Les derniers avis (7654 avis)

Par Ro
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Okko
Okko

La série Okko est terminée et je peux désormais la classer au rang de culte. Elle gagne d'autant plus ce droit qu'elle est l'oeuvre d'un unique auteur qui nous offre à la fois des scénarios originaux et très bien menés et un graphisme formidable. Hub a su créer un Japon de fiction, médiéval-fantastique, où samouraïs et bonzes croisent nombre de kamis et autres monstres du folklore japonais. Au cours de chapitres de deux tomes chacun, dont les décors et les intrigues s'inspirent successivement de chacun des quatre éléments naturels puis du passé des héros, on y suit les aventures d'Okko, ronin taciturne et chasseur de démons, et de ses acolytes, une sorte de grand guerrier démoniaque, un moine alcoolique et son jeune disciple. Confrontés à différentes situations originales et complexes, on voit les personnages évoluer et le mystère sur les origines du héros se dévoilent peu à peu. Malgré les trames emplies de fantastique, le ton est réaliste et volontiers sombre par moment. L'auteur n'épargne d'ailleurs pas son héros et n'en fait surtout pas un justicier lumineux et intouchable. Et pourtant il sait faire contraster cette noirceur avec de nombreuses touches de légèreté et d'humour. Le dessin est excellent. Décors et personnages sont soignés, beaux et pleins de personnalité. Les scènes d'action sont superbement représentées. Et certains paysages sont tout simplement envoûtants. Avec Okko, on va voyager de cités flottantes en monastères montagnards, de villages dans le vent en îles japonaises, dans un Japon fantasmé et beau. On découvrira des situations et décors dépaysants et parfaitement ciselés, en compagnie d'une petite bande de personnages fouillés et intéressants. Et quand vient le dernier diptyque et ses révélations sur le passé d'Okko, la série prend une nouvelle profondeur qui ne pousse qu'à vouloir relire l'intégrale, juste pour le plaisir.

03/02/2005 (MAJ le 18/12/2015) (modifier)
Par Erik
Note: 5/5
Couverture de la série Okko
Okko

