La période de l'exode en 1940, puis de l'armistice peu après, qui introduit l'Occupation allemande en France avec les 2 zones libre et occupée, a déja été évoquée dans l'excellente Bd Les Combattants. Mais ici, ça va un peu plus loin car si dans Les Combattants, les personnages se focalisaient sur une seule mission, ici il se passe beaucoup de choses et les actions s'enchainent sans temps morts où tout est finement observé, c'est sûrement dû à une solide documentation sur cette période sombre. C'est pas une période qui me passionne vraiment, mais je sais pas comment, les auteurs ont le don de nous y intéresser par une succession d'éléments et d'événements bien relatés et un dessin agréable.
De ce fait, au lieu de combats incessants montrés dans d'autres Bd de guerre, "le Merlu" s'intéresse plus aux personnages et à l'aspect humain. Ces 2 albums n'abordent pas des faits connus, tout est imaginé, mais on sent que ça s'appuie sur de l'authentique, je crois très sincèrement qu'il y a eu des gens comme Georges Colin, comme monsieur Leduc, comme Simon ou Fabrizzio ou encore comme ce salopard de Jean-Claude. Cette période de la guerre a révélé bien des caractères : lâcheté, haine aveugle, antisémitisme, mais aussi générosité et entraide face à un ennemi qui progressait chez nous. On découvre que des gars comme Georges Colin traversaient une partie du pays pour assurer des transports malgré ce contexte d'Occupation, et le trajet Paris-Lyon via Chalon, ça fait quand même une sacrée trotte, d'ailleurs les auteurs simplifient cet aspect car la fatigue, le roulage de nuit et l'enchainement presque simultané des parcours ne laissent pas beaucoup de temps pour dormir et se reposer, d'autant plus qu'en 1941, il n'y avait pas encore d'autoroute, que les routes étaient dans un état très relatif et qu'il fallait traverser des régions vallonées comme le Morvan, et en plus avec un Berliet au gazogène à un rythme d'escargot.
Le scénario du tome 1 prend le temps d'installer le contexte historique et les personnages, j'aime particulièrement cet album par rapport au tome 2 qui montre des opérations de la Résistance qui s'organise avec ses réseaux pour affaiblir et déstabiliser les chleus. On perçoit aussi dès le début une relation sentimentale entre Georges et Marie-Jeanne, et par la suite la description des Pétainistes qui veulent collaborer avec l'Occupant est bien perçue à travers le personnage détestable de Jean-Claude. On fait connaissance avec un tas de braves gens qui se débrouillent comme ils peuvent, bref tout ceci est remarquablement élaboré, sans compter une sorte de cliffhanger étonnant à la fin du tome 1.
Le dessinateur que je ne connaissais pas est très adroit, j'aime son dessin, c'est une sorte de néo-Ligne claire mais très personnelle, parsemée de clins d'oeil puisqu'on aperçoit Benoit Brisefer, Gil Jourdan et plusieurs personnages de Spirou qui situent les références du dessinateur. Ses cases sont très remplies et riches de détails que j'ai aimé scruter, de même que les décors sont réalistes et les têtes des personnages typiques de cette époque, rien d'anachronique ne vient troubler ce dessin appliqué.
Une très bonne série qui m'a rappelé le film le Train, grosse production américaine tournée en France par John Frankenheimer (avec pas mal d'acteurs français) qui décrivait les actions de la Résistance ; j'aurais vu la Bd plus en historique qu'en aventure car elle se déroule dans un contexte historique bien défini, je lirai avec plaisir le dernier tome.
Cela commence comme une énième évocation d’un complot contre Hitler – avec toutefois le fait que ce soit une histoire vraie, et particulièrement méconnue (de moi en tout cas). Mais, rapidement, et sans que l’on perde totalement de vue ce Bavaud, qui a projeté d’éliminer le Führer, cela bascule vers un thriller immergé dans le Berlin du milieu des années 1950, en pleine guerre froide.
Les services secrets soviétiques et leurs affidés de la Stasi, ceux de la CIA, tentent de se manipuler, alors même que les Soviétiques se divisent à propos de la nouvelle politique impulsée par Khrouchtchev.
Au milieu de ce panier de crabes, un journaliste, ex flics sous Hitler, qui tente d’échapper aux pressions des deux camps, tout en tentant de réhabiliter Bavaud. Et qui cherche une sorte de rédemption, peu importe le prix à payer.
L’intrigue est resserrée sur deux tomes, et donc cela donne une histoire dynamique, sans temps mort, qui réussit bien à lier petite et grande histoire, personnages fictifs et réels.
Les auteurs ont aussi bien reconstitué les décors du Berlin de l’époque, autour de la gare de Friedrichstrasse (qui deviendra quelques années plus tard un des rares lieux de passages entre les deux parties de Berlin après la construction du mur). J’ai aussi reconnu le centre d’interrogatoire de la Stasi, que j’avais visité il y a quelques années.
Et, au final, si l’on ne connait pas forcément tout de ce Bavaud, on en a en tout cas appris sur l’hypocrisie suisse (mais là on connaissait déjà la géométrie variable de la notion de neutralité, par rapport aux Juifs et leur argent par exemple), et sur certains aspects ubuesques de la justice allemande (qui l’a condamné en 1955 à 5 ans de prison, à titre posthume – les Nazis l’ayant exécuté en 1941 !!?? et pour avoir tenté d’assassiner Hitler !!!????). L’histoire est tellement incroyable que j’ai été vérifier, mais oui, c’est bien ce qui s’est passé.
Un petit diptyque d’aventures historiques plutôt sympa à lire en tout cas.
Note réelle 3,5/5.
C'est le dernier album de Mosquito regroupant les récits courts western de Serpieri qu'il me restait à lire, ces récits sont parus dans des revues italiennes au cours des années 80, mais n'avaient pas été prépubliés dans une revue en France ; je désespérais de le lire depuis sa parution, mais c'est chose faite. Et c'est pas plus mal de le lire en dernier, car de tous les albums en mode western que j'ai lus de Serpieri, celui-ci est le plus sombre.
