Ca, c’est le genre de BD (tirée de faits réels) dont on va se souvenir pendant quelques temps tant la densité du scénario, des dialogues et des personnages, est remarquable.
Beaucoup de moments forts, d’émotions, de force dans les dialogues qui, une fois la série terminée, procurent cette sensation de bien-être, un peu comme quand on sort de la salle de cinéma avec le sentiment d’avoir vu un grand film.
Et puis, que dire sur ce « fameux » Joseph Joanovici, ferrailleur d’origine juive au caractère terriblement ambigu, prêt à tout les coups foireux pour survivre et sauver sa famille pendant l'Occupation allemande.
Il y a tant de choses à dire sur ce personnage tant il est complexe mais vous jugerez par vous-mêmes l'individu et son histoire qui vaut le détour.
Rien à dire sur les dessins impeccables, propres, belles lignes claires (proche du style de Dodier, Meynet,…), accompagnés d'agréable couleurs chaudes à « l’ancienne »
Définitivement un classique à lire et relire.
Petit flashback pratiquement 20 ans en arrière….
Le service militaire m’a au moins permis de faire la connaissance de mon frère de sang, Youcef, avec lequel entre autres nous gardons de chouettes moments de solidarité de notre impôt national en Allemagne.
Après avoir repris douloureusement nos études l’un comme l’autre, notre amitié s’est poursuivi bien au-delà des treillis et je me souviens encore comme si c’était hier dans sa chambre d’étudiant quelques bds qui trainaient et que je ne connaissais pas. L’une était Sambre dont il n’existait que 3 volumes dans une édition aujourd’hui disparue et la seconde était cet étrange gros bouquin souple au nom imprononçable : le Grand Pouvoir du Chninkel dont la couverture avec ce petit être boudeur et ce gros monolithe tout droit sorti de 2001, l’odyssée de l’espace ne m’inspiraient guère.
Mal m’en a pris, Youcef m’a prêté ses deux séries, une n’est plus qu’un vague souvenir sur une jolie brune aux yeux rouges dont j’ai arrêté de lire les péripéties après le 4ième tome, l’autre est une claque absolue dont je me plais à relire encore et souvent les tribulations en noir et blanc comme en couleurs.
Il faut dire que le noir et blanc charbonneux mais précis de Rosinski m’a séduit immédiatement avec cette introduction d’une bataille rangée avec trois armées complètement différentes. Le découpage est tel qu’il ne peut laisser indifférent un amateur d’Héroic Fantasy.
Au milieu un petit Chninkel, J’on, va rapidement et malgré lui, devenir l’enjeu d’une quête qui le dépasse. Que va-t-il faire de son « pouvoir » divin, lui qui n’aspire qu’à une vie tranquille et à une paix royale…
Dans un humour des plus salvateurs, Van Hamme va mettre en place une histoire assez noire (Dark Fantasy dites-vous ?) avec une ironie assez mordante et des situations plutôt inattendues.
Le dépaysement est total, la fameuse fin m’a laissé sur le carreau pour de bon et j’avoue sans sourciller n’avoir rien lu de tel depuis et encore à ce jour dans un style équivalent.
Je profite de l’occasion d’une nouvelle édition « anniversaire » pour aviser cette série vraiment spéciale pour moi et dont je possède à ce jour 4 éditions différentes. Souvent copiée, pas mal raillée également pour son coté mystique mais grandement reconnue et appréciée, les deux auteurs ne retrouveront plus cette liberté de ton étonnamment novatrice et toujours d’actualité.
Aujourd’hui Youcef et moi avons bien vieilli, habitons à plus de 1000 km l’un de l’autre et tout le monde ici s’en fout. Et pourtant malgré cela, l’amitié existe toujours ainsi que notre intérêt pour les bières, les contes celtiques, les Pogues et le Chninkel.
Un des rares récits que j’ai aimé lire, prends plaisir à lire encore et prendrai plaisir à relire dans 20 ans.
« Un Chninkel pour les amener tous et dans les ténèbres les lier » (pardon Spooky) ;)
C'est déjà un très bel ouvrage. Un beau livre avec une jolie couverture. Le pari était peut être risqué de partir sur du muet pour une trame et un sujet complexes. Les écolos muets c'est rare...Il faut un bon découpage pour que l'histoire ne s’effiloche pas et c'est bien le cas! Le héros est déjà physiquement attachant, un petit papi qui semble tout gentil sans tomber dans la mièvrerie. Son amour de la grande bleue, des grands horizons est profondément touchant. C'est aussi l'amour de son métier, avec tout ce que cela implique.
L'éloignement vis à vis de sa femme, se retrouver au large, baigné par le silence, c'est un truc que beaucoup d'hommes pourraient envier :D
Graphiquement, c'est vraiment un beau dessin qui vient soutenir l'histoire. Le trait et très expressif, les couleurs amènent un je ne sais quoi qui nous "plonge" dans cet océan pas toujours propre et pas souvent docile.