C'est l'un des rares achats que j'ai effectués impulsivement grâce à un coup d'oeil sur une couverture réellement magnifique. Et puis, lorsqu'on feuillette ces pages de grandes qualités, on ne peut être que sublimé par un dessin grandiose car précis dans le trait accompagné d'une colorisation sans faille. Bref, la forme est parfaitement maîtrisée. C'est un nouveau venu qui fait ses entrées dans le monde de la bd en nous proposant d'emblée une oeuvre de qualité. Sur le fond, on suit le parcours d'Okko, un rônin sans maître qui est à la tête d'un petit groupe de chasseurs de démons sous l'ère Asagiri troublée par des luttes intestines. Le cadre est totalement dépaysant même si cela rappelle étrangement le Japon. D'ailleurs, l'anagramme de Pajan ne laisse planer aucun doute. L'auteur a voulu vraisemblablement s'affranchir d'un cadre historique contraignant pour laisser libre court à son imagination. Les personnages sont intéressants, voire charismatiques à l'exception de ce Okko justement dont on ne saura vraiment pas grand chose. Il y a tout d'abord ce guerrier gigantesque qui se cache derrière un masque soulevant ainsi de nombreuses interrogations sur son passé. Nous faisons également la connaissance de ce moine un peu fantasque qui a la faculté de communiquer avec les forces de la nature. Et puis, un quatrième membre est admis dans ce petit groupe pas très hétéroclite pour notre plus grand bonheur. Nous allons justement suivre la quête initiatique de ce petit garçon. Cette bd possède l'originalité de se composer de divers cycles comme l’eau, le feu, la terre, l'air et le vide. Chacun des éléments compose un diptyque. Les aventures sur deux tomes créent une dynamique assez cohérente. Voyons ce que cela donne dans le détail des cycles : Le cycle de l'eau : On relèvera d'emblée une mention spéciale pour la narration assez fluide et qui nous fait vite pénétrer dans cet univers. La lecture demeure très agréable avec une belle clarté des plans et du cadrage. Fantastique et magie seront au rendez-vous sur fond de parfum asiatique. On fait ainsi la connaissance des personnages dans un univers asiatique médiéval totalement imaginaire. Les deux premiers tomes semblent augurer de belles aventures en perspective. Cependant, la dernière partie du tome 2 semble donner quelques signes de faiblesse au niveau du scénario un peu trop conventionnel. On aurait aimé un final un peu plus marquant. Le cycle de la terre : Le succès de la série va aller en grandissant. Les lecteurs vont néanmoins rester sur leur faim avec une légère déception en ce qui concerne l'intrigue que compensera des planches d'une qualité indéniable. En effet, le scénario va se montrer assez répétitif. La crainte sera celle que l'auteur ne se ressaisisse pas et fasse ainsi sombrer cette série dans une odyssée désincarnée. C'est déjà arrivé avec des séries qui ont démarré en fanfare avec une barre placée très haut. Bref, ce cycle sera celui de l'incertitude. Le cycle de l'air: Le renouveau va fort heureusement arriver avec le 5ème tome qui marque un véritable tournant dans la série avec un rebondissement étonnant. C’est de loin la meilleure histoire avec un suspense et une intensité dramatique dignes de ce nom. Action et suspense seront au rendez-vous. Ce cycle nous réconcilie avec Okko. Le cycle du feu : Le quatrième cycle, à savoir celui du feu, est également très réussi avec un scénario fort original qui dévoile un peu plus l'organisation politique de ce pays imaginaire avec les 4 familles. Je ne m'attendais pas à un scénario aussi bien travaillé où il va falloir jongler entre les jeux politiques des 4 familles. C'est le cycle de la maturité. Je me dis qu'il va être très difficile de faire mieux. J'ai l'impression d'un nouveau départ avec une richesse de l'univers très impressionnante. Le cycle du vide : C’est rare les séries qui se bonifient avec le temps. Okko, c’est de mieux en mieux et on sent que le final sera grandiose. Le scénariste a su conserver des secrets concernant certains personnages ce qui nous procure désormais du plaisir à les découvrir. C’est également le cycle le plus sombre de la série dans une ambiance noire et sanglante. On découvre un héros qui peut se tromper dans ses choix et qui le fait payer cruellement autour de lui. Est-ce que cela casse le mythe ? Au contraire, cela le renforce magistralement en ce qui me concerne. L’auteur est véritablement au sommet de son art en propulsant Okko dans la légende. Il a beaucoup progressé d’un point de vue scénaristique et cela se ressent à la lecture. Nous avons là le meilleur. Pour la petite anecdote personnelle, j'ai eu le plaisir de rencontrer Hub lors d'un festival. Ce dernier m'a dessiné le personnage masqué de Noburo à l'aquarelle sur mon premier tome. Généralement, je ne suis pas fan de demander des dédicaces de ce type. J'ai réalisé une exception. Merci Hub pour ce talent et pour ces bons moments de lecture ! Cette série a eu du succès et c'est amplement mérité. Je pense qu'il s'agit même de l'une des meilleures de la décennie qui s'est écoulée et je pèse mes mots. Note Dessin : 4.75/5 – Note Scénario : 4.25/5 – Note Globale : 4.5/5

14/02/2007 (MAJ le 18/12/2015) (modifier)
Par Puma
Note: 5/5
Couverture de la série Notre Mère la Guerre
Notre Mère la Guerre

Le meilleur des scénarios de Kris servi par le sublimissime et maginifique graphisme de Maël. Une bien belle épopée psychologique et humaine sur fond de première guerre mondiale ! Il y a aussi accessoirement en enquête le long des tomes ... et elle sert de fil conducteur pour nous peindre cette tragédie des tranchées avec brio, et donner une fin au récit. A lire et à relire ....