Des 3 récits, je suis bien ennuyé pour les départager, pour moi ils sont d'égale qualité, je ne peux avoir qu'une préférence, et cette préférence va au récit qui donne son titre à l'album : John and Mary, qui est le plus long. Il s'agit d'une touchante réunion de 2 êtres solitaires malmenés par la vie, j'ai trouvé ce récit très poétique et triste, plein d'amertume. Mais les 2 autres m'ont aussi laissé une forte impression, le premier m'a rappelé un peu le superbe western de Howard Hawks, la Captive aux yeux clairs. Ces 3 récits témoignent des aléas d'une époque rude et impitoyable dans ce vieux Far West et ont en commun la confrontation des personnages avec leur passé souvent douloureux, c'est aussi une réflexion sur les actes injustes ou odieux commis envers les Indiens ou d'autres subis par des pionniers. Ces thèmes qui dégagent une certaine humanité sont rarement traités en western.
La psychologie de ces histoires alliée au ton historique sont rehaussés par le crayonné unique et ultra reconnaissable de Serpieri dans son réalisme époustouflant qui restitue la dureté du Far West ; ce noir & blanc somptueux qui souligne la beauté grave des visages en gros plan est exceptionnel, je suis toujours en admiration devant le talent du maître italien qui a su illustrer le western à sa façon très personnelle. Un album magistral !
Je n'ai pu lire que le tome 1, ma bibli n'ayant pas le tome 2, et je me suis carrément régalé, cet album m'a beaucoup amusé, il s'agit d'un polar très typé et haut en couleurs, mené à la perfection par un duo d'auteurs qu'on sent très inspiré.
En fait, cet album reprend un fait divers très célèbre en son temps, celui du hold up des bijoux de la Begum, épouse de l'Aga Khan. je croyais que toute cette histoire était une invention de Yann dont on sait l'imagination fertile, mais pas du tout, je me suis renseigné sur Wiki, ça a bien eu lieu le 3 août 1949 sur la route du Cannet vers l'aéroport de Nice, la Cadillac de l'Aga Khan et de la Begum qui venait de quitter leur villa Yakimour fut attaquée par un gang, et le vol fut organisé par un certain Paul Leca, la Begum était Française et s'appelait bien Yvette Labrousse... tout ceci est vrai, ça a même inspiré Hergé parait-il pour les Bijoux de la Castafiore (la fameuse phrase de la Begum "Ciel mes bijoux !").
Bon après, que le héros Atom Vercorian soit le fils d'un commissaire arménien, qu'il soit cousin avec un certain Aznavourian qui s'est lancé dans la chanson, que son co-équipier Jojo la Toupie ait connu Yvette Labrousse, et qu'une femme aux dents longues ait trempé dans ce vol, tout ceci est de la pure invention, mais ce contexte imaginé et ce fond de vérité s'intègrent bien l'un dans l'autre.
Les auteurs rendent un hommage évident à Gil Jourdan, aussi bien dans la petite équipe qui compose l'agence de détective (avec de nombreux clins d'oeil) que dans l'époque des années 50 merveilleusement restituée grâce au dessin Ligne Claire d'Olivier Schwartz, très imité de Tillieux ; en fait, son dessin que je trouve beaucoup plus appliqué que sur Les Enquêtes de l'Inspecteur Bayard qui avait un trait au style plus atome, est un savant mélange de néo-Ligne Claire dans le style d'Yves Chaland et de Ligne Claire classique à la Tillieux. C'est un trait très élégant croquant au passage Léon Zitrone en commentateur sportif, et un faux faciès à la Gabin pour la bouille de Jojo la Toupie. Ce dessin s'accorde parfaitement au dialogue des plus savoureux truffé d'argotismes et d'expressions marseillaises ; cette gouaille donne beaucoup de caractère à cette aventure même si on a l'impression que ça fait un peu trop : en effet, le parler de titi parisien et le parler marseillais versent souvent dans la caricature pour faire couleur locale, c'est le seul petit défaut de cette bande dont les 3 personnages principaux sont très attachants.
Ce que j'ai particulièrement apprécié, c'est la recréation de toute une époque d'après-guerre, visible dans les bagnoles, les films sur les affiches des cinémas, les frusques, le catch, sport alors très populaire à cette époque, et même les allusions à Lino Borrini (futur Lino Ventura) qui ayant quitté le ring, fait l'acteur... tout respire une époque pleine de charme rétro, j'aime beaucoup. Après, que l'enquête en elle-même manque un peu de corps n'a pas une grande importance à mes yeux, c'est suffisamment tonique, très référencé et très plaisant à lire, c'est ce que je retiens avant tout.
Sweet Tooth est un récit de genre. Un genre revenu à la mode depuis Walking Dead, je veux bien entendu parler de… récit post-apocalyptique (et non pas de zombie). On retrouve en effet quelques éléments moteurs des récits du genre : un pays dévasté dans lequel il est dangereux de s’aventurer seul, une dévolution démographique cause de multiples catastrophes, des humains qui se réorganisent en clans plus tordus les uns que les autres, un personnage à l’image virginale en guise de héros et, à ses côtés, un baroudeur d’apparence indestructible mais qui cache une faille et un lourd secret.
Rien de bien nouveau donc, de ce point de vue, mais d’originalité il est tout de même bien question puisque les causes de cet apocalypse nous sortent des lieux communs. Une pandémie suite à la propagation d’un étrange virus (bon, là, on reste en pays connu) qui n’épargne que certains enfants nés avec des malformations qui en font des êtres mi-humains mi-animaux (là, vous avouerez que c’est quand même bien plus original) serait la base de tout.
La première moitié du premier tome est vraiment très prévisible. Par ailleurs, le dessin de Jeff Lemire y est peu engageant. Si les décors et scènes d’action sont acceptables, les visages des personnages me posent question. En effet, l’auteur semble vraiment avoir du mal à les dessiner autrement que de face ou de profil. Les vues de ¾ me semblent des plus bancales et les expressions de visage des plus basiques.