Malgré l'absence de dialogue, on comprend tout à fait le sens, l'expression des personnages parle d'elle même. Déjà lu trois fois et je ne suis toujours pas lassé.
A lire comme si on était dans un bateau pneumatique au milieu de nulle part, avec pour seul compagnon le silence. Dans ce cas là, il est d'or...
Lupano encore une fois fait mouche. Et pour la première fois Panaccione me touche.
Un de mes gros coups de cœur de l'année 2014.
Après le très réussi Voyage aux îles de la Désolation, Emmanuel Lepage nous embarque, une fois de plus, dans une magnifique aventure polaire, en compagnie de son frère, François, qui nous offre dans cet album des photographies, parfois en pleine page, de toute beauté.
C'est un voyage au bout du monde qui vous attend, avec des paysages dignes d'un paysage lunaire.
Avec son précédent périple, nous avions pris l'habitude des scènes maritimes mais ici, dans la seconde partie du livre, Emmanuel Lepage nous fait découvrir un monde complètement nouveau pour moi, l’Antarctique.
Fort bien agrémenté de l'histoire des découvreurs du 6ème continent (avec notamment les expéditions rivales et extraordinaires de Scott et d'Amundsen de 1912, celle de Charcot ou encore la formidable histoire de l'Irlandais Ernest Shackeleton, en 1914,) cet album n'est pas seulement un récit de voyage mais aussi un très beau livre d'histoire, un véritable hommage à ces aventuriers du Pôle, le plus souvent méconnus.
J'ai dévoré cet album, suivi avec passion les espoirs et déboires de François et d'Emmanuel Lepage, leurs joies et leurs peines.
Un livre que, comme les précédents livres d'Emmanuel Lepage consacrés aux Terres Australes et Antarctiques Françaises ou à Tchernobyl, je relirai avec plaisir à chaque fois tant l'histoire est prenante et les dessins d'une incroyable beauté.
A la lecture des planches, on ressent aussi le froid polaire, le vent mais aussi la chaleur humaine. Les photographies de François Lepage, loin de se substituer au dessin de son frère, apportent une respiration, un souffle, parfois une surprise à cette aventure.
L'album est complété par un dossier extrêmement enrichissant, et cette fois-ci composé intégralement de photographies.
Plongez dans cette aventure humaine.
Vous ne le regretterez pas.
Excellent album.
Pour mon 3000ème avis, il me fallait une oeuvre exceptionnelle. J'ai choisi 'Candy Candy' qui est une histoire beaucoup moins niaise qu'on le dit. Avant de lire le manga, j'avais vu l'anime sur internet (à cause des problèmes entre les deux auteurs, c'est malheureusement le seul moyen pour regarder le dessin animé) et j'avais adoré. C'est un de mes animes préférés même si je ne fais pas partie du public cible.
Personnellement, je ne pense pas que le manga est meilleur et moins niais que l'anime. J'aime les deux œuvres quoique peut-être que je changerais d'avis si je le revoyais. J’avoue toutefois que j'ai aimé comment le manga ne contient pas de filler. Le scénario avance donc plus rapidement et les péripéties m'ont autant passionné que dans le dessin animé. Ce qui est génial avec le manga c'est que, ayant vu l'anime avant, j'avais déjà une bonne idée de ce qui allait se passer et cela ne m'a pas du tout dérangé de ne pas être surpris car c'est le genre d'histoire que je peux relire des dizaines de fois sans que mon intérêt diminue.
Les personnages sont attachants (enfin, sauf ceux qui sont faits pour agacer comme les Legrand qui méritent de se faire écraser par la voiture d'Alistair). J'adore Candy, Annie, Patricia, Anthony, Archibald, Terrance et surtout Alistair qui est mon personnage préféré. J'adore lire leurs aventures ! Pour ce qui est du dessin, je le trouve sublime.
Je trouve dommage que le procès entre les deux auteurs a fait en sorte que les droits soient bloqués et que cela fait en sorte que l'anime et le manga ne peuvent plus n'être diffusés que sur internet ou alors il faut avoir les VHS et fouiller les bouquineries pour trouver le manga. Personnellement, j'ai lu le tout sur internet et j'aimerais bien un jour que les volumes du manga fassent partie de ma collection car c'est une grande série qui ne mérite pas d'être considérée comme un truc gnan-gnan destiné uniquement aux jeunes filles.
Encore une fois, je suis scotché par ce que je viens de lire. Cet auteur à savoir Christian de Metter s’est véritablement bonifié avec les années pour accomplir des œuvres totalement remarquables aussi bien sur un plan graphique que sur le plan scénaristique. C’est assez rare pour le souligner dans la profession s’agissant d’un auteur complet. Il signe là l’un de ses plus beaux albums en démontrant richesse et tout son potentiel. Il fallait quand même le faire après son fameux Shutter Island.
