus hostiles ou parfois accueillantes, à qui il enseigne les secrets de ses nombreuses découvertes (pièges pour chasser, constructions diverses, bricolages pratiques, usage de certaines armes....). Des rapports de force ont lieu entre Rahan et des chefs obtus, des sorciers cupides, des guerriers aveuglés par la haine, ou parfois de belles femmes aux formes harmonieuses qui règnent sur de petits royaumes. Mais avant tout, Rahan enseigne la sagesse et la paix, jouant ainsi un rôle humaniste, prônant la fraternité des peuples, symbolisant tous les progrès accomplis par l'homme durant la Préhistoire. C'est sans doute un peu pour rendre chaque épisode plus attractif que Lécureux n'évite pas les anachronismes ; mais ce n'est pas bien grave, ce qui compte avant tout, c'est le charisme du héros et le souffle de l'aventure. Le travail du fils de Lécureux pour relancer l'homme au coutelas d'ivoire est remarquable, Chéret retrouve la forme, car à une époque, il était tellement débordé par le rythme effréné des parutions (rançon de la gloire), qu'il a parfois laissé le dessin à l'Espagnol Enrique Romero (auteur de la Bd Axa) puis à Michel Rouge et à l'Italien Guido Zamperoni. L'achat risque d'être rude vu la quantité d'intégrales Soleil, au choix en couleurs ou en N/B pour retrouver le charme des années Pif-Gadget. Une des meilleures Bd françaises de la grande époque.

28/06/2013 (modifier)
Par Jetjet
Note: 5/5
Couverture de la série Locke & Key
Locke & Key

Il est parfaitement difficile de faire ressentir le plaisir qu’une lecture comme Locke and Key provoque chez un lecteur. Si difficile d’ailleurs que cela fait plus de deux semaines que beaucoup d’idées bouillonnent pour tâcher d’en donner également l’envie car Locke & Key est assurément le comics le plus novateur et accrocheur pour un public adulte avide de sensations fortes et nouvelles. On pensait être en terrain connu à l’annonce de certaines infos évidentes, Lovecraft, un tour sur la toile permet de vérifier que Joe Hill est le fils de Stephen King plus un thème récurrent sur la maison hantée que les couvertures ne peuvent dissimuler bien longtemps et des clés…. Ce sont justement ces clés qui vont être au cœur d’un complot fantastique entre une famille devant se reconstruire suite à un drame et leur récent déménagement dans l’immense et mystérieuse bâtisse paternelle qui recèle de nombreux secrets inavouables et dépassant l’entendement. En effet de nombreuses clés y sont cachées, toutes possédant un pouvoir bien distinct comme de dissocier l’âme hors de l’enveloppe charnelle, se téléporter, inspecter le fond de sa mémoire etc… Le tout est judicieusement et subtilement évoqué pour créer un sentiment malsain de curiosité aussi fort pour le lecteur que les protagonistes qui en développent les facultés. Par ailleurs, un lourd secret familial fait se télescoper sur un rythme et une narration infernale les membres survivants ainsi que de mauvaises fréquentations entre le manipulateur Dodge et le psychopathe Sam… Jamais ennuyeux, toujours palpitant, le récit fonce tête baissée vers des retournements inattendus et soutenus par un dessin de qualité très agréable par Gabriel Rodriguez qui utilise de subtils cadrages avec une clarté évidente pour une narration parfois casse-gueule et pourtant accessible car limpide et évidente. Il serait facile de comparer le fils prodigue au père et la filiation entre King et Hill mais le rejeton s’en sort plutôt bien en proposant une histoire au concept original et séduisant. Je me suis même pris au jeu au point de frissonner devant certaines scènes surprenantes ou de frémir par la tension dégagée par certaines autres. Au bout de 4 tomes il est clair qu’on est en face d’un récit exceptionnel et qui n’a nul pareil en littérature fantastique. Les évènements commencent à se bousculer et le cliffhanger du 4ème tome est somme toutes insupportable…. Je ne peux que vous en recommander la lecture et attendre avidement la suite ! J’ai rarement lu quelque chose d’aussi intelligent et aux rouages aussi bien écrits que je me plais même à me demander si je trouverais un récit aussi fort dans un style équivalent. Une chose est sure : le challenge sera ardu à relever !