Heureusement, le tournant scénaristique au milieu de ce premier tome (qui devient d’un coup moins manichéen même si toujours relativement prévisible) s’accompagne d’un gain en qualité et en finesse au niveau du trait. Par ailleurs, la structure du récit change également à cette occasion. Les deux personnages centraux se trouvent séparés et on passe alors d’un à l’autre –avec des flash-back en prime- au fil de chapitres par conséquent moins linéaires et plus dynamiques. Enfin, c’est à partir de ce moment que l’auteur s’attarde sur l’un de ses personnages pour lui concocter un profil psychologique plus abouti.
C’est à partir de cet instant que j’ai commencé à croire en la série, car jusque là, le personnage de Gus (le héros central du récit) était tellement candide qu’il m’horripilait plus qu’autre chose. Il m’aura tout de même fallu beaucoup de temps avant de me décider à lire l’intégralité de ce premier cycle. Mais bien m’en a pris car cette fois, je peux dire que j’ai adoré. Jeff Lemire ne cesse de nourrir les profils de ses personnages. De plus, il n’hésite pas à innover au niveau de la mise en page, cédant même à l’occasion les pinceaux à un autre dessinateur. Le résultat est prenant, les développements surprennent, les personnages secondaires s’émancipent et la conclusion du cycle (qui était prévu comme la fin de la série) est convaincante.
Lirai-je la suite ? Je n’en sais rien. Ce quatrième tome et nouveau cycle me semble plus opportuniste (la série ayant été adaptée sur Netflix) qu’utile au bon développement de l’histoire. Mais il ne fait nul doute que le premier cycle est une des meilleures histoires post-apocalyptiques modernes qu’il m’a été donné de lire.
Voilà bien longtemps qu'une BD historique ne m'avait pas fait si bonne impression !
Le dessin de Fafner n'y est pas pour rien et c'est un réel plaisir de découvrir le talent de cet auteur qui rend merveilleusement grâce au scénario que lui a concocté Jean-Pierre Pécau. Les découpages et les cadrages sont biens pensés, sont trait est aussi affirmé que son personnage principal et la mise en couleur un peu froide est de toute beauté tout en sachant composer avec des contrastes bien pensés. Ça part plutôt très très bien de ce côté là, on pourra juste noter que tous ses personnages principaux ont quand même de sacrés corps d'athlètes pour les hommes et de déesses pour les femmes.
Lorsque Coax, notre personnage principal, mercenaire et pirate de profession, très investi dans son travail, enlève un noble romain pour demander une forte rançon, il est loin de se douter qu'ils se retrouveront rapidement, comme il lui en a pourtant fait la promesse à sa libération. Ce jeune romain ambitieux n'est autre que César, et César tient toujours ses promesses... César joue finement pour éviter la mort de Coax aux arènes et ainsi pouvoir racheter ce nouvel esclave prometteur ; les rôles ont changé ! Et c'est en s'achetant la vengeance de Coax que César s'entoure d'un atout de poids pour mener à bien ses stratégies de conquêtes... Duels et batailles rangées vont alors s'enchaîner pour satisfaire d'un côté une soif de vengeance et de l'autre celle de conquête en nous proposant des planches assez folles de toute beauté !
C'est beau, ça gicle, l'histoire est prenante : voilà donc un très bon début de série qui je l'espère saura garder cet équilibre trouvé entre histoire et aventure, servies par un dessin des plus efficace. Je recommande chaudement !
*** Tome 2 ***
Après un premier tome tonitruant et impressionnant, j'étais pressé de retrouver Coax, notre montagne gauloise au service de César.
Après avoir permis à Coax d'assouvir sa vengeance, César a de nouveau besoin de ses services pour démêler les intrigues qui l'entourent et affament Rome. Tout est forcément question de pouvoir et de trahisons, mais si de nouveaux protagonistes important s'imposent en filigrane, d'autres figures connues du premier album tissent aussi leur toile à des fins personnelles... Croax est toujours aussi prompt à se mettre dans des situations périlleuses qu'à les régler à coup de masse d'arme ou de glaive, et le bougre excelle plutôt dans ce domaine.
Ce second opus fait donc office de transition et plante le décor d'une intrigue de grande envergure entre Rome et l'Egypte. Le graphisme de Fafner est toujours aussi grandiose et sa colorisation particulière jouant beaucoup sur les contrastes donne à ses planches une singularité remarquable. J'ai juste trouvé certaines de ses cases en dessous de l'ensemble sans trop comprendre pourquoi. Certains visages donnent l'impression d'avoir été surligné au noir, ou je ne sais quoi...
J'ai également beaucoup apprécié le rôle des personnages secondaires et le soin qui leur est porté ; mention spéciale au légionnaire Titus qui joue les intermédiaires entre Coax et César ; j'adore leur relation compliquée.
J'attends donc maintenant la suite avec impatience, car là, on reste sur notre fin, comme coupé en plein élan...
*** Tome 3 ***
Voilà donc le tome conclusif de cette courte série historique.
Toujours aussi impressionnante graphiquement, (Fafner est décidément très bon tant dans la réalisation que dans la composition de ses planches), la fin de cette trilogie s'appuie sur une trame historique plus prégnante. Jean-Pierre Pécau place malicieusement notre gaulois de Coax à une période charnière de la république romaine. Cette dernière vacille en effet sous les coups de boutoir de ses principaux dirigeants prêts à tout pour assouvir leur soif de pouvoir ; la chienne d'Hadès qui intrigue subtilement dans l'ombre n'y est pas étrangère non plus... Car derrière ces luttes de pouvoir c'est bien la vengeance qui fait office de fil conducteur de cette série, chaque protagoniste ayant à cœur de mener à bien sa vendetta personnelle.
C'est donc une série rondement menée, efficace et qui s'appuie sur un graphisme remarquable qui fera le bonheur tant des amateurs de BD historique que d'aventure : un récit homérique de toute splendeur !