En effet, la lecture m’a procuré un plaisir tenace et constant de bout en bout. Le récit n’est pas linéaire car des surprises sont éparpillées jusqu’à la dernière case. J’ai rarement été aussi satisfait et enthousiaste à la fin de ma lecture. C’est riche et agréable à lire grâce à un contenu maîtrisé et intelligent. Bref, on se délecte même sur le dessin : puissant et envoutant. Que dire également de cette mise en page de toute beauté ?
On va suivre le parcours de cette mère de famille, veuve de surcroît, qui est prête à tout pour retrouver sa fille disparue il y a près de 6 ans dans le Colorado. Il n’y aura pas de grand démarquage par rapport aux autres œuvres mais une maîtrise dans le scénario cohérent avec des personnages bien campés psychologiquement. L’immersion dans le western est réussie à bien des égards.
Sans faute également pour une édition de qualité. On est royalement servi par un grand format où les couleurs sont éclatantes (voir ce rouge écarlate qui ressort sur la neige blanche). On ne se moque pas du client. On cèdera alors assez facilement à la sirène du commerce pour un nouveau joyau dans votre collection. Un résultat bluffant et sidérant. Voilà ce qu’est véritablement l’excellence. Un polar sur fond de western plus que sympa. Sublime !
Mon dieu, quelle série !
Il a fallu 19 ans et 30 volumes à Samura pour achever l'un des plus grands manga de samourai.
Ce qui frappe immédiatement, c'est la virtuosité graphique de l'auteur. Le japon de l'ère Edo est incroyablement rendu et l'ambiance est tout de suite immersive. Mais ce sont bien les personnages et les combats qui donnent une saveur si particulière à L'habitant de l'infini. Les (très nombreux) personnages principaux sont géniaux, à la fois charismatiques, esthétiques et travaillés psychologiquement. L'auteur les soignent au maximum, les fait constamment évoluer et évite habilement le piège du manichéisme.
Quant aux combats... âmes sensibles s'abstenir. C'est extrêmement violent (à la limite du gore quelquefois) mais c'est visuellement superbe. Très dynamiques et travaillés, les combats sont clairement au cœur de la saga. Plus qu'un simple divertissement gratuit pour le lecteur, ils sont un élément essentiel du remarquable travail de Samura. Du grand art !
Néanmoins, L'habitant de l'infini n'est pas seulement un manga d'action. Le scénario démarre de façon classique voire basique, d'autant que le fantastique arrive un peu comme un cheveu sur la soupe dans un cadre réaliste. Mais très vite, la série prend de l'ampleur, densifie son intrigue originelle, fait surgir quantité de nouveaux personnages, de nouvelles situations, de nouveaux rebondissement. Bref... ça tient parfaitement la distance.
L'habitant de l'infini est une série géniale, qui ne ressemble à nulle autre. Elle ne plaira sans doute pas à tout le monde mais elle doit être découverte.
Culte (pour moi en tout cas) !
J'ai juste adoré. Le dessin est d'une expressivité folle. Album après album, ce dessinateur s'impose comme un maitre de la bd muette. Lupano apporte à cette histoire picaresque une vrai dimension narrative qui évite à l'album d'être une simple succession de sketchs et de saynettes. Je donnerai à l'aise le Fauve d'or à cet album tant il synthétise ce que doit être une bande dessinée. Mais ce n'est pas moi qui décide...
J’ai voulu attendre la parution du dernier tome de la série pour l’aviser. Il faut dire qu’il clôt une bien belle aventure, mais aussi qu’il répond aux questions que je me suis posées régulièrement après chaque album depuis le début du « Cycle » (il y a de cela bien longtemps maintenant !) : que va-t-il arriver à Cyann ? Combien d’années vais-je attendre le prochain tome ? Et chez quel éditeur paraîtra l’album suivant ?
Bon autant le dire tout de suite, je suis un grand admirateur de l’œuvre de Bourgeon, qui prend le temps de produire des chefs d’œuvre, et dont j’ai retrouvé toutes les qualités chez « Cyann ». Ne connaissant pas trop l’œuvre de Lacroix, je ne sais ce qu’il a pu apporter au travail en commun au niveau du scénario.
Mais je le dis aussi d’entrée, j’ai été à la fois bluffé, scotché et enthousiasmé dès le départ par cette série. Il faut dire que le premier album est absolument génial, s’imposant – du haut de ses 115 pages – comme un chef d’œuvre absolu ! Ce sont d’ailleurs les deux imposants premiers tomes, parus chez Casterman à l’époque, qui sont des pépites.
Les deux suivants, publiés par Vent d’Ouest, reviennent à une pagination plus traditionnelle (près de 70 pages chacun quand même !). J’estime qu’Aïeïa d’Aldaal, est vraiment très bon, et se hisse quasiment au niveau des extraordinaires épisodes précédents, mais j’ai été un peu déçu par « Les couleurs de Marcade ».
Le cinquième tome, paru chez 12bis, est lui aussi un ton en dessous du début en fanfare – même si sa lecture n’est pas désagréable. Mais moins de détails dans les planches, un dessin semblant moins fouillé, et une intrigue un peu moins dynamique.