16/12/2015 (modifier)
Par KanKr
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Maître d'armes
Le Maître d'armes

La Bible et l'épée ! 1537, à la charnière du Moyen-Âge et de la Renaissance, Hans Stalhoffer, Gauvin de Brême et Casper convoient de quoi faire chanceler le dogme catholique en place : une bible traduite en français ! Errant dans les montagnes jurassiennes, l’enseignant d'escrime déchu escorte ses deux compagnons protestants en direction de la Suisse pour y imprimer cet ouvrage suscitant tant de convoitises. Un voyage qui sera loin d'être une sinécure ! Et pour cause, la chasse à l'homme est vite lancée contre ces hérétiques, sous l'impulsion d'un émissaire de la Sorbonne qui envoie sur les traces de Hans, à qui il voue une haine farouche, une horde de montagnards. Face à cette belliqueuse compagnie, les statistiques ne sont pas en faveur des trois proies, mais ce serait oublier que le vieux guide fut le maître d'armes de François Ier. Expérimenté et encore vif, il est bien décidé à traquer ceux qui l'ont pris pour cible. Bien que la trame du récit s'axe sur cette course poursuite, les auteurs explorent, à travers Le Maître d'Armes, la dualité. Une opposition que l'on retrouve tout au long de l'intrigue : l'affrontement des papistes et des réformistes, l'épée contre la rapière, l'ancienne génération lettrée et pessimiste sur la société face à la nouvelle, candide mais optimiste. Derrière cette aventure impitoyable et sanglante, Xavier Dorison nous livre une réflexion sociopolitique sur un monde en pleine mutation. Diffuser à tous les saints écrits, jusqu'alors uniquement disponibles en latin, en des termes que chacun peut comprendre était un immense pas que beaucoup de détenteurs de la parole divine n'étaient pas prêts à franchir de peur de perdre le contrôle et le pouvoir que leur conférait la connaissance d'une langue qu'eux seuls maîtrisaient encore. Profondément d'actualité, le propos qu'il développe montre combien les sujets gravitant autour de la spiritualité sont sensibles et cloisonnés par des instances religieuses minoritairement favorables au changement. De son trait fin, précis et dynamique, Joël Parnotte orchestre à la perfection l'action, notamment par un découpage magnifique des cases. Par des cadrages serrés et intimistes, laissant place aux regards détaillés avec minutie, jusqu'aux vues panoramiques magistrales des montagnes balayées par l'hiver, il fait tour à tour partager au lecteur les émotions de ses personnages et l'ivresse des grands espaces. On est saisi par l'ambiance glaciale, austère et nocturne, mais aussi par le travail réalisé sur les postures de combats, traduisant un gros labeur de documentation tant les séquences semblent chorégraphiées. Voilà une œuvre très immersive, qui dépasse le cadre de la bande dessinée pour flirter avec la mise en scène cinématographique ! KanKr

12/12/2015 (modifier)
Par Gaston
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Trashed
Trashed

Derf Backderf est en train de devenir un des mes auteurs préférés. Après son excellent one shot sur Jeff Dahmer, il livre un travail qui réussit le tour de force d'être encore meilleur que son travail sur le célèbre tueur en série qu'il a côtoyé (d'ailleurs il parle un peu de Jeff dans ses notes vu qu'il a jeté les restes de sa première victime dans les ordures et seulement que quelques mois avant que l'auteur soit devenu éboueur, ça fait un peu peur!). Donc cet album mélange le documentaire (il y a quelques pages qui nous montrent comment les ordures sont gérées et l'auteur fait des réflexions sur le problème de la surconsommation qui fait en sorte qu'il y ait beaucoup d'ordures) et le roman graphique vu qu'on suit les mésaventures de deux nouveaux éboueurs durant une année. Cette histoire est basée sur l'expérience que l'auteur a vécue quoique cela reste de la fiction. Ainsi, l'action ne se passe pas en 1979-1980, mais de nos jours et les noms sont changés (les deux personnages principaux ressemblent à l'auteur et un des potes vu dans le livre sur Dahmer). J'ai vraiment trouvé cette lecture palpitante et j'ai même relu certaines scènes plusieurs fois. Non seulement c'est intéressant de voir ce qui peut arriver dans la vie d'un éboueur municipal américain (ordures trop lourdes, magouilles dans le monde municipal, etc.), mais en plus c'est très marrant. L'auteur décrit une belle galerie de personnages hauts en couleurs (mention spéciale pour le vieux de la fourrière complètement cinglé) et son humour marche très bien. J'ai beaucoup ri en lisant les malheurs des éboueurs même si au fond je les respectais car ce n'est pas un métier que je voudrais faire ! Le dessin est du pur underground américain et j'aime bien le style de l'auteur. C'est vraiment une des meilleures bandes dessinées que j'ai lue depuis longtemps et j'espère qu'il deviendra un jour un classique.