Une BD que j’ai pas mal aimée ! Une BD autobiographique, perso c’est une des premières que je lis qui est une autobiographie je pense. Même si des biographies j’en ai déjà lues.
Rien de mieux que le mois pride, pour mettre en rayon de nombreux livres LGBT, en les mettant en avant! Ce roman graphique m’a vraiment attirée et je ne regrette rien.
On nous y raconte la vie d’Élodie qui de ses quinze ans à ses trente ans environ, se questionne puis essaye d’accepter son homosexualité !
Un livre où de nombreux jeunes se reconnaîtront, notamment dans le déni de sa sexualité !
Le thème du coming in du coup, qui est différent du coming out, est très bien abordé. Les différentes phases sont très bien montées, et l’évolution d'Élodie sur ce sujet est intéressante à lire. On s’attache vraiment à elle à travers les cases et les planches.
Le trait de dessin est vraiment bien, un côté très coups de crayon, qui donne un bon charme, peut être que cela peut donner un aspect bâclé, mais j’adore ! Ça fait pas du tout informatique en tout cas et c’est plaisant !
La première BD LGBT que je lis, et j’ai beaucoup aimé ! Je conseille vivement !
Le seul vrai super héros de bande dessinée.
Eh bien oui, aucun effet spécial ne permettra de le voir arriver sur nos petits ou grands écrans, celui-là ! Et c’est ça qui est bon.
Non seulement l’exercice de style très oubapien est excellent, notre ami se joue des cases de la planche, en arrive à se dédoubler et à provoquer des paradoxes temporels, mais cette contrainte ne paraît même pas forcée tant le gag fait mouche, pour ma part en tout cas.
On aurait pu croire que ce type d’exercice aurait conduit à des séquences « artificielles » avec des ajouts de cases pour que le personnage tombe pile mais il n’en est rien ! Génie de l’auteur ou heures de travail acharné ? Sans doute les deux.
Pas vraiment de redondance non plus, quelques personnages secondaires ont aussi quelques super pouvoirs tout aussi bien traités, un régal.
Et ce héros, nul besoin pour lui d’enfiler son costume, il le garde en permanence, même pour faire ses courses au marché ou manger le dimanche chez sa mémé. Je l’adore.
« - Faisons vite, j’ai promis à Mr Dutilleul d’aller bêcher son potager.
- Bêcher son potager ? Avec vos super-pouvoirs ?
- Euh non, avec une bêche. »
Mouahahahah… je sens que je vais le relire souvent.
Merci aux aviseurs de ce joli site de m’avoir fait découvrir que je pouvais aimer les super-héros aux super-pouvoirs en costume.
Je lis avec un grand retard cet album qui a fait partie en 2014 des nombreuses Bd et ouvrages didactiques sortant pour marquer le centenaire de la Grande Guerre. J'ai bien apprécié cette vision de la guerre de 14-18, j'en connaissais déja de nombreux éléments, comme ce généralissime Joffre qui selon certains historiens n'était qu'une vieille baderne galonnée, imbue de lui-même, accumulant les erreurs tactiques et répondant aux journalistes par des phrases nébuleuses (le fameux "Je les grignotte", phrase qui lui a valu de réelles moqueries) et vouant une inimitié à Gallieni qui était bien supérieur à lui en intelligence et en stratégie.
L'album nous plonge dans les coulisses du pouvoir politique et militaire durant les premiers mois de la guerre, en mettant en valeur la figure du général Gallieni qui a eu une idée géniale ; le développement est bien conçu, tout est bien relaté, le fond est sérieux et précis, un peu documentaire mais captivant, en s'attachant fidèlement aux faits ; ce qui fait que pour un fin connaisseur du conflit, cet album ne lui apprendra rien, mais pour quelqu'un qui a envie d'approfondir ses connaissances, c'est une excellente approche sur une période très critique où l'armée française était en fâcheuse posture pour contrer l'avancée allemande. Pour moi qui ne suis ni néophyte, ni très féru de la guerre de 14-18, cet album se révèle une bonne leçon d'Histoire, je regrette seulement que l'épisode pittoresque des taxis transportant les poilus sur le front de la Marne ne soient montrés que vers la fin, tout l'album ne contant en fait que la préparation du projet et le déroulement des opérations survenu avant, de même que l'impact de ces 1300 taxis sur les hommes et sur la population française n'est pas vraiment évoqué.
Le dessin est très correct, j'aime beaucoup ce trait précis, soigné et reproduisant bien l'époque et le décor de 14-18, je l'avais déja apprécié sur Charles de Gaulle qui fut publié peu après cet album. Un récit historique rigoureux sur un épisode marquant de la Grande Guerre.
Une bonne comédie romantique dont j'avais déjà vu l'anime.
C'est certes un manga avec beaucoup de fanservice, et si on tombe sur les clichés du genre (le type va vite se retrouver entouré de quelques cosplayeuses), j'ai trouvé que c'était bien maitrisé. Le fait que le héros va fabriquer des costumes amène des situations où le fanservice se justifie et est mieux amené que dans d'autres mangas. Cela fait du sens de voir une fille en maillot de bain parce que le héros doit prendre ses mensurations.
L'héroïne est très attachante. Elle est belle, sexy, gentille...elle fait peut-être un peu trop 'fille parfaite pour otaku', mais cela ne m'a pas trop gêné en dehors du fait qu'elle semble tomber amoureuse un peu trop facilement du héros. Parlons d'otaku, j'ai l'impression que pour vraiment apprécier ce manga, ou du moins comprendre certaines blagues, il faut être fan de mangas et d'animes. En tout cas, je vois pas trop un lecteur novice comprendre des références du type 'le titre du jeu vidéo est très long'. Le dessin est très bon.
Donc voilà si vous voulez lire une comédie romantique sexy qui contient un peu de drame, je trouve que ce manga fait partie du haut du panier.