24/06/2013 (modifier)
Couverture de la série Gaston Lagaffe
Gaston Lagaffe

Est-ce qu'il y a quelqu'un dans le monde de la BD qui n'aime pas Gaston ? Je me demande si ça existe. Ce géant de la planète BD appelle tous les superlatifs, les mots sont vains pour exprimer la joie qu'il procure au lecteur. Lorsque le 28 février 1957, André Franquin lance ce garçon distrait, il ne se doutait pas qu'il atteindrait quelques années plus tard une gloire phénoménale, qu'il deviendrait la grande vedette du journal Spirou. Gaston évolue assez lentement, par étapes jusqu'en 1968. A partir de cette date, son graphisme est parfait, les éléments sont en place : doux rêveur, gaffeur impénitent engagé par les éditions Dupuis comme garçon de bureau, une activité mal définie où il remplit l'emploi d'homme à tout faire, mais qui s'ennuie vite ; il ne sait pourtant pas la chance qu'il a d'avoir un pied dans l'univers d'un journal de BD, beaucoup aimeraient être à sa place. Débordant d'imagination mais fainéant de la pire espèce, il occupe un bureau bordélique envahi par un chat, une mouette rieuse au cri affreux, des poissons rouges, des souris, un cactus géant... un véritable capharnaüm qu'il utilise pour ses expériences chimiques redoutables, ses bricolages, réparations et inventions mécaniques en tous genres qui finissent souvent en catastrophe, lorsqu'il n'est pas entrain de faire échouer la signature des fameux contrats de Mr De Mesmaeker, l' homme d'affaires qui ne rit jamais. Son bureau-atelier lui sert aussi pour faire de la cuisine dégageant des odeurs nauséabondes, préparer des mixtures étranges ou pour confectionner des jeux électroniques dans lesquels il entraîne ses collègues dans des parties folles. Et puis, il s'adonne à ses siestes légendaires. Toute sa ménagerie ou ses objets hétéroclites sont des sources multiples de gags qui malgré un pitch tout simple, évitent la répétition. Mais la grande richesse de cette bande tient aussi dans ses personnages secondaires qui gravitent dans l'entourage de Gaston : outre De Mesmaeker, Fantasio en rédac-chef, un temps échappé des aventures de Spirou, remplacé ensuite par Léon Prunelle (le plus frénétique face aux mirobolantes inventions de Gaston), les secrétaires Sonia, Yvonne et Suzanne, Lebrac le plus souvent apeuré par les gadgets ahurissants du héros, Mr Boulier le comptable, les deux copains Jules et Bertrand qui subissent avec une certaine habitude les dégâts des bibelots que Gaston répare ; seule M'oiselle Jeanne, la secrétaire folâtre des Editions, amoureuse en secret de Gaston, lui voue une admiration inconditionnelle, et celui-ci l'emmène parfois se balader dans sa voiture antédiluvienne, autre source d'effets comiques avec le personnage le plus redoutable pour Gaston : Lontarin, l'agent de police borné, suspectant toujours à juste titre, le diabolique tacot. M'enfin, Gaston est aussi l'inventeur du Gaffophone, un instrument bizarroïde qu'il est prudent de regarder sans en jouer. Bref, tout cet univers bien mis en place par Franquin, sa richesse d'invention, l'ingéniosité et le côté dévastateur de certains gags, la qualité du dessin d'une grande vivacité, aux cases toujours très remplies, ainsi que sa signature personnalisée au bas de chaque planche, ont valu un succès durable et intemporel à cette bande touchant toutes les tranches d'âge, et devenue ainsi l'un des grands best-sellers de la BD. Hoah, bin tiens ! Pour les albums, préférer la période Prunelle qui est la plus désopilante, de même que le dessin de Franquin a atteint à ce moment sa pleine maturité.

23/06/2013 (modifier)