10/12/2015 (modifier)
Par Ro
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Trône d'argile
Le Trône d'argile

Avant cette série, on aurait pu oublier que les BDs historiques pouvaient à la fois être totalement réalistes, superbement dessinées et en même temps passionner le lecteur par un récit plein d'aventure, de politique et d'action. Le Trône d'Argile possède toutes ces qualités. Le dessin est vraiment excellent. Moderne, dynamique, détaillé, il donne vie et beauté aux décors français du 15e siècle. Personnages et décors sont soignés, détaillés, beaux et parfaitement documentés sur le plan historique. La narration est impeccable, réalisée aux petits oignons. Et les couvertures rivalisent d'excellence. Le récit nous place dans une époque peu usitée dans le domaine de la BD historique. Je me suis en effet rendu compte à sa lecture que je ne connaissais quasiment rien de l'époque de la Guerre de Cent Ans, ou du moins que j'avais oublié ce que j'en avais appris en lisant la série Jhen. Ma surprise en découvrant la vision du Louvre tel qu'il était à l'époque en début du tome 1 est assez symptomatique de ma méconnaissance par exemple. J'avais oublié la folie du Roi Charles VI ou du moins je ne l'imaginais pas à ce point là. Et je ne savais (plus) rien de ce conflit entre Bourguignons et Armagnacs qui offrait ainsi le Royaume de France à la merci des Anglais. Gros avantage de cette BD, le réalisme historique cède parfaitement le pas à l'aventure et on suit l'Histoire avec un grand H comme on suivrait un récit de cape et d'épée, avec des chevaliers sans peur et sans reproche, un dauphin de France attachant et des intrigues politiques et stratégiques tout à fait prenantes. Le récit de la guerre de 100 ans se révèle incroyablement dense en événements variés et complexes. C'est très instructif, souvent épique et en même temps parfois édifiant. J'ai appris une somme incroyable de choses grâce à cette lecture qui donne vie aux événements de l'époque. J'ai ressenti un petite baisse de rythme aux alentours du 4e tome, ou plutôt une légère confusion, mais c'est essentiellement parce que la chronologie avance un peu plus vite alors que les faits eux-mêmes restent toujours aussi denses. Quand, à cela, s'ajoute un dessin superbe et très vivant, une narration dynamique et des personnages aussi charismatiques que réalistes, c'est vraiment là un chef d'oeuvre de la BD historique. Vraiment à conseiller !

30/07/2007 (MAJ le 23/11/2015) (modifier)
Par Erik
Note: 5/5
Couverture de la série La Guerre des Sambre - Maxime et Constance
La Guerre des Sambre - Maxime et Constance