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Le Merlu
La période de l'exode en 1940, puis de l'armistice peu après, qui introduit l'Occupation allemande en France avec les 2 zones libre et occupée, a déja été évoquée dans l'excellente Bd Les Combattants. Mais ici, ça va un peu plus loin car si dans Les Combattants, les personnages se focalisaient sur une seule mission, ici il se passe beaucoup de choses et les actions s'enchainent sans temps morts où tout est finement observé, c'est sûrement dû à une solide documentation sur cette période sombre. C'est pas une période qui me passionne vraiment, mais je sais pas comment, les auteurs ont le don de nous y intéresser par une succession d'éléments et d'événements bien relatés et un dessin agréable. De ce fait, au lieu de combats incessants montrés dans d'autres Bd de guerre, "le Merlu" s'intéresse plus aux personnages et à l'aspect humain. Ces 2 albums n'abordent pas des faits connus, tout est imaginé, mais on sent que ça s'appuie sur de l'authentique, je crois très sincèrement qu'il y a eu des gens comme Georges Colin, comme monsieur Leduc, comme Simon ou Fabrizzio ou encore comme ce salopard de Jean-Claude. Cette période de la guerre a révélé bien des caractères : lâcheté, haine aveugle, antisémitisme, mais aussi générosité et entraide face à un ennemi qui progressait chez nous. On découvre que des gars comme Georges Colin traversaient une partie du pays pour assurer des transports malgré ce contexte d'Occupation, et le trajet Paris-Lyon via Chalon, ça fait quand même une sacrée trotte, d'ailleurs les auteurs simplifient cet aspect car la fatigue, le roulage de nuit et l'enchainement presque simultané des parcours ne laissent pas beaucoup de temps pour dormir et se reposer, d'autant plus qu'en 1941, il n'y avait pas encore d'autoroute, que les routes étaient dans un état très relatif et qu'il fallait traverser des régions vallonées comme le Morvan, et en plus avec un Berliet au gazogène à un rythme d'escargot. Le scénario du tome 1 prend le temps d'installer le contexte historique et les personnages, j'aime particulièrement cet album par rapport au tome 2 qui montre des opérations de la Résistance qui s'organise avec ses réseaux pour affaiblir et déstabiliser les chleus. On perçoit aussi dès le début une relation sentimentale entre Georges et Marie-Jeanne, et par la suite la description des Pétainistes qui veulent collaborer avec l'Occupant est bien perçue à travers le personnage détestable de Jean-Claude. On fait connaissance avec un tas de braves gens qui se débrouillent comme ils peuvent, bref tout ceci est remarquablement élaboré, sans compter une sorte de cliffhanger étonnant à la fin du tome 1. Le dessinateur que je ne connaissais pas est très adroit, j'aime son dessin, c'est une sorte de néo-Ligne claire mais très personnelle, parsemée de clins d'oeil puisqu'on aperçoit Benoit Brisefer, Gil Jourdan et plusieurs personnages de Spirou qui situent les références du dessinateur. Ses cases sont très remplies et riches de détails que j'ai aimé scruter, de même que les décors sont réalistes et les têtes des personnages typiques de cette époque, rien d'anachronique ne vient troubler ce dessin appliqué. Une très bonne série qui m'a rappelé le film le Train, grosse production américaine tournée en France par John Frankenheimer (avec pas mal d'acteurs français) qui décrivait les actions de la Résistance ; j'aurais vu la Bd plus en historique qu'en aventure car elle se déroule dans un contexte historique bien défini, je lirai avec plaisir le dernier tome.
La Part de l'ombre
Cela commence comme une énième évocation d’un complot contre Hitler – avec toutefois le fait que ce soit une histoire vraie, et particulièrement méconnue (de moi en tout cas). Mais, rapidement, et sans que l’on perde totalement de vue ce Bavaud, qui a projeté d’éliminer le Führer, cela bascule vers un thriller immergé dans le Berlin du milieu des années 1950, en pleine guerre froide. Les services secrets soviétiques et leurs affidés de la Stasi, ceux de la CIA, tentent de se manipuler, alors même que les Soviétiques se divisent à propos de la nouvelle politique impulsée par Khrouchtchev. Au milieu de ce panier de crabes, un journaliste, ex flics sous Hitler, qui tente d’échapper aux pressions des deux camps, tout en tentant de réhabiliter Bavaud. Et qui cherche une sorte de rédemption, peu importe le prix à payer. L’intrigue est resserrée sur deux tomes, et donc cela donne une histoire dynamique, sans temps mort, qui réussit bien à lier petite et grande histoire, personnages fictifs et réels. Les auteurs ont aussi bien reconstitué les décors du Berlin de l’époque, autour de la gare de Friedrichstrasse (qui deviendra quelques années plus tard un des rares lieux de passages entre les deux parties de Berlin après la construction du mur). J’ai aussi reconnu le centre d’interrogatoire de la Stasi, que j’avais visité il y a quelques années. Et, au final, si l’on ne connait pas forcément tout de ce Bavaud, on en a en tout cas appris sur l’hypocrisie suisse (mais là on connaissait déjà la géométrie variable de la notion de neutralité, par rapport aux Juifs et leur argent par exemple), et sur certains aspects ubuesques de la justice allemande (qui l’a condamné en 1955 à 5 ans de prison, à titre posthume – les Nazis l’ayant exécuté en 1941 !!?? et pour avoir tenté d’assassiner Hitler !!!????). L’histoire est tellement incroyable que j’ai été vérifier, mais oui, c’est bien ce qui s’est passé. Un petit diptyque d’aventures historiques plutôt sympa à lire en tout cas. Note réelle 3,5/5.