Le dernier tome, paru récemment chez Delcourt (qui vient de récupérer toutes les séries de Bourgeon) est meilleur que les deux précédents, et clôt très bien cette saga incroyable : on a des réponses convaincantes aux interrogations levées par les voyages – temporels et intersidéraux – de Cyann (dont la personnalité a beaucoup évolué depuis le premier tome). Et on retrouve des décors franchement superbes !
Comme souvent dans ses séries, Bourgeon met en avant des héroïnes à la fois très belles et délurées (voir Isa dans Les Passagers du vent), affichant plus ou moins une bisexualité et une liberté, une recherche du plaisir assumées envers et contre tous. Avec Cyann, il faut dire qu’on est servi, et que ses formes et ses désirs (et ceux qu’elle inspire) insufflent une forte dose d’érotisme qui n’est pas pour me déplaire. Et Cyann est probablement l’une des plus belles héroïnes (dans tous les sens du terme !) de la Bande Dessinée.
Et comme toujours aussi, Bourgeon fait un énorme travail de préparation, pour rendre cohérent et crédible son travail. C’est visible dans chaque album (et le tome introductif place d’entrée la barre très haut !), mais c’est confirmé avec l’album hors cycle qui a suivi les deux premiers chez Casterman, « La clé des confins », véritable encyclopédie de l’univers du cycle, dans laquelle les auteurs ont glissé un peu d’humour… Et ce – relativement – petit album est à lire absolument ! On y voit développées et expliquées la faune, la flore, l’histoire de cet univers artificiel mais qu’on est dès lors prêt à « comprendre.
Au final, près de vingt ans après avoir découvert Cyann, je ne peux que remercier les auteurs et les féliciter pour ce superbe résultat. Malgré certaines légères baisses de niveau au cœur du cycle, qui m’ont fait hésiter à mettre les cinq étoiles, je le fais quand même pour la série dans sa globalité, qui est vraiment un immanquable du genre, et qui a produit certains des plus beaux albums de Science-Fiction. Le plaisir jamais démenti à chaque relecture me confirme dans ce choix !
Grandiose! Et encore pour moi le mot est faible. Riff Reb's fait encore une fois très fort avec cette adaptation de huit nouvelles sur le monde maritime.
Excusez du peu il s'attaque pas moins qu'à : Joseph Conrad, "Un sourire", William Hope Hodgson, "Les chevaux marins" et "Le dernier voyage du Shamraken", Pierre Mac Orlan, "La chiourme" et "Le grand sud", Edgar Allan Poe, "Une descente dans le maelström", Marcel Schwob, "Les trois gabelous" et Robert Louis Stevenson, "Le naufrage".
Afin de nous permettre de respirer, entre chacune de ces nouvelles est inséré un extrait d'un grand texte de la littérature. Cela va de Homère à Jules Verne en passant par Eugène Sue, Jack London ou Victor Hugo, je vous laisse découvrir les autres. Ces extraits, accompagnés par une illustration, ponctuent le récit des nouvelles. En lien avec la mer, les marins, ils renforcent le propos ou amènent un éclairage autre sur l'histoire qui va débuter. Le procédé est original et je trouve fort bienvenu.
Venons en aux huit nouvelles mises en images par Riff Reb's; je l'ai dit plus haut c'est grandiose! En quelques pages il arrive par son dessin à nous mettre exactement là où il faut et dans l'état qu'il faut. Bien sûr l'on pourra dire que certaines adaptations sont meilleures que d'autres. Personnellement je dirais qu'il ne faut pas faire de choix, chacune d'entre elles est capable de nous dire quelque chose et puis n'oublions pas la chose primordiale. Il s'agit là de l'adaptation de nouvelles écrites par ce que l'on pourrait appeler des pointures de la littérature, Conrad, Stevenson, Mac Orlan et dans le genre fantastique Poe et Hodgson. Certes il ne suffit pas d'avoir de grands auteurs, encore faut-il que l'illustrateur soit à la hauteur. A ce titre je rappellerais simplement le travail effectué sur Le Loup des Mers et A bord de l'Etoile Matutine.
Le dessin propose, par les couleurs employées des ambiances extrêmement variées. Le rouge des bonnets dans "La chiourme" qui déjà laisse présager de la fin, sur "Les chevaux marins" ce ton sombre, verdâtre qui nous plonge au fond de l'eau, etc..
Ces histoire ne sont pas franchement gaies, elles tirent vers le sombre, le drame et un peu de fantastique avec Poe. Elles dégagent beaucoup de mélancolie mais en même temps un immense amour de ce monde maritime magnifié par un dessin solaire dans la dernière adaptation, "Le dernier voyage du Shamraken" où l'équipage aussi vieux que le navire ne peut quitter un monde qui l'a vu naître et vivre.
Achat indispensable, à noter quelques mots de l'auteur en fin d'ouvrage, excellent pour conclure la lecture de ce très bel objet.