La guerre des Sambre est un projet ambitieux qui semble tenir la route et qui se bonifie avec les années. L’auteur a changé son fusil d’épaule pour nous proposer un récit à chaque fois original et qui a le don de surprendre. Il faut dire que le cycle sur Werner et Charlotte avait mis la barre tellement haut qu’il ne pouvait être que difficile de faire mieux. Et pourtant, ce nouveau cycle qui porte sur une autre génération mérite notre attention. Cela sera d’ailleurs le troisième et dernier cycle. Le choix du dessinateur est judicieux puisqu’il s’agit de Marc-Antoine Boidin qui a déjà fait ses preuves. C’est franchement d’une beauté graphique absolue. Que dire ? On reste sans voix. Reste la vue. On a hâte de savoir ce qui est à l’origine du mystère qui entoure la saga depuis ses débuts. Ce premier tome est très prometteur car on est déjà dans la passion. Vivement la suite ! Et cette suite semble être à la hauteur de nos espérances. Le personnage de Maxime devient de plus en plus détestable alors que je l'avais pris en pitié et en compassion dans le premier tome. Volage, colérique et cruel: voilà pour résumer. Il y a toujours aussi peu de révélations alors que la saga va bientôt se terminer dans cet ultime trilogie. Le récit est toujours aussi prenant. On sent que la tragédie n'est pas très loin. Note Dessin: 4.5/5 - Note Scénario: 4.5/5 - Note Globale: 4.5/5

22/09/2014 (MAJ le 16/11/2015) (modifier)
Par jotaro91
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Cassandra
Cassandra

L'adaptation du récit de Cataldo en BD/manga par Valeni et Caselli peut au premier abord étonner par son originalité. On s'attend à feuilleter un livre dont le thème principal est l'enquête policière menée par le héros dans une Rome en proie à la noirceur sociale. Mais, dès les premières pages, le dessin cru, presque agressif retient notre attention et nous éloigne du sujet principal. "Le pays est l'Italie, mais ce n'est pas l'Italie. La ville est Rome, mais ce n'est pas Rome". Il s'agit de la première phrase que nous lisons et l'ambiance est d'ores-et-déjà imposée au lecteur : sombre voire apocalyptique. Puis voilà que surgit le sourire taquin de cette superbe jeune femme répondant au prénom de Cassandra. Elle charmera l'enquêteur, lequel s'interrogera sur ses sentiments à son égard, lui qui fut traumatisé par la mort de son frère jumeau... Un goût d'amertume persiste entre les deux protagonistes sur fond de violence raciste et homophobe. La fin de ce manga est surprenante... Mi BD, mi manga, les dessins sont crus, le thème sur le racisme et l'homosexualité est traité avec justesse. Le scénario est prenant. Une oeuvre que je conseille de lire fortement tant par son originalité que par son esthétisme !

06/11/2015 (MAJ le 06/11/2015) (modifier)
Par Erik
Note: 5/5
Couverture de la série Le Prince de la Nuit
Le Prince de la Nuit

Cette série où se mêlent violence, amour et haine est une pure merveille. Quand on commence la lecture, on ne s'arrête plus tant l'histoire est réellement passionnante. Le dessin de Swolfs est magnifique tout comme la colorisation assurée par son épouse qui contribue à l'ambiance de cette série pas comme les autres. On a droit à un graphisme à vous couper le souffle (je devrais plutôt dire à vous glacer le sang). Je m'aperçois que le scénario paraît également incroyablement maîtrisé de bout en bout avec une quasi-absence de temps mort... Pour l'instant, il n'y a eu que deux petits cycles de 3 tomes chacun. Les admirateurs de cette bd réclament à corps et à cri une suite que laissait entrevoir l'épilogue. C'est dommage que son auteur ait eu envie de se consacrer à d'autres séries alors que celle-ci avait trouvé son public. On ne pourra certes pas l'accuser d'exploitation commerciale. Cela confère une véritable intégrité à ce chef d'oeuvre. J'ai bien aimé cette opposition entre la famille Rougemont et Vladimir Kergan, le prince de la nuit. C'est une lutte qui va s'étendre sur près de 700 ans. Chaque tome à l'exception du dernier nous conte une histoire d'un des ancêtres de cette dynastie familiale qui se mêle toutefois à une action présente située en 1933. Le lecteur est ainsi emmené du Moyen-âge jusqu'à la montée du nazisme en passant par l'Inquisition et la révolte des Chouans durant la Révolution. Je suis ébloui par autant d'efficacité. Je ne découvre que tardivement cette série car j'avais un peu une appréhension en lisant une énième histoire de vampires. C'était sans compter l'immense talent de Swolfs. Malgré le classicisme du thème, cette histoire restera comme l'une des plus grandes réussites du genre. Si seulement il n'y avait plus eu de suite, j'aurais maintenu la note culte. Cependant, le charme est rompu à cause d'une suite qui ne vaut absolument pas ce premier cycle. Certes, il est de bon ton d'élaborer des spin-off mais à force de céder à la tentation, on fait que dénaturer le mythe. Je n'ai plus eu de plaisir comme la première fois où j'ai découvert cette série. Cela aurait dû me plaire dans la mesure où le plaisir aurait été prolongé mais cela ne m'a pas fait cet effet. Pourtant, le dessin s'est nettement amélioré avec des planches réellement splendides. Une narration fleuve qui m'a un peu gâché le plaisir de la lecture. Conseil d'achat seulement pour les 6 premiers tomes décliné d'ailleurs en intégrale. Note Dessin: 4.5/5 - Note Scénario: 4.5/5 - Note Globale: 4.5/5