John and Mary
C'est le dernier album de Mosquito regroupant les récits courts western de Serpieri qu'il me restait à lire, ces récits sont parus dans des revues italiennes au cours des années 80, mais n'avaient pas été prépubliés dans une revue en France ; je désespérais de le lire depuis sa parution, mais c'est chose faite. Et c'est pas plus mal de le lire en dernier, car de tous les albums en mode western que j'ai lus de Serpieri, celui-ci est le plus sombre. Des 3 récits, je suis bien ennuyé pour les départager, pour moi ils sont d'égale qualité, je ne peux avoir qu'une préférence, et cette préférence va au récit qui donne son titre à l'album : John and Mary, qui est le plus long. Il s'agit d'une touchante réunion de 2 êtres solitaires malmenés par la vie, j'ai trouvé ce récit très poétique et triste, plein d'amertume. Mais les 2 autres m'ont aussi laissé une forte impression, le premier m'a rappelé un peu le superbe western de Howard Hawks, la Captive aux yeux clairs. Ces 3 récits témoignent des aléas d'une époque rude et impitoyable dans ce vieux Far West et ont en commun la confrontation des personnages avec leur passé souvent douloureux, c'est aussi une réflexion sur les actes injustes ou odieux commis envers les Indiens ou d'autres subis par des pionniers. Ces thèmes qui dégagent une certaine humanité sont rarement traités en western. La psychologie de ces histoires alliée au ton historique sont rehaussés par le crayonné unique et ultra reconnaissable de Serpieri dans son réalisme époustouflant qui restitue la dureté du Far West ; ce noir & blanc somptueux qui souligne la beauté grave des visages en gros plan est exceptionnel, je suis toujours en admiration devant le talent du maître italien qui a su illustrer le western à sa façon très personnelle. Un album magistral !
Atom Agency
Je n'ai pu lire que le tome 1, ma bibli n'ayant pas le tome 2, et je me suis carrément régalé, cet album m'a beaucoup amusé, il s'agit d'un polar très typé et haut en couleurs, mené à la perfection par un duo d'auteurs qu'on sent très inspiré. En fait, cet album reprend un fait divers très célèbre en son temps, celui du hold up des bijoux de la Begum, épouse de l'Aga Khan. je croyais que toute cette histoire était une invention de Yann dont on sait l'imagination fertile, mais pas du tout, je me suis renseigné sur Wiki, ça a bien eu lieu le 3 août 1949 sur la route du Cannet vers l'aéroport de Nice, la Cadillac de l'Aga Khan et de la Begum qui venait de quitter leur villa Yakimour fut attaquée par un gang, et le vol fut organisé par un certain Paul Leca, la Begum était Française et s'appelait bien Yvette Labrousse... tout ceci est vrai, ça a même inspiré Hergé parait-il pour les Bijoux de la Castafiore (la fameuse phrase de la Begum "Ciel mes bijoux !"). Bon après, que le héros Atom Vercorian soit le fils d'un commissaire arménien, qu'il soit cousin avec un certain Aznavourian qui s'est lancé dans la chanson, que son co-équipier Jojo la Toupie ait connu Yvette Labrousse, et qu'une femme aux dents longues ait trempé dans ce vol, tout ceci est de la pure invention, mais ce contexte imaginé et ce fond de vérité s'intègrent bien l'un dans l'autre. Les auteurs rendent un hommage évident à Gil Jourdan, aussi bien dans la petite équipe qui compose l'agence de détective (avec de nombreux clins d'oeil) que dans l'époque des années 50 merveilleusement restituée grâce au dessin Ligne Claire d'Olivier Schwartz, très imité de Tillieux ; en fait, son dessin que je trouve beaucoup plus appliqué que sur Les Enquêtes de l'Inspecteur Bayard qui avait un trait au style plus atome, est un savant mélange de néo-Ligne Claire dans le style d'Yves Chaland et de Ligne Claire classique à la Tillieux. C'est un trait très élégant croquant au passage Léon Zitrone en commentateur sportif, et un faux faciès à la Gabin pour la bouille de Jojo la Toupie. Ce dessin s'accorde parfaitement au dialogue des plus savoureux truffé d'argotismes et d'expressions marseillaises ; cette gouaille donne beaucoup de caractère à cette aventure même si on a l'impression que ça fait un peu trop : en effet, le parler de titi parisien et le parler marseillais versent souvent dans la caricature pour faire couleur locale, c'est le seul petit défaut de cette bande dont les 3 personnages principaux sont très attachants. Ce que j'ai particulièrement apprécié, c'est la recréation de toute une époque d'après-guerre, visible dans les bagnoles, les films sur les affiches des cinémas, les frusques, le catch, sport alors très populaire à cette époque, et même les allusions à Lino Borrini (futur Lino Ventura) qui ayant quitté le ring, fait l'acteur... tout respire une époque pleine de charme rétro, j'aime beaucoup. Après, que l'enquête en elle-même manque un peu de corps n'a pas une grande importance à mes yeux, c'est suffisamment tonique, très référencé et très plaisant à lire, c'est ce que je retiens avant tout.