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Ca, c’est le genre de BD (tirée de faits réels) dont on va se souvenir pendant quelques temps tant la densité du scénario, des dialogues et des personnages, est remarquable. Beaucoup de moments forts, d’émotions, de force dans les dialogues qui, une fois la série terminée, procurent cette sensation de bien-être, un peu comme quand on sort de la salle de cinéma avec le sentiment d’avoir vu un grand film. Et puis, que dire sur ce « fameux » Joseph Joanovici, ferrailleur d’origine juive au caractère terriblement ambigu, prêt à tout les coups foireux pour survivre et sauver sa famille pendant l'Occupation allemande. Il y a tant de choses à dire sur ce personnage tant il est complexe mais vous jugerez par vous-mêmes l'individu et son histoire qui vaut le détour. Rien à dire sur les dessins impeccables, propres, belles lignes claires (proche du style de Dodier, Meynet,…), accompagnés d'agréable couleurs chaudes à « l’ancienne » Définitivement un classique à lire et relire.
Le Grand Pouvoir du Chninkel
Petit flashback pratiquement 20 ans en arrière…. Le service militaire m’a au moins permis de faire la connaissance de mon frère de sang, Youcef, avec lequel entre autres nous gardons de chouettes moments de solidarité de notre impôt national en Allemagne. Après avoir repris douloureusement nos études l’un comme l’autre, notre amitié s’est poursuivi bien au-delà des treillis et je me souviens encore comme si c’était hier dans sa chambre d’étudiant quelques bds qui trainaient et que je ne connaissais pas. L’une était Sambre dont il n’existait que 3 volumes dans une édition aujourd’hui disparue et la seconde était cet étrange gros bouquin souple au nom imprononçable : le Grand Pouvoir du Chninkel dont la couverture avec ce petit être boudeur et ce gros monolithe tout droit sorti de 2001, l’odyssée de l’espace ne m’inspiraient guère. Mal m’en a pris, Youcef m’a prêté ses deux séries, une n’est plus qu’un vague souvenir sur une jolie brune aux yeux rouges dont j’ai arrêté de lire les péripéties après le 4ième tome, l’autre est une claque absolue dont je me plais à relire encore et souvent les tribulations en noir et blanc comme en couleurs. Il faut dire que le noir et blanc charbonneux mais précis de Rosinski m’a séduit immédiatement avec cette introduction d’une bataille rangée avec trois armées complètement différentes. Le découpage est tel qu’il ne peut laisser indifférent un amateur d’Héroic Fantasy. Au milieu un petit Chninkel, J’on, va rapidement et malgré lui, devenir l’enjeu d’une quête qui le dépasse. Que va-t-il faire de son « pouvoir » divin, lui qui n’aspire qu’à une vie tranquille et à une paix royale… Dans un humour des plus salvateurs, Van Hamme va mettre en place une histoire assez noire (Dark Fantasy dites-vous ?) avec une ironie assez mordante et des situations plutôt inattendues. Le dépaysement est total, la fameuse fin m’a laissé sur le carreau pour de bon et j’avoue sans sourciller n’avoir rien lu de tel depuis et encore à ce jour dans un style équivalent. Je profite de l’occasion d’une nouvelle édition « anniversaire » pour aviser cette série vraiment spéciale pour moi et dont je possède à ce jour 4 éditions différentes. Souvent copiée, pas mal raillée également pour son coté mystique mais grandement reconnue et appréciée, les deux auteurs ne retrouveront plus cette liberté de ton étonnamment novatrice et toujours d’actualité. Aujourd’hui Youcef et moi avons bien vieilli, habitons à plus de 1000 km l’un de l’autre et tout le monde ici s’en fout. Et pourtant malgré cela, l’amitié existe toujours ainsi que notre intérêt pour les bières, les contes celtiques, les Pogues et le Chninkel. Un des rares récits que j’ai aimé lire, prends plaisir à lire encore et prendrai plaisir à relire dans 20 ans. « Un Chninkel pour les amener tous et dans les ténèbres les lier » (pardon Spooky) ;)
Un océan d'amour
C'est déjà un très bel ouvrage. Un beau livre avec une jolie couverture. Le pari était peut être risqué de partir sur du muet pour une trame et un sujet complexes. Les écolos muets c'est rare...Il faut un bon découpage pour que l'histoire ne s’effiloche pas et c'est bien le cas! Le héros est déjà physiquement attachant, un petit papi qui semble tout gentil sans tomber dans la mièvrerie. Son amour de la grande bleue, des grands horizons est profondément touchant. C'est aussi l'amour de son métier, avec tout ce que cela implique. L'éloignement vis à vis de sa femme, se retrouver au large, baigné par le silence, c'est un truc que beaucoup d'hommes pourraient envier :D Graphiquement, c'est vraiment un beau dessin qui vient soutenir l'histoire. Le trait et très expressif, les couleurs amènent un je ne sais quoi qui nous "plonge" dans cet océan pas toujours propre et pas souvent docile. Malgré l'absence de dialogue, on comprend tout à fait le sens, l'expression des personnages parle d'elle même. Déjà lu trois fois et je ne suis toujours pas lassé. A lire comme si on était dans un bateau pneumatique au milieu de nulle part, avec pour seul compagnon le silence. Dans ce cas là, il est d'or... Lupano encore une fois fait mouche. Et pour la première fois Panaccione me touche. Un de mes gros coups de cœur de l'année 2014.