14/12/2008 (MAJ le 01/11/2015) (modifier)
Par Ro
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Seuls
Seuls

Seuls est une des rares séries actuellement en cours de publication que je considère comme Cultes. J'attends chaque nouveau tome avec impatience et surtout une grande curiosité, très désireux de savoir où les auteurs vont nous emmener. J'aime beaucoup le dessin de Gazzotti et je suis un grand fan des scénarios de Vehlmann, je partais donc sur un à-priori positif sur cette BD. Pourtant, j'avais des craintes au tout début de la série car la trame était au départ assez simple et légèrement vide. Elle s'est néanmoins énormément étoffée, prenant à chaque nouveau tome davantage d'ampleur et d'originalité, tout en maintenant une narration parfaitement impeccable et très prenante. Le postulat de départ est une thématique SF assez courante : que se passerait-il si nous nous retrouvions seuls sur Terre, si tous les êtres humains disparaissaient d'un coup sauf nous ? Seule originalité, quoiqu'elle rappelle fortement le livre "Sa Majesté des mouches", les survivants sont ici des enfants. Par la suite, cependant, ce cadre un peu post-apocalyptique prend une tournure vraiment innovante et surprenante qui se développe encore plus à partir du second cycle. Excellente narration, bons dialogues, très bon dessin, j'ai tout de suite été pris dans le récit. Celui-ci se déroule sans anicroche, avec réalisme mais aussi légèreté car il n'oublie pas qu'il s'adresse autant aux adultes qu'aux jeunes lecteurs. Il s'offre en outre le luxe de dispenser quelques moments d'humour qui m'ont bien fait rire ou au moins sourire. C'est prenant, bien raconté. Et on s'attache rapidement à chacun des membres de ce petit groupe d'enfants. Bref, après un premier tome introductif, un second tome plus tourné vers l'action mais à nouveau fort bien construit, les tomes 3 et 4 introduisent de nouveaux personnages et font tout doucement avancer l'intrigue globale, y apportant des éléments clés qu'on comprendra mieux plus tard. Et c'est à partir du tome 5 que se dévoile une énorme part du mystère qui va modifier grandement la donne. La révélation est forte et l'intrigue va énormément gagner en ampleur par la suite. Plus les tomes avancent et plus les réponses amènent de nouvelles questions et de nouveaux mystères. Ce sont sans arrêt de éléments nouveaux qui donnent clairement envie de lire la suite. A cela s'ajoute une ambiance survival-horror au ton léger qui me donne parfois l'impression de lire une version pour adolescents de Walking Dead, tout aussi captivant tout en offrant une intrigue nettement plus axée sur le fantastique et avec des idées souvent étonnantes. Tout se tient et c'est bien foutu, carrément prenant. Clairement un must, pour les jeunes comme les moins jeunes !

09/03/2007 (MAJ le 29/10/2015) (modifier)