Sweet Tooth
Sweet Tooth est un récit de genre. Un genre revenu à la mode depuis Walking Dead, je veux bien entendu parler de… récit post-apocalyptique (et non pas de zombie). On retrouve en effet quelques éléments moteurs des récits du genre : un pays dévasté dans lequel il est dangereux de s’aventurer seul, une dévolution démographique cause de multiples catastrophes, des humains qui se réorganisent en clans plus tordus les uns que les autres, un personnage à l’image virginale en guise de héros et, à ses côtés, un baroudeur d’apparence indestructible mais qui cache une faille et un lourd secret. Rien de bien nouveau donc, de ce point de vue, mais d’originalité il est tout de même bien question puisque les causes de cet apocalypse nous sortent des lieux communs. Une pandémie suite à la propagation d’un étrange virus (bon, là, on reste en pays connu) qui n’épargne que certains enfants nés avec des malformations qui en font des êtres mi-humains mi-animaux (là, vous avouerez que c’est quand même bien plus original) serait la base de tout. La première moitié du premier tome est vraiment très prévisible. Par ailleurs, le dessin de Jeff Lemire y est peu engageant. Si les décors et scènes d’action sont acceptables, les visages des personnages me posent question. En effet, l’auteur semble vraiment avoir du mal à les dessiner autrement que de face ou de profil. Les vues de ¾ me semblent des plus bancales et les expressions de visage des plus basiques. Heureusement, le tournant scénaristique au milieu de ce premier tome (qui devient d’un coup moins manichéen même si toujours relativement prévisible) s’accompagne d’un gain en qualité et en finesse au niveau du trait. Par ailleurs, la structure du récit change également à cette occasion. Les deux personnages centraux se trouvent séparés et on passe alors d’un à l’autre –avec des flash-back en prime- au fil de chapitres par conséquent moins linéaires et plus dynamiques. Enfin, c’est à partir de ce moment que l’auteur s’attarde sur l’un de ses personnages pour lui concocter un profil psychologique plus abouti. C’est à partir de cet instant que j’ai commencé à croire en la série, car jusque là, le personnage de Gus (le héros central du récit) était tellement candide qu’il m’horripilait plus qu’autre chose. Il m’aura tout de même fallu beaucoup de temps avant de me décider à lire l’intégralité de ce premier cycle. Mais bien m’en a pris car cette fois, je peux dire que j’ai adoré. Jeff Lemire ne cesse de nourrir les profils de ses personnages. De plus, il n’hésite pas à innover au niveau de la mise en page, cédant même à l’occasion les pinceaux à un autre dessinateur. Le résultat est prenant, les développements surprennent, les personnages secondaires s’émancipent et la conclusion du cycle (qui était prévu comme la fin de la série) est convaincante. Lirai-je la suite ? Je n’en sais rien. Ce quatrième tome et nouveau cycle me semble plus opportuniste (la série ayant été adaptée sur Netflix) qu’utile au bon développement de l’histoire. Mais il ne fait nul doute que le premier cycle est une des meilleures histoires post-apocalyptiques modernes qu’il m’a été donné de lire.
L'Espion de César
Voilà bien longtemps qu'une BD historique ne m'avait pas fait si bonne impression ! Le dessin de Fafner n'y est pas pour rien et c'est un réel plaisir de découvrir le talent de cet auteur qui rend merveilleusement grâce au scénario que lui a concocté Jean-Pierre Pécau. Les découpages et les cadrages sont biens pensés, sont trait est aussi affirmé que son personnage principal et la mise en couleur un peu froide est de toute beauté tout en sachant composer avec des contrastes bien pensés. Ça part plutôt très très bien de ce côté là, on pourra juste noter que tous ses personnages principaux ont quand même de sacrés corps d'athlètes pour les hommes et de déesses pour les femmes. Lorsque Coax, notre personnage principal, mercenaire et pirate de profession, très investi dans son travail, enlève un noble romain pour demander une forte rançon, il est loin de se douter qu'ils se retrouveront rapidement, comme il lui en a pourtant fait la promesse à sa libération. Ce jeune romain ambitieux n'est autre que César, et César tient toujours ses promesses... César joue finement pour éviter la mort de Coax aux arènes et ainsi pouvoir racheter ce nouvel esclave prometteur ; les rôles ont changé ! Et c'est en s'achetant la vengeance de Coax que César s'entoure d'un atout de poids pour mener à bien ses stratégies de conquêtes... Duels et batailles rangées vont alors s'enchaîner pour satisfaire d'un côté une soif de vengeance et de l'autre celle de conquête en nous proposant des planches assez folles de toute beauté ! C'est beau, ça gicle, l'histoire est prenante : voilà donc un très bon début de série qui je l'espère saura garder cet équilibre trouvé entre histoire et aventure, servies par un dessin des plus efficace. Je recommande chaudement ! *** Tome 2 *** Après un premier tome tonitruant et impressionnant, j'étais pressé de retrouver Coax, notre montagne gauloise au service de César. Après avoir permis à Coax d'assouvir sa vengeance, César a de nouveau besoin de ses services pour démêler les intrigues qui l'entourent et affament Rome. Tout est forcément question de pouvoir et de trahisons, mais si de nouveaux protagonistes important s'imposent en filigrane, d'autres figures connues du premier album tissent aussi leur toile à des fins personnelles... Croax est toujours aussi prompt à se mettre dans des situations périlleuses qu'à les régler à coup de masse d'arme ou de glaive, et le bougre excelle plutôt dans ce domaine. Ce second opus fait donc office de transition et plante le décor d'une intrigue de grande envergure entre Rome et l'Egypte. Le graphisme de Fafner est toujours aussi grandiose et sa colorisation particulière jouant beaucoup sur les contrastes donne à ses planches une singularité remarquable. J'ai juste trouvé certaines de ses cases en dessous de l'ensemble sans trop comprendre pourquoi. Certains visages donnent l'impression d'avoir été surligné au noir, ou je ne sais quoi... J'ai également beaucoup apprécié le rôle des personnages secondaires et le soin qui leur est porté ; mention spéciale au légionnaire Titus qui joue les intermédiaires entre Coax et César ; j'adore leur relation compliquée. J'attends donc maintenant la suite avec impatience, car là, on reste sur notre fin, comme coupé en plein élan... *** Tome 3 *** Voilà donc le tome conclusif de cette courte série historique. Toujours aussi impressionnante graphiquement, (Fafner est décidément très bon tant dans la réalisation que dans la composition de ses planches), la fin de cette trilogie s'appuie sur une trame historique plus prégnante. Jean-Pierre Pécau place malicieusement notre gaulois de Coax à une période charnière de la république romaine. Cette dernière vacille en effet sous les coups de boutoir de ses principaux dirigeants prêts à tout pour assouvir leur soif de pouvoir ; la chienne d'Hadès qui intrigue subtilement dans l'ombre n'y est pas étrangère non plus... Car derrière ces luttes de pouvoir c'est bien la vengeance qui fait office de fil conducteur de cette série, chaque protagoniste ayant à cœur de mener à bien sa vendetta personnelle. C'est donc une série rondement menée, efficace et qui s'appuie sur un graphisme remarquable qui fera le bonheur tant des amateurs de BD historique que d'aventure : un récit homérique de toute splendeur !