La Lune est blanche
Après le très réussi Voyage aux îles de la Désolation, Emmanuel Lepage nous embarque, une fois de plus, dans une magnifique aventure polaire, en compagnie de son frère, François, qui nous offre dans cet album des photographies, parfois en pleine page, de toute beauté. C'est un voyage au bout du monde qui vous attend, avec des paysages dignes d'un paysage lunaire. Avec son précédent périple, nous avions pris l'habitude des scènes maritimes mais ici, dans la seconde partie du livre, Emmanuel Lepage nous fait découvrir un monde complètement nouveau pour moi, l’Antarctique. Fort bien agrémenté de l'histoire des découvreurs du 6ème continent (avec notamment les expéditions rivales et extraordinaires de Scott et d'Amundsen de 1912, celle de Charcot ou encore la formidable histoire de l'Irlandais Ernest Shackeleton, en 1914,) cet album n'est pas seulement un récit de voyage mais aussi un très beau livre d'histoire, un véritable hommage à ces aventuriers du Pôle, le plus souvent méconnus. J'ai dévoré cet album, suivi avec passion les espoirs et déboires de François et d'Emmanuel Lepage, leurs joies et leurs peines. Un livre que, comme les précédents livres d'Emmanuel Lepage consacrés aux Terres Australes et Antarctiques Françaises ou à Tchernobyl, je relirai avec plaisir à chaque fois tant l'histoire est prenante et les dessins d'une incroyable beauté. A la lecture des planches, on ressent aussi le froid polaire, le vent mais aussi la chaleur humaine. Les photographies de François Lepage, loin de se substituer au dessin de son frère, apportent une respiration, un souffle, parfois une surprise à cette aventure. L'album est complété par un dossier extrêmement enrichissant, et cette fois-ci composé intégralement de photographies. Plongez dans cette aventure humaine. Vous ne le regretterez pas. Excellent album.
Candy Candy
Pour mon 3000ème avis, il me fallait une oeuvre exceptionnelle. J'ai choisi 'Candy Candy' qui est une histoire beaucoup moins niaise qu'on le dit. Avant de lire le manga, j'avais vu l'anime sur internet (à cause des problèmes entre les deux auteurs, c'est malheureusement le seul moyen pour regarder le dessin animé) et j'avais adoré. C'est un de mes animes préférés même si je ne fais pas partie du public cible. Personnellement, je ne pense pas que le manga est meilleur et moins niais que l'anime. J'aime les deux œuvres quoique peut-être que je changerais d'avis si je le revoyais. J’avoue toutefois que j'ai aimé comment le manga ne contient pas de filler. Le scénario avance donc plus rapidement et les péripéties m'ont autant passionné que dans le dessin animé. Ce qui est génial avec le manga c'est que, ayant vu l'anime avant, j'avais déjà une bonne idée de ce qui allait se passer et cela ne m'a pas du tout dérangé de ne pas être surpris car c'est le genre d'histoire que je peux relire des dizaines de fois sans que mon intérêt diminue. Les personnages sont attachants (enfin, sauf ceux qui sont faits pour agacer comme les Legrand qui méritent de se faire écraser par la voiture d'Alistair). J'adore Candy, Annie, Patricia, Anthony, Archibald, Terrance et surtout Alistair qui est mon personnage préféré. J'adore lire leurs aventures ! Pour ce qui est du dessin, je le trouve sublime. Je trouve dommage que le procès entre les deux auteurs a fait en sorte que les droits soient bloqués et que cela fait en sorte que l'anime et le manga ne peuvent plus n'être diffusés que sur internet ou alors il faut avoir les VHS et fouiller les bouquineries pour trouver le manga. Personnellement, j'ai lu le tout sur internet et j'aimerais bien un jour que les volumes du manga fassent partie de ma collection car c'est une grande série qui ne mérite pas d'être considérée comme un truc gnan-gnan destiné uniquement aux jeunes filles.