Coming In
Une BD que j’ai pas mal aimée ! Une BD autobiographique, perso c’est une des premières que je lis qui est une autobiographie je pense. Même si des biographies j’en ai déjà lues. Rien de mieux que le mois pride, pour mettre en rayon de nombreux livres LGBT, en les mettant en avant! Ce roman graphique m’a vraiment attirée et je ne regrette rien. On nous y raconte la vie d’Élodie qui de ses quinze ans à ses trente ans environ, se questionne puis essaye d’accepter son homosexualité ! Un livre où de nombreux jeunes se reconnaîtront, notamment dans le déni de sa sexualité ! Le thème du coming in du coup, qui est différent du coming out, est très bien abordé. Les différentes phases sont très bien montées, et l’évolution d'Élodie sur ce sujet est intéressante à lire. On s’attache vraiment à elle à travers les cases et les planches. Le trait de dessin est vraiment bien, un côté très coups de crayon, qui donne un bon charme, peut être que cela peut donner un aspect bâclé, mais j’adore ! Ça fait pas du tout informatique en tout cas et c’est plaisant ! La première BD LGBT que je lis, et j’ai beaucoup aimé ! Je conseille vivement !
Imbattable
Le seul vrai super héros de bande dessinée. Eh bien oui, aucun effet spécial ne permettra de le voir arriver sur nos petits ou grands écrans, celui-là ! Et c’est ça qui est bon. Non seulement l’exercice de style très oubapien est excellent, notre ami se joue des cases de la planche, en arrive à se dédoubler et à provoquer des paradoxes temporels, mais cette contrainte ne paraît même pas forcée tant le gag fait mouche, pour ma part en tout cas. On aurait pu croire que ce type d’exercice aurait conduit à des séquences « artificielles » avec des ajouts de cases pour que le personnage tombe pile mais il n’en est rien ! Génie de l’auteur ou heures de travail acharné ? Sans doute les deux. Pas vraiment de redondance non plus, quelques personnages secondaires ont aussi quelques super pouvoirs tout aussi bien traités, un régal. Et ce héros, nul besoin pour lui d’enfiler son costume, il le garde en permanence, même pour faire ses courses au marché ou manger le dimanche chez sa mémé. Je l’adore. « - Faisons vite, j’ai promis à Mr Dutilleul d’aller bêcher son potager. - Bêcher son potager ? Avec vos super-pouvoirs ? - Euh non, avec une bêche. » Mouahahahah… je sens que je vais le relire souvent. Merci aux aviseurs de ce joli site de m’avoir fait découvrir que je pouvais aimer les super-héros aux super-pouvoirs en costume.
Les Taxis de la Marne
Je lis avec un grand retard cet album qui a fait partie en 2014 des nombreuses Bd et ouvrages didactiques sortant pour marquer le centenaire de la Grande Guerre. J'ai bien apprécié cette vision de la guerre de 14-18, j'en connaissais déja de nombreux éléments, comme ce généralissime Joffre qui selon certains historiens n'était qu'une vieille baderne galonnée, imbue de lui-même, accumulant les erreurs tactiques et répondant aux journalistes par des phrases nébuleuses (le fameux "Je les grignotte", phrase qui lui a valu de réelles moqueries) et vouant une inimitié à Gallieni qui était bien supérieur à lui en intelligence et en stratégie. L'album nous plonge dans les coulisses du pouvoir politique et militaire durant les premiers mois de la guerre, en mettant en valeur la figure du général Gallieni qui a eu une idée géniale ; le développement est bien conçu, tout est bien relaté, le fond est sérieux et précis, un peu documentaire mais captivant, en s'attachant fidèlement aux faits ; ce qui fait que pour un fin connaisseur du conflit, cet album ne lui apprendra rien, mais pour quelqu'un qui a envie d'approfondir ses connaissances, c'est une excellente approche sur une période très critique où l'armée française était en fâcheuse posture pour contrer l'avancée allemande. Pour moi qui ne suis ni néophyte, ni très féru de la guerre de 14-18, cet album se révèle une bonne leçon d'Histoire, je regrette seulement que l'épisode pittoresque des taxis transportant les poilus sur le front de la Marne ne soient montrés que vers la fin, tout l'album ne contant en fait que la préparation du projet et le déroulement des opérations survenu avant, de même que l'impact de ces 1300 taxis sur les hommes et sur la population française n'est pas vraiment évoqué. Le dessin est très correct, j'aime beaucoup ce trait précis, soigné et reproduisant bien l'époque et le décor de 14-18, je l'avais déja apprécié sur Charles de Gaulle qui fut publié peu après cet album. Un récit historique rigoureux sur un épisode marquant de la Grande Guerre.
Sexy Cosplay Doll
Une bonne comédie romantique dont j'avais déjà vu l'anime. C'est certes un manga avec beaucoup de fanservice, et si on tombe sur les clichés du genre (le type va vite se retrouver entouré de quelques cosplayeuses), j'ai trouvé que c'était bien maitrisé. Le fait que le héros va fabriquer des costumes amène des situations où le fanservice se justifie et est mieux amené que dans d'autres mangas. Cela fait du sens de voir une fille en maillot de bain parce que le héros doit prendre ses mensurations. L'héroïne est très attachante. Elle est belle, sexy, gentille...elle fait peut-être un peu trop 'fille parfaite pour otaku', mais cela ne m'a pas trop gêné en dehors du fait qu'elle semble tomber amoureuse un peu trop facilement du héros. Parlons d'otaku, j'ai l'impression que pour vraiment apprécier ce manga, ou du moins comprendre certaines blagues, il faut être fan de mangas et d'animes. En tout cas, je vois pas trop un lecteur novice comprendre des références du type 'le titre du jeu vidéo est très long'. Le dessin est très bon. Donc voilà si vous voulez lire une comédie romantique sexy qui contient un peu de drame, je trouve que ce manga fait partie du haut du panier.