Rouge comme la neige
Encore une fois, je suis scotché par ce que je viens de lire. Cet auteur à savoir Christian de Metter s’est véritablement bonifié avec les années pour accomplir des œuvres totalement remarquables aussi bien sur un plan graphique que sur le plan scénaristique. C’est assez rare pour le souligner dans la profession s’agissant d’un auteur complet. Il signe là l’un de ses plus beaux albums en démontrant richesse et tout son potentiel. Il fallait quand même le faire après son fameux Shutter Island. En effet, la lecture m’a procuré un plaisir tenace et constant de bout en bout. Le récit n’est pas linéaire car des surprises sont éparpillées jusqu’à la dernière case. J’ai rarement été aussi satisfait et enthousiaste à la fin de ma lecture. C’est riche et agréable à lire grâce à un contenu maîtrisé et intelligent. Bref, on se délecte même sur le dessin : puissant et envoutant. Que dire également de cette mise en page de toute beauté ? On va suivre le parcours de cette mère de famille, veuve de surcroît, qui est prête à tout pour retrouver sa fille disparue il y a près de 6 ans dans le Colorado. Il n’y aura pas de grand démarquage par rapport aux autres œuvres mais une maîtrise dans le scénario cohérent avec des personnages bien campés psychologiquement. L’immersion dans le western est réussie à bien des égards. Sans faute également pour une édition de qualité. On est royalement servi par un grand format où les couleurs sont éclatantes (voir ce rouge écarlate qui ressort sur la neige blanche). On ne se moque pas du client. On cèdera alors assez facilement à la sirène du commerce pour un nouveau joyau dans votre collection. Un résultat bluffant et sidérant. Voilà ce qu’est véritablement l’excellence. Un polar sur fond de western plus que sympa. Sublime !
L'Habitant de l'infini
Mon dieu, quelle série ! Il a fallu 19 ans et 30 volumes à Samura pour achever l'un des plus grands manga de samourai. Ce qui frappe immédiatement, c'est la virtuosité graphique de l'auteur. Le japon de l'ère Edo est incroyablement rendu et l'ambiance est tout de suite immersive. Mais ce sont bien les personnages et les combats qui donnent une saveur si particulière à L'habitant de l'infini. Les (très nombreux) personnages principaux sont géniaux, à la fois charismatiques, esthétiques et travaillés psychologiquement. L'auteur les soignent au maximum, les fait constamment évoluer et évite habilement le piège du manichéisme. Quant aux combats... âmes sensibles s'abstenir. C'est extrêmement violent (à la limite du gore quelquefois) mais c'est visuellement superbe. Très dynamiques et travaillés, les combats sont clairement au cœur de la saga. Plus qu'un simple divertissement gratuit pour le lecteur, ils sont un élément essentiel du remarquable travail de Samura. Du grand art ! Néanmoins, L'habitant de l'infini n'est pas seulement un manga d'action. Le scénario démarre de façon classique voire basique, d'autant que le fantastique arrive un peu comme un cheveu sur la soupe dans un cadre réaliste. Mais très vite, la série prend de l'ampleur, densifie son intrigue originelle, fait surgir quantité de nouveaux personnages, de nouvelles situations, de nouveaux rebondissement. Bref... ça tient parfaitement la distance. L'habitant de l'infini est une série géniale, qui ne ressemble à nulle autre. Elle ne plaira sans doute pas à tout le monde mais elle doit être découverte. Culte (pour moi en tout cas) !
Un océan d'amour
J'ai juste adoré. Le dessin est d'une expressivité folle. Album après album, ce dessinateur s'impose comme un maitre de la bd muette. Lupano apporte à cette histoire picaresque une vrai dimension narrative qui évite à l'album d'être une simple succession de sketchs et de saynettes. Je donnerai à l'aise le Fauve d'or à cet album tant il synthétise ce que doit être une bande dessinée. Mais ce n'est pas moi qui décide...
Le Cycle de Cyann
J’ai voulu attendre la parution du dernier tome de la série pour l’aviser. Il faut dire qu’il clôt une bien belle aventure, mais aussi qu’il répond aux questions que je me suis posées régulièrement après chaque album depuis le début du « Cycle » (il y a de cela bien longtemps maintenant !) : que va-t-il arriver à Cyann ? Combien d’années vais-je attendre le prochain tome ? Et chez quel éditeur paraîtra l’album suivant ? Bon autant le dire tout de suite, je suis un grand admirateur de l’œuvre de Bourgeon, qui prend le temps de produire des chefs d’œuvre, et dont j’ai retrouvé toutes les qualités chez « Cyann ». Ne connaissant pas trop l’œuvre de Lacroix, je ne sais ce qu’il a pu apporter au travail en commun au niveau du scénario. Mais je le dis aussi d’entrée, j’ai été à la fois bluffé, scotché et enthousiasmé dès le départ par cette série. Il faut dire que le premier album est absolument génial, s’imposant – du haut de ses 115 pages – comme un chef d’œuvre absolu ! Ce sont d’ailleurs les deux imposants premiers tomes, parus chez Casterman à l’époque, qui sont des pépites. Les deux suivants, publiés par Vent d’Ouest, reviennent à une pagination plus traditionnelle (près de 70 pages chacun quand même !). J’estime qu’Aïeïa d’Aldaal, est vraiment très bon, et se hisse quasiment au niveau des extraordinaires épisodes précédents, mais j’ai été un peu déçu par « Les couleurs de Marcade ». Le cinquième tome, paru chez 12bis, est lui aussi un ton en dessous du début en fanfare – même si sa lecture n’est pas désagréable. Mais moins de détails dans les planches, un dessin semblant moins fouillé, et une intrigue un peu moins dynamique. Le dernier tome, paru récemment chez Delcourt (qui vient de récupérer toutes les séries de Bourgeon) est meilleur que les deux précédents, et clôt très bien cette saga incroyable : on a des réponses convaincantes aux interrogations levées par les voyages – temporels et intersidéraux – de Cyann (dont la personnalité a beaucoup évolué depuis le premier tome). Et on retrouve des décors franchement superbes ! Comme souvent dans ses séries, Bourgeon met en avant des héroïnes à la fois très belles et délurées (voir Isa dans Les Passagers du vent), affichant plus ou moins une bisexualité et une liberté, une recherche du plaisir assumées envers et contre tous. Avec Cyann, il faut dire qu’on est servi, et que ses formes et ses désirs (et ceux qu’elle inspire) insufflent une forte dose d’érotisme qui n’est pas pour me déplaire. Et Cyann est probablement l’une des plus belles héroïnes (dans tous les sens du terme !) de la Bande Dessinée. Et comme toujours aussi, Bourgeon fait un énorme travail de préparation, pour rendre cohérent et crédible son travail. C’est visible dans chaque album (et le tome introductif place d’entrée la barre très haut !), mais c’est confirmé avec l’album hors cycle qui a suivi les deux premiers chez Casterman, « La clé des confins », véritable encyclopédie de l’univers du cycle, dans laquelle les auteurs ont glissé un peu d’humour… Et ce – relativement – petit album est à lire absolument ! On y voit développées et expliquées la faune, la flore, l’histoire de cet univers artificiel mais qu’on est dès lors prêt à « comprendre. Au final, près de vingt ans après avoir découvert Cyann, je ne peux que remercier les auteurs et les féliciter pour ce superbe résultat. Malgré certaines légères baisses de niveau au cœur du cycle, qui m’ont fait hésiter à mettre les cinq étoiles, je le fais quand même pour la série dans sa globalité, qui est vraiment un immanquable du genre, et qui a produit certains des plus beaux albums de Science-Fiction. Le plaisir jamais démenti à chaque relecture me confirme dans ce choix !
Hommes à la mer
Grandiose! Et encore pour moi le mot est faible. Riff Reb's fait encore une fois très fort avec cette adaptation de huit nouvelles sur le monde maritime. Excusez du peu il s'attaque pas moins qu'à : Joseph Conrad, "Un sourire", William Hope Hodgson, "Les chevaux marins" et "Le dernier voyage du Shamraken", Pierre Mac Orlan, "La chiourme" et "Le grand sud", Edgar Allan Poe, "Une descente dans le maelström", Marcel Schwob, "Les trois gabelous" et Robert Louis Stevenson, "Le naufrage". Afin de nous permettre de respirer, entre chacune de ces nouvelles est inséré un extrait d'un grand texte de la littérature. Cela va de Homère à Jules Verne en passant par Eugène Sue, Jack London ou Victor Hugo, je vous laisse découvrir les autres. Ces extraits, accompagnés par une illustration, ponctuent le récit des nouvelles. En lien avec la mer, les marins, ils renforcent le propos ou amènent un éclairage autre sur l'histoire qui va débuter. Le procédé est original et je trouve fort bienvenu. Venons en aux huit nouvelles mises en images par Riff Reb's; je l'ai dit plus haut c'est grandiose! En quelques pages il arrive par son dessin à nous mettre exactement là où il faut et dans l'état qu'il faut. Bien sûr l'on pourra dire que certaines adaptations sont meilleures que d'autres. Personnellement je dirais qu'il ne faut pas faire de choix, chacune d'entre elles est capable de nous dire quelque chose et puis n'oublions pas la chose primordiale. Il s'agit là de l'adaptation de nouvelles écrites par ce que l'on pourrait appeler des pointures de la littérature, Conrad, Stevenson, Mac Orlan et dans le genre fantastique Poe et Hodgson. Certes il ne suffit pas d'avoir de grands auteurs, encore faut-il que l'illustrateur soit à la hauteur. A ce titre je rappellerais simplement le travail effectué sur Le Loup des Mers et A bord de l'Etoile Matutine. Le dessin propose, par les couleurs employées des ambiances extrêmement variées. Le rouge des bonnets dans "La chiourme" qui déjà laisse présager de la fin, sur "Les chevaux marins" ce ton sombre, verdâtre qui nous plonge au fond de l'eau, etc.. Ces histoire ne sont pas franchement gaies, elles tirent vers le sombre, le drame et un peu de fantastique avec Poe. Elles dégagent beaucoup de mélancolie mais en même temps un immense amour de ce monde maritime magnifié par un dessin solaire dans la dernière adaptation, "Le dernier voyage du Shamraken" où l'équipage aussi vieux que le navire ne peut quitter un monde qui l'a vu naître et vivre. Achat indispensable, à noter quelques mots de l'auteur en fin d'ouvrage, excellent pour conclure la lecture de ce très bel